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Full text of "Cours de physique de l'École polytechnique"

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COUKS 


U\ 


PHYSIQUE 


IIK 


I.'KCOLE  POLYTKCHMOliK. 


COURS 


DE  PHYSIQUE 


DK 


L'ÉCOLE  POLYTECHNIQUE, 

Par  m.  JAMIN. 


QDATRIEIE   ÉDITION, 
AUGMENTÉE     ET    ENTIÈREMENT     REFONDUE, 


PAR 


M.  JAMIN, 

Secréiaire  perpétuel 
d*  rAcadfmiA  des  Sciences. 


M.  BOUTV, 

Professeur 
à  la  Faculté  des  Sciences  Jr  Viiri%. 


TOME    DEUXIÈME. 

THERMOMÉTRIE.  -  DILATATIONS. 
CALORIHËTRIE.  -  THÉORIE  MÉCANIQUE  DE  LA  CHALEUR 

PROPAGATION  DE  LA  CHALEUR. 


PARIS, 

(iAUTHlEII-VILLARS,  IMPHIMEUR-LIBRAIHE 

I»l*      BUREAU     DES     LONGITUDES,     DE    l'ÉCOLK    PO  L  VT  EC  II  M  Q  L' K 

SUCCESSEUR  DE  MALI.ET-HACHELIEK, 
Quai  des  Grands-Aiigustins,  55. 

1886 

(Tous  droits  rcserTrti.  ) 


Tl^-^  zo^.?/.? 


AU6I«I922 

•EfiRANB  iiW^ 


« 


COURS 


DE  PHYSIQUE 


DE 


L'ÉCOLE  POLYTECHNIQUE. 


CHALEUR. 


—— 


INTRODUCTION. 


ETTETS  GÉHtRAUZ  PRODUITS  PAR  LA  CHALEUR.  —  L*étude  de  la 
<:haleur  embrasse  tous  les  phénomènes  susceptibles  d'éveiller 
an  nous  les  sensations  de  chaud  et  dejroid.  Dans  les  circon- 
stances oii  nos  organes  sont  affectés  par  la  chaleur,  les  corps 
inanimés  sont  eux-mêmes  modifiés  et  changent  de  volume  ou 
d'état  physique.  Sans  nous  préoccuper  pour  le  moment  de 
déterminer  la  cause  des  changements  qu'ils  éprouvent,  et  sans 
rien  préjuger  sur  la  nature  de  la  chaleur,  nous  dirons  qu'elle 
s'accumule  dans  les  corps  qui  s'échauffent  et  qu'elle  aban- 
donne ceux  qui  se  refroidissent. 

La  chaleur  est  une  ^iia/i//fe' susceptible  d'accroissement  et 
i\e  diminution,  mesurable  par  conséquent.  Mais  nous  ne  pou- 
vons songer  à  choisir  l'unité  de  comparaison  et  à  faire,  au 
moyen  de  cette  unité,  des  évaluations  numériques,  avant  de 
connaîtra  les  effets  généraux  de  la  chaleur  et  les  conditions 
nécessaires  pour  qu'elle  puisse  passer  d*un  corps  dans  un 

J.,  Chaieur.  —  II.   i*'  fuse.  i 


2  INTRODUCTION. 

autre.  Ces  échanges  de  chaleur  entre  divers  corps  contenus 
dans  une  même  enceinte,  ou  entre  les  parties  d'un  seul  ei 
même  corps,  dépendent  d'un  élément  particulier,  qu'on  appelle 
leur  température  y  et  que  nous  nous  réservons  de  définir  rigou- 
reusement par  la  suite.  11  nous  suffit  de  savoir  pour  le  mo- 
ment que,  quand  un  corps  s'échauffe,  sa  température  s'élève, 
et  qu'elle  s'abaisse  quand  il  se  refroidit. 

Quand  on  élève  la  température  des  corps,  par  exemple  en  les 
plaçant  sur  un  foyer,  ils  éprouvent,  en  général,  une  variation 
de  volume, presque  toujours  une  dilatation;  et  si  Ton  met  un 
obstacle  à  leur  expansion  libre,  ils  deviennent  capables  d'exé- 
cuter un  certain  travail  mécanique,  sans  emprunter  au  milieu 
ambiant  autre  chose  que  de  la  chaleur.  Nous  allons  commen- 
cer par  constater  ces  faits  généraux  à  l'aide  de  quelques  expé- 
riences élémentaires. 

i*»  Sur  une  base  solide  en  bois  sont  fixées  deux  colonnes 
métalliques  verticales  A  et  B  {fig,  i);  leurs  parties  supérieures 

Fig.   I. 


"^  ..•'i,.n     ^z-     _-_ 


sont  percées  de  deux  trous  cylindriques  horizontaux  dirigés 
l'un  vers  l'autre,  et  dans  lesquels  on  introduit  une  tige  métal- 
lique CD.  Une  vis  de  pression  A,  qui  peut  serrer  la  tige,  ^\\^ 
Tune  de  ses  extrémités,  pendant  que  l'autre  bout  D  reste  libre 
d'avancer  ou  de  reculer  dans  la  deuxième  colonne  B,  qui  ne 
fait  que  le  soutenir.  On  amplifie  le  mouvement  au  moyen  d'un 
levier  coudé  DDE,  dont  la  branche  verticale  très  courte  OD  esi 
chassée  par  l'extrémité  D,  et  dont  la  branche  horizontale  très 
longue  CE  parcourt  un  limbe  divisé.  Sur  la  base  et  sous  In 


INTRODUCTION.  3 

lige  se  irouve,  soil  une  mèche  imbibée  d'alcool  dans  une  auge 
en  cuivre  MN  ou  une  rampe  de  becs  de  gaz  qu'on  allume;  alors 
la  lige  s'échauffe.  Tani  que  la  lempéralure  croîl,  le  levier  indi- 
caieur  s'élève;  quand  elle  devienl  conslanie»  il  demeure  fixe, 
ei,  si  elle  diminue,  il  s'abaisse.  Enfin,  quand  la  barre  esl  reve- 
nue à  la  lenopéralure  primilive,  le  levier  occupe  la  division  où 
il  élail  en  équilibre  au  débul  de  l'expérience.  Nous  concluons 
de  là  que  l'allongemenl  produil  par  I  élévalion  de  lempéralure 
esl  passager  el  disparaîl  avec  la  cause  qui  le  provoque. 

Tous  les  mélaux  que  l'on  place  dans  cel  appareil  éprouvenl 
la  même  aclion,  à  des  différences  de  grandeur  près,  el  par  con- 
séquenl  leur  dilalalion  dans  les  mêmes  circonslances  esl,  pour 
chacun  d'eux,  une  propriélé  spécifique. 

Si,  landis  que  l'on  échauffe  une  des  barres,  on  veul  s'oppo- 
ser à  sa  dilalalion,  il  faudra  exercer  dans  le  sens  de  sa  lon- 
gueur un  efforl  considérable,  par  exemple  la  charger  d'un 
poids  1res  lourd,  à  peine  inférieur  à  celui  qui  produirail  par 
compression,  sur  la  barre  froide,  une  diminulion  de  longueur 
égale  à  l'allongemenl  qu'on  veul  empêcher.  Tout  efforl  moindre 
seraii  surmonlé,  el  la  barre,  en  se  dilalanl,  accomplirail  un 
iravail  posilif  mesuré  par  le  produil  du  poids  déplacé  par  le 
chemin  parcouru.  Un  iravail  négalif  égal  accompagnerait  le 
reiour  à  la  lempéralure  ordinaire.  C'est  celle  dernière  propriélé 
que  Ton  utilise  lorsque,  pour  rapprocher  les  deux  bords  d'une 
lézarde,  on  rive  à  chaud  el  de  part  et  d'autre,  sur  le  mur  à 
consolider,  une  forte  barre  de  fer,  qu'on  laisse  ensuite  revenir 
il  la  température  ordinaire. 

2<»  L'expérience  suivante,  connue  sous  le  nom  à! expérience 
de  S'  Grai'esande  {*)j  établit  que  les  corps  solides  non  cris- 
tallisés demeurent  semblables  à  eux-mêmes  en  se  dilatant. 
Lie  sphère  métallique  (^îg-.  2)  passe  librement  à  travers  un 
iiiineau  de  même  substance  qui  l'embrasse  suivant  un  grand 
cercle.  Si  l'on  vienl  à  chauffer  la  boule  sans  modifier  la  tem- 
pérature de  l'anneau,  on  constate  qu'elle  ne  peut  plus  le  tra- 
verser; mais  elle  esl  demeurée  sphérique,el  ce  qui  le  prouve, 


(')  S' ('RAVESAfiDE,  Phj Sf'cet  e/ffnenCfi  ntathemalica  rjrpe/imefttis  co/i/trmato, 
M  vr  liilioJucùo  ad  Philosophlam  Xetvtom'anani ;  Oeiièvc,  1778,  l.  Il,  p.  66(». 


4  INTRODUCTION. 

c'est  qu*elle  louche  Tanneau  sur  loul  son  contour.  D*ailleurs, 
dès  que  la  sphère  s'est  mise  en  équilibre  de  température  avec 
l'anneau,  elle  le  traverse  de  nouveau  sans  difficulté. 

Si  Ton  échauffe  à  la  fois  la  sphère  et  Tanneau,  celui-ci  ne 
cesse  pas  d'embrasser  exactement  la  sphère  suivant  un  grand 
cercle  :  un  solide  creux  se  dilate  donc  comme  s'il  était  plein. 


Fig.  2. 


3*^  Pour  constater  la  dilatation  des  liquides»  il  suffit  d'enfer- 
mer ceux  que  l'on  veut  essayer  dans  un  ballon  B  terminé  par 
un  tube  étroit  {Jig.  3),  de  marquer  avec  un  index  de  papier  A 
le  sommet  du  liquide  dans  le  tube,  à  la  température  initiale,  et 
de  plonger  le  ballon  dans  l'eau  chaude.  On  voit  d*abord  le  som- 
met de  la  colonne  liquide  baisser,  par  suite  de  la  dilatation  du 
vase;  mais  presque  aussitôt  le  liquide  remonte  et  dépasse  l'in- 
dex d'une  quantité  bien  supérieure  à  son  excursion  primitive, 
d'où  il  suit  que  les  liquides  se  dilatent  plus  que  les  solides. 
L'expérience  inverse  se  fait  en  plongeant  le  ballon  chaud  dans 
l'eau  froide  :  si  l'on  projette  par  petites  quantités  de  l'eau 
chaude  ou  froide  sur  les  parois  du  ballon,  on  renouvelle  autant 
de  fois  que  l'on  veut  l'expérience  du  double  mouvement  de  la 
colonne  liquide. 


INTRODUCTION. 


'j 


Fig.  4. 


4**  On  doilà  M.Tommasi  (*)  une  disposition  qui  montre  bien 
quelle  est  la  puissance  mécanique  d'un  liquide  qui  se  dilate. 
Un  lube  en  fer  (^g*.  4)>  bouché  à  sa  partie  inférieure  et  por- 
lanl  à  son  extrémité  supérieure  un  filet  de  vis 
en  relief,  est  rempli  d'huile  d'olive.  Une  ron- 
delle en  plomb  de  6""  d'épaisseur  peut  être 
disposée  au-dessus  de  l'orifice  du  tube,  où  elle 
est  maintenue  par  un  chapeau  en  fer,  vissé 
sur  le  tube  et  percé  d'un  trou  correspondant 
à  Forifice.  On  chauffe  le  tube  à  l'aide  d'une 
rampe  verticale  de  becs  de  gaz,  et  l'huile  dilatée 
force  la  portion  de  rondelle,  qui  correspond 
au  trou  du  chapeau,  à  se  détacher  comme  à 
l'emporte-pièce. 

5"*  On  montre  la  dilatation  des  gaz  à  l'aide 
d'un  appareil  identique  à  celui  que  représente 
\Bjtg.  3;  on  le  laisse  rempli  d'air  et  l'on  intro- 
duit, dans  le  tube  capillaire  qui  le  termine,  un 
index  liquide  A.  Toutes  les  fois  qu'on  touchera 
le  ballon  avec  la  main,  on  verra  l'index  monter 
vivement;  il  en  résulte  que  la  dilatation  des  gaz  est  incompa- 
rablement plus  grande  que  celle  des  liquides. 

Au  lieu  de  laisser  le  gaz  se  dilater,  on  peut  ajouter  du  mer- 
cure par  le  tube  A,  et  maintenir  ainsi  le  volume  constant,  grâce 
à  un  accroissement  de  pression  convenable.  Dans  ce  cas,  la 
chaleur  a  pour  unique  effet  d'augmenter  la  pression  du  gaz. 
Celle-ci  peut  devenir  énorme,  pour  une  élévation  suffisante  de 
la  température,  et  engendrer  des  effets  mécaniques  considé- 
rables. 

En  résumé,  la  chaleur  appliquée  aux  corps  solides,  liquides 
ou  gazeux  leur  fait  éprouver  une  dilatation,  et  les  rend  capables 
d'exécuter  du  travail  mécanique,  à  rencontre  des  obstacles  que 
Ton  oppose  extérieurement  à  leur  expansion  libre.  Ces  effets 
ne  sont  d'ailleurs  pas  les  seuls  que  la  chaleur  puisse  produire: 
(|uand  on  élève  progressivement  la  température  d'un  solide, 
il  finit  par  fondre;  le  liquide  obtenu  se  réduit  lui-même  en  va- 


(  •  )  Journal  tfe  Physique  thc'ori-jiie  rt  appfit/u  >,   !'•  série,  t.  VI,  1^19;   1^*77. 


()  INTUOOUCTION. 

peur  à  une  lempéralure  plus  haute.  De  même  un  mélange 
d'oxygène  el  d'hydrogène  que  Ton  échaufîe  suffisammenl  se 
transforme  en  vapeur  d'eau,  le  charbon  chauffé  dans  l'air  dis- 
paraît en  donnant  de  l'acide  carbonique,  etc.  Tous  les  change- 
ments d'étals,  physiques  ou  chimiques,  sont,  comme  le  simple 
changement  de  volume,  accompagnés  d'une  absorption  ou 
d'un  dégagement  de  chaleur,  et  peuvent  devenir  des  sources 
de  travail  mécanique.  Citons,  par  exemple,  le  cas  de  la  rupture 
d'un  vase  par  l'eau  qui  se  congèle  ou  par  la  combustion  d'un 
mélange  détonant. 

Nous  diviserons  l'étude  de  la  chaleur  en  trois  Parties.  Dans 
la  première,  nous  étudierons  la  thermométrie  et  les  dilatations; 
dans  la  seconde,  nous  nous  occuperons  de  la  calorimétrie; 
enfm,  dans  la  troisième,  de  la  théorie  mécanique  de  la  chaleur 
et  de  la  propagation  de  la  chaleur. 


THERMOMÈTRE  A  MERCURE. 


THERMOMÉTRIE.  -  DILATATIONS. 


CHAPITRE  PREMIER.    . 

THERMOMÈTRE    A    MERCURE. 

Température  :  températures  constantes;  températures  égales.  —  Mesure 
conventionnelle  des  températures;  degré  de  température.  —  Diverses 
échelles  thermométriques.  —  Généralités  sur  les  dilatations. 

Thermomètre  fondé  sur  la  dilatation  apparente  du  mercure  dans  le  verre. 
—  Thermomètre  à  poids.  —  Détermination  du  coeilQcient  thermomé- 
trique et  de  la  température  au  moyen  du  thermomètre  à  poids.  — 
Construction  du  thermomètre  à  lige.  —  Détermination  des  points 
fixes.  —  Variation  des  points  fixes.  —  Mesure  exacte  de  la  tempéra- 
ture à  l'aide  du  thermomètre  à  tige.  —  Comparaison  des  thermomètres 
Il  poids  et  ù  tige. 


TODPÉBATUBES  :  IXafFÉRATUBES  CONSTANTES ,  TEUPÉRATURES 
ÉGALES.  —  Quand  on  laisse  séjourner  dans  la  glace  fondante 
un  ballon  plein  de  liquide,  disposé  comme  celui  de  \^fig.  3,  le 
niveau  du  liquide  dans  le  tube  reste  fixe  en  un  certain  point 
V,  aussi  longtemps  qu'il  demeure  une  portion  de  glace  solide 
au  sein  de  Feau  de  fusion.  Si  Ton  relire  l'appareil  de  la  glace 
et  qu'au  bout  d'un  temps  quelconque  on  Vy  porte  une  seconde, 
une  troisième  fois, etc. ,1e  niveau  du  liquide  reviendra  toujours 
se  fixer  au  point  A.  On  exprime  ce  fait  en  disant  que  la  fusion 
de  la  glace  s'opère  à  une  température  constante. 

On  démontre  de  même  que  la  vapeur  d'eau  bouillant  sous 
la  pression  de  760»""  est  à  une  température  constante.  A  cette 
lempéralure,  le  liquide  occupe  dans  la  tige  de  notre  appareil 
un  niveau  C  beaucoup  plus  élevé  que  A. 

Retirons  maintenant  l'appareil  de  l'eau  bouillante,  et  por- 


8  THERMOMÉTRIE.  —  DILATATIONS. 

lons-Iedans  Feau  froide;  il  se  refroidira  jusqu'à  sa  lempéralure 
primitive,  el  le  niveau  du  liquide  dans  la  lige  occupera  succes- 
sivement toutes  les  positions  intermédiaires  à  A  et  à  C.  Cha- 
cune de  ces  positions  peut  être  considérée  comme  caractéris- 
tique d*une  température  particulière,  et  nous  avons  ainsi  l'idée 
d'une  échelle  de  température  continue,  que  le  corps  parcourt 
dans  le  sens  ascendant,  quand  le  niveau  du  liquide  se  déplace 
de  A  vers  C,  et  descendant,  quand  la  colonne  liquide  se  meut 
en  sens  contraire. 

Tout  appareil  fournissant,  comme  celui  que  nous  venons 
d'employer,  une  indication  caractéristique  de  sa  propre  tempé- 
rature, est  appelé  thermomètre.  Nous  allons  chercher  dans 
quelles  conditions  un  thermomètre  peut  servir  à  indiquer  la 
température  des  autres  corps. 

Quand  on  touche  un  thermomètre  M,  qui  a  séjourné  dans  la 
glace  fondante,  avec  un  corps  N  de  masse  et  de  nature  quel- 
conques, ayant  aussi  séjourné  dans  la  glace,  l'indication  de 
l'instrument  n'est  pas  modifiée. 

Mais,  si  Ton  met  en  contact  deux  thermomètres  identiques  M 
et  N,  ayant  séjourné  l'un  dans  la  glace,  l'autre  dans  la  vapeur 
d'eau  bouillante,  le  niveau  du  liquide  s'élève  dans  M  en  même 
temps  qu'il  s'abaisse  dans  N;  et,  quand  l'équilibre  est  établi, 
les  niveaux  du  liquide  dans  les  deux  instruments  coïncident. 
Le  thermomètre  N  a  cédé  de  la  chaleur  au  thermomètre  M  et 
les  deux  corps  sont  ainsi  arrivés  à  une  même  température,  in- 
termédiaire aux  deux  températures  initiales. 

Supposons  maintenant  le  thermomètre  M  de  masse  négli- 
geable par  rapport  à  celle  de  N,  mais  cependant  formé  du  même 
liquide  contenu  dans  le  même  verre,  de  manière  que  les  indi- 
cations des  deux  instruments  demeurent  comparables.  Alors 
la  quantité  de  chaleur  fournie  par  N  à  M  pour  établir  l'équilibre 
de  température  est  négligeable,  et  l'on  vérifie  en  effet  que  la 
température  finale  indiquée  par  chacun  des  deux  appareils  se 
confond  presque  avec  la  température  de  l'eau  bouillante;  à  la 
limite,  c'est-à-dire  si  la  masse  de  M  était  nulle,  la  coïncidence 
serait  absolue. 

Nous  supposerons  toujours  dans  ce  qui  suit  que  la  masse 
du  thermomètre  que  l'on  emploie  est  en  effet  extrêmement 


THEUMOMÈTRE  A  MERCURE.  9 

pelile,  et  alors  son  indication  correspond  à  la  lempéralure  ini- 
tiale que  Ton  veut  évaluer. 

ME8UBE  GOmmmOHHELLE  DES  IXafFÉRATUBES  ;  DEGRÉ  DE  TEM- 
FiBATUBE.  —  Les  notions  précédentes  ne  suffisent  pas  pour 
déterminer  Téchelle  de  température  que  Ton  doit  employer. 
Prenons  pour  corps  tliermométrique  une  substance,  telle  que 
le  mercure  par  exemple,  dont  le  volume  varie  toujours  dans 
le  même  sens  quand  la  température  s'élève;  tout  ce  que  nous 
savons,  c'est  qu'à  chaque  volume  de  Tappareil  thermométrique 
correspond  une  valeur  unique  de  la  température,  et  inverse- 
ment; c'est-à-dire  que  la  température  est  une  fonction  du  vo- 
lume, variant  dans  le  même  sens  que  celui-ci.  Cette  fonction 
est,  a  priori,  tout  à  fait  arbitraire,  et  nous  sommes  libres  de 
faire  à  son  égard  telles  conventions  qu'il  nous  plaira. 

On  s'accorde  à  définir  la  température  t  comme  une  fonction 
linéaire  du  volume  V  du  thermomètre.  Soit  Vo  une  valeur 
particulière  de  ce  volume,  on  pose 

(i)  V^.Vo(i--c/) 

ou 

Celle  manière  de  déterminer  t  satisfait  aux  conditions  impo- 
sées ci-dessus  :  elle  renferme  encore  deux  coefficients  Vo  et 
c  dont  la  valeur  doit  être  fixée  par  une  convention  supplémen- 
taire. A  cet  effet,  on  choisit  deux  températures  constantes, 
ordinairement  celle  de  la  glace  fondante  (*)  et  celle  de  la  va- 
peur d'eau  bouillant  sous  la  pression  de  7()o™'",  et  Ton  assigne 
arbitrairement  les  valeurs  correspondantes  delà  température/. 
Ost  ce  qu'on  appelle  faire  choix  d'une  échelle  thermomé- 
irique.  Dans  l'échelle  dite  centigrade,  on  assigne  la  valeur  o" 
à  la  température  de  la  glace,  et  100°  correspondent  à  la  tempé- 
rature de  l'eau  bouillante. 


('  )  Le  choix  de  ces  points  Ç\xe»  a  été  indiqué  comme  avantageux  par  Newton 
[Scala  graduant  calons  {Transactions  philosophiques j    1701)]. 


lo  THERMOMÉTRIE.  -  DILATATIONS. 

Dans  l'éclielle  centigrade  on  appellera  donc  degré  de  tempé- 
rature ré/éi'ation  de  température  nécessaire  pour  accroître 
le  volume  du  corps  thermométrique  de  la  centième  partie  de 
la  quantité  dont  il  s'accroît  quand  on  le  porte  de  la  glace 
fondante  dans  la  vapeur  d'eau  bouillante,  sous  la  pression 
de  760"'».  Rien  ne  prouve  a  priori  que  les  divers  degrés  de 
l'échelle  ainsi  déterminée  correspondent  à  des  absorptions  de 
chaleur  égales  par  la  substance  du  thermomètre  ;  mais,  pour  le 
moment,  nous  n'avons  pas  à  nous  préoccuper  de  celte  question. 

De  la  formule  (i)  on  tire 

V       V 

La  constante  c  est  désignée  sous  le  nom  de  coefficient  ther- 
mométrique,  ou  coefficient  de  dilatation  du  corps  thermomé- 
irique.  C'est  la  quantité  dont  s'accroît  l'unité  de  volume  du 
corps  dont  est  formé  le  thermomètre  quand  la  température 
s'élève  de  i*"  conventionnel. 

  priori,  on  peut  employer  indifféremment  un  très  grand 
nombre  de  substances  à  faire  des  thermomètres,  et  l'on  en  a 
construit  qui  sont  fondés  sur  la  dilatation  du  mercure,  de 
Talcool,  des  métaux  ou  des  gaz.  Tous  sont  gradués  de  ma- 
nière à  marquer  o«  et  100"  quand  ils  sont  plongés  dans  la 
glace  fondante  ou  l'eau  bouillante,  et  l'intervalle  est  divisé  pour 
chacun  d'eux  en  100  parties  égales.  Il  est  clair  que  tous  ces 
appareils  s'accordent  aux  points  fixes,  mais  il  n'est  pas  évident 
qu'ils  demeurent  d'accord  à  toute  température,  car  il  faudrait 
pour  cela  que  les  lois  de  leur  dilatation  fussent  identiques,  ce 
qui  n'est  pas  rigoureusement  vrai.  Il  est  donc  de  toute  néces- 
sité d'adopter  un  thermomètre  déterminé,  à  l'exclusion  de 
tous  les  autres.  Nous  verrons  plus  tard  les  raisons  qui  font 
adopter  le  thermomètre  à  air.  Pour  le  moment,  notre  choix  ne 
peut  être  qu'empirique,  et  nous  nous  servirons,  entre  0°  et 
100°,  du  thermomètre  à  mercure,  dont  les  indications  coïn- 
cident à  peu  près,  dans  ces  limites,  avec  celles  du  thermo- 
mètre à  air. 

DIVERSES  ÉCHELLES  THEBMOMÉTRiaUES.  —  L'échelle  centigrade, 
proposée  par  Celsius,  professeur  d'Astronomie  à  l'Université 


THERMOMÈTRE  A  MERCURE.  ii 

dX'psai,  est  aujourd'hui  presque  exclusivement  adoptée  par  les 
physiciens  de  tous  les  pays;  mais,  dansTusage  vulgaire,  on  a 
conservé  deux  autres  échelles,  Téchelle  dite  de  Réaumur, 
proposée  par  De  Luc(*),  et  l'échelle  de  Fahrenheit (2).  Le 
zéro  centigrade  correspond  au  zéro  Réaumur  et  au  degré  82  de 
l 'échelle  de  Fahrenheit  ;  le  point  1 00"  correspond  à  80*»  Réaumur 
et  à  212®  Fahrenheit.  1°  C  vaut  {  de  degré  Réaumur  et  |  de 
degré  Fahrenheit.  On  passera  sans  peine  d'une  de  ces  échelles 
à  l'autre  ('). 

Le  volume  d'un  corps  ne  peut  décroître  indéfiniment;  toutes 
les  échelles  th%rmométriques  sont  donc  limitées  dans  le  sens 
des  températures  décroissantes.  La  diminution  de  volume 
qu'éprouve  un  gaz  pour  un  abaissement  de  température  de 
!•  est  de  Tfâ  de  son  volume  à  zéro  :  il  est  donc  impossible  de 
défînir  par  le  thermomètre  à  gaz  une  température  inférieure  à 
—  273®  C,  et  encore  cette  température  est-elle  absolument 
irréalisable»  puisqu'on  ne  peut  concevoir  que  le  volume  du 
gaz  devienne  rigoureusement  nul.  Quant  aux  thermomètres 
construits  avec  des  corps  solides  ou  liquides,  on  pourrait 
croire  au  premier  abord  qu'ils  permettront  de  définir  des  tem- 
pératures beaucoup  plus  basses  (*).  Mais  il  ne  peut  en  être 


C)  f  oir  De  Lcc,  Recherches  sur  l'atmosphère,  t.  II,  p.  2)^  à  l>83.  Le  vrai 
ihermométre  de  Réaumur  marquait  So**  «  ii  la  plus  haute  température  que  l'al- 
cool puihse  supporter  sans  bouillir  »  et,  par  conséquent,  son  indication  dans 
l'eau  bouillante  différait  peu  de  loo**.  Le  zéro  était  le  point  de  eon{;élation  de 
l'eau. 

^)  Proposé  en  1714-  E"  '7 '4»  Fahrenheit  fil  connaître,  dans  les  Transactions 
ffhilosophiqueSf  la  manière  dont  il  le  graduait,  et  indiqua  en  même  temps  les 
points  d'ébullition  de  plusieurs  liquides. 

Le  zéro  Fahrenheit  correspond  à  peu  près  à  la  température  à  laquelle  des- 
cend un  ihermomètre  plongé  dans  un  mélange  de  glace  et  de  sel  ( — >7*?77)» 
•■t  c'est  ainsi,  en  effet,  que  Fahrenheit  déterminait  le  zéro.  Dans  cette  échelle 
le   degré  correspond  sensiblement  à  une  augmentation  de  volume  du  mercure 

*'S''^  ^  TTTTo  ^^  ^^  valeur. 
'  :  On  a 

*)  Le  mercure  se  dilate  de  jiji  de  son  volume  à  zéro,  pour  une  élévation 
de  température  de  1*.  Si  l'on  supposait  que  son  volume  pût  être  diminué  de 
moitié,  on  pourrait  définir  une  température  de  —  2778^.  Mais  une  telle  hypo- 
thèse est  évidemment  contraire  à  tout  ce  que  nous  savons  relativement  à  la 


12  THERMOMÉTRIE.  -   DILATATIONS. 

ainsi,  car  si  un  corps  solide  ou  liquide  se  trouvait  porté  à  une 
température  inférieure  à  —  ^173°  du  thermomètre  à  air,  il  four- 
nirait le  moyen  d^abaisser  la  température  d'un  gaz  au-dessous 
de  cette  limite,  ce  qui  est  dénué  de  sens. 

On  peut,  au  contraire,  concevoir  sans  peine  un  très  haut 
degré  de  raréfaction  de  la  matière;  mais  nous  ignorons  abso- 
lument s'il  y  a  ou  s'il  n'y  a  pas  une  limite  à  la  dilatation  des 
gaz,  et,  par  suite,  si  réchelle  des  températures  définies  par  le 
thermomètre  à  air  est  limitée  ou  non  dans  le  sens  des  tempé- 
ratures croissantes. 

GÉHÉRALITis  SUR  LES  DILATATIONS.  —  Pour  tout  corps  diiTérent 
de  la  substance  thermométrique,  le  volume  est  une  fonction 
inconnue  de  la  température^: 

(4)  v=/(o. 

L'expérience  enseigne  que  les  solides  ou  les  liquides  se 
dilatent  très  peu  dans  les  limites  de  température  que  nous 
savons  produire,  et  par  suite  la  fonction  continue  V  peut  être 
développée  en  série  très  convergente  à  l'aide  de  la  formule  de 
Maclaurin 

(5)  V  =/(o)  +  -'/'(o)  +  -^^/'(o)  +  .  . . 

On  a  donc  été  conduit  à  essayer,  pour  représenter  le  volume 
des  corps  aux  diverses  températures,  des  formules  empiriques 
de  la  forme 

(5  bis  )  V  ^  V„  (  1  -t-  a/  -r  ^P  ^- .  _  ,, 

a,  b,  ...  étant  des  constantes  de  valeur  très  petite  et  rapide- 
ment décroissante. 

Si  l'on  suppose  Passez  petit,  on  peut  arrêter  le  développe- 
ment au  second  terme  et  l'on  obtient  alors,  dans  les  limites  où 
cette  approximation  est  permise, 

(r.)  v^Vo(i-(io, 

fuible  compressibilité  des  liquides.  11  est  probable  que  leur  volume  à  zéro 
dilTère  très  peu  du  plus  petit  volume  qu'ils  soieni  susceptibles  d'occuper. 


THERMOMÈTRE  A  MERCURE.  i3 

Tormule  identique  à  la  formule  (i),  que  nous  avons  admise 
pour  définir  la  température  au  moyen  de  la  substance  thermo- 
métrique.  Cela  signifie  que,  dans  les  limites  où  la  formule  (6) 
est  applicable,  le  corps  auquel  elle  se  rapporte  pourrait  servir 
à  construire  un  thermomètre  dont  les  indications  coïncide- 
raient avec  celles  de  notre  thermomètre  type.  Dans  les  mêmes 
limites,  le  coefficient  a  s'appelle  le  coefficient  de  dilatation 
cubique  de  la  substance  considérée. 

Dans  des  limites  plus  larges,  il  est  nécessaire  de  conserver, 
dans  la  formule  (5),  au  moins  le  terme  en  t^.  On  appelle  alors 
coefficient  de  dilatation  moyen  entre  deux  températures  t 

el  t  le  rapport 

V  -  -  V 


a  n'est  plus  une  constante,  mais  bien  une  fonction  de /et 
der. 

Si  l'on  donne  à  t  une  valeur  déterminée  et  qu'on  fasse 

V  —  V 
tendre  t  vers  la  valeur  limite  /,  le  quolienl-r-— ^  tend  lui- 
même  vers  une  valeur  finie  el  déterminée,  qui  est  la  dérivée  de 
la  fonction  V  prise  par  rapport  à  t.  Le  coefficient  a  tend  aussi 
vers  une  valeur  limite  a',  désignée  sous  le  nom  de  coefficient 
de  dilatation  vrai  à  la  température  t.  Soit,  par  exemple,  un 
corps  pour  lequel  le  volume  est  exactement  représenté  par 
la  formule  à  trois  termes 

on  aura  pour  valeur  du  coefficient  moyen  entre  zéro  et  t 

(X  =^  a  -^  bt, 

m 

et  pour  valeurs  du  coefficient  vrai  à  o<»  et  à  t'', 

a^  =:  a,     oc[  =^  a  -i-  ibt. 

Quand  la  température  demeure  comprise  dans  des  limites 
qui  ne  sont  pas  excessivement  écartées,  on  peut  apporter  dans 
les  calculs  de  dilatation  quelques  simplifications  qu'il  est  bon 
de  connaître. 


i4  THERMOMÉTRIE.   -  DILATATIONS. 

i**  Dilatation  linéaire  des  solides.  —  Nous  écrirons  la  for- 
mule (5  6/^)  soûs  la  forme 

(7)  V=Vo(i-^C). 

La  dilatation  cubique  C  peut  en  général  être  considérée  comme 
un  infmiment  petit  du  premier  ordre,  c'est-à-dire  qu'on  peut 
négliger  les  quantités  de  Tordre  de  C^,  comme  inférieures  aux 
plus  petites  quantités  mesurables.  Si  on  les  conservait  dans  les 
calculs,  elles  seraient  sans  influence  sur  les  dernières  déci- 
males connues  exactement  dans  les  quantités  que  Ton  évalue. 
Soit  L  une  des  dimensions  du  corps  solide  considéré.  Nous 
avons  admis,  comme  établi  par  Texpérience  de  S' Gravesande, 
qu'un  corps  solide  demeure  semblable  à  lui-même  en  se  dila- 
tant; il  en  résulte  que  Ton  a,  au  degré  d'approximation  convenu, 

(8)  Lrr=Lo(H-C)^=:Lo(l-^-îC); 

on  aurait  de  même,  en  désignant  par  S  la  surface  d'une  sec- 
tion  plane  du  corps  considéré, 

•» 

(9)  S  =  So(l-^C)=»r:^So(l-4-jC). 

En  d'autres  termes,  la  dilatation  cubique  est  le  triple,  la  dila- 
tation superficielle  le  double  de  la  dilatation  linéaire, 
•  •2*'  Dilatation  apparente  des  liquides,  —  Soient  A  la  dilatation 
vraie  ou  absolue  d'un  liquide,  D  sa  dilatation  apparente  dans 
un  vase  dont  la  dilatation  cubique  est  C.  Soient  de  plus  V  le 
volume  apparent,  V  le  volume  vrai  du  liquide  à  une  certaine 
température,  Vq  le  volume  commun  du  vase  et  du  liquide  à 
zéro;  on  a  les  relations 

;  V'=rVo(i  -i-A), 

(lo)  V^V„(i  t-D), 

(  V'.-^V  (I  -f-C), 
d'où 

I  4- A"(i-f-D)(i  -t-C), 

et,  comme  les  quantités  A,D,  C  sont  des  quantités  très  petites, 

(II)  A:=r[)-f-C. 


THERMOMÈTRE  A  MERCURE.  i5 

La  dilatation  absolue  d'un  liquide  est  donc  égale  à  la 
somme  de  sa  dilatation  apparente  et  de  la  dilatation  cubique 
du  vase, 

THERMOMÈTRE  A  MERCURE. 

THEBMOHÈTBE  FOHDÉ  SUR  LA  DILATATION  APPABEirTE  DU  MERGUBE 
DAH8  LE  ¥EBRE.  —  Soient  Yo  et  V  les  volumes  apparents  que 
prend,  dans  un  vase  de  verre,  une  même  masse  de  mercure 
portée  successivement  aux  températures  centigrades  o  et  /. 
La  dilatation  apparente  1)  de  l'unité  de  volume  entre  o  et  t  est 

* 

el  le  coefficient  Ihermométrique  c  ou  dilatation  apparente  pour 
une  élévation  de  i"^ 

_  D  _  V  -  Vo 

"""t^       \ot 

Le  coefficient  thermométrique  c  varie  évidemment  avec  la  na- 
ture du  verre  employé  à  là  cônstruciibn  du  thermomètre,  mais 
ne  dépend  ni  de  la  forme  ni  des  dimensions  qu-on  lui  attribue. 
Les  physiciens  donnent  au  thermomètre  à  mercure  deux  dis- 
positions très  différentes,  connues  sous  les  noms  de  tltermo- 
mètre  à  tige  et  de  thermomètre  à  poids.  Nous  allons  les 
éiudiiT  successivement. 

TEERMOMËTRE  A  POIDS.  —  DÉTERMINATION  DU  GOEFnCIENT  THER- 
MOMÉTRIQUE  ET  DE  LA  TEMPÉRATURE  AU  MOYEN  DU  THERMOMÈTRE 
A  POIDS.  -—  Cet  instrument  est  un  vase  de  verre  pouvant  conte- 
nir îni  moins  200»'"  de  mercure  ;  il  est  prolongé  par  un  tube 
étroit  «leux  fois  recourbé  el  terminé  en  pointe.  On  commence 
par  If*  |M'sor;  ensuite  on  le  remplit  de  mercure,  et,  pour  faire 
aiséin«'iii  cette  opération,  on  peut  employer  la  disposition  repré- 
seni««'  fig,  5.  Le  tube  est  maintenu  dans  une  grille  de  fer  A 
qu'on  soutient  par  un  manche  C;  sa  pointe  pénètre  dans  un 
godft  Ak^.  porcelaine  I)  ((iii  est  plein  de  mercure,  et  Ion  plonge 
la  grillo  dans  un  cylindre  de  fer  B  chauffé  par  un  fourneau. 

Alnr-  l'air  du  tube  se  dilate  et  s'échappe  à  travers  le  godet;  cl, 


iG  THERMOMÉTRIE.  —  DILATATIONS, 

si  l'on  soulève  l'instrument  pour  le  laisser  refroidir,  la  contrac- 
lîon  de  l'air  permet  au  mercure  de  pénétrer  dans  le  vase.  On 
redescend  ensuite  le  tube  que  l'on  chaufTe  de  nouveau  jusqu'à 
faire  bouillir  le  mercure  déjà  introduit,  afin  de  chasser  l'air  res- 
tant par  les  vapeurs  mercurielles,  et,  après  quelques  minutes 
d'ébullition,  on  laisse  lentement  refroidir  l'appareil,  qui  se 
remplit  entièrement  lorsque  l'ébultition  a  été  sufTisamnient 


prolongée.  S'il  restait  encore  quelques  bulles  d'air,  il  faudrait 
recommencer  l'opération. 

Quand  le  thermomètre  est  entièrement  rempli  el  qu'il  est 
revenu  à  (a  température  ordinaire,  on  le  place  dans  de  la  glace 
pilée  en  maintenant  sa  pointe  toujours  plongée  dans  le  mer- 
cure et,  après  un  quart  d'heure  d'immersion,  il  est  plein  à 
zéro,  A  ce  moment  on  vide  le  godet  D  et  on  le  remet  en  place, 
QuandTappareil  se  réchaulTe  ensuite  dans  l'air  jusqu'à  la  tem- 
pérature ambiante,  une  partie  du  mercure  se  déverse  dans  le 
godet;  mais,  en  pesant  le  tout  et  en  retranchant  du  poids  total 
celui  du  tube  et  du  godet,  on  obtient  le  poids  1'  du  mercure 
qui  remplissait  le  vase  à  zéro. 


THERMOMÈTRE  A  MERCURE. 


'7 


Si  Ton  porte  ensuite  l'appareil  dans  une  enceinte  chauffée  à 
/^,  une  nouvelle  quantité  de  mercure  tombe  dans  le  godet 
et,  quand  Téquilibre  de  température  est  établi,  on  recueille 
tout  le  mercure  expulsé  :  soit  p  son  poids,  il  est  facile  de 
trouver  une  relation  entre  P,  /?,  t  et  le  coelficient  thermomé- 
trique c. 

Désignons  par  Vo  le  volume  commun  à  zéro  du  vase  et  du 

mercure  qui  le  remplit;  par  D©  la  densité  du  mercure  à  zéro. 

L'appareil  contient  à  /**  un  poids  P  — /?  de  mercure,  dont  le 

V  —  p 
volume  à  zéro  était — wt-^»  et  dont  le  volume  réel  à  ^  est 

Do 
P  -  -  P 

— r— ^  (i  4-  A).  Ce  volume  est  égal  au  volume  dilaté  de  Ten- 
Do 

P 

veloppe  de  verre  ^r-  (i  4-  C);  on  a  donc  Téquaiion 

lio 

el,  puisque  i  -*-  A  =  (1  +  C)  (i  +  D),  d'après  l'équation  (11), 
(i3)  (P-;?)(n-D)  =  P, 

Celle  dernière  équation  permet  de  déterminer  la  tempéra- 
ture /  au  moyen  des  données  immédiates  de  Texpérience/?  et 
P,  pourvu  que  c  soil  connu.  On  détermine  ce  coefficient  à  l'aide 
d'une  expérience  j)réliminaire.  Pour  cela,  on  portera  Tappareil 
a  une  température  connue,  loo"  par  exemple,  et  l'on  détermi- 
nera le  poids  cj  du  mercure  expulsé.  L'équation  (i4)  donne 


100  (P  —  GJ) 


Dulong  et  Petit  ont  trouvé  c  =  -pjrr-  en  moyenne;  mais  le 

coefficient  c  varie  avec  la  nature  du  verre  que  Ton  emploie,  et 
il  est  nécessaire  de  déterminer  sa  valeur  sur  l'instrument  même 
dont  on  se  sert.  Cette  opération,  faite  une  fois  pour  toutes, 

J.,  Chaleur.  —  U.   i"  fa»c.  2 


i8  THERMOMÉTRIE.  -  DILATATIONS. 

remplace  la  graduation  qu'il  faut  effeclûer  sur  le  ihermomèlre 
à  lige,  comme  nous  le  verrons  loul  à  l'heure. 

CONSTRUCTION  DU  THEBMOHÈTBE  A  TIGE.  —  On  choisit  d -abord 
le  lube  ihermomélrique.  Il  doit  être  bien  régulier  et  exempt  de 
bulles  ou  de  stries:  son  canal  intérieur  doit  être  fin  et,  ce  qui 
est  la  qualité  essentielle,  il  doit  être  parfaitement  cylindrique. 
Pour  savoir  si  celte  condition  est  remplie,  il  faut  introduire 
dans  ce  canal  une  colonne  continue  de  mercure  de  5o"*  envi- 
ron, la  promener  de  Tun  à  l'autre  bout  du  tube  et  mesurer  sa 
longueur  ^acte  dans  les  diverses  positions  qu'elle  occupe. 
Quand^  en  avançant,  elle  s'allonge  ou  se  raccourcit  sensible- 
ment, le  tube  doit  être  abandonné;  mais,  lorsque  sa  longueur 
demeure  constante  à  i"™  près,  de  Tune  à  l'autre  extrémité,  ce 
lube  peut  être  considéré  comme  bon.  On  s'apercevra  que, 
pour  en  découvrir  un,  il  faut  en  essayer  et  en  rejeter  beaucoup. 

Le  tube  étant  choisi,  on  le  lave  d'abord  à  l'acide  azotique 
bouillant,  pour  brûler  les  matières  organiques  qu'il  contient, 
puis  à  l'eau  pour  le  rincer,  et  on  le  dessèche  par  un  courant 
d'air  chaud.  On  le  porte  ensuite  sur  la  machine  à  diviser  pour  y 
tracer  des  divisions  équidistantes,  égales  ordinairement  à  o™",5. 
Ces  divisions  se  faisaient  autrefois  au  diamant  ;  mais  les  traits 
que  l'on  marquait  ainsi  étaient  larges,  inégaux,  écaillés  sur  les 
bords  et  diminuaient  la  résistance  du  verre.  Il  vaut  mieux 
couvrir  le  lube  avec  une  couche  du  vernis  des  graveurs,  le 
laisser  sécher  et  faire  la  division  avec  un  burin  d'acier,  qui 
n'enlève  que  le  vernis  et  met  le  verre  à  découvert  sur  les  par- 
ties qu'il  touche.  Il  suffit  ensuite  de  passer  sur  les  traits  un 
pinceau  mouillé  avec  de  l'acide  fluorhydrique  étendu  pour  at- 
taquer le  verre  aux  parties  qui  ont  été  mises  à  nu,  sans  toucher 
a  celles  que  protège  le  vernis  et  pour  obtenir  des  divisions  ré- 
gulières et  fines.  Elles  sont  de  longueur  égale,  mais  elles  cor- 
respondent à  des  capacités  généralement  différentes  et  qu'il 
faut  mesurer. 

Cette  mesure  peut  se  faire  avec  une  précision  très  grande  au 
moyen  de  l'appareil  représenté  ^g*.  6.  Il  se  réduit  à  une  table 
de  fonte  rabotée,  creusée  d'un  sillon  longitudinal  dans  lequel 
glissent  à  frottement  les  pieds  C  et  D  de  deux  lunettes  M  et  N. 


THERMOMÈTRE  A  MERCURE.  19 

Le  tube  se  fixe  en  AB  parallèlement  à  la  rainure;  il  contient 
une  colonne  de  mercure  EE  que  Ton  déplace  à  volonté  en 
soufflant  dans  un  tuyau  de  caoutchouc  K;  les  lunettes  visent 
sur  les  divisions,  les  amplifient  assez  pour  qu'on  puisse  à  l'œil 
les  subdiviser  approximativement  en  dixièmes,  et  permettent 
d'observer  les  points  où  affleurent  les  deux  extrémités  du  mer- 
cure dans  toutes  les  positions  qu'on  lui  donne. 

Admettons  que  les  10  premières  divisions  aient  une  capa- 
cité égale  et  qu'on  la  prenne  pour  unité.  On  introduit  dans  le 
lube  une  colonne  de  mercure  A/w  commençant  au  zéro  A  de 
la  graduation  et  laissant  de  m  en  B  environ  10  divisions  non 


Fig.  6. 


remplies  (fig,  7).  Si  Ton  fait  avancer  Tune  des  extrémités  de 
5  divisions,  de  A  en  a,  l'autre  extrémité  marchera  de  m  en  fx; 
les  volumes  de  Aa  et  /w/x  seront  égaux  et  les  nombres  de  di- 
visions qu'ils  comprennent  seront  en  raison  inverse  de  la  ca- 
pacité de  chacune  d'elles.  Si  par  exemple  il  y  a  5,  i  divisions 

5 
de  m  en  /jl,  chacune  d'elles  vaudra  ^ — ,  on  continuera  ensuite 

O  y    I 

(le  faire  avancer  successivement  l'extrémité  A  de  5  en  5  divi- 
sions, ce  qui  permettra  de  jauger  de  la  même  manière  toute  la 
partie  du  tube  comprise  entre  a  et  B.  Après  cela,  il  faudra 
prendre  une  longueur  de  mercure  de  moins  en  moins  grande 
et  comparer  aux  -20  premières  divisions  celles  qui  sont  en  deçà 
de  m.  Enfin  on  résumera  toutes  ces  mesures  dans  un  tableau 
contenant  d'un  côtés  les  numéros  d'ordre  de  chaque  groupe 
de  5  divisions,  et  de  l'autre  leur  capacité  moyenne.  Cette  table 
servira  dans  la  suite  pour  calculer  la  tempéralure  avec  toute 
la  précision  possible. 


20  TIÏEIIMOMÉTRIE.  -  DILATATIONS. 

Le  plus  souvent,  les  consirucleurs  remplacent  cette  méthode 
de  graduation  par  la  suivante  qui  est  plus  simple.  Après 
avoir  choisi  un  tube  et  avant  de  le  diviser,  ils  introduisent  dans 
l'intérieur  environ  25™°»  de  mercure  {Jig.  7),  et  ils  en  mesurent 


Fig.  7, 


A 


L. Je 


rn ]^____  B 


la  longueur  Aa  par  la  machine  à  diviser,  en  comptant  le  nombre 
de  tours  qu'il  faut  faire  pour  transporter  le  microscope  de  cette 
machine  depuis  A  jusqu'en  a.  Arrivés  là,  ils  font  glisser  le  mer- 
cure jusqu'à  placer  en  a  l'extrémité  qui  était  d'abord  en  A;  ils 
mesurent  de  nouveau  la  longueur  de  la  colonne,  et  ils  conti- 
nuent ainsi  jusqu'à  l'autre  bout  du  tube.  Ces  longueurs  succes- 
sives /,  /',  r,  qui  diffèrent  fort  peu  de  l'une  à  la  suivante,  cor- 
respondant à  des  capacités  successives  égales,  ils  divisent 
chacune  d'elles  en  5o  parties.  De  cette  façon,  les  divisions  n'ont 
plus  la  même  longueur  dans  toute  l'étendue  de  la  tige,  mais 
elles  ont  sensiblement  la  même  capacité.  Cette  méthode  ne 
peut  être  considérée  comme  suffisante  qu'avec  un  tube  ex- 
cellent. 

Il  faut  maintenant  adapter  à  cette  lige  graduée  le  réservoir  à 
mercure.  Comme  il  doit  être  fait  avec  le  même  verre  que  le 
tube,  on  le  souffle  à  une  des  extrémités  avec  la  lampe  d'émail- 
leur.  Il  est  commode  de  lui  donner  la  forme  d'un  cylindre  ayant 
le  diamètre  extérieur  de  la  tige  elle-même.  Sa  dimension  doit 
être  calculée  d'avance,  suivant  l'usage  auquel  on  destine  le 
ihermomètre  que  l'on  construit.  Quand  cet  instrument  doit  être 
très  sensible,  il  faut  que  chaque  degré  de  température  corres- 
ponde à  un  grand  nombre  de  divisions,  et  ce  nombre  doit  être 
très  petit  si  le  thermomètre  est  fait  en  vue  de  parcourir  une 
échelle  très  étendue.  Voici  comment  on  calculera  la  capacité  V 
du  réservoir,  pour  que  chaque  degré  de  température  occupe 
un  nombre  n  de  divisions,  après  qu'on  aura  mesuré  la  capa- 
cité p  à  zéro  de  chacune  d'elles.  Le  coefficient  thermomé- 

iltX 

trique  c  a  pour  expression  ^;   pour  le  calcul  approximatif, 

v  0 


THERMOMÈTRE  A  MERCURE.  m 

nous  pouvons  admeilre  que  c  est  égal  à  la  valeur  ^y^  trouvée 

par  Dulong  et  Petit;  on  a  donc 

Vo=  648o/i]tz. 

A  la  vérité,  après  avoir  calculé  le  volume  Vo,  que  l'on  doit  don- 
ner au  réservoir,  on  ne  pourra  pas  le  réaliser  exactement  dans 
l'opération  du  soufflage,  mais  il  sera  toujours  aisé  d*e*n  appro- 
cher. Par  suite,  le  nombre  de  divisions  occupées  par  i*  sera  à 
peu  près  égal  à  n,  et  c'est  le  but  que  Ton  voulait  atteindre. 

Pour  introduire  le  mercure  dans  le  réservoir  ainsi  préparé, 
on  opère,  à  peu  de  chose  près,  comme  nous  Tavons  fait  pour 

Fig.  8. 


le  baromètre  ou  pour  le  ihermomèlre  à  poids.  On  commence 
par  souffler  ou  souder,  à  l'autre  bout  du  tube,  un  entonnoir 
assez  grand  pour  contenir  la  totalité  du  mercure  qui  doit  rem- 
plir le  thermomètre,  et,  après  y  avoir  versé  ce  mercure,  on 
dépose  le  tube  sur  un  gril  incliné  AB  (fig.  8).  En  chauffant 
avec  des  charbons,  l'air  intérieur  s'échoppe  et,  quand  ensuite 
on  refroidit,  le  mercure  prend  la  place  de  l'air  qui  est  sorti.  Il 
faut  avoir  soin  d'échauffer  le  verre  dans  toute  sa  longueur  aussi 
bien  que  le  mercure  dans  toutes  ses  parties  et  de  faire  bouillir 
ce  liquide  plusieurs  fois  consécutivement  dans  le  réservoir  pour 
ne  laisser  aucune  trace  d'humidité  dans  Tappareil. 

Avant  de  fermer  le  thermomètre,  il  est  nécessaire  de  le  por- 
ter à  la  température  maximum  qu'il  doit  indiquer,  aOn  de  chas- 


22 


THERMOMÉTRIE.  -  DILATATIONS. 


ser  de  la  lige  Texcédenl  de  mercure,  ei  de  le  refroidir  ensuiie, 
pour  voir  approximativement  vers  quel  point  se  trouvera  le 
zéro  et  quel  sera  le  minimum  de  température  que  Finstrument 
pourra  donner.  Ces  essais  ont  pour  but  de  déterminer  à  l'avance 
la  quantité  de  mercure  qu'il  faut  laisser.  Quand  ils  sont  termi- 
nés, on  réchauffe  le  tube  jusqu'à  faire  arriver  le  mercure  au 
sommet  de  la  tige  et  chasser  tout  Tair  qu'elle  contenait,  et  on 
le  ferme  dans  le  dard  du  chalumeau. 


FiR.  9- 


DÉTERUDIATIOH  DES  POIHTS  FIXES.  —  Il  reste  enfin  à  chercher 
les  points  fixes  o  et  loo.  Pour  le  premier,  l'opération  est  très 

simple.  On  enfonce  l'appareil  tout 
entier  dans  une  éprouvette  à  pied 
remplie  de  glace  {fig,  9)  ;  on  at- 
tend que  la  colonne  mercurielle  soit 
devenue  stationnaire,  ce  qui  ne  tarde 
guère,  et  l'on  soulève  le  tube  juste 
de  ce  qu'il  faut  pour  apercevoir  le 
sommet  du  mercure  au-dessus  de 
la  glace  et  lire  la  division  vis-à-vis 
de  laquelle  il  est  placé  :  c'est  là 
qu'est  le  point  zéro.  On  ne  le  mar- 
que pas  sur  la  lige,  mais  on  inscrit 
le  numéro  de  la  division  sur  le 
cahier  des  observations.  Soit  /i©  ce 
numéro  d'ordre. 

La  détermination  du  point  100 
exige  plus  de  précautions.  Nous 
i  avons  dit  jusqu'à  présent  que  la 
température  de  100°  est  celle  de  l'é- 
builition  de  l'eau  sous  la  pression 
de  760"*"';  cela  n'est  vrai  qu'avec  de  nombreuses  restrictions. 
Il  y  a  d'abord  une  influence  exercée  par  l'impureté  plus  ou 
moins  grande  du  liquide;  quelques  traces  d'un  sel  dissous 
dans  l'eau  relardent  notablement  son  ébullition.  Il  y  a  ensuite 
une  erreur  qui  vient  de  la  profondeur  à  laquelle  on  plonge  le 
réservoir;  cardans  l'eau  bouillante  la  température  croît  depuis 
la  surface  jusqu'au  fond.  Enfin  la  nature  du  vase  où  se  fait  l'é- 


THERMOMÈTRE  A  MERCDRE. 


a3 


Fis. 


bullition  exerce  une  action  que  l'on  constate  par  l'épreuve  sui- 
vante. Faites  bouillir  de  l'eau  dans  un  ballon  de  verre  et  enlevez 
ensuite  le  fourneau  :  l'ébullilion  cessera  et  l'eau  commencera 
à  se  refroidir;  mais  jetez-y  de  la  limaille  de  fer,  vous  verrez 
rébullition  se  reproduire  aussiiôt,.bien  que  celte  limaille  ait  dû 
refroidir  encore  le  liquide.  Cela  prouve  que  l'eau  bout  dans  un 
ballon  de  verre  à  une  température  plus  haute  que  dans  un 
vase  métallique;  d'après  Gay-Lus- 
sac,  la  différence  peut  atteindre  i". 
Toutes  ces  causes  de  variations 
jetteraient  une  gra"<le  incertitude 
sur  la  détermination  du  point  loo 
si  Rudberg  n'avait  montré  qu'on 
peut  les  annuler  toutes  à  la  fois  en 
plongeant  le  thermomètre,  non  dans 
l'eau,  mais  dans  la  vapeur  qu'elle 
fournit.  Alors  la  pureté  de  cette  eau 
n'est  plus  nécessaire,  la  nature  du 
vase  n'a  plus  d'influence  et  il  n'y  a 
plus  à  se  préoccuper  de  la -profon- 
deur du  liquide. 

Pour  faire  l'expérience,  on  em- 
ploie communément  l'étuve  repré- 
sentée (ig.  lo.  Le  thermomètre  T 
est  soutenu  dans  le  couvercle  par 
un  bouchon  percé.  La  vapeur,  en 
s'élevant ,  ienveloppe  de  toutes 
parts;  elle  redescend  entiuiie  dans 
le  manchon  CC  qui  prévient  le  re- 
froidissement du  tube  BB;  elle  s'é- 
chappe enfin  par  l'ouverture  0.  Ou  fait  communiquer  lin-, 
lérieur  du  vase  avec  un  manomètre  à  eau  dessiné  dans  l.i 
figure,  afin  de  savoir  si  la  vapeur  n'a  point  un  excès  de  pres- 
sion dont  on  devrait  lenir  compte.  Il  faut  avoir  soin  de  des- 
cendre assez  le  thermomètre  pour  que  le  mercure  loui  en- 
tier soil  dans  la  vapeur  et  le  relever  ensuite  pour  lire  la 
division  qui  correspond  au  sommet  du  mercure.  Soit  n,  cette 
division  ;  elle  marque  la  température  T  de  la  vapeur  et  on  lin- 


24  THERMOMÉTRIE.  -  DILATATIONS. 

scril,  comme  la  première  /lo,  sur  le  cahier  des  observations. 
Celte  température  T  est  égale  à  loo*  lorsque  la  pression  est 
76o'"";  mais,  en  général,  le  baromètre  est  à  une  hauteur  H 
au  moment  où  Ton  fait  l'observation  et,  comme  Teau  bout  à 
une  température  d'autant  plus  haute  que  la  pression  est  plus 
élevée,  la  température  T  n'est  pas  constante;  mais  on  la  trou- 
vera dans  des  tables  qui  donnent  la  valeur  de  T  aux  diverses 
pressions  (*). 

Connaissant  les  divisions  no  et  Fir  qui  correspondent  aux 
températures  zéro  et  T,  il  faut  maintenant  dire  comment  on 
déterminera  la  température  ^ quand  le  mercure  s'arrê- 
'^*  ''*   tera  à  une  division  quelconque  rit  :  pour  cela  il  sufOt 
î<x»!riic     ^®  remarquer  que  les  températures  ^  et  T  seront  pro- 
portionnelles aux  dilatations  apparentes  qui  leur  cor- 
respondent, c'est-à-dire  aux  capacités  de  la  tige  depuis 
/Zo  jusqu'à  nr  d'une  part  et  depuis  /lo  jusqu'à  n^  de 
D     l'autre,  et  l'on  trouvera  ces  capacités  dans  la  table  de 
graduationdu  tube  que  l'on  a  commencé  par  construire. 
Le  thermomètre  que  nous  venons  de  décrire  porte, 
comme  on  le  voit,  des  divisions  arbitraires  soigneuse- 
ment graduées.  C'est  le  seul  qu'on  puisse  employer 
pour  les  recherches  de  précision  ;  mais  il  exige  une 
table  et  un  calcul  pour  donner  la  température,  ce  qui 
complique  rinslrumenl.  P.our  l'usage  ordinaire,  il  est 
préférable  de  marquer  les  degrés  sur  le  tube  quand  il 
B      est  déjà  rempli  de  mercure.  On  commence  alors  par 
déterminer  les  points  A  et  C  (fig,  1 1)  où  s'arrête  le 
mercure  pour  les  températures  zéro  et  ioo°,  et  l'on  fait  les  di- 
visions de  la  manière  suivante. 

On  porte  le  thermomètre  à  5o°  environ,  et,  en  chauffant  la 
tige  en  A  avec  un  chalumeau,  on  détache  la  colonne  de  mer- 
cure AD  qui  devient  libre  et  qu'on  peut  faire  glisser  dans  le 
tube.  On  amène  d'abord  son  extrémité  supérieure  en  C  et  l'on 
note  son  autre  extrémité  D<  ;  on  ramène  ensuite  l'extrémité  infé- 
rieure de  la  colonne  au  point  zéro  et  son  extrémité  supérieure 


(*)  Voir  les  Tables  publiées  par  M.  Broch,   Travaux  du  Bureau  interna" 
tionai  des  Poids  et  Mesures^  t.  I,  p.  A./|6;  i88î. 


o 


v^ 


THERMOMÈTRE  A  MERCURE.  26 

csl  en  D2;  il  est  clair  que  le  milieu  D  de  rinlervalle  D|  D2  se 
trouve  à  la  moitié  de  la  capacité  AC  et  indique  exactement  le 
point  5o«.  On  répétera  entre  A  et  D  et  entre  D  et  G  l'opération 
qui  vient  d'être  faite  entre  A  et  C,  ce  qui  fera  connaître  les  points 
•xS*»  et  75*».  Ayant  ainsi  déterminé  les  quatre  points  de  repère 
0%  a5**,  5o*,  75^  100*»,  on  divisera  leurs  intervalles  en  25  parties 
d'égale  longueur  qui  auront  sensiblement  la  même  capaciti' 
et  marqueront  les  degrés  de  zéro  à  100". 

Mais  les  instruments  que  l'on  construit  ainsi  ne  peuvent  êtro 
aussi  précis  que  les  précédents.  On  comprendra  d'ailleurs  l'im- 
possibilité qu'il  y  a  de  marquer  les  températures  à  des  places 
fixes  quand  on  saura  que  les  thermomètres  sont  sujets  à  des  os- 
cillations que  Ton  connaît  sous  le  nom  ùq  déplacement  du  zéro. 

TIBIATIOHS  DES  P0I1IT8  FIXES.  —  Quand  on  a  déterminé  les 
points  fixes  immédiatement  après  la  construction  d'un  thermo- 
mètre et  qu'on  renouvelle  l'opération  quelque  temps  après,  on 
ne  trouve  pas  les  mêmes  résultats.  Ces  points  se  sont  élevés 
quelquefois  de  1°,  comme  si  le  vase  avait  diminué  de  capacité 
avec  le  temps.  Despretz,  qui  a  fait  sur  ce  sujet  des  études 
suivies,  a  vu  ces  déplacements  se  continuer  progressivement 
pendant  cinq  années;  et  ce  qu'il  y  a  de  plus  fâcheux,  c'est  que 
ces  oscillations  se  produisent  brusquement  quand  on  porte 
brusquement  l'appareil  à  des  températures  très  différentes. 

Voici,  d'après  M.  Berthelol  ('),  ce  qui  se  produit  quand  on 
veut  vérifier  la  position  des  point  fixes. 

Point  100.  —  Quand  on  laisse  séjourner  le  thermomètre 
dans  la  vapeur  d'eau,  le  point  extrême  de  la  colonne  thermo- 
métrique change  sensiblement,  par  suite  de  l'agrandissement 
du  réservoir,  jusqu'à  un  terme  fixe  qui  n'est  atteint  qu'au  bout 
d'un  quart  d'heure  ou  une  demi-heure.  Ce  phénomène  se  pro- 
duit même  avec  des  thermomètres  construits  depuis  dix  ans,  et 
il  se  reproduit  chaque  fois  que  l'on  porte  l'instrument  à  loo', 
après  lavoir  conservé  à  la  température  ordinaire  pendant  quel- 
ques mois. 

Point  zéro,  —  Un  thermomètre  possède  en  général  deux 

(',  Jour  mil  de  P/tysi^ite  théorique  et  apptiiiitée^   V*  série,  l.  H,  p.   i8;   i883. 


26  THERMOMÉTRIE.  -  DILATATIONS. 

zéros  :  l'un  z©  s'observe  après  plusieurs  années  de  conslruc- 
tîon  sur  un  instrument  qui,  après  avoir  été  porté  plus  d'une 
fols  à  roo^,  a  été  abandonné  plusieurs  mois  à  la  température 
ordinaire.  L'autre  zéro  Zioo  s'observe  quafnd  on  place  dans  la 
glace  fondante  un  thermomètre  qui  vient  d'être  porté  à  ioo«. 
Il  dilfère  plus  ou  moins  du  précédent  suivant  la  nature  du 
verre,  souvent  de  plusieurs  dixièmes  de  degré  (*);  il  corres- 
pond à  la  capacité  dilatée  du  réservoir. 

Si,  au  lieu  de  porter  le  thermomètre  à  loo'»,  on  l'amène  à  une 
température  quelconque  t,  inférieure  à  loo»,  et  qu'on  Ty  main- 
tienne pendant  un  temps  suffisant,  le  zéro  éprouve  encore  un 
déplacement  dont  la  valeur  varie,  diaprés  M.  Pernet(*),  pro- 
portionnellement au  carré  de  la  température.  En  désignant 
par  Zf  et  Zioo  les  positions  du  zéro  déprimé  par  l'emploi  des 
températures  t  et  loo**,  par  zq  la  position  du  zéro  non  dé- 
primé, on  a 

(0  Zt  ^=^  Zq  —  [Zo  —  Zioo) 


lOO 


Toutes  ces  variations  sont  attribuées  à  la  trempe  du  verre  et 
aux  mouvements  moléculaires  qui  se  produisent  avec  le  temps 
ou  qui  résultent  d'un  brusque  changement  de  température  . 
Pour  remédier  autant  que  possible  à  ces  inconvénients,  il  faut 
déterminer  le  point  zéro  non  déprimé  z©  et  le  zéro  déprimé  Zi  oo* 
La  valeur  du  degré  sera  prise  égale  à  la  centième  partie  de 
rinteri^aile  des  points  fixes  déprimés,  et  s'obtiendra  en  dé- 
terminant successivement:  i°  le  point  loo  après  une  immersio  n 
de  plus  d'un  quart  d'heure  dans  la  vapeur  d'eau  bouillante 
et  2°,  immédiatement  après,  le  point  o. 

MBSUBE  EXACTE  DE  LA  TEMPÉRATURE  A  L'AIDE  DU  THERMOMÈTRE  A 
TIfiE.  —  Pour  calculer  exactement  la  température  à  l'aide  d'un 


{')  D'après  M.  Pornet  {Journal  de  Physique ^  !'•  série,  t.  X,  p.  5a3;  i88i) 
cette  diiréreiicc  est  d'environ  o%  a  pour  un  thermomètre  en  cristal;  eUe  peut 
atteindre  o*, 8  pour  les  thermomètres  allemands  en  verre  de  soude. 

(')  M.  Marck  est  le  premier  qui  ait  appliqué  systématiquement  ces  correc- 
tions de  pression  dans  toutes  ses  observations.  Voir  Travaux  et  Mémoires  du 
Bureau  international  des  Poids  et  Mr.sures  :  Pesées^  par  M.  Marck,  t.l,  p.  D.  5. 
et  Thermomètre  à  mercure^  p.  B.8. 


THERMOMÈTRE  A  MERCURE.  v] 

thermomètre  à  tige,  il  faut  tenir  compte  :  i**du  déplacement  du 
zéro,  1"*  de  la  variation  de  la  capacité  du  réservoir  sous  l'ac- 
tion des  pressions  tant  intérieures  qu'extérieures  qu'il  sup- 
porte. Une  augmentation  de  la  pression  extérieure  agit  comme 
le  ferait  une  élévation  de  température  pour  chasser  du  mer- 
cure du  réservoir  dans  la  tige;  une  pression  intérieure  agit  en 
sens  inverse. 

La  pression  intérieure  provient  de  la  colonne  de  mercure 
soulevée  dans  la  tige  et  du  gaz  qui  peut  être  resté  dans  l'appa- 
reil, au  moment  où  le  thermomètre  a  été  fermé.  Cette  dernière 
pression  sera  toujours  négligeable  si  le  constructeur  a  ménagé 
au  sommet  de  la  tige  un  petit  réservoir  de  capacité  assez  grande 
par  rapport  à  celle  de  la  tige  ;  mais  il  n'en  est  pas  de  même  de  la 
pression  due  à  la  colonne.  Un  therniomètre  sensible  observé  : 
i"*  dans  la  situation  horizontale,  ^<^  dans  la  situation  verticale, 
marque  une  température  plus  basse  de  plusieurs  centièmes  de 
degré  dans  cette  dernière  position.  C'est  précisément  par  une 
série  d'observations  des  thermomètres  horizontal  et  vertical 
qu'on  détermine  le  coefficient  de  réduction  relatif  à  la  pression 
intérieure.  Si  le  verre  du  réservoir  est  mince,  ce  coefficient 
est  sensiblement  égal  à  celui  qui  caractérise  la  pression  exté- 
rieure: on  mesure  directement  ce  dernier  en  enfermant  le  ré- 
servoir du  thermomètre  dans  un  bain  de  mercure,  au-dessus 
duquel  on  peut  raréfier  ou  comprimer  l'air  à  des  pressions 
mesurées  par  un  manomètre. 

L'influence  des  variations  de  la  pression  atmosphérique,  en 
un  même  lieu,  est  d'ailleurs  très  faible. 

Cela  posé,  pour  déduire  la  température  vraie  de  la  lecture 
d'un  therniomètre  à  mercure  à  échelle  arbitraire,  on  efFecluera 
les  corrections  suivantes  :  i"  correction  de  calibrage  pour  rame- 
ner la  lecture  à  ce  qu'elle  eût  été,  si  toutes  les  divisions  de  la  tige 
avaient  des  capacités  égales.  Celle  correction  se  fait  à  l'aide 
d'une  table  dressée  une  fois  pour  toutes,  comme  il  a  été  indiqué 
précédemment;  î*»  si  la  pression  extérieure  est  notablement 
différente  de  760™'",  on  effectue  la  correction  qui  ramène  la 
lecture  à  ce  qu'elle  eût  été  pour  une  pression  extérieure  de  760'"""; 
3*  enfin  on  effectue  une  correction  pour  réduire  la  lecture 
effectuée  à  ce  qu'elle  eût  été  si  le  thermomètre  était  horizontal. 


28  THERMOMÉTRIE.  —  DILATATIONS. 

De  la  leclure  ainsi  corrigée,  on  soustrait  la  lecture  corres- 
pondant à  la  glace  fondante,  déterminée  aussitôt  après  Texpé- 
rience(*).  H  ne  reste  plus  qu'à  réduire  en  degrés  la  différence 
des  deux  lectures  corrigées,  ce  qui  se  fait  au  moyen  de  la  va- 
leur de  Tintervalle  fondamental,  déterminé  comme  il  a  été  dit 
ci-dessus. 

En  prenant  toutes  ces  précautions,  M.  Pernet(2)  a  reconnu 
que  tous  les  thermomètres  à  mercure  deviennent  comparables 
entre  o°  et  100°  à  moins  de  dz  o",  02,  quelle  que  soit  la  nature 
(lu  verre  dont  ils  sont  formés. 

Pour  les  mesures  calorimétriques,  on  emploie  le  plus  sou- 
vent des  thermomètres  à  échelle  très  peu  étendue,  et  Ton  évite 
de  les  soumettre  à  des  températures.plus  hautes  ou  plus  basses 
que  celles  qu'ils  sont  desiinés  à  mesurer.  On  peut  alors  avoir 
des  thermomètres  assez  délicats  pour  indiquer  des  variations  de 
température  de  j^  de  degré. 

GOMPABAISOH  DES  THEBMOIIÉTBES  A  P0D8  ET  A  TIftE.  —  Le  ther- 
momètre à  tige  et  le  thermomètre  à  poids  ne  sont  que  deux 
formes  différentes  d'un  même  appareil  et,  pourvu  qu'ils  soient 
formés  du  même  verre,  ils  doivent  marcher  d'accord  dans  toute 
rétendue  de  leur  échelle.  Pour  s'en  convaincre,  il  suffit  de  re- 
marquer que,  dans  ces  deux  instruments,  le  coefficient  thermo- 
métrique est  le  même:  c'est  le  coefficient  de  dilatation  appa- 
rente du  mercure  dans  le  verre  dont  le  thermomètre  est  formé. 
Le  coefficient  thermométrique  étant  donné  et  l'échelle  thermo- 
métrique  choisie,  l'équation  (3)  qui  détermine  la  température 
ne  renferme  plus  rien  d'arbitraire,  qui  puisse  varier  d'un  ap- 
pareil à  un  autre. 

Admettons  d'ailleurs  que  le  mercure  s'arrête  en  A  à  zéro 
(^S*-  ï  0  ^3ns  un  thermomètre  à  tige.  Quand  on  chauffe  le  mer- 
cure à  t*,  son  niveau  se  fixe  en  i);  si  la  tige  du  thermomètre 
était  coupée  en  A,  la  quantité  même  de  mercure  qui  monte 


(')  Si  l'on  110  pont  fniro  cette  détcrniination  et  si  la  température/  que  Ton 
mesure  a  été  maintenue  assoi  longtemps,  il  faut  calculer  la  dépression  du  zéro 
à  l'aide  de  la  formule  do  M.  Pcrnet. 

(')  Permet,  Journal  tie  P^aiçue,  !'•  série,  t.  X,  p.  52-3;  1881. 


THERMOMÈTUE  A  MEIICUKE.  29 

dans  la  lige  se  déverserait  à  Texlérieur  et  pourrait  être  recueil- 
lie et  pesée.  L'appareil  deviendrait  un  thermomètre  à  poids. 
Les  deux  thermomètres  ont  donc  cela  de  particulier  que  c'est 
la  même  quantité  de  mercure  qui  s'élève  dans  la  tige  de  Tun 
ei  s'écoule  dans  le  réservoir  de  l'autre. 

Il  semblerait  d'après  cela  que  Ton  peut  employer  indifférem- 
ment dans  toutes  les  recherches  le  thermomètre  à  poids  ou 
le  thermomètre  à  tige.  Dulong  et  Petit  préféraient  l'emploi  du 
thermomètre  à  poids,  imaginé  par  eux  pour  s'affranchir  des 
imperfections  inévitables  du  thermomètre  à  tige  (*  )  (telles  que 
défautde  calibrage  exact  des  tubes,  etc.)  et  pour  profiter  du  haut 
degré  de  précision  que  comporte  l'usage  des  pesées.  Dans  leurs 
Mémoires,  ces  savants  ont  fourni  les  plus  beaux  exemples  de 
l'usage  de  cet  appareil;  mais  cet  usage  est  restreint,  moins 
encore  à  cause  de  la  manipulation  qu'il  exige  pour  chaque  me- 
sure que  de  la  difficulté  qui  résulte  de  sa  masse  considérable. 
Pour  ne  citer  qu'un  exemple,  il  ne  peut  remplacer  le  thermo- 
mètre à  lige  dans  les  opérations,  si  délicates,  de  la  calorimé- 
trie,  où  l'on  n'a  affaire  qu'à  de  faibles  quantités  de  matière,  et 
où  les  indications  de  température  doivent  être  en  quelque  sorte 
instantanées. 

Le  thermomètre  à  tige  se  prête  d'ailleurs,  pour  des  objets 
spéciaux,  à  louie's  sortes  de  modifications,  sur  lesquelles  nous 
reviendrons  dans  un  Chapitre  relatif  à  lu  mesure  des  lempé- 
i'aiures. 

(')  Annales  de  Chimie  et  de  PhysiquCy  2*  série,  t.  Il,  p.  261  ;   1816. 


3o  THERMOMÉTRIE.  —   DILATATIONS. 


CHAPITRE  IL 

DILATATION    DES   LIQUIDES. 

Dilatation  absolue  du  mercure.  —  Expériences  de  Dulong  et  Petit.  — 
Expériences  de  Regnault.  —  Dilatation  des  enveloppes  de  verre.  — 
Dilatation  des  liquides.  —  Expériences  de  Is.  Pierre.  —  Dilatation  des 
liquides  surchauffés. 

Dilatation  do  l'eau.  —  Expériences  de  Hallstrom.  —  Expériences  de  Des- 
pretz.  —  Maximum  de  densité  des  dissolutions  salines. 


DIUTATIOH  ABSOLUE  DU  MERCURE.  —  Si  Ton  prend  un  poids  P 
do  mercure,  il  occupe  à  zéro  et  à  /^  des  volumes  Vq,  V^,  il 
|)rend  des  densités  différentes  Do,  Dr,  ei  Ton  a 

P^^V«Do=VrD, 

ou 

Do        V,  . 

11  suflirait  donc  de  mesurer  les  densités  du  mercure  à  zéro  et 
à  /*»  pour  en  conclure  sa  dilatation  absolue  Ar  entre  ces  deux 
températures. 

Or  on  se  rappelle  que,  si  les  deux  branches  d'un  vase  com- 
muniquant contiennent  des  liquides  inégalement  denses,  les 
hauteurs  des  niveaux,  au-dessus  de  la  surface  de  séparation, 
sont  en  raison  inverse  des  densités  (*  ).Par  conséquent,  si  Ton 
verse  du  mercure  dans  les  deux  branches,  que  Ton  refroidisse 
l'une  jusqu'à  zéro  et  que  Ton  échauffe  l'autre  jusqu'à  /^,  les 


(')  Les  anciens  observateurs  qui  ont  cherche  à  déterminer  la  dilatation  ab- 
solue du  mercure  employaient  une  méthode  analogue,  consistant  à  mesurer 
les  hauteurs  du  mercure  dans  des  tubes  barométriques  portés  à  diverses  tem- 
pératures. Cette  méthode  a  fourni  des  résultats  peu  exacts,  même  aux  physi- 
ciens qui,  comme  Militzer  {Ânn,  de  Pogg..,  t.  LXXX,^  î*  avaient  pu  pro- 
Hter  des  expériences  de  Dulon;;  et  Petit. 


DILATATION  DES  LIQUIDES.  3i 

densités  deviendront  Do  et  Dr,  les  hauteurs  des  niveaux  seront 
Ht  et  Hr,  et  Ton  aura  la  relation 

d'où  Ton  tire 

Hf —  Hfl 

Ho 


A,. 


La  détermination  de  A^  se  trouve  ainsi  ramenée  à  la  mesure 
des  hauteurs  Ho  et  H^,  puisque  ces  hauteurs  ne  varient  pas 
avec  la  forme  du  vase  communiquant,  elles  ne  dépendent  pas 
de  sa  dilatation.  Ce  principe  des  expériences  une  fois  accepté, 
il  fallait  construire  un  appareil  pour  les  réaliser.  Voici  com- 
ment Dulong  et  Petit  ont  opéré. 

EXFÉBmGES  DE  DULOHft  ET  PETIT  (')•  —  Sur  une  forte  table 
de  chêne  est  placée  une  barre  de  fer  MN  ayant  la  forme  d'un  T 
ijig.  12);  elle  est  rendue  horizontale  par  des  vis  calantes  et  au 
moyen  de  niveaux.  C'est  sur  elle  que  Ton  a  ï\\é  le  tube  com- 
muniquant AfiC,  en  le  soutenant  par  des  tiges  verticales  im- 
plantées sur  MN.  La  partie  horizontale  du  tube  est  presque 
capillaire  (^),  ses  branches  verticales  sont  étroites  dans  le  bas, 
mais  elles  sont  larges  à  leur  sommet,  où  elles  atteignent  un 
diamètre  de  o",02.  Par  cette  disposition,  on  peut  prendre,  pour 
hauteur  des  deux  colonnes  de  mercure  qui  se  font  équilibre 
dans  les  deux  branches,  la  distance  verticale  de  leurs  sommets 
à  l'axe  du  tube  horizontal  B:  on  évite,  en  outre,  l'influence  de 
la  capillarité,  qui  eût  été  considérable  en  A  et  en  C  si  les  tubes 
avaient  été  étroits  et  inégaux  aux  deux  sommets,  puisqu'ils 
doivent  être  inégalement  échauffés. 

Pour  faire  varier  la  température  des  deux  branches,  on  les 


C)  Annales  de  Chimie  et  de  Physique,  a*  série,  t.  VU,  p.  i25;  1818. 

O  Entre  deux  colonnes  d'un  même  liquide  à  température  différente,  Téqui- 
libre  oe  peut  avoir  lieu  que  dans  une  seule  tranche  horizontale.  11  y  a  donc,  à 
la  partie  supérieure  du  tube  de  communication,  mouvement  du  liquide  chaud 
▼ers  le  tube  iVoid,  et  à  sa  partie  inférieure  mouvement  en  sens  contraire.  L'in- 
certitude qui  règne  sur  la  position  exacte  de  la  tranche  en  équilibre  est  réduite 
au  miDimum  en  rendant  le  tube  capillaire. 


TllERMUMÈTlUt:.  -  DILATATIONS. 
i»itU  «tWUiTfeà  lie  iiianchoiis  cyliiidrkiucs.  L'un  IH),  qw 
viiiplu^itl  àv  gljice  foiidaiile,  ixaîl  en  lalloii  mince!  on  av»' 
n>»wr*i'  il  *"  b*»e  une  ouverture  qui  laissai!  écouler  l'eau  de  fi 
>U>ii.  cl  Ul<'ui»(p'  *  *■■'"  Son"'"n  u"e  pnrle  que  Ion  ou\rait  ù  1 


i^\ln'H"HiT,  tJlin  (if  |.i>uvuir  ciileviT  un  pi-u  de  (;luce  fl 
kvuv<i)  l«  niveau  du  mercure.  L'ajire  manchon  JJ,  qui  de^ 
jill  Odv  |ik>rW  it  une  tenipéraiure  élevije,  élnil  lubrique  < 
"i^uJ^it)  twUu.  v|iaix  ei  buulunné.  tl  y  avait  à  la  base  deux  p 
Kfmv4U*M>^  ^r  K  (]Ui  enveloppaient  le  lube  T,  el  un  Tond 


DILATATION  DES  LIQUIDES.  33 

cuivre  fixé  par  des  boulons  à  vis.  Avant  de  placer  ce  fond,  on 
remplissait  avec  du  mastic  de  vitrier  Tintervalie  compris  entre 
le  T  et  les  prolongements  du  manchon,  puis  on  serrait  les  bou- 
lons, ce  qui  comprimait  le  mastic  et  rendait  la  fermeture  her- 
métique. Le  couvercle,  également  boulonné,  était  percé  de 
trois  trous,  l'un  central  pour  laisser  passer  le  tube  A,  et  les 
deux  autres  latéraux  pour  introduire  des  thermomètres  à  Tin- 
térieur.  Enfin  ce  manchon  était  rempli  d'huile  et,  pour  la  chauf- 
fer, on  avait  maçonné  tout  autour  un  fourneau  que  la  ligure 
représente  en  coupe  verticale. 

Quand  on  voulait  faire  une  observation,  on  emplissait  de 
glace  pilée  le  cylindre  D,  et  l'on  chauffait  le  manchon  J.  On 
avait  soin,  pendant  tout  le  temps  que  la  température  montait, 
de  maintenir  le  niveau  du  liquide  au-dessous  du  couvercle 
dans  la  branche  A.  Quand  on  approchait  du  point  où  Ton  vou- 
lait observer,  on  fermait  les  issues  du  fourneau  et  la  tempéra- 
ture atteignait  un  maximum  qui  se  maintenait  pendant  quelques 
instants.  A  ce  moment,  qu'il  fallait  savoir  saisir,  on  ajoutait 
dans  le  tube  C  assez  de  mercure,  préalablement  refroidi  à  zéro, 
pour  soulever  le  sommet  de  la  colonne  chaude  A  jusque  au- 
dessus  du  couvercle;  on  ouvrait  la  porte  du  manchon  D,  on 
enlevait  la  glace  qui  cachait  le  mercure,  et  alors  on  observait, 
d'une  part  les  hauteurs,  et  de  l'autre  la  température. 

Les  hauteurs  se  mesuraient  au  moyen  du  calhétomèlre  qui 
avait  été  précisément  inventé  à  cette  occasion.  On  visait  les  som- 
mets du  mercure,  d'abord  dans  le  tube  chaud,  ensuite  dans  la 
branche  refroidie,  et  la  course  de  l'instrument  donnait  11^— Ho. 
Ensuite  on  mesurait  la  distance  de  ce  dernier  sommet  à  l'axe 
du  tube  B,  ce  qui  faisait  connaître  Ho,  et  l'on  pouvait  calculer 

U     Il 

le  quotient  -— n — -^  qui  est  égal  à  la  dilatation  A^. 

Ho 

La  température  était  donnée  par  deux  thermomètres,  dont 

les  réservoirs  occupaient  presque  toute  la  hauteur  du  manchon, 

et  qui  indiquaient  la  température  moyenne  de  l'huile.  De  ces 

deux  appareils,  l'un  E  était  un  thermomètre  à  poids,  l'autre  (jH 

un  thermomètre  à  air.  Mais  c'est  des  indications  de  ce  dernier 

que  Dulong  et  Petit  se  servirent  exclusivement  pour  le  calcul 

des  expériences,  après  avoir  remarqué  qu'à  de  hautes  lompé- 

J.,  Chaleur.  —  IL   i**  fasc.  3 


34  THERMOMÉTRIE.  -  DILATATIONS. 

ratures  les  indications  des  deux  instruments  n'étaient  pas  con- 
cordantes. C'est  la  première  fois  que  Ton  a  pris  Faîr  comme 
substance  thermométrique  type  à  l'exclusion  du  mercure. 

Telle  futy  dans  ses  principaux  détails,  la  méthode  employée 
par  Dulong  et  Petit.  Ils  ont  d'abord  fait  plusieurs  expériences 
dans  le  voisinage  de  ioo<»,  et  ils  ont  obtenu,  en  divisant  la  dila- 
tation totale  par  le  nombre  de  degrés  du  thermomètre  à  air^  le 

coefficient  moyen  a=  ~  de  la  dilatation  entre  zéro  et  loo*. 

Ils  ont  opéré  ensuite  à  des  températures  voisines  de  aoo*^,  puis 
enfin  de  3oo«,  et  ils  ont  calculé  de  même  le  coefficient  moyen 
entre  zéro  et  ces  températures,  données  toujours  par  le  ther- 
momètre à  air  (  '  ).  Voici  les  résultats  qu'ils  ont  trouvés  : 


Thermomètre  Thermomètre  (  <  ) 

à  air.  à  pold<. 


1(K>  luo 

aoo  ao4,6i 

3oo  3i4,i5 


Coefficient  moyen 

A, 

r 

=  a. 

Max. 

Min. 

Moyenne 

• 

» 

» 

I 

1 

1 

jj47 

5jj2 

555o 

1 

1 

1 

5ii<» 

543 1 

5UJ 

I 

I 

I 

riHç)  >j3o9  53oo 


On  peut  remarquer  que  les  coefficients  moyens  déduits  d'ex- 
périences faites  à  des  températures  croissantes  augmentent 
d'une  manière  sensible.  Ce  résultat  est  capital.  Mais  les  expé- 
riences de  Dulong  et  Petit  ne  sont  ni  assez  nombreuses  ni  assez 
rapprochées  pour  nous  faire  découvrir  la  loi  continue  de  ces 
variations.  De  plus,  ces  expériences  sont  sujettes  à  quelques 
critiques.  On  n'avait  pas  pris  de  précaution  spéciale  pour  éta- 

(')  n  est  bien  évident  que  si  Diilung  et  Petit  araient  pris  le  thermomètre  à 
mercure  pour  déterminer  les  températures,  ils  n'auraient  fait  que  comparer  la 
dilatation  absolue  du  mercure,  objet  des  expériences  actuelles,  à  sa  dilatation 
apparente  qui  sert  à  définir  les  températures,  quand  on  prend  le  thermomètre 
A  mercure  comme  thermomètre  type.  Ils  auraient  trouvé  des  valeurs  de  3  ten> 
sihiement  invariables. 

(^)  Températures  calculées  en  supposant  la  dilatation  du  mercure  régulière, 
ronformémcnt  aux  définitions. 


DILATATION  DES  LIQUIDES.  35 

blir  régalité  de  température  entre  les  diverses  couches  du  bain 
d^huile»  et  Ton  objecte  qu'il  peut  y  avoir  une  différence,  bien 
petite  il  est  vrai,  entre  la  moyenne  des  températures  autour  du 
réservoir  du  thermomètre  et  autour  dn  tube  A.  De  plus,  quand 
ces  expériences  ont  été  exécutées,  on  ne  savait  pas  dessécher 
exactement  Tair  des  thermomètres,  et  Ton  employait  pour  va- 
leur du  coefQcient  de  dilatation  de  l'air  le  nombre  o,  00875,  ob- 
tenu par  Gay-Lussac  dans  des  conditions  analogues,  mais  mal 
déterminées,  de  dessiccation  imparfaite.  Enfin  la  manière  dont 
on  établissait  Tinvariabilité  de  la  température  du  bain  d'huile 
avait  Fînconvénient  grave  d'exiger  une  assez  grande  rapidité 
dans  les  mesures. 

Regnault  a  repris  l'étude  de  la  dilatation  absolue  du  mer- 
cure :  il  a  conservé  la  méthode  employée  par  ses  devanciers, 
mais  il  a  modifié  les  appareils  de  manière  à  éviter  à  peu  près 
complètement  toutes  les  causes  d'erreur.  La  concordance  de 
ses  résultats  avec  ceux  de  Dulong  et  Petit  montre  quel  excel- 
lent parti  ces  habiles  expérimentateurs  avaient  su  tirer  d'un 
appareil  nécessairement  imparfait,  comme  le  sont  ceux  que 
l'on  emploie  quand  on  étudie  pour  la  première  fois  une  ques- 
tion difficile  et  qui  n'a  encore  été  résolue  par  personne. 

EZPtBmCES  DE  REfiHAiniT  (M-  —  L'appareil  de  Regnault  se 
compose  de  tubes  en  fer  forés  (Jig*  i3).  Deux  d'entre  eux,  AA', 
BB',  sont  verticaux;  ils  ont  i°»,5o  de  longueur  et  10*""  de  dia- 
mètre et  sont  terminés  par  des  godets  de  même  métal,  qui  sont 
eux-mêmes  forés  et  se  vissent  sur  les  extrémités  A,  A',  B,  B'. 
Deux  autres  tubes  horizontaux  AB,  A' B,  réunissant  les  godets 
supérieurs  et  inférieurs,  complètent  un  cadre  rectangulaire  de 
canaux  en  communication.  Les  deux  tubes  verticaux  sont 
continués  par  deux  autres  qui  s'élèvent  un  peu  au-dessus  des 
godets  supérieurs,  restent  toujours  ouverts  et  servent  à  intro- 
duire le  mercure.  Les  deux  conduits  horizontaux  sont  prolon- 
gés eux-mêmes,  à  l'extérieur  du  cadre,  par  des  tiges  de  fer 
pleines  A  a,  Ba*',  A' 6,  B'^**. 

(')  RccTiAVLT,  Relation  des  expériences  entreprises  pour  déterminer  les  prin- 
ciptdes  lois  et  données  numériques  qui  entrent  dans  le  calcul  des  machines  à 
tHip^ur^  I.  I,  p.  371,  Paris,  i8'i7,  ou  Mémoires  de  rAcadémief  t.  XXI. 


TllEHMC.MEïlllE.  —  DiLATATIO.NS. 

Un  maiichoo  de  lûle  galvanisée  enveloppail  BB'  ol  servait  à 

le  maintenir  à  une  icnipériiiure  basse  ei  constante  ;  il  recevait 


l'iii. 


tiiférieurL'  cl  s  ccimli 
remonté  dans  l'iuliïri' 


m  ilrM.r[iil,iii  jMsiin'u  son  extremilc 
■  k'bordunt  par  le  liant,  après  avoir 
inc  portion  de  celle  eau  coulant  sur 


DILATATION   DES  LIQUIDES.  3; 

des  cordes  venait  refroidir  également  les  deux  tubes  iiorizon- 
laux  supérieur  et  inférieur,  et  des  tiiermomèires  accusaient  !a 
température  du  manciion.  L'autre  tube  AA'  était  entouré  lui- 
même  d'une  longue  chaudière  percée  de  trous,  qui  laissaient 
passer  les  branches  horizontales  à  travers  des  écrous  lûtes  au 
minium.  Celte  chaudière  était  tout  entière  contenue  dans  la 
cheminée  du  fourneau  qui  servait  à  réchauffer;  elle  était 
pleine  d*huile,  dont  on  rendait  la  température  uniforme  par 
des  agitateurs  N,  N,  et  cette  température  se  mesurait  par  un 
thermomètre  à  air  CDE,  dont  le  long  réservoir  prenait  exacte- 
ment la  température  moyenne  de  l'huile. 

Il  fallait  soutenir  cet  appareil  et  faire  en  sorte  que  les  tubes 
AB,  A'B'  fussent  toujours  horizontaux,  et,  pour  y  parvenir, 
Regnault  fît  supporter  le  tout,  manchons  et  tubes,  par  une 
barre  de  fer  horizontale  GH,  mobile  autour  d'une  charnière  G 
et  appuyée  sur  des  vis  qui  étaient  placées  l'une  en  son  milieu, 
Tautre  à  son  extrémité  L.  Le  tube  AB  reposait  sur  elle  par 
quatre  étriers;  il  portait  quatre  repères  a,  a',  a" y  a" y  constitués 
par  des  lignes  croisées  tracées  sur  Taxe  même  du  tube;  on  les 
observait  au  cathétomètre  et  on  les  plaçait  horizontalement 
en  réglant  convenablement  la  grosse  barre.  En  outre,  quatre 
tirants  de  fer  Q,  Q,  Q,  Q,  descendant  verticalement  de  la 
barre  GH,  venaient  embrasser  dans  des  étriers  inférieurs  le 
tube  hb'h'*h'" y  et  des  vis  d'appui,  qu'on  pouvait  soulever  ou 
abaisser,  permettaient  de  placer  horizontalement  deux  repères 
by  h'  d'une  part,  et  deux  autres  6",  h'"  de  l'autre.  Ces  repères 
indiquaient  l'axe  des  tubes  inférieurs,  comme  les  précédents 
marquaient  celui  du  tube  supérieur. 

Il  nous  reste  à  dire  comment  on  peut  mesurer  les  hauteurs 
des  deux  colonnes  de  mercure  dont  les  pressions  se  font 
équilibre,  et  ici  Regnault  emploie  deux  méthodes  différentes, 
destinées  à  se  contrôler  mutuellement.  Dans  la  première,  le 
tube  inférieur  A'B'  est  interrompu  vers  son  milieu  et  les  deux 
parties  séparées  par  cette  interruption  se  raccordent  avec  deux 
tubes  de  verre  K  et  L,  ouverts  à  leur  sommet,  réunis  dans  un 
conduit  unique  mm  et  mis  en  communication  avec  un  ballon  M 
rempli  d'air  que  l'on  comprime,  et  enveloppé  d'eau  afin  de 
conserver  la  même  température  et  la  même  pression.  Il  y  a  de 


38  THERMOMÉTRIE.  -   DILATATIONS. 

plus,  au  milieu  du  tube  supérieur  AB,  un  petit  trou  o  par  le- 
quel la  pression  atmosphérique  s'exerce  dans  Tappareil.  Alors, 
en  comprimant  peu  à  peu  Pair  dans  le  ballon  M,  le  mercure 
s'abaisse  dans  les  tubes  K  et  L,  il  monte  dans  les  colonnes 
verticales  AA',  BB'  et  vient  affleurer  à  l'ouverture  o.  Aussitôt 
qu'il  est  arrivé  à  ce  point,  on  cesse  d'augmenter  la  pression, 
qui  alors  fait  équilibre  à  l'atmosphère  et  aux  deux  colonnes  de 
mercure  soulevées  au-dessus  des  niveaux  K  et  L. 

Supposons  maintenant  que  l'on  ait  atteint  la  température  à 
laquelle  on  veut  faire  une  observation  ;  on  la  maintient  con- 
stante en  fermant  les  issues  du  fourneau.  Alors  un  aide  agite 
l'huile,  un  second  vise  les  repères  au  cathétomètre  et  un  troi- 
sième les  règle  horizontalement.  Puis,  ces  opérations  prélimi- 
naires terminées,  chaque  observateur  enregistre,  le  premier 
l'état  du  thermomètre  à  air,  le  deuxième  la  température  du 
manchon  froid,  le  troisième  les  hauteurs  h'  et  h  des  sommets 
K  et  L  au-dessus  des  repères  bb'  et  6"' 6*,  le  quatrième  les  hau- 
teurs totales  H'  et  H  des  colonnes  de  mercure  chaudes  et 
froides  depuis  les  repères  6,  b'  et  b"^  6*  jusqu'aux  repères  a^^f. 
On  peut  ensuite  calculer  la  dilatation  de  la  manière  suivante. 

La  pression  exercée  par  le  mercure  en  K  est  égale  à  la  diflfé- 
rence  des  pressions  transmises  par  les  colonnes  H'  et  A'  qui 
sont  à  T  et  à  ^.  En  réduisant  à  zéro  les  longueurs  des  deux 
colonnes,  cette  pression  s'exprime  par 

ir    _    A' 

I -h  At       i4-Af' 
La  pression  exercée  en  L  se  représente  de  même  par 

H  h 

I  H-  Ar         I  -f-  Ar  ' 

et  comme  ces  deux  pressions  sont  égales  entre  elles,  puis- 
qu'elles font  équilibre  à  l'élasticité  de  l'air  du  vase  M,  on  écrit 

H' h'      _  J^ h_ 

7  -hlVr       I  4-  Af  ~~  1  -+-  Af       i-f-  Af 
d'où 


DILATATION  DES  LIQUIDES.  39 

On  ne  connaît  pas  A^;  mais,  comme  ^est.une  température  peu 
élevée  et  que  le  terme  i  -h  Ar  est  très  voisin  de  Tuniié,  on  peut 
calculer  A^  par  la  méthode  des  approximations  successives,  en 
négligeant  d*abord  Ar,  ou  prendre  pour  A^  la  valeur  déjà  trou- 
vée par  les  expériences  de  Dulong  et  Petit. 

Après  ces  premières  expériences,  Regnault  modiOa  son  ap- 
pareil pour  le  transformer  en  un  vase' communiquant,  ana- 
logue à  celui  qu'avaient  adopté  Dulong  et  Petit.  Il  réunit  par 
un  tube  de  fer  flexible  les  deux  parties  du  canal  A'B';  il  coupa 
le  conduit  supérieur  AB  en  deux;  il  adapta  aux  deux  tronçons 
deux  tubes  de  verre  verticaux  semblables  à  ceux  qui  étaient 
précédemment  en  K  et  L  au  bas  de  Tappareil,  et  il  les  laissa 
ouverts  dans  l'atmosphère.  Alors  le  mercure  montait  dans  ces 
tubes  jusqu'à  des  hauteurs  h  et  h  au-dessus  de  la  ligne  aoT 
des  repères,  et  les  deux  colonnes  qui  se  faisaient  équilibre 
se  composaient  :  i^  dans  le  tube  AA',  de  H'  à  T*  et  de  h'  à  ^'*; 
a«  dans  le  tube  BB',  de  H  et  de  A  à  la  température  de  ^®.  En 
réduisant  ces  longueurs  à  zéro  et  faisant  la  somme,  on  a  : 

1*  Dans  le  tube  AA', 

H'  K 


I  H-  A  IH-  Af  ' 

2«  Dans  le  tube  BB', 

H  h 


I  4-  Ar         I  4-  Af 

On  écrit  que  ces  pressions  sont  égales,  et  l'on  obtient 

,^.A,=.(,H-A.)jj— ,— -,^. 

Quatre  séries  d'expériences,  comprenant  environ  cent  trente 
observations,  furent  exécutées  à  des  températures  comprises 
entre  25*  et  35o®,  par  l'une  ou  l'autre  des  méthodes  que  nous 
venons  d'exposer.  Comme  il  fallait  ensuite  grouper  tous  ces 
résultats  et  chercher  la  loi  de  progression  continue  que  suivent 
les  valeurs  de  la  dilatation,  on  les  a  figurées  par  les  ordonnées 
dune  courbe  en  prenant  pour  abscisses  les  températures  cor- 
respondantes; et,  pour  donner  à  cette  image  graphique  autant 


4o  THERMOMÉTRIE.  -  DILATATIONS. 

de  précision  qu'en  avaient  les  mesures  expérimentales,  Re- 
gnault  l'a  gravée  sur  une  planche  de  cuivre  avec  les  minu- 
tieuses précautions  que  nous  allons  décrire. 

La  planche,  préparée  comme  pour  les  gravures  en  taille- 
douce,  était  carrée  et  avait  o™,85  de  côté. On  traça  d'abord  sur 
les  deux  bords  contigus  deux  des  côtés  d'un  cadre  rigoureu- 
sement perpendiculSlres  entre  eux;  ensuite,  au  moyen  d'une 
machine  à  diviser,  on  marqua  cent  divisions  équidistantes  sur 
chaque  côté.  A  partir  des  deux  points  loo,  on  exécuta  une  di- 
vision semblable  sur  les  deux  autres  bords  de  la  planche,  et 
les  centièmes  divisions  se  sont  rencontrées  en  un  point  qu'il  a 
suffi  de  joindre  aux  deux  extrémités  des  lignes  déjà  tracées, 
pour  avoir  un  carré  exact.  On  joignit  ensuite  les  divisions  ho- 
mologues opposées  par  des  droites,  ce  qui  décomposa  le  carré 
total  en  loooo  petits  carrés  égaux  entre  eux.  Cette  espèce  de 
canevas  fut  vérifiée  après  coup  et  trouvée  très  régulière. 

On  construisit  ensuite  la  courbe  des  dilatations.  Chaque 
unité  de  température  fut  représentée  par  une  division  de  l'ab- 
scisse; et,  comme  les  dilatations  sont  des  fractions  décimales 
toujours  très  petites,  les  millièmes  furent  figurés  par  une  divi- 
sion des  ordonnées. 

Supposons,  par  exemple,  qu'une  observation  ait  été  faite 

à  60*^,53  et  que  l'on  ait  trouvé  la  dilatation  0,01091;  le  point 

que  l'on  veut  construire  sera  compris  entre 

la  Go*  et  la  6i«  ligne  verticale,  et  entre  la  lo* 

et  la  II*  ligne  horizontale.  Il  tombera  dans 

l'un  des  carrés  de  la  planche  que  nous  fîgu- 

53 
rons  en  mnpq  {Jig,  1 4  )  ;  il  sera  en  S  à  — ^  pq 

de  dislance  au  delà  de  //?/?,  et  à  -^  mp 

'  100     ^ 

au-dessus  de  pq.  Pour  tracer  ce  point,  on  emploie  une  petite 

machine  à  diviser  qui  repose  sur  une  base  en  plomb  et  que 

l'on  peut  placer  sur  la  planche.  On  met  la  vis  parallèle  kpq 

et  le  burin  en  coïncidence  avec  mp\  puis,   en  tournant  la 

53 
vis  micrométrique,  on  fait  marcher  ce  burin  de pq  et  Ton 

trace  une  ligne  verticale  sur  laquelle  sera  le  point  S.  Ensuite 


m 

Fig.  14. 

/ 

-4- 

V 

</ 

DILATATION  DES  LIQUIDES.  41 

on  place  la  petite  machine  parallèlement  à  mp  et  le  burin  en 

contact  avec  la  ligne /?ûr;  on  le  fait  avancer  de  —  pm,  et  l'on 

100' 

trace  une  ligne  horizontale  qui  doit  aussi  contenir  S.  L'inter- 
section des  deux  traits  détermine  le  point  que  Ton  voulait  con- 
struire. 

On  marque  d'abord  tous  les  points  correspondant  à  des 
températures  comprises  entre  zéro  et  100,  ce  qui  occupe  toute 
l'étendue  des  abscisses.  Pour  construire  la  courbe  entre  100  et 
100,  on  revient  à  Torigine  des  abscisses  que  Ton  suppose  égale 
à  100;  alors  les  divisions  marquées  20,  3o,  ...  représentent  les 
températures  120,  i3o,  . . .,  et  Ton  obtient  une  seconde  courbe 
qui  continuerait  la  première  si  le  canevas  était  prolongé.  On 
fait  de  même  entre  200  et  3oo,  entre  3oo  et  35o,  et  Ton  con- 
struit séparément  ainsi  chacune  des  parties  de  la  courbe. 

En  examinant  ensuite  la  série  des  points  tracés  avec  tous 
ces  soins,  on  reconnaît,  comme  on  devait  aisément  s'y  at- 
tendre, qu'ils  ne  forment  pas  une  ligne  absolument  continue. 
Ils  sont  disposés  en  une  espèce  de  constellation  dessinant  la 
forme  générale  d'une  ligne  dont  ils  s'écartent  très  peu,  et  dont 
on  peut  dessiner  la  trace  moyenne  en  se  laissant  guider  par  le 
sentiment  de  la  continuité.  Regnault  marqua  lui-même  cette 
courbe  et  fit  ensuite  achever  la  gravure  par  un  artiste  qui 
donna  au  trait  l'épaisseur  et  la  profondeur  convenables  pour 
le  tirage  des  épreuves.  On  a  pu  remarquer  que  les  points  con- 
truits  graphiquement  d'après  les  données  des  expériences  sont 
toujours  peu  éloignés  du  trait  définitif,  qu'ils  sont  placés  les 
uns  au-dessus,  les  autres  au-dessous,  et  qu'en  donnant  à  la 
ligne  une  position  moyenne  et  une  courbure  parfaitement  ré- 
gulière, on  a  dû  vraisemblablement  corriger  en  partie  les  er- 
reurs individuelles  des  observations. 

Cette  courbe  remplace  maintenant  les  expériences  et  résume 
toutes  les  observations;  elle  fait  plus  encore,  car  les  mesures 
avaient  été  faites  à  des  températures  discontinues  ty  t ytf'y  et 
le  tracé  graphique,  en  les  liant  Tune  à  l'autre,  représente  la 
loi  de  leur  continuité.  Il  suffit  donc  maintenant  de  mesurer  une 
ordonnée  quelconque  pour  avoir  la  valeur  de  la  dilatation  à  la 
température  correspondante.  Ce  n'est  point  encore  là  cepen- 


\'i  THERMOxMÉTRlE.  -  DILATATIONS. 

dant  que  nous  allons  nous  arrêter;  après  avoir  tracé  cette 
courbe,  nous  devons  en  chercher  Téquation  empirique,  afin  de 
n'avoir  plus  qu'une  formule  numérique  pour  exprimer  la  loi 
que  nous  cherchons. 

Si  le  coefficient  de  dilatation  était  une  quantité  constante  a, 
la  dilatation  s'exprimerait  par  at,  et  Téquation  de  la  courbe 
serait  Af=  a  ^;  elle  représenterait  une  ligne  droite.  Hais  les 
expériences  montrent  que  cela  n'a  pas  lieu,  que  la  ligne  qui 
vient  d'être  construite  est  courbe  et  qu'elle  tourne  sa  con- 
vexité vers  l'axe  horizontal.  Il  faut  alors  essayer  une  formule 
à  deux  termes, 

(I)  Ae  =  at-+-btK 

C'est  ce  que  fît  Regnault.  11  détermina  a  et  6  au  moyen  de 
deux  points  particuliers,  puis  calcula  les  valeurs  de  A^  relatives 
à  d'autres  températures^  enfîn  il  compara  les  résultats  de  ce 
calcul  aux  ordonnées  mesurées  sur  la  courbe.  Les  logarithmes 
des  constantes  acib  sont,  d'après  Regnault, 

loga  =  ^\,i5iS6ç)o, 
logé  =  8,4o'944i- 

Le  résultat  de  la  comparaison  de  la  formule  (  i  )  avec  l'expé- 
rience avait  paru  assez  satisfaisant  pour  que  Regnault  Tait  dé- 
finitivement adoptée;  mais  les  progrès  des  méthodes  employées 
pour  la  discussion  des  expériences  de  mesure,  ne  permettent 
plus  aujourd'hui  de  se  contenter  d'un  procédé  de  calcul  aussi 
élémentaire;  c'est  pourquoi  divers  savants (*)  ont  repris  les 


(')  M.  Bosscha  {Ann.  de  Poggendorff,  Ergângsungsband  V),  avait  admis 
que  le  mercure  se  dilate  de  la  même  fraction  de  son  volume  actuel  pour  une 
élévation  de  température  de  t^^  quelle  que  soit  cette  température.  On  au- 
rait donc 

V  =  V  ri*' 

jjL  étant  une  constante  à  laquelle  M.  Bosscha  attribue  la  valeur  0,00018077. 

Sans  insister  sur  ce  que  l'hypothèse  de  M.  Bosscha  a  d'improbable,  il  est 
à  remarquer  qu'avec  la  valeur  de  /i  qu'il  propose  sa  formule  revient  à  un  dé- 
veloppement en  série,  dans  lequel  les  cocUficients  des  puissances  supérieures 
de  t  sont  sans  influence  sur  le  calcul,  dans  les  limites  des  observations. 

C'est  M.  Recknagel  {Ann.  de  Pogge/idorf,  t.  CXXIU,  i86.'|)  qui  a  proposé 


DILATATION  DES  LIQUIDES.  43 

nombres  bruts  des  expériences  de  Regnault  et  employé  le 
Calcul  des  probabilités»  pour  faire  concourir  toutes  les  expé- 
riences à  la  détermination  des  valeurs  définitives  des  constantes 
d*une  formule  à  trois  termes 

Le  travail  le  plus  récent  et  le  plus  complet  à  cet  égard  est 
celui  du  D'  Broch  (*).  Voici  les  valeurs  de  a,  fc,  c  : 

a  =  0,000181792, 
è  =  o ,000000000 1 ^5» 
c =  o,oooooooooo35i 16. 

Les  températures  ^qu*il  faut  employer  pour  appliquer  la 
formule(2)  doivent  être  évaluées  en  degrés  normaux,  c'est- 
à-dire  que  le  point  100  corresponde  la  vapeur  d'eau  bouillant 
sous  la  pression  de  76o"=*  de  mercure,  à  la  latitude  de  45*  et 
au  niveau  de  la  mer  (3). 

Si  l'on  veut  maintenant  avoir  les  coefficients  moyens  de  la 
dilatation  entre  zéro  et  une  température  t  quelconque,  il  fau- 
dra diviser  At  par  /,  et  Ton  aura 

Ae  f  ^        « 

—•=i(x  =  a  -h  bt-hci^. 


remploi  d'une  formule  à  trois  termes.  M.  Wûllner  (  Lehibuch  der  expérimental 
Pkjsik,  t.  III,  p.  66)  donne  pour  valeurs  des  coefficients 

loga  =  4,258o8i4, 
log^  =  8,0627391, 
loge  =  1 1,3260852. 

M.  MeDdeleeff  {Journal  de  la  Société  de  Phjrstque  de  Saint-Pétersbourg^  t.  VII, 
et  Journal  de  Phjrsique,  !'•  série,  t.  V,  p.  269;  1876)  est  revenu  à  la  formule 
a  deux  termra,  et  donne  aux  coefficients  les  valeurs 

a  =  0,0001801, 
b  =.  0,00000002, 

extrêmement  voisines  de  celles  de  Regnault;  les  résultats  du  calcul  de  M.  Men- 
deleelT  ne  diffèrent  pas  des  nombres  fournis  par  l'expérience  de  plus  de 
o,oooo3  de  leurs  valeurs. 

(•)   Travaux  du  Bureau  international  des  Poids  et  Mesures,  t.  Il,  B,  i883. 

(  ')  Le  point  100  des  thermomètres  de  Regnault  correspondait  à  l'ébullition 
de  Temo  à  la  latitude  de  480 5o'  14"  et  à  6o">  d'altitude  (Collège  do  France^ 


44 


THERMOMÉTRIE.  —  DILATATIONS. 


On  voit  que  le  coefficient  moyen  augmente  avec  la  tempé- 
rature. A  ioo°,  200**  et  3oo*»,  les  valeurs  fournies  par  les  for- 
mules de  Regnault  ou  de  M.  Broch  ne  s'écartent  pas  beaucoup 
de  celles  que  Dulong  et  Petit  avaient  précédemment  trouvées. 

Le  coefficient  vrai  a'  (*)  aura  pour  expression 

Ce  coefficient  représente  la  tangente  de  Tangle  que  la  courbe 
fait  en  chaque  point  avec  Taxe  horizontal. 

Tableau  des  dilatations  du  mercure  de  o*  à  loc»,  d'après  les 
expériences  de  Regnault  et  les  calculs  de  M,  Broch  (  *  ). 


d'après  la  formule 


de  Regnault. 


I , 0000000 
I ,0017926 
I jOoSSqoi 
1,0053939 
1,0072006 
1,00901.34 
i,oio83i2 
1 ,01265^11 
1,0144820 
i,oi63i5o 
i,oi8i53o 


de   Wùllner. 


1 , 0000000 
I  ,OOi8i'î9 
I  ,Oo36:i82 

I ,0054460 
1,00';  2  666 
1,0090899 
I ,0109158 
1,0127456 
1,0145782 

I ,0164143 
I ,0182533 


d'après  m.  broch. 
Les  températares  sont  exprimées 
en  degrés 


de  Regnanll. 


1 , 0000000 
1,0018181 
i,oo36365 
1,0054554 
1 ,0072749 
1 ,0090953 
1,0109167 
I ,0127395 
1, 0145638 
1 ,0163898 
1,0182177 


normaax. 


1 ,0000000 
1,0018180 
i,oo36362 
1,0054549 
1,0072742 
1,0090944 
I ,0109157 
1,0127383 
1,0145625 
1,01 63883 
1,0182161 


Nous  conserverons  encore,  à  titre  de  renseignement,  le  Ta- 
bleau suivant,  extrait  du  Mémoire  de  Regnault. 


(')  Foir  Chapitre  !•%  p.  i3. 

O  On  trouvera  dans  le  Mémoire  de  M.  Broch  des  Tables  donnant  la  dila- 
tation du  mercure  rapportée  aux  degrés  normaux,  et  les  logarithmes  de  cette 
dilatation  de  -j^  en  -j^  de  degré,  de  o"  à  loo"  (Travaux  et  Mémoires  du  Bu- 
requ  international  des  Poids  et  Mesures,  t.  H,  B,  i883). 


DILATATION  DES  LIQUIDES. 


45 


Tableau  des  dilatations  du  mercure,  d'après  Regnault, 


TKMPERATCRE 
da  thtrmomèlre 

DILATATION 

de 
0  à  fo. 

COEFFICIENT 
moyen                         vrai 

1 

TEMPÉRATURE 

déduite 
de  la  dilatation 

à  air. 

A, 

de  0  à  /. 
a  ' 

* 

du  mercare. 
0 

o 
o 

0 , uooooo 

0,00000000 

0,00017905 

0 
0,000 

20 

0,003590 

0,000179.51 

0,00018001 

»9'976 

40 

0,007201 

0,00018002 

0,00018102 

39,668 

60 

o,oio83i 

o,oooi8o52 

0,00018203 

59,615 

80 

0,014482 

0,00018102 

o,oooi83o4 

79» 777 

100 

o,oi8i53 

0,000181 53 

o,oooi84o5 

I 00 , 000 

120 

0,021844 

0, 00018203 

o,oooi85o5 

120,333 

i4o 

0,025555 

0,00618254 

0,00018606 

140,776 

160 

0,029287 

o,oooi83o4 

0,00018707 

161,334 

iHo 

o,o33o39 

0,0001 8355 

0,00018808 

182,003 

200 

o,o863i J 

o,oooi84o5 

0,00018909 

202,782 

.     220 

o,o4o6o3 

0,00018456 

0,00019010 

223,671 

240 

o,o444i5 

o,oooi85o6 

0,00019111 

244,670 

260 

1       o,o48347 

0,00018557 

0,00019212 

265,780 

1          280 

1 

o,o52ioo 

0,00018607 

o,oooi93i3 

287,005 

1         3oo 

0,055973 

0,0001 8658 

0,00019414 

3o8,34o 

320 

0,05986(1 

0,00018708 

0 , 000 I 95 I 5 

329,786 

3',(. 

0 ,063778 

0,00018708 

;     0,00019616 

35 1,336 

:^6o 

0.065743 

1     0 ,  000 1 8784 

0.00019666 

362, 160 

l^ansce  dernier  Tableau,  ouire  les  valeurs  de  A^,  de  a  el  de  a,, 
^>n  a  inscril  dans  une  dernière  colonne  les  températures  qu(» 
I  on  obtiendrait  avec  un  thermomètre  fondé  sur  la  dilatation 
absolue  du  mercure.  Ce  thermomètre  devrait  marquer  zéro  ei 
•00  aux  températures  de  la  fusion  de  la  glace  et  de  i'ébullitioii 
de  l'eau;  on  diviserait  en  100  parties  égales  la  dilatation  to- 
^^'e  A,oo,  et  Ton  conviendrait  de  définir  degré  ioui  accroisse- 
ment de  température  produisant  une  augmentation  de  volume 

égale  à  — ^.  Si,  à  une  température  t,  indiquée  par  le  thermo- 
mètre à  air,  la  dilatation  du  mercure  est  Ar,  le  nombre  de  de- 
grés indiqués  par  le  thermomètre  fondé  sur  la  dilatation  absolue 


46  THERMOMÉTRIE.  -  DILATATIONS. 

du  mercure  sera  le  quoiieni  de  Ar  par  — ^i  et  Ton  aura 

^  ^        lOO 

0  ==  1 00  -  —  -  • 

Ce  sont  ces  températures  6  que  Ton  a  écrites  dans  la  dernière 
colonne. 

Dn.ATATIOH  DESIITELOPPES  DE  VEBEE.  —  Pour  étudier  la  dila- 
tation d'une  enveloppe  de  verre,  on  peut  lui  donner  la  forme 
d'un  thermomètre  à  tige  ou  d'un  thermomètre  à  poids.  Sup- 
posons que  Ton  ait  adopté  cette  dernière  :  on  introduit  du  mer- 
cure dans  l'appareil,  et  Ton  opère  comme  si  Ton  voulait  déter- 
miner le  coefficient  thermométrique,  ainsi  qu'il  a  été  expliqué 
plus  haut  (*)>  en  portant  successivement  l'appareil  à  diverses 
températures,  qu'on  mesure  à  Taide  du  thermomètre  à  air.  On 
trouve  autant  de  valeurs  de  la  dilatation  apparente  D^  du  mer- 
cure dans  le  verre  de  o**à  t*.  On  pourra,  si  Ton  veut,  exprimer  D^ 
par  des  formules  empiriques  à  deux  ou  trois  termes^  analogues 
à  celles  qui  nous  ont  servi  pour  la  dilatation  absolue  A^. 

Si  Ton  emploie  le  thermomètre  à  tige,  on  déterminera  d'abord 
par  des  pesées  le  volume  du  réservoir  et  celui  des  divisions  de 
la  tige  à  la  température  de  o^*;  on  observera  ensuite  la  dilatation 
apparente  du  mercure  qui  sera  donnée  par  la  formule 

V 


D^-      V 


Connaissant  Dr  par  ces  expériences  et  Ar  par  celles  de  Re- 
gnault,  on  calcule  C^  par  la  formule 

C,  =  Ar  -  D,. 

DOiATATIOH  ABSOLUE  DES  UaUIDES.  —  EXPÉRIERGES  DE  IS.  PIERBE. 
—  On  peut  employer  pour  celte  étude  deux  procédés  qui  sont 
généraux  et  précis. 

I.  On  construit  un  thermomètre  à  poids  que  l'on  remplit 
d'abord  de  mercure  el  que  l'on  porte  de  zéro  à  ^,  aGn  de  dé- 
terminer par  la  méthode  précédente  la  dilatation  Ct  du  verre 

(•)  f'^oir  p.  i5. 


DILATATION  DES  LIQUIDES.  47 

spécial  dont  il  est  formé.  Puis,  une  fois  cette  donnée  acquise, 
on  le  vide  el  on  le  remplit  avec  le  liquide  dont  on  veut  trouver 
la  dilatation  absolue.  On  opère  exactement  comme  on  Ta  fait 
pour  le  mercure,  c'est-à-dire  que  Ton  pèse  la  quantité  P  de 
liquide  contenu  à  zéro  dans  le  tube,  qu'on  le  chauffe  ensuite 
jusqu'à  t*  dans  une  enceinte  convenablement  disposée,  au- 
près d'un  thermomètre  étalon  mesurant  la  température  t;  que 
l'on  recueille  et  qu'on  pèse  enfin  le  liquide  expulsé  dont  le 
poids  est/7.  On  calcule  ensuite  la  dilatation  àe  par  la  formule 
connue 

P     _i-HAr 

P  —  /?  ""  IH-  Cr 

On  répète  l'opération  à  diverses  températures  ^,  t,  t\  . . . ,  ce 
qui  donne  diverses  valeurs  de  A/  que  l'on  cherche  à  lier  en- 
suite par  la  formule  à  trois  termes 

Ar  r=  a/ 4- 6^- 4-  C^. 

Toutefois,  si  le  thermomètre  à  poids  est  d'un  emploi  facile  et 
sûr  quand  on  opère  sur  le  mercure,  il  est  loin  d'offrir  les 
mêmes  garanties  quand  on  étudie  d'autres  liquides.  Comme 
leur  densité  est  beaucoup  plus  faible,  les  poids  P  eip  sont 
beaucoup  plus  petits;  et,  comme  ils  sont  en  général  beaucoup 
plus  volatils,  la  portion  expulsée  par  la  dilatation  s'évapore 
en  partie  pendant  l'opération  el  ne  se  retrouve  pas  en  totalité 
dans  le  vase  à  déversement.  Pour  ces  diverses  raisons,  il  vaut 
mieux  se  servir  du  thermomètre  à  tige. 

II.  On  prépare  un  gros  thermomètre  et  l'on  détermine  à  la 
manière  ordinaire  le  volume  du  réservoir  et  d'une  division  de 
la  tige.  On  étudie  la  dilatation  du  verre  dont  l'appareil  est  formé 
en  y  introduisant  du  mercure  que  l'on  élève  à  diverses  tempé- 
ratures; enfin  on  remplace  le  mercure  par  le  liquide  dont  on 
veut  connaître  la  dilatation.  Celui-ci,  bien  purgé  d'air,  occupe 
à  zéro  un  volume  connu;  on  porte  le  thermomètre  à  diverses 
températures  que  l'on  mesure,  soit  à  l'aide  d'un  thermomètre 
à  air,  ou  d'un  thermomètre  étalon  comparé  au  thermomètre  à 
air,  et  on  lit  les  volumes  apparents  occupés  par  le  liquide.  Il 
ne  reste  qu'à  ajouter  à  la  dilatation  apparente  observée  la  dila- 


-18  TIIERMOMÉÏRIE.  -    DILATATIONS. 

talion  de  Tenveloppe,  el  Ton  connaîtra  les  volumes  réels  oc- 
cupes par  le  liquide  aux  diverses  températures. 

Telle  est,  en  principe,  la  méthode  la  plus  simple  el  la  plus 
précise  que  l'on  puisse  employer.  Indiquée  d'abord  par  de 
Luc  (  '  ),  elle  a  été  commentée  el  perfectionnée  par  Biol  (*)  et 
surtout  par  Is.  Pierre  (^),  Voici  comment  opérait  ce  dernier 
savant. 

Le  thermomètre  à  liquide  L  {fig.  i5)  est  placé  auprès  d'un 
thermomètre  à  mercure  M,  de  mêmes  dimensions,  dans  un 
vase  cylindrique,  échauffé  directement  sur  un  fourneau,  et 
dans  lequel  se  meut  un  agitateur.  Comme  il  serait  difficile, 
quand  on  opère  à  une  température  élevée,  de  maintenir  con- 
stante la  température  d'une  masse  de  liquldCi  baignant  à  la  fois 
les  réservoirs  et  les  tiges  des  thermomètres,  Is.  Pierre  fait 
plonger  les  réservoirs  seuls  dans  le  bain  ;  les  tiges  sont  entou- 
rées d'un  manchon  dans  lequel  circule  un  courant  d'eau  froide 
et  où  l'on  a  placé  deux  petits  thermomètres,  l'un  m  à  mercure, 
l'autre  /  à  liquide,  qui  permettront,  ainsi  qu'on  va  le  voir, 
d'opérer  les  corrections  exigées  par  ce  nouveau  mode  d'obser- 
vation. 

Correction  de  la  température  T  du  bain.  —  Soil  T'  le 
nombre  de  degrés  lu  sur  le  thermomètre  M.  Pour  avoir  la  vraie 
température  du  bain^  on  remarquera  que  n  divisions  de  la  lige 
plongent  dans  l'eau  à  la  température  t  indiquée  par  le  ihermo- 
mètre  /;i,  et  que  rinstrument  marquerait  T  si  ces  n  divisions 
étaient  échauffées  de  /  à  T.  Or  la  dilatation  apparenle  du  mer- 
cure qu'elles  contiennent  est,  en  désignant  par  d  le  coefficienl 
de  dilatation  apparenle  qui  est  connu,  cl  aux  quantités  près 
dû  second  ordre  de  grandeur,  /i(T  —  t)d\  on  a  donc 

(I)  Tr=T'-^/l(T-/)rf. 

La  correciion  que  nous  effectuons  ici  devra  être  employée 
dans  toutes  les  expériences  de  précision,  quand  la  lige  du  ther- 


(')  Ok  Luc,  Recherches  sur  les  moiiijicattons  de  l'atmosphère^  t.  H.  |>.  \.i\ 
ut  suiv. 

(')  BiOT,  Traité  de  Physique,  t.  I. 

(^)  I.  PiEitHE,  Annales  de  Chimie  et  de  Ph)sique,  3*  série,  t.  XV,  p.  i2Ô; 
XIX,  193;  XX,  5î  XXi,  33();  XXXI,  118;  XXXIil,  199;  i8'|4  à  iSji. 


DILATATION  DES  LIQUIDES, 
omèire  ne  plongera  pas  dans  le  bain  dont  on  v( 
lempéralure. 

vie.  'J. 


Correction  de  l'indication  du  thermomètre  à  liqatde.  — 
«ieni  Vj  le  volume  du  réservoir,  v  le  volume  d'une  division  de 
I  lige,  Dt  l3  dilatation  apparente  de  l'unité  de  volume  du  li- 
uide  de  zéro  à  T;  si  le  thermomètre  L  était  tout  entier  plongé 
ins  le  bain,  on  aurait,  en  appelant  n'  le  nombre  de  divisions 
:cupées  par  le  liquide  dans  la  ii;^e. 


V>  IHERMOMETRIE.  —  DILATATIONS. 

Vais  it'  4iTÎ5Ϋ>Q5  5e  trouvent  à  la  tempénlure  /,  et  subiraient 
•^n  passaDt  de  /  a  T  une  diiauii»>Q  ap|>areote 

n\    1^  -  Dr  : 

«-t  par  suite  la  dilatatioD  apparente  totale  correspondant  au 
volume  V  serait 

n\  -  n'\  Df  —  Dr  . 

La  dilatation  apparente  1^  de  Tunité  de  volume  est  donc 
en  tin 

2  l^T-/ly~rt'^     Dr— Df    • 

formule  exacte  au  même  degré  d'approximation  que  la  for- 
mule I  1 1  et  dont  le  second  membre  ne  renferme  que  des  quan* 
lîtés  connues,  puis«:]ue  D;  est  donné  directement  par  la  lecture 
du  thermomètre  /.  En  ajoutant  à  IH  la  valeur  Cf  correspon- 
dante de  la  dilatation  de  Tenveloppe  du  thermomètre  L,  on 
aura  les  valeurs  de  la  dilatation  absolue  Ar  '  *  K 

Is.  Pierre  a  étudie  diverses  substances  bien  déCnies  qull 
avait  préparées  lui-même,  et  qu'il  anaUsa  aGn  d>n  constater 
la  pureté.  Voici  quelques-uns  de  ses  résultats  : 


b.  Pierre  exprime  direcfemeat  ^r  fn  ecrtvaiut  que  le  volume  da  eontc^ 
iMiit  eat  e^al  au  Tolume  du  contetio.  Mjîs  il  eon^erre  d^ns  la  formmie  déllaî- 
tiv^  d^s  quantiten  du  deuxième  ordnf  de  grandeur  qui  ne  pcuTcat  exercer  sar 
le»  résultats  d  influence  Ma»ible  que  dans  le  «s  de«  liquides  extrèiBemeiit 

•iiijubles;  en  les  neçlijjeant,  on  retombe  sur  la  toruiule  >  i  i. 


DILATATION  DES  LIQUIDES. 
Dilatation  de  quelques  liquides  (  «  ) 


5i 


r 


jftroiDe 

I  Acide  fulfureux 

'  Pn>toehlor.  de  phosph.  (  -  ). 
BroDnra  de  phosphore  . . . 

Bicbiorure  d'éUin 

Akool 

Élber 

bpril-de-boîs 

Svlftire  de  carbone 

Uqvear  des  UollaDdaU... 

Aldéhjde 

Chloroforme 


a. 


0,001  o38 
0,001  496 
0,001  128 
0,000  847 
0,001  i3o 
0,001  048 
0,001  5i3 
0,001  i85 
0,001  189 
0,001  118 
0,001  5i3 
0,001  107 


186  a55 
377  537 
618  932 
ao4  934 
800  769 
63o  106 
a44  795 
519  707 
8o3  833 
932  379 
244795 
143  896 


b. 


0,000  001 
0,000  022 
0,000  000 
0,000  000 
o ,  000  000 
0,000  001 
0,000*002 
0,000  001 
0,000  001 
0,000  001 
0,000  002 
o ,  000  004 


711  38o 
337  479 
872  880 
436718 
911  710 
760  960 
359  182 
564  932 
370  65 1 
o46  861 
359  182 
664  734 


853 
463 
045 
628 
706 
620 
881 
6i5 
328 
382 
881 
417 


c. 


0,000 
0,000 

0,000 
0,000 
0,000 
0,000 
0,000 

0,000 

0,000 

0,000 
0,000 

0,000 


000  oo5 
000  49^ 
000  017 
000002 
000007 
000  001 
000  o4o 
000  009 
000  019 

000  010 

000  o4o 
000  017 


447  118 

759  i53 
923  565 
527  555 
579  789 
345  i83 
o5ï  240 
III  34't 
122  546 
341  738 
o5i  240 
432  753 


Des  recherches  analogues  ont  été  exécutées  par  Kopp  (')  el 
sont  demeurées  classiques,  comme  celles  de  Is.  Pierre.  Les 
formules  de  dilatation  données  par  ces  savants  sont  applicables 
entre  zéro  et  le  point  d'ébullilion  des  liquides  étudiés. 

DHiATATIOH  DES  UaiTIDES  SÏÏRGHAÏÏFFÉS.  —  Puisque  le  coef- 
ficient vrai  de  dilatation  augmente  avec  la  température 
pour  tous  les  liquides  connus,  il  prend  sa  plus  grande  valeur 
ftossible  quand  on  atteint  Tébullition  ;  si  on  la  dépasse,  les 
corps  changent  brusquement  d'étal,  et  ils  éprouvent  une  dila- 
tation subite  et*  énorme  en  se  transformant  en  vapeur.  Mais 


C)  on  peut  reprocher  à  Is.  Pierre  d'avoir  conservé  dan»  ses  formules  au 
moinft  trois   décimales  de  trop. 

('  )  Par  suite  d'une  faute  d'impression,  la  valeur  de  c,  pour  cette  substance, 
est  donnée  dans  le  Mémoire  original  d'une  manièae  incorrecte. 

(*)  KopF,  Ann.de  Pogg.,  t.  LXXII,  p.  1,  et  LXXXVI,  p.  i56;  1847- 1 852.  y^wn. 
/fe  Liebig^  t.  LXXXI,  p.  1;  XCIII,  p.  129;  XCIV,  p.  257;  XCV,  p.  307,  et 
XCVIII,  p.  367;  i852-i856.  On  peut  encore  signaler  les  recherches  de  Thorpe 
(  Procerd.  of  the  Rojal  Societjr),  t.  XXIV,  p.  283;  1876,  et  celles  de  Marignac, 
*ur  diverac»  diaaolutions  {archives  des  Sciences  physiques,  nouvelle  période, 
l-  XXXIX,  p.  217;  1870).  . 


52 


THERMOMÉTRIE.  -  DILATATIONS. 


on  sait  qu'en  augmenlant  la  pression  on  empêche  les  corps  de 
bouillir,  el  il  était  intéressant  de  chercher  ce  que  devient 
la  dilatation  pour  ces  liquides  forcés.  Or  Thilorier  (  «  )  avait 
annoncé  que  Tacide  carbonique  maintenu  liquide  se  dilate 
entre  zéro  et  ■+■  Se*»,  de  la  moitié  de  son  volume  à  zéro,  ce  qui 
indiquerait  une  dilatation  quatre  fois  plus  grande  que  celle  de 
Tair.  En  1869,  Drion  (2)  a  confirmé  et  étendu  cette  observa- 
tion en  étudiant  Téther  chlorhydrique,  Tacide  sulfureux  et 
Facide  hypoazotique  comprimés.  Ces  corps  se  comportent 
comme  tous  les  liquides  au-dessous  de  leur  point  ordinaire 
d'ébullition;  mais,  au  delà  de  ce  terme,  leur  dilatation  de  de- 
gré en  degré  augmente  très  rapidement,  égalant  d'abord  et 
dépassant  ensuite  de  beaucoup  celle  des  gaz.  Voici  les  résul- 
tats  de  Drion  : 


Coefficients  réels  de  dilatation. 


TEMPÉRATURES. 

ÉTHER   CHLORQYDRIQCE. 

ACIDE  8ULFURECX. 

ACIDE  BTP0AZ0T1QIIB. 

0- 

0,00148 

0,00173 

0,00145 

10 

0,00169 

0,00188 

o,ooi5a 

3o 

0,00181 

0,00219 

0,00171 

5o 

0,00305 

0,00269 

o,ooaoa 

70 

0,002.39 

o,oo3i8 

o,ooa48 

9« 

0,00391 

o,oo4i6 

o,oo3o8 

110 

0 , 00369 

0,00692 

i3o 

o,oo5o3 

0,00967 

Le  coefficient  de  dilatation  de  l'air  est  o,oo366;  Téther  chlor- 
hydrique liquide  l'atteint  vers  iio%  l'acide  sulfureux  vers  8o<*, 
l'acide  hypoazotique  au  delà  de  90*»,  peut-être  vers  io5*'. 

M.  Hirn  (3)  a  obtenu  des  résultats  analogues  en  étudiant,  à 


(')  TniLomEnj  yi  finales  li^  Chimie  et  de  Physique,  a*  série,  t.  LX,  p.  4^7;  i836. 

(')  Driox,  jé finales  de  Chimie  et  de  Physique,  3'  série,  t.  LVI,  p.  5;  1869. 

(')  HiRJi,  Annales  de  Chimie  et  de  Phjrsique,  4*  série,  l.  X,  p.  3a  ;  1867. — 
M.  Hirn  a  toujours  opéré  sur  des  quantités  de  matière  très  considérables  et  sa 
méthode  dilTèro  entièrement  de  celle  de  Pierre  et  de  Kopp;  c'est  une  modi- 


DILATATION  DKS  LIQUIDES.  53 

des  températures  très  élevées  el  sous  une  pression  constante 
équivalente  à  ii",25  de  mercure,  la  dilatation  de  quelques  li- 
quides très  volatils.  Il  a  exprimé  les  résultats  de  ses  expériences 
à  Faide  de  formules  à  quatre  termes 

Llnfluence  du  quatrième  terme  ne  se  fait  d'ailleurs  sentir  qu'au- 
dessus  du  point  d'ébullition  normal. 

Volume  des  liquides  surchauffés  y  d'après  M.  Hirn. 


KAO. 


nurc. 


Tolame. 


ALCOOL. 


Tempé- 
ralure. 


4     1,00000 

»oo  i,a43i5 
»M  II, 06992 

«.079Î9 
f, 101^9 


160 


'80    i,rj6:8 


o 


O 

5o 
100 
i5o 


Volame. 


ESSENCE 
de  lérébenthlne. 


1,000000 
1,05429^^ 
1,127348 
1,240787 


SULFCBE 
de  carbone. 


Tempé- 
rature. 

Volame  . 

Tempé- 
ratare. 

0 

0 

0 

I , 000000 

0 

40 

i,o34oo8 

40 

80 

1,076670 

80 

120 

1,124528 

120 

160 

1,178304 

160 

Volume. 


I , 000000 
I ,o49Î64 
I , 106078 
1, 176147 
1,265721 


CHLORURE 
de  carbone. 


Tempé- 
ratare. 


o 

3o 

70 

iio 

i5o 


Volame. 


I , 000000 
1,034889 
1,089089 
i,i53io3 
I , 282963 


D'après  ces  expériences,  le  coefficient  vrai  de  dilatation  de 
'eau  à  i8o<»  serait  de  0,0016223,  c'esl-à-dire  près  de  la  moitié 
<le  celui  de  Tair;  celui  de  l'alcool  à  iGo*»,  0,017843,  est  environ 
cinq  fois  plus  grand  que  celui  de  Tair. 

DILATATION  DE  L'EAU. 

Après  cette  étude  générale,  il  est  un  liquide  que  nous  devons 
examiner  en  particulier  :  c'est  l'eau;  non  seulement  à  cause  de 
'usage  que  nous  en  ferons  dans  la  suite  et  du  besoin  constant 
que  nous  aurons  de  corriger  les  effets  de  sa  dilatation,  mais 
encore  parce  que  l'eau  possède  des  propriétés  toutes  spéciales. 


fieation  de  la  méthode  du  thermomètre  à  poids,  dont  la  description  détaillée 
Boos  eotraloerait  trop  loin . 


54  THERMOMÉTRIE.  -  DILATATIONS. 

Les  premières  expériences  précises  à  cet  égard  sont  celles 
de  Lefèvre-Gineau  ('),  entreprises  pour  fixer  la  valeur  du 
gramme.  La  méthode  qu'employait  ce  physicien  consistait  à 
peser  dans  Teau  un  cylindre  métallique  et  à  déduire  la  den- 
sité de  Teau  de  la  perte  de  poids  observée  aux  diverses  tempé- 
ratures. La  méthode  de  Lefèvre-Gineau  a  été  reprise  el  per- 
fectionnée par  Hâllsirom.  Enfin  Despretz  a  employé,  en  la 
développant  pour  cet  objet,  la  méthode  générale  du  thermo- 
mètre à  lige.  Presque  tous  les  observateurs  qui  se  sont  depuis 
occupés  de  cette  question  ont  employé  la  méthode  de  Despretz 
à  peine  modifiée. 

EXPÉBIEHGES  DE  HALLSTROM  (  ^  ) .  —  Le  travail  que  nous  allons 
résumer  offre  surtout  un  intérêt  historique.  Il  peut  se  diviser 
en  trois  parties  :  dans  la  première,  on  cherche  la  dilatation 
linéaire  d'un  tube  de  verre;  dans  la  seconde,  on  observe  les 
pertes  de  poids  d'une  sphère  du  même  verre  plongée  dans 
l'eau;  la  troisième  discute  el  coordonne  les  résultats  des  ex- 
périences. 

La  dilatation  linéaire  du  tube  sert  à  calculer  la  dilatation 
cubique  du  verre,  laquelle  permet  de  réduire  à  zéro  le  volume 
de  la  sphère  et,  par  suite,  de  trouver  le  poids  de  l'eau  qu'elle 
déplacerait  si  son  volume  ne  changeait  pas;  enfin  le  poids  de 
l'eau  déplacée  à  différenics  températures  par  un  même  volume 
de  verre  fait  connaître  la  variation  de  la  densité  de  celle  eau 
avec  la  température. 

L  Hallslrom  mesure,  au  moyen  d'un  appareil  analogue  à 
celui  de  Ramsden(^),  la  longueur  d'un  tube  en  verre  mince 
qu'il  porte  successivement  à  des  températures  croissantes  de- 
puis zéro  jusqu'à  30*».  Il  cherche  ensuite  à  lier  par  une  formule 
les  résultais  qu'il  a  trouvés  el,  comme  il  reconnaît  que  la  re- 


(')  LEFÊVRE-Gi?(EAU,  Expériciices  faites  pour  déterminer  la  'valeur  du  gramme. 
Voir  dans  le  Journal  de  Physique  de  Delamétherie,  t.  XLIX,  p.  i6i,  le  Rap- 
port de  la  classe  des  Sciences  Diathématiques  et  physiciues  de  l'Institut,  Sur 
la  mesure  de  la  méridienne  de  France,  etc. 

(')  Annales  de  Chimie  et  de  Physique,  a*  série,  t.  XXVIII,  p.  5G;  1826. 

(^)  f^o/r  ci-après,  au  Chapitre  delà  dilatation  des  solides. 


DILATATION  DES  LIQUIDES.  55 

laiion  f=l{i  -h  kt)  n'est  pas  suffisamment  exacte,  il  adopte 
la  forme  de  fonction 

(i)  -  =i'hkt  T-k't'- 

Pour  déterminer  k  et  /r',  on  prend  dans  la  série  des  expé- 
riences deux  observations  faites  à  t\  et  ^2  degrés,  et  Ton  écrit 

'l'  =  I  -f-  kts^k't\,      -/='-+-  kh-^-k'tl. 

Ce  sont  deux  équations  dans  lesquelles  on  connaît  les  lon- 
gueurs/, /', ,  /'a  qui  ont  été  mesurées  aux  températures  égale- 
ment connues  G,  tiy  ^2;  en  les  résolvant  par  rapport  à  k  et /r', 
on  a  trouvé  les  valeurs  suivantes  de  ces  coefficients  : 

/r  =  0,000001960,    /r' =0,000000  laS. 

Pour  être  bien  assuré  que  la  formule  adoptée  est  exacte, 
Hâilslrôm  a  remplacé  A*  et  k'  par  les  valeurs  précédentes  dans 
l'équation  (1);  il  a  comparé  les  valeurs  de  /'  qu'elle  donne  à 
toutes  celles  qu'il  avait  trouvées  par  l'expérience  et,  dans  cette 
vérification  aposteriori,  il  a  constaté  une  concordance  parfaite 
entre  la  formule  et  les  mesures. 

La  loi  de  la  dilatation  linéaire  de  ce  verre  étant  ainsi  déter- 
roinée,  on  en  déduit  sa  dilatation  cubique  en  admettant  qoe  le 
tube  est  homogène  et  qu'il  reste  semblable  à  lui-même  à  toute 
température,  ce  qui  donne 

Hâllstrôm  va  ensuite  plus  loin  :  Il  accepte  celte  formule  avec 
/es  mêmes  valeurs  de  k  et  de  k'  pour  représenter  non  seule- 
ment la  dilatation  du  tube  qu'il  vient  d'étudier,  mais  encore 
celle  d'une  sphère  creuse  qui  était  formée  avec  le  même  verre. 
Celte  extension  n'est  pas  absolument  rigoureuse,  car  on  sait 
aujourd'hui  que  deux  échantillons  provenant  d'une  même 
coulée  de  verre  ne  sont  point  entièrement  identiques.  11  eut 
donc  mieux  valu  que  Ilallslrôm  mesurai  direclemenl  la  dila- 
taUoii  de  la  sphère  qu'il  devait  employer;  mais  celle  cause 
d'erreur  ne  saurait  être  très  grave.  C'est  d'ailleurs  la  seule  qu'on 


56  THERMOMÉTRIE.  -  DILATATIONS. 

puisse  signaler  dans  ce  travail,  et  tout  ce  qui  va  suivre  sera  par- 
faitement rigoureux. 

IL  On  emploie  maintenant  une  sphère  formée  du  même 
verre  que  celui  qui  vient  d'être  étudié.  On  verse  dans  son  in- 
térieur, qui  est  creux,  assez  de  sable  pour  la  rendre  un  peu 
plus  lourde  qu'un  égal  volume  d'eau,  on  la  ferme  à  la  lampe, 
on  la  suspend  par  un  (il  métallique  très  fin  au  plateau  d'une 
balance  sensible  et  on  Féquilibre  dans  Tair  avec  de  la  grenaille 
de  plomb.  On  dispose  ensuite  au-dessous  delà  sphère  un  vase 
plein  d'eau  que  Ton  peut  chauffer  ou  refroidir,  que  Ton  agite 
pour  la  rendre  homogène  et  dont  on  mesure  la  température  à 
chaque  instant  par  un  thermomètre  à  mercure  bien  vérifié  el 
très  sensible.  Alors  on  plonge  la  sphère  dans  le  liquide;  elle 
y  perd  de  son  poids;  mais  on  rétablit  Téquilibre  en  mettant 
dans  le  plateau  qui  la  supporte  des  poids  notés  qui  mesurent 
le  poids  Pf  d'un  volume  d'eau  égal  à  celui  de  la  sphère  plon- 
gée. On  dresse  le  tableau  de  tous  les  résultats  obtenus  à  des 
températures  variant  depuis  zéro  jusqu'à  3o°. 

Naturellement  cette  perle  de  poids  varie  quand  la  tempéra- 
ture de  l'eau  augmente  ou  diminue,  ce  qui  provient  à  la  fois 
du  changement  de  volume  que  la  sphère  éprouve  et  du  chan- 
gement de  densité  que  l'eau  subit,  car  on  a  P^  =  V/rf^,  en  dé- 
signant par  Vf  le  volume  de  la  sphère  et  par  dt  la  densité  de 
l'eau;  mais  ces  variations  sont  une  fonction  de  la  température, 
et,  comme  on  peut  toujours  développer  cette  fonction  en  série, 
on  écrira,  en  désignant  par  Vt  et  Po  les  poids  perdus  à  ^  et  à  zéro, 

(3)  Vt  =  Po  (I  -+-  a^H-  W^-h  ct^-\-., .). 

Comme  d'ailleurs  Pr  varie  très  peu  quand  la  température  t 
change  beaucoup,  la  série  est  très  convergente,  et  l'on  peut  se 
contenter  de  calculer  les  trois  premiers  coefficients  a,  6,  c. 
On  les  détermine  comme  on  a  précédemment  déterminé  k  et  k\ 
au  moyen  de  trois  expériences  faites  à  trois  températures  ^i, 
/s,  h»  Hâllstrôm  a  trouvé 

a^r  f  o,oooo')88i5, 
h  ^^  —  0,0000062168, 
c  =  -+-  0,0000000 i4î3. 


DILATATION  DES  LIQUIDES.  5; 

Il  a  ensuite  comparé  les  résultats  donnés  par  la  formule  (3) 
aux  nombres  trouvés  par  expérience  et  il  a  constaté  entre  eux 
une  concordance  parfaite. 

III.  On  peut  maintenant  laisser  de  côté  les  expériences  qui 
ont  été  faites,  ne  conserver  que  les  deux  formules  qui  les  ré- 
sument et  trouver  par  le  calcul  la  dilatation  de  Teau  que  Ton 
cherche.  On  a  en  effet,  pour  représenter  les  volumes  de  la 
sphère  à  ^  et  à  zéro  d'une  part  et  les  poids  qu'elle  perd  dans 
Teau  de  l'autre,  les  deux  formules  suivantes  : 

(a)  Yt^Voii-^  kt-hk'i^y^ 

(  3  )  Pf  =  Po  (  I  -4-  a/  -I-  6/2  -4-  c/3) . 

En  les  divisant  Tvne  par  l'autre, 

Les  coefficients  m,  n^p  se  calculent  en  fonction  des  valeurs 
connues  de  a,  6,  c,  k  eik'  et  ont  été  trouvés  égaux  aux  nom- 
bres suivants  : 

m  =      0,000052989, 

n  =  —  0,0000065322, 

p  z=      0,00000001 44^* 

P        P 

^-^i^et—  sont  les  densités  dt  et  rfo  de  Feau  à  t"  et  zéro;  el, 

comme  ces  densités  sont  en  raison  inverse  des  volumes  r^  etro 
que  prend  un  même  poids  d'eau  à  ces  deux  températures, 
on  a 

(  5 )  ^-  =  ^^  =  1  -h  ml  -h  nr-  -h  pP. 

do      vt 

Telle  estja  formule  définitive  qui  exprime  la  dilatation  de  l'eau  : 
il  n*y  a  plus  qu'à  la  discuter. 

En  supposant  1^0  =  1  et  calculant  de  degré  en  degré  les 
valeurs  de  i^r,  on  arrive  à  ce  résultat  remarquable  el  tout 
exceptionnel,  que  le  volume  commence  par  diminuer  quand  la 
température  s'élève  jusqu'à  4°  environ,  qu'alors  il  reste  un 
moment  stationnaire  et  qu'il  prend  ensuite  une  marche  crois- 


58  THERMOMÉTRIE.  -  DILATATIONS. 

santé  avec  la  température  et  qui  ne  s'arrête  plus.  A  4*>  l'eau 
occupe  donc  le  plus  petit  volume  qu'elle  puisse  prendre  et  at- 
teint par  suite  sa  plus  grande  densité  possible. 

Comme  il  est  de  la  dernière  importance  de  déterminer  avec 
précision  cette  température  du  maximum  de  densité,  on  diffé- 
rentie  Féquation  (4)  et  l'on  égale  la  différentielle  à  zéro,  ce  qui 
donne 

m-h  2nt  -^Zpt^  =0. 

De  là  on  tire  deux  valeurs  de  t,  Tune  très  élevée,  qui  sort 
des  limites  de  température  où  la  formule  est  applicable,  Tautre 
qui  répond  à  la  question  et  qui  est  égale  à  4**»'o8.  L'erreur 
possible  peut  atteindre  ±  o«,  288,  de  l'aveu  même  de  Uâllslrôm. 
Les  expériences  qui  nous  restent  à  étudier  comportent  plus 
d'exactitude. 

EXPÉmENGES  DE  DESPBETZ(<).  —  Pour  étudier  le  même  sujet, 
Despretz  procède  tout  autrement.  11  se  sert  d'un  thermomètre 
à  tige  dont  il  a  par  avance  gradué  la  capacité  et  cherché  le 

coefficient  moyen  de  dilatation  h^^-^t  comme  nous  l'avons  in- 

diqué  page  4^;  puis  il  remplit  le  tube  avec  de  l'eau  bien  pure  et 
bien  purgée  d'air  et  il  mesure,  en  prenant  pour  unité  la  capa- 
cité d'une  division,  d'abord  le  volume  à  zéro  i^,  ensuite  le  vo- 
lume apparent  v\  à  des  températures  successives  et  croissant 
depuis  zéro  jusqu'à  3o°. 

Despretz  construisit  ensuite  graphiquement  tous  ces  résul- 
tats en  prenant  les  températures  pour  abscisses  et  les  valeurs 

de  —  pour  ordonnées,  ce  qui  détermina  autant  de  points  qu'il 

y  avait  d'expériences;  puis  il  traça  une  ligne  continue  CMD 
(Jig.  16)  assujettie  non  pas  à  passer  par  tous  les  points,  mais 
à  s'en  écarter  très  peu;  à  laisser  les  uns  au-dessus,  les  autres 
au-dessous  cl  à  suivre  une  direction  moyenne  qui  corrigeait, 
par  la  régularité  de  sa  courbure,  les  erreurs  inévitables  des 
observations.  Ainsi  dessinée,  la  courbe  offrit  sensiblement  la 


(')  jinnalcs  de  Chimie  et  de  Physique ^  a'  Hcric,  l.  lAX,  p.  5;  i83«). 


DILATATION  DES  LIQUIDES.  ag 

forme  d'une  parabole  dont  le  sommet  correspondait  environ  à 
5*  et  qui  se  relevait  à  partir  de  ce  point,  soit  vers  zéro,  soit 
vers    les    températures 
plus  élevées.    Par    une  ^"S*  '^• 

particularité  remarqua- 
ble, Teau  perd  la  pro- 
priété de  se  congeler  à 
zéro  quand  elle  est  en- 
fermée  dans  un  tube 
thermométrique  purgé 
d'air  et  peut  persister 
à  l'état  liquide  jusqu'à 
—  2o*.  L'expérience  put 
donc  être  continuée  et 
la  courbeprolongée  jus- 
qu'à ces  basses  tempé- 
ratures, et  Ton  vit  que  Feau  continuait  à  se  dilater  régulière- 
ment en  se  refroidissant. 

On  sait  maintenant  que,  i^'  étant  le  volume  apparent,  le  vo- 
lume réel  est  ç'{i  -h  ht)  et  que,  en  appelant  Xt  la  dilatation  ab- 
solue de  l'eau  à  partir  de  zéro,  on  a 


d'où 


(■•'(»  -4-  kt)  --  r  (i  -f-  xe\ 


\  -\~  Xt~ 


V 


kt 


On  peut  donc  obtenir  i  -f  Xt  en  ajoutant  la  quaniilé   —  /r^aux 

if' 
ordonnées  —  de  la  courbe  qu'on  vient  de  construire.  Pour 

cela,  on  trace  la  ligne  A^' dont  l'équation  est  j= kt, 

ligne  qui  est  sensiblement  droite  entre  les  limites  de  Texpé- 
rienre,  et  les  ordonnées  de  la  courbe,  prolongées  jusqu'à  kx\ 

mesurent  — ! kt  on  i-hxe. 

Le  point  pour  lequel  le  volume  est  minimum  correspond  à 
la  plus  courte  de  ces  lignes,  et  Ton  voit  aisément  qu'il  sera  en 
M  où  la  tangente  est  parallèle  à  kx' ,  On  construira  cette  tan- 


6o  THERMOMÉTRIE.  -  DILATATIONS. 

genlc  en  menant  deux  sécantes  parallèles  à  A  j;'  et  en  Taisant 
passer  par  leurs  milieux  une  ligne  qui  déterminera  le  point  H, 
dont  Tabscisse  sera  la  température  du  maximum  de  densité.  La 
moyenne  de  tous  les  résultats  a  fixé  cette  température  à  4%ooi, 
un  peu  plus  bas  que  dans  les  expériences  d'Hallstrôm. 

Une  expérience,imaginée  autrefois  par  TrallesetparHope(*)» 
offre  ce  genre  d'intérêt  de  démontrer  Fexistence  du  maximum 
de  densité  par  l'ordre  dans  lequel  se  superposent  des  couches 
d'eau  inégalement  chaudes.  A  l'origine,  elle  n'était  guère  qu*un 
moyen  de  démonstration;  mais  elle  est  devenue  plus  précise 
entre  les  mains  de  Despreiz,  qui  l'exécuta  de  la  manière  sui- 
vante. Un  vase  fermé,  plein  d'eau  à  lo"  et  muni  de  quatre  ther- 
momètres alternes  (^/îg*.  17),  est  suspendu  dans  l'air  pendant 
une  journée  froide.  Les  molécules  d'eau  qui  se  refroidissent 
contre  les  parois  deviennent  plus  lourdes  et  tombent  au  fond, 
pendant  que  les  plus  chaudes  remontent  au  sommet.  Par  suite, 
les  thermomètres  vont  baisser,  le  n*  1  rapidement,  le  n®2  moins 
vite  et  les  n"*  3  et  4  très  lentement.  Bientôt  le  premier  atteindra 
4°  et  il  s'y  maintiendra,  puisque  l'eau  qui  l'entoure  sera  arrivée 
alors  à  sa  densité  maxima;  puis  l'effet  qui  s'était  fait  sentir  sur 
le  tl^ermomètre  n*  1  se  transportera  au  n»  2  et  successivement 
au  n"  3  et  au  n<*  li^;  ils  arriveront  l'un  après  l'autre  à  4°  et  ils  y 
Fifi.  17.  demeureront  tant  que  celte  température  ne 

sera  pas  uniformément  établie  de  bas  en 
haut  dans  la  niasse  entière.  Une  fois  cet  état 
atteint  et  le  refroidissement  continuant  tou- 
jours, certaines  parties  du  liquide  devien- 
nent plus  froides;  mais,  devenant  en  même 
temps  légères,  elles  se  meuvent  de  bas  en 
haut.  Le  thermomètre  n*'  k,  qui  avait  été  pri- 
mitivement le  dernier  à  atteindre  4%  est 
maintenant  le  premier  à  baisser  au-dessous 
de  ce  point  et  à  se  refroidir  jusqu'à  zéro. 
Ensuite  les  abaissements  de  température  se 
transmettent  du  thermomètre  supérieur  à  l'inférieur,  comme 
ils  se  propageaient  précédemment  de  l'inférieur  au  supérieur. 


(')  yf finales  de  Chimie^  i"  série,  t.  UU,  p.  278  et  3o6;  i8o5. 


DILATATION  DES  LIQUIDES.  6i 

Pour  tirer  parti  de  ces  expériences  ei  les  traduire  en  nom- 
bres exacts^  Despretz  eut  l'heureuse  idée  de  représenter  la 
marche  des  thermomètres  par  des  courbes  dont  les  abscisses 
sont  les  temps  et  les  ordonnées  les  températures.  S  il  n'y  avait 
aucune  cause  de  perturbation  dans  l'expérience,  les  thermo- 
mètres 1,  %  3,  k  devraient  baisser  Tun  après  l'autre,  atteindre 
une  ligne  horizontale  commune  et  enfin  se  continuer  en  des- 

Fig.  i8. 


cendant  brusquement.  Les  courbes  tracées  par  Despretz  réa- 
lisent à  peu  près  ces  conditions  (Jig,  i8).  Elles  offrent  une 
première  inflexion  brusque  et  deviennent  sensiblement  hori- 
zontales, mais  sans  se  confondre  complètement;  elles  se  cou- 
pent ensuite  et  présentent  une  deuxième  inflexion  brusque 
au-dessous  de  4**-  La  moyenne  des  températures  à  ces  points 
de  rencontre  et  d'inflexions  brusques  fixe  le  maximum  cherché. 
Les  mêmes  expériences  ont  été  recommencées  ensuite  en  sus- 
pendant le  même  vase  plein  d'eau  froide  dans  une  atmosphère 
chaude,  et  la  moyenne  générale  des  résultats  a  donné  3<>,98. 

Nous  extrairons  d'un  Mémoire  de  M.  Uossetii  (*)  les  résultats 
obtenus  par  divers  expérimentateurs  sur  la  question  impor- 
tante de  la  dilatation  de  l'eau. 


(  '  )  Annales  de  Chimie  et  de  Physique,  4*  série,  t.\,p.  ^6i,ett.  \  VU, p. 870; 
1S67  et  18G4J. 


6a 


THERMOMÉTRIE.  -  DILATATIONS. 


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64  THERMOMÉTRIE.   -  DILATATIONS. 

On  voit  que,  d'après  l'ensemble  de  toutes  les  expérience 
la  température  du  maximum  de  densité  de  l'eau  n'est  conn 
qu'à  ^  ou  î^o  de  degré  près.  On  comprend  aisément  qu'il 
soit  ainsi,  car  la  densité  de  l'eau,  dans  le  voisinage  de  s 
maximum,  ne  subit  que  des  variations  insignifiantes  pour  d 
variations  très  notables  de  la  température. 

On  n'a  pu  représenter  les  dilatations  de  l'eau  de  —  lo  à  ic 
par  une  formule  unique;  mais,  d'après  M.  Herr  (*),  on  repi 
sente  très  exactement  la  dilatation  de  l'eau  entre  o  et  3o**  i 
la  formule 

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o  ,0000079^79 1^  —  o ,  00000004^604/^  ), 


établie  d'après  la  moyenne  d'expériences  de  Muncke,  Stanr 
fer,  Kopp  et  Pierre,  et  dans  laquelle  t  exprime  la  températv 
en  degrés  normaux.  Cette  formule  donne,  pour  la  températu 
du  maximum  de  densité,  3,92776.  Elle  a  servi  à  calculer 
Tableau  suivant  : 


(')  Cité  par  M.  Broc  h,    Travaux  et  Mémoires  du  Bureau  internaiioruU 
Poids  et  Mesures,  1. 1,  A,  p.  6i  ;  1881. 


DILATATION  DES  LIQUIDES. 


65 


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J.,  Chaleur,  —  II.   i"  fasc. 


r,6  THERMOMÉTRIE.   -  DILATATIONS. 

MAXmnK  DE  DERSITË  DES  DISSOLUTIOHS  SAURS.  —  On  a  pen 

dant  longtemps  discuté  pour  savoir  si  d*autres  liquides,  et  na 
tamment  les  dissolutions  salines,  offraient  comme  Teau  u 
maximum  de  densité.  Despretz(«)  a  montré  qu'il  en  est  réel 
lemenl  ainsi.  Il  enfermait  les  liquides  dans  un  thermomètre  e 
d'après  ce  que  nous  avons  dit,  il  pouvait  les  conduire,  en  U 
maintenant  à  Tétat  liquide,  jusqu'à  des  températures  où  ils  ai 
raient  été  congelés  dans  Tair;  alors  toutes  les  dissolutions  d( 
sels  dans  Teau  ont  montré  une  densité  maximum,  mais  toujoui 
à  une  température  inférieure  à  celle  de  leur  congélation  dar 
Tair.  Voici  quelques  résultats: 

(')  j4nnales  de  Chimie  et  de  Physique,  a*  série,   t.  LXX,  p.  49;  iSSg. 


DILATATION  DES  LIQUIDES. 


67 


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Eau  de  mer 

Chlorure  de  sodium. 

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Cblomre  de  calcium. 

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Id 

Id 

Id 

Solfate  de  potasse 

Id 

Id 

Id 

Id 

Suirate  de  soude 

Id 

Id 

Id 

Carbonate  de  potasse 

Id 

Carbonate  de  soude. 

Id 

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37,039 

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43 

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37 

53 

i5 
5i 
33 

9^ 

^i 
01 

3o 

63 

64 

9^ 
3o 

60 
9^ 


TEMPÉRATURE 

de 
la  coogélaiion 
du  liquide  agité. 


—  I 

—  o 

—  I 

—  3 

-i 

—  o 

—  o 

—  I 

—  3 

—  5 

—  o 

—  o 

—  o 

—  a 

-  '1 

—  o 

—  o 

—  o 

—  I 

—  3 

—  •}. 

—  '_, 

—  •}. 

—  I 

—  3 

-  4 

—  3 

—  -  O 


88 
7» 

la 
3o 
aa 
53 
o3 

92 
a8 
i5 

27 
55 

09 

08 

'7 
3o 

68 

3o 

ai 

35 

85 

30 
33 
10 

33 

83 

\\ 
09 
34 


En  résumé,  il  résulte  des  expériences  de  Desprelz  : 

>*  Que  Teau  de  mer  el  louiesles  dissolutions  salines  ont  un 
"laximum  de  densité; 

^*  Que  le  maximum  s'abaisse  plus  rapidement  que  le  point 
de  congélation  ; 

3*  Que  rabaissement  du  point  de  congélation  au-dessous  de 


68  THERMOMÉTRIE.  —  DILATATIONS. 

zéro  et  rabaissement  du  maximum  au-dessous  de  4^  soi 
siblement  proportionnels  aux  quantités  de  sels  dissout( 
Cette  dernière  conclusion,  formulée  par  Despretz,  n' 
absolument  rigoureuse,  comme  on  le  verra  par  le  tables 
vant  emprunté  à  un  Mémoire  de  M.  Rossetti  (*)  sur  la 
question. 

Solution  de  chlorure  de  sodium. 


POIDS 

TEMPÉRATURE 

TEMPÉRATURE 

ABAISSEMENT 

A 

C 

poar  100 

do 

de  confection 

do  maxlmom. 

p 

F 

P. 

maximam. 

c. 

A. 

o 

-f-  4>oo 

0,00 

0,00 

» 

; 

0,5 

-+-  3,oo 

—  o,3j 

—   1 ,00 

—  a, 00 

t 

I 

-+-  '»77 

—  o,65 

—    3,23 

—    2,23 

t 

a 

—  0,58 

''37 

-4,58 

-  3,39 

1 

3 

-   3,2'4 

1,90 

-  1>^\ 

—  a»4i 

« 

4 

-  5,63 

—  2,60 

9,63 

—  a, 41 

t 

6 

11,07 

3,9» 

i5,07 

—  a,5i 

7 

—  13,69 

—  4»6o 

--i7»<>9 

—  a, 53 

8 

— 16, 6a 

—  5,ia 

—20,62 

• 

-  a, 58    , 

Nous  reviendrons  ultérieurement  sur  l'abaissement  du 
de  congélation,  quand  nous  nous  occuperons  des  change 
d'état. 


(•)  Annales  de  Chimie  et  de  Physique,  \*  série,  t.  XVII,  p.  382;  i8( 


DILATATION  DES  SOLIDES.  69 


CHAPITRE  III. 

DILATATION   DES   SOLIDES. 

ttlatatioD  cubique  des  solides.  —  Méthode  de  Dulong  et  Petit.  ~  Dila- 
tation linéaire  des  solides.  —  Méthode  de  Lavoisier  et  Laplace.  — 
Iféthode  difTérentielle.  ~  Méthode  de  Ramsden.  —  Emploi  du  compa- 
rateur. —  Méthode  de  M.  Fizeau. 


DUATATICnr  GUBiaUE  DES  SOUDES.  —  MÉTHODE  DE  DULOM  ET  PETIT. 

—  Nous  avons  vu  précédemment  comment  on  détermine  la 

dilatation  cubique  des  enveloppes  de  verre.  Théoriquement  ce 

procédé  est  général.  Dulong  et  Petit  (')>  voulant  mesurer  ladila- 

^lion  du  fer,  avaient  même  construit  un  thermomètre  à  poids 

^onl  l'enveloppe  était  de  cette  matière  ;  mais  ils  ont  abandonné 

cette  méthode  pour  un  moyen  plus  simple.  Ils  enfermaient  les 

solides  qu'ils  voulaient  étudier  dans  un  tube  de  verre  dont  ils 

faisaient  ensuite  un  thermomètre  à  poids  (Jig,  19).  Pour  le  fer 

Fiff.   19. 


et  le  platine,  ils  ne  prenaient  d'autres  précautions  que  de  les 
façonner  en  liges  dont  ils  garnissaient  les  extrémités  avec  des 
cales  A,  B,  qui  empêchaient  tout  ballottement  et  prévenaient  les 
ruptures;  et,  pour  opérer  avec  des  métaux  attaquables  par  le 
mercure,  ils  en  oxydaient  la  surface  au  feu  ou  la  couvraient 
d'un  vernis.  Dans  tous  les  cas,  ils  mesuraient  le  poids  p  et  la 
densité  d  à  zéro  des  liges  métalliques  avant  de  les  enfermer 
dans  le  tube;  ils  remplissaient  avec  du  mercure  l'espace  resté 

(  '  )  Annales  de  Chimie  et  de  Physique^  i*  série,  t.  II,  p.  261  ;  1816. 


-o  THERMOMÉTRIE.  -  DILATATIONS. 

vide  dans  l^appareil  et,  opérant  en  tout  point  comme  f 
thermomètre  à  poids  ordinaire,  ils  pesaient  les  poids />'  e 
mercure  contenu  à  zéro  et  de  celui  qui  s'échappait  par  la 
quand  on  portait  ensuite  le  tube  à  une  température  de 
peut  maintenant  exprimer  qu'à  zéro  la  capacité  du  ve 
égale  à  la  somme  des  volumes  du  solide  et  du  mercur 
contient  et  qu'à  t*  la  différence  entre  la  somme  des  v( 
dilatés  et  la  capacité  du  vase  est  égale  au  volume  du  m 
expulsé;  on  a  ainsi 


S<-*'-J-<'*^'>-(S-'i-)" 


-/!' 


ki) 


^" 


relation  qui  permet  de  calculer  la  dilatation  Xt  du  mé 
fonction  des  valeurs  de  A^  et  de  kt  qui  ont  été  détermin( 
les  expériences  qui  précèdent.  Voici  quelques-uns  des  ré 
obtenus.  La  première  colonne  contient  les  températures 
rées  par  le  thermomètre  à  air,  et  Ton  a  inscrit  en  regj 
températures  correspondantes  qui  seraient  marquées  ] 
thermomètres  fondés  sur  la  dilatation  de  chacune  de 
stances  étudiées. 


D'après  Du  long  et  Petit, 


TOERMO- 

MERCURE. 

FER. 

CUIVRE. 

PLATINE. 

MÊTRB 

-^ . 

-^- 



1 

— ^^^^»  •  ^-^^^^■~" 

■^ 

à 
air. 

Coefn- 

Tempé- 

Coem- 

Tempé- 

Coem- 

Tempo- 

Coelli- 

Tempé- 

Coe 

clenl. 

rature. 

cient. 

rature 

clent. 

rature. 
100 

cieal 

rature. 

clen 

lOO 

t 
tSoU 

100,00 

t 

lOO 

! 

l 
3"^  7  0  i> 

100, Oo 

1 

28  2Ut* 

19^0» 

.3_1< 

200 

1 

t4t5 

3o'|,00 

// 

// 

// 

tt 

n 

n 

1 
3<3 

3oo 

1 
S3U0 

3i'|,i5 

! 
t  2  7  0  (• 

3,3 

1 
17  7  0  0 

3j8 

1 
3  6  3  0  ti 

3 1 1 , 1 6 

1 
359 

DILATATION  DES  SOLIDES. 


7» 


D'après  Regnault  (*). 


TIEIIOMÈTBE 
à  air. 


CRISTAL  DE  CflOIST. 


CoetBeiODl  moyen, 


Température. 


VERRE   BLA?(C. 


CoefTIcfent  moyen 


10 

5o 

100 

iSo 
aoo 
35o 
3oo 
35o 


0,0000227 
0,0000237 
0,0000228 
0,0000280 
0,0000281 
0,0000282 
0,0000288 
0,0000284 


// 

100,0 
2o5,0 

H 

806,0 

359,6 


0,00002628 
0,00002687 
0,00002761 
0,00002835 
0,00002908 
0,00002982 
o,oooo8o56 
o , oooc8  i  3 1 


Tempéra  tare 


// 
100,0 

210,0 

// 
332,2 
896,0 


Ces  nombres  nous  permettent  de  généraliser  les  remarques 
^uenous  avons  faites  à  propos  de  la  dilatation  des  liquides. 

I*  Lorsqu'on  rapporte  la  dilatation  des  solides  au  thermo- 
Oièireàair,  les  coefficients  moyens  augmentent  avec  la  tempé- 
'îlure.  Cela  veut  dire  que  les  volumes  à  ^  ne  pourront  rigou- 
reusement se  conclure  du  volume  à  zéro  par  la  formule 

v,  =  V(i4-/fO, 

ei  qu'il  faut  adopter  la  forme  de  relation  qui  a  déjà  été  appli- 
quée aux  liquides 

V/  — V(i-ha/-hW2-h...:). 

2*>  Si,  d'après  les  nombres  contenus  dans  les  Tableaux  précé- 
dents, on  calcule  les  valeurs  de  a,  6,  c  qui  conviennent  à  toutes 
les  substances  étudiées  et  qu'on  les  compare,  on  ne  trouve  au- 
cune relation  qui  permette  de  passer  d'un  corps  à  l'autre  :  par 
conséquent,  les  lois  de  la  dilatation  sont  individuelles  pour 
chaque  matière  spéciale. 

lULATATIOlI  LDrÉAIBE  DES  SOLIDES.  —  Quand  on  connaît  la  dila- 
tation cubique  d'un  solide,  on  passe  à  sa  dilatation  linéaire  en 


P)  AnnaUs  de  Chimie  et  de  Phjrsiquef   3"*  série,  t.  IV,  p.  6'|;  i8'|i,  et  J/  - 
moires  de  l'Académie,,  t.  XXI,  p.  287. 


:i  THERMOMÉTRIE.  -  DILATATIONS. 

divisant  la  première  par  3,  comme  on  Ta  expliqué  ci-dessus. 
Mais  on  peut  aussi  déterminer  directement  les  dilatations  li- 
néaires et  il  est  surtout  avantageux  d*opérer  ainsi  quand  il  est 
possible  d'effectuer  les  mesures  sur  Tobjet  même  (une  règle 
métallique,  par  exemple)  dont  on  veut  connaître  la  vraie  lon- 
gueur à  diverses  températures. 

Un  grand  nombre  d'observateurs  ont,  à  plusieurs  reprises» 
déterminé  les  coefficients  de  dilatation  des  substances  les  plus 
usuelles,  au  moyen  d'appareils  qui  avaient  tous  cela  de  com- 
mun, que  les  règles  étaient  plongées  dans  une  auge  et  mesu- 
rées aux  températures  de  zéro  et  de  /**  et  qui  ne  différaient 
que  par  la  disposition  des  micromètres  employés  pour  mesurer 
les  longueurs.  De  deux  choses  Tune  :  ou  bien  Ton  mesure  sur 
place,  h  Taide  d'appareils  très  précis,  l'allongement  des  barres 
(|ue  Ton  considère,  ou  bien  Ton  amplifie  ces  allongements  dans 
un  rapport  connu,  ce  qui  permet  de  les  mesurer  à  Taide  des 
instruments  ordinaires.  C'est  en  employant  cette  dernière  mé- 
thode que  nous  avons  constaté  la  dilatation  des  solides,  par  le 
pyromètre  à  cadran  (*),  C'est  aussi  par  un  procédé  analogue 
<|uo  Laplace  et  Lavoisier  déterminèrent  la  dilatation  linéaire 
d'un  {;rand  nombre  de  substances.  Leurs  expériences,  demeu- 
rées célèbres,  furent  exécutées  en  1782. 

PROCÉDÉ  DE  LAPLACE  ET  LAVOISIER.  —  L'appareil  qu'ils  em- 
ployaient était  en  effet  un  pyromctre  à  cadran,  dont  le  grand 
bras  était  représenté  par  Taxe  optique  d'une  lunette  L  visant 
sur  une  mire  placée  à  100  toises  de  distance.  L'allongement  à 
mesurer  se  trouvait  amplifié  dans  le  rapport  de  74^  à  i. 

On  ne  possède  sur  ces  expériences  que  des  renseignements 
malheureusement  un  peu  incomplets,  rassemblés  par  Biot 
d'après  les  papiers  de  Lavoisier  (2).  Nous  ne  saurions  mieux 


('  )  Lu  description  de  cet  inslrument  a  été  donnée  par  Mustcheubrueck  (Corn- 
mcntarii  tentam,  Florent,^  Pars  II,  p.  la).  II  a  été  employé  par  Bouguer  et 
plus  tard  par  Smeaton  {Transactions  philosophiques^  p.  61.1,  1754);  mais  ces 
expériences  n'étaient  susceptibles  d'aucune  précision  et  n'offrent  qu'un  intérêt 
purement  historique  {voir  le  Mémoire  de  Lavoisier). 

(')  OEiivres  de  ÏMvoisier^  t.  II,  p.  789;  "voir  aussi  le  Traité  de  Physique  de 
Biot^  t.  I",  p.  146  et  suivauteii. 


DILATATION  DES  SOLIDES. 


73 


faire  que  de  transcrire  ici,  d'après  ces  documents,  la  descrip- 
tion qui  nous  est  restée  de  l'appareil. 

«  Quatre  gros  cubes  en  pierre  de  taille  {fi^'-  20),  fondés  en 
maçonnerie,  étaient  destinés  à  soutenir  toutes  les  parties  de 
l'iDStrument.  Chacun  de  ces  piliers  avait  a  pieds  dans  le  sens 
de  la  longueur,  sur  1  pied  de  largeur;  ils  laissaient  entre  eux 
un  intervalle  d'environ  3  pieds  occupé  par  un  fourneau  bâti  en 
briques,  sur  lequel  posait  une  chaudière  allongée,  destinée  n 

FiR.    JO, 


recevoir  la  barre  ou  règle,  de  G  pieds  environ,  qui  était  mise 
en  expérience. 

0  ...  La  seule  inspection  delà  figure  suffit  pour  concevoir 
comment  la  barre  mise  en  expérience  agissait  sur  la  lunette. 
La  barre  est  soutenue  par  des  bandes  verticales  de  gtace  de 
Sainl-Gobain,  garnies  de  rouleaux,  de  manière  à  ne  point  op- 
poser de  résistance  à  l'allongement  ou  au  raccourcissement  de 
la  barre. 

B  EF  est  une  bande  de  verre  ou  de  glace,  placée  verticale- 
ment et  solidement  fixée  par  dos  traverses  de  fer  aux  cubes  de 
pierre.  C'est  sur  cette  bande  de  verre  que  s'appuie,  comme 
sur  un  point  fixe  et  invariable,  l'extréniiié  un  peu  arrondie  de 
la  barre  soumise  aux  expériences. 

B  L'autre  extrémité  de  ta  miîme  barre  s'appuie  sur  une  sem- 


74  THERMOx^fÉTRIE.  —  DILATATIONS. 

blable  bande  de  verre  GII,  mais  qui,  au  lieu  d*être  fixée  et  im- 
mobile comme  la  précédente,  est  solidement  ajustée  en  G  avec 
le  bras  du  levier  de  fer  CI),  qui  commande  la  lunette  L.  » 

Afm  d^éviter  tout  glissement  de  la  barre,  on  adaptait  à  cha- 
cune de  ses  extrémités  une  petite  armure  formée  d'une  bande 
de  cuivre  flexible,  roulée  autour  de  la  barre  et  coupée  de  ma- 
nière à  former  une  fourchette  qui  embrassaitles  bandes  déglace 
extrêmes  et  donnait  à  tout  Tappareil  une  solidité  suffisante. 

On  remplissait  d'abord  la  chaudière  avec  de  Feau  qu'on  ame- 
nait à  zéro  en  y  ajoutant  de  la  glace,  et,  quand  les  thermomètres 
placés  en  plusieurs  endroits  du  bain  étaient  invariables,  on 
observait  à  quelle  division  de  la  mire  répondait  le  fil  horizontal 
de  la  lunette. 

On  remplaçait  ensuite  l'eau  glacée  par  de  l'eau  chaude»  et 
Ton  effectuait  la  seconde  lecture.  Le  fourneau  représenté  dans 
la  figure  servait  primitivement  à  échauffer  cette  eau;  mais  on 
craignit  a  que  la  chaleur  du  fourneau  ne  tourmentât  les  barres 
horizontales  qui  soutenaient  les  bandes  verticales  de  glace  b  et 
les  irrégularités  observées  obligèrent  à  abandonner  ce  mode 
d'opération  défectueux. 

£n  résumé,  de  grandes  précautions  furent  prises  pour  écar- 
ter toutes  les  causes  d'erreur.  Le  principal  reproche  que  Ton 
puisse  formuler  contre  ces  expériences,  c'estqu'il  règnequelque 
incertitude  sur  la  valeur  exacte  du  rapport  d'amplification.  Il 
paraît  assez  difficile  de  déterminer  exactement  par  quel  point 
la  barre  touche  le  levier  GH,  et  de  mesurer  la  distance  de  ce 
point  à  l'axe  de  rotation  de  la  lunette  ('  ). 

MÉTHODE  DITE  DXFFÉBENTIEIJiE.  —  Borda  (^),  chargé  de  la  me- 
sure de  la  méridienne  française,  eut  à  résoudre  le  problème 
de  la  détermination  de  la  dilatation  linéaire  des  règles  qu*il 
employait;  il  mit  en  usage  une  méthode  proposée  par  de  Luc  (*), 

(*)  Voir  dans  le  Mémoire  de  Lavoisier  ou  Traité  de  Physique  de  Bioty  t.  I, 
p.  i58,  le  tableau  complet  des  résultats  numériques  obtenus  par  Lavoisicr  et 
Laplace. 

(')  Borda,  d'après  Biot,  Traité  de  Physique,  t.  !••■,  p.  i6'|. 

(*)  De  Luc,  Transactions  philosophiques,  t.  LXXXVIII,  ci  Journal  de  Phy- 
sique de  Delamètherie^  t.  XVIII,  p.  363. 


DILATATION  DES  SOLIDES.  -5 

é 

el  telle  que  les  règles  indiquaient  d'elles-mêmes  la  lempéraiure 
a  laquelle  elles  se  trouvaient,  el  la  correction  qu'on  devait  faire 
subir  à  leurs  indications.  A  cet  effet,  une  règle  de  platine  AB, 
longue  de  12  pieds,  était  fixée  par  une  de  ses  extrémités  à  une 
règle  de  cuivre  un  peu  plus  courte  A'B'(  //g*.  11),  dont  l'autre  ex- 
Irémiié  B' glissait  librement  le  longdela  règle  de  platine,  suivant 
rinégalité  des  dilatations.  L'extrémité  B  de  la  règle  AB  était 
divisée  en  parties  égales,  et  l'extrémité  B'  portait  aussi  des  di- 
visions formant  vernier  avec  les  précédentes. 

Le  cuivre  se  dilatant  plus  que  le  platine,  la  différence  de 
lohgueurdesdeux  règles  diminue  quandla  température  s'élève, 
et  augmente,  quand  celle-ci  diminue,  de  quantités  que  l'on 
mesure  par  le  déplacement  du  vernier  sur  la  division  de  AB. 

Fig.  ar. 

71"' 


|.l.|-]l..ljhli|uTn^ 
:o        '\.        10         s  1 


11  suffit  d*observer  les  indications  du  vernier  quand  on  place  le 
système  des  deux  règles  dans  la  glace  fondante,  puis  dans  l'eau 
bouillante,  pour  obtenir,  par  une  simple  proportion,  la  tempé- 
rature des  règles  correspondant  à  une  indication  quelconque 
du  vernier. 

Quant  à  la  grandeur  de  la  correction,  il  était  nécessaire  pour 
Tobtenir  de  connaître  la  valeur  absolue  de  la  dilatation  de  la 
barre  de  platine  entre  zéro  et  loo**. 

Celle-ci  étant  supposée  connue,  la  méthode  de  Borda  fournit 
immédiatement  la  valeur  de  la  dilatation  du  cuivre,  el,  en  sub- 
stituant au  cuivre  un  autre  métal  quelconque,  on  obtiendra  de 
même  sa  dilatation.  Cette  méthode  différentielle  a  clé  employée 
par  Dulong  et  Petit (*)  à  la  mesure  de  la  dilatation  d'un  cer- 
tain nombre  de  corps  solides. 

Les  règles  qu'ils  employaient  pouvaient  être  échauffées  dans 
un  bain  d'huile.  Leurs  extrémités  libres  portaient  des  tiges  ver- 
ticales en  laiton,  recourbées  extérieurement  au  bain,  et  mu- 


(•/  Annales  de  Chimie  et  de  Phjsiqne^  1*  série,  t.  II,  p.  i5'|  ;  1816. 


76 


TIIEnSirtMÉTHIE.  -   DILATATIONS. 


nies,  l'une  d'une  réglelie  horizontale  divisée  en  ^  de  mîllîmèlre, 
l'autre  d'un  vernier  au  vingtième  qui  s'appuyait  sur  la  réglelto, 
de  sorte  que  l'on  pouvait  apprécier  un  excès  de  rulloiigenicni 
de  la  rî'gle  de  cuivre  ne  dépassant  pas  tJ«  de  millimctrc. 

MÉTHODE  DE  lAHSDUI.  —  Ln  mélliode  suivante  Tut  imaginée 
par  Ramsden  pour  déterminer  la  dilalalîon  des  régies  que  l'on 
employait  aux  mesures  de  la  méridienne  anglaise  (' )■  Le  mo- 
dèle que  nous  allons  décrire,  différani  par  quelques  points  de 
l'appareil  original  de  l\amsden,  a  été  cuiislruit  par  FromenLi 
pour  l'École  Polytechnique. 

Trois  auges  métalliques  A,  B,  C  i/ig.  ^a)  sont  placées  pa^ 
rnllêlcmenl  sur  des  supports  en  fer;  les  deux  extrêmes  A  el  C 


ï^ont  remplie»  de  glace,  el  la  moyenne  H.  qui  contient  de  l'eau, 
peut  être  échaufTée  par  des  lampes  placées  au-dessous  d  elle^ 
Chacune  de  ces  auges  contieiil  une  barre  mêiallique  de  a"  d« 
longueur  et  l'on  voit  que  les  barres  extrêmes,  qui  sont  à  la 
lempôrature  de  zéro,  ont  une  longueur  fixe  et  consliluenl 

C)  Lct  luMureE  de  U  mérldienna  tureuL  ojiériea  laus  la  direclion  (lu 
iièr«l    Roj.    Son    rapporl,  publie    dan»  les    TrnHiaeiiuns  phihsuiiliiijiin  pour 
17S7,  cotilieiit  iiiie    deicrlfilioii   Xiii.  rcniarquible  de  l'^ppureil  employé   par 
lUmsden,  i  liiqiidie  nout  rciiverron»  le  lecteur.   Le  ilruioire  Je  Boy  ■  pirn 
en  rniitili,  traduit  ptr  Prony,  chei  01401(1787), 


DILATATION  DES  SOLIDES.  77 

système  invariable,  tandis  que  celle  du  milieu,  que  Ton  veut 
étudier,  étant  successivement  portée  à  des  températures  dif- 
férentes, s'allonge  ou  se  raccourcit.  On  a  fixé  à  chaque  extré- 
mité de  ces  trois  règles  des  colonnes  métalliques  verticales  qui 
s*élèvent  au-dessus  des  auges  et  qui  portent  à  leur  sommet  : 
I*»  en  A'  et  A*',  deux  réticules  de  fils  croisés  qui  servent  de 
mire  et  sont  éclairés  chacun  par  un  petit  miroir  ;  2^  en  B'  et  B'^, 
deux  lentilles  enfermées  dans  des  tubes,  lesquelles 
reçoivent  la  lumière  partant  des  fils  croisés;  3"*  enfin, 
en  C  et  C,  des  loupes  au  foyer  desquelles  sont 
disposés  deux  autres  réticules  de  fils  croisés  que 
Fœil  voit  distinctement  quand  il  est  placé  derrière . 

Il  est  évident,  d*après  cette  construction,  que 
Tun  de  ces  systèmes,  qui  est  représenté  en  ABC 
[fiff-  a3),  constitue  une  lunette  astronomique  avec 
sa  mire,  que  les  rayons  partis  de  A  forment  une 
image  réelle  en  a,  et  que  la  loupe  vise  à  la  fois  et 
cette  image  et  le  second  réticule  placé  en  son  foyer  a. 
On  pourra  donc,  en  réglant  convenablement  la  len- 
tille moyenne,  superposer  avec  une  précision  par- 
faite les  images  des  deux  réticules,  et  le  moindre 
allongement  de  la  barre  moyenne,  en  déplaçant  les  lentilles 
qu'elle  porte,  détruira  la  coïncidence. 

On  amène  les  trois  auges  à  la  même  température  de  zéro, 
puis  on  règle  la  barre  moyenne  à  Taide  de  pièces  spéciales 
représentées  en  détail  {Jig.  26);  Textrémiié  B'  vient  butter 
contre  un  levier  H  que  Ton  pousse  par  une  vis  extérieure  J, 
jusqu'au  moment  où  la  coïncidence  des  images  est  établie  dans 
le  premier  système  A'B'C  A  l'autre  extrémité  se  trouve  une 
vis  mîcrométrique  qui  apprécie  ^  de  millimètre  et  qui  permet, 
en  déplaçant  la  lentille  B",  de  superposer  également  les  images 
des  réticules  dans  la  deuxième  lunette  A"B"C".  Cela  fait,  on 
chaufTe  Tauge  B  et,  quand  elle  est  arrivée  à  une  température 
stationnaire  que  l'on  mesure,  on  s'assure  que  l'extrémité  B' 
ne  s*est  pas  déplacée,  ou,  si  elle  a  varié,  on  la  ramène  à  sa 
position  première.  Quanta  la  lentille  B'',  elle  s'est  éloignée  par 
TefTet  de  la  dilatation;  mais  on  la  ramène  par  la  vis  micromé- 
trique,  et  le  nombre  de  tours  et  de  fractions  de  tour  qu'il  faut 


7S  TIIEIIMOMÊTIUE.  -   DILATATIONS. 

faire  mesure  rallongement  de  la  règle,  ou  pour  mieux  dire  de  | 

la  portion  de  la  rèjjle  coi>i|irise  entre  les  pieds  des  tubes  B'  et  I 


H'.  On  a  dû  déterminer  d'avance  avpc  toiilc  la  précision  pos- 
sible la  dislance  de  ces  deux  points  (  M. 


ElIFLOI  DQ  COHPjLBiTEDB.  ~   La  méthode  suivante,  jtroposée 

par  le  baron  df  Wrede  el  employée  au  Bureau  iniernattonil 


(')  Dan>  l'appareil  orii[jiiBl,  li  rii  m  fera  métrique  comiiiaiide  l'onilairl 
parlé  pir  l'une  dei  régies  à  xérii;  le  dèplacemenl  qu'il  faut  foi  m  subir  n  la  lii 
pour  ramener  la  rolncUence  des  réticules  rat  plui  gmiid  que  la  diUUliol 
Je  1a  règle,  ilnna  un  rappnrl  qiie  l'on  ilôtormine  en  meinranl  lo  déplacaman 
rgu'il  faul  donner  ï  In  via  pour  amener  iDCceisivemenI  ta  roïncidence  de  li 
croiiée  lie  Ils  de  l'oculaire  avec  lei  deux  eilréFniléï  d'une  longueur  connua 
parlée  par  la  troisième  régie  [par  exemple  deui  traits  d'un  mîcromiire  sub- 
stitué h  la  croisée  de  Dis  ). 

Lu  barre  i|ui  se  dilate  est  encastrée  par  aes  eilrémités  dans  les  supports  di 


DILATATION  DES  SOLIDES.  79 

des  Poids  ei  Mesures  (*)»  »'esl  au  fond  qu'une  variante  de  la 
méthode  de  Kamsden;  mais  elle  ofTre  toutes  les  garanties 
d*exactilude  désirables  et  peut  être  proposée  comme  exemple 
de  rapplication  aux  mesures  physiques  des  procédés  précis 
d'installation  et  de  construction  que  les  astronomes  seuls  met- 
taient jusqu'ici  en  usage.  Comme  la  précédente,  elle  consiste 
essentiellement  à  comparer  les  longueurs  de  deux  règles  ho- 
rizontales dont  Tune  est  maintenue  à  une  température  fixe, 
Tautre  portée  successivement  à  diverses  températures;  mais 
cette  comparaison  s*effectue  en  amenant  successivement  les 
extrémités  de  ces  règles  sous  -les  objectifs  immobiles  de  mi- 
croscopes verticaux  munis  de  micromètres. 

L'appareil  employé  comprend  :  i""  deux  microscopes  M,  M' 
{fig.  a5)  flxés  à  des  piliers  massifs  et  stables  ;  2«  un  bâti  en 
fonte  aussi  supporté  par  des  piliers,  et  muni  de  rails  sur  les- 
quels se  déplace  un  chariot.  Celui-ci  porte  deux  auges  A,  A' 
contenant  chacune  l*une  des  règles  à  comparer.  Le  jeu  du  cha- 
riot permet  d'amener  successivement  Taxe  des  deux  auges 
dans  le  plan  vertical  des  microscopes. 

DisposiUofis  mécaniques.  —  Pour  assurer  à  tout  le  système 
une  stabilité  suffisante,  la  terre  a  été  creusée  à  une  profon- 
deur de  4"  au-dessous  du  niveau  de  la  salle  d'observation,  de 
manière  à  atteindre  un  sol  suffisamment  solide.  Sur  ce  sol  on  a 
tassé  une  couche  épaisse  de  sable  de  rivière  que  Ton  a  recou- 
verte d'une  large  dalle  en  béton  de  \i^^  de  surface.  Deux  mo- 
nolithes en  béton,  d'une  dizaine  de  mètres  cubes,  font  corps 
avec  la  dalle  et  supportent  les  piliers  en  maçonnerie  P,  P'  qui 
>outiennent  les  microscopes.  D'autres  monolithes,  solidaires 
de  la  même  dalle,  soutiennent  le  bâti  du  comparateur. 

Le  mouvement  du  chariot  est  obtenu  à  l'aide  d'une  corde 
•|ui  s'attache  par  ses  deux  extrémités  à  la  face  antérieure  et  à 
la  face  postérieure  du  chariot  en  passant  sur  deux  poulies  de 
renvoi /i  dont  les  axes  sont  fixés  aux  deux  extrémités  du  bâti. 
Il  suffit  de  tourner  la  manivelle /?  dans  un  sens  ou  dans  l'autre 

''y  Re^é  BE?fOiT,  Mesures  de  dilatation  et  comparaisons  de  refiles  mètri-fues 
travaux  et  JUrmoires  du  Bureau   inlernatiunal  des  poitU  et  MeuurcSy  t.  Il, 
«'*  Partie,  i8S3). 


DILATATION  DES  SOLIDES.  8i 

pour  entraîner  le  chariot  en  avant  ou  en  arrière.  Un  mouve- 
ment de  rappel  permet,  en  outre,  d'imprimer  au  chariot  des 
déplacements  très  petits,  pour  permettre  le  pointage  exact  des 
microscopes. 

Les  deux  cuves  A,  A'  sont  semblables.  Chacune  d'elles  se 
compose  de  deux  cuves  concentriques,  Tune  extérieure,  en- 
tourée de  ouate  et  revêtue  d'une  double  enveloppe  en  chêne 
épais;  Tautre  intérieure,  qui  contient  suivant  son  axe  le  sup- 
port où  doit  être  installée  la  règle.  Ce  support  ss'  {fig,  26)  esi 

Fig.  a6. 


une  barre  en  forme  de  ï,  munie  de  deux  rouleaux  sur  lesquels 
reposera  la  règle,  et  de  deux  fourchettes  qui  supportent  deux 
paires  de  thermomètres  horizontaux.  Elle  appuie,  par  trois 
pointes  à  ses  extrémités,  sur  deux  pièces  terminales  qui  sont 
▼issées  sur  les  parois  de  l'auge,  et  dans  lesquelles  sont  réunis 
les  divers  organes  de  réglage  que  Ton  aperçoit  sur  la  figure  ei 
qu'il  serait  superflu  de  décrire  en  détail.  Le  support  do  droite 
fournit,  par  la  vis  c,  un  mouvement  vertical  et,  par  la  vis  d, 
an  mouvement  transversal;  le  support  de  gauche  donne  de 
même  un  mouvement  vertical  et  un  mouvement  longitudinal. 
Un  ressort  maintient  ss'  solidement  appuyé  par  les  vis  termi- 
nales» logées  elles-mêmes  dans  des  rainures  des  pièces  ex- 
trêmes. 

La  règle  XX,  appuyée  sur  les  deux  rouleaux  dont  on  a  déjà 
parlé,  est  guidée  en  outre,  à  ses  extrémités,  par  les  pointes 
d'ivoire  de  vis  que  Ton  amène  à  affleurer  les  faces  latérales  de 

J.,  chaleur.  —  II.   i"  fasc.  '> 


8a  THERMOMÉTRIE.  —  DILATATIONS. 

la  règle  sans  y  appuyer.  Elle  est  entièrement  plongée  dans 
Teau.  Vers  les  deux  extrémités,  sa  face  supérieure  est  polie 
spéculairement  ou  simplement  doucie  dans  un  peUt  espace 
où  est  tracé  le  trait  terminal.  La  longueur  que  Ton  considère 
est  celle  qui  sépare  les  deux  traits  ;  elle  est  très  sensible- 
ment de  i"".  Au-dessus  de  la  règle  est  une  lame  de  laiton  qui 
la  recouvre,  sans  la  toucher,  sur  toute  son  étendue,  sauf  aux 
deux  bouts;  elle  permet  la  circulation  de  Teau  autour  de  la 
règle,  mais  elle  protège  celle-ci  contre  les  causes  extérieures 
de  refroidissement  ou  d'échauffement. 

Les  cuves  sont  divisées  en  deux  par  une  cloison  longitudi- 
nale. Des  agitateurs  hélicoïdes  puisent  le  liquide  d*un  côté  de 
la  cloison  et  le  refoulent  de  Tautre  côté,  de  manière  à  mainte- 
nir une  circulation  rapide.  Ce  liquide  est  fourni  par  un  grand 
réservoir  de  i5o*^^  de  capacité,  alimenté  par  un  écoulement 
continu  et  maintenu,  par  un  ihermo-régulateur,  à  une  tempé- 
rature invariable;  il  circule  dans  les  auges,  puis  se  déverse  à 
Textérieur  par  des  trop-pleins  avant  de  s*étre  refroidi  d'une 
quantité  appréciable. 

Dispositions  optiques,  —  Les  microscopes,  portés  par  de 
fortes  équerres,  sont  fixés  par  le  constructeur  dans  une  situa- 
tion verlicale,  après  un  réglage  effectué  une  fois  pour  toutes. 
Leur  objectif  est  immobile  et  le  champ  assez  grand  pour  que 
les  traits  terminaux  des  règles  n*en  sortent  pas  par  l'effet  de  la 
dilatation.  L'amplification  produite  par  Tobjectif  est  égale  à 
7,5;  par  suite,  à  un  déplacement  de  o"'"',ooi  ou  it*  {un  mi- 
cron) du  trait  de  la   règle  correspond   un   déplacement  de 
Timage  de  71*,  5.  Le  micromètre  oculaire  se  déplace  horizonta- 
lement à  Taide  d'une  vis  microméirique  que  Ton  a  étudiée 
avec  le  plus  grand  soin,  car  c'est  de  son  exactitude  que  dé- 
pend la  mesure  des  dilatations.  Le  pas  de  cette  vis  est  de 
o"*'",75,   et  son  tambour  de  tête  est  divisé  en  100  parties 
égales.  Un  mouvement  du  micromètre  de  une  division  corres- 
pond donc  à  o*"",oo75  ou  7H-,5,  c'est-à-dire  à  un  déplacement 
du  trait  visé  précisément  égal  à  iH.  L'étendue  du  champ  com- 
prend environ  12  tours  de  la  vis,  c'est-àrdire  plus  de  i""*. 

Le  microscope  sert  lui-même  à  éclairer  la  partie  utile  de  la 
règle  où  est  tracé  le  trait  terminal.  A  cet  effet,  une  lampe  en- 


DILATATION  DES  SOLIDES. 


83 


Fig.  37. 


S 


voie»  par  une  ouverture  latérale,  un  faisceau  ss'  de  rayons  pa- 
rallèles sur  un  miroir  M  incliné  à  45^  placé  dans  Tintérieur  du 
tube  du  microscope  (Jig.  i^).  Ces  rayons,  rendus  convergents 
par  Tobjectif,  vont  frapper  la  règle  en  c  et  produisent  Téclai- 
rement.  Si  la  surface  P  portant  le 
trait  est  simplement  doucie,  elle  dif- 
fuse la  lumière  et  constitue  un  objet 
éclairé  qui  envoie  de  la  lumière 
dans  tous  les  sens  et  en  particulier 
suivant  Taxe  du  microscope;  si  elle 
est  polie  spéculairement,  il  faut  lé- 
gèrement incliner  la  règle  dans  le 
sens  transversal,  sans  quoi  la  lu- 
mière réfléchie  se  superposerait 
rigoureusement  à  la  lumière  inci- 
dente et  serait  en  totalité  renvoyée 
vers  sa  source.  Cette  propriété  peut 
être  utilisée  pour  le  réglage. 

Des  microscopes  plus  petits  m,  m'  (Jig.  25)  glissent  sur  des 
règles  fixées  au  couvercle  de  chaque  cuve  et  visent,  à  travers 
des  ouvertures  longitudinales,  les  thermomètres  horizontaux 
qui  donnent  la  température  du  liquide.  Le  degré  de  ces  ther- 
momètres est  divisé  en  10  parties  égales  et,  comme  on  peut 
évaluer  la  ao«  partie  de  l'intervalle  de  deux  traits,  la  tempéra- 
ture est  donnée  à  -^  de  degré  près.  Pour  pouvoir  compter  sur 
une  pareille  exactitude,  il  faut  que  chacun  des  thermomètres 
ait  été  étudié  avec  un  soin  extrême,  suivant  la  méthode  indi- 
quée page  26.  Après  chaque  observation,  les  thermomètres 
sont  portés  dans  la  glace,  et  Ton  détermine  leur  zéro. 

Marcfie  de  l'expérience,  —  Pour  faire  une  expérience,  il 
faut  d*abord  amener  les  règles  à  être  bien  horizontales,  ce  qui 
a  lieu  quand  les  microscopes  M,  M'  sont  au  point.  On  agit  en- 
suite sur  les  supports  des  règles  de  telle  sorte  que, quand  une 
auge  est  amenée  en  place,  les  traits  terminaux  de  chaque  règle 
soient  parallèles  au  double  fil  du  micromètre  correspondant. 

On  établit  la  circulation  d*eau  dans  les  deux  auges  de  ma- 
nière à  maintenir  l'une  des  deux  règles  X  à  une  température  / 
identique  ou  à  peine  supérieure  à  la  température  ambiante, 


84  TllERMOMÉTRIE.  ~  DILATATIONS. 

îo*»  par  exemple,  ei  Tauire  R'  à  une  température  t  arbitraire, 
soit  35^».  On  amène  les  traits  terminaux  des  règles  X  en  coïn- 
dence  avec  les  fils  des  microscopes  correspondants,  et  Ton 
effectue  la  lecture  des  tambours,  puis  celle  des  quatre  ther- 
momètres. Par  le  mouvement  du  chariot,  on  substitue  X'  à  X, 
on  établit  de  nouveau  la  coïncidence  et  Ton  renouvelle  les  lec- 
tures des  tambours  et  des  thermomètres. 

Soient  L  la  distance  invariable  des  zéros  des  deux  micromè- 
tres (égale  à  i""  environ),  a  ex  h  les  lectures  corrigées  corres- 
pondant à  la  règle  X,  a'  et  6'  à  X';  Z^,  l\,  les  longueurs  de  X  à 
la  température  /,  et  de  X'  à  la  température  /'  ;  on  a 

A  =  L  -h  a  -f-  &, 
/;=L-f  a'-^-ft'. 

Les  longueurs  L  ayant  élé  déterminées  une  fois  pour  toutes  à 
Faide  d'une  règle  connue,  divisée  en  millimètres,  on  obtient 
une  série  de  valeurs  de  U  et  de  l\.  que  Ton  peut  relier  par  des 
formules  empiriques, 

/,  =/,  (i-4-fr/    4-À'/2), 

Les  limites  dans  lesquelles  /  peut  varier  sont  comprises  entre 
o"  et  35*»  à  4o°  au  maximum. 

Par  cette  méthode,  M.  Benoît  a  trouvé  pour  deux  règles  en 
platine  iridié  contenant  lo  pour  loo  d'iridium 

/,  =  I'", 00008026 [i  -h  10-8(850,91  /-+-  0,279/-)] 
/;=i*",oooo8558ri  -h  io-8(8()o,29/ -h  0,209/2)]. 

MÉTHODE  DE  M.  nZEAÏÏ.  — ■  Quand,  au  lieu  de  vouloir  mesurer 
l'allongement  d'une  règle,  on  veut  étudier  la  dilatation  linéaire 
d'un  corps  dont  on  ne  possède  que  de  petits  échantillons,  on 
peut  lui  donner  la  forme  d'une  lame  plane  de  quelques  mil- 
limètres d'épaisseur,  et  employer  une  méthode  optique  ima- 
ginée par  M.  Fizeau  ('),  reprise  et  étudiée  avec  le  plus  grand 

(  '  )  FiZBAC,  Annales  de  Chimie  et  Je  Physique,  t\^  série,  t.  II,  p.  i.^3,  et  l.  VIII, 
p.  435;  186/4  et  1866. 


DILATATION  DES  SOLIDES.  85 

soin  par  M.  R.  Benoît  (*).  Cette  méthode  sera  décrite  dans  le 
tome  III  de  cet  Ouvrage;  elle  a  fourni  les  nombres  du  Tableau 
que  nous  reproduisons  à  la  On  du  présent  Chapitre. 

11  ne  faut  pas  oublier,  quand  il  s'agit  de  la  dilatation  des 
corps  non  cristallisés,  que  les  propriétés  physiques  d'une 
même  substance  solide,  d'un  métal  par  exemple,  sont  émi- 
nemment variables,  suivant  les  actions  physiques  ou  mécani- 
ques auxquelles  elle  a  été  soumise;  par  suite,  les  nombres  que 
l'on  donne  pour  exprimer  leurs  dilatations  ne  se  rapportent 
qu'aux  échantillons  particuliers  qui  ont  servi  à  les  déterminer, 
et  ne  sont  reproduits  ici  qu'à  titre  de  renseignements  approxi- 
matifs. Quand  on  aura  besoin  de  connaître  très  exactement  la 
dilatation  linéaire  d'un  certain  échantillon  d'une  substance,  il 
sera  nécessaire  de  la  déterminer  directement. 

SILâTATIOH  DES  CBISTAUZ.  —  Les  corps  isotropes  se  dilatent 
également  dans  toutes  les  directions,  et  leur  dilatation  cubique 
est  exprimée  numériquement  par  un  nombre  triple  de  celui 
qui  se  rapporte  à  leur  dilatation  linéaire.  En  général,  cette  re- 
lation n'est  pas  applicable  aux  corps  cristallisés  (^). 

On  sait  qu'un  cristal  présente  dans  toutes  ses  propriétés 
physiques  une  véritable  symétrie  par  rapport  à  trois  axes  rec- 
tangulaires que  l'on  nomme  axes  d'élasticité.  Ceux-ci  coïnci- 
dent avec  les  axes   cristallographiques  dans  le  système  du 
cube,  dans  celui  des  prismes  droits  à  base  carrée  ou  rectangu- 
laire, et  dans  le  système  du  rhomboèdre  ;  mais  il  n'y  a  pas  de 
relation  géométrique  simple  pour  définir  leur  situation  dans 
les  systèmes  à  axes  obliques  :  on  détermine  alors  expérimen- 

{')  R.  BbxoIt,  Études  sur  V appareil  de  M.  FizeaUy  pour  la  mesure  des  dila- 
f^ionSf  appartenant  au  Bureau  international  des  Poids  et  Mesures  (  Travaux  et 
^imoiret  du  Bureau  international  des  Poids  et  MesureSy  t.  I,  !'•  Partie,  1881). 

(')  C'est  ce  que  Mitscherlicb  a  obsenré  le  premier  {Annales  de  Chimie  et  de 
^^jtique,  2«  iérie,  t.  XXV,  p.  108,  et  t.  XXXII,  p.i4;  i8i4  et  1826).  Son  pro- 
^é  d'obftervaUoa  consistait  à  observer  la  variation  qu*éprouvent,  par  l'éléya- 
^  de  la  température,  les  angles  dièdres  des  cristaux.  Il  détermina  aussi,  en 
coBiDiin  avec  Dulong  et  par  la  méthode  du  thermomètre  à  poids,  la  dilatation 
^<>biqoe  d'un  certain  nombre  de  corps  cristallisés  {Ânn.  de  Pogg,^  t.  XLI 
'^37;.  _  Pfaff  (^/i«.  de  Pogg.,  t.  CIV  et  CVIl;  i858-i86o)  a  aussi  exécuté  des 
iBetiiref  relatÎTement  à  la  dilatation  des  cristaux,  et  signalé  ce  fait  que  le  spath 
^1  le  béryl  se  contractent  transversalement  quand  on  élève  leur  température. 


:  riLATATIONS. 

--    --  propriétés  optique?  de-r- 

..-:  ;.  iJ  principales  les  dilatations: 

-    .    li/e-.'iion  (les  axes  d'élasticité. 

•.    :-:•<  valeurs  différentes  a,  S,  /. 

■    déduit  sans  peine  la  dilata- 

:•  ••;oiii|ue  faisant  avec  les  axe< 

'^    ??^i  un  cube  dont  les  arêtes 

V.  «^B,()(]  coïncident  avec  les  axes 

'.istioité,  et  ont,  à  zéro,  la  lon- 

^••e  ir  I.  Par  l'effet  de  la  dilatation, 

-'S  arêtes  deviennent   respeciive- 

•  i.Tîi  I  —  a,  I  --  ^,  I  ~  y,  et  le  cube 

-;'  transforme  en  un  parallélépipède 

►v;tangle.  Toute  droite,  telle  que 

M»,  joignant  le  point  0  à  un  point  de 

..  Lue  su|>érieure  du  cube,  change 

;..»  longueur  et  de  direction. 

!VMOnt  ./',  >•,  z  les  coordonnées 

.     rvite;  o,  6',  6"  les  angles  quelle 

X  ^.  .iolastieilé  O^',  (b%  Oz{  fi  g,  28). 

-  ,-.  ordi»nnéeî>  deviennent  x(i-r- a"», 


y   y\^_    3j         z    ZK\   -y\ 

y  i)h    Oiv  "      oi)  ~  Orr~* 

..  ..„•.  .  v.ne  lame  taillée  dans  le  cristal 
,  t  .  ■.  v^n  mesure  l'épaisseur  avant  et 
^.,     .c.ru\  qui  était  un  parallélépipède 

^,^,4-.-.;vxlo  oblique,  et  la  quantité  dont 
,    ,'xi  unijours  mesurée  dans  la  direc- 


DILATATION  DES  SOLIDES.  87 

La  dilatation  rapportée  à  Tunité  de  longueur 

OD'cos(OD,OD')— OD 


D  = 


OD 


= — =-=-^ ^ —  =  a  cos«o  -+-  3  cos'i'-i-  y  co8*o'. 

A  Taide  de  cette  dernière  formule  on  peut  déduire  a,  p  et  y 
de  trois  mesures  de  la  dilatation,  efTectuées  dans  des  direc- 
tions quelconques,  déterminées  par  les  angles  i,  i',  i",  qu'elles 
font  avec  les  axes  d'élasticité.  On  obtiendra  le  coefficient  de 
dilatation  cubique  en  observant  que  le  volume  dilaté  du  cube 

OABC  est 

I  -+-  C  =  (i  4-  «)  (1 4-  (3)  (n-  y), 

d'où,  en  ne  conservant  que  les  quantités  du  premier  ordre, 

C  =  a  -+-  (3  -+-  y. 
Pour  les  corps  cristallisés  dans  le  système  cubique,  on  a 

azrz'^zz^y      et     C'=3«, 

comme  pour  les  corps  non  cristallisés.  Le  système  du  prisme 

droit  à  base  carrée  et  celui  du  rhomboèdre  sont  caractérisés 

par  les  relations 

(3  =  y,     C''=a-+-2(3. 

On  évaluerait  le  coefficient  de  dilatation  cubique  à  l'aide 
d'une  seule  mesure,  si  Ton  opérait  dans  la  direction  de  l'inter- 
section des  plans  bissecteurs  des  dièdres  compris  entre  les  axes 
d'élasticité.  Pour  celte  direction  on  a  en  effet 

cos^d  =  cosî»d'  =  cos2d''=i     et    D=?^-^tA±l. 

Les  expériences  de  M.  Fizeau  ont  été  réalisées  pour  trois 

températures  équidistantes  :  10%  40®  et  70"*;  les  résultats  qui 

se  rapportent  à  un  même  corps,  à  ces  trois  températures,  ont 

ser\'i  à  calculer  les  coefficients  de  formules  de  dilatation  à  deux 

termes,  telles  que 

az=a-\-a\t'-  4o), 

C=c-^  C(/— 4o); 


K8  TIIERMOMÉTRIE.   -  DILATATIONS. 

/  <»Ht  lu  demi-somme  des  températures  entre  lesquelles  on  veut 
ruirulnr  le  coefficient  moyen  a  ou  C. 

SiuiH  doute,  on  ne  peut  tirer  des  inductions  trop  absolues  de 
fiM'inuloH  empiriques  fondées  sur  un  si  petit  nombre  de  déter- 
iiiliiutlonH  expérimentales;  mais  les  conséquences  des  expé- 
ritMires  de  M.  Fizcau  n'en  sont  pas  moins  intéressantes  etcu- 
l'itMiHeH  h  étudier. 

l/énieraude,  appartenant  au  système  du  prisme  hexagonal, 
diuMie  dans  le  sens  de  Taxe 

jK        0,00000106 -h  0,00000001 14(/-- 4°)? 

piiur  loH  températures  entre  lesquelles  les  observations  ont  été 
tiffoi'luéeH,  âc  est  négatif,  c'est-à-dire  que  Témeraude  se  con- 
Initie  dauH  le  sens  de  Taxe;  normalement  à  Taxe,  on  a 

(5      0,00000137  -H  0,00000001 33 (/ —  4^); 

il  .N  a  (lilatatit)n.  On  a  enfin 

(1"      XI    1,3  "  0,00000168  4- o,oooocoo38o(^ — ^o). 

I.a  dilatation  cubi(|uc  serait,  d'après  cette  formule,  positive  au- 
dessus  de  4"»^>  négative  au-dessous;  à  —  4*^>^»  Fémeraude 
présenterait  un  maximum  de  densité.  Bien  que  cette  tempéra- 
ture soit  en  dehors  des  limites  des  observations  effectuées, 
elle  ne  s'en  éloigne  pas  assez  pour  que  l'existence  de  ce  maxi- 
mum de  densité  puisse  paraître  douteuse  :  il  est  bien  certain, 
tout  au  nu)lns,  que  la  dilatation  cubique  de  l'émeraude  est 
In^r»  faillie  à  la  température  de  lo^ 

l,e  diamant  et  le  proioxyde  de  cuivre,  appartenant  l'un  et 
l'iiuli'!*  au  système  régulier,  ont  pour  coefficient  de  dilatation 
('ulili|ue  : 

hitiiiiiuil C':::  3a  =  o,ooooo354  -4- 0,0000000432  (/  — 40) 

IM'uliu)  ilo  ilo  fuivro. .     C—  0,00000279  -f-  o,ooooooo63o  (r  —  40) 

Ils  présenteraient  un  maximum  de  densité,  le  diamant  à  —  4^'*>3, 
le  pruioxyde  de  cuivre  à  --  4% 3- 


DILATATlOiN  DES  SOLIDES.  89 

L'iodure  d'argent  (*)  est  le  seul  corps  qui  ait  fourni  à 
M.  Fizeau  un  coefOcient  de  dilatation  cubique  négatif,  entre 
10»  6170".  Ce  coefficient  est  représenté  par  une  formule  quî 
donnerait  un  changement  de  signe  pour  ^  =  —  60®.  A  cette 
température,  Tiodure  d'argent  présenterait  un  minimum  de 
densité.  L'iodure. d'argent  fondu  présente  aussi  un  coefficient 
de  dilatation  cubique  négatif  (^). 


(')  Fizeau,  Comptes  rendus  de  V Académie  des  Sciences,  t.  LXIV,  p.  3i/|  61771; 
1867. 

(')  Les  singulières  propriétés  de  cette  substance  ife  paraissent  pas  être  sans 
relation  avec  les  cbang^ements  allotropiques  dont  elle  est  susceptible.  D'après 
N.Eodwell  {Philosophical  TransaciionSy  3*  Partie;  1882),  le  coefficient  moyen 
de  dilatation  cubique  de  l'iodure  d'argent  aux  diverses  températures  serait 

o               o 
De      o      à     70 —  0,00000417  Fizeau. 

70  1^2 -    0,00001749 

i/|2  i48 — o,oooi6363 

148  i5i,3 — 0,00.420000 

i5i,3  i53 —0,00120000  )  Kodweli. 

i53  i56,5 —  o,ooo3oooo 

i56,5  !63 -+-0,00000000 

i63  527 -4-0,00006921 

Les iodures  doubles  PbPjAjjI;  CuT'',  Agi,  etc.,  présentent  des  bizarreries  ana- 
logues. D'après  MM.  Bellati  et  Romanese  (  Nnot-o  Cimento,  5"  série,  t.  XIV,  i883, 
tl  Journal  de  Physique,  2*  série,  t.  III,  p.  56 1),  qui  ont  étudié  la  chaleur  spéci- 
fique des  mêmes  corps,  les  variations  rapides  de  volume  comme  celle  que  pré- 

foite  l'iodure  d'argent  vers  i63''  sont  liées  à  une  absorption  considérable  de 

eJuiJeur  latente. 


90 


THERMOMÉTRIE.  -  DILATATIONS. 


Coefficients  de  dilatation  linéaire  des  corps  solides  (*). 


MOUS  DE»  SUBSTANCES. 


COEFFICIENTS. 


NOMS    DES    ftOBSTANCIf. 


COEFFianiTS. 


Suifanl  Lavoiiter  et  Laptace. 


Klint-glass  anglais  ... 
Verre  de  France  avec 

plomb 

Tube  de    verre     sans 

plomb 

Verre  deSaint^Gobain. 
Acier  non  trempé.... 
Acier   trempé    jaune, 

recuit  à  65* 

Ker  doux  forgé 

Fer  rond   panne    a    la 

Olière 


.0,000008116 

o, 000008-;  19 

o , 000008969 
0,000008908 
0,000010^92 

0,00001339.') 

0,00001  23o'| 

0,00001 2 35o 


Or  de  départ .■ 

Or  n'cuil  (titre de  Pa- 
ris)     

Or  non  recuit 

Cuivre '. . . . 

Laiton 

Argcnt(titre  de  Paris). 
Argent  de  coupelle.. 
Étaln  de  Malacca.. . . 
Élain  de  Falmouth. . 
Plomb 


0,000014660 

o,oooot5i3S 
o,oouoiS5i5 
0,000017176 
0,000018783 
O1O00019086 
0,000019097 
0,000019376 
0,000021799 
0,000028433 


Tubes  de  verre  blanc. 
Verge  pleine        id.. 
Cuivre  jaune    anglaib 
en  barre 


Suifttnl  Ramsflcn . 
OjOoooo-^.'ïj  j    Cuivre  jaune  deHam» 


o , 000008083 


o,ooooi8S5o 
0,000011100 

0,000018930  II  Acier j   0,00001  i^^S 

Suivant  fiordn 


Cuivre  rougo 1    o, 00001 78'|0  ';  Platine 

Fer !  o,  ooooi  i56o  ;; 


I 


o,ooooo8565 


Suivant  Dulong  et  Petit, 


Cuivre  rouge. . 

Fer 

Platine 

Règle  de  verre, 


Z<'ro  a  100*. 
0,000017182 

0,00001 1831 
0,000008812 
0,00000861 3 


Zrro  à  900*. 
0,00001 883 2 
0,00001 '|(>81 
0,000009183 
0,000010108 


Zéro  à  SOO*. 
// 

0,000009226 


(')  Voir^  pour  les  résultats  obtenus  par  divers  expérimentateurs,  Annuaire 
du  Bureau  des  I^ngitudei  pour  i885,  p.  70J  et  suivantes. 


DILATATION  DES  SOLIDES.  91 

Coefficients  de  dilatation  linéaire  des  corps  solides, 

d'après  M.  Fizeau  (  *  ), 

a=ra-h  a'{t—  4o). 

Valeurs  de 

a  (coefflcienl 
Sul»i«lance.<.  de  dilatation  a  40*1.  a'. 

0 

Carbone 0,000001 18  -i- 0,0000000 144* 

Charbon  des  cornues  à  gaz o54o  01 10* 

Graphite  (de  Batongol) 0786  oioi* 

Anthracite  (de  Pensylvanie) 2078  — 0,000000081 5 

Houille  de  Charleroi 2782  -+■  0295 

Silicium  cristallisé 0276  0146 

Soofre  (de  Sicile),  dilatation  moyenne 
suivant  la  droite  qui  fait  avec  les 

axes  des  angles  égaux 6418  3348 

Sélénium  fondu 368o  1 1 15 

Tellure  fondu 1675  0075 

Arsenic  (sublimé). 0963  0281 

I^lladium  (forgé,  recuit') 1 176  oi32* 

Haiine  fondu 0905  0106* 

Plstine-iridium  (fondu;  Ir,  0,08),  mé- 
tal du  trépied  à  vis  employé  pour  la 

mesure  des  dilatations' 0882  0076* 

Or  (fondu) 1 443  oo83* 

Argent  (fondu) 1921  0147* 

».  i  natif  (du  lac  Supérieur).  1600  oi83* 

Cuivre  rouge  \  ,  *  ^\^ 

^    (  des  arts 1678  o2o5* 

Cuivre   jaune  (Gu,  71, 5;  Zn,   27,7; 

Sn,  o,3;  Pb,  0,5) 1859  0196* 

Bronze (Cu,  86,3;  Sn,  9,7;  Zn,  4,0;. .  1782  0204* 

/  doux  des  arts iviio  oi85* 

Fer  î  réduit  par  Thydr.  et  comprime.  1188  2o5* 

'  météorique  (de  Caille) 1095  175* 

1  fondu  (français)  trempé i322  399 

»            »          recuit iioi  124* 

fondu  (anglais)  recuit 1095  i52* 

(')  Extrait  du  Tableau  publié  dans  V Annuaire  du  Bureau  det  Longitudes 
pour  i885,  P'  7i3  et  suivantes.  Dans  la  colonne  n'y  les  nombres  marqués  d'un 
ftstérique  sont  ceux  dont  la  détermination  a  paru  la  plus  certaine. 

Le  coefficient  moyen  a  entre  les  températures  6'  et  6"  se  calcule  en  donnant 

a  r  la  Taleur . 

2 


TIIEBMOMÉTKIE.   —  DILATATIONS. 


Fonte  de  for  (grise) 

ItJsmuth  cristallisé  (rhom- 
boèdre de  87"4o'> 

AntJmoiiiâ  crigtalli3é(rli<fin- 
boëdro  de  rij'B') 

i'Ioiiit.     foiidu) 

Aluminium  (  fondu  ) 

Glaco  de  Saint-Gobatn 

Oxyde d'étain  f  cassitérite)-. 


Quartz 

rorindon . 


E-'or  oligisto 

Pyrite  mugiii^liquc. . 
Spath  d'Islande 


Arago"''" 

loduro  d'argent  trislallisi^ . . 

lodure  d'art;eiil  fondu 

Topaze  )>lanchc  fde  l'Austra- 
lio) 

Tourmaline  verte  du  firésii.. 

Êmcraude  (béryl) 


Feldspath  (orlhoso  du  Sainl- 
Goihard) 


Gypse  (for do  lance)  de  Mont- 
martre  


169a 
088a 

a3i} 
0777 
0Î91 
o3ai 
0781 


oa35 

864 

3iao 

—  i65 

a63i 

*   160 

o5io 

087 

3j6o 

337 

'719 

368 

1016 

064 

OÎ97 

-4a7 

006S 

-H  i38 

0.39 

-  140' 

059a 

183 

o4Hj 

■53 

o-i'i 

168 

0905 

3m 

0379 

183 

0106 

'14 

0137 

i33 

oao3 

laS 

1905 

106 

oi5i 

146 

4i63 

936 

OI'.? 

109 

3933 

343 

DILATATION  DES  SOLIDES.  93 


CHAPITRE  IV. 

DILATATION    DES   GAZ. 

Historiqae.  —  Expériences  de  Gay-Lussac.  —  Lois  qui  en  résultent.  — 
Formules  exprimant  la  relation  entre  le  volume,  la  pression  et  la  tem- 
pérature d*un  gaz.  —  Dilatations  sous  pression  constante  et  à  volume 
constant.  —  Expériences  de  Regnault.  —  Comparaison  des  résultats 
obtenus.  —  Dilatation  des  différents  gaz.  —  Dilatation  sous  des  pres- 
sions différentes. 


HISTOBiatnS.  —  EXPÉRIENCES  DE  6AT-LÏÏSSAG.  —  Un  très  grand 
nombre  de  physiciens,  parmi  lesquels  il  faut  citer  Hawksbee  (*), 
Amontons(^),  Lambert  (3),  de  Luc  (M  etDalton  (s),  ont  me- 
suré la  dilatation  de  Tair  entre  o®  et  ioo«.  Les  résultats  qu'ils 
ont  obtenus  ne  sont  ni  assez  concordants  ni  assez  exacts  pour 
qu'on  doive  s'y  arrêter.  A  l'époque  où  ces  expériences  étaient 
faites,  on  ignorait  complètement  l'art  de  dessécher  les  gaz,  et 
nous  ne  devons  pas  nous  étonner  de  rimperfeciion  de  ces 
premiers  essais. 

Gay-Lussac  («)  reprit  ensuite  la  question;  et,  comme  son 
travail  fit  autorité  pendant  longtemps,  nous  croyons  utile  de 
décrire  et  de  discuter  ses  expériences.  Il  exécuta  un  premier 
travail,  en  opérant  comme  ses  devanciers  sur  des  gaz  qu'il  ne 


(  '  )  Hawksbee,  Transactions  philosophiques ^  p.  9.3;  1708. 

(*)  Amo.^toms,  3Iémoires  de  l'Académie^  1G99  et  1772. 

'*)  Lambert,  Pjromélriet  p.  12;  Berlin,  1709. 

(*^    De  Lcc,  Recherches  sur  les  modijications  de  l'atmosphl-r^^  l.  IV,  Chap.  Ul. 

(*)  Dalto:«,  Mémoires  de  la  Société  de  Manchester  et  Annales  de  Gilbert  y 
t.  XII,  p.  3i3. 

f  •>  GAT-Lc89iC,  Annales  de  Chimie  et  de  Physique^i'^  série,  t.  XLIII,  p.  i3;; 
voir  aus&i  Physique  de  Biol,  t.  !•',  p.  182.  Pour  toutes  les  ol>servations  anté- 
rieures à  Gay-Lussac,  on  peut  consulter  le  Dictionnaire  de  P/yj/ywrr  de  Geh- 
ler,  t.  !*■',  article  Ausdehnungy  ou  les  Annales  du  Gilbert^  t.  XXH,  p.  267. 

f 


94  THEKMOMÉTRIE.  —  DILATATIONS, 

desséchait  pas;  il  trouva  les  dilatations  totales  suivantes  entre 


G*'  et  ioo«  : 

Air. 

Oxygèno. 

Az<ito. 

Hydrogèoo 

0,375 

0,3748 

0,^7^9 

G, 3752 

Fîg.   39. 


Bientôt  après,  craignant  avec  raison  que  Thumidité  qu*ils 
contenaient  n'eût  altéré  la  dilatation  de  ces  gaz,  Gay-Lussac 
fit  une  étude  spéciale  de  Tair  sec  par  le  procédé  suivant.  Il 

prépara  un  tube  thermométrique  en  verre  com- 
posé d'un  réservoir  sphérique  et  d'une  tige  longue, 
fine,  bien  calibrée  et  divisée  en  parties  égales 
dans  toute  son  étendue;  il  l'emplit  de  mercure 
qu'il  fît  bouillir,  ce  qui  chassa  l'air  et  Thumidité, 
et  il  pesa  séparément  le  mercure  contenu  dans 
la  tige  et  celui  qui  emplissait  le  réservoir,  ce 
qui  lui  permit  de  calculer  le  rapport  de  la  capa* 
cité  d'une  division  a  celle  de  la  boule,  comme 
nous  l'avons  fait  précédemment. 

Pour  introduire  ensuite  de  l'air  sec  dans  cet 
appareil  (fig.  ^19),  on  ajustait  à  l'extrémité  B  un 
tube  C  plein  de  chlorure  de  calcium,  on  renver- 
sait le  tout  et  l'on  faisait  tomber  le  mercure  en 
introduisant  et  en  agitant  un  fîl  de  platine  dans  la 
tige  AB.  A  mesure  que  le  mercure  sortait,  il  était 
remplacé  par  de  l'air,  et  comme  ce  gaz  avait  sé- 
journé dans  le  tube  C,  on  admit  qu'il  s'y  était 
entièrement  desséché.  A  la  fîn  de  l'opération  on 
laissait  dans  la  tige  une  petite  colonne  de  mer- 
cure qui  devait  servir  d'index  et  de  bouchon  mo- 
bile pour  séparer  de  Taimosphère  le   gaz  emprisonné  dans 

l'appareil. 

Ainsi  préparé,  le  tube  AB  fut  introduit  horizontalement  dans 
une  caisse  en  fer-blanc  qui  reposait  sur  un  fourneau  (fig.  3o); 
on  la  remplissait  d'abord  de  glace  et  on  réchauffait  ensuite. 
Des  thermomètres  C  et  D  faisaient  connaître  la  température, 
et  des  agitateurs  la  rendaient  uniforme;  à  mesure  qu'elle  s'éle- 
vait, le  gaz  se  dilatait,  l'index  a  s'avançait,  et  en  notant  ses 
positions,  d'abord  à  zéro,  ensuite  à  des  températures  de  plus 


DILATATION  DES  SOLIDES. 


9i 


en  plus  élevées,  on  connaissait  )es  volumes  apparents  de  l'air. 
On  fit  ensuite  une  série  de  mesures  en  laissant  la  caisse  se  re- 
Troidir,  et,  tous  les  résultats  étant  corrigés  de  la  dilatation  du 
verre  et  des  variations  de  pression,  Gay-Lussac  retrouva  pour 


la  dilatation  de  l'air  sec  le  nombre  0,375,  qu'il  avait  déjà  ob- 
tenu pour  l'air  humide.  Il  admit  alors  que  la  présence  de  la 
vapeur  d'eau  n'avait  point  d'influence  et  que  ses  premières 
expériences  étaient  exactes  aUssi  bien  pour  les  autres  gaz  que 
pour  l'air. 

D'autre  part,  et  avant  Goy-Lussac,Dav}'(<)  avait  Tait  quelques 
expériences  sur  l'air  comprimé  et  raréfié,  et  il  avait  annoncé 
que  la  dilatation  reste  constante  entre  les  mêmes  limites  de 
température,  quelle  que  soit  la  pression  du  gaz.  Dès  lors,  pour 
résumer  les  expériences  de  Davj  et  les  siennes,  Gay-Lussac 
énonça  les  trois  lois  suivantes  qui  portent  son  nom  : 

1°  Tous  les  gaz  se  dilatent  également; 

2°  Leur  dilatation  est  indépendante  de  la  pression; 

3"  La  dilatation  commune  de  tous  les  gaz  est  de  o,3;5  entre 


Depuis  ces  travaux,  plusieurs  physiciens  Turent  ramenés  à  la 


96  THERMOMÉTRIE.   -  DILATATIONS. 

même  élude.  Dulong  el  Petit  (*)  d'abord  s'en  occupèrent  in- 
directement par  une  méthode  nouvelle.  Voulant  comparer  à  de 
hautes  températures  la  marche  des  thermomètres  à  air  et  à 
mercure,  ils  mesuraient  la  dilatation  totale  At  et  la  divisaient 
par  le  coefficient  de  dilatation  moyen  o,oo?75.  Le  quotient  ob- 
tenu exprimait  la  température  du  thermomètre  à  air,  et  ils  la 
comparaient  à  celle  que  le  thermomètre  à  mercure  marquait 
dans  la  même  enceinte.  On  voit  que  ces  physiciens  n'avaient 
pas  l'intention,  comme  ils  le  disent  eux-mêmes,  de  mesurer 
de  nouveau  le  coefficient  de  l'air  sur  la  valeur  duquel  ils  ne 
conservaient  aucun  doute;  ils  admettaient  le  nombre  0,375 
pour  la  dilatation  totale  de  l'air  de  o""  à  100%  mais,  tout  en  l'ad- 
mettant, ils  disent  formellement  qu'ils  l'ont  vérifié  et  retrouvé. 
(Cependant,  comme  ils  ne  citent  aucun  nombre  qui  leur  soit 
propre,  on  peut  penser  que  cette  vérification,  qui  ne  leur  in- 
spirait aucun  intérêt,  puisqu'ils  étaient  convaincus  d*avance, 
leur  parut  sans  importance  et  ne  les  arrêta  pas  longtemps. 

Enfin  Pouillet  (')  revint  au  même  sujet  et  imagina,  sous  le 
nom  ^Q  pyromètre  à  air,  un  appareil  propre  à  mesurer  la  dila- 
tation de  l'air.  Les  expériences  qu'il  exécuta  lui  donnèrent  une 
dilatation  moindre  que  0,375,-  mais  il  n'en  fit  connaître  le  ré- 
sultat que  longtemps  après,  et  ses  travaux  ne  parurent  point 
d'abord  avoir  contredit  les  recherches  précédentes. 

Après  de  si  nombreux  travaux,  les  lois  de  Gay-Lussac  purent 
être  el  furent  en  eiîel  considérées  comme  irrévocablement  éta- 
blies, el  les  physiciens,  croyant  en  même  temps  à  l'exactitude 
parfaite  de  la  loi  de  Mariolte,  furent  conduits  à  penser  que  tous 
les  gaz  ont  des  propriétés  physiques  identiques.  Celle  croyance, 
qui  était  trop  absolue,  comme  nous  le  verrons  bientôt,  fut  par- 
tagée par  loui  le  monde,  adoptée  en  principe  el  considérée 
comme  le  fondement  de  toutes  les  conceptions  théoriques  que 
l'on  imagina  sur  la  constitution  des  gaz.  Mais,  pendant  que  ces 
idées  régnaient,  Rudberg  (')  fit  entrer  tout  à  coup  la  question 


(')  DuLu:<u  cl  Petit,  Annules  de  Chimie  et  de  Physique,  2*  série,  t.  UI,  p.  2.^4 
181O. 
(')  Pouillet,  Traité  de  Physique^  'j*  éd.,  t.  If%  p.  253. 
(^)  Rudberg,  Ann.  de  Poggendorff,  l.  XLI  el  XLIV;  i836  eli837. 


DILATATION  DES  GAZ.  97 

dans  une  phase  nouvelle  en  contestant  Texactitude  des  expé- 
riences  précédentes. 

Si,  en  effet,  on  discute  attentivement  rappareil  de  Gay-Lus- 
sac,  on  y  découvre  plusieurs  causes  d'erreur.  Il  est  à  peu  près 
certain  que  Tair  dont  on  le  remplissait  n'était  pas  absolument 
desséché,  et  que,  l'index  de  mercure  n'adhérant  point  au  tube, 
puisque  ce  métal  ne  mouille  pas  le  verre,  il  y  avait  entre  sa 
surface  et  celle  du  tube  une  gaine  d'air  interposée  à  travers 
laquelle  un  peu  de  gaz  devait  s'échapper  de  l'appareil  ou  y  ren- 
trer, suivant  qu'il  y  avait  un  excès  de  pression  à  l'intérieur  ou 
à  rexlérieur.  C'est  ce  que  Regnault  (*)  a  directement  prouvé. 
Ces  causes  d'erreur  ayant  dû  nécessairement  avoir  leur  effet, 
il  devenait  indispensable  de  recommencer  les  expériences  de 
Gay-Lussac  en  mettant  à  profit  les  appareils  plus  précis  que 
Ton  avait  inventés,  en  utilisant  surtout  les  procédés  de  des- 
siccation nouveaux  que  Ton  avait  découverts.  C'est  là  ce  que 
fit  Rudberg. 

Le  grand  progrès  que  l'on  doit  à  ce  physicien  ne  vient  pas 
des  appareils  dont  il  se  servit  :  c'étaient  ceux  de  Dulong  et  de 
Feuillet;  il  résulte  presque  exclusivement  du  soin  minutieux 
avec  lequel  l'appareil  thermométrique  était  desséché.  £n  gé- 
néral, Rudberg  le  mettait  en  rapport  avec  une  machine  pneu- 
matique, le  chauffait  à  100°,  le  vidait,  y  laissait  entrer  de 
Tair  sec  et  recommençait  celte  opération  cinquante  à  soixante 
fois  avant  d'admettre  que  le  gaz  fût  suffisamment  dessé- 
ché; après  cela  il  mesura  la  dilatation,  et  il  la  trouva  égale 
à  0,3646. 

Pour  expliquer  une  aussi  grande  différence  entre  ses  me- 
sures et  celles  de  Gay-Lussac,  Rudberg  étudia  l'air  sans  le  des- 
sécher, et  sa  dilatation  fut  égale  à  o,384  dans  une  première 
épreuve  et  à  0,390  dans  une  seconde  expérience.  On  vit  alors 
clairement  qu'il  y  avait  dans  tous  les  travaux  précédents  une 
cause  d'erreur  commune  et  très  grave.  On  reconnut  que  l'inté- 
rieure du  vase  était  recouvert  à  zéro  d'une  couche  d'humidiié 
qui  passait  à  l'état  de  vapeur  quand  on  chauffait  à  100'',  et  que  la 

('  )  REC5AIILT,  Relation  des  expériences j  etc.,  t.  I,  p.  i,  et  Mémoires  de  V A- 
cadêimie^  t.  XXl. 

J.,  Chaleur,  —  11.  \**  fasc.  •: 


cj8  THERMOMÉTRIE.  —  DILATATIONS. 

dilatation  du  gaz  s*aiigmentait  de  l'expansion  de  cette  vapeur. 
Cela  étant  démontré,  Magnus  (*]  en  Allemagne  et  Regnault  en 
France  continuèrent,  en  i84 1  >  la  revision  commencée  par  Rud- 
berg.  Nous  altOns  résumer  les  travaux  de  Regnault,  qui  sont 
les  plus  complets. 

FORMULES  EZPRIKAHT  LA  RELATIOIT  EHTBE  LE  VOLUME,  LA  PBE8- 
SIOH  ET  LA  TEMPÉRATURE  D'UR  GAZ.  —  Deux  causes  peuvent 
faire  varier  le  volume  d'un  corps  :  le  changement  de  la  pres- 
sion, qu'il  supporte  et  le  changement  de  sa  température.  La 
deuxième  de  ces  causes  est  en  quelque  sorte 'la  Seule  à  con- 
sidérer pratiquement  dans  le  cas  des  solides  et  des  liquides, 
dont  la  compressibillté  est  excessivement  faible;  mais  les 
deux  causes  produisent,  dans  le  cas  des  gaz,  des  effets  du 
même  ordre  de  grandeur  et  qu'il  convient  de  considérer  sé- 
parément. 

La  compressibilité  d'un  gaz  dont  la  température  est  main- 
tenue invariable  est  régie  par  la  loi  de  Mariotte.  Nous  avons 
vu  que  cette  loi  ne  s'applique  à  aucun  gaz  d'une  manière  ab- 
solument rigoureuse,  mais  que,  pour  les  gaz  j)ermanents  et 
pour  des  pressions  voisines  de  la  pression  atmosphérique,  elle 
s'approche  beaucoup  d'être  vraie.  * 

On  peut  admettre  aussi  que  la  dilatation  d'un  gaz  permanent 
dont  la  pression  demeure  constante  et  dont  la  température 
change  est  régie  par  la  loi  de  Gay-Lussac,  tout  au  moins  dans 
un  intervalle  de  température  peu  étendu.  Il  résulte  de  là  une 
relation  générale  entre  la  pression,  le  volume  et  la  tempéra- 
ture d'une  même  masse  de  gaz. 

Soient,  en  effet,  Vy  p,  t,  v\  //,  /'  deux  systèmes  de  valeurs 
des  trois  éléments  caractéristiques;  d'après  la  loi  de  Gay-Lus- 
sac, les  volumes  du  gaz  à  zéro  sous  les  pressions  H  et  H'  sont 

respectivement  — —   ,  -    — ^-;  et,  d'après  la  loi  de  Mariotte, 


(')  Mauni'S,  Aiin,  de  Poggendorff,  t.  LVj  Comptes  rendus  de  V Académie  des 
Sciences,  t.  XXII,  p.  G6i,  et  aussi  Annales  de  Chimie  et  de  Phjrsique,  3*  scrU». 
l.  VI,  p.  33oî  1842. 


DILATATION  DES  GAZ.  9, 

on  a  entre  ces  volumes  el  les  pressions  correspondantes  la 
relation  ♦ 

c'est-à-dire  que  Ton  a  entre  <%  /?  et  /  la  relation 
(i)  — ^=:consi. 

Cette  relation  (i)  serait  rigoureusement  exacte  si  les  lois  de 
Mariotte  et  de^Gay-Lussac  étaient  absolument  vraies.  Mais  si, 
comme  les  expériences  les  plus  précises  Tont  démontré,  ces 
lois  ne  soiit  que  très  approchées^  même  pour  les  gaz  perma- 
nentSy  la  relation  (i)  n'est  elle-même  qu'approchée  et  ne  peut 
plus  être  admise  pour  de  larges  variations  de  la  température  et 
de  la  pression  :  il  faut,  dans  ce  cas,  substituer  à  la  relation  (i) 
une  relation  plus  complexe 

(2)  ¥{\\p,t)=^o, 

sur  laquelle  nous  ne  savons  absolument  rien  a  priori.  Pour 
étudier  la  maitcKe-de  celte  fonction,  il  faudra  observer  séparé- 
ment la  manière  dont  varie  un  des  trois  éléments  Vyp^  t  quand 
on  fait  varier  les  deux  autres  d'une  manière  indépendante  :  par 
exemple,  mesurer  l'accroissement  de  volume  produit  par  l'élé- 
vation de  température  quand  on  laisse  la  pression  constante, 
et  l'accroissement  de  pression  qui  accompagne  réchauffement 
sous  volume  constant.  Il  est  commode  d'exprimer  les  résul- 
tats de  cette  étude  de  la  manière  suivante. 
Supposons  d'abord /?  constant,  et  posons 

i' 
doù 


(3)  ai 


i'O^ 


ai  est  ce  qu'on  appelle  le  coefficient  moy^en  de  dilatation 
sous  pression  constante  entre  zéro  et  /°.  Si  la  formule  (i) 
était  rigoureusement  exacte,  ai  serait  une  constante;  nous 


loo  THERxMOMÉTRIE.  -  DILATATIONS. 

considérerons  dans  ce  qui  suit  la  quantité  Xi  comme  une  fonc- 
tion de  la  température  et  de  la  pression. 
Supposons  ensuite  r  constant,  et  posons  de  même 


l-Y-  OL^t 


oLi  représente  Taccroissement  de  pression  d'une  masse  de  gaz 
dont  la  pression  initiale  est  i  et  dont  le  volume  demeure  con- 
stanty  quand  la  température  s*élève  de  i^.  On  désigne  cette 
quantité  ai  sous  le  nom  de  coefficient  de  dilatation  à  volume 
constant. 

Si  la  formule  (i)  était  exacte,  on  aurait  at=z  ai.  Cette  égalité 
n*est  pas  rigoureusement  vérifiée,  et  de  plais  ol^  varie  avec  la 
température  et  le  volume  de  Tunité  de  massQ  du  gaz. 

C'est  à  Regnault  que  revient  Fhonneur  d'avoir  établi  le  pre- 
mier les  distinctions  que  nous  venons  de  spécifier.  C'est  aussi 
à  lui  que  sont  dues  les  expériences  les  plus  complètes  dont  la 
dilatation  des  gaz  par  la  chaleur  ait  été  l'objet. 

EZPÉBnaiGES  DE  BEGHAULT  (  *  ).  —  Ces  expériences  ont  été  exé- 
cutées par  plusieurs  méthodes  différentes  (^)  :  nous  en  étudie- 
rons trois.  Dans  la  première,  Regnault,  employant  un  appareil 
imaginé  par  Dulong  et  Petit,  et  qui  avait  aussi  servi  à  Rud- 
berg,  a  voulu  surtout  vérifier  les  résultats  obtenus  par  ses  de- 
vanciers et  fixer  la  valeur  moyenne  du  coefïlcient  de  dilatation 
de  l'air  que  l'on  doit  employer  couramment  dans  les  condi- 
tions où  la  formule  (i)  est  applicable  :  dans  cette  méthode, 
le  volume  et  la  pression  sont  tous  deux  laissés  variables.  La 
deuxième  et  la  troisième  méthode  se  rapportent  à  la  dilatation 
sous  volume  constant  et  à  la  dilatation  sous  pression  con- 
stante. 

(')  Relation  des  expériences  y  etc.,  t.  I,  p.  i  à  i3i,  ou  Mémoires  de  VAcadé^ 
mie,  t.  XXI.  Le  même  Mémoire  a  été  publié  dans  les  Annales  de  Chimie  et  de 
Phjrsique,  3'  série,  t.  V,  p.  5  et  3i,  et  t.  VI,  p.  5i  et  68;  iS^i. 

(')  Regnault  décrit  cinq  séries  d'expériences  faites  avec  des  appareils  dif- 
l'érents. 


DILATATION  DES  GAZ.  ini 

-  L'expérience  se  compose  de  trois  opé- 
rations distinctes  que  nous  allons  décrire  successivement  : 
I.  On  dispose  un  vase  en  verre  ADB  {fig.  3i  )  qui  a  la  fornif 

p 
d'un  thermomètre  a  poids,  et  l'on  détermine  :  i"  sa  capacité  y 

en  pesant  le  poids  P  de  mercure  qu'il  contient  à  zéro  ;  2"  son 


coefficient  de  dilatation  k  par  la  méthode  générale  décrite  prc- 

cédemmenl. 

II.  On  introduit  le  tube  dans  une  éluve  en  laiton,  qui  se 
compose  d'une  chaudière  cylindrique  contenant  de  l'eau,  d'un 
tube  vertical  qui  s'élève  en  son  milieu  et  d'un  autre  tube  plus 
large  E  enveloppant  le  premier  et  formant  autour  de  lui  un 
manchon  qui  empêche  son  rerroidissemeul.  C'est  dans  le  tuyau 
inlérieur  que  l'on  fait  plonger  le  tube  AB,  en  le  fixant  par  un 
bouchon  dans  le  couvercle.  Le  tout  repose  sur  un  fourneau, 
et,  quand  on  chauffe  jusqu'à  faire  bouillir  l'eau,  lu  vapeur 
monte  autour  de  AB,  redescend  dans  le  manchon  en  passant 


loa  THERMOMÉTRIE.  —  DILATATIONS. 

* 

par  les  ouvertures  supérieures  D  el  s'échappe  ensuite  par  un 
orifice  latéral. 

L'extrémité  B  du  tube  thermométrique  est  effilée  en  pointe 
et  ouverte;  on  la  raccorde  par  un  tuyau  de  caoutchouc  avec 
une  série  de  tubes  €n  U  remplis  de  pierre  ponce  calcinée,  im- 
bibée d'acide  sulfurique  concentré,  et  l'on  fait  communiqiier 
le  dernier  de  ces  tubes  avec  une  petite  pompe  à  main  P,  que 
nous  avons  décrite  tome  I.  On  fait  le  vide,  puis  on  laisse  ren- 
trer l'air  el  Ton  recommence  vingt  à  trente  fois  l'opération  en 
mettant  un  peu  d'intervalle  entre  deux  évacuations  consécu- 
tives. A  chaque  fois  il  est  clair  que  l'on  enlève  de  l'air  humide 
pour  laisser  rentrer  de  l'air  sec,  et,  comme  la  chaleur  favorise 
révaporation  de  l'eau  qui  adhère  au  verre,  on  finit  par  enlever 
toute  l'humidité  qu'il  y  avait  dans  Afi. 

Après  la  dernière  rentrée  d'air  sec,  on  détache  le  tube  de 
caoutchouc  du  thermomètre  à  air  et  Ton  ferme  la  pointe  au 
moyen  d'un  chalumeau.  On  a  emprisonné  ainsi  dans  le  tube 
une  certaine  quantité  d'air  sec  qui  est  à  la  pression  H  de  l'at- 
mosphère et  à  la  température  T  de  Tébullition  de  l'eau  sous 
cette  pression.  La  pression  H  est  mesurée  par  le  baromètre  que 
l'on  observe  au  moment  même  ;  la  température  T  est  donnée 

par  des  Tables  que  nous  ferons  connaître,  et  le  volume  de  Tair 

p 

est  égal  à  celui  du  tube  à  T°  ou  à  yr  (i  —  /rT).  En  ramenant  ce 

volume  à  zéro,  c'est-à-dire  en  le  divisant  par  (i4-aT)  et  le 
multipliant  par  H,  on  a  le  premier  membre  de  l'équation  (i), 
qui  doit  être  constant, 

P   i-f/rT 
D   in-aT     • 

m.  Il  faut  ensuite  porter  ce  gaz  à  la  température  de  zéro,  ce 
qui  se  fait  dans  l'appareil  dessiné  {fig.  3^).  Il  repose  sur  une 
base  métallique  d'où  s'élèvent  trois  colonnes  carrées  C,  C  ;  elles 
soutiennent  un  plateau  circulaire  à  rebord,  percé  d'un  trou  en 
son  milieu  et  muni  d'un  tube  de  déversement  D.  Ce  plateau 
donne  appui  lui-même  à  deux  tiges  verticales  reliées  à  leur 
sommet  par  une  traverse  EE.  Aussitôt  que  le  tube  thermomé- 
Irique  est  refroidi,  on  le  transporte  dans  ce  nouvel  appareil. 


DILATATION  DES  GAZ. 


io3 


on  engage  sa  tige  dans  le  irou  du  milieu  où  on  le  mainlîeni 
avec  les  deux  moitiés  d'un  bouciion  percé;  on  le  place  verti- 
calement, le  réservoir  A  en  haut  et  la  lige  B  en  bas;  enfin, 
pour  le  fixer  invariablement,  on  ,1e  -serre  en  A  par  une  vis  à 
extrémité  concave  que  l'on  abaisse,  et  on  le  cale  au-dessus  du 
plateau  par  trois  liges  in- 
clinées F  qui  sont  lerml-  ■''"■  ^■'■ 
nées  par  des  têtes  de  vis 
mobiles.  Ce  genre  de  sup- 
port ne  permel  ni  mouve- 
ments verticaux  ni  dépla- 
cements latéraux. 

Au-dessous  du  plateau 
descend  veriicalemenid'a- 
bord,  puis  se  recourbe  à 
angle  droit,  la  t^e  B  du 
vase  thermométriquedont 
on  a  Terme  rextrémîté.Vis- 
à-vis  de  celte,  extrémité, 
on  voit  une  petite  cuiller 
en  Ter  G,  qui  est  remplie 
de  cire  molle,  qui  se  règle 
par  des  supports  mobiles 
et  peut  glisser  le  long 
d'unecoulissehorizontale  ; 
quand    on    Tera    avancer 

celle   cuiller,  elle  rencontrera  la  pointe,  qui  alors  pénétrera 
dans  la  cire  molle  et  s'y  fixera. 

Les  choses  étant  ainsi  disposées,  on  place  tout  ce  système 
au-dessus  el  autour  d'un  vase  plein  de  mercure  dans  lequel 
plongent  et  la  cuiller  el  le  tube  BG,  Alors,  avec  des  pinces  de 
fer,  on  casse  la  pointe  G,  et  le  mercure  remonte  aussilùt  dans 
la  tige  et  jusque  dans  le  réservoir  A,  puisque  l'air  y  est  re- 
froidi. On  couvre  ensuite  le  plateau  d'un  manction  de  verre 
EE  que  l'on  remplit  de  glace,  el,  après  quelques  minutes  d'ai- 
lente,  le  gaz  ayant  pris  la  température  de  zéro,  on  fait  avancer 
la  cuiller  vers  la  pointe  G  qui  se  ferme  dans  la  cire  molle  où 
on  la  laisse.  Dans  celle  nouvelle  pliase  de   l'expérience,  la 


io4  THERMOMÉTRIE.  —  DILATATIONS. 

même  quanlilé  d'air  est  encore  contenue  dans  le  vase  AB; 
mais  elle  y  est  à  zéro  sous  une  pression  et  avec  un  volume 
moindres  que  précédemment,  et  il  faut  mesurer  ce  volume  et 
cetle  pression.  On  peut  d'ailleurs  enlever  la  glace  et  le  man- 
chon qui  la  contenait;  car,  la  pointe  demeurant  bouchée,  Tair 
se  réchauffe  sans  que  pour  cela  son  volume  augmente  et  que 
le  mercure  descende. 

Pour  que  Ton  puisse  aisément  mesurer  la  pression,  Tappa- 
reil  est  muni  d'une  vis  à  deux  pointes  H  que  Ton  fait  affleurer 
sur  le  niveau  extérieur  du  mercure  et  qui  permet  de  relever  au 
cathétomètre  la  hauteur  totale  h  du  mercure  soulevé  dans  le 
tube.  Si  H'  est  à  ce  moment  la  hauteur  barométrique.  H' ^  A 
est  la  pression  de  Talr  à  zéro.  Pour  avoir  le  volume  de  cet  air, 
on  commence  par  éloigner  la  cuiller  avec  précaution,  et, 
comme  une  petite  quantité  de  cire  a  pénétré  dans  la  pointe  et 
qu'elle  la  maintient  bouchée,  on  peut  sans  danger  enlever  le 
tube.  En  le  portant  dans  la  balance,  on  tcouvé  le  poids  j9  du 

mercure  rentré;  — r- ^  représente  le  volume  occufjé  à  zéro  par 

P  — /? 

l'air  sous  la  pression  H'  —  /i,  et  le  produit  — ^  (H'  —  A),  qui 

doit  être  constant,  est  le  deuxième  membre  de  l'équation  (i); 
en  régalant  au  premier,  que  nous  avons  trouvé  précédem- 
ment, on  détermine  a  par  la  relation 

^LtAI„=^LIl_^(H'_/^). 

I)    I  -+-  a  1  I) 

Quatorze  mesures  très  concordantes  entre  elles  ont  donné  à 
Regnaull  le  nombre  o, 366^3;  il  ne  s'en  est  point  contenté.  11 
y  a  toujours,  en  effet,  des  causes  d'erreurs  inconnues,  même 
dans  les  expériences  les  plus  soignées,  et  il  est  utile  de  modi- 
fier les  appareils,  afin  de  changer  le  sens  et  l'étendue  de  ces 
erreurs;  car  si,  malgré  cette  modification  des  instruments,  les 
résultats  restent  constants,  il  est  probable  que  les  inexactitudes 
soupçonnées  sont  négligeables.  Regnault  changea  donc  le  tube 
à  air;  il  lui  donna  une  capacité  beaucoup  plus  considérable  et 
lui  adapta  une  tige  très  longue.  De  cette  façon,  quand  Tair  se 
contractait  par  le  refroidissement,   le  mercure  s'élevait  très 


DILATATION  DES  GAZ.  io5 

haut  dans  la  tige  et  le  gaz  avait,  à  zéro  et  à  ioo<^,  des  volumes 
sensiblement  égaux,  mais  des  pressions  très  différentes.  Néan- 
moins le  coefficient  fut  trouvé  égala  o, 36633, c'est-à-dire  qu'il 
fut  sensiblement  égal  au  précédent. 

On  remarquera  que  ces  deux  nombres  sont  plus  forts  que 
celui  de  Rudberg.  Regnault  explique  celle  différence  par  une 
observation  qui  avait  échappé  à  Rudberg.  Au  moment  où  Ton 
casse  sous  le  mercure  la  pointe  effilée  du  tube,  une  certaine 
quantité  d*air  provenant  de  la  gaine  gazeuse  qui  enveloppe 
l'extérieur  de  ce  tube  pénètre  à  fintérieur  par  un  effet  de  suc- 
cion et  souvent  divise  la  colonne  de  mercure  en  parties  dis- 
continues. On  conçoit  qu'après  cette  rentrée  anormale  le  vo- 
lume à  zéro  devient  trop  considérable  et  que  la  dilatation 
calculée  se  trouve  trop  faible.  Regnault  évita  celte  cause  d'er- 
reur en  entourant  le  tube  d'un  anneau  de  laiton  amalgamé, 
qui  était  mouillé  par  le  mercure,  ou  en  couvrant  la  surface 
extérieure  de  ce  liquide  avec  une  couche  d'acide  sulfurique. 

SEOXdtnS  MÉTHODE  :  DILATATIOIT  SOUS  VOLUME  GOHSTAHT.— Cet 

élément  a  été  étudié  par  Rudberg,  Magnus  et  Regnault.  Le 

pyroraètre  à  air  de  Rudberg  a  été  perfectionné  par  ces  deux 

derniers  expérimentateurs  et  employé   par  eux   sous  deux 

formes  un  peu  différentes  (  '  ). 

L'appareil  de  Regnault,  lel  que  rÉcoK»  Polytechnique  le 
possède,  se  compose  de  deux  parties  dislincies  ;  une  chau- 
dière ei  un  manomètre  {fig.  33  ). 

La  chaudière  A  est  un  vase  de  lailon  dans  lequel  on  met  de 
I  eau  ou  de  la  glace  :  elle  se  ferme  par  un  couvercle  muni  d'un 
lube  pour  donner  issue  à  la  vapeur;  elle  est  supportée  par  un 
pied  de  fonte  le  long  duquel  elle  peut  être  élevée  ou  abaissée 
ei  fixée  par  une  vis  K;  elle  peut  se  mouvoir  en  outre  dans 


(']  L'appareil  employé  par  Miignus  ne  difréro  de  celui  de  Reijnault  que  par 
'^  procédé  employé  pour  maintenir  constant  le  volume  de  l'air. 

^  l'B*  recourbée  du  pyroraètre  porte  un  trait  de  repère  et  vient  s*engaj;cr 
^ns  une  cuveUe  analogue  à  celle  du  baromètre  de  Fortin,  et  dans  laqucHe  s'cii- 
C^6^  laui  la  branche  ouverte  du  tube  manomctriquo.  On  maintient  le  volume 
^^  l'air  constant  dans  le  pyroraètre  en  refoulant  du  mercure  dans  les  deu\ 
tiilM>sau  moven  de  la  vis  de  fond  dont  la  cuvette  est  munie 


io6  TIIERMOHËTRIE.  -  DILATATIONS- 

une  coulisse  horizontale  0,  ce  qui  permet  de  la  faire  avancer 
ou  reculer  et  de  l'amener  à  la  position  qu'il  convient  de  lui 
donner;  enfin  elle  est  cliaulTée  par  une  grosse  lampe  à  alcool 
qui  est  supportée  par  le  même  pied,  que  l'on  peut  également 

Fie.  33. 


Taire  monter  ou  descendre  et  qui  sert  à  mettre  l'eau  en  ébul- 
lition. 

Le  manomètre  esl  disposé  comme  celui  du  voluménomèlr« 
que  nous  avons  déjà  décrit  (t.  I).  Il  esl  constitué  par  deux 
tubes  de  verre  égaux  en  diamètre  :  l'un  DE  droit,  vertical  et 
ouvert;  l'autre  BC,  terminé  à  son  sommet  par  un  tube  Bn  ho- 
rizontal et  lin;  tous  deux  mastiqués  à  leur  partie  inTérieure 


DILATATION  DES  GAZ.  107 

ïïs  une  pièce  en  fer  munie  d'un  robinet  à  trois  voies.  On 
mrra,  par  conséquent,  ou  faire  communiquer  les  deux 
anches  entre  elles,  ou  fermer  le  conduit  qui  les  réunit,  ou 
ire  écouler  le  mercure  de  Tune  et  de  l'autre,  suivant  la  po- 
tion qu'on  donnera  au  robinet.  On  a  eu  soin  de  dessécher 
arfailemenl  ce  manomètre  en  mastiquant  les  tubes  après  les 
ivoir  chauffés  et  en  les  remplissant  aussitôt  après  avec  du  mer- 
cure sec  et  encore  chaud.  Je  supposerai  dans  ce  qui  va  suivre 
que  le  mercure  affleure  dans  la  branche  BC  à  un  repère  a  mar- 
qué à  son  sommet.    ' 

Voici  maintenant  comment  les  expériences  sont  conduites. 
On  prend  pour  réservoir  de  gaz  un  ballon  A  de  f  de  litre  envi- 
ron; on  soude  à  son  col  un  tube  cylindrique  étroit,  et  Ton 
commence  par  exécuter  avec  cet  appareil  les  opérations  du 
thermomètre  à  poids,  ce  qui  fait  connaître  sa  capacité  à  zéro  y 
et  le  coefficient  k  de  sa  dilatation.  Ensuite  on  le  place  en  A  au 
centre  de  la  chaudière,  en  faisant  passer  sa  tige  par  une  tubu- 
lure horizontale  et  l'y  fixant  par  un  bouchon.  Puis  on  dispose 
le  manomètre  vis^à-vis  de  la  chaudière,  et,  grâce  aux  pièces 
qui  permettent  de  déplacer  celle-ci,  on  amène  la  tige  A  m  pré- 
cisément dans  le  prolongement  de  «B.  On  réunit  enfin  ces 
<leux  tubes  par  un  robinet  ou  mieux  par  un  simple  tube  à  trois 
^oies mastiqué  avec  soin,  dont  la  troisième  tubulure  commu- 
nique avec  des  tubes  à  dessiccation  H,  et  parleur  intermédiaire 
avec  une  pompe  à  main  P. 

On  dessèche  le  ballon  par  le  procédé  qui  a  été  précédem- 
mem  employé,  c'est-à-dire  qu'après  avoir  fait  bouillir  l'eau 
<iansla  chaudière  et  fermé  la  branche  BC  par  le  robinet  infé- 
rieur, afin  d'immobiliser  la  colonne  de  mercure,  on  enlève  l'air 
humide  pour  le  remplacer  par  de  lair  sec.  Après  avoir  répété 
l'opération  un  grand  nombre  de  fois,  on  refroidit  le  ballon, 
d'abord  en  le  couvrant  d'eau,  ensuite  en  l'entourant  de  glace; 
et, quand  il  est  arrivé  à  la  température  de  zéro,  on  ferme  avec 
<lu  mastic,  ou  en  tournant  le  robinet  /i,  la  communication  qui 
eiisiaii  entre  l'appareil  et  les  tubes  à  dessiccation.  On  note  à  ce 
moment  la  hauteur  barométrique  H. 

L'air  que  Ton  vient  d'emprisonner  ainsi  est  à  la  pression  II  ; 
"  se  compose  de  deux  parties:  la  première  est  contenue  dans 


dans  la  méthode  précédente,  dans  les  termes  très  petits 


et -1  ce  qui  est  parfaitement  légitime,  et  Ton  tire  delà 

formule  i  4-  oliT  et  enfin  «2.  On  peut  d'ailleurs,  si  on  le  dé- 
sire, porter  ensuite  celte  valeur  de  ao  dans  les  termes  correc- 
tifs et  tirer  de  Téquation  une  deuxième,  puis  une  troisième  va- 


108  THERiMOMÉTRlE.   -  DILATATIONS. 

le  ballon,  son  volume  est  V  et  sa  température  zéro;  la"* 
deuxième  remplit  l'espace  compris  entre  la  paroi  de  la  chau- 
dière et  le  manomètre  jusqu'en  a.  On  a  jaugé  séparément  cha- 
cun des  tubes  qui  composent  cet  espace,  et,  comme  il  est 
extrêmement  petit,  n'étant  guère  que  la  millième  partie  de  la 
capacité  totale,  on  peut  admettre  qu'il  est  constant,  égal  àr, 
et  qu'il  a  en  tous  ses  points  la  température  /  de  l'atmosphère; 
la  pression  à  laquelle  il  serait  soumis  à  zéro,  son  volume  de- 

H 

meurant  constant,  serait -- 

I  -h  «a* 

Pour  passer  à  la  seconde  phase  de  l'expérience,  il  suffit  de 
porter  de  nouveau  l'eau  de  la  chaudière  à  rébullitîon.  L'airse 
dilatant  fait  baisser  le  mercure  au-dessous  de  a;  mais  on  rt-  i 
mène  le  niveau  à  ce  repère  en  ajoutant  du  mercure  dans  la 
branche  ouverte,  et,  quand  l'état  stationnaire  est  établi^  on  me- 
sure au  calhétomètre  le  différence  h  des  niveaux  dans  le  mi- 
nomètre  et  la  hauteur  barométrique  H'.  Alors  la  pression  de 
l'air  est  H'  -f-  h,  et  la  température  T  d'ébuUkion  de  Teau  sow 
la  pression  H'  est  donnée  par  les  Tables.  La  portion  d'air  con- 
tenue dans  le  ballon  occupe  maintenant  à  T®  un  Yolume 

V(i  -f-  /rT),  très  peu  différent  de  V.  Si  on  le  refroidissait  ï  vo- 

II'  •   I, 

lume  constant,  sa  pression  deviendrait =^,  et  l'air  qui  oc- 

cupe  le  volume  p'  acquerrait  de  même  la  pression  ^^  t 

étant  la  température  de  l'atmosphère.  On  a  donc,  en  appliquant 
à  zéro  la  loi  de  Mariotte  et  la  loi  du  mélange  des  gaz, 

Pour  déterminer  ao,  on  remplace  «2  par  la  valeur  a  obtenue 

I  -4- «2' 


DILATATION  DES  GAZ.  109 

leur  de  a^,  jusqu'à  ce  que,  en  continuant  encore,  les  valeurs 
obtenues  ne  changent  plus.  C'est  la  méthode  dite  des  approxi- 
mations successives.  Regnault  a  trouvé  par  cette  nouvelle 
série  d'expériences  le  nombre  o, 36645. 

En  rapprochant  maintenant  les  nombres  0,36628,  o, 36633, 
0,36645,  qui  ont  été  fournis  par  les  trois  séries  d'expériences 
précédenles,  on  voit  qu'ils  ne  diffèrent  pas  sensiblement  entre 
eux;  et  si  Ton  se  rappelle  les  précautions  dont  s'est  entouré 
Regnault  et  la  diversité  des  méthodes  qu'il  a  suivies,  on  demeu- 
rera convaincu  que  le  nombre  moyen  o,3663  doit  être  substitué 
lu  nombre  0,375  qui  avait  été  obtenu  par  un  procédé  impar- 
Ulet  sur  de  l'air  incomplètement  desséché.  Nous  voilà  donc 
déjà  conduits  à  abandonner  l'un  des  résultats  qu'avait  établis 
Gay-Lussac. 

nOISltBE  MÉTHODE  :  DILATATIOIT  SOUS  PRESSIOH  GOHSTAHTE.  - 
Nous  arrivons  enfin  à  Tétude  de  la  dilatation  sous  pression 
constante,  à  laquelhe  se  rapportaient  les  expériences  de  Gay- 
Lossac.  Regnault  est  le  seul  expérimentateur  qui  ait  étudié  ce 
sujet  avec  toute  la  précision  désirable. 

Nous  emploieront  encore  le  même  appareil  manométrique  : 
nous  préparerons  le  bafllon  comme  précédemment  ;  nous  mesu- 
rerons de  la  même  manière  les  données  de  l'expérience  à  zéro, 
ei  nous  aurons,  pour  volume  à  zéro  de  l'air  du  ballon,  V  et  pour 

volume  de  l'air  du  tube, i»  le  tout  sous  la  pression  H. 

I  -f-  ai/ 

Mais,  quand  nous  chaufferons  l'air  dans  l'eau  bouillante, 
nous  laisserons  le  niveau  baisser  librement,  au  lieu  de  le  ra- 
mener au  repère  constant,  et  nous  laisserons  écouler  du  mer- 
cure jusqu'à  ramener  l'égalité  de  niveau  dans  les  deux  branches 
<iu  manomètre.  L'air  conservera  ainsi  la  pression  atmosphé- 
rique qui  est  sensiblement  constante,  et  son  volume  s'agran- 
<l'u^de  Tespace  que  le  mercure  abandonne,  espace  qu'il  est 
Me  de  jauger  (  *  ).  Ramenant  encore  tous  les  volumes  à  zéro, 

\')0a  p«ut  reprocher  à  ce  mode  d'expérimentation  qu'une  très  notable 
partie  do  gaz  étudié  échappe  à  Télévation  de  température,  ce  qui  nécessite 
I  eiB|j|oi  d'un  terme  correctif  de  valeur  considérable.  M.  Mendeleeiïa  cherché 
•  «▼lier  c«i  inconvénient  {Comptes  rendus  de  V Académie  des  Sciences^  t.  LXXXII, 


110  THERMOMÉTRIE.  -  DILATATIONS. 

puis,  appliquant  à  cette  température  les  lois  de  Hariotte  et  du 
mélange  des  gaz,  on  obtient  Téquation 

(V  -.  -'—]  H  =  (V  -^^  4-  -"--,]  H-; 

elle  diffère  de  la  précédente  en  ce  que  h  est  égal  à  zéro  et  que 
c'  remplace  r  dans  le  second  membre;  (^'  représente  d'ailleurs 
le  volume  compris  entre  la  paroi  de  la  chaudière  et  le  sommet 
du  mercure  dans  la  deuxième  période  de  Texpérience.  On  voit 
que  cetfe  fois  tout  TefTet  de  la  dilatation  est  de  transporter  de 
Tair  dans  le  manomètre,  et  que  tout  TeflbYt  de  Tobservateur   I 
consiste  à  mesurer  avec  le  plus  grand  soiri.t''  et  t.  Or,  comme 
avec  le  manomètre  précédent  les  températures  que  Ton  me- 
surait dans  Tair  étaient  variables  et  ne  pouvaient  se  déterminer 
avec  précision,  on  remplace  cet  instrument  par  un  autre  qoÀ 
est  représenté  (^^.  34).  11  est  maintenu  dans  un  vase  de  tôle 
galvanisée  plein  d*eau,  dont  la  face  antérieure  est  fermée  par 
une  glace;  on  agite  cette  eau,  on  en  mesure  la  température  fw 
qui  demeure  constante,  et  Ton  a  jaugé  à  Tavàncè  le  tubeBC» 
ce  qui  permet  de  mesurer  le  volume  u'  (♦).  Regnault  a  trouvé 
par  celte  méthode  le  nombre  0,36706. 
— ^ —  ~ 

p.  ^5o\  1876),  en  opérant  à  peu  f>rès  de  la  manière  suivante.  Le  récipient  Ê^ 
uir  est  muni   par  le  bus  d'un  tube  en  U,  dans  lequel   on  peut  introduire  dt^ 
mercure.  Le  (jax  étant  échauffé  à    iuo<^,  on  amène  le  niveau  du  mercure  dtA^ 
ce  tube  en  regard  d'un  trait  de  repère  placé  le  plus  près  possible  de  l'endroit 
où  le  tube  sort  du  bain  de  vapeur.  On  entoure  ensuite  le  vase  de  glace;  la 
pression  de  l'air  qu'il  contient  diminue,  mais  on  la  ramène  à  sa  valeur  initiale 
en  ajoutant  du  nieicuro  par  le  tube  en  U.    La  diminution  de  volume  de  l'air 
sous  pression  constante  est  mesurée  pur  la  quantité  de  mercure  introduite  et 
qu(>  l'on  peut  faire  écouler  jusqu'au  trait  de  repère,   à  l'aide  d'un  robinet  à 
trois  voies,  dont  est  muni  le  tube  en  U. 

MM.  Mendeleeff  et  Kuiander  ont  ainsi  trouvé  a,  ■=  o,oo36843  pour  des  va- 
leurs de  H  comprises  entre  7 «g™", 7  et  767»", 4.  Ce  nombre  est  très  notable- 
ment supérieur  à  celui  qu'avait  trouve  Kegnault,  ce  qui  peut  inspirer  quelques 
doutes  relativement  à  l'exactitude  de*  expériences  de  M.  Mendelecflf. 

(')  On  peut  calculer  a,  par  la  méthode  de»  approximations  successives, 
ainsi  que  nous  l'avons  fait  pour  a,  :  mais  il  est  plus  exact,  à  cause  de  la  nran- 
deur  du  terme  en  /,  de  résoudre  l'équation  eu  la  considérant  comme  du  se- 
cond degré  et  de  no  remplacer  a,  par  une  valeur  approximative  que  dans  le 
terme  en  u. 


DILATATION  DES  GAZ.  m 

COMPABUSni  DES  BÉSOLTATS  OBTEKUS.  —  Ce  résultat  exprime 

la  dilatation  quand  le  volume  du  gaz  augmente  librement  sans 

Fin-  3',. 


'JUS  sa  pression  change.  C'est  la  dilatation  vraie,  à  pression 
<^orulante  et  à  volume  variable,  et  l'on  voit  qu'elle  estplus 
îTandeque  la  dilatation  à  volume  constant.  Il  n'est  pas  pos- 
sible de  penser  qu'une  diirérence  aussi  considérable  doive  être 


lia  THERMOMÉTRIE.  -  DILATATIONS. 

attribuée  aux  erreurs  d'observation;  car  les  deux  modes  d'opé- 
ration sont  presque  les  mêmes,  et  l'appareil  n'a  point  changé. 
Il  est  même  possible  de  faire  à  la  fois  les  deux  mesures  en  ra- 
menant d'abord  au  repère  a  le  volume  échauffé  et  en  diminuant 
ensuite  la  pression  jusqu'à  la  rendre  égale  à  celle  de  l'atmo- 
sphère. Les  erreurs  que  l'on  peut  commettre  dans  cette  double 
mesure  sont  évidemment  les  mêmes  ;  et,  puisque  l'on  n'ob- 
tient pas  le  même  nombre,  c'est  que  la  différence  des  deux 
coefficients  est  réelle. 

On  s'explique,  et  l'on  aurait  pu  prévoir  cette,  inégalité  des 
deux  dilatations.  La  fonction  F(v,p,t)='0,  qùi^caractériseun 
gaz,  est  complètement  définie,  quand  on  connaît  :  i**  la  rela- 
tion qui  existe  entre  i^  et  p  pour  une  valeur  particulière  de  /, 
par  exemple /=o,  c'est-à-dire  laloi  de  la  compressibiliiédugaz 
à  zéro;  2<^  la  relation  entre  t^  et  /  pour  toutes  les  valeurs  dep, 
c'est-à-dire  la  loi  de  la  dilatation  sous  pression  constante  pour 
toutes  les  valeurs  de  la  pression  (0*  H  ^n  résulte  que  la  loi  de 
la  dilatation  sous  volume  constant  est  une  conséquence  de  la 
loi  de  la  dilatation  sous  pression  constante  et  de  la  loi  de  la 
compressibilité  (^)»  Si  la  loi  de  Mariotte  était  rigoureusement 
vraie,  nous  avons  déjà  reconnu  que  les  deux  coeftlcients  de 
dilatation  du  gaz  seraient  identiques.  Voyons  ce  qui  doit  arriver 
quand  on  admet,  comme  Texpérience  nous  l'enseigne,  que 
les  gaz  se  compriment  plus  que  ne  l'indique  la  loi  de  Ma- 
riotte. 

Soient  ro  et  po  le  volume  et  la  pression  d'une  masse  ga- 
zeuse à  o°.  On  peut  l'échauffer  à  f  soit  en  laissant  sa  pression 
/^o  constante,  et  alors  son  volume  devient  (^o('  -*-  «i  0>  soit  en 

(')  On  peut,  si  Ton  veut,  considérer  »',  p  ot  /  comme  des  coordonnées  cou- 
rantes. Alors  l'équation 

h\u,p,t)  =  o 

représente  une  surface.  La  relation  entre  tf  et  />  pour  /  =  o  donne  réquatioo 
il'une  section  plane  de  cette  surface  (directrice);  et  la  relation  entre  »  et  t 
pour  chaque  valeur  particulière  de  /;,  l'équation  d'une  deuxième  section  plane 
((génératrice)  qui,  glissant  sur  la  première,  engendre  la  surface,  laquelle  se 
trouve  ainsi  complètement  déterminée. 

(^)  f'oir,  dans  la  deuxième  Partie  de  la  Chaleur^  la  relation  générale  entre 
les  coeffîcients  de  dilatation  à  volume  constant,  à  pression  constante,  et  le 
coefficient  de  compressibilité. 


DILATATION  DES  GAZ.  ii3 

laissant  son  volume  (^o  constant,  et  alors  sa  pression  devient 
Pt(i  -h  aj/).  De  deux  choses  Tune  :  ou  bien  la  température  t 
est  assez  élevée  pour  que  la  loi  de  Mariotte  soit  rigoureuse- 
ment applicable^  et  alors 

OU  bien  la  loi  de  Mariotte  est  encore  inexacte  à  ^,  et  alors, 
pour  tous  les  gaz  autres  que  Thydrogène,  le  gaz  se  comprime 
plus  que  ne  Findique  la  loi  :  à  la  plus  forte  pression  Hq  (  i  +  «2  0 
correspond  le  plus  petit  produit 

Vo{i  -hait)po:>po(i-h(X2t)i^o,     ai>a2, 

d'où  il  résulte  que  oci,  le  coefTicient  à  pression  constante,  doit 
êlre  plus  grand  que  «2,  le  coefficient  à  pression  variable  cor- 
respondant à  la  même  valeur  po  de  la  pression  à  o"*,  et  c'est 
jastement  ce  que  l'expérience  vient  de  nous  apprendre.  On 
doit  en  conclure  que  la  loi  de  Mariotte  n'est  pas  rigoureuse- 
ment applicable  à  l'air  à  loo''.  On  peut  maintenant  prévoir  que, 
plus  un  gaz  ligdéfiable  s'éloignera  de  la  loi  de  Mariotte,  plus  xi 
(fifférera  de  «2,  et  que  l'hydrogène,  qui  s'en  écarte  en  sens 
inverse,  devra  ofiFrir  des  résultats  opposés,  c'est-à-dire  que  la 
dilatation  à  pression  constante  devra  être  plus  petite  qu'à  pres- 
sion variable.  On  voit  combien  se  complique  déjà  une  question 
que  Ton  était  habitué  à  considérer  comme  élémentaire.  Nous 
aDons  la  voir  devenir  moins  simple  encore  en  suivant  Regnauli 
dans  l'étude  des  autres  gaz. 

KUTATIOV  DES  DIFFÉBENTS  GAZ  (  *  ).  —  Les  divers  gaz  qui  ont 
été  examinés  ont  été  purifiés  avec  un  soin  particulier.  On  les 
introduisait  dans  l'appareil  à  manomètre,  et  les  observations 
ne  différaient  en  rien  de  celles  qui  ont  été  faites  sur  l'air.  Nous 
n'avons  donc  qu'à  résumer  les  résultats  : 


(')  yiKJikChJf'JHelation  des  expériences,  etc.,  t.  l,  p.  74®*    'y^,  et    Mémoires 
^rAeadémie,  t.  XXI. 


1.,  Chaleur.  —  II.  1"^  fasc.  8 


iij  THEIIMOMÉTRIE.   —  DILATATIONS. 

Dilatation  entre  a' et  ion". 


o,3667 

o,366> 

o,3665 

0,3670 

o,3GG8 

». 

0,3667 

0,360, 

o,3688 

.   0,37.0 

0,3676-  .  - 

0,3719 

0,3845  ■ 

■•   0,3903 

o,38.,  ■ 

0,3877 

Hydrogène 

Air...' 

Ûxydo  do  carb.inc. . . 
Acide  Carbon i<] u i' . . . . 
Pro'oxyde  d'azolc    . . 

Acide  suirureii\ 

Cyanogène  

Nous  ferons  remarquer  d'abord  que  ce§  résultats  vérilic 
les  pi;évisions  que  no 
I  i(î.  .15.  venons  de  Formuler,  ce 

à-dire  qu'il  Taut  dislingt 
deux  coelticienis  de  dila 
tion,  l'un  à  volume  « 
stani,  l'autre  à  pressi 
constante,  que  pour  u 
les  gaz  très  compressib 
!e  premier  est  plus  p 
que  le  second,  et  que  I 
verse  se  présente  p< 
l'hydrogène,  qui  se  co 
prime  moins  que  la  loi 
Mariutie  ne  l'indique. 

Mais  ie  Tublcau  pré 
dent  met  en  évidence 
fait  encore  plus  importa 
M  c'est  que  la  dilatation 

af    I  divers  gaz  est   inégale 

*""  d'autant  plus  considéra 

que  leur  compressibi 
est  plus  grande.  Il  f 
donc  renoncer  à  la  loi 
dilatation  égale  comme 
a  déjà  renoncé  au  nom 
1,355  établi  par  Gay-Lussac.   Ce  point  était  trop  import 


DILATATION  DES  GAZ.  ji5 

pour  que  Regnault  n'ait  pas  cherché  à  le  mettre  en  évidence 
par  une  expérience  directe.  Il  prit  deux  ballons  A  et  A',  de 
capacités  V  et  V,  aussi  égales  que  possible;  il  les  plaça  dans 
une  mênie- chaudière  et  les  fil  communiquer  tous  deux  avec 
les  branches  fermées  d'un  double  manomètre  [fig.  35).  Ces 
branches*se  rendaient  dans  un  même  réservoir  en  fer  et  com- 
muniquaient avec  un  seul  tube  ouvert,  destiné  à  mesurer  la 
pression.  Bupposoas  qu'on  ail  d'abord  chargé  ces  deux  ballons 
avec  de  Faîr  à  ^éro  et  que  le  mercure  soit  réglé  à  deux  repères 
a  et  a'  placés  au.  même  niveau.  Quand  on  chauiTera  à  T%  il 
faudra,  pour  ramener  le  mercure  aux  mêmes  repères,  établir 
entre  les  deux  branchés  une  différence  de  h  pour  le  premier 
ballon  et  h'  pouNle  second.  On  aura  les  deux  équations 

ce  qu'on  peut  écrire 

(V         .1      \  „       /V    n-/fT  I       \  ,„,      ,,^ 

Il  esi  clair  que,  si  les  repères  ont  élé  choisis  de  telle  sorte  que 

~-  —  >  la  hauteur  A  sera  égale  à  A',  et  qu'on  ramènera  à 

Ï8  fois  les  deux  niveaux  aux  deux  repères  avec  un  même  excès 
^e  pression  h  =  h\  On  détermina  dès  lors  les  repères  par  cette 
condition,  puis  on  fitFexpérience  ell'on  viiqu'en  effellesdeux 
"iveaux  revenaient  en  même  temps  en  a  et  en  a  .  Les  choses 
^lanl  ainsi  réglées,  on  conserva  de  l'air  dans  l'un  des  ballons, 
"Maison  chargea  l'autre  avec  de  l'acide  sulfureux,  et  l'on  trouva 
M^e  la  pression  nécessaire  pour  faire  remonter  le  mercure  en  a 
<ians  l'air  était  moindre  que  celle  qui  le  ramenait  en  a'  dans 
ï acide  sulfureux.  Cette  expérience  différentielle  prouve  sans 


ii6 


THERMOMÉTRIE.  -  DILATATIONS. 


contestation  possible  que  l'air  est  moins  dilatable  que  Tacide 
sulfureux. 

DILATATIOH  SOUS  DES  PBESSIOHS  DIPrÉBERES  {*).—  Après  ces 
expériences  il  ne  restait  plus  rien  des  lois  autrefois  admises,  si 
ce  n'est  celle  que  Ton  doit  à  Davy.  Il  fallait  donc  savoir  si  elle 
est  exacte  ou  non,  c'est-à-dire  chercher  si  les  dilatations  des 
gaz  sont  indépendantes  de  leur  pression.  Cela  n'était  plus  pro- 
bable, et  nous  allons  voir  que  cela  n'est  pas  vrai.  Pour  le  dé- 
montrer, Regnault  continua  de  suivre  Uk   deuxième  et  la 
troisième  méthode:  seulement  il  employait  des  manomètres 
plus  élevés  et  il  enfermait  le  gaz  dans  le  réservoir  sous  des 
pressions  plus  hautes  ou  plus  basses  que  celle  de  l'atmosphère. 
Il  mesura  la  dilatation  à  volume  et  à  pression  constants,  et  voici 
les  résultais  qu'il  a  trouvés  : 

Dilatation  à  volume  constant 


AIR. 


Pressionn 

PreMlon« 

a  zcro. 

à  100®. 

mm 

mm 

109,7a 

l49,3i 

i:4,36 

237,17 

266,06 

395,07 

374,67 

âio,35 

375,33 

510,95 

760,00 

n 

1678,40 

2286,09 

1692,53 

23o6,23 

2144,18 

2924,04 

3655,66 

4992,09 

100  a,. 


0,36482 

o,365i3 
0,36542 
o, 36587 
0,36572 
o,3665o 
0,36760 
o,368oo 
0,36894 
0,37091 


ACIDE   CARBOXIQCB. 


Pressions  Pressions 

à  zéro.  à  1#0*. 


mm 
708,47 
901,09 

17^42,93 

3589,07 


mm 
1034,54 

1230,37 

2387.7a 
/»  7. 19,03 


100  a,. 


0,36856 
0,36943 
0,37523 
0,38598 


(' )  Mémoires  de  l'Académie^  l.  XXI,  ei  Relation  des  expériences^  etc.,  t.  1", 
p.  96. 


DILATATION  DES  GAZ. 


117 


Dilatation  à  pression  constante. 


BYDBOCÊ!<B. 

AIR. 

ACIDE  CARBONIOCE. 

ACIDB    SCLFCREUX. 

mm 
760.. .  o,366i3 

2545...  o,366i6 

mm 
760...   0,36706 

a525. . .  0.36944 
2620...  0,36964 

mm 
760...   0,37099 

2520...    0,38455 

mm 
760...   0,3903 

980. . .   0,3980 

On  voit  par  le  premier  de  ces  tableaux  que  Tair  a  été  Tobjet 
d'expériences  très  étendues.  On  a  mesuré  sa  dilatation  à  vo- 
lume constant,  à  des  pressions  initiales  comprises  entre  109  et 
3655"",  et  le  coefficient  a  varié  de  0,36482  à  0,37091,  en  pre- 
nant la  valeur  connue  o,3665o  à  760™'".  On  peut  donc  dire  que 
la  dilatation  de  ce  gaz  augmente  ou  diminue  en  même  temps 
que  la  pression.  L*acide  carbonique  se  comporte  de  la  même 
manière  et  présente  des  variations  encore  plus  grandes. 

Regnault  a  mesuré  ensuite  la  dilatation  vraie   à   volume 

variable,  sous  des  pressions  constantes  de  plus  en  plus  élevées. 

Le  deuxième  Tableau  montre  qu'elle  n'a  pas  varié  pour  Thy- 

drogène,  mais  tiu'elle  a  augmenté  sensiblement  pour  Tair, 

beaucoup  pour  Tacide  carbonique  et  très  rapidement  pour  Ta- 

cide  sulfureux,  c'est-à-dire  d*aulant  plus  que  les  gaz  consi- 

'lérés  s'éloignent  davantage  d'obéir  à  la  loi  de  Mariotle  à  la 

lenipérature  ordinaire.  Il  est  aisé  de  reconnaîlre  qu'il  en  doit 

^Ire  ainsi,  si  tous  ces  gaz  obéissent  à  la  loi  de  Mariette  et  à  la 

loi  de  Gay-Lussac,  à  une  température  suffisamment  élevée. 

En  résumé,  il  est  probable  que,  si  tous  les  gaz  suivaient  la  loi 
deMariotte,  ils  auraient  une  dilatation  commune,  égale  à  peu 
Pï^^'sà  celle  de  l'hydrogène  et  indépendante  de  leur  pression; 
"i3is,  comme  leur  compressibilité  est,  en  général,  plus  rapide, 
variable  avec  leur  nature  et  décroissante  quand  la  température 
^"gmente,  ils  possèdent  une  dilatation  inégale,  d'autant  plus 
o'^nde  qu'ils  sont  plus  compressibles,  qui  croît  avec  la  pres- 
sion, et  l'on  est  obligé  de  distinguer  deux  coefficients,  l'un  à 
volume  constant,  l'autre  à  pression  constante,  chacun  d'eux 
étant  une  fonction  de  la  pression  initiale.  On  a  pu  remarquer 


ii8  THEKMOMÉTRIE.   —  DILATATIONS. 

toutefois  que  les  différences  entre  les  diverses  dilatations  i 
très  faibles,  et  Ton  pourra,  dans  les  applications,  conse 
l'usage  de  la  loi  de  Mariolte  et  continuer  l'emploi  de  la 
mule  générale  de  dilatation  que  nous  avons' fait  connaîtr 
la  condition  d'y  remplacer  le  coefficient  a  par  la  valeur  qui  ( 
vient  à  chaque  gaz  et  aux  conditions  moyennes  dans  ]esqu< 
il  se  trouve  placé. 


* 
* 


•  >• 


MESURE  DES  TEMPÉRATURES.  119 


CHAPITRE  V. 

DE   LA   MESURE  DES  ÏEMPÉRATUKES. 

m 

t\alualion  des  températures 'au  moyen  de  la  dilatation  d'un  corps  quel- 
conque. —  Choix  du  thermomètre  à  air.  —  Comparaison  dos  thermo- 
mètres à  gaz  entre  eux. .—  Comparaison  des  thermomètres  à  air  et  à 
mercure.  —  Mesure. des  hautes  températures.  —  Mesure  des  basses 
températures.  —  Thermomètres  différentiels.  —  Tliermomètres  à  maxi- 
mum et  minimum.  —  Thermomètres  enregistreurs.  —  Thermomètres 
mélalliquos.  —  Pyromèlres. 


iîALVATIOH  DES  TCHPÉRATUBES  AU  HOTEN  DE  LA  DILATATION 
Bin  COBP8  ftUELGOHMS.  —  Jusqu'ici  nous  avons  supposé  qu'on 
^niployail  pour  définir  lès  températures,  soit  un  thermomètre 
3  air,  soit  un  Ihermomètf'e  à  mercure  comparé  au  thermomètre 
3  air,  mais  nous  n'avons  donné  aucune  raison  pour  justifier 
"oire  choix.  C'est  ce  que  nous  allons  essayer  de  faire,  après 
avoir  résumé  d'abord  les  principales  conséquences  des  études 
précédentes  : 

""Tous  les  corps  se  dilatent.  Nous  sommes  convenus  de 
"H^surer  le  degré  d'échauffementou  la  température  par  la  di- 
'aiaijon. 

^*Nous  avons  pris  comme  points  de  repère  conventionnels 
^<îux  températures  fixes  :  Tune,  celle  de  la  glace  fondante,  que 
"ous  avons  désignée  par  zéro;  l'autre  de  Teau  bouillante,  que 
"ous  avons  appelée  100°. 

3"  La  dilatation  d'un   thermomètre  quelconque   étant  Aïoo 

^'nire  zéro  et  100",  et  son  cofficient  moyen  étant  — ^  =^  /r,  on 

*^  100 

convient  de  dire  que  la  température  t  est 

I      9      3  /" 

I,         y.j         «.*,  ...f         (, 


ïào  THERMOMÉTRIE.  -  DILATATIONS, 

quand  la  dilatation  est 

k,     ^k,    3  k,     . . . ,     kt. 

En  général,  on  peut  écrire 

'=^ 

ce  qui  veut  dire  que  la  température  est  mesurée  par  la  di 
tion  observée  du  thermomètre  rapportée  à  une  unité  conve 
le  coefficient  moyen  de  dilatation  entre  zéro  et  loo'*. 

4*  On  peut  construire  un  thermomètre  avec  une  subst 
quelconque  :  il  suffit  de  le  disposer  de  manière  à  ipesur 
dilatation  et  de  le  graduer  comme  on  vient  de  le  dire  ;  la 
pérature  qu'il  marquera  sera  toujours  égale-  .au  quotient 
dilatation  par  le  coefficient  moyen.  Supposons  qu'on  ait  ac 
le  thermomètre  à  air. 

5"*  La  dilatation  des  divers  corps  solides  ou  liquides  à 
températures  marquées  par  le  thermomètre  à  air  s'exprinr 
généra]  par  une  formule 

Ai  =:  a^ -4-  6/* 4-  c/^ -4- . . . , 

A- 
dans  laquelle  on  peut  remplacer  t  par  sa  valeur  -j-f  ce  qui  d 


Quand  on  a  mesurée  dilatation  X  d'un  corps,  on  n'a 
fait  rien  autre  chose  que  de  la  comparer  à  la  diiaiaiion 
l'air  placé  dans  les  mêmes  conditions  d'échauffement,  et  1î 
mule  précédente  prouve  que  A  et  A|  ne  sont  pas  propon 
nels.  On  a  trouvé  de  ptus  que  chaque  substance  salisfait  à 
formule  et  à  une  loi  particulière  de  dilatation. 

6*»  Si  l'on  construit  un  thermomètre  avec  un  quelconque 

corps  étudiés,  la  température  ty  qu'il  donne  est  exprimé( 

Ai        ,, 

y—  î  et  1  on  aura 

kl 

sce  qui  montre  que,  placés  dans  la  même  enceinte,  toi 


MESURE  DES  TEMPÉRATURES.  121 

ihermomèlres  formés  de  substances  différentes  donneront  des 
températures  inégales,  excepté  aux  points  fixes  zéro  et  100.  Il 
faul  savoir  maintenant  quel  est  celui  qui  mérite  la  préférence. 

La  question  de  choisir  et  de  graduer  les  thermomètres  est 
une  de  celles  qui  ont  le  plus  occupé  les  physiciens  depuis 
Drebbe!  et  les  académiciens  de  Florence.  Il  serait  sans  intérêt 
comme  sans  utilité  de  reproduire  ici  les  discussions  surannées 
auxquelles  elle  a  donné  lieu.  Ce  n'est  qu'à  partir  de  Dulong 
el  Petit  qu'elle  fut  rationnellement  discutée,  et  c'est  à  partir 
decelte  époque  que  nous  en  suivrons  les  progrès. 

Dulong  et  Petit  0  )  ^^  sont  demandé  si  le  long  usage  qu'on 
en  a  fait  justifie  suffisamment  l'emploi  du  thermomètre  ordi- 
naire, et  s'il  n'y  a  point  quelque  raison  théorique  pour  préférer 
une  autre  substance  au  mercure.  Voici  comment  ils  ont  rai- 
sonné. 

Quelle  que  soit  la  nature  de  la  chaleur,  on  conçoit  qu'elle 
s'accumule  dans  les  corps  en  des  proportions^plus  ou  moins 
considérables  et  qui  peuvent  être  mesurées.  Ainsi  i*'  de  char- 
bon brûlé  dans  l'oxygène  développe  une  certaine  quantité  de 
chaleur  qui  peut  s'accumuler  dans  un  corps;  \  gramme  en 
donne  moiti^é  moins  et  {  de  gramme  en  produit  le  quart.  En 
général,  des  quantités  de  chaleur  peuvent  être  inégales  et  se 
comparer  entre  elles,  comme  toutes  les  grandeurs,  par  des  pro- 
cédés qui  nous  occuperont  dans  la  suite  et  dont  il  suffit  pour 
le  moment  de  concevoir  la  possibilité.  Cela  posé,  la  quantité  de 
chalein*  absorbée  par  un  thermomètre  qui  s'échauffe  est  un 
phénomène  corrélatif  de  la  dilatation  ;  mais  il  n'y  a,  a  priori, 
aucune  raison  de  supposer  qu'à  des  dilatations  égales  corres- 
pondent des  quantités  de  chaleur  absorbée  égales  elles-mêmes. 
Cesià  rexpérience  qu'il  faut  demander  ce  qui  en  est,  et  c'est 
ce  qu'ont  fait  Dulong  et  Petit.  Ils  ont  mesuré,  d'une  part,  les 
diialaiions  de  plusieurs  corps,  depuis  zéro  jusqu'à  100  et  depuis 
zéro  jusqu'à  Soo**,  et  d'autre  part  les  quantités  de  chaleur  qu'ab- 
sorbent des  poids  égaux  de  ces  substances,  en  passant  aussi  de 
zéro  à  100  et  de  zéro  à  3oo;  ils  ont  trouvé  que  les  dilatations 
ïï  étaient  pas  proportionnelles  aux  chaleurs  absorbées.  Nous 


k  )  Annales  de  Chimie  et  de  Phjrsitjue,  i*  série,  t.  II,  p.  a4o  et  suiv.  ;  1816. 


111 


THKHMOMÉTUIE.  —   DILATATIONS. 


rapportons  leurs  résultais  dans  le  Tableau  suivant.  Pour  ch; 
substance,  la  première  colonne  donne  la  fraction  A  du  vol 
à  zéro  dont  le  corps  se  dilate;  la  seconde  la  chaleur  Q  al 

bée  par  kilogramme  du  corps,  et  la  troisième  le  rapport  ^ 

devrait  être  constant  si  la  proportionnalité  avait  lieu. 


TKMPK- 

ftATlUE 

(lu 

llipimo- 

Ult'lre 


Dilata 
tiun. 


_10_0_ 

38700 

300_ 

82900 


VF.RItE. 


Chaleur 
abourbée. 


loo  (0,177) 
3()o  (  o ,  1 90  ) 


Rap- 
porl. 


683o,o 
62.)!  ,0 


IF.MPli- 

RATIKK 

<l  1 

llipraio- 
UM'lr  • 

Dilara- 

«al   . 

liori. 

1  (lO 

100 
3  7  7  0  0 

0 
.100 

300 
:)  6  3  0  U 

PLATINE. 


Clialewr 
alis(irb(*«. 


Rap- 
port. 


ioo(o,oS5.î) 
3o(>(o,o.'),').V 


Dilata- 
lion. 


28X0  0 
_300„ 
22700 


Dilata 
ion. 


1  uo 

5  5  50 

:iou 

53  ou 


FER. 


r.haleiir 
absorbée. 


100(0, 1098 
3oo(o, 1218) 


Rap- 
port. 


8096 , 4 
276^,8 


Dilata- 
tion. 


_-JLOP_ 
iSnToo 

300 

17700 


Cl'IVB 


Chalea 
tiMorbé 


100(0,  OC 
3oo(o,u 


MERCl'RE. 


Chaleur 
ab«urbcr. 


Rap- 
poii. 


1 00(0 ,  r>33o  ; ,  1 83 , 1 5 
3o()(o,o35;)!  174»  90 


On  voit  donc  que  la  chaleur  absorbée  est  loin  d'être  pn 
lionnelle  à  la  dilatation,  et  s'il  est  permis  d'étendre  à  toute 
substances  les  résultais  des  expériences  précédentes,  on 
dire  qu'il  existe  entre  la  dilatation  et  la  chaleur  absorbée 
relation  compliquée  et  tout  à  fait  inconnue,  et  que,  si  Ton  f 
des  thermomètres  avec  des  corps  quelconques,  leur  dilat 
mesure  convcntionnellement  la  température  sans  indiqua 
aucune  façon  la  chaleur  qu'ils  absorbent.  Les  indications 
mométriques  sont  donc  entièrement  empiriques  et  n'ont  e 
néral  aucune  signification  théorique. 

Cependant,  si  l'on  pouvait  trouver  quelques  substance 
ceplionnellesqui  satisfissent  à  la  condition  de  se  dilater  pr< 
tionnellement  à  la  quantité  de  chaleur  qu'elles  reçoiven 
seraient  elles  qu'il  faudrait  choisir  pour  le  thermomètre,  pui 


MESURE   DES  TEMPÉRATURES.  ia3 

Ulempéralure  marquée  par  cet  instrument  mesurerait  en  même 
temps  la  chaleur  qu'il  absorbe  et  quMI  aurait  ainsi  une  raison 
d'êlre  théorique  dont  les  autres  sont  dépourvus.  Or,  à  Tépoque 
oùDulong  et  Petit  faisaient  ces  recherches,  ils  admettaient  et 
croyaient  avoir  .démontré  que  les  gaz  se  dilatent  et  se  compri- 
ment également,  quelle  que  soit  leur  nature  ou  leur  pression; 
ils  en  concluaient  tout  naturellement  que  leur  dilatation  est 
uniquement  causée  par  la  chaleur  et  que  la  force  attractive  de 
leurs  molécules  est  nulle.  De  là  à  admettre  une  loi  de  propor- 
tionnalité entre  la  chaleur  et  la  dilatation  des  gaz,  il  n'y  avait 
qu'un  pas,  et,  bien  qu'ils  ne  Talent  pas  explicitement  franchi, 
ils  regardaient  cette  proportionnalité  comme  très  probable. 
Partant  de  cette  pensée,  ils  admirent  qu'il  était  plus  simple 
,  d'exprimer  les  températures  par  la  dilatation  de  l'air,  attendu 
que  toutes  les  lois  doivent  être  fonction  d  es  quantités  de  chaleur 
ou  de  la  dilatation  des  gaz  qui  leur  est  proportionnelle.  C'est 

pour  cette  raison  théorique  qu'ils  ont  adopté  le  thermomètre  à 

air. 

Us  font  remarquer  cependant,  et  très  judicieusement,  que 
cei  instrument  ne  (Possède  point  tous  les  avantages  qu'on  peut 
s'en  promettre;  car,  s'il  mesure  les  chaleurs  qu'il  absorbe,  il  ne 
mesure  pas  celles  qu'absorbent  d'autres  corps  solides  ou  li- 
quides quand  on  les  porte  au  même  degré  d'échauffement; 
cela  résulte,  en  effet,  du  Tableau  précédent.  Les  recherches  de 
Regnault  (M  ont  confirmé  les  idées  de  Dulong  et  Petit.  Ayan^^ 
'ïiesuré  avec  un  grand  soin  les  chaleurs  spécifiques  des  gaz 
alors  réputés  permanents,  il  a  trouvé  que  ces  substances  absor- 
^nldes  quantités  de  chaleur  indépendantes  de  leur  pression 
eiqui  lui  ont  paru  exactement  proportionnelles  à  la  dilatation 
<iuiis  éprouvent,  c'est-à-dire  à  la  température  mesurée  par 
celle  dilatation.  Il  y  a  donc  une  raison  de  convenance  théorique 
pour  adopter  le  thermomètre  à  gaz. 

Mais  les  physiciens  ont  dû  s'attacher  aussi  à  une  autre  con- 
<liiion  tout  expérimentale  et  aussi  essentielle  :  c'est  que  les 
thermomètres  doivent  toujours  être  comparables,  c'est-à-dire 


(')  Relation  des  expériences ^  etc.,  t.   I**",   p.   i63,  et  Mémoi'es  fie  l'Acadé- 
•^'f  df s  Sciences,   t.    XXI. 


ii4  THERMOMÉTRIE.  —  DILATATION. 

que  deux  instruments  établis  à  diverses  époques,  en  diver 
lieux,  par  divers  observateurs,  doivent  être  absolument  iden 
liques.  Nous  sommes,  par  conséquent,  conduits  à  nous  préoc 
cuper  de  cette  condition,  à  adopter  les  thermomètres  qui  I 
réalisent  le  mieux  et  à  rejeter  ceux  qui  n'y  satisfont  pas.  Nou 
allons  dès  lors  étudier  séparément  et  comparer  entre  eux  le 
divers  instruments  que  Ton  a  construits. 

THEBMOMÉTBES  A  AIR.  —  Pour  réaliser  un  thermomètre  à  aii 
on  peut  employer  tous  les  appareils  qui  ont  servi  à  mesurerl 
dilatation  des  gaz,  les  porter  de  zéro  à  la  température  T  qu* 
l'on  veut  déterminer,  mesurer  la  pression  et  le  volume  du  ga 
à  ces  deux  phases  de  Texpérience,  écrire  là  formule  qui  servai 
précédemment  à  calculer  le  coefficient  *a -de  dilatation,  )rein 
placer  a  par  sa  valeur  dans  cette  formule  et  la  résoudre  pa 
rapport  à  la  température  T.  :   < 

Nous  pouvons  faire  usage  à  volonté  dé  Tune  des  trois  mé 
thodes  employées  par  Regnault  :  nous  aurons- trois  thenna 
mètres  à  air  correspondants,  également  acceptable  a  prion 

Après  bien  des  essais,  Regnault  (  *  )  a  définitivement  adopt 
le  thermomètre  fondé  sur  la  dilatation  de  fairsoiis  volum 
constanty  tel  qu1l  est  représenté  par  X^fig»  33. 

Nous  allons  résumer  les  opérations  qu'il  faut  faire  pour  trou 
ver  la  température.  Le  ballon  qui  servait  de  réservoir  pouri 
prendre  toutes  les  formes  que  l'on  voudra,  celle  d'un  tube  a; 
longé  ou  celle  d'un  vase  sphérique,  suivant  la  disposition  pai 
liculière  des  enceintes  au  milieu  desquelles  on  le  plongera  < 
dont  on  voudra  obtenir  la  température.  Dans  tous  les  cas, 
faudra  préalablement  déterminer  le  volume  à  zéro  V  de  ce  n 
servoir  et  son  coefficient  de  dilatation  A*. 

Il  sera  réuni  ensuite  avec  le  manomètre  au  moyen  d'un  tut 
à  trois  branches /^,  et  le  volume  incompris  entre  fextrémitéd 
réservoir  et  le  repère  a  sera  mesuré  une  fois  pour  toutes.  Et 
fin,  après  avoir  séché  l'appareil  avec  soin  et  l'avoir  rempli  ci 
gaz  à  zéro,  on  fermera  le  tube  à  trois  branches  en  notant  à  ( 


(*)  Motion  des  expérietices,  etc.,  t.  l*',  p.   i63,  el  MétHoires  tle  l\4cadén 
des  Sciences^  t.  XXI. 


MESURE  DES  TEMPÉRATURES.  i25 

moment  la  pression  H  du  manomètre.  La  masse  d'air  enfermée 
est  proportionnelle  au  produit 


(V 


I  4-  «a  /> 


H. 


Osera  bon  de  faire  une  expérience  en  portant  le  réservoir  dans 
Teau  bouillante,  et,  en  ramenant  le  niveau  du  mercure  au  re- 
père fl,  de  mesurer  la  nouvelle  pression  H'  -f-  A  du  gaz  : 

i-hacitj  L    '"^~^2T  i-^a-itj  ' 

Cette  formule  servira  à  calculer  la  valeur  exacte  «a  du  coeffi- 
denl moyen  de  dilatation  qui  convient  au  gaz  enfermé  dans 
Tappareil. 

Quand  on  voudra  mesurer  ensuite  la  température  inconnue 
d'une  enceinte  dans  Ia({{ielle  l'appareil  sera  placé,  on  opérera 
comme  on  vient  de  le  faire  dans  Teau  bouillante,  et  Féquation 
précédente,  dans  laquelle  le  premier  membre  est  constant, 
servira  à  calculer  T.  hdifig.  i3  offre  en  CDEF  un  exemple  de 
cet  appareil.' 

On  reconnaît  sans  peine  en  quoi  cette  méthode  est  supé- 
rieure à  ceMe  qui  consisterait  à  définir  la  température  par  la 
àibUation  de  l'air  à  pression  constante,  et  à  Taide  d'un  ther- 
momètre analogue  à  l'appareil  employé  par  Regnault  pour 
l'élude  de  celte  dilatation  (Jlg.  34)  (  *  ).  Dans  un  tel  appareil,  la 
quantité  de  gaz  sur  laquelle  on  opère  est  essentiellement  va- 
riable, et  par  conséquent  la  sensibilité  de  Tappareil  n'est  pas 
constante. 


(')  DaloDg  et  Petit  ont  employé  dans  leurs  recherches  un  thermomètre  de 
^|enre  (y7^'.  i?).  C'est  un  vase  plein  d*air  sec  dont  le  réservoir  occupe  toute 
I*  lenteur  du  manchon  et  qui  se  prolonge  par  un  tube  recourbé  et  gradué  GH. 
jvtqo'i  venir  anicurer  à  la  surface  d'un  bain  de  mercure.  Tant  que  la  tempe- 
'^on^  l'éléve,  une  portion  de  l'air  est  expulsée,  et  ce  qui  reste  demeure  à  la 
prcMion  atmosphérique;  quand  elle  est  stationnuire,  on  soulève  la  cuvette 
pour  faire  plonger  Texirémité  H  dans  le  mercure  ;  et,  quand  elle  baisse,  ce 
"i^ture  remonte  dans  l'appareil  à  une  hauteur  que  Ton  mesure.  W  est  facile 
•I«  calculer  ensuite  la  relation  qui  existe  entre  les  deux  états  du  gaz  à  T*  où  il 
aéiéporté  d'al>ord«  et  à  r%  où  on  le  ramène  par  le  refroidissement  :  on  con- 
■•ft»,,  on  en  déduit  T. 


126  THERAiOMÉTIUE.  —  DILATATIONS. 

Dans  un  grand  nombre  de  cas,  on  emploie  un  thermomètre 
identique  à  celui  qui  a  servi  à  Regnault  dans  sa  première  mé- 
thode, pour  rétude  du  coefficient  de  dilatation  de  l'air.  On  se 
rappelle  que  c'était  un  tube  en  verre  jaugé  à  zéro,  plein  d'air 
sec,  ouvert  à  son  extrémité  et  qu'on  échauffait  dans  l'enceinte 
dont  on  voulait  mesurer  la  température  T.  On  le  fermait  à  la 
lampe  en  observant  la  pression  H;  on  le  refroidissait  ensuite 
dans  un  appareil  analogue  à  celui  de  hji^,  3-1  ;  et,  en  cassant 
la  pointe  sous  le  mercure,  il  remontait  d'une  hauteur  h  à  la 
température  de  zéro.  On  voit  que  le  procédé  expérimental  est 
celui  que  nous  avons  décrit  précédemment,  et  Ton  calcule T 
par  la  formule 


D  I  -f-  «T  D 

COMPARAISON  DES  THXSRMOMÉTRES  A  GAZ.  j^Nous  devons  inain- 
lenant  rechercher  si  deux  thermomètre/ à  gaz  construits  dans  1 
des  conditions  dissemblables  donnent  dos. températures  iden- 
tiques.  Pour  le  savoir,  Regnault  en  préparail^deux,  et  iicom^ 
parait  les  résultats  accusés  par  l'un  et  par  l'autre.  Le  premier 
fut  d'abord  chargé  d'air  à  \  atmosphère  environ.  Le  secondfui 
rempli  du  même  gaz  à  la  pression  de  i  atmosphères;  les  coet' 
ficients  moyens  a  et  a'  de  l'air  à  ces  deux  pressions  furent 
préalablement  déterminés  en  plaçant  les  deux  thermomètres 
dans  la  glace  fondante  et  dans  l'eau  bouillante;  puis  les  deu^ 
appareils  furent  plongés  dans  une  enceinte  commune  dontoi» 
éleva  progressivement  la  température.  A  des  moments  déter-' 
minés,  on  rendait  l'échaufTement  stationnaire,  puis  on  obsef" 
vail  les  deux  appareils,  et  l'on  calculait  par  le  moyen  de  cb^^ 
cun  d'eux  la  température  du  bain.  Le  premier  donnait  T,  1^ 
deuxième  T',  et  l'on  reconnut  que  dans  tous  les  cas  ces  tempe' 
ratures  furent  égales.  Les  thermomètres  à  air  sont  donccomp^' 
râbles,  lorsmenie  qu'ils  sont  chargés  d'air  à  des  pressions  trér- 
différentes. 

Regnault  changea  ensuite  le  gaz  de  l'un  des  thermomètres 
il  le  remplaça  successivement  par  l'hydrogène,  l'acide  carbo^ 
nique  et  l'acide  sulfureux;  il  recommença  la  comparaison  de^ 
deux  appareils  et  calcula  T  et  T'  en  introduisant  dans  la  for^ 


MESURE   DES  TEMPÉRATURES.  127 

mule  les  coefficients  a  ei  a'  parliculiers  à  chacun  des  gaz  em- 
ployés. Les  températures  furent  encore  les  mêmes  avec  l'air  et 
l'hydrogène,  avec  Tair  et  l'acide  carbonique,  mais  sensiblement 
inégales,  avec  Tair  etTacide  sulfureux,  comme  on  peut  le  voir 
par  le  Tableau  suivant  : 


Thermomètre  à  air 

-      0" 

1 

cp 

,63 

98: 

• 

,12 

102, 

,45     . 

185, 

,4a 

2/i7, 

•" 

^99: 

,9» 

3io 

,3.- 

Thermomètre  à  acide  salfiireiix. 
.0 


O* 

92,63 

98,12 
102,38 
184,20 
2.54  93 
297,18 
307,41 

Mais,  pour  les  gaz  très  difficiles  à  liquéfier,  on  peut  indiffé- 
remment les  substîKier  l'un  à  l'autre. 

Enfin  il  faut  lenîr  compte  de  rinfiuence  de  la  matière  du 
réservoir;  pour  celaj  Regnault  en  a  modifié  la  substance  et 
comparé  les  *indicî|tions  de  deux  instruments  possédant  des 
réservoirs,  l'wi.en  cristal,  Tautre  en  verre;  tous  deux  étant 
remplis  du  même  gaz,  ils  donnèrent  les  mêmes  résultats,  et 
cela  est  facile  à  comprendre.  11  est  bien  vrai  que  les  dilaialions 
du  verre  et  du  cristal  suivent  des  lois  différentes  et  ne  sont  pas 
proportionnelles  :  mais  le  défaut  de  proportionnalité  de  ces 
deux  dilatations  n'intervient  que  comme  une  cause  d'erreur 
curèmemenl  petite  et  tout  à  fait  négligeable  :  la  différence  (les 
indicjiiions  ne  dépasse  pas  o",5  à  la  lenipérature  de  35o°,  et 
par  conséquent  disparaît  absolument  devant  les  erreurs  inévi- 
tables (le  Texpérience.  Celle  raison  seule  suffirait  à  moliver  le 
choix  du  thermomètre  à  air,  à  l'exclusion  des  ihormomèlres  à 
liquide. 

Après  ces  épreuves,  le  thermomètre  à  air  peut  être  considéré 
comme  un  instrument  parfailement  comparable,  puisque,  en 
variant  successivement  les  éléments  dont  on  le  conipose,  on 
ne  cesse  pas  d'obtenir  la  même  valeur  de  T  dans  des  enceintes 
♦"gaiement  chauffées.  Ce  ihermomèlre  est  donc  irréprochable, 
puisque,  d'une  part,  la  température  qu'il  indique  esl  parfaite- 


ii8  THERMOMÉTRIE.   -  DILATATIONS. 

ment  définie,  et  que,  de  Tautre,  elle  mesure  la  chaleur  qu  i 
absorbe  depuis  zéro  jusqu'à  cette  température.  Mais  il  a  l'in 
convénient,  quelquefois  très  grave,  d'exiger  pour  chaque  me 
sure  de  T,  une  expérience  complète  et  délicate. 

COMPARAISON  DES  THEBMOMÉTRES  A  AIR  ST  A  HERGURE.  —  Pou 

éviter  cet  inconvénient,  Dulong  et  Petit  imaginèrent  de  se  sei 
vir  du  thermomètre  à  mercure  et  de  ramener  les  indication 
de  celui-ci  à  celles  du  thermomètre  à  gaz  par  une  Table  de  coi 
rection.  Us  furent  ainsi  conduits,  pour  construire  cette  Table 
à  comparer  un  thermomètre  à  air  avec  un  thermomètre  à  mei 
cure.  Ils  admirent,  sans  avoir  essayé  de  lé  démontrer,  quec 
dernier  instrument  est  toujours  identique  et  que  la  Table  un 
fois  construite  servirait  pour  tous  les  thermomètres  k  mei 
cure,  quels  qu'ils  fussent.  Ils  placèrent  alors  dans  une  méni 
enceinte  deux  thermomètres,  Tun  à  poids,  l'autre  à  air,  etl( 
chauffèrent  en  même  temps.  Ils  reconnurent  que  ces  instru 
ments  marchaient  d'accord  entre  —  36  et  -f-  ioo«,  mais  qu'a 
delà  l'appareil  à  mercure  était  en  avance*  sur  l'instrument 
gaz.  Nous  avons  donné  (p.  34)  quelques  termes  de  cette  con 
paraison. 

Malheureusement,  la  Table  de  correction  donnée  par  D 
long  et  Petit  ne  s'applique  qu'au  thermomètre  dont  ils  se  so 
servis.  Il  ne  peut  en  être  autrement,  puisque  la  dilatation  a 
parente  du  mercure,  sur  l'observation  de  laquelle  est  fond* 
la  mesure  des  températures,  est  un  effet  complexe  résulta 
dala  dilatation  du  mercure  (élément  invariable)  combinée  av 
la  dilatation  du  verre  (élément  variable).  Regnault  a  monl 
expérimentalement  quelle  est  l'importance  des  discordanc 
que  l'on  peut  ainsi  prévoir. 

Il  recueillit  des  tubes  en  verre,  très  différents  par  leurpr 
venance,  par  leur  composition,  par  leurs  propriétés  physique 
et  qui  avaient  évidemment  des  dilatations  très  inégalés,  puis 
en  fit  des  thermomètres  à  poids.  Il  reconnut  alors  que  ces  ( 
vers  instruments  étaient  loin  de  marcher  d'accord  ;  certair 
dont  les  enveloppes  étaient  de  verre,  différaient  peu  du  the 
momètre  à  gaz,  pendant  que  d'autres,  préparés  avec  du  crisi 
à  base  de  plomb,  marquaient  des  températures  notableme 


MESURE  DES  TEMPÉRATURES. 


129 


plus  élevées.  Ceux  dont  la  composition  chimique  est  la  même 
donnent  sensiblement  les  mêmes  nombres;  mais,  comme  celte 
identité  de  composition  est  rarement  réalisée,  on  n'obtiendra 
qu'avec  difficulté  des  appareils  concordants.  Le  thermomètre  à 
mercure. manque  donc,  dans  les  températures  élevées,  de  la 
qualité  la  plus  essentielle,  celle  d'être  toujours  identique,  et 
Ton  en  jugera  par  le  Tableau  suivant  : 


TElrtlATOBB 

TEMPÉBATDRS  DU  THBBMOMiTRE  A   MERCURE. 

da 
ikerBomèlre 

à  tir. 

CrisUÎl. 

Verre  ordinaire. 

Verre  Terl, 

\eTT&  de  Suède. 

100 

100,00 

100,00 

100,00 

100,00 

lao 

iao,i2 

119,25 

120,08 

120,04 

i4o 

140,29 

i39,85 

140,21 

l4o,lI 

'      160 

160,52 

159,74 

160,40 

160,20 

180 

180,80 

i'79,63 

180,60 

180,33 

200 

201,25    . 

199170 

200,80 

200, 5o 

320 

221,82 

219,80 

221,21 

220,75 

240 

242,55 

239,90 

241,60 

241,16 

260 

263,44 

260,20 

// 

// 

280 

284,48 

280,52 

// 

// 

3oo 

3o5,72 

3oi,o8 

n 

// 

320 

3-27,25 

321,80 

n 

// 

'        35o 

3Ho , 5o 

354 , 00 

n 

// 

Is.  Pierre  (*)  a  été  plus  explicite  encore.  Ayant  comparé  entre 
eux  des  thermomètres  à  tige,  formés  de  verre  ou  de  cristal  et 
construits  avec  le  même  soin,  il  trouva  que  ces  instruments  ne 
sont  point  rigoureusement  d'accord  même  entre  zéro  et  100°. 

Nous  savons  aujourd'hui  que  cet  accord  existe  à  moins 
^^tV^c  degré  près,  mais,  pour  le  manifester,  il  faut  prendi'e 
^es  précautions  spécifiées  page  26  et  que  n^onl  jamais  con- 
nues les  anciens  expérimentateurs. 

I^uisqu'il  paraît  démontré  qu'à  des  températures  très  élevées 
les  thermomètres  à  mercure  ne  sont  point  tous  comparables, 
'1  faut  de  toute  nécessité  rejeter  leur  emploi  dans  ces  conditions. 


(')  Annales  de  Chimie  et  de  Physique^  Z*  série,  l.  V,  p.  .'127;    1842. 
J.,  Chaleur,  —  II.  i"  fasc.  9 


i3o  THERMOMÉTRIE.   —  DILATATIONS. 

Celle  conclusion  est  aussi  insiruclive  pour  l'avenir  qu'é 
fâcheuse  pour  le  passé;  car  elle  nous  avertit  que  dans 
les  travaux  anciens  les  températures  ne  sont  point  déi 
puisque  la  provenance,  la  composition  et  Tétat  du  veri 
thermomètres  nous  sont  inconnus. 

Les  physiciens  emploient  couramment  le  thermom( 
mercure,  entre  —  36  et  -h  100°,  mais  en  prenant  toutes  le 
cautions  qui  ont  été  indiquées  (p.  26),  et  dont  on  ne  s 
plus  se  dispenser,  chaque  fois  que  l'on  a  besoin  de.con 
la  température  en  valeur  absolue.  On  emploie  aussi  que 
fois  le  thermomètre  à  mercure  à  des  températures  notabh 
supérieures  à  100°,  mais  on  commence  alors  par  gradue 
slrument  spécial  que  l'on  emploie  en  le  comparant  avec  le 
momètre  à  air,  et  par  construire  une  courbe  ou  une  Tab 
'permette  de  passer  de  ses  indications  à  celle  du  thermo 
à  gaz. 

MESURE  DES  HAUTES  TEMPÉRATURES.  —  Pour  les  tempén 
supérieures  à  celle  de  Tébullition  du  mercure,  il  faut  née 
rement  effectuer  toutes  les  déterminations  à  Taide  du  th< 
mètre  à  gaz.  Mais  à  une  température  élevée  le  verre  se  rar 
et  il  faut  donner  au  thermomètre  d'autres  enveloppes. 

J.  Prinsep  (')  employait,  dès  187.7,  un  thermomètre 
avec  réservoir  en  or  pour  évaluer  quelques  température 
portantes  :  il  fixa  celle  du  rouge  à  65o*»  et  celle  de  la  fusi 
Targeni  à  environ  1000".  En  i836,  Pouillei  détermina, 
un  thermomètre  à  air  et  à  réservoir  en  platine,  les  tempén 
suivantes  : 

Rouge  naissant 5i5"     \      Orangé  foncé 1 


Rouge  sombre 700 

Cerise 900 


Blanc I 

Diane  éblouissanl 1 


Depuis  cette  époque,  MM.  Henri  Sainte-Claire  Deville  eti 
ont  montré  qu'à  une  très  haute  température  le  platine  d( 


(')  Pri!<8f.p,  Pfiiiowp/tical    TraftsartioNS,  i8j8,   et  j4 finales  de 'Chimi 
Physique^  2«  série,  t.  Xï.,  p.  'i\'^. 


MESURE  DES  TEMPÉRATURES.  i3i 

perméable  aux  gaz  (*).  En  effet,  en  faisant  passer  un  courant 
d^aîr  par  un  tube  de  platine  entouré  d*un  manchon  de  porce> 
Uine  qui  était  rempli  d'hydrogène,  et  en  chauffant  dans  un  four 
le  système  ainsi  préparé,  ils  ont  constaté  que  Thydrogène  pé- 
nétrait dans  le  tube  et  -s'y  combinait  avec  l'oxygène  de  Tair 
pour  former  de  Teau.  Cette  propriété  du  platine  doit  en  faire 
rejeter  l'usage  dans  les  thermomètres  à  air;  aussi  MM.  Deville 
eti'roost  ont-ils  toujours  opéré  avec  des  réservoirs  en  porce- 
laine. La  forme  qu'ils  préfèrent  est  celle  d'un  ballon  sphérique 
d'environ  3oo**  de  capacité,  à  col  court,  verni  sur  ses  deux  sur- 
faces, et  auquel  on  soude,  après  l'avoir  jaugé,  un  tube  capillaire 
en  porcelaine.  Celui-ci' est  mastiqué  dans  un  tube  capillaire  en 
cuivre  qu'on  peut  rendre  aussi  long  qu'on  le  désire  et  qui 
akoutitàla  partie  manométrique  de  l'appareil. 

Pour  employer  des  réservoirs  en  porcelaine,  il  faut  connaître 
Is  dilatation  de  cette  substance.  MM.  Deville  et  Troost  ont  dé- 
terminé le  coefficient  de  dilatation  de  la  porcelaine  de  Bayeux. 
Usonitrouvé  que,  chauffée  au  blanc,  elle  éprouve  une  dila- 
^tion  permanente  par  suite  d'une  vitrification  partielle,  mais 
^ns  que  son  coefficient  normal  soit  sensiblement  changé. 
^  1000  à  i4oo**,  ce  coefficient  se  maintient  entre  o,ooooî6o  et 
0,0000170;  vers  i5oo**,  il  monte  à  0,0000200  et  se  rapproche 
^ela  dilatation  du  verre. 
,  Il  est  bien  évident  que  cette  méthode  ne  peut  fournir  les  va- 
leurs des  hautes  températures  qu'avec  une  approximation  assez 
Niée,  surtout  à  cause  de  l'incertitude  qui  règne  sur  la  valeur 
<lu coefficient  de  dilatation  cubique  k  de  la  porcelaine  à  une 
^îute  température  (2).  Aussi  MM.  Deville  et  Troost  se  sont-ils 
^Fnés  à  conserver  dans  les  résultats  le  chiffre  des  dizaines 
^e  degré;  il  serait  illusoire  de  chercher  une  précision  plus 
grande. 


<')  Detille  et  Troost,  j4nnahs  de  Chimie  et  de  Phjrsique,  3®  série,  t.  LVUI, 
P  JS;;  1860. 

(')  Ce  coefficient  est  déduit  d'une  mesure  de  la  dilatation  linéairp,  et  cette 
"'^xire  elle-même  te  fonde  sur  des  déterminations  de  haute  température  par 
'^  lb«rmomètre  à  air.  Il  faut  donc  employer  pour  celte  recherche  la  méthode 
''^•pproxi mations  successives,  en  évaluant  d'abord  la  température  sans  tenir 
cuQipte  de  la  dilatation  de  l'enveloppe,  etc. 


i32  THERMOMÉTRIE.   —  DILATATIONS. 

MESURE  DES  BASSES  TEMFÉBATUBES.  —  Quand  on  ne  peut  me- 
surer directement,  à  Taide  du  thermomètre  à  air,  les  tempéra- 
tures inférieures  au  point  de  congélation  du  mercure,  on  a  re- 
cours à  des  thermomètres  fondés  sur  la  dilatation  apparente 
dans  le  verre  de  liquides,  tels  que  Falcool,  le  chlorure  de  phos- 
phore ou  le  sulfure  de  carbone,  qui  ne  se  congèlent  qu*à  des 
températures  très  basses.  Beaucoup  d'expérimentateurs  se  sont 
bornés  à  graduer  ces  thermomètres  par  comparaison  aveclin 
thermomètre  à  mercure  étalon,  dans  les  limites  où  les  deux 
sortes  d'appareils  peuvent  fournir  des  indications,  et  ont  pro- 
longé empiriquement  la  graduation  jusqu'aux  températures 
de  —  ioo«  et  au  delà.  Il  est  évident  que  les  mesures  ainsi  ob- 
tenues sont  dénuées  de  toute  signification  théorique.  Aujoui^ 
d'hui  on  ne  saurait  se  dispenser  de  graduer  le  thermomètre 
employé  par  comparaison  avec  le  thermomètre  à  air,  dans  les 
limites  mêmes  où  l'appareil  doit  servir. 

Les  recherches  récentes  sur  la  liquéfaction  des  gaz  réputée 
jusque-là  permanents  ont  donné  un  intérêt  tout  particulier 
la  mesure  des  températures  très  basses.  Dès  qu'un  gaz  s'ap- 
proche de  son  point  de  liquéfaction,  il  cesse  d'obéir  à  la  !(► 
de  Mariolie  et  il  ne  se  prête  plus  à  la  mesure  rigoureuse  de 
températures.  Puisqu'on  a  reconnu  que  tous  les  gaz  sont  11- — ' 
quéfiables,  il  devient  nécessaire  de  trouver  une  définition  nou^ — ' 
velle  de  la  température,  qui  rende  sa  mesure  indépendante  d^ 
la  substance  particulière  qui  sert  à  constituer  le  thermomètre  — 
Nous  verrons  plus  lard  comment  on  y  parvient.  En  attendant'^ 
l'hydrogène,  le  plus  difficile  à  liquéfier  de  tous  les  gaz,  dev 
être  employé  exclusivement  pour  la  classification,  sinon  pou 
la  mesure  exacte  des  températures  très  basses. 

MM.  von  Wroblewski  et  OIzewski  (')  ont  employé  le  ther 
niomètre  à  hydrogène  dans  leurs  travaux  sur  la  liquéfaction 
l'oxygène,  et  ils  ont  reconnu  que  le  point  de  fusion  du  sulfura 
de  carbone  correspond  à  peu  près  à  —  i  io<»,  celui  du  chlorur 
de  phosphore  à  -r- 1  ii",8,  celui  de  l'alcool  (à  96  pour  100) 


(')  V.  Wrublewski  et  Olzewski,  ÎVied.  Âun.y  i.  XX,  p.  2^3;  i883.  Uneanalyi 
détaillée  de  ce  Mémoire  a  élé  publiée  dans  le  Journal  de  Physique,  2*  série ^^ 
t.  Il,  p.  435. 


MESURE  DES  TEMPÉRATURES. 


i33 


—  i3o**,5  du  Ihermomèire  à  hydrogène.  L'oxygène  se  liquéfie 
déjà  à  —  i^9**,6  sous  une  pression  de  27»^"*, 02  et  à  —  i35",8 
sous  une  pression  de  22"*", 02  (*  ). 

THEBHOMËTBES  DIFFÉBEHTŒLS.  —  Le  thermomètre  à  air  se  prête 
aisément  à  la  mesure  de  très  faibles  différences  de  tempéra- 
ture. Le  thermomètre  différentiel  de  Leslie  (//g*.  36)  est  un 
siphon  CABD  terminé  par  deux  boules 
Cet  Dégales  entre  elles,  fermées  et 
pleines  d'afr.  Une  colonne  d'acide  sul- 
farique  coloré  occupe  la  partie  infé- 
rieure AB  et  prend  le  même  niveau 
dans  les  deux  branches  quand  les 
températures  de  C  et  de  1)  sont  les 
mêmes.. Aussitôt  qu'on  échauffe  D, 
Tairse  dilate  et  fait  baisser  le  niveau 
B.  Oo  gradue  cet  appareil  en  plaçant 
les  deux  boules  dans  de  Teau,  en  éta- 
blissant entre  elles  une  différence  de 
température  de  10®,  et  en  marquant  10 
8UX  points  où  se  placent  les  deux  ni- 
veaux et  G  aux  points  A  et  B;  ensuite  on  divise  l'intervalle  en 
'0  parties  d'égale  capacité,  que  Ton  subdivise  en  parties  plus 
petites. 

Soient  V  le  volume  de  l'une  des  boules  jusqu'au  zéro  de  la 
gï^duation;  (/  le  volume  d'une  division  de  la  tige,  h  sa  lon- 
gueur, /  la  température  de  la  boule  la  plus  froide  C,  ^  -h  0  celle 
de  la  plus  chaude  D,  n  l'indication  de  l'instrument,  enfin  H  la 
Pression  initiale  du  gaz  dans  les  deux  boules,  évaluée  en  co- 
lonne du  liquide  qui  occupe  la  tige.  Désignons  par  x  la  près- 
5ïon  de  l'air  dans  la  boule  D.  après  que  l'équilibre  est  établi, 
'-application  successive  de  la  loi  de  Mariotle  au  gaz  contenu 
^ansla  boule  D  et  dans  la  boule  C  fournil  les  deux  équations 


VH 


(V  -f-  nv)x        (V  —  riK^)  {x  —  inh) 


l-r-  Xt  I   -+-  (X(t  -h  6) 


I  -^  <xt 


C)  f^oir  au  Chapitre  de  la  liquéfaction  des  gaz. 


i34  THERMOMÉTRIE.  -  DILATATIONS. 

enlre  lesquelles  il  faut  éliminer  x.  On  effectue  les  cale 

V  h 

Ton  remarque  que  tt  et  yj  sont  des  quantités  très  petites 

V  ri 

les  carrés  ou  les  produits  sont  tout  à  fait  négligeables;  c 
glige  de  même  les  quantités  en  «^  et  Ton  obtient  pour  ^ 
de0 


0 


7.1  V        h\ 


9  est  donc  proportionnel  à  /i.  •*     -  . 

Rumford  a  donné  à  cet  appareil  de  plus  grandes  dimei 
[Jig,  37),  et  il  a  réduit  la  colonne  liquide  à  un  simple 

Fie.  37. 


très  petit  qui  doit  toujours  demeurer  dans  la  branche  ho 
laie  de  Tappareil.  Cet  instrument  se  gradue   comme   le  | 
dent. 
L'application  de  la  loi  de  Mariette  fournit  l'équation 

V  -\-  fw  V  —  nv 


I  -h  a  (t-h  0)        i-\-  xt 
.  d'où,  au  même  degré  d'approximation, 

0  est  encore  proportionnel  à  n. 


MESURE  DES  TEMPÉRATURES.  i35 

» 

Le  thermoscope  de  Rumford  peut  accuser  de  très  faibles 
Yiriations  de  températures. 

THEBMOM&TBE  MÉTASTATIfllUE.  —  Le  thermomètre  à  mercure  se 
prête,  pour  des  objets  spéciaux,  à  une  foule  de  modifications. 
Nous  nous  bornerons  à  signaler  les  plus  intéressantes  : 

Si  Ton  construit  un  thermomètre  dont  le  tube  soit  très 
capillaire  et  dont  la  course  soit  limitée  à  quelques  degrés  seu- 
lement, il  sera  très  sensible,  mais  il  ne  pourra  servir  qu'entre 
des  températures  limites  très  voisines.  Ainsi  il  servira  entre 
léfo  et  5%oii  entre  5  et  i  oo,;suivant  la  quantité  de  mercure  qu'on 
mettra  dans  la  tige.  M.  Walferdin  (  M  a  imaginé  d'enlever  ou  de 
remettre  du  mercure  à  volonté,  ce  qui  rend  l'instrument  propre 
imarquer  5*  à  partir  d'une  température  que  Ton  fait  varier  arbi- 
trairement.  Pour  cela, il  sufQt  de  laisser  au  sommet  une  petite 
chambre  vide  destinée  à  retenir  un  excès  de  mercure  Suppo- 
sons, par  exemple,  qu'on  échauffe  l'appareil  jusqu'à  4o°,  qu'on 
te  retourne  et  qu'on  lui  donne  une  légère  secousse;  on  fera 
tomber  l'excèé  df  mercure  dans  la  chambre,  et  ce  qui  reste  dans 
lî  tige  se  séparera  de  cet  excès  pour  reculer  vers  le  réservoir 
pendant  le  refroidissement.  Alors  l'instrument  se  trouvera  dis- 
posé pour  indiquer  les  températures  depuis  35  jusqu'à  40*".  On 
pourra  le  préparer  de  la  même  manière  pour  toutes  les  autres 
'imites  de  température  qu'on  voudra  mesurer,  et  dans  chaque 
cas  on  le  réglera  par  comparaison  avec  un  thermomètre  étalon. 

M.  Walferdin  a  pu  augmenter  la  sensibilité  du  thermomètre 
encore  davantage.  On  rencontre  quelquefois  des  tubes  dont  le 
calibre  est  si  fin,  qu'il  est  impossible  d'y  introduire  du  mer- 
cure; ces  tubes  sont  ceux  que  choisit  M.  Walferdin.  11  en  fait, 
quoique  à  grand'peine,  des  thermomètres  à  alcool,  qui  ont  une 
chambre  à  leur  sommet  et  qui  contiennent  du  liquide  en  excès, 
^e  façon  que  le  réservoir,  la  tige  et  une  partie  de  la  chambre 
^"  sont  pleins.  Il  introduit  dans  cet  appareil  un  très  petit  glo- 
hule  de  mercure  qui,  chose  fort  singulière,  peut  très  aisément 
s  engager  et  courir  dans  la  lige,  maintenant  qu'elle  est  pleine 


(')  Walferdi^i  ,    Comptes  rendus  des   séances  de  l'Académie  des   Sciences^ 
^UXVIII;  1854. 


■  36  THERMOMËTRIE.   —  DILATATIONS. 

d'alcool.  Quand  on  chauiïe,  il  monie  dans  la  chambre;  quand 
on  rerroidii,  M  descend  dans  le  réservoir,  noais  il  est  toujours 
possible  de  le  Taire  revenir  dans  la  lige  ei  de  l'y  maintenir  à  une 
température  /quelconque.  Si  ensuite  cette  température  s'élèïe 
ou  s'abaisse  de  quantités  même  1res  faibleS)  l'index  monte  ou 
descend  avec  tant  de  rapidité,  que  l'appareil  peut  accuser  an 
millième  de  degré. 

THEBMOMÉTBES  A  KiUMUM  ET  A  MUUMUM.  —  Rutherrord(') 
employait  comme  appareil  à  maximum  un  ihériQomètre  à  mo^ 
cure  ordinaire  AB  ijîg.  38),  gradué  comme  tous  les  autra. 


esBas^gi 


mais  horizontal  et  contenant  dans  sa  lige,  au  delà  de  la  colonne 
mercurielle,  un  petit  cylindre  de  fer  Bque  l'on  voit  agrandi  u* 
B'.  Quand  la  température  s'élève,  l'index  est  chassé  par  \& 
mercure;  quand  elle  baisse,  le  mercure  se  contracte  et  reflux 
vers  le  réservoir;  mais  il  laisse  l'index  au  point  où  il  l'a  poussé 
au  moment  du  maximum. 

Pour  thermomètre  à  minimum,  le  même  physicien  construi* 
sait  un  appareil  à  alcool  CD,  ne  dilTérant  des  autres  que  par  un 
index  d'émail  que  l'on  voit  en  D  et  en  D';  c'est  un  petit  tube 
creux,  ordinairement  coloré,  qui  plonge  dans  l'alcool.  Si  la 
température  croit,  i'alcool  dépasse  l'index  sans  le  déplacer; 
mais,  si  elle  diminue,  le  sommet  de  la  colonne  d'alcool  rétro- 

(')  RtTDUFOKD,  Annalet  de  Chimie  et  Je  Phyiiijue,  i<  «érie,  t.  V,  p.  3i6: 


MESURE  DES  TEMPÉRATURES.  187 

grade»atteintrindexetrentraîneavecluiparadhérencejusqu*au 

point  où  il  se  fixe  au  moment  du  minimum.  Ces  deux  appareils 

ne  peuvent  servir  que  dans  les  observaloires  où  ils  sont  établis 

à  poste  fixe.  Si  Ton  voulait  sonder  à  la  mer  ou  dans  un  puits 

artésien,  les  chocs  déplaceraient  les  index. 

Le  thérmométrographe  de  Six  et  Bellani  indique  à  la  fois 
le  maximum  et  le  minimum  ijig,  39).  Il  se  compose  d'un  ré- 
servoir D  pleîa  d*alcool,  d*un  siphon  DCB  contenant  une 
colonne  de  mercure  CB  et  d*un  tube  droit  BA  où  se  trouvent 
encore  de  Talcool  et  une  chambre  vide  A.  Quand  la  température 
croU,  le  niveau  C  baisse  et  le  niveau  B  monte;  le  contraire  à 
lieu  si  elle  décroît.  Au-dessus  de  B  et  de  C  sont  deux  index 
formés  par  une  ampoule  de  verre  dessinée  à  part  en  F;  elle 
contient  un  cylindre  de  fer  et  se  soutient  dans  Talcool  par  la 
pression  d'un  petit  ressort  de  verre  P.  Quand  l'un  des  sommets 
C  ou  B  s'élève,  l'ampoule  qui  lui  est  superposée  est  chassée 
par  le  mercure  et  s'élève  avec  lui;  mais,  quand  il  baisse,  l'am- 
poule reste  dans  l'alcool  à  l'endroit  où  elle  a  été  soulevée.  On 
^oit  que  l'index  B  marquera  les  maxima  et  (J<ie  C  donnera  les 
n^nima.  Après  chaque  observation,  on  les  ramène  au  contact 
<Ju  mercure  au  moyen  d'un  aimant  qui  attire  les  cylindres  de 
fer  enfermés  dans  chaque  ampoule. 

On  doit  à  M.  Walferdin  (')  des  appareils  plus  sûrs  que  les 
Précédents.  La  tige  du  thermomètre  à  maximum  est  terminée 
P*rune  pointe  fineB  (Jig,  40).  Elle  s'ouvre  dans  une  cavité  à 
panse  C,  où  se  trouve  assez  de  mercure  pour  la  recouvrir 
quand  on  retourne  l'appareil.  En  le  refroidissant  dans  cette 
position  renversée,  le  mercure  monte  dans  la  tige  et  la  remplit. 
Si  l'on  redresse  ensuite  le  thermomètre,  le  mercure  sortira  par 
^a  pointe;  il  tombera  dans  la  panse  quand  la  température  mon- 
^^ï^,  etau  moment  du  maximum  il  affleurera  en  B.  Si  un 
refroidissement  survient,  le  mercure  baissera  et  l'on  pourra 
retrouver  le  maximum  en  réchauffant  le  thermomètre  dans 
'^u  jusqu'à  ramener  le  sommet  du  mercure  en  B.  Mais  on 
peut  opérer  autrement  :  on  détermine  une  fois  pour  toutes  la 
^<>ngueur  constante  du  degré  de  l'instrument  en  le  comparant 


C)  Wàltcbdin,  Bulletin  de  la  Soeiété géologique ^  t.  VII;  i835-36. 


i38  THERHOMÉTRIE.   —  DILATATIONS, 

avec  un  ihermomèlre  élalon  ;  et,  après  chaque  expérier 
pour  trouver  un  maximum,  on  le  place  dans  l'eau.  Su| 
que  cette  eau  soit  à  io°  et  que  le  mercure  s'arrête  en  i 
de  la  tige  distant  de  20°  de  l'extrémité  B.  La  températu 
chée  sera  lo  +  ao",  f 
FiB-  39.  Fis.  40.  Fig.  4i-  faudrait  faire  remontei 
pérature  de  20"  pour  1 
le  mercure  en  B  et  rej 
le  maximum. 

Le  thermomètre  à  m 
(fig.  4i)  a  une  chambi 
rieure,  et  la  tige  pén 
une  pointe  C  dans  le  ré 
11  est  rempli  d'un  exe 
cool,  et  le  réservoir  1 
du  mercure  jusqu'en 
prépare  d'abord  cet 
ment  en  le  refroidiss; 
qu'à  une  températui 
rieure  à  celle  du  m 
que  l'on  veut  observer 
le  renverse;  alors  la  ] 
est  couverte  par  le  n 
qui  pénètre  dans  la  lig 
l'appareil  se  réchauffe 
meure  quand  on  le 
ensuite  dans  sa  posilii 
relie.  Si  maintenant  la  température  baisse,  le  mercure 
dans  la  lige  retombe  dans  le  réservoir;  il  affleure  en  C 
menl  du  minimum,  et,  quand  un  réchauffement  sui 
remonte  et  prend  la  position  AB.  On  trouve,  comme  df 
pareil  précédent,  la  température  du  minimum.  C'est  c 
ramène  le  mercure  en  C. 


THEBllOKÈniES  EUSESISTUIURS.  —  Les  thermomètres 
treurs  ou  thermographes  sont  des  appareils  destinés  à 
un  tracé  graphique  continu,  d'où  l'on  puisse  déduire  I. 
numérique  de  la  température  de  l'air  à  un  moment  quel 


MESURE  DES  TEUPËRA.TCRES.  189 

L'ïppareil  suivant  esl  employé  dans  ce  but,  par  M.  Marié- 
DiTj,  à  l'observatoire  météorologique  de  Montsouris;  nous 
ea  empruntons  la  description  à  l'Annuaire  de  cet  observa- 

■  Le  réservoir  du  thermomètre  est  formé  par  un  tube 
de  cuiTre  mince,  de  3"  de  longueur,  de  S"""  de  diamètre  et 
K|diéen  deux  branches  parallèles.  Du  sommet  de  la  coui^ 
bure  pari  un  long  tube  de  cuivre  capillaire,  qui  vient  dé- 
boucher au  fond  de  la  botte  métalliqueD  {fig.  43),  plisséeàsa 

Fie.  4a. 


Pfliesupérieure  et  dont  on  a  réduit  le  plus  possible  l'épaisseur, 
pow diminuer  sa  capacité  intérieure.  Le  tout  est  exactement 
Koipli  d'alcool  rectifié.  La  bolie  esl  surmontée  d'une  tige  a 
•^uieau,  et  un  fil  d'acier  recourbé  à  ses  extrémités  relie  ce 
'^leiu  à  l'un  des  couieaux  d'un  coOrt  Iléau  de  balance,  muni 
^  l'aiguille  d'aluminium  chargée  d'inscrire  les  variations  de 
iWBpérature  sur  le  cylindre  mù  par  un  mouvement  d'horlogerie. 
U  longueur  du  bras  de  levier  correspondant  à  la  boite  peut 
^le  réglée  par  une  vis  de  rappel,  de  manière  que  2""°  par- 
courus par  la  pointe  de  l'aiguille  correspondent  à  1°.  Quand  la 
lempéraiure  monte,  l'alcool  est  reToulé  dans  la  boIie  et  aug- 
■"«nie  son  épaisseur  :  l'aiguille  monte.  L'inverse  a  lieu  dans  le 
^scontraire.  La  capacité  de  la  boite  esl  une  très  faible  partie 
'1'  la  capacité  du  tube,  afin  de  diminuer  la  correction  qui 

(')  A»iuuiire  Je  l'Obiervaioire  de  lUoneiouris  pour  l'an  1S77,  p.  iGtj. 


i4o  TllE«aOMÊTRIE.  -  DILATATIONS. 

résullerail  d'une  diiïérence  dans  les  lempéralures  des  deox 
parties  de  l'instrumenl.  a 

Ce  genre  de  ihermomèlres  permet  de  placer  le  réservoir  lossi 
loin  qu'on  veut  des  bâlimenls  où  se  irouve  placée  la  portior 
indicatrice  de  l'appareil.  Il  exige  l'emploi  d'une  Table  de  cor- 
rection, due  à  l'inégale  dilatabilité  de  l'alcool  aux  diverses 
températures- 

THEUOMiTBES  ■ÉTilUflUEB.  —  Ailleurs  on  emploie  coinme 
thermomètres  enregistreurs  des  thermomètres  métalliques  for- 
més de  deux  liges  de  métaux  inégalement  dilatables,  fer  H 
cuivre  par  exemple,  Qxés  ptr 
*''"■  ^^'  un  bout  et  agissant  par  leurs 

extrémités  libres  sur  un  le^er 
indicateur  ('). 

Le    thermomètre    métallique 
de   Bréguet  est  fondé  sur  on 
principe  analogue.  On  le  con- 
struit en  composant  une  liine 
^^^^^  avec  trois  métaux  soudés  :  le 

jM  IP^^^p^^^l^:  platine,  l'or  et  l'argent,  3upe^ 

■fi^    ifc.^.  7T?'?i5sil^fc     posés   par  ordre   croissant  J* 
dilatabilité.    On    amincit  celK 

feuille   au  laminoir  et  l'on  « 

^^"~    ■  détache  un  ruban  très  étroit* 

très  mince  que  l'on  enroule  c 
spirale.  On  suspend  ensuite  cette  spirale  à  un  support  {fig.  4^ 
et  l'on  attache  à  son  extrémité  une  aiguille  qui  parcourt  l< 
divisions  d'un  cadran.  Si  l'argent  est  à  l'intérieur,  toute  au| 
mcntation  de  température  fait  délordre  la  spirale,  toute  dim 
nution  la  fait  tordre  davantage,  et  l'aiguille  marche  dans  u 
sens  ou  dans  un  autre,  suivant  que  l'appareil  s'échauffe  ou  s 
refroidit.  Comme  la  spirale  a  très  peu  de  masse,  elle  parta) 
et  accuse  à  la  fois  tous  les  changements  de  température. 

Tous  les  appareils  de  ce  genre  ont  un  défaut  commun,  c'e 
qu'ils  ne  sont  jamais  rigoureusement   comparables  à  eu 


(')  f 


ER,  Jnn.  de  Pog, 


ttdorff,  t.  CUV;  iB; 


MESURE  DES  TEMPÉRATURES.  iji 

mêmes.  Les  solides  non  cristallisés  subissent  en  effet,  sous 
llnfluence  des  variations  fréquentes  de  la  température,  desmo- 
diflcalions  moléculaires  lentes,  et  ne  reviennent  pas  exacte- 
DteaU  leurs  dimensions  primitives,  quand,  après  un  certain 
Upsde  temps,  ils  se  retrouvent  à  la  même  température  :  ce 
SODI  les  modifications  subies  par  l'enveloppe  du  verre  du  Iher- 
momèlre  à  mercure  qui  produisent  le  déplacement  du  zéro 
que  nous  avons  étudié  précédemment.  Mais  les  différences 
obsenées  sont  autrement  graves  dans  les  appareils  purement 
nétilliques. 


-  On  désigne  sous  le  nom  Ae  pyromètres  des 
ippareils  destinés  à  Tournir  sur  les  températures  élevées  des 
indications  approximatives. 

Wedgwood  (  '  ),  ayant  remarqué  que  l'argile  séchée  éprouve 
pendant  s^  cuisson  un  retrait  d'autant  plus  grand  que  la  lem- 
péniure  &  laquelle  on  la  porte  est  plus  élevée,  imagina  de  faire 
Krvirce  retrait  à  la  mesure  de  la  température.  Il  disposa  deut 
r^es  BA,  DC  {Jig.  44)  faisant  un  angle  très  petit  et  portant 

Fie.  i>\- 


des  divisions  de  6  en  A,  et,  pour  les  rendre  moins  longues,  il 
disposa  CD  et  EF  de  manière  à  représenter  le  prolongement 
••«sdeux  premières  règles.  Ensuite  il  prépara  de  petits  cylindres 
''«file  séchée  et  leur  donna  une  dimension  telle,  qu'ils  s'en- 
fonçaient jusqu'à  la  division  zéro  dans  la  rainure  comprise  entre 
ABeiCD.  Quand  on  chaulTaii  un  de  ces  cylindres  dans  un 
fcjer  ei  qu'après  son  refroidissement  on  le  replaçait  entre  les 
^Sles,  il  y  avançait  davantage.  Jusqu'à  la  division  n.  On  disait 
slofs  que  la  température  du  foyer  était  de  n  degrés  du  pyro- 

I')  WubwOOD,  Traiiiactloni  p!uloiopl,i./iies,  p.  3o5,  17a.  «t  p.  318;  i^Si. 


i42  THERMOMÉTRIE.  -  DILATATIONS. 

mètre.  En  supposant  qu'il  soit  construit  d*une  manière  tou 
jours  identique  et  que  l'argile  soit  toujours  la  même,  cet  a|> 
pareil  peut  servir  d'indicateur;  mais  il  n'est  point  raccordi 
avec  réchelle  thermométrique.  A  la  vérité,  Wedgwood  avai 
essayé  de  le  faire;  il  avait  trouvé  SSo*"  pour  son  point  zéroe 
72*  pour  la  valeur  de  chaque  degré  pyrométrique,  mais  ces 
nombres  ne  méritent  aucune  confiance. 

On  a  également  abandonné  les  pyromètres  fondés  sur  ief 
dilatations  du  platine,  de  l'argent  ou  d'autres  métaux^  ces  dila- 
tations n'étant  point  proportionnelles  aux  températures  quanc 
celles-ci  vont  en  croissant.  Tous  ces  appareils  sont  remplacés 
avec  avantage  par  le  thermomètre  à  air. 


MESURE  DES  POIDS,  DES  DENSITÉS,  ETC.  143 


CHAPITRE  VI. 

MESURE   DES    POIDS,    DES    DENSITÉS 
ET   DES   VOLUMES. 

Comection  des  poids  marqués.  —  Corrections  des  pesées.  --  Poids  do 
rean. 

Densité  des  solides;  i"  par  la  balance  hydrostatique;  ^''par  le  procédé  du 
flacon;  3*  par  Taréomètre  de  Nicholson.  —  Densité  des  liquides  : 
I*  par  la  balance  hydrostatique  ;  a""  par  le  procédé  du  flacon  ;  3°  par 
raréomètre  de  Fahrenheit.  —  Aréomètres  à  poids  constant.  —  Volu- 
mèlres.  —  Aréomètres  de  Baume.  —  Alcoomètre  centésimal. 

îfesuredela  capacité  d'un  vase.  — -  Tableaux  de  densités. 


Tout  corps  perdant  dans  Tair  un  poids  égal  à  celui  du  gaz 
îu'il  déplace,  il  faut  distinguer  entre  le  poids  réel(P)  qu'il 
'ttwiidans  le  vide  el  le  poids  apparent  P  qu'il  conserve  dans 
to.  Le  premier  est  constant,  mais  le  second  est  essentielle- 
•ïïeni  variable  :  i**  parce  que  le  volume  de  l'air  déplacé  change 
fl'iand  le  corps  se  dilate  ou  se  contracte;  2*»  parce  que  la  pres- 
^•on,  la  température  et  l'étal  hygrométrique  de  l'atmosphère 
varient  d'un  moment  à  l'autre  et  font  varier  sa  densité 

Celle  perle  de  poids  se  fait  sentir  à  la  fois  et  inégalement 
^^f  les  substances  que  l'on  pèse  et  sur  les  poids  marqués 
^'^xquels  on  les  compare;  d'où  il  suit  que  par  la  balance  on  ne 
•^"'ique  constater  l'égalité  entre  les  poids  apparents  de  deux 
^^T>sei,  puisqu'ils  sont  inégalement  variables,  le  résultat  de 
''pesée  change  avec  les  circonstances  atmosphériques.  Il  faut 
'*<^nc,  après  avoir  équilibré  un  corps  avec  un  poids,  i**  savoir 
Wleest  la  valeur  actuelle  de  ce  poids  dans  Tair;  2°  calculer 
Wl  serait  le  poids  vrai  qu'aurait  le  corps  dans  le  vide. 

^ttlECnOH  DES  POIDS  MAROUÉS.  —  Un  poids  n'ayant  de  valeur 
"ïcque  dans  le  vide,  sa  marque,  c'est-à-dire  le  chiffre  écrit  sur 


i44  THERMOMÉTRIE.  —  DILATATIONS. 

sa  surface,  ne  doit  représenter  que  celte  valeur;  suppose 
évaluée  en  grammes  et  désignons-la  par  (P).  Dans  Tair,  ce; 
est  égal  à  P,  et  si  nous  représentons  par  i^  (i  -h  kt)  son  vo 
en  centimètres  cubes  au  moment  de  la  pesée  et  par  a  le  ] 
de  I"  d'air  atmosphérique  au  même  instant,  nous  aurons 

P=(P)-t;(i-f-A-0(i; 

et  en  appelant  d  le  poids  spécifique  à  zéro  par  rapport  à 
à  4''  de  la  matière  qui  constitue  le  poids, 

(I)  P:^(P)J^,-.«(,H_fr/)j. 

Nous  verrons  dans  la  suite  que  le  poids  de  i**  d'air  sec  à 
et  à  760'""  est  égal  à  o«%  00 12932;  par  conséquent,  à  /•  et 
une  pression  H,  on  aura 

«^■".ooi^oSa    ir 
a= . 

I  -h  xt      760 

Mais  Tair  atmosphérique  n'est  jamais  exempt  d'humidité, 
compose  de  deux  parties  :  l'une  qui  est  de  l'air  sec  et  d( 
pression  est  II  — /;  l'autre  qui  est  de  la  vapeur  d'eau  et 
la  tension  est/.  Or,  nous  verrons  également  que  cette  v; 
pèse  g  de  fois  autant  qu'un  même  volume  dair  qui  aur 
température  t  et  la  pression  /;  le  poids  a  sera  donc  éga 
somme  des  poids  de  cet  air  sec  et  de  celte  vapeur  ou  à 

o»'",ooi2C)32  H  —  /       ")  o»'".ooi2q3'.>.     f 


I  -h  Oct  'jGo  s  l  --r  Oct         760 

et  enfin 

o<"",ooï2q32   h  —  î  f 

a  = r-î^' 

I  -i-  (Xt  760 

Si  nous  remplaçons  dans  l'équation  (1),  il  vient 


(2)  P  =  lP)     I 


0«%OOI2q32     i  -^-  kt  II  —  '1  f 
d  1  -h  a/       760 


On  voit  à  la  rigueur  que,  pour  calculer,  à  un  moment  d 
la  valeur  apparente  P  dans  l'air  d'un  poids  marqué  (P), 


MESURE  DES  POIDS,  DES  DENSITÉS,  ETC.  i4'> 

connaître  rf,  A-,  H,/ et  t{  *  ).  Mais  on  peut  remarquer  que  la  den- 
sité (/de  la  matière  du  poids  étant  toujours  très  grande,  la 
correction  sera  toujours  très  petite  et  que  les  variations  qu'elle 
éprouvera  par  les  changements  atmosphériques  seront  des 

fraciions  tellement  petites  de  —  ,  ^ —  qu  on  peut  les  né- 
gliger quand  on  ne  veut  pas  pousser  Texactitude  des  pesées  à 
ses  dernières  limites  (^)  et  qu'on  se  contente,  par  exemple, 
d*une  approximation  de  l"•^  On  posera  donc 


(P) 


(■ 


Ob^,OOl5!C)32' 


OU,  pour  abréger, 

(3) 


F^(P)(,-.(r). 


Voici  quelles  sont  les  valeurs  de  o-  pour  les  divers  métaux  ; 
on  verra  que  la  correction  est  faible  pour  les  poids  en  platine 
(h  perte  de  poids  de  i''»  est  seulement  de  59'"»%6),  pour  Talu- 
roinium,  elle  atteint  484°™*',^  par  kilogramme. 


Plaline ^1,7       o  ,0000596 

Mercure...   13,696    0,0000951 
Plomb 11,445    0,0001129 


d  <r 

Argent....   10,54  0,0001227 

Laiton...    .     8,40  0,0001539 

Aluminium.     2,67  0,000484'^ 


GOKBECnOirS  DES  PESÉES.  —  Soient  (X)  et  X  les  poids  vrais 
^l  apparents  d'un  corps,  d'  sa  densité  et  /r'  son  coefficient  de 
^lilaiaiion;  on  aura,  d'après  la  formule  (1), 

X  =  (X)[i--|-(,-+-/r'/)J. 

I-  On  opère  par  la  méthode  des  pesées  simples. 


\  )  On  tiouvcra  dans  les  Travaux  du  Bureau  international  des  Poids  et  Me- 
""'ft,  t.  Ij  {r*  Partie,  p.  A.  55,  des  tables  donnant  tous  les  éléments  nécessaires 
F^nr  le  calcnl  exact  du  poids  de  i'*^  d'air  atmosphérique  entre  o**  et  3o**. 

D  Pour  les  pesées  de  haute  précision,  on  consultera  avec  fruit  un  Mé- 
■oifedeM.  Marek  sur  X^i  pesées  dans  les  Travaux  et  Mémoires  du  Bureau 
"^^^natioaal  des  Poids  et  Mesures^  t.  1",  V'  Partie,  D,  1881.  Mous  y  renver- 
"»"»  le  lecteur. 

^•»  Chaleur.  —  U,   i*'  fasc.  10 


i46  THERMOMÉTRIE.  —  DILATATIONS. 

On  équilibre  le  corps  avec  un  poids  marqué  (P)  placé  c 
l'autre  plateau  de  la  balance  et  dont  le  poids  apparent  est 


P=(P)['-5('  +  frf)]- 


En  écrivant  que  les  poids  apparents  appliqués  aux  deux  1 
de  levier  /'  et  /  de  la  balance  ont  des  moments  égaux, 
trouvera  (X)  par  la  formule 

(X)=(P)i:— ^ 

i~J(i-f-A-7) 

II.  On  opère  par  la  méthode  des  doubles  pesées. 
1°  On  équilibre  le  corps  avec  une  tare  dont  la  densité  es 
le  coefficient  de  dilatation  /x  et  le  poids  réel  (tt).  On  a 

(X)/'[l-^(l-t-/f7)]=(.r)/[l-?(l  4-/^0]. 

2°  On  remplace  le  corps  dans  le  premier  plateau  par 
poids  dont  la  marque  est  (P);  mais,  la  température  de  c 
nouvelle  pesée  différant  généralement  de  celle  de  la  premi 
t  devient  tf ,  a  se  change  en  a',  et  l'on  a 

(P)^'[i-^(n-fr^')]=(7:)/[i-^(i-^M0]; 
en  divisant  ces  deux  équations  l'une  par  l'autre,  on  obliei 

(X)r-(P)    ^ ? 

On  voit  que  la  double  pesée  fait  disparaître  l'erreur  qui 
vient  de  l'inégalité  des  deux  bras  de  levier  t  et  /,  mais  qu 
nécessite  une  correction  nouvelle,  par  suite  delà  variation 
poids  apparents  de  la  tare,  du  corps  et  des  poids. 

Si  les  conditions  d'humidité  et  de  température  de  l'ati 


MESURE  DES  PO[DS,  DES  DENSITÉS,  ETC.  147 

sphère  ne  changent  pas  sensiblement  (*  )  dans  Tintervalle  des 
deux  pesées,  ce  qui  est  généralement  vrai,  t  est  égal  à  ^  et  a 
à  a'.  L'équation  précédente  se  réduit  à 

(X)  =  (P)-   "^ 


i-|(i  +  fr'0 


Toutes  les  fois  que  d  sera  approximativement  égal  à  d%  c*est- 
à-direque  la  densité  du  corps  sera  sensiblement  égale  à  celle 
du  poids  marqué,  on  peut  admettre,  à  cause  de  la  petitesse 

de  À- et  de  k\  que 

(X)  =  (P); 

*dans  ce  cas,  le  poids  vrai  du  corps  sera  sensiblement  égal  à  la 
marque  du  poids  (P)  et  il  n'y  aura  aucune  correction  à  faire. 
Mais,  lorsque  d  différera  beaucoup  de  rf,  il  faut  calculer  (X) 
paria  formule  précédente  ou  par  la  suivante,  dans  laquelle  on 
néglige  la  variation  de  la  perte  éprouvéepat  le  poids  marqué  : 

(X)  =  (P)-      '""^ 


i-^(i^k't) 


La  limite  de  précision  que  Ton  se  propose  d'atteindre  dans 
chaque  pesée  individuelle  détermine  la  manière  d'opérer  cl 
'a  formule  que  Ton  emploie  pour  les  corrections. 

WID8DE  L'EAU.  —  A  4"»  »'*"  d'eau  pèse  1^';  par  conséquent, 
a  celle  température,  le  poids  d'une  quantité  donnée  d'eau 
^^xprime  en  grammes  par  le  même  nombre  que  son  volume 
^n  ceniimétres  cubes, 

^  ^,  le  volume  devient  r^  =  (^4  (i  -^  A^),  et  l'on  a 

(P)=    "' 


IH-A,' 


\  )  On  &c  souYieiit  que  les  pesccs  se  font  d'urdiiiuirc  dans  Tair  sec;  do  lu 
CMux  ri»e  ou  du  chlorure  de  calcium  fundu  sont  déposes  à  cet  elfcl  dans  lu 
«C«  de  la  balance. 


i48  TIIERMOMÉTRIE.   -  DILATATIONS. 

on  prendra  pour  valeurs  de  i  -f- Ar  les  nombres  inscrits  dan 
dernière  colonne  du  tableau  de  la  page  62  (*  ). 

Toutes  les  fois  qu'on  plongera  dans  l'eau  un  corps  don 
poids,  la  densité,  le  volume  à  zéro  et  le  coefficient  de  dilatai 
seront  (P),rf,  i^,/f,  il  perdra  un  poids  égal  à  celui  de  Te 
déplacée  et  deviendra 


,  I  -4-A 

ou     i^a  —  r : 


Ces  formules  nous  serviront  pour  la  mesure  des  densités 
pour  les  jaugeages. 

MESURE  DES  DENSITÉS. 

Rappelons  que  la  densité  d'un  corps  par  rapport  à  Teau 
le  rapport  de.  sa  masse  à  celle  d'un  égal  volume  d'eau  à  4°* 
un  même  lieu,  les  masses  sont  proportionnelles  aux  poids 
par  suite,  la  densité,  considérée  est  le  rapport  du  poids 
corps  à  celui  d'un  égal  volume  d'eau  pris  à  4"(^)-  Si  don 
est  le  volume  du  corps  à  zéro,  il  devient  t^(i-h  kt)  à  ^,  el 
poids  d'un  égal  volume  d'eau  à  4"  est  i^{\-\-kt).  On  a  de 

dc  = 


r  (  I   -r-  kt) 


On  voit  que  la  densité  d'un  corps  change  avec  sa  températu 
à  zéro  elle  est. 


et  l'on  a  en  gênerai 


<!,=     ' 


1-+-A/ 


On  connaîtra  la  densité  de  quand  on  aura  mesuré  d  eik; 
comme  nous  avons  déterminé  le  coefficient  A*,  il  suffit  de  tr 
ver  la  densité  d  à  zéro.  En  général,  quand  nous  parlerons 


(')  roir  aussi  les  Tablt^n  do  M.  Broch,  Travaux  du  Bureau  inCernationai 
Poids  et  Mesures^  t.  X,  p.  63  A. 

(')   /'o/V,  t.  I"",  les  deHiiiliofis  de  la  densité  et  du  poids  spécinquc. 


Fig.  45. 


MESURE  DES  POIDS,  DES  DENSITÉS,  ETC.  149 

densité  à  ravenir,  ce  sera  toujours  cette  densité  d  que  nous 
voudrons  désigner  et  que  nous  allons  mesurer. 

SOISITÉ  DES  SOLIDES.  —  I.  Par  la  balance  hydrostatique,  — 

On  suspend  par  un  fil  très  délié  au  plateau  d'une  balance  le 

corps  dont  on  veut  mesurer  la  densité  d 

ii'&-'{^)  et  alors  I®  on  l'équilibre  avec 

de  la  grenaille;  2»  on  le  remplace  par 

des  poids  marqués  (P);  3*  on  le  plonge 

dans  Teau  et  Ton  ajoute  dans  le  plateau 

qui  le  porte  des  poids  (  P')  pour  rétablir 

l'équilibre.  La  tare,  pouvant  être  consi- 
dérée comme  invariable,  fait  équilibre  à 
^un  effort  constant  cj,  appliqué  au  cou- 

leau  qui  supporte  le  second  plateau.  Cet 

effort isj  est  égal  dans  les  trois  opérations  : 
I*  Au  poids  apparent  vd  —  v{i-{-  kt)  a 

du  corps 

71  =  frf—  v{i-\-kt)a\ 

2*  A  la  valeur  dans  Tair  du  poids  mar- 
qué qui  remplace  le  corps 

7t==(P)(i-(T); 

3'  Au  poids  vrai  vd  du  corps,  diminué  du  poids  vrai  d'un 

^§al  volume  d'eau — —t — et  augmenté  du  poids   apparent 

additionnel  (F)  (1  —  7). 

,       ('(i-f-Zr/)       ,^,,, 
^"^^^ r— T— 4-(P')(i-cr). 

I  -r-  >Ac 

^n  lire  de  ces  trois  équations 

Vd  —  V  {l  -^  kt)  a=:  {?)  {l--  (7), 

v{\-^kt) 


ei  enfin 


\-\-\t 


—  V  {i  -^  kt)  a—  {?')  {\  —  7) 


(P)   ,^kt      (P)-(P-),        ,,. 

a  =  -rrr:  : rr: (  I  -+-  kt)  a, 


^P')   I 


(P') 


i5o  THERMOMÉTUIE.  —  DILATATIONS. 

OU  bien,  en  négligeant  les  quantités  du  second  ordre, 


(F; 


(F) 


Il  faut  avoir  soin  de  n'employer  à  Timmersion  que  de 
distillée  et  prendre  un  fil  de  suspension  assez  délié  pour 
puisse  négliger  le  poids  du  liquide  qu'il  déplace  et  assez 
lier  pour  que  Taclion  capillaire  qu'il  exerce  sur  le  liquid 
constante. 

II.  Procédé  du  flacon,  —  On  souffle  à  la  lampe  d'éma 
un  petit  flacon  à  parois  minces,  à  goulot  large,  qui  se  feri 

moyen  d'un  bouchon  creux  rodé  à  Témeri  ( 
se  continue  par  un  prolongement  tubulairc 
fin  {fig.  4^)  sur  lequel  est  tracé  un  trait  < 
père.  On  commence  par  remplir  le  flacon 
à  zéro  jusqu'au  trait  de  repère.  Pour  cel 
plonge  le  flacon  dans  un  vase  plein  d'eau  ( 
lée  et  on  le  bouche  sous  l'eau  ;  on  le.  porl 
suite  dans  la  glace  et,  quand  il  en  a  pris  la 
pérature,  on  enlève  la  quantité  d'eau  excé 
jusqu'au  trait  de  repère  à  l'aide  d'un  tortilh 
papier  Joseph.  On  relire  alors  le  flacon,  on 
suie  et,  quand  il  est  revenu  à  la  températui 
dinaire,  on  le  porte  sur  la  balance  et  l'on  place  à  côté  < 
le  corps  dont  on  veut  trouver  la  densité;  puis  on  tare  av 
la  grenaille.  Cette  tare  7:  fait  équilibre  au  poids  apparent 
flacon  et  de  l'eau  qu'il  contient,  augmenté  du  poids  app 
vd'-v{\-\-  kt)  a  du  corps, 

T.^=Y'^vd—v{\-\-kt)a. 

7."  On  remplace  le  corps  par  des  poids  marqués  (P)  d( 
valeur  apparente  est  (P)  (i—  o-), 

7:=zF-f-(P)(i-(j). 

3**  On  plonge  le  corps  dans  le  flacon  (fig.  47)>on  re 
celui-ci  d'eau  et  on  le  porte  sur  la  platine  de  la  ma< 
pneumatique;  il  suffit  de  quelques  coups  de  piston  pour 


MESURE  DES  POIDS,  DES  DENSITÉS,  ETC.  i5i 

cher  les  bulles  d'air  adhérenles  au  corps  solide  immergé.  On 
achève  ensuite  le  remplissage  à  zéro  comme  nous  Tavons  ex- 
pliqué ci-dessus.  Le  corps  occupe  à  zéro  le  volume*'  et  prend 

!     la  place  d'un  poids  d'eau v-j  Ao  étant  la  dilatation  de  l'u- 

k  niié  de  volume  d'eau  mesurée  à  4°»  de  4**  à  zéro.  Le  volume 
d'air  déplacé  par  le  flacon  est  d'ailleurs  demeuré  invariable  et, 

'  pour  rétablir  l'équilibre,  il  a  fallu  ajouter  un  poids  apparent 
(P')(i— a).  La  tare  fait  équilibre  à  ce  nouveau  système, 

;j  =  F-h  i^rf- — ^  4- (P')(i- cr). 

U  reste  à  éliminer  tt  —  F  et  (?)  entre  ces  trois  équations.  On 

obtient 

,      (P)       1  (P)_(P') 

ou,  avec  une  approximation  suffisante, 

(P)                    (P)-(P^)^ 
(P^  {^) — 

III.  Procédé  de  raréomêtre,  —  Dans  le  troisième  procédé, 
une  balance  est  inutile;  on  la  remplace  par  l'aréomètre  de  Ni- 
cholson  (*)  qui  n'est,  à  proprement  parler,  qu'une  balance 
assez  précise.  C'est  un  vase  creux  et  léger  B  {fig.^^),  de  cuivre 
ou  de  fer-blanc  verni;  il  est  surmonté  par  une  lige  mélallique 
fiûe,  terminée  par  un  bassin  D  qui  a  la  forme  et  l'usage  d'un 
plateau  de  balance,  et  enfin  lesté  par  un  poids  C  qui  le  lient 
en  équilibre  verticalement  dans  l'eau  et  sur  lequel  on  voit  un 
second  bassin  horizontal  qui  pourra  recevoir  des  corps  pe- 
sants. Placé  sur  l'eau,  cet  appareil  plonge  parliellement,  et 
s  enfonce  progressivement  quand  on  le  charge  de  poids  gra- 
^^"ellement  croissants.  Pour  un  poids  a,  il  affleure  jusqu'à  un 
^•^û  A  marqué  sur  la  tige;  ce  poids,  qui  est  à  peu  près  con- 
stant, et  ce  trait  A  se  nomment  poids  et  point  d'affleurement. 

C)  NiCHOLSO?!  (Winiam),  A  description  of  a  new  instrument  for  mcasuring 
^^  tpecific  gravit  y  of  bodies^  I7B5;  Mémoires  de  la  Société  de  Manches  ter , 
*•  ",  p.  386. 


iSn 


THERMOMÉTfllE.  —  DILATATIONS. 


FIE-  47- 


Voyons  maînlenant  comment  cei  appareil  pourra  no 
ner  la  densité  d'un  corps  de  poids  P.  Nous  plaçons  celu 
la  coupe  supérieure  et  nous  ajourons  ce  qu'il  Taut  < 
notés  p  pour  amener  l'afllei 
en  \;  en  ce  moment  la  charj 
est  t'  -hp,  elle  est  égale  au  pt 
fleuremeni  a;  on  a  donc 


Sans  rien  changer  à  l'appareil 
lève  le  corps  qui  était  sur  la  < 
on  lo  place  dans  le  liquide  su 
sin  C;  il  perd  un  poids  P'  qui  i 
d'un  égal  volume  d'eau,  ce 
remonter  l'aréomètre;  on  aj( 
poids  en  I)  jusqu'à  reproduire 
rement,  et  ces  poids  sont  éga 
La  densité  d  se  calcule  par  la 


Quand  la  tige  est  très  mi 
moindres  variaiions  de  poids  ! 
pour  augmenter  ou  diminuer  beaucoup  la  hauteur  de 
rement;  aussi  l'appareil  de  Nicholson  est-il  une  bah 
sensible,  dont  on  pourrait  tirer  un  bon  parti  si  elle  n'é 
mise  à  des  causes  de  perturbation  inéviiabJes,  et  en  ps 
a  des  actions  capillaires  ('  ),  qui  se  produisent  le  long  ( 
et  de  la  pointe  conique  du  corps  B  et  contre  les  p: 
vase  :  c'est  un  instrument  qui  donne  rapidement  la 


■I  chargé  Je  ta^nn  que 


(')  Q..nd  I, 
Jeasoii*  île  la  poinlc  du  cûne,  el  qu'on  ajt 
produire  ruflleuremi^nt  eiict,  l'appareil 
trouver  aubmergù  si  l'on  n'enloTiil  un  p< 
d'ajouter.  Cet  elTel  eit  dl)  k  l'nuBnieiitiiti 
parte  liquide  aur  le  cercle  de  conlnct  de 
l'alBeurcmenl,  quund  on  paue  du  cAne  à 


MESURE  DES  POIDS,  DES  DENSITftS,  ETC.  i53 

;iinatîve  d'un  corps,  ce  n'est  pas  un  appareil  de  haule 

on. 

îfaîl  donc  à  peu  près  illusoire  de  corriger  de  l'effel  des 

ions  les  résultais  fournis  par  cet  aréomètre. 

IITÉ  DCS  UftUIDES.  —  I.  Par  la  balance  hydrostatique,^ 

suspend  à  l'un  des  plateaux  d'une  balance  un  corps 

)nque  inattaquable  par  Teau  et  par  le  liquide»  dont  la 

é  est  d  et  le  volume  v{  i  -h  kt).  On  a  l'équilibre  par  une 

71  =  rrf—  r(n-  kt)a. 

On  plonge  le  corps  dans  l'eau  et  l'on  compense  la  perte 
lids  qu'il  éprouve  par  un  poids  additionnel  (P)  dont  la 
rdans  l'air  est  (P)  (i  —  o-), 

t:  zzzç'd—  V  --^.-  -f-  (P)  (i  —  c). 

On  plonge  le  corps  dans  le  liquide  dont  on  veut  trouver 
nsité  X  et  dont  la  dilatation  est  A'^;  on  ajoute  un  poids 
ionnel  (P')  pour  achever  l'équilibre,  et  l'on  a 

1  combinant  ces  trois  équations, 


I  --  0-), 


^'(' -^  ''^^{tt^,  ~ "")  ^-  ■  *") (' " ^)' 


(F)  i^A;   ^       (P)_(F) 

(P)    i-^Ar  (P)  ^  ^ 

>proximativement 

(P'),         ..       .,       (P)-(P) 
^=  (P)('--^r-A,)-i-  ^p-^ a. 

•  Procédé  du  flacon.  —  Cette  méthode  est  la  meilleure  de 


i5. 


THERMOMÉTRIE.    -  DILATATIONS. 


Fig.  48. 


celles  que  Ton  connaîl;  elle  offre  l'avantage  den*exigerqu*un 
peilte  quantité  du  liquide  que  Ton  étudie.  On  doit  opérer  de  1 
manière  suivante,  comme  Ta  fait  Regnault  (  *  ). 
Le  flacon  est  formé  par  un  tube  mince  de  verre,  prolong 

par  un  conduit  étroit  et  terminé  pa 
un  goulot  large  que  l'on  ferme  avec 
un  bouchon  rodé  {fig.  48).  On  remplil 
cet  appareil  jusqu'au  repère  (^),  puis 
on  le  plonge  dans  la  glace  fondante 
ety  sans  le  laisser  se  réchauffer,  oi 
enlève  avec  un  tortillon  de  papier 
Joseph  tout  le  liquide  qui  dépasse  an 
trait  marqué  sur  la  tige.  De  cette  om- 
nière,  on  introduit  toujours  dans  le 
flacon  un  même  volume  v  de  liquide 
à  zéro  et  dont  le  poids  est  vx  si  la 

densité  est  x,  ou  bien  r— siceli- 
quide  est  de  l'eau.  On  fait  les  pesées 
comme  précédemment,  et,  en  négli- 
geant les  variations  que  la  perte  de 
poids  du   liquide  éprouve  dans  l'ai^ 

en  se  réchauffant  pendant  les  pesées,  on  trouve  les  équalior 

suivantes  : 


on  en  tire 


7r  =  F-+- 


Vtty 


I  -H  Ao 

7r  =  F  4- (^  j:  —  t'a  -4-  ( P' )  ( I  —  0-) , 
7r  =  F-t-(P)(i-(7); 


X 


(P)-(P')    1 


(P) 


Au 


(P)    ' 


(')  Rf.gnaclt,   Annales  de  Chimie  et  de  Physique^   3*  série,    t.  IX, 
i8'|3. 

(^)  On  remplit  ce  Oacon  à  l'aide  d'un  entonnoir  capillaire  qui  tr.* 
partie  eflilée  ,  l'air  contenu  dans  le  flacon  s'échappe  par  l'espace  annu 
téricur.  De  même,  on  vide  le  flacon  par  un  siphon  capillaire,  l'air  s' 
par  le  siphon,  le  liquide  s'échappe  par  l'espace  annulaire. 


MESURE  DES  POIDS,  DES  DENSITÉS,  ETC.  i55 

>u  approximativement 

(P)-(F)  (?') 

— (P) —  (^-■^^•)    cpy 

Quand  on  veut  déterminer  la  densité  d'ui\  liquide  aisément 
décomposable»  et  qu*il  est  nécessaire  d'opérer  très  rapide- 
ment, on  ne  peut  s'astreindre  à  exécuter  toutes  les  manipula- 
Uons  précédentes;  on  prend  alors  un  (lacon  à  goulot  moyen- 
nement large  dont  le  col  porte  un  point  de  repère.  On  remplit 
le  flacon  jusqu'à  ce  trait  et  on  le  ferme  avec  un  bouchon  à 
l  témeri.  Dans  ce  cas  on  ne  refroidit  pas  à  zéro,  et  les  équations 
qui  donnent  la  densité  x  sont  un  peu  plus  compliquées  quo 
les  précédentes.  On  a,  en  désignant  par  Ar  la  dilatation  de 
l'unité  de  volume  d'eau  de  4"  à  /*»,  A^  celle  de  Tuniié  de  vo- 
lume du  liquide  de  zéro  à  /*»,  par  k  le  coefficient  de  dilatation 
cubique  du  verre, 

r=:FH — ^ T— ^  -'V{\-\-Kt)ay 

7:  =  F  4-  ^^^  ^^!^  ^  -  (^(i  -f-  A-O  fl  -H  (P^)  ('  -  g^» 
I  -h  A^ 

z=F-f-  (P)(i-îr); 
'ïoù Ion  tire 

^(,  ^  ut)[^-^  -  a)  -  (P)  (I  -  (7), 


ei  enfin 


^-     (P)     rrA--^(P)^("-^^'^' 


ou,  au  degré  d'approximation  suffisant, 

{V\  —  fP')  (PM 

^'  faut  donc,  pour  effectuer  la  correction,  connaître  au  moins 


i56  THERMOMÉTRIE.   —  DILATATIONS. 

d*une  manière  approximative  la  dilatation  A',  du  liquide  que 
l'on  étudie. 

III.  Procédé  de  V aréomètre.  —  L'aréomètre  de  Fahren- 
heit (*)  (yïg'.  49)  6si  ^ou^  semblable  à  celui  de  Nlcho1son;oo 


Fîg-   49- 


le  fait  ordinairement  en  verre.  On  le  pèse  d'abord  dans  un^ 
balance  :  il  a  un  poids  A;  on  le  plonge  ensuite  dans  le  liquida 
et  Ton  y  ajoute  un  poids  p  pour  reproduire  rafdeurement  % 
alors  l'appareil  pèse  k-r-p,  et,  puisqu'il  est  en  équilibre,  c^ 
poids  est  celui  du  liquide  déplace. 

En  répétant  la  même  expérience  avec  Feau,  il  faut  un  poid^ 
additionnel  y?';  A  -\- p'  est  le  poids  d'un  volume  d'eau  égalJ^ 
celui  de  l'aréomètre,  et  Ton  a 


A  -r  // 


Cet  aréomètre  n'est  pas  un  appareil  assez  précis  pour  qu'il 
y  ait  intérêt  à  effectuer  les  corrections  relatives  à  la  dilatation. 


(')  Fabrbnheit,  Philosophical  TriUisaclionSt  t.  XXXIII,  p.  i4o. 


dESnilE  DBS  POIDS,  DES  DENSITËS,  ETC.  i5; 

n  emploie  quelquefois  une  qualrième  méthode  qui  est 
ment  simple  et  commode  et  qui  n'exige  aucune  pesée: 
Toodéesur  le  principe  des  vases  communiquants.  Deux 
longés  verticaux  CE,  DF  (fig.  5o),  fixés  sur  une  même 
divisée,  descendent  verticalement,  se  recouri>ent  vers 


F!b.  50. 


1  deux  branches  ascendantes  plus  courtes  qui  se  réu- 
:n  .\.  On  verse  dans  l'un  de  l'eau  pure  et  dans  l'autre 
e  qu'on  veut  lui  comparer;  on  obtient  ainsi  deux  co- 
iquides  séparées  l'une  de  l'autre  par  un  espace  plein 
nprimé  en  A;  et,  si  l'on  fait  en  sorte  que  les  deux  ni- 
ans  cei  espace  soient  les  mêmes  des  deux  côtés,  le^i 
)  des  liquides  au-dessus  de  ces  points  dans  les  grandes 


i38  THERMOMÉTBIE.  -  DILATATIONS. 

branches  soni  en  raison  inverse  des  densités;  on  a 

rf_A' 

I  "  /i' 
Le  dispositif  de  l'appareil  peut  être  différent  (fig.^i 


deux  tubes  plungetit  séparément  par  leur  base  dans  des 
A  el  B  ijue  l'on  remplit  des  deux  liquides;  ils  sont  réui 
le  haut  et  mis  en  rapport  avec  une  petite  pompe  aspiran 


ESURE  DES  POIDS,  DES  DENSITÉS,  ETC.  169 

ent  où  l'on  fait  le  vide,  les  deux  niveaux  s'élèvent 
E  et  en  F  ;  et,  s'ils  sont  les  mêmes  dans  les  godets, 
urs  EA  et  FB  sont  encore  en  raison  inverse  des  den  - 

hode  employée  par  Dulong  et  Petit  pour  obtenir  la 
absolue  du  mercure  est  encore  une  variante  de  ce 


TBE8  A  F0ID8  COmiAIT  (  *  ).  —  Les  aréomètres  de  Fah- 
t  de  Nicholson  sont  disposés  de  manière  à 
îr  toujours  d'une  même  quantité  dans  les         "' 
:  ce  sont  des  appareils  à  volume  constant.        ^^ 
barge  d'ailleurs  de  poids  différents  pour 
e  même  affleurement  dans  les  divers  H- 
ils  sont  donc  à  poids  variable.  On  a  con- 
lutres  aréomètres  f vec  des  conditions  in- 
i  volume  variable  et  à  poids  constant.  Ce 
tubes  de  verre  (fg.  S9.)  lestés  dans  le  bas 
)lomb  ou  du  mercure,  renflés  en  M  au-' 
u  contre-poids,  et  terminés  par  une  tige 
ue   AB    dont  le  diamètre    extérieur   est 
gulier  que  possible.  Celle  lige  esi  creuseei 
ir   une  bande  de  papier  collée  à  l'inté- 
graduation  de  l'appareil.  Plongés  dans  dif- 
iquides,  ces  inslrumenls  aflleurenl  à  des 
inégales;  ils  peuvent conséquemmentser- 
s  usages  multiples  que  nous  allons  faire 


TBE8.  —  ils  peuvent  servir  à  mesurer  les  densités  des 
Plongeons  l'un  d'eux  dans  l'alcool,  par  exemple  ;  il 

son  poids  P,  puisqu'il  flotte,  et  c'est  le  poids  du  vo- 
i  l'alcool  qu'il  déplace  ;  plongé  dans  l'eau,  c'est  encore 

poids  P  qu'il  perd,  mais  c'est  un  autre  volume  / 


ttribue  d'ordinaire  rinvention  de  cette  sorte  d'aréomètre  à  Hy pa- 
rait au  iv*  siècle.  11  semble  toutefois  que  des  appareils  de  ce  genre 
té  employés  par  Archimèdc. 


i6o  THERAIOMÉTRIE.   —  DILATATIONS. 

qu'il  déplace.  Comme  les  densités  sont  en  raison  in 
volumes  occupés  par  un  même  poids»  on  a 

La  seule  chose  qu'il  y  ait  à  faire  pour  graduer  l'in 

sera  donc  de  mesurer  et  de  marquer  sur  la  tige  le 

compris  entre  chaque  point  et' la  base  de  l'aréomètre 

Pour  avoir  ces  volumes  aisément  et  sûrement,  il 

donner  à  l'appareil  une  forme  géc 
simple;  c'est  dans  ce  but  que  < 
sac  (  *  )  prit  un  tube  de  verre  sar 
ment,  choisi  parmi  les  plus  cyl 
{fig,  53).  Il  le  fermait  en  A  et  traç 
surface,  à  partir  de  la  base»  des 
équidislantes  qui  sont  proportionn 
volumes  ;  il  y  versait  ensuite  la  qi 
mercure  nécessaire  pour  le  faire 
dans  l'eau  jusqu'au  point  loo  et  ( 
sommet  à  la  lampe.  Supposons 
sirument  afileure  dans  un  liquide 


Fig.  53. 

A 


Fig.  55. 


im 


70. 


JO 


60  i_ 


40L 


30. 


2II_ 

r 


t&o 


too 


À, 


i 


100 


sion  75,  la  densité  sera  —7-  ->  et  ei 


100 


n 


75 


Tel  qu'il  est  figuré  ci-contre, 


ne   peut  mesurer    que    les   dens 
grandes  que  celles  de  l'eau;  mais 
çanl  le  point  100  un  peu  plus  bas  c 
longeant  la   division  au-dessus, 
être  employé  pour  les  liquides  moins  denses  que 
voit  que  l'appareil  ne  mesure  pas  directement  les 
mais  les  volumes  du  môme  poids;   il  se  nomme  v 
pour  celle  raison.  Mais  il  est  très  facile  de  faire  à  V 
calcul  de  la  densité  correspondant  à  chaque  aflleur 
d'en  inscrire  la  valeur  à  cùlc  de  chaque  division. 
Bien  que  la  forme  des  aréomètres  soit  généraler 


(•)  Voir  Traie (' Je  Phfsique  de  Biol,  t.  I". 


MESURE  DES  POIDS,  DES  DENSITÉS,  ETC.  j6i 

compliquée,  on  peut  les  graduer  lous  comme  le  volumètre  pré- 
cédent; seulement  le  renflement  qu'ils  portent,  et  qui  est  des- 
tiné à  les  rendre  moins  longs,  rend  l'opération  plus  difficile. 
Voici  comment  on  peut  opérer.  On  leste  l'instrument  avec  un 
contre-poids  provisoire  qui  le  fait  affleurer  dans  l'eau  au  bas 
delà  tige  et  lui  donne  un  poids  total  p.  On  y  ajoute  ensuite 
des  quantités  p,  ip  de  mercure,  ce  qui  double  ou  triple  le 
poids,  et  aussi  les  volumes  plongés  dans  Teau.  Ainsi  les  trois 
tffleurements  successifs  correspondent  à  des  volumes  i,  a,  3. 
On  y  marquera  les  divisions  5o,  loo,  i5o  {fig.5^);  on  divisera 
les  Intervalles  qui  les  séparent  en  5o  parties  égales,  et  enfln  on 
donnera  à  l'appareil  un  poids  définitif  2/7.  Il  s'arrêtera  au 
|N)bt  boo  dans  Teau,  et  on  l'emploiera  comme  le  volumètre 
précédent. 

lllinitTBES  DE  BAUME  (*  ).  L'aréomètre  ayant  cette  propriété 
d'enfoncer  plus  ou  moins  dans  les  liquides  différents  est  émi- 
nemment propre  à  donner  des  indications  sur  leur  composi- 
tion. Les  acides  à  divers  degrés  de  concentration,  les  sirops 
pins  ou  moins  chargés,  les  alcools  plus  ou  moins  mêlés  d'eau 
peuvent  être  étudiés  par  ce  procédé.  Baume  gradua  d'une 
Dïînière  uniforme  un  appareil  marquant  zéro  dans  l'eau  et  i5 
^«ns  un  liquide  composé  de  i5  parties  de  sel  et  85  d'eau.  La 
division  était  ensuite  prolongée  au  delà.  Cet  appareil  marque 
^dans  l'acide  sulfurique  monohydralé,  36  dans  l'acide  azo- 
^ue,  etc.  Quand  il  faut  comparer  des  substances  moins  denses 
Que  l'eau,  on  fait  inversement  la  graduation  :  on  marque  zéro 
'^s  une  dissolution  à  ^^  de  sel  marin  et  10  dans  l'eau,  puis 
on  prolonge  la  division  en  remontant;  c'est  le  pèse-liqueur  qui 
indique  36  dans  l'alcool  du  commerce.  Cet  instrument  est 
^s  répandu;  malheureusement  les  indications  qu'il  fournit 
8<>ni  purement  conventionnelles  et  ne  rappellent  rien  ni  de  la 
'lensité  ni  de  la  composition  des  liquides  qui  lui  sont  soumis. 


(')  Bâché,  Avant-coureur,  1768,  n""  4«''>  ^o»  ^»>  ^2,  et  1769,  n*  2;  voir  aussi 
^i^nu  de  Pharmacie  de  Baume.  On  consultera  avec  profil  au  sujet  de  cet 
*PP*fcil  une  Brochure  Sur  ta  'vérification  de  l'aréomètre  de  Baume,  par 
**Bcnheloi,  Coulier  et  d'Almcida;  Paris,  1873. 

^•1  Chaleur.  —  H,   i*'  fasc.  11 


162.  THERMOAiÉTRIE.   —  DILATATIONS. 

ALGOOMÈTBS  GEHTÉSIKAL.  —  Gny-Lussac  (*)  fit  de  l'arà 
mètre  une  application  plus  rationnelle  :  il  le  gradua  de  manièi 
à  indiquer  d*une  manière  précise  les  proportions  d'eau  et  d*a 
cool  absolu  que  renferment  les  mélanges  du  commerce.  C 
appareil  est  connu  sous  le  nom  (L^ alcoomètre  centésimal. 

On  prépare  divers  mélanges  en  mettant  dans  des  vases  gr 
dues  o»io;o,2o;  o^So,...,  i  ,00  d*alcool  absolu,  puis  on  achè^ 
de  les  remplir  avec  de  Peau  distillée,  ce  qui  fait  un  volume  u 
tal  égal  à  I .  On  plonge  d'abord  Taréomètre  dans  Talcool  al 
solu,  on  le  leste  de  façon  qu'il  s'y  enfonce  en  totalité  et  To 
marque  100  au  point  d'aftleurement.  On  le  plonge  ensuite  suc 
cessivement  dans  les  divers  mélanges,  et  sur  les  affleuremenl 
successifs  on  marque  la  proportion  d'alcool  en  volumes  qu 
les  dissolutions  contiennent,  c'est-à-dire  10,  ^o,  3o,....L€ 
divisions  que  l'on  obtient  de  cette  manière  ne  sont  pas  égales 
mais,  comme  leurs  différences  ne  sont  pas  fort  grandes,  on  le 
subdivise  en  10  parties  équidistantes,  et  l'on  admet  que  I 
volume  d'alcool  d'une  solution  est  exprimé  en  centièmes  pi 
le  numéro  d'ordre  du  trait  affleurant.  Ainsi,  quand  il  est iS,! 
liqueur  contient  -^  de  son  poids  d'alcool. 

Toutes  ces  déterminations  ont  été  faites  à  i5  degrés;  maisi 
question  se  complique  quand  la  température  varie,  car  lesdeii 
sites  changent  et  changent  inégalement  pour  les  différents  m< 
langes.  La  graduation,  qui  était  exacte  à  i5®,  cesse  de  l'être 
d'autres  températures.  Alors  Gay-Lussac  a  étudié  les  varij 
tions  de  Tappareil,  les  a  réduites  en  Tables,  et,  quand  onvei 
avoir  l'analyse  exacte  d'un  mélange  alcoolique,  on  prend:  i*l 
température,  2°  le  point  d'affleurement,  et  l'on  cherche  dan 
un  barème  calculé  la  proportion  d'alcool.  C'est  sur  ces  indi 
cations  que  l'on  perçoit  les  droits  de  douane  proportionnelle 
ment  à  l'alcool  contenu  dans  le  liquide. 

Un  alcoomètre  étant  difficile  à  graduer,  on  a  étabH  d'abor 
un  étalon  auquel  se  rapportent  tous  les  autres.  Soit  AB  ce 
étalon  {fg,  55).  Si  l'on  construit  un  appareil  plus  petit,  ( 
que  A'  et  B'  soient  les  affleurements  dans  l'eau  et  dans  l'alcoe 


(')  Gat-Lcs8AC,    VOIP  Instruction  pour   l'usage   de  i'alcoom^tre  cenlétitnê 
Paris,  182^. 


MESURE  DES  POIDS,  DES  DENSITÉS,  ETC.  i63 

déterminés  directement,  les  divisions  intermédiaires  devront 
partager  proportionnellement  AB  et  A'B'. 

On  construit  sur  un  carton  la  figure  ABO,  dont  la  base  re- 
présente Talcoomètre  étalon,  et  Ton  place  en  A'B',  parallèle- 
ment à  AB,  une  feuille  de  papier  sur  laquelle  sont  tracées  les 
divisions  extrêmes  A'B';  on  marque  les  divisions  intermé- 
diaires aux  points  d'intersection  des  secondes  avec  A'  B'  :  il  ne 
reste  qu'à  rouler  la  feuille  de  papier  A'B',  à  Tintroduire  dans 

Fig.  55. 


f|||£i: 


BV 


A-^~'" 


B 


ë 


h  lige  creuse  de  l'aréomètre  et  à  la  fixer  à  la  cire,  de  façon 
que  ses  extrémités  soient  en  regard  des  points  d'affieurement 
déjà  marqués  sur  la  tige. 

IB8UBEDE  LA  CAPACITÉ  D'UH  YASG.  —  On  a  vu,  en  s'occupant 
des  dilatations,  combien  il  est  important  de  connaître  exacie- 
roenila  capacité  d'un  vase.  Cette  question  se  présente  à  chaque 
P^sdans  la  Physique,  et  Ton  ne  peut  la  résoudre  avec  préci- 
sion qu'en  y  introduisant  les  mêmes  corrections  que  dans  la 
mesure  des  densités. 

On  pèse  le  vase  plein  d'eau  à  /*>  et  l'on  a,  comme  précédem- 
™€niï  en  disignant  la  tare  par  tt. 


7r:=F-+- 


—  u{i  -+-  kt)a. 


On  vide  le  vase  et,  le  remettant  dans  la  balance,  on  y  ajoute, 
pour  rétablir  l'équilibre,  un  poids  apparent  (P)  (i  —  g-), 

7r=F-+-(P)(i-(T). 


i64  THERMOMÉTRIE.   —  DILATATIONS. 

En  retranchant  ces  équations,  on  obtient,  pour  déterminer  v^ 
la  relation 

Cette  méthode  atteint  une  précision  très  grande  quand  la 
capacité  que  Ton  veut  mesurer  estconsidérable;  si^  par  exemple, 
elle  est  égale  à  i^^*  et  que  la  balance  soit  sensible  à  i^v,  Ter- 
reur ne  dépasse  pas  le  volume  de  i"^  d'eau,  c'esi-à-dire  i"* 
et  n'atteint  que  la  ^oo}ooo  partie  delà  capacité  totale.  Cette  e^ 
reur  serait  relativement  très  grande  s'il  s'agissait  de  jauger  ua 
tube  capillaire  dont  le  volume  total  fût  comparable  à  i"**' 
Mais  on  augmente  la  sensibilité  de  la  méthode  en  jaugeant   ^ 
avec  du  mercure;  l'équation  précédente  devient,  dans  ce  cas, 

D  et  Af  représentant  la  densité  et  la  dilatation  du  mercure.  &^ 
le  tube  a  été  rempli  à  zéro,  on  a  plus  simplement 

<'(D-a)  =  (P)(i-(r). 

Dans  la  plupart  des  cas,  on  pourra  négliger  a,  qui  est  beaucoup 
plus  petit  que  D,  puisqu'il  est  égal  à  0,001293.  Si  Ton  veuts^ 
rendre  compte  de  la  précision  des  mesures  que  Ton  exécuta 
ainsi,  il  suffit  de  remarquer  qu'une  balance  sensible  à  \^^ 
apprécie  un  volume  de  mercure  pesant  i^^^'et  qui  est  j^tV*^ 
ou  o"""So7. 

Densité  des  principaux  corps  simples  à  t état  solide  i,^)- 

....  \  fondu 2,5o 

Aluminium...  <  ,      .   ,  \ 

\  lamino 2,67 

Antimoino 6,702  à    6,86 

Argent iOî47     à  10, 54 

Arsenic  sublimé 5 ,75 

„.       .,  i  fondu 9,8 

Bismuth <  ,        ....  ^'   « 

(  travaille 9,75 

Bore  cristallisé 2 ,  68 

('•  "»  Tableau  dressé  d'après  les  nombres  du  Dictionnaire  de  Chimie  dû  Yfurti  " 


MESURE  DES  POIDS,  DES  DENSITÉS,   ETC.  m 


nsité  des  principaux  corps  simples 

fondu 

laminé 

anthracite 


Cadmium. 


Carbone. \  diamant 


( 


I 


Chrome. 


graphite 

ordinaire 

cristallisé 

Cobalt  (fondu) 

P  .  j  déposé  électriquement. 

j  laminé 

\  fondu 

)  laminé 

\  fondu 

(  forgé 


Étain. 


Fer 


Iode 

Iridium  fondu 

Lithium 

Magnésium . . . 


Manganèse 

Mercure  solide. 


Nickel. 


Or 

Osmium.. . 
Phosphore 

Platine. . . . 


\  fondu 
(  forgé. 
\  fondu. 
}  écroui 


\  fondu . . 

)  martelé. 

Plomb : . . . . 

Potassium 

Sélénium  cristallisé 

Silicium  graphitoïde . . . 

Sodium 

Soufre  prismatique. . . . . 

Tellure 

Thallium 

Tungstène 

Uranium 

\  fondu  . . 
'  "  \  martelé 
Zirconium  cristallisé. . . 


ZiDc. 


à  l'état  solide  (suite) 

8,60 

8,69 

1,3     à     1,8 

3,52     à    3,53 

2,1     à    2,2 

ô 

6,8 

8,68 

8,91 

8,95 

7,285 

7,293 

7,25 

7,4     à    7,9 

4,498 

21, i5 

0,59 

1,75 

7,i38  à  7,206 

14,391 

8,279  à  8,38 

8,666  à  8,82 

19,258 

19,367 

21 ,3  à  21 ,4 

1,83 

21,  !5 

21,7 

II ,352  à  11,445 

o,865 

1,46  à  4,509 

a, 49 

0,972 

1,98 

6,258 

I 1 ,862 

18  environ 

18,4 

6,862 

7,2 

4,i5 

i66  THERMOMÉTRIE.   -  DILATATIONS. 

Densité  de  divers  minéraux  (  «  ). 

Ambre i  ,06  à  1,11 

Béryl 2,67  à  2,71 

Corindon 4 

Quartz 2,65 

Émeraudo • 2,69  à  a, 74 

Idocrase 3,37  à  3,39 

Malachite 3 ,9a  à  4 

Obsidienne 2 ,36 

Rubis  spinelle 3 ,55  à  3 ,61 

Tourmaline 3,o3  à  3,i3 

Topaze 3,5i  à  3,55 

Albâtre  calcaire 2,69  à  2,78 

»       gypseux 2,26  à  2,32 

Basalte 2,78  à  3, 10 

Granité 2,63  à  2,75 

Gypse 2,17  à  2 ,20 

Marbres  calcaires 2 ,65  à  2 ,74 

Autres  solides. 

Flint-glass 3,33 

Verre  de  Saint-Gobain 2,49 

Porcelaine  de  Sèvres 2,14 

Bois  de  hêtre o,85 

Sapin o  ,63 

Peuplier o ,  38 

Liège 0,24 

Densité  de  quelques  liquides. 

Eau  à  4° 1 ,000 

Acide  cyanhydrique o  ,696 

Aldéhyde o,8o5 

Huile  d'olive 0,91 5 

Alcool o,8i5 

Esprit-de-bois 0,821 

Essence  de  térébenthine o  ,870 

Eau  de  mer i  ,026 

(*)  D'après  Damour  (voir  Annuaire  du  Bureau  des  Longitudes^  i8$5,  p.  6 
à  610). 


MESURE  DES  POIDS,  DES  DENSITÉS,  ETC.         167 

Densité  de  quelques  liquides  (suite). 

Acide  nitrique i ,  5 1 7 

Sulfure  de  carbone i  ,298 

Acide  sulfureux >  ï49i 

Protochlorure  de  phosphore 1 ,616 

Mercuramyle i  ,663 

Acide  sulfurique 1,8^1 

Bichlorure  d'étain 2 ,  267 

Mercu/éthyle 3 ,069 

Brome 3,187 

Alcool  thallit|Uti 3 ,5o 

Mercure i3 ,596 


i68  THERMOMÉTRIE.  -  DILATATIONS. 


CHAPITRE  VIL 

DE  LA   DENSITÉ  DES  GAZ. 

Mélhode.de  Biot  et  Arago.  —  Méthode  de  Regnault.  —  La  densité d» 
gaz  est  variable  avec  la  pression  ;  —  avec  la  température.  —  Mesot* 
indirecte  do  la  dilatation  des  gaz.  —  Poids  d*un  volume  de  gaza  zff<> 
et  760"".  —  Poids  d'un  volume  de  gaz  sec  ou  humide  à  /*  et  à  la  pres- 
sion H.  —  Variation  du  poids  des  gaz  avec  la  latitude  ou  raltitode. 


On  appelle  ordinairement  densité  d'un  gaz  le  rapport  de  S^ 
masse  à  celle  d*un  égal  volume  d'air  pris  dans  les  mêmes  ciT' 
constances  de  température  et  de  pression,  ou,  ce  qui  revient 
au  même,  le  rapport  des  poids  correspondants. 

Défmie  avec  celle  généralité,  la  densité  ne  peut  être  un 
nombre  constant;  car,  si  Ton  prend  à  zéro  et  à  76o"*  lespoid6 

p  eip'  d'un  même  volume  de  gaz  et  d'air,  la  densité  sera  -^; 

mais,  si  l'on  élève  leur  température  jusqu'à  t"  et  leur  pression 
jusqu'à  H,  ces  gaz  se  dilateront  et  se  comprimeront  inégale* 
ment.  Par  suite,  les  volumes  qui  étaient  égaux  cesseront  de 
l'être,  ou,  ce  qui  revient  au  même,  le  rapport  des  poids  de 
volumes  égaux  changera,  et  la  densité  variera  avec  /  et  H. 
Cependant,  comme  la  loi  de  Mariotte  est  sensiblement  vraie 
pour  la  plupart  des  gaz  et  que  leurs  divers  coefficients  de  dila- 
tation sont  à  peu  près  égaux  dans  des  limites  assez  larges,  leur 
densité  éprouve  des  variations  généralement  assez  faibles  pour 
qu'on  les  puisse  négliger.  Néanmoins,  pour  rester  dans  des 
termes  plus  exacts,  nous  ne  supposerons  pas  que  la  densité 
d'un  gaz  soit  constante,  et  nous  la  mesurerons  dans  un  cas 
bien  défini,  en  prenant  le  rapport  des  poids  de  volumes  égaux 
de  ce  gaz  et  d'air  à  la  température  de  zéro  et  sous  la  pression 
de  760» 


kinin 


Fig.  56. 


DENSITÉ  DES  GAZ.  169 

linODE  DE  BIOT  ET  ABAGO  (  *  )•  —  Après  cette  définition,  nous 
allons  étudier  les  procédés  qui  ont  été  employés  pour  obtenir 
ces  densités.  Le  premier  travail  précis  fut  exécuté  par  Biot  et 
Ârago:  en  voici  le  principe.  On  prend  un  ballon  de  verre  à 
robinet  dont  la  capacité  est  de  5  ou  6***  [fîg.  56). 
On  y  fait  le  vide  et  on  le  pèse.  Ensuite  on  le 
remplit  de  gaz,  et  Taugmentation  de  poids  est 
égale  au  poids  du  gaz  introduit.  On  répète  la 
même  opération  avec  Tair,  et,  en  divisant  Tun 
par  l'autre  les  poids  du  gaz  et  de  Tair  qui  ont 
successivement  rempli  la  capacité  du  ballon, 
00  obtient  la  densité.  Cette  méthode  est  celle 
du  flacon.  Rien  n'est  plus  simple  en  principe, 
mais  rien  n'est  plus  compliqué  en  fait,  comme 
OD  va  le  voir  par  les  détails  que  nous  allons 
donner. 

1**  Pour  ne  laisser  dans  le  ballon  aucune 
trace  d'air  ou  d'humidité,  on  y  fait  le  vide  et 
on  le  remplit  alternativement  plusieurs  fois  de 
suite  avec  le  gaz  sec  dont  on  veut  trouver  la 
densité;  puis,  ayant  fait  une  dernière  fois  le  vide  avec  le  plus 
grand  soin,  on  ferme  le  robinet  en  mesurant  au  même  moment, 
par  un  thermomètre  placé  tout  près  du  ballon  et  par  Téprou- 
vette  de  la  machine  pneumatique,  la  température  /  et  la  pres- 
sion A  du  gaz  resté  dans  Tinlérieur.  Le  poids  de  cette  quantité 

de  gaz  est  — r-  -77-  ?  si  l'on  désigne  par  x  le  poids  inconnu 

du  même  gaz  qui  remplirait  le  même  ballon  à  zéro  et  à  760""». 

^*  On  suspend  le  ballon  ainsi  préparé  au  plateau  d'une  ba- 

ï^nce  sensible  et  l'on  trouve  un  poids  apparent  (P')  (i  —  a).  Il 

est  évident  que  le  poids  vrai  (P)du  ballon  est  égal  à  (P')(i—  o-) 

diminué  du  poids  du  gaz  resté  qui  est  — ~ 

tnenté  du  poids  E  de  l'air  déplacé 

x(i-\-kt)    h 


760 


j  et  aug- 


(P)  =  (P')(l-(7)- 


I  4-  a  ^      760 


E. 


(')  BiOT  et  Abaco,  Mémoires  de  l'Académie  des  Sciences;  1806. 


i;o  THERMOMÉTRIE.  -  DILATATIONS. 

Pour  calculer  E,  on  note,  au  moment  même  de  la  pesée  :  i*li 
pression  atmosphérique  H';  2*»  la  température  f  ;  3®  la  force 
élastique/'  delà  vapeur  d'eau.  L*atmosphère  étant  alors  com- 
posée d'air  sec  dont  la  pression  est  H'  — /,  et  de  vapeur  dont 
la  tension  est  /*',  le  poids  perdu  est 

i-hat  760  ' 

X  désigne  le  poids  de  Tair  normal  qui  remplirait  le  ballon  à  zéro 
et  e  la  perte  de  poids  de  la  matière  du  ballon  ;  nous  la  sup- 
poserons constante,  à  cause  de  sa  faible  valeur. 

En  remplaçant  E  dans  Téquation  précédente,  le  poids  (P) 
du  ballon  vide  et  pesé  dans  le  vide  sera 

(P)^(P>)(.-,).^.rC-Hfrn(H'-i/)_^(.4-froA^, 

^  ^  ^  i-hat  760  i-Ha^76o 

3"  On  remet  le  ballon  en  communication  avec  la  source  du 
gaz  qu'on  laisse  entrer  en  ouvrant  le  robinet.  Le  ballon  se 
remplit  à  une  température  T  et  sous  une  pression  H'';  il  con- 

tient  maintenant  un  poids  total  de  gaz  — ^^ t=-^  -^-  • 

^  ^         i-^  af      760 

4**  On  cherche  de  nouveau  le  poids  apparent  (  P^)  (i  —  a)do 
ballon;  on  observe  comme  précédemment  la  pression  baro- 
métrique H'*',  la  température  r,  la  force  élastique/*,  et  Ton 
calcule,  comme  on  Ta  fait  tout  à  Theure,  le  poids  vrai  du 
ballon,  qui  est 

^    ^       V      ^^  /        i^oct^         760  i-f-ar    760 

En  retranchant  ces  deux  valeurs  de  (P)  Tune  de  l'autre,  on  a 
la  relation 


0  =  [(P"')-(P')](,-<7)  +  ^ 


f6o  \  I  -ha/  1  -h  ocr       } 


DENSITÉ  DES  GAZ.  171 

^commencera  ensuite  la  même  série  d'opérations  en 
sani  le  ballon  avec  de  Tair  sec;  elles  se  feront  absolu- 
i  la  même  manière  et  conduiront  à  la  même  formule  ; 
»  diverses  valeurs  des  températures  et  des  pressions  se- 
férenles,  et  x  sera  remplacé  par  j,  j  étant  toujours  le 
i  Fair  normal  remplissant  le  ballon  à  zéro.  Nous  aurons 


p;)-(p'.)](-^)+4 


> 


'"*"''''"  (HT -JQ 


I  -f-  /r  / , 
I  -f-  a  / , 


(h; -î/.) 


ux  équations  permettront  de  trouver  x  et  y  y  et  Ton 
ra  la  densité  en  divisant  x  par  j.  Il  est  évident  que  le 
(ï  —  a)  disparaîtra  dans  ce  calcul,  c'esl-à-dire  qu'il  n'y 
aire  aucune  correction  sur  les  poids  marqués, 
ouvera  à  la  fin  du  Chapitre  les  densités  mesurées  par 
léthode,  et  Ton  pourra  s'assurer  qu'elle  a  donné  des 
s  exacts.  Il  est  même  probable  que,  si  des  erreurs  y 
ibles  comme  pour  le  cas  de  l'hydrogène,  elles  tiennent 
Timpureté  des  gaz  étudiés  qu'aux  expériences  elles- 

uliiplicité  des  déterminations  qu'il  faut  faire  dans  cette 
des  densités  et  le  nombre  des  corrections  qu'elles  in- 
^ntdans  le  résultat  rendent  ces  recherches  extrêmement 
s.  Il  est  cependant  impossible  de  négliger  aucune  de 
cautions  sans  être  exposé  à  de  graves  erreurs.  En  effet, 
qui  concerne  les  gaz  que  l'on  enferme  dans  le  ballon, 
nent  tous  les  volumes  possibles  quand  leurs  pressions 
u,  et  ils  se  dilatent  considérablement  quand  leurs  tern- 
es s'élèvent.  De  là  découle  la  nécessité  absolue  de 
ner  avec  toute  la  précision  possible  les  températures  et 
sions  au  moment  même  où  l'on  introduit  ces  gaz.  D'un 
'né,  la  réduction  au  vide,  qui  avait  une  influence  minime 
I  était  question  des  solides  et  des  liquides,  parce  qu'elle 
ie  fraction  très  petite  du  poids  brut,  devient  capitale 
s  gaz,  parce  que  le  poids  de  l'air  déplacé  est  souvent 


17a  TIIEHMOMÉTRIE.   -  DILATATIONS. 

égal  et  quelquefois  supérieur  à  celui  du  gaz  enfermé  dans  le 
ballon.  Cela  oblige  à  mesurer  très  exactement  cette  perte  de 
poids»  et  par  conséquent  à  faire  entrer  en  ligne  de  compte  les 
variations  atmosphériques  avec  autant  de  précision  que  les  va- 
riations du  gaz  lui-même. 

On  peut  dire  que  la  méthode  qui  vient  d'être  exposée  offre  ce 
caractère  spécial  d'être  simple  en  principe,  mais  fort  complexe 
dans  Texécuiion,  d'aborder  le  phénomène  de  front  avec  des 
appareils  simples  qui  n'éliminent  aucune  erreur^  sauf  à  le  co^ 
riger  d'une  foule  d'influences  perturbatrices  qui  le  modiOeni; 
et,  comme  chacune  de  ces  corrections  apporte  son  erreor 
propre,  le  résultat  défînitif  est  d'autant  plus  incertain  que  leur 
nombre  est  plus  grand.  On  peut  suivre  une  marche  entièremefll 
opposée,  qui  consiste  à  combiner  les  expériences  de  manièrei 
annuler  les  causes  d'erreur,  afln  de  n'être  plus  obligé  deks 
mesurer  ni  d'en  tenir  compte.  Dans  ce  cas,  les  appareils  peuvent 
se  compliquer,  mais  les  observations  se  simplifient  et  le  degré 
de  certitude  du  résultat  est  d'autant  plus  grand  que  Ton  t 
mieux  réussi  à  dégager  le  phénomène  de  tous  les  accidents 
qui  le  compliquent.  Nous  venons  d'exposer  la  méthode  qoi 
laisse  subsister  toutes  les  causes  d'erreur  pour  les  calculer 
toutes;  nous  allons  lui  opposer  maintenant  celle  qui  les  élimio^ 
toutes  et  qui  n'a  rien  à  corriger;  elle  a  été  imaginée  et  pratiqué^ 
par  Regnault. 

MÉTHODE  DE  BEGNAULT  (  '  ).  —  Regnault  prend  deux  ballons  d^ 
lo^'*'  environ,  venant  d'une  même  fabrique  et  soufflés  de  \^ 
même  fonte  afin  d'être  également  hygroscopiques;  il  les  choisi^ 
parmi  ceux  qui  ont  le  volume  le  plus  égal,  et  il  fait  disposer  suf* 
chacun  d'eux  une  armature  à  robinet  identique,  scellée  au  mi-' 
nium.  Une  première  opération  a  pour  but  de  leur  donner  exacte^ 
ment  le  même  volume  extérieur.  A  cet  effet,  Regnault  les  emplit 
d'eau,  les  suspend  aux  plateaux  d'une  forte  balance  et,  après 
les  avoir  équilibrés,  il  les  plonge  tous  deux  dans  une  grande 
cuve  pleine  d'eau.  Tous  les  deux  éprouvant  des  poussées  qui 

(')  Regnaclt,   Relation   des  expériences,   etc.,  t.  I,  p.  i ai,  et  Mémoires  de 
V Académie  des  Sciences,  t.  XXI. 


DENSITÉ  DES  GAZ  173 

ni  inégales,  parce  que  l'un  est  toujours  un  peu  plus  grand 
le  l'autre,  Téquilibre  est  rompu  au  moment  de  l'immersion, 
,  pour  le  rétablir,  il  faut  ajouter  d'un  côté  un  poids  que  l'on 
lesure  et  qui  est  égal  kp,  Regnault  prépare  alors  un  tube  de 
erre  fermé  qui  perde  un  poids  p  dans  Teau,  il  l'accroche  à 
elui  des  ballons  qui  est  le  plus  petit,  et,  en  recommençant  l'im- 
nersion,  il  constate  que  cette  addition  a  rendu  les  deux  pous- 
sées égales  et  par  suite  les  deux  volumes  extérieurs  identiques. 
Ayant  ainsi  deux  volumes  égaux  d'un  même  verre,  il  est 
Mdent  que,  si  on  les  suspend  dans  l'air,  vides  ou  non,  mais 
termes,  aux  deux  plateaux  d'une  balance,  ils  éprouveront  des 
pertes  de  poids  égales  et  qui  se  détruiront,  quelles  que  soient 
les  variations  de  température,  de  pression  et  d'état  hygromé- 
trique de  l'atmosphère,  et  alors  même  qu'ils  condenseraient 
i  leur  surface  une  petite  quantité  de  vapeur  d'eau  qui  serait 
nécessairement  la  même  pour  l'un  et  pour  l'autre.  C'est,  en 
effet,  ce  que  Regnault  a  vérifié  en  équilibrant  ces  deux  ballons 
une  fois  pour  toutes  et  en  les  laissant  suspendus  dans  l'air  où 
ils  demeurèrent  en  équilibre  parfait  pendant  plus  de  quinze 
jours.  Cela  étant,  si  l'on  vient  à  faire  le  vide  ou  à  introduire  du 
.S^dans  l'un  d'eux,  la  diminution  ou  1  ctugmentation  de  poids 
qui  en  résultera  sera  uniquement  produite  par  le  gaz  enlevé  ou 
introduit,  et  les  pertes  de  poids  des  deux  ballons  demeurant 
toujours  égales,  il  n'y  aura  pas  à  en  tenir  compte.  Voilà  donc 
une  première  cause  d'erreur  éliminée  et  une  première  correc- 
tion devenue  inutile.  Il  faut  en  faire  autant  de  la  température 
du  gaz  intérieur,  et  l'on  y  parviendra  comme  il  suit. 

On  soutient  par  des  supports  convenables  l'un  des  ballons 
en  A  (fig.  57),  au  milieu  d'un  vase  en  zinc  plein  de  glace  et 
muni  d'un  robinet  pour  laisser  écouler  l'eau  de  fusion.  Au- 
dessus  de  la  tubulure  N  de  ce  ballon  se  i\\e,  par  un  collier  à 
Sorge,  un  raccord  M  portant  un  robinet  à  trois  voies  et  donnant 
issue  à  deux  tubes,  l'un  P  qui  communique  avec  un  baromètre 
^différentiel  1),  l'autre  MC  qui  conduit  à  un  deuxième  robinet  à 
^is  voies  C  par  lequel  on  le  met  en  relation,  soit  avec  une 
Dîachine  pneumatique,  soit  avec  le  réservoir  de  gaz  B,  en  pas- 
sant par  des  tubes  à  dessiccation  T,  ï.  Au  moyen  de  cette 
machine,  et  en  dirigeant  convenablement  le  robinet  C,  on  en- 


I7i  THERMOMÉTBIE.  -  DILATATIONS. 

lèveei  l'on  fail  rentrer  le  gaz  à  plusieurs  reprises  successii 
puis,  après  avoir  fait  une  dernière  fois  le  vide  avec  beauco 
de  soin,  on  tourne  le  robinei  M  de  manière  à  séparer  le  biO 
de  la  machine  pneumaiique,  tout  en  le  laissant  en  commoi 
cation  avec  le  manomètre.  On  mesure  au  cathétomèlre  II  d 
rérencc  h  des  deux  niveaux,  et  l'on  ferme  le  robinet  N.l 

Fig.  S,. 


ballon  contient  à  ce  moment  un  volume  Vo  de  gaz  à  la  tem 
rature  de  zéro  et  sous  la  pression  h.  Après  cela,  on  démt 
le  raccord  M,  et,  le  ballon  ctani  enlevé,  essuyé  et  acerocl 
l'un  des  plateaux  de  la  balance  pendant  que  l'autre  est  soûl 
nu  second  plateau,  on  établit  l'équilibre  avec  de  la  grena 
Aussitôt  qu'on  retire  ce  ballon  du  réfrigérant,  il  se  récha 
et  se  dilate;  mais  cela  ne  change  rien  à  la  quantité  de 
qu'il  contient  et  n'inllue  pas  sur  sa  pesée. 


DENSITÉ  DES  GAZ. 


175 


ftegnault  replace  ensuite  ce  ballon  au  milieu  de  la  glace,  et  il 
Duvre  le  robinet  N.  Alors  le  gaz  pénètre  dans  Tintérieur  du  bal- 
km,la  pression  totale  devient  égale  à  celle  de  l'atmosphère,  que 
nous  désignerons  par  H,  et  Ton  a  introduit  ainsi  un  volume  de 
gizégal  à  Vo,  à  la  température  de  zéro  et  sous  la  pression  H  —A. 
Ed  reportant  l'appareil  dans  la  balance,  on  trouve  une  augmen- 
tation de  poids  P  :  c^est  le  poids  du  gaz  entré  dans  le  ballon. 

Si  ce  même  gaz  était  à  la  pression  de  760""*,  le  poids  de- 
viendrait P  jT- — î:  • 

En  résumé,  on  a  trouvé  le  poids  du  gaz  qui  remplit  le  ballon 
i  zéro,  sans  avoir  eu  besoin  de  faire  la  correction  du  vide,  de 
connaîire  l'état  iiygrométrique  ni  la  température  de  l'atmo- 
sphère, et  sans  avoir  mesuré  la  température  du  gaz.  La  seule 
correction  qu'il  y  ait  eu  à  faire  a  été  de  ramener  la  pression  à 
76o"»;  mais,  comme  h  est  très  petit,  que  H  est  toujours  très 
près  de  760"",  cette  correction  est  très  faible,  et  les  inexacti- 
tudes de  la  loi  de  Mariotte  ne  l'affectent  pas  sensiblement. 

Ce  que  l'on  a  fait  pour  le  gaz  dont  on  veut  obtenir  la  den- 
sité, on  le  répète  ensuite  pour  l'air;  on  obtient  de  même 

.  ^er— T7  pour  le  poids  dii  même  vol  urne  à  zéro  et  à  760,  et  l'on  a 

les  résultats  des  expériences  les  plus  exactes  se  trouvent 
'^umés  dans  le  Tableau  suivant  : 


Air 

Oxygène 

Aiote 

Hydrogène 

Acide  carbonique  . . 

Ammoniaque 

Aeide  chlorhydrique 


BIOT 

et 

ABAGO. 


1,00000 

I , loSSg 

0,96913 

0,07321 
I ,51961 

0,596^9 
1 ,3/1740 


DULONG 

et 

BERZÉLIDS. 


I , 0000 
I  ,1026 
0,976 
0,0687 

1 ,52/|5 

// 

n 


DUMAS 

et 

REG?(ACLT. 

DOCSSINGAULT. 

I ,0000 

1,0000 

I,I057 

i,io563 

o>97^ 

0,97137 

0,0693 

0,06926 

// 

1,52901 

// 

tf 

n 

II 

176  THERMOMÉTRIE.  -  DILATATIONS. 

TABIATION  DE  LA  DEHSRÉ  AYEG  LA  PBE8SI0H  ET  LA  TEHFÉIATUU. 
—  I.  Pour  que  la  densité  d'un  gaz  soit  constante  à  toute  tem- 
pérature et  à  toute  pression,  il  faut  que  ce  gaz  obéisse  à  la 
même  loi  de  dilatation  et  de  compressibilîté  que  l*air  :  c'est  ce 
que  nous  allons  maintenant  démontrer  par  Texpérience.  Ad- 
mettons que,  après  avoir  vidé  le  premier  ballon  et  Tavoîr  équili- 
bré dans  la  balance  avec  le  deuxième  qui  le  tare,  nous  le  re- 
portions dans  la  glace,  que  nous  y  laissions  rentrer  du  gaz 
jusqu'à  augmenter  la  pression  d'abord  de  A,  ensuite  de  Ai,  puis 
de  /i2  9 .  •  •  I  et  qu'après  chaque  introduction  nous  déterminions 
les  poids /7,/7i,/>a  du  gaz  rentré.  Supposons  encore  que  nous 
répétions  les  mêmes  mesures,  sous  les  mêmes  pressions,  afec 
de  l'air  et  que  nous  trouvions  les  poids  p\  p\yp'^y  les  densi' 
tés  du  premier  gaz  seront 


P      Py      Pi 

P          Px          Pi 

aux  pressions 

h,  h,,  ht,  . 

Or,  pour  l'oxygène,  l'azote,  l'hydrogène  et  en  général  pour  les 
gaz  qui  suivent  la  loideMariotte,  les  poids  ^,/7i,/72  sont  à  peu 
près  proportionnels  aux  pressions  :  il  en  est  de  même  pour  les 
poids  correspondants  p\p\^p\,  de  l'air;  par  conséquent  les 
densités  de  ces  gaz  doivent  rester  sensiblement  constantes 
aux  pressions  h,  A, ,  hi  ;  c'est  ce  que  l'expérience  vérifie.  Mais, 
quand  il  s'agit  de  l'acide  carbonique  et  en  général  des  gaz  voi- 
sins de  leurs  points  de  liquéfaction,  les  poids /7,/?i,/?2  crois- 
sent plus  rapidement  que  les  pressions  ;  il  doit  en  être  de  même 
des  densités.  Les  nombres  suivants,  que  nous  devons  à  Re- 
gnaull,  mettent  ce  résultat  en  évidence  pour  l'acide  carbonique  • 


Tempcraiure. 

Pretslon. 

Denslto. 

0 

O 

aim 
22Î,00 

1,52145 

0 

374, i3 

I , 52366 

0 

760,00 

1 ,52910 

II.  Il  a  été  prouvé  que  le  coelTicient  de  dilatation  de  l'acide 
carbonique  est  plus  grand  que  celui  de  l'air,  et  il  en  résulte 
que  la  densité  de  ce  gaz  doit  diminuer  quand  la  température 


DENSITÉ  DES  GAZ.  177 

s'élève.  Soîl,  en  effet,  p  le  poids  d'acide  carbonique  contenu 
%  zéro  dans  le  ballon,  il  deviendra  à  T*  et  sous  la  même 

pression A-^ ?=—  •  De  même,  le  poids/?'  de  l'air  contenu  à 

léro  dans  le  même  ballon  deviendra  *—^ r^  à  T^  et  la 

densité  de  Tacide  carbonique  sera,  à  zéro, 

p     I  4-  aT  ' 

Cl,  comme  le  coefficient  a  est  plus  grand  que  a',  dj  devra  être 
plos  petit  que  rfo.  Pour  justifier  cette  conséquence  expéri- 
naenialement,  on  conserve  la  méthode  de  Regnault;  mais,  au 
lieu  de  placer  le  ballon  dans  la  glace  pendant  qu'on  le  remplit 
de  gaz,  on  le  plonge  dans  une  étuve  pleine  de  vapeur  d'eau 
bouillante  et  Ton  trouve  la  densité  à  100°,  comme  on  l'avait 
primitivement  obtenue  à  zéro.  L'expérience  a  donné  le  résul- 
t    l«l  suivant  : 

A  zéro 1,52910 

A  100° 1 ,52418 

111.  Dans  l'élude  de  la  loi  de  Mariolle,  nous  avons  annoncé, 
I  sans  démonstration,  que  les  gaz  aisément  liquéfiables,  qui 
s'écartent  beaucoup  de  la  loi  aux  températures  ordinaires,  s'en 
•approchent  à  mesure  qu'on  les  échauffe  :  les  expériences  sur 
'3  densité  peuvent  être  employées  pour  établir  ce  fait.  Nous 
tenons,  en  effet,  de  montrer  qu'à  la  température  de  zéro  l'acide 
carbonique  offre  des  densités  croissant  avec  la  pression,  parce 
^"  il  est  très  compressible.  Si  donc,  à  100*»,  la  compressibililé 
^^ce  gaz  diffère  moins  de  celle  de  l'air  qu'à  la  température 
^eo«, sa  densité  croîtra  moins  rapidement  avec  la  pression;  et 
^iï  se  comprime  exactement  comme  l'air,  il  aura  une  densité 
constante.  Regnault  a  trouvé  à  100°  les  nombres  suivants  : 

Tempéralare.  Preiinions.  Den^ilés. 

100^  383"""  1,52410 

100  7()0  1,52418 

J.,  Chaleur.  —  II.  i*'  fasc.  la 


I 

f 


178  TIIERMOMÉTRIE.  -  DILATATIONS. 

N'ayant  constaté  aucune  variation  sensible  de  la  densité 
entre  383""  et  760°»",  Regnault  conclut  donc  que  la  loi  de 
Marîotle  ne  s'écarte  pas  sensiblement  d'être  vraie  pour  Facide 
carbonique  à  loo*,  jusqu'à  la  pression  de  76o"*.  Des  me- 
sures directes  qui  ont  été  effectuées  récemment  sur  ce  gai» 
et  sur  lesquelles  nous  reviendrons  ultérieurement»  ont  prouvé 
qu'en  effet  l'acide  carbonique  s'écarte  beaucoup  moins  de  h 
loi  de  Mariotte  à  ioo<*  qu'à  zéro,  sans  que  toutefois  cet  écart 
cesse  d'être  mesurable  même  aux  pressions  inférieures  i 
760 


kinin 


ME8TJBE  DE  LA  DILATATIOH  DES  GAI  PAB  LEUR  DEV8ITÉ.  —  Après 

PH 

qu'on  a  trouvé  le  poids  „  _^  .  d'un  gaz  contenu  dans  leballoo 

à  zéro  sous  la  pression  H,  on  peut  mesurer  sa  dilatation  en 
portant  le  ballon  dans  la  vapeur  d'eau  à  la  température  T.  Eo 
ouvrant  le  robinet  pendant  un  temps  très  court,  une  portiofl 
du  gaz  s'échappe,  la  pression  redevient  H  et  le  poids  diminue 
d'une  quantité  tt  que  l'on  mesure,  et  qui  est  la  différence  enlre 

le  poids  pnniiiif  ^,  _^  .  et  le  poids  „  _^  ,  =  de  la  quan- 
tité qui  reste  après  qu'on  a  chauffé.  On  a  donc 

PH     /         i-h/fï 

I 77.  1  =  TT, 


ll-h\         i-+-aT 

équation  qui  peut  servir  à  déterminer  a.  Regnault  a  obtenu 
par  celle  méthode  les  coefficienls  de  dilatation  suivants,  sen- 
siblement égaux  à  ceux  qu'il  avait  directement  mesurés  : 

Air.  Acido  carbonique. 

o,oo3665  0,0037119 

POIDS  D'UN  VOLUME  DE  GAZ  A  ^  ET  A  II'"'".  —  La  connaissance 
de  la  deasiic  des  gaz  ne  suffit  pas  pour  les  applications;  tt 
faut  pouvoir  calculer  le  poids  d'un  volume  quelconque  de  ces 
gaz  dans  toutes  les  circonstances  possibles  de  température  et 
de  pression.  Or  il  est  clair  qu'il  suffirait  pour  cela  de  multiplier 
par  la  densité  du  gaz  le  poids  d'un  volume  d'air  égal,  pris  à  la 
même  température  et  à  la  même  pression.  Cherchons  donc  le 


DENSITÉ  DES  GAZ.  179 

poids  de  I**  d'air  normal,  c'est-à-dire  sec,  à  zéro  et  à  760"". 
Dous  emploierons  (*  )  le  ballon  compensé  qui  a  servi  à  la  re- 
cherche des  densités;  nous  déterminerons  le  poids  de  Tair 
qa*il  contient  à  zéro  et  sous  la  pression  H  —  A,  et  nous  aurons 
le  poids  X  de  Tair  qui  le  remplit  à  760"°*  et  à  zéro  par  la  for- 
mate 


\  =  V 


760 


H-A 


Ce  poids  étant  trouve,  il  n'y  a  plus  qu'à  mesurer  son  volume, 
c'esi-à-dire  celui  du  ballon  à  zéro;  il  faut  donc  jauger  ce  bal- 
lon. Bien  que  nous  ayons  fait  connaître  d'une  manière  géné- 
nie  la  marche  de  cette  opération,  nous  allons  en  suivre  les 
détails  dans  ce  cars  particulier. 

Après  avoir  laissé  le  ballon  se  remplir  d'air  atmosphérique, 
00  le  pèse  ouvert  sans  le  compenser  par  un  ballon  semblable  ; 
on  obtient  un  poids  apparent  P'.  Pour  remplir  ce  vase  avec  de 
Feaa  distillée,  qui  doit  être  privée  d'air,  on  visse  à  son  goulot 
mi  tube  recourbé  en  siphon  et  plongeant  dans  un  réservoir 
voisin  plein  d'eau  bouillante.  En  chauffant  d'abord  le  ballon, 
pnisle  laissant  refroidir,  une  partie  du  liquide  pénètre  à  l'in- 
térieur; en  chauffant  de  nouveau,  l'eau  introduite  entre  en 
ébuliiiion,  chasse  l'air  par  un  courant  de  vapeur,  et,  quand 
■le  ballon  se  refroidit,  l'eau  du  réservoir  pénètre  par  le  siphon 
tos  l'intérieur  et  le  remplit  exactement.  Comme  elle  était 
bouillante,  cette  eau  ne  contient  aucune  trace  d'air.  On  aban- 
^nne  ensuite  à  lui-même  l'appareil  qui  reste  plein,  on  l'en- 
coure d'une  masse  de  glace  et  on  le  laisse  en  cet  état  pendant 
^ne  nuit  tout  entière,  afin  d'être  bien  sûr  que  toute  la  masse 
prenne  la  température  de  la  glace  fondante.  Le  lendemain,  on 
fenne  le  ballon,  on  l'essuie  et  on  le  pèse.  Comme  l'eau  se  con- 
gelé de  zéro  à  4"  et  qu'elle  reprend  à  9°  seulement  le  volume 
apparent  qu'elle  avait  à  zéro,  il  n'y  a  aucun  inconvénient  à 
"ïîinienir  le  ballon  fermé  et  à  le  peser  dans  l'air  après  l'avoir 
lïissé  se  réchauffer  jusqu'à  la  température  ambiante  t,  pourvu 
qu'elle  soit  inférieure  à  9*».  Le  poids  réel  (E)  de  l'eau  con- 


(')  âlC!iAin-T,   Relation  des  expériences,  etc.,   t.    I,   p.   i5i,  et  Mémoires  de 
*  académie  des  Sciences^  t.  XXI. 


i8o  THERMOMÉTRIE.  —  DILATATIONS. 

tenue  dans  le  ballon  esl  alors  égal  au  poids  apparent  trouvé 
diminué  du  poids  apparent  du  ballon  F  et  augmenté  du  p( 
de  Tair  atmosphérique  déplacé,  par  l'eau  : 

(Ex^p.      p.  ,   X(i^fr/)(H~|/) 

Cette  eau  était  à  zéro  quand  elle  remplissait  le  ballon  ;  m; 
en  multipliant  son  poids  (E)  par  le  volume  i  +  Ao  du  gram 
d'eau  à  zéro,  on  obtient  le  poids  de  Teau  qui^  à  la  températi 
de  4"»  remplirait  le  volume  Vo,  et  le  nombre  de  grammes  q 
contient  ce  poids  exprime  le  nombre  de  centimètres  cubes  i 
se  trouvent  dans  V©.  On  a 

(E)(i  +  Ao)  =  Vo. 

On  vient  donc  de  trouver  :  i°  le  poids  X  d'air  normal  qui  re 

plit  le  ballon  à  zéro;  2*»  le  volume  Vo  qu'il  occupe  ;  par  coni 

X 
quent,  v^  sera  le  poids  en  grammes  de  i"  d'air  à  zéro  el 

760"".  Le  nombre  trouvé  par  Regnaull  est 

o«%  00 1293 187. 

Comme  le  poids  de  i^^d'eau  est  égal  à  i8%  le  nombre  0,0012931 
représente  la  densité  de  l'air  par  rapport  à  l'eau.  Si  l'on  réd 
ce  nombre  en  fraction  ordinaire,  on  trouve  très  sensiblemi 

— 5»  qui  est  fréquemment  employé  dans  les  calculs  d'appli< 
77i 

tion.  Le  poids  de  1**^  d'air  est 

is',293187. 

En  multipliant  le  poids  trouvé  pour  l'air  par  la  densité 
chaque  gaz  (*),  on  forme  le  Tableau  suivant  des  poids  de 


(')  Pour  les  gaz  qui  attaquent  les  métaux  à  la  température  ordinaire,  il 
éviter  l'emploi  des  garnitures  métalliques  ;  au  lieu  de  mesurer  la  densit< 
détermine  alors  directement  le  poids  du  litre  de  gaz  étudié. 

A  cet  effet,  on  remplace  les  ballons  à  robinet  par  de  simples  flacons  en  y 
mince  bouchés  à  l'cmeri,  et  que  I^on  remplit  par  déplacement,  suivant  It 
thode  employée  en  Chimie,  pour  le  chlore  par  exemple.   On  détermine 
l'excès  positif  ou  négatif  du  poids  du  flacon  plein   de  gaz  sur  le  poid 


DENSITÉ  DES  GAZ.  181 

le  chaque  gaz  à  zéro  et  à  760' 


kiniii  ■ 


fr 


Air 1,298187 

Azote i,îà56i57 

Oxygène i ,  4^9802 

Hydrogène    o ,089678 

Acide  carbonique i)9774i4 

A  une  température  i,  sous  ia  pression  H,  le  poids  de  i^^^  d'air 
sec  deviendra 

El 

,  IP",  293187  ; -r— 15 

È  '   ^       '  (1-4-  a/)76o 

I 

Pour  un  gaz  quelconque  dont  la  densité  est  d,  ce  poids  sera, 
si  Ton  suppose  la  densité  constante^ 

Hrf 

^  ('  -+-  «07^0 

si  le  gaz  est  humide  et  que  la  force  élastique  de  la  vapeur 

soii/, 

IS--,  293187   '-r .,     ^^      - 

^       '     (i  -+-a^)76o 

TaunON  DU  POIDS  DES  fiAZ  AVEC  L'ALTITUDE  ET  LA  LATITUDE. 
""Les  poids  des  gaz  sont  soumis  à  une  cause  de  variation  qui 
n'iUeini  pas  les  solides  et  les  liquides.  On  sait  que  la  pesan- 
teur augmente  vers  les  pôles  et  qu'elle  diminue  vers  Téqua- 
teup;  on  sait  également  qu'elle  décroît  quand  on  s'élève  au- 
teus  de  l'horizon.  Les  poids  de  diverses  substances  ne  sont 
^oncpas  constants;  mais  les  variations  que  leur  font  subir  les 
changements  de  lieu  ou  d'altitude  s'exerçant  à  la  fois  sur  toutes 
les  matières  et  indépendamment  de  leur  nature,  elles  se  pro- 
tosent  aussi  bien  sur  les  poids  que  sur  les  corps  pesés,  et  le 
nombre  de  grammes  qui  exprime  le  poids  d'un  corps  reste  le 
"ï^me  sur  tous  les  points  du  globe.  C'est  pourquoi  la  balance 

*^  flacoD  plein  d'air,  et  il  ne  reste  qu'à  mesurer  le  volume  du  flacon  par 
'^  jtogeage  à  l'eau.  Le  poids  du  litre  d'air  étant  connu^  on  a  alors  tous  les 
^meDts  nécessaires  pour  déterminer  le  poids  du  litre  de  gaz  et,  par  suite,  la 
^ité. 


i82  THERMOMÊTRIE.  -  DILATATIONS. 

peut  être  considérée  comme  un  instrument  de  mesure  déu 
minant  les  masses,  par  comparaison  avec  le  gramme-mosi 
Ce  qui  varie,  c'est  la  valeur  du  gramme-poids^  qui  chan 
proportionnellement  à  la  pesanteur.  Nous  avons  démontré  i 
que  si  Taccéiération  de  la  pesanteur  est  g  au  niveau  de  lan 
et  à  la  latitude  de  45^>  6lle  est  exprimée,  aune  latitude Xc 
une  hauteur  /i,  par  la  formule  suivante,  dans  laquelle  R  repi 
sente  le  rayon  moyen  de  la  Terre  : 

g'=g  fl »■)  (*  —  0,00^552  cos 2 X). 

Cela  posé,  il  faut  remarquer  que  les  gaz,  pour  être  défin 
devant  être  pris  sous  une  pression  convenue,  on  les  ramèni 
la  pression  de  760"»"  de  mercure.  Mais  il  est  évident  qu'u 
telle  colonne  de  mercure  pèse  plus  au  pôle  qu'à  Téquatei 
et  que  les  gaz  soumis  à  sa  pression  se  contractent  quand  e 
pèse  davantage  et  se  dilatent  quand  elle  pèse  moins.  En  preoi 
un  gaz  sous  la  pression  de  760'"'"  de  mercure,  on  le  prend  de 
sous  une  pression  variable,  et,  si  elle  est  i  à  la  latitude  de 
et  à  Taltitude  de  zéro,  elle  est  dans  un  lieu  quelconque,  e 
négligeant  une  quantité  très  petite, 

/?  =  I 0 ,  002552  cos  2  X. 

Comme,  d'un  autre  côté,  la  masse  de  i^*^  d'air  varie  proporti 
nellement  à  sa  pression,  cette  masse  changera  de  Téquat 
au  pôle  proportionnellement  à  /?. 

Après  avoir  déterminé  la  masse  du  centimètre  cube  d'à 
Paris,  à  une  station  dont  la  latitude  et  l'altitude  étaient  conni 
on  a  calculé  ce  qu'elle  devient  à  la  latitude  de  4^°  et  au  niv 
de  la  mer,  et  l'on  a  trouvé 

o*',  00 129267  3; 

la  formule  générale  suivante  donnera  ensuite  cette  masse 
grammes  ou,  ce  qui  revient  au  même,  le  poids  en  gramm< 

(•)  VoirX,  I,  i"  fascicule,  ch.  II. 


DENSITÉ   DES  GAZ.  i83 

une  station  quelconque  sur  le  globe  (  *  )  : 


t 

[ 

( 


a  =  o»*", 001292673  (  I—  -p 0,002552  COS2XJ . 


(')  M.  Broch  (  Travaux  du  Bureau  international  des  Poids  et  Mesurée,  t.  I, 
A.  55, 1881  )  a  publié  des  Tables  donnant  les  logarithmes  du  poids  du  litre 
d'tir  itmosphérique  sec  chargé  de  0,0004  d'acide  carbonique,  à  la  pression  de 
■■■  de  mercure  normal,  aux  tempéraures  normales  de  0"  à  30",  ainsi  que  des 
Table*  des  dÎTers  éléments  nécessaires  pour  calculer  le  poids  du  litre  d'air 

dus  des  conditions  quelconques.  Nous  y  ren?errons  le  lecteur. 


i84  THERMOMÉTRIE.  -  DILATATIONS. 


CHAPITRE  VIII. 

ÉTUDE  DES  PROPRIÉTÉS  DES  VAPEUR 
ET  DE  LEUR  DENSITÉ. 

Propriétés  des  vapeurs.  —  Vapeurs  non  saturées.  —  Vapeurs  » 
Étude  des  vapeurs  non  saturées.  —  Mesure  de  la  densité  des  vap 
Procédé  de  Gay-Lussac.  —  Modification  de  Hofmann.  —  App 
Regnault.  —  Procédé  de  M.  Dumas.  —  Expériences  de  MM.  D 
Troost.  —  Méthode  de  M.  Meyer.  —  Étude  des  propriétés  des 
d'après  leur  densité  :  i°  acides  formique  et  acétique;  a*  eau; 
chlorure  de  phosphore;  4"*  chlorhydrate  d'ammoniaque,  etc.;  5 
chlore,  brome  et  iode.  —  Densité  des  vapeurs  saturées.  - 
riences  de  Fairbairn  et  Taie.  —  Étude  directe  de  la  dilatation 
compressibilité  des  vapeurs.  —  Expériences  de  M.  Herwig. 
Identité  des  gaz  et  des  vapeurs.  —  Tableau  do  la  densité  des  va[ 


PROPRIÉTÉS  DES  VAPEURS. 

Supposons  que  Ton  ail  plongé  dans  une  cuvette  pi 
mercure  deux  baromètres  bien  purgés  d'air  et  qu'or 
duise  dans  l'un  d'eux  une  petite  quantité  d'eau  au  moye 
pipette  recourbée.  Ce  liquide  montera  au-dessus  du  m 
et  l'on  verra  le  niveau  s'abaisser  d'une  quantité  variât 
la  température,  et  qui  sera  de  17'"™  environ  à  -20**.  Ls 
expérience  réussit  avec  tous  les  liquides,  et  il  n'y  a  de  dif 
entre  eux  que  l'étendue  de  la  dépression  que  l'on  o 
L'abaissement  du  niveau  est,  par  exemple,  de  60"'"'  p< 
cool  et  de  4oo'"™  pour  l'élher.  On  peut,  en  général,  eo 
les  liquides  sous  ce  rapport  au  moyen  de  l'appareil  rep 
(/g-.  58). 

L'analogie  de  cet  effet  avec  celui  qui  résulte  de  Tin 
lion  d'un  gaz  dans  le  baromètre  étant  évidente,  on 
qu'une  portion  du  liquide  se  transforme  inslanlanén 
vapeur,  que  cette  vapeur  possède  une  force  élastique  q 


PROPRIÉTÉS  DES  VAPEURS. 


i85 


■cure  et  se  mesure  par  la  dépression  qu'il  éprouve, 
tvons  chercher  maintenant  si  l'analogie  que  nous  ve- 
iconnaltre  entre  les  gaz  et  les  vapeurs  est  complète, 
3le  entre  eux  des  différences  essentielles.  Pour  faire 

Fif.  58. 


iparaison,  il  est  avant  tout  nécessaire  de  distinguer 
celui  où  la  vapeur  emprisonnée  dans  le  tube  n'est 
nlact  avec  un  excès  du  liquide  qui  lui  a  donné  nais- 
celui  où  une  portion  de  ce  liquide  reste  au-dessus  du 
Nous  traiterons  d'abord  le  premier  cas. 


186  THERMOMËTRIE.  -  DILATATIONS. 

TânUtS  MOI  UXtnÉES.  —  Nous  nous  servirons  de  l'appi 
ifs-  ^)  qu'  3  ^té  employé  déjà  pour  éludierla  loi  deHari 


à  des  pressions  basses.  Le  lube  à  vapeur  A,  divisé  dans  I 
sa  longueur  en  parties  d'égale  capacité,  est  disposé  de  ( 
qu'on  puisse  progressivement  le  soulever  ou  l'abaisser,  et 


PROPRIÉTÉS  DES  VAPEURS.  187 

irer  la  dépression  du  mercure  avec  un  calhétomètre.  On  re- 
}nnaltra  qu'en  faisant  varier  le  volume  occupé  par  la  vapeur 
D  fait  aussi  varier  sa  pression,  et  que  dans  chaque  cas  le  pro- 
uitde  ce  volume  par  cette  pression  est  sensiblement  constant, 
est-à-dire  que  la  loi  de  Mariotte  s'applique  aux  vapeurs, 
omme  elle  s'applique  aux  gaz,  et  avec  les  mêmes  restric- 

ODS. 

Si  Ton  voulait  ensuite  mesurer  la  dilatation  de  ces  vapeurs, 
n  pourrait  se  servir  du  même  appareil  qu'on  entourerait  d'un 
lanchon  plein  d'eau  plus  ou  moins  chaude;  on  terminerait  la 
artie  supérieure  du  baromètre  A  par  un  vaste  réservoir;  on 
emplirait  à  zéro  de  vapeur  d'éther,  par  exemple.  Après  l'avoir 
chauffé,  on  soulèverait  le  tube  jusqu'à  reproduire  la  pression 
rimiiive,  et  l'augmentation  de  volume  permettrait  de  calculer 
(dilatation.  On  trouverait  ainsi  que  le  coefficient  de  cette  di- 
itatlon  change  très  peu  avec  la  nature  et  la  pression  des  va- 
eurs,  et  qu'il  est  compris  entre  o,oo366  et  o,oo38o,  comme 
our  les  gaz. 

A  la  vérité,  ces  déterminations  n'ont  jamais  été  faites  de 
ette  manière;  mais  les  résultats  que  nous  énonçons  ont  été 
kienus  par  des  expériences  que  nous  ferons  bientôt  con- 
altre. 

Ws  lors  on  peut  conclure  que  les  vapeurs  qui  ne  sont  pas 
mouillées  par  un  excès  de  liquide  sont  caractérisées  par  les 
^^naes  propriétés  physiques  que  les  gaz,  que  la  formule  géné- 

—!~ — ^  =  const. 

applique  à  celle  nouvelle  classe  de  corps  comme  elle  s'ap- 
''quaii  aux  gaz,  avec  le  même  degré  d'exactitude,  et  que  le 
^efficient  a  y  prend  des  valeurs  sensiblement  égales  à  celles 
^i  conviennent  aux  gaz. 

TAFE0R8  SATURÉES.  —  Mais  les  choses  ne  se  passent  plus 
'ûsi  quand  il  reste  dans  le  baromètre  un  excès  de  liquide. 

'•  Si  Ton  soulève  le  tube  C  dans  ce  nouveau  cas  (/î^.  60), 
^  niveau  du  mercure  ne  s'élève  point  :  il  reste  constamment 


188  THERMOHÊTRIE.  -  DILATATIONS, 

à  la  même  hauteur  AB,  c'esi-à-dire  que  la  pression  de  la  vape 
ne  change  pas.  Cela  tient  à  ce  qu'une  nouvelle  portion  de 
quide  se  vaporise  aussitôt  que  l'espace  superposé  s'agrand 
si  on  l'augmente  de  c,  il  se  forme  un  volume  v  de  vapeur, 
les  choses  continuent  de  se  produ 
'^'E-  ^-  ainsi  unt  qu'il  reste  du  liquide  à  vapo 

ser.  Ainsi  non  seulement  les  vapeurs 
forment  instantanément  dans  le  vie 
comme  nous  l'avons  vu;  mais  elles 
prennent  une  force  élastique  indépe 
dame  du  volume  qu'elles  occupent 
qui  est  invariable  quand  la  températu 
est  fixe. 

II.  Quand  on  vient  ensuite  à  abaiss 
le  tube,  on  détermine  un  effet  inversi 
la  vapeur  repasse  à  l'état  liquide  à  m 
—:.-.  r^--v-^_-.-^  sure  que  l'espace  qu'elle  occupe  d 
croit.  S'il  diminue  de  v,  un  volume  ci 
vapeur  se  condense.  Aussi  voii-on  le  niveau  rester  (lie  • 
hauteur  AB,  et,  quand  le  sommet  du  tube  continuant  à  de 
cendre  atteint  ce  niveau,  ia  vapeur  a  disparu,  et  leliquH 
s'est  reformé  en  totalité.  Cette  expérience  nous  monu^qi 
non  seulement  la  pression  est  invariable,  mais  qu'elle  ne  pe 
être  augmentée  par  une  réduction  de  volume.  On  dit  qu'el 
est  maximum,  que  l'espace  est  saturé  et  que  la  vapeur  esl 
l'état  de  saluration. 

III.  Si  nous  entourons  l'appareil  avec  un  manchon  qu'< 
puisse  remplir  d'eau  chaude,  et  si  nous  reproduisons  les  mëin 
expériences  à  diverses  températures  maintenues  conslani 
pendant  chaque  épreuve,  nous  trouvons  dans  chaque  cas  q 
la  vapeur  atteint  une  pression  constante  et  maximum,  m 
qui  est  d'autant  plus  grande  que  la  température  est  plus  élevi 
Elle  croit  très  rapidement  et  indéfiniment  avec  cette  tem) 
rature. 

IV.  Puisque  cette  tension  maximum  est  indépendante 
volume  et  qu'elle  augmente  avec  la  température,  il  faut  a 
dure  que  la  quantité  pondérable  de  vapeur  nécessaire  pi 
saturer  un  espace  donné  esl  proportionnelle  au  volume. 


PROPRIÉTÉS  DES  VAPEURS.  189 

qu'à  volume  égal  elle  croit  avec  la  température.  On  augmentera 
cette  quantité  en  augmentant  ce  volume  et  cette  température, 
soil  séparément,  soit  à  la  fois,  et,  inversement,  on  a  deux 
moyens  pour  ramener  partiellement  une  vapeur  saturée  à  Tétat 
Uquide  :  Tun  est  de  diminuer  son  volume,  Tautre  est  d'abaisser 
sa  température. 

V.  11  y  a  deux  moyens  d'amener  à  Tétat  de  saturation  une 
vapeur  non  mouillée  :  i"*  en  la  comprimant,  car  alors  la  tension 
augmente  jusqu'à  devenir  égale  à  la  force  élastique  maximum; 
2* en  diminuant  sa  température  sans  changer  sa  pression,  car 
la  tension  maximum  baisse  avec  cette  température. 

VI.  Quand  une  vapeur  non  saturée  passe  d'une  température 
t  i  une  température  f ,  et  d'un  volume  i'  à  un  volume  u',  sa 
pression  p  se  change  en  /?',  que  l'on  calcule  par  la  relation 

çp     _     v'p' 
I  -4-  a/        I  H-  at 

Mais  cette  formule  n'est  applicable  que  si  la  vapeur  n'est  pas 
trop  voisine  delà  saturation;  elle  cesse  de  l'être  quand/?'  dé- 
cent égal  à  la  pression  maxima/r;  si  le  calcul  donne  pour/?' 
«ne  valeur  plus  grande  que  /r,  on  doit  en  conclure  que  la 
tapeur  a  été  en  partie  condensée  en  passant  du  volume  c^  au 
volume  v' . 

Vil.  II  n'est  pas  nécessaire  de  refroidir  tout  l'espace  occupé 
par  une  vapeur  pour  la  condenser  partiellement:  il  suffit  d'a- 
baisser la  température  d'une  portion 
^e  la  paroi  du  vase  qui  la  contient. 
Wmeiions,  par  exemple,  que  le  baro- 
mètre à  vapeur  soil  terminé  par  une 
sphère  B  plongée  dans  l'eau  froide  à  t* 
^fiS'^i),  et  que  le  liquide  placé  en 
^  soil  à  une  température  constante  T 
supérieure  à  t.  La  vapeur  se  formera 
^vec  une  tension  maximum  /t,  se  ré- 
pandra jusqu'en  B,  s'y  refroidira  et 
*y  condensera  partiellement,   puis- 

fl'^'elle  ne  peut  exister  à  ^  qu'avec  une  force  élasiiqae  fe 
'^oïnére  que  /t.  Après  celte  condensation,  la  pression  ayant 


Fig.  61. 


igo  THERMOMÉTRIE.  -  DILATATIONS. 

diminué  en  A  et  étant  plus  petite  que  /t>  une  nouvelle 
tité  de  vapeur  se  formera,  qui  bientôt  se  liquéfiera  à  soi 
en  B.  Il  y  aura  donc  une  distillation  de  A  vers  B,  jusqu*ai 
ment  où  tout  le  liquide  en  excès  aura  été  vaporisé  en  A^ 
dense  en  B,  et  où  la  force  élastique  sera  /i ,  correspondai 
température  des  parois  refroidies.  Cette  conséquence,  de 
a  fait  des  applications  importantes,  est  connue  sous  le  n< 
propriété  des  parois  froides. 

DENSITÉ  DES  VAPEURS. 

Après  avoir  mis  en  évidence  par  quelques  expert 
élémentaires  les  propriétés  caractéristiques  des  vapeu 
convient  de  faire  une  étude  approfondie  des  deux  cas 
nous  venons  de  reconnaître  l'existence  et  de  déterminer 
précision  :  i<»  entre  quelles  limites  les  vapeurs  non  sal 
peuvent  être  assimilées  aux  gaz  parfaits;  2»  comment  s'efl 
le  passage,  en  apparence  discontinu,  de  la  vapeur  non  sa 
à  la  vapeur  saturée,  du  gaz  parfait  au  liquide. 

Puisque  les  vapeurs  non  saturées  obéissent,  au  moins 
manière  approximative,  aux  lois  de  Marioite  et  de  Gay-Li 
il  doit  être  possible  d'appliquer  à  l'étude  de  ces  vapeu 
procédés  mêmes  qui  ont  servi  à  établir  les  lois  des  gaz  : 
à-dire,  d'une  part,  la  méthode  manomélrique,  si  souver 
ployée  parRegnaull;  d'autre  part,  la  méthode  des  pesées, 
détermination  des  densités  sous  diverses  pressions  et  à  di' 
températures. 

L'usage  du  manomètre  n'est  guère  possible  qu'à  la  te 
rature  ordinaire,  ou  du  moins  tant  qu'on  ne  s'en  écar 
beaucoup;  la  mesure  des  densités  peut  au  contraire  être 
suivie  jusqu'à  des  températures  très  hautes,  et  par  suite 
stitue  la  méthode  propre  à  l'étude  des  vapeurs  un  peu  éloi 
de  leur  point  de  saturation.  Nous  allons  apprendre  à  dé 
ner  la  densité  des  vapeurs. 

On  mesure  la  densité  d'une  vapeur,  comme  celle  d'u 
par  le  rapport  de  son  poids  à  celui  d'un  égal  volume  d'à 
à  la  même  température  et  à  la  même  pression. 

Soit  TT  le  poids  en  grammes  de  (^  centimètres  cubes  de  \ 


DENSITÉ  DES  VAPEURS.  191 

une  température  /  et  à  une  pression  H;  le  poids  p  du  volume 
*%lr  correspondant  est  connu  par  les  expériences  précédentes; 
\  est  donné  par  la  formule 

H 

p=n^  (0,001293187) 


(H-  a^)  760 

Dès  lors,  la  densité  de  la  vapeur  est 

(1)  7r_      7r(i-4-af)76o 

^      p      (^(0,001293187)  H 

;  Pour  trouver  la  densité  d'une  vapeur,  il  faudra  donc  mesurer 

t^Vi  /et  H  et  calculer  p  par  la  formule  précédente.  On  aura 

I  ensuite  à  examiner  si  cette  densité  est  constante  ou  si  elle 

;  wie  quand  les  circonstances  de  température  et  de  pression 

changent. 

Pour  faire  ces  déterminations,  trois  méthodes  ont  été  em- 
ployées :1a  première,  qui  est  due  à  Gay-Lussac^  est  spécia- 
IttDent  applicable  aux  corps  très  volatils  ;  elle  consiste  es- 
wntiellementà  chercher  le  volume  occupé  par  la  vapeur  d'un 
poids  connu  de  liquide;  la  deuxième,  imaginée  par  Dumas, 
s'applique  à  une  température  quelconque  :  on  détermine  le 
poids  d'un  volume  de  vapeur  assigné  d'avance;  enfin  la  troi- 
sième méthode,  due  à  MM.  C.  et  V.  Meyer,  moins  précise  mais 
beaucoup  plus  rapide,  consiste  à  déterminer  le  volume  de 
iDercure,  d'alliage  de  Wood  ou  d'air  atmosphérique  déplacé 
P^run  poids  connu  de  vapeur. 

nOGÉOÉ  DE  MT-LÏÏS8AG.  —  MODIHGATIOH  DE  HOrMANN.  —  Une 

ïDarmiie  en  fonte  F,  qui  contient  du  mercure  et  qui  peut  être 
phcéesur  un  fourneau  (Jig,  6-2),  sert  de  réservoir  et  de  sup- 
P<>rt  à  l'appareil  tout  entier.  Une  large  éprouvelie  graduée  AB, 
^roplie  elle-même  de  mercure,  repose  sur  le  fond  de  la  mar- 
"^leoù  elle  est  appuyée  par  un  anneau  de  métal  A,  que  porte 
'ineiigede  fer  CG;  elle  est  enveloppée  par  un  manchon  de 


'  -  Gu-LcssAC,  Annales  de  Chimie  et  de  Physique^  T*  série,  t.  LXX\,  p.218  ; 
»**''■  Wrtout  BiOT,  Traité  de  Physique,  t.  I". 


19»  THERMOMÈTRIE.  —  DILATATIONS. 

verre  qui  est  garni  à  sa  base  d'une  virole  en  fer  el  q 

sur  le  fond  de  la  marmite  par  un  mouvement  de  ba 

Enfin  une  vis  affleurante  E  sert  à  trouver  le  niveau 

du  mercure. 

Pour  faire  une  observation,  il  faut  préparera  l'avj 

petite  ampoule  de  verre  mini 

ser  vide,  la  remplir  ensuite  c 

ment  du  liquide  que  l'on  vei 

ser  et,  après  avoir  fermé  sa 

la  lampe,  la  peser  de  nou^ 

cette  façon,  on  a  enfermé  ài 

poule  un  poids  connu  de  liq 

sera  le  poids  tt  de  la  vapeur 

va  former.  On  introduit  cette 

dans   l'éprouvette  AB,  puis 

celle-ci;  on  place  par-dessuE 

chon,  que  l'on  remplit  d'eau 

échauffe  tout  l'appareil  sur 

neau.  Bientôt  la  températur 

dans  le  mercure  et  dans  l'ei 

poule   crève,   le  liquide  se 

brusquement   et  le   mercur 

dans  la  cloche.  Alors,  au  mo 

agitateur  D,    on    mêle   les 

d'eau  et  à  un  moment  donn< 

sure  : 

1  "  La  température  t  qui  esl 

la  vapeur; 

1'  Le  volume  apparent  Vo  c 

vapeur  occupe  dans  la  cloche  :  f^ii  -t-  ht)  esl  le  volu 

3°  La  différence  /i  de  hauteur  du  mercure  à  l'inlér 

l'extérieur.  Ramenée  à  zéro,  celte  hauteur  est 

i  +  ml 

le  coefficient  de  dilataiion  absolue  du  mercure,  et  la  pr 

de  la  vapeur  esl  égale  à  celle  de  l'atmosphère  11',  c 


On  a  ainsi  déterminé  la  température,  le  volume  et 


DENSITÉ  DES  VAPEURS. 


«93 


Fig.  03. 


le  la  vapeur.  Quant  à  son  poids  tt,  il  est  égal  à  celui  du 
le  contenu  dans  Tampoule  s'il  a  été  tout  entier  vaporisé, 
asl  ce  dont  il  faut  être  assuré.  Or,  d'après  les  propriétés 
apeurs,  la  pression  observée  H  serait  égale  au  maximum 
irce  élastique,  s'il  restait  un  excès  de  liquide  dans  Tappa- 
H  elle  ne  sera  plus  petite  que 
ut  le  liquide  a  passé  à  l'état  de 
sur.  Il  suffira  donc  de  chauffer 
pareil  jusqu'à  une  température 
sz  haute  pour  que  la  pression 
plas  faible  que  la  pression  maxi- 
m.  Quand  cela  aura  lieu,  on  sera 
tain  que  le  poids  du  liquide  est 
isi  celui  de  la  vapeur,  et,  con- 
ssant  tous  les  éléments  qui  en- 
Qtdans  la  formule  (i),  oncalcu- 
1  la  valeur  de  p. 

(.  Hofmann  a  modifié  la  mé- 
de  de  Gay-Lussac  de  la  manière 
yanie  :  l'éprouvette  est  rempla- 
par  un  véritable  tube  baromé- 
ue  B  {fig,  63)  de  o"»,  02  de  dia- 
ire,  entouré  dans  presque  toute 
lauieur  d'un  manchon  de  verre  A 
is lequel  on  fait  passer  un  courant 
vapeur  d'un  liquide  convenable- 
ni  choisi.  On  peut  ainsi  porter  le 
►e  barométrique  à  des  lempéra- 
es assez  élevées;  on  emploiera  : 


L'eau  bouillant  à 100 

L'aniline 1 82 

Le  benzoato  d'élhvlo 2i3 

m 

Le  benzoale  d'amvic 253 

« 

La  diphénylamine 290 

^n  est  d'ailleurs  certain  d'avoir  une  température  rigoureu- 
^cnilnvariable  en  tous  les  points  du  tube,  ce  qui  ne  pou- 
^  être  obtenu  dans  l'expérience  de  Gay-Lussac  sans  agiter  le 

»  Chaleur.  —  IL   i"  fasc.  i3 


194  THERMOMÉTRIE.  —  DILATATIONS. 

mercure  de  Téprouveue  ei  compromettre  l'exactitude  dei 
turcs. 

Atix  températures  élevées,  il  sera  indispensable  de 
compte  de  la  force  élastique  de  la  vapeur  de  mercure.  Au 
SUR  de  ioo<»,  elle  cesse  en   effet  d'être  négligeable  ei 
s'ajoute  à  celle  de  la  vapeur  que  Ton  étudie  pour  déprin 
mercure  (Uns  le  baromètre. 

La  substance  à  étudier  est  pesée  dans  un  très  petit  flac 
bouché  à  rémeri,  que  Ton  introduit  dans  le  tube  barométr 
La  tension  de  la  vapeur  dans  le  vide  suffità  déboucher  le  f 
et,  en  peu  d'instants,  le  liquide  est  entièrement  vaporisé 

APPABEQi  DE  BEGHAULT.  —  Tout  en  conservant  en  princi 

méthode  de  Gay-Lussac,  Regnault(*)  a  complètement  ch 

l'appareil.  Celui  qu'il  a  employé  était  analogue  à  un  instrui 

qui  lui  avait  servi  à  la  mesure  des  forces  élastiques  des  vap 

et  qui  e^t  représenté  dans  \esfig.  78  et  74.  Il  en  différait  tout 

par  plusieurs  points.  Les  deux  tubes  AB,A'B',  au  lieu  de{ 

ger  dans  une  cuvette  commune,  étaient  réunis  par  un  coi 

à  robinet  et  formaient  les  deux  branches  d'un  manomètre,  1 

ouverte  dans  l'air,  l'autre  terminée  par  le  ballon  A  (Jig. 

et  l'on  maintenait  le  niveau  du  mercure  dans  cette  branc 

un  repère  toujours  le  même.  On  avait  jaugé  le  ballon  à  dive 

températures,  de  façon  que  Ton  connaissait  son  volume 

zéro  Cl  ('0(14-  ht)  à  une  température  quelconque  ^et  l'on  i 

introduit  dans  son  intérieur  une  ampoule  contenant  le  poi 

du  liquide  qui  devait  s'y  vaporiser.  Quand  on  voulait  mes 

les- forces  élastiques,  il  fallait  que  l'espace  fût  toujours  sa 

de  vapeur;  mais,  comme  il  faut,  au  contraire,  qu'il  ne  le 

pas  quand  on  mesure  la  densité  des  vapeurs,  on  avait  appi 

mativement  calculé  le  poids  ::  nécessaire  pour  que  Tes] 

fût  saturé  vers  Zo""  et  qu'il  cessât  de  l'être  en  chauffant  au 

de  cette  température.  Pour  tout  le  reste,  rien  n'était  chan 

l'appareil.  On  faisaitle  vide  par  le  tube  B  qu'on  scellait  ensi 

la  cuve  était  échauffée  par  une  lampe  à  alcool  D  dont  on  ré 


('  )  Recîiault,  annales  de  Chimie  et  de  Pht/sique,  3*  série,  t.  XV,  p.  i 
suivantes  {Études  sur  CHygrom  inc);  i8^5. 


DENSITÉ  DES  VAPEURS.  igS 

la  dislance  et  la  flamme,  de  manière  à  obtenir  des  tempéra- 
tures plus  ou  moins  hautes,  que  des  thermomètres  mesuraient 
et  que  des  agitateurs  rendaient  uniformes;  enfin  on  mesurait 
la  pression  à  ces  diverses  températures,  en  observant  le  ma- 
nomètre au  cathétomètre,  à  travers  une  fenêtre  en  glace. 

Comme  il  faut  savoir  quelle  est,  à  une  température  quel- 
conque, la  pression  de  Tair  que  la  machine  pneumatique  a 
laissé  dans  le  ballon,  on  la  calcule  de  la  manière  suivante. 
Soit  Ao  cette  pression  mesurée  à  zéro,  avant  que  les  ampoules 
aient  été  crevées  el  quand  le  volume  est  ro  ;  à  /<»  ce  volume 
sera  ♦'0(14-  A*^),  Ja  pression  sera  x  et  l'on  aura 

Après  avoir  reconnu  par  plusieurs  épreuves  que  cette  for- 
mule donne  exactement  la  pression  de  Tair  à  toutes  les  tem- 
pératures cil  Ton  porte  la  caisse,  Regnault  fit  crever  les 
unpoules,  chauffa  progressivement  le  ballon,  mesura  la  force 
élastique  totale  à  des  températures  successives  et  croissantes 
et,  en  retranchant  de  cette  force  élastique  la  pression  x  de  Tair 
fcstéjil  obtint  la  tension  de  la  vapeur. 

En  résumé,  le  poids  de  la  vapeur  est  celui  du  liquide  en- 
fermé dans  l'ampoule,  son  volume  est  celui  du  ballon  Vq{  \  H-  h()\ 
sa  pression  est  mesurée  par  le  manomètre  et  sa  température 
ficelle  de  la  caisse;  on  a  donc  tous  les  éléments  nécessaires 
pour  calculer  sa  densité. 

PEOCÉDÉ  DE  DUMAS  (*).  —  Les  procédés  que  nous  venons  de 
ferire  ne  peuvent  servir  que  pour  des  liquides  qui  ne  sont  pas 
^^p  difficiles  à  vaporiser;  mais  la  méthode  de  Dlimas  peut  être 
appliquée  à  tous  les  corps.  On  prend  un  ballon  de  verre  mince 
l^aniune  capacité  égale  à  o'»*,5  environ;  on  y  introduit  iS»*"  à 
''^de  la  substance  solide  ou  liquide,  mais  très  pure  {-)  que 


V  ;  DciAs,  Annales  de  Chimie  et  de  Phjsique,  2*  série,  t.  XXXIII,  p.  337; 
'^  .Mémoire  sur  quehfues  points  de  la  théorie  atomistiquc). 
•■']  U  présence  d'une  impureté,  même  en  quantité  minime,  pourrait  mo- 
•B«r  les  résultats  de  TexpérieDce;  car  si  le  liquide  était  mêlé  d'un  liquide 


],j<;  THERMOMETHIE.  -  DILATATIONS, 

l'on  veut  étudier,  ei  l'on  efnie  le  col  à  la  lampe.  Ensuite,  un 
llxe  le  ballon  sur  un  support  entre  deux  anneaux  (jui  le  pres- 
sent {Jtg.  64  et  (S5)  ;  on  l'iatroduil  dans  une  marmite  en  foule 
au  milieu  d'une  masse  d'eau  ou  d'huile,  ou  même  d'illiagP 
fusible,  suivant  que  le  point  d'ébullitJon  de  ta  substance  esl 
plus  ou  moins  élevé,  et  l'on  chauffe  Jusqu'à  une  temiiêratuw 
qui  doit  toujours  être  très  supérieure  à  ce  point.  DienlOt  il  ^e 
produit  un  jet  de  vapeur;  ce  jet,  qui  chasse  l'air  du  ballon,  dur^ 

KiB.  es. 


tant  qu'il  reste  quelque  choses  vaporiser  et  cesse  brusquem 
si  la  lempéralure  esl  très  élevée,  ce  qui  esl  une  condition  ft 
sentielle.  A  ce  moment,  il  ne  reste  dans  le  ballon  ni  air,  i 
cutie  partie  solide  ou  liquide  de  la  substance;  il  a'y  reste  que 
de  la  vapeur  à  une  pression  inférieure  à  son  élasticité  maximum.^ 
Alors  on   ferme  le  col  par  un  Irait  de  chalumeau.   VoyoDi 
mainienani  comment  on  obtient  les  données  H,  /,  v  et  ii  ({Al 
serviront  à  calculer  le  résultai, 

La  pression  11  de  la  vapeur  est  égale  a  celle  de  l'atmosphérBd 
on  la  trouve  en  consultant  le  baromètre.  La  température  ï 
celle  du  bain;  elle  se  mesure,  auniomenloùlon  clôt  le  ballort 

moÎDi  vDialJl,  celui-ci  rederail  ilsnt  le  ballon  ri  puiirriiit  furmer 
Utile  de  la  in*tco  qu'il  conlienl  au  munieiil  de  la  rcrmclure. 


DENSITÉ  DES  VAPEURS.  197 

avec  des  thermomètres,  soil  à  mercure,  soit  à  air.  Le  poids  7: 

se  détermine  de  la  manière  suivante. 

En  pesant  le  ballon  plein  d'air  avant  Texpérience,  on  a  trouvé 
son  poids  apparent  P. 

Après  l'opération,  Taira  été  chassé  du  ballon  par  la  vapeur 
qui  a  pris  sa  place;  conséquemment,  en  pesant  de  nouveau, 
on  irouvera  un  second  poids  apparent  P',  égal  au  poids  P,  plus 
le  poids  TT  de  la  viapeur,  moins  le  poids  d'un  volume  d'air  égal 
au  volume  intérieur  qui  est  i^oC"-^  A"^),  en  désignant  par  i^o  le 
volume  du  ballon  à  zéro  et  par  6  la  température  de  la  pesée. 


P'=P-f-7r~ 


j/Q (iH-frQ)  (0,001293187)  (H— f/) 
^(i-h  aO)  760 


De  là  on  tirera  tt  quand  on  connaîtra  le  volume  ço  du  ballon. 
Pour  trouver  ce  volume,  on  casse  la  pointe  sous  Teau.  Comme 
b  vapeur  s'est  condensée  par  le  refroidissement,  le  ballon  est 
▼Me  et  l'eau  s'y  précipite  pour  le  remplir  en  totalité  ;  on  le  pèse 
«ne  dernière  fols  et  Ton  trouve  P"  :  on  a 

Cette  équation  fera  connaître  i^o  et  permettra  de  calculer  7:. 

Il  ne  reste  plus  qu'à  trouver  le  volume  r  de  la  vapeur;  mais, 
comme  elle  remplissait  le  ballon  à  la  température  ^  quand  il  a 
<^lé  fermé,  on  a  évidemment 

^^n  peut  maintenant  calculer  p  en  remplaçant  dans  la  formule(i) 
H,/,::  et  v  par  leurs  valeurs. 

QPiRiQiGES  DE  MM.  H.  DEVILLE  ET  TBOOST  (  *  ).   —  Pour  appli- 

Wrle  procédé  de  Dumas  à  des  substances  qui  n'entrent  en 

^Miiion  qu'à   des  températures   très   élevées,   MM.   Henri 

^îïJnie-Claire  Deville  et  Troost  l'ont  modifié  de  la  manière  sui- 
vante : 


'  V  Oeville  et  Troost,  Comptes  rendus  de  V Académie  des  Sciences^  t.  XLV^, 
^'^'^^\t\  Annales  de  Chimie  et  de  Physique^  3*  série,  t.  LVIII,  p.  267;  1859. 


ig8  THERMOMÉTRIE.  —  DILATATIONS. 

Le  ballon  en  verre  est  remplacé  par  un  ballon  en  porce- 
laine B  (Jîg.  66),  dont  l'ouverture  est  fermée  par  un  bouchon 
conique  F  qui  laisse  échapper  la  vapeur;  quand  elle  cesse  de 
se  dégager,  on  fond  le  bouchon  au  chalumeau  à  gaz  oxyh;- 
drogène.  Les  bains  hquides  soni  remplacés  par  des  étuves i 
vapeur,  qui  donnent  des  températures  variables  avec  coati- 


Fij.  66. 


nulle  SI  I  on  se  «iert  pour  les  produire,  d'un  même  liquide 
bouillant  sous  d  verses  pressions  ou  bien  une  série  de  tempé- 
ratures discontinues  si  I  on  emploie  des  corps  différents  boi^l- 
lant  sous  la  pression  atmosphérique.  La  série  de  températures 
ainsi  obtenues  par  MM.  Deville  et  Troosl  (  <  )  était  la  suivante  : 


p.  Sai).  Ces  Domi 
par  MM.  Deville  e(  Troosl  eux-mf 
ScUncti,  t.XC.p.  7ÎÎ).  Le  nombre 
{Compta  rendat  de  l'Académie  du 


cipériences,  dans  iesquellfi  la  tncsure  des  hautes  lempë- 
cnlisée  ■  l'aide  de  la  Tapeur  d'iode,  dont  an  supposait  la 
.  BTaienl  donné  pour  températures  J'ébullilian  du  eadntDia 

lojo'  {Complu  rendus  de  t Académie  det  Scititca,  t,  31LV, 


ieéscomm 


!    {CompU 


l'Indique  le  Tableau  ci-dei*oat, 
fa  rtndat  de  CAcadrmit  dtt 
;  est  celui  da  M.  Ed.  Becquerel 
LVll,  p.  855;  i8i8  ). 


DENSITÉ  DES  VAPEURS.  199 


0 


Ëtave  à  vapeurs  de  mercure 35o 

•  de  soufre 44û 

»  de  cadmium 8i5 

»  de  zinc gBo 

Ion  était  placé  dans  un  cylindre  en  fer  PP,  contenant 
ince  en  .ébuUition (*)  ei  fermé  par  un  couvercle  en 
que  traversait  en  0  le  col  du  ballon.  Un  diaphragme 
^D  le  préservait  du  rayonnement  des  parois  intérieures, 
turs  de  l'étuve  se  condensaient  dans  un  tube  latéral  T 
menait  au  dehors. 

)eville  et  Troost  ont  aussi  étendu  leurs  expériences 
(S  de  iooo<>.  Dans  ce  cas,  les  ballons  sont  chauffés  dans 
Des  de  terre  disposés,  soit  dans  un  fourneau  à  gaz, 
un  fourneau  à  huile  lourde.  La  température  est  don- 
le  thermomètre  à  air,  à  réservoir  de  porcelaine,  que 
•ns  décrit  précédemment 

KB  9E  ■ETEB.  —  Pour  déterminer  la  densité  des  vapeurs 
ns  corps  dont  on  ne  possède  que  de  faibles  quan- 
y.  Meyer  (^)  emploie  un  petit  appareil  analogue  à  un 
être  à  poids  et  représenté  par  \di  fig.  67.  Cet  appa- 
sente  une  branche  étroite  qui  doit  toujours  demeurer 
ît  une  branche  large  renflée  en  boule  à  sa  partie  su- 
et  terminée  par  une  pointe  effilée  qui  est  aussi  ou- 
i  début  de  l'expérience.  Un  poids /?  du  corps  à  volati- 
pesé  dans  une  petite  ampoule  et  introduit  dans  la 
large.  On  tare  Tappareil  a,  puis  on  le  remplit  de  mer- 
roque  Ton  verse  par  la  branche  étroite,  jusqu'à  ce  qu'il 
I  Torifice  capillaire  que  Ton  ferme  aussitôt  à  la  lan|pe. 
mine  le  poids  P  du  mercure  ainsi  introduit, 
it,  l'appareil  est  suspendu  dans  un  matras  B  à  long 
on  fait  bouillir  un  liquide  dont  la  température  normale 
on  est  notablement  supérieure  à  celle  du  corps  à 


id  on  emploie  la  vapeur  de  zinc,  il  est  préférablo  de  remplacer  le 
creuset  de  tcn  e  rcfractuire  surmonté  d'un  tube  également  en  terre. 
hte  der  chemischen  Geselhchaft  von  Berlin ^  1878. 


20O  THERMOMÉTUIE.  —  DILATATIONS. 

étudier.  On  peut  employer  les  divers  liquides  dont  nt 

indiqué  (p.  ig3)  les  points  d'ébulliiion. 
Le  corps  étudié  se  réduit  complètement  en  vapeu 

branche  large  qui  est  actuelle 
Fîg.  67.  mée  et  chasse  un  volume  éga 

cure,  qui  s*écouIe  par  la  bn 
verte.  Une  nouvelle  pesée,  ré 
fin  de  Texpérience,  donnera 
de  mercure  écoulé.  On  dé 
enfin  la  différence  de  nivea 
régnait  dans  les  deux  tubes 
ment  de  Texpérience,  en  c 
pointe  capillaire  de  la  brancli 
inclinant  le  tube  de  manière 
f\  le  mercure   qui  reste  dans 

à  affleurer   à   Torifice   de   h 
étroite. 

Soient  donc  7:  le  poids  de 
écoulé,  D  son  poids  spécifiqi 
la  force  élastique  de  la  vapei 
cure  à  la  même  température; 

de  vapeur/?  occupait  le  volur 

la  pression  B.  -h  h  —  h'  ;  son  | 
cifique  x  sera  donné  par  la  fo 


(i)    p  —  \xa 


I  -+-  mt 
760 


a  représente  le  poids  spécifiq 

par  rapport  à  l'eau,  V  le  vol 

vapeur,  mt  la  dilatation  absoli 

cure  de  o  à  ^*.  On  a  d'ailleurs,  en  désignant  par  A- 

cieni  de  dilatation  du  verre,  par  q  le  poids  de  me 

remplit  Tampoule,  par  Do  la  densité  du  mercure  à  c 


(2) 


Do 


i  (  I  4-  A-0  ==  -rT^  (i  -+-  mt)  4-  V; 


Do 


DENSITÉ  DES  VAPEURS.  201 

pour  établir  cette  équation,  on  a  négligé  le  poids  de  mercure 
volatilisé  dans  l'espace  V. 
Pour  des  températures  supérieures  à  Tébullition  du  mercure, 

M.  Meyer  remplit  le  lube  a,  non  plus  de  mercure,  mais  d'al- 

liagede  Wood,  qui  fond  à  70®  et  qui  contient  : 

Parties . 

Bismuth i5 

Plomb 8 

Étain 4 

'    Cadmium 3 

Le  bain  de  vapeur  d'eau  est  remplacé  par  un  bain  de  vapeur 
de  soufre.  Le  tube  récipient  est  rempli  d'alliage  à  la  tempé- 
rature de  100*.  Pour  calculer  la  densité  de  la  substance  étu- 
diée, à  la  température  de  44o**>  îl  suffît  de  connaître  les  densi- 
tésdeTalliage  de  Wood  aux  températures  d'ébuUition  de  Teau 
(9'6o8)  et  du  soufre  (9,1 58). 

On  peut  aussi,  soit  pour  les  températures  basses,  soit  pour 
les  températures  élevées,  se  borner  à  mesurer  le  volume  d'air 
déplacé  par  la  vapeur.  Voici,  par  exemple,  comment  on  opère 
pour  les  températures  inférieures  à  35o°.  Un  matras  à  col 
élroii  a  (Jig.  68 )  est  chauffé,  dans  un  bain  de  liquide  ou  de  va- 
peur, à  la  température  à  laquelle  on  veut  opérer;  à  la  partie 
supérieure  /  du  col,  qui  est  fort  étroit  et  qui  émerge  du  bain, 
est  soudé  un  tube  de  dégagement  qui  se  rend  sur  une  cuve 
à  eau. 

L'extrémité  du  col  est  fermée  par  un  bouchon.  L'équilibre 
de  température  étant  bien  établi,  on  dispose,  au-dessus  du  tube 
de  dégagement,  une  éprouvette  graduée  e,  on  enlève  le  bou- 
chon, on  laisse  tomber  dans  le  matras  p  grammes  de  la  sub- 
stance à  vaporiser,  et  l'on  rétablit  immédiatement  le  bouchon. 
La  vapeur  qui  se  dégage  chasse  dans  l'éprouvelie  un  volume 
d'air  égal  dont  on  mesure  le  volume  V  en  centimètres  cubes 
sous  la  pression  atmosphérique  H.  La  densité  de  la  vapeur  se 
calcule  par  la  formule 

3)  '/--rrry-T 

V   — -r^ o,ooi2q5 

760     I  H-  a^  ^ 


2oa 


THERMOMÉTKIE.   -  DILATATIONS. 


Bien  entendu,  le  poids /?  doit  être  tel  que  la  vapeur  n'o 
qu'une  partie  du  volume  du  matras.  Les  vapeurs  étant  g 
lement  plus  lourdes  que  Tair,  le  mélange  de  Tair  et  de 
peur  sous-jacente  ne  s'effectuera  que  par  diffusion  et 


L_ 


Fig.  68. 


\        ' 

1 

\   î''         / 

'^a^M  ,mJ^ 

-^1 

l, 

|!g^^^ 

KHiflHHHHH 

k 

w                                       wr 

manière  assez  lente  pour  que  la  vapeur  n'atteigne  pas  1 
ties  froides  du  tube  pendant  la  durée  du  dégagemen 
expérience  ne  dure  pas  plus  de  trois  minutes. 

Pour  les  températures  hautes,  MM.  Crafts  et  Meye 
stituent  au  matras  de  verre  un  réservoir  A  en  porcelî 
Bayeux  CAê*.69);  ils  effectuent  la  mesure  du  volume  d' 


DENSITÉ  DES  VAPEDRS.  303 

ns  l'une  des  branches  d'un  manomètre  à  air  libre  com- 
anl  avec  le  réservoir.  La  température  et  la  pression 
intenues  invariables  dans  le  manomètre  :  la  tempéra- 
lice  à  une  circulation  d'eau  froide,  dans  un  vase  K  au- 
la  branche  fermée,  et  la  pression  par  le  jeu  d'un  réser- 
bile  D  séparé  des  deux  branches  du  manomètre  par  un 

Fie.  ^■ 


et  qu'on  élève  ou  qu'on  abaisse,  de  manière  à  main- 
galité  de  niveau  dans  la  branche  fermée  et  dans  la 

ouverte  du  manomètre  (/îg*.  69).   La  substance  sur 

on  opère  est  introduite  d'avance  dans  un  petit  tube  (, 
'inme  l'indique  la  Tigure;  on  la  fait  tomber,  au  moment 
n,  dans  le  réservoir  A,  par  un  petit  mouvement  du 
relié,  comme  on  le  voit,  au  col  de  A  par  un  bout  de 

caoutchouc.  La  densité  se  calcule  par  la  formule  (3). 


20i  THERMOMÉTRIE.  —  DILATATIONS. 

YABIATIOHS  DE  LA  DEHSITÉ  DES  YAPEUBS.  —  Nous  avons  re- 
connu précédemnnent  que  les  gaz  permanents  suivent  laloide' 
Mariotte  et  possèdent  un  coefficient  de  dilatation  commun  ei 
égal  à  0,00 366;  mais  nous  avons  vu  aussi  les  gaz  liquéGables 
s'écarter  de  cette  loi  et  prendre  un  coefficient  croissant  en  se  1 
rapprochant  du  point  où  ils  changent  d*état.  Or,  si  Tanalope  1 
déjà  constatée  entre  les  gaz  et  les  vapeurs  est  fondée,  si  celles-  \ 
ci  sont  des  gaz  très  rapprochés  de  leur  terme  de  liquéfactioi  1 
et  ceux-là  des  vapeurs  très  éloignées  de  leur  tension  maiimtf;^ 
nous  devrons  retrouver  dans  les  vapeurs  les  propriétés  des 
permanents  quand  elles  seront  loin  de  leur  condensation,  etj. 
les  anomalies  qui  caractérisent  les  gaz  liquéfiables  quand  diei 
s'approcheront  du  point  de  saturation;  et,  en  suivant  ces  aiMh 
malies  jusqu'à  la  limite,  elles  devront  s'exagérer  progresrive» 
ment  jusqu'à  ce  que  la  vapeur  se  liquéfie.  L'étude  des  d«rf* 
tés  nous  permettra  de  confirmer  ces  prévisions.  ,\ 

La  formule  par  laquelle  on  calcule  la  densité  des  vapeuif^ 
est  la  suivante  : 

i 

_       7r(i  -4-  oct)']6o 
^'^  ^""ç'(oiî%ooici93i87)H'  1 

dans  laquelle  tt,  t',  t,  H  sont  le  poids,  le  volume,  la  tempéft*i 
ture  et  la  pression  de  la  vapeur,  a  étant  le  coefficient  dedilt-^ 
tation  de  l'air. 

Supposons  qu'on  cherche  la  densité  d'une  vapeur  par  h 
méthode  de  Gay-Lussac,  que  le  poids  ::  demeure  constante^ 
qu'après  une  première  observation  à  la  température  de  ^  on 
en  fasse  une  seconde  à  ^,  ^  se  changera  en  ^',  H  en  H',  etl'oû 
aura 

7:(i  -f-ar)76o 
^    ^  P        r'(o6'-,ooi29'5i87)H'' 

Pour  que  les  deux  valeurs  trouvées  p  et  p'  soient  égales,  î 
faut  et  il  suffit  que  l'on  ait 

ï  -^  xt       \  -h  xt 
TW  "      r  H'    * 

Soit  d'abord  /=  f  ;  il  faudra  que  i^H  =  ^'H';  on  en  conclu 
que  :  i*»  la  densité  d'une  vapeur  ne  peut  être  constante  al 


DENSITÉ  DES  VAPEURS.  aoS 

oème  température  et  sous  diverses  pressions  que  si  la  loi  de 
lariotte  s'y  applique. 

Soit  en  second  lieu  H  =  H';  Téquation  de   condition  de- 
vient 


v' 


.  1 


I  -1-  a/        \  -t-at 

l'où'.i'^la  densité  d'une  vapeur  ne  sera  constante,  sous  une 
Dème  pression  et  à  diverses  températures,  que  si  le  coefficient 
de  sa  dilatation  est  le  même  que  celui  de  Tair. 

Nous  sommes  par  là  naturellement  conduits  à  mesurer  la 
kosité  des  vapeurs  sous  diverses  pressions  et  à  diverses  tem- 
[lératures.  Si  l'expérience  prouve  qu'elle  ne  varie  pas,  nous 
ai  conclurons  que  les  vapeurs  suivent  la  même  loi  de  dilata - 
ttooeidecompressibilité  que  Tair;  si,  au  contraire,  nous  trou- 
îons  qu'elle  change,  nous  nous  servirons  de  ses  variations 
mesurées  pour  calculer  la  compressibilité  et  la  dilatation  de 
ces  mêmes  vapeurs. 

Toutefois  l'interprétation  à  donner  aux  résultats  peut  de- 
meurer incertaine  :  car,  aux  causes  d'ordre  purement  phy- 
sique que  nous  venons  d'invoquer  pour  expliquer  la  variation 
<le  densité  des  vapeurs  peuvent  s'ajouter  d'autres  causes, 
<l'origine  chimique,  qui  se  superposent  aux  autres  et  en  mas- 
quent plus  ou  moins  les  effets.  Soit,  par  exemple,  une  vapeur 
susceptible  d'éprouver  une  transformation  allotropique  ou  une 
Composition  en  éléments  gazeux  plus  simples  :  celle-ci  peut 
s'opérer  brusquement  et  complètement,  et  alors  il  sera  diffi- 
cile de  se  méprendre  sur  sa  vraie  nature;  mais  elle  peut  aussi 
seffeciuer  d'une  manière  progressive,  suivant  une  loi  qui  dé- 
pend à  la  fois  de  la  température  et  de  la  pression,  et,  dans  ce 
C2S,  les  mesures  de  densités  seront  impuissantes  à  décider  à 
^lies  seules  de  ce  qui  se  passe  :  elles  devront  être  confirmées 
soit  par  des  mesures  calorimétriques,  soit  par  des  observa- 
tions chimiques  appropriées,  etc.  Malgré  la  variété  de 
moyens  qui  peuvent  s'offrir  à  l'esprit,  et  qui  ont  été  effective- 
ment mis  en  usage,  bien  des  cas  sont  jusqu'ici  demeurés  dou- 
teux. 

Sans  aborder  de  front  ces  difficiles  problèmes,  nous  nous 


206 


THERMOMÉTRIE.  —  DILATATIONS. 


bornerons  à  consigner  ici  le  résultat  des  expériences  les  plos 
importantes. 

1®  i4  cides  formique  et  acétique,  —  On  doit  à  Bineau  (*)  des 
expériences  sur  les  acides  formique  et  acétique.  Les  denâtéi 
de  la  vapeur  ont  été  mesurées  à  la  même  température  sous  des 
pressions  différentes.  Voici  les  résultats  obtenus  avec  l'acide 
formique  à  des  températures  inférieures  au  point  d*ébullitioo 
normal  (99*,  5). 


ACIDE   FORMIQUE. 

18'. 

ÎO'. 

»•. 

Densliés 

Densités 

Tensions. 

de 

Tensions. 

de 

Tentiont. 

4a 

la  Tapeur. 

la  rapeur. 

liTaiitf. 

mm 

mm 

mm 

2,60 

2,87 

2,70 

•^80 

3,10 

a,6f 

7,60 

2,93 

8,00 

2,85 

8,80 

a,r> 

i5,8o 

3,06 

16,70 

a,9'l 

18, 3o 

2,76 

30, 5o  (max.) 

n 

2^4,20 

3,i5 

27,80 

2,81 

// 

// 

3o,oo  (max). 

// 

5o,oo  (max.) 

9 

Ces  nombres  montrent  que,  la  pression  croissant  peu  à  pett 
jusqu'à  atteindre  la  tension  maximum,  la  densité  augmente 
très  rapidement;  et  comme,  d'après  la  formule  (i),  elle  est  pro- 
portionnelle à  — ijî  il  s'ensuit  que  vW  diminue  quand  la  pres- 
sion s'élève,  et  que  la  vapeur  de  l'acide  formique  suit  une  loi 
de  compressibililé  plus  rapide  que  la  loi  de  Mariolte.  On  peut 

calculer,  d'après  les  expériences  précédentes,  le  rapport  -rw'» 

qui  est  égal  à  ^-  Cela  donne  (2)  : 

P 


('  )  Bineau,  Annales  de  Chimie  et  de  Physique,  3'  série,  t.  XVIII,  p.  226  (i845; 
(  Recherches  sur  les  relations  de  densitJs  de  sapeur  avec  les  équivalents  chi- 
miques). 

(')  On  peut  aujourd'hui  multiplier  les  exemples  :  ainsi  MM.  Troost  et  Hau- 


DENSITÉ  DES  VAPEURS. 


207 


15* . 


lIOBt. 


IB 

2,60 

7,60 
3,80 


un 


1,031 
1,066 
u 


20« 


Tensions. 


mm 
2,70 

8,00 

16,70 

2^.!10 


tt 
I  ,018 

i,o5o 

1,135 


30». 


Tensions. 


mm 
3,10 

8,80 

18, 3o 

37,80 


v'n' 


rf 
i,o37 

1,067 
1,076 


l'on  se  reporte  aux  expériences  de  Regnault  sur  la  loi  de 
)lie  et  que  Ton  compare  les  résultats  précédents  avec 
:  qu'offrait  Tacide  carbonique,  on  voit  que  des  change- 
isde  tension,  qui  s'élèvent  à  peine  à  quelques  millimètres, 
rminent  ici  des  écarts  égaux  à  ceux  que  produisaient  pré- 
mment  des  variations  considérables  dans  la  pression.  Mais, 
compressibilité  s'exagère  beaucoup  quand  on  s'approche 
près  du  point  de  liquéfaction,  inversement  elle  diminue 
id  on  s'en  éloigne  de  plus  en  plus,  et  la  loi  de  Mariotte  ré- 
silie cette  compressibilité  avec  une  approximation  de  plus 
lus  satisfaisante.  La  vapeur  d'acide  formique  se  conduit 
absolument  comme  les  gaz  liquéfiables  quand  elle  est 
de  son  point  de  saturation,  et  comme  les  gaz  permanents 
d  elle  en  est  éloignée.  L'acide  acétique  fournit  des  résul- 
nalogues. 


le  {Comptes  rendus  de  V Académie  des  Sciences^  l.  LXXXIII,  p.  333)  ont 
é  à  100''  h>6  voliiines  et  les  pressions  d'une  masse  invariable  de  chlorure 
rium  qui  bout  à  59°,  et  ils  ont  trouvé  : 


f. 

II 

. 

^'H. 

273 

,62 

7.)6 

,83 

207085 

293, 

187 

7'4. 

36 

208735 

3'>'4, 

81 

5-7, 

18 

210707 

418 

,62 

^70) 

o5 

21087', 

596, 

•9 

356, 

79 

212720 

9^2) 

16 

222, 

82 

2  1 1389 

oduit  cH  est  d'autant  plus  faible  que  la  pression  est  plus  considérable, 
pour  les  gaz  aisément  liquéfiables 


2o8  THERMOMÉTRIE.  —  DILATATIONS. 

Nous  allons  maintenant,  par  une  discussion  toute  sembl 
montrer  qu'en  approchant  de  la  tension  maximum  la  d 
bililé  des  mêmes  vapeurs  s'accroît  comme  leur  compres 
lité.  Les  expériences  qui  le  prouvent  sont  dues  à  M.  Cah 
Il  opérait  par  la  méthode  de  Dumas,  c'est-à-dire  sous 
pression  qui,  étant  toujours  celle  de  l'atmosphère,  resie 
siblement  constante,  et  il  déterminait  la  densité  de  la  vi 
à  des  températures  de  moins  en  moins  élevées  et  s'appro* 
de  plus  en  plus  de  celle  de  l'ébullition.  Voici  les  nombr 
M.  Cahours  {*),  relatifs  à  l'acide  acétique  dont  le  point  d' 
lilion  est  à  120®. 

Température.  D«naitc. 

o 
124 3,194 

i3o 3,io5 

140 a,  898 

i5o a,75o 

190 2,378 

220 ^1^70 

240 2,090 

25o 2,080 

3oo 2 ,080 

338 2,080 

Cette  densité  décroît  d'abord  rapidement  et  n'attein 
valeur  constante  qu'à  partir  de  25o°.  Si  la  vapeur  se  d 
comme  l'air,  sa  densité  serait  constante;  puisque  la  d 
diminue  jusqu'à  25o*»,  c'est  que,  au-dessous  de  cette  ten 
ture,  le  coefficient  de  dilatation  de  la  vapeur  est  supéri 
celui  de  l'air. 

Pour  le  calculer,  désignons  par  H  la  pression  com 
sous  laquelle  deux  expériences  ont  été  faites,  par  (^  et 
volumes  à  ^  et  à  t'°  d'un  même  poids  tt  de  vapeur.  Nous 
von  s  écrire 

!-+-«/         r.760  ,       j -h  at         7:.n6o 

i/       (0,001293)11       ^  v'       (0,001293) 

(  '  )  Cahoubs,  Comptes  rendus  de   l'Académie  des  Sciences,    t.  XIX, 
et  t.  XX,  p.  5i  ;  i8|4. 


DENSITÉ  DES  VAPEURS.  209 

us  tirons 

p I  -4-  a/^' 

■'—        '™    Il  »■       -Il  -— .  ^    •— «  • 

p'        i-ha^  i/ 


întons  par  ^  le  coefficienl  moyen  de  dilatation  de  la 
entre  If  et  /,  nous  aurons 

p  i-l-a/'  ,^ 

P    I  -4-  a  ^  ^  ' 


r— — L-  (  9  '-^^^' 


t  donc  calculer  le  coefficient  moyen  de  dilatation  des 
;  précédentes  en  combinant  toutes  les  observations  avec 
lière.  Si  Ton  effectue  le  calcul,  on  reconnaît  que  le 
ent  moyen  est  très  sensiblement  égal  à  celui  des  gaz 
ents  quand  la  vapeur  est  loin  du  terme  de  la  saturation; 
augmente  aussitôt  qu'on  s*en  rapproche,  et  il  peut 
î  des  valeurs  très  considérables.  D'un  autre  côté,  on 
ne  que,  après  avoir  augmenté,  ce  coefficient  diminue, 
nié  d'expliquer  ce  résultat  en  admettant  quil  reste,  au 
des  parois  du  vase  où  Texpérience  se  fait,  une  couche 
ide  qui  ne  s'évapore  en  totalité  qu'à  une  température 
périeure  à  celle  de  l'ébulliiion.  Mais  ce  phénomène 
xe  peut  dépendre  de  bien  d'autres  causes.  Bineau  ad- 
que  les  acides  formique  et  acétique  sont  susceptibles 
lodification  polymérique  stable  seulement  à  une  basse 
alure  et  sous  une  faible  pression,  et  il  attribuait  les 
ns  de  densité  observées  à  la  destruction  progressive  de 
ps  polymères;  les  expériences  qui  précèdent,  insuffi- 
pour  imposer  cette  opinion,  ne  fournissent  pas  non 
preuve  de  sa  fausseté.  Si  on  l'admet,  le  maximum  de 
)n  observé  correspondrait  seulement  à  une  circonstance 
lière  de  la  transformation  de  l'acide  acétique. 
;  devons  ajouter  que  des  mesures  calorimétriques,  ré- 
ni  exécutées  par  MM.  Berthelol  et  Ogier  (*),  ont  établi 

RTOELOT  el  OciER,  J/iriales  de  Chimie  et  de  Physique^  5*  série,  t.  XXX, 

188  {. 

■  halettr.  —  II.   i"  fa  se.  i^ 


210  THERMOMÉTRIE.  -  DILATATIONS. 

que  la  variation  de  densité  de  Tacide  acétique  est  liée  à 
absorption  de  chaleur  énorme  qui  accompagne  la  dilatatioi 
la  vapeur,  tant  qu'elle  n'a  pas  atteint  sa  densité  normale;  d 
tre  part  la  chaleur  latente  de  volatilisation  est  singulièren 
faible.  Il  semble  qu'il  y  ait  là  un  argument  plutôt  favorable 
contraire  aux  idées  de  Bineau  ;  mais  la  question  ne  peut 
encore  considérée  comme  entièrement  résolue. 

a"  Eau.  —  Au  reste,  les  acides  formique  et  acétique 
sont  pas  les  seuls  corps  dont  la  vapeur  offre  des  variât 
de  densité  avec  la  température  et  la  pression.  Les  mêmes 
nomènes  ont  été  observés  en  particulier  sur  l'eau;  maisic 
variations  de  densité  sont  peu  considérables,  et  il  est  diil 
d'y  voir  autre  chose  qu'un  phénomène  purement  physi< 
Voici  d'abord  les  résultats  obtenus  par  M.  Cahours  à  des  i 
pératures  croissantes  : 

Température.  Densité. 

0 

107 0,645 

«         1 10 o  ,640 

1 20 0 ,  625 

i3o 0,621 

i5o 0,6198 

200 0,6192 

25o 0,6182 

Nous  joindrons  à  ces  nombres  le  résultat  d'expérie 
faites  par  Regnault  (M  ^^  faisant  varier  à  la  fois  la  tem|: 
ture  et  la  pression.  Elles  étaient  exécutées  par  le  procédé 
nous  avons  décrit  (p.  194).  On  a  désigné  par/la  pressior 
servée,  et  par  F(T)  la  pression  maximum  de  la  vapeur  à  la 
pérature  T. 

(')  Rf.gsaolt,  yinnales  de  Chim'e  et  de  Physique^  3'  série,  t.  XV  ^F.tuû 
l'Hygrométrie),  p.  i.^i  et  suiv.;  i8/|/|. 


DENSITÉ  DES  VAPEURS. 


21  r 


Densité  de  la  vapeur  d'eau 


T. 

/• 

F(T). 

P- 

o 

mm 

mm 

0 

30,83 

3a,  14 

3a, 14 

.    0,64693 

3i|23 

3a  ,66 

33,86 

0,63849 

3i,54 

33,  a4 

34,46 

0,62786 

37,05 

3i,i9 

46,8a 

0,62140 

41, 5i 

34,65 

59,51 

0,62195 

4i,88 

34,61 

60,68 

0,62333 

45.78 

35,  aa 

74,33 

0,62003 

48,38 

35,48 

84,84 

0,62046 

55, 4i 

36,  a3 

119,84 

0,62078 

y^  Perchlorure  de  phosphore,—  Inversemeni  de  ce  qui  se 
)duii  pour  l'eau,  il  esl  impossible  de  méconnaître  le  re- 
liât d'une  dissociation  dans  les  phénomènes  présentés  par 
perchlorure  de  phosphore.  M.  Cahours  (*)  détermina  en  1847 
densité  des  vapeurs  de  cette  substance,  qui  bout  à  160'',  à 
e  série  de  températures  supérieures  à  son  point  d'ébulli- 
n.  Voici  les  résultats  qu'il  obtint  : 

Température.  Densité, 

o 
182 5,078 

190 4,80 

230 4,3o      • 

288 3,67 

3oo 3,66 

827 3,65 

'^ar  une  méthode  détournée  (2),  Wurlz  a  obtenu  vers 
<^* la  densité  du  perchlorure  de  phosphore  à  des  pressions 
^érieures  à  la  pression  atmosphérique,  et  il  a  trouvé  : 


/  Ciaocis,  Annales  de  Chimie  et  de  Physique,  3*  série,  t.  XX,  p.  SfiQ. 

')  WctTZ,  Comptes  rendus  de  l'Académie  des  Sciences,  t.  LXXVI,  p.  (iui  , 
3. 


212  THERMOMÉTRIE.  -  DILATATIONS. 

Pression.  Deniltê. 

mm 

423 6,68 

4i3 6,8o 

343 7,o3 

338 7,06 

271 7,44 

174 8,3o 

Or  M.  H.  Sainte-Claire  Deville  (*)  a  démontré  que,  qami 

on  élève  fortement  la  température  du  perchlorure  de  phosphore^; 

la  couleur  verte  du  chlore  apparaît  :  le  trichlorure  de  piM^ 

phore  ne  présente  pas  ce  phénomène.  Il  est  naturel  d*en  od^i 

dure  que  le  perchlorure  de  phosphore  PhCl'  âe  dissocie  8ri-« 

vant  la  formule 

PhCl^.-t=PhCl»4-2Cl. 

La  densité^  mesurée  aux  températures  et  aux  pressions leij 
plus  basses,  correspond  en  effet  sensiblement  à  la  denstf^ 
théorique  de  PhCl^  (4  vol.  de  vapeur),  ou  tout  au  mdnsM^ 
s'en  écarte  pas  plus  qu'on  ne  peut  le  prévoir  en  invoquui:^ 
des  causes  d'ordre  purement  physique;  tandis  qu*aux  teiBfé^ 
ratures  les  plus  hautes  la  densité  invariable  du  perchlorort^ 
est  celle  d'un  mélange  de  prolochlorure  et  de  chlore  à  voIuiDCS 
égaux.  Un  certain  nombre  d'anomalies,  présentées  par  !«• 
densités  de  vapeurs  de  diverses  substances,  s'expliquent  d'ua* 
manière  analogue  (exemples  :  chlorhydrate  et  bromhydrtW 
d'amylène). 

4°  Seis  ammoniacaux,  hydrate  de  chloraly  etc.  —  Lapltt* 
part  des  chimistes  admettent  aujourd'hui  que  l'atome  desd* 
verses  vapeurs  occupe  un  même  volume:  l'ensemble  desfai^ 
connus  est  en  accord  avec  cette  hypothèse;  mais  quelques  c^ 
particuliers  soulèvent  de  graves  difficultés  qui  ne  sont  peu^ 
être  pas  encore  complètement  résolues.  Ainsi  17*^  d'ammo 
niaque  et  36*'', 5  d'acide  chlorhydrique,  représentant  respec 
tivement  l'atome  de  ces  deux  gaz,  occupent  des  volumes  égau 
et  s'unissent  pour  donner  l'atome  de  chlorhydrate  d'ammo 

(*)  H.  Saimte-Claire  Deyillb,  Comptes  rendus  de  l* Académie   des   Scienet 
t.  LXn,  p.  tiS;;  1866. 


DENSITÉ  DES  VAPEURS.  ai3 

La  densité  de  cette  dernière  substance,  réduite  en 
,  devrait  donc  être  la  somme  de  la  densité  de  Tacide 
drique  et  de  celle  de  Tammoniaque  :  elle  est  au  con- 
gale  à  la  moyenne  de  ces  densités.  Il  faudrait  donc  ad- 
que  le  chlorhydrate  d'ammoniaque  n'existe  pas  à  Tétat 
lUT,  ce  qui  est  rendu  au  moins  probable  par  l'extrême 
>e  du  dégagement  de  chaleur  qui  accompagne  le  mê- 
les deux  gaz,  acide  chlorhydrique  et  ammoniaque,  aux 
atures  élevées.  De  savantes  discussions  ont  été  enga- 
jr  ce  point,  ainsi  que  sur  celui  de  Texistence  à  Tétat 
îur  de  l'hydrate  de  chloral,  du  calomel,  etc.  Elles  ont 

que  ces  corps  sont,  tout  au  moins  en  grande  partie, 
^s  aux  températures  où  Ton  a  mesuré  leurs  densités  de 
;  mais  la  question  même  de  l'existence  de  ces  corps  à 
e  vapeurs  n'est  pas  considérée  comme  tranchée  par 
mité  des  chimistes.  Nous  ne  pouvons  traiter  ici  avec  les 
qu'elle  comporte  cette  question  d'un  intérêt  principale- 
[limique  :  nous  renverrons  le  lecteur  aux  Traités  spé- 
ù  elle  est  discutée  à  fond  (  *  ). 

yufref  chlore,  brome  et  iode,  ~  Ce  ne  sont  pas  seule- 
îs  corps  composés  qui  présentent  les  anomalies  que 
enons  de  signaler.  On  les  retrouve  à  un  haut  degré 
n  certain  nombre  de  corps  simples  que  nous  allons 
en  revue. 

mfre.  —  En  déterminant  par  la  méthode  de  Dumas  la  den- 
vapeur  du  soufre,  MM.  Deville  elTroostont  trouvé  les 
Is  suivants  : 

Températarfl.  Den»Ué. 

o 

324 6,617 

600 5,0 

6Gj  (vapeur  de  sélénium  j.  2,94 

700 2,8 

81 5  (vapeur de  cadmium).  2,23 

930  (vapeur  de  zinc) ....  2,20 


trouvera  un  exposé  très  substantiel  de  cette  question  dans  le  Cours 
r  de  MM.  Debray  et  Joly,  t.  I,  note  IV,  Densité  des  vapeurs.  Paris: 


2î4  THERMOMÉTRIE.  —  DILATATIONS. 

La  densité  décrott  rapidement  avec  la  température,  mais  ne  I 
varie  pas  sensiblement  avec  la  pression  aux  températures 
basses;  à  44^*  M.  Troost  a  trouvé  : 

PreMion .  Densité. 

104'»"' 6,7 

60"" 6,3 

On  peut  interpréter  ces  résultats  en  admettantque  la  vapeur 
du  soufre  est  susceptible  d'exister  sous  deux  états  allotropi- 
ques, Tun  stable  aux  basses  températures^  Tautre  aux  tempé- 
ratures élevées  ;  ce  dernier  serait  caractérisé  par  une  deasité 
trois  fois  plus  faible.  La  densité  1,1  est  considérée  par  les  chi* 
mistes  comme  la  densité  normale  de  la  vapeur,  de  soufre. 

b.  Chlore  y  brome  et  iode,--  En  1 879,  M.  V.  Meyer  (  *  )  essfli 
d'appliquer  la  méthode  décrite  page  199  à  Tétude  delà  dendlé 
du  chlore.  Ayant  déterminé  le  volume  d'air  déplacé  par  la  dé- 
composition d'un  poids  connu  de  chlorure  de  platine  à  une  tem- 
pérature très  haute,  il  arriva  à  cette  conclusion  inattendoef 
que  la  densité  du  chlore  tend,  à  mesure  que  la  température 
s'élève,  vers  une  valeur  moitié  moindre  que  celle  qu'il  pré- 
sente à  la  température  ordinaire.  Ce  résultat,  il  est  vrai,  nefiil 
point  confirmé  par  des  expériences  ultérieures  deM.CraftsP) 
et  M.  Meyer  lui-même  a  reconnu  depuis  que  la  variation  de 
la  densité  du  chlore  était  en  tout  cas  bien  moindre  qu*il  ne 
l'avait  pensé  d'abord.  Cependant  le  brome  et  l'iode  étudiés  ptf 
M.  Crafts,  avec  un  procédé  analogue  à  celui  de  M.  MeyeTi 
quoique  plus  précis,  ont  montré  de  la  manière  la  plus  ce^ 
taine  une  diminution  anormale  de  densité  de  vapeur  de  ces  deux 
corps.  Tandis  que  la  vapeur  de  brome  a  pour  densité  5,24  i 
44*>°>  elle  n'a  plus  pour  densité  que  4»39  ou  4*4^  ^ux  plus 
hautes  températures  que  peut  produire  le  four  Perrot.  Pour 
l'iode,  la  densité  décroît  de  8,659  ^  ""  nombre  sur  lequel  of 


(*)  V.  Meter,  Berichte  der  chemischen  Gesellachaft,  t.  XU,  p.  1427;  1879. 

(')  Crafts,  Sur  la  densité  du  chlore  à  de  hautes  températures ^  sur  la  densU* 
de  quelques  gaz  à  une  haute  température  j  Quelques  remarques  sur  la  densité  d 
vapeur  de  F  iode  {Archives  des  Sciences  naturelles,  3*  période,  t.  HI  et  IV).  Cf 
Mémoires  sont  analysés  dans  le  Journal  de  Physique,  i'*  série,  t.  X,  p.  177 
1881. 


DENSITÉ  DES  VAPEURS.  ai5 

is  encore  bien  d'accord,  mais  qui,  d'après  les  expé- 
les  plus  récentes  de  MM.  Crafis  ei  Meyer  (*),  sérail 
e  4»5  pour  une  température  de  i5oo®,  c'est-à-dire  sen- 
nl  moitié  moindre  qu'aux  basses  températures. D'après 
les  auteurs,  la  densité  de  la  vapeur  d'iode  ne  commence 
lormale  qu'entre  600®  et  70o<>;  elle  diminue  progressive' 
jand  la  température  s'élève  davantage  et  tend  vers  sa 
imite  d'après  une  loi  variable  avec  la  pression.  A  une 
empérature,  la  densité  de  la  vapeur  d'iode  est  d'autant 
ble  que  la  pression  est  moindre.  Ces  résultats  indique- 
ettement  un  dédoublement  de  la  molécule  de  l'iode, 
dmet  pour  la  densité  de  ce  gaz,  à  très  haute  tempéra- 
nombre  4i5  proposé  par  MM.  Crafts  et  Meyer. 
devons  ajouter  que  MM.  Deville  et  Troost,  qui  avaient 
5  employé  la  vapeur  d'iode  comme  substance  thermo- 
e,  ont  eux-mêmes  reconnu  {^)  que  sa 'densité  décroît 
1  température  s'élève.  M.  Troost  (')  a,  de  son  côté,  pu- 
résultats  obtenus  par  la  méthode  qui  avait  servi  aux 
es  expériences,  et  il  trouve  une  densité  moyenne  de 
ir  d'iode  de  5,73  pour  une  température  moyenne  de 
(es  expériences  faites  à  basse  température,  mais  sous 
;sions  décroissantes,  ont  aussi  montré  un  décroisse- 
>table  de  la  densité  de  vapeur  de  l'iode  avec  la  pres- 
5  résultats  ne  sont  pas  en  contradiction  avec  ceux  que 
fis  et  Meyer  ont  publiés  en  dernier  lieu,  et  rendent 
isemblable  l'hypothèse  du  dédoublement.  Il  est  à  dé- 
î  des  expériences  calorimétriques  viennent  compléter 
e  cette  curieuse  transformation. 

t  DES  VAPEURS  SATURÉES.  —  EXPÉRIENCES  DE  MM.  FAIR- 
TATE  (*).  —  Le  problème  de  la  détermination  de  la 

.  Crvfts  et  F.  MEYfcR,  j4rchivcs  de  Genève^  3'  période,  t.  IV,  p.  iSa; 
Physique^   !'•  série,  t.  X,  p.  177,  et  Comptes  rendus  de  V Académie 
w,  t.  XCII,  p.  39;  1H81. 
LLE  et  Troost,  Comptes  rendus  de  V Académie  des  Sciences,  t.  XC, 

79- 

•ST,  Comptes  rendus  des  séances  de  l' Académie  des  Sciences,  t.  XCI, 

k). 

BAiRx  et  Tate,  Philosophical  Transactions,  p.  188  (1860);  Philosophie 


ai6 


THERMOMÉTKIE.  -  DILATATIONS. 


Fig.  70. 


densité  des  vapeurs  saturées  est  d*une  haute  importance,  tim 
au  point  de  vue  de  la  théorie  de  la  chaleur  qu*à  celui  deFétude 
des  machines.  Pour  mesurer  les  densités  de  la  vapeur  d'en 
saturée,  MM.  Fairbairn  et  Tate  ont  employé  la  disposition  soi» 
vante,  dont  nous  nous  bornerons  à  indiquer  le  principe. 
Un  récipient  A  {fig.  70)  reçoit  un  poids  P  connu  d*eta.D 

est  en  communication  avec  un  réservoir  I 
qui  contient  aussi  de  Feau,  mais  en  quantité 
suffisante  pour  qu'elle  ne  se  vaporise  pas  couk 
plètement  aux  plus  hautes  températures  aux- 
^'t^J^'^  quelles  on  porte  Tappareil.  La  moindre  diffé- 
"  ^      rence  de  pression  entre  la  vapeur  qui  rempH 

les  récipients  A  et  B  est  accusée  par  le  dépbh 
cément  d'une  colonne  de  mercure  qui  occupe 
la  partie  inférieure  des  tubes  cd  et  ^parlée- 
quels  s'effectue  la  communication. 

Le  vase  A  étant  logé  dans  le  réservoir  B,  les 
deux  récipients  sont  à  la  même  températufei 

■  et  le  mercure  demeure  de  niveau  dans  les 

tubes  tant  qu'il  reste  de  Teau  dans  A,  c'est- 
f        à-dire  tant  que  la  vapeur  y  est  saturée.  Hais, 
quand  ce  terme  est  atteint,  si  l'on  élève  en- 
core la  température,  la  pression  de  la  vapeur  saturée  deB 
l'emporte  sur  la  pression  de  la  vapeur  sèche  de  A,  et  Ton  In^ 
sure  au  cathélomètre,  à  travers  une  glace,  la  différence  de  ni* 
veau  qui  s'établit.  A  cet  instant,  des  thermomètres  donnent 
la  lempcralure,  et  le  poids  P  d'eau  remplit  complètement  te 
ballon  à  Tclal  de  vapeur  saturée.  On  connaît  par  le  manc 
nièlre  M  la  force  élastique  maximum  de  la  vapeur  d'eau  à  U 
lenipéralure  /,  laquelle  est  d'ailleurs  connue  par  les  Tables 
[voir  Chap.  IX);  on  a  déterminé  par  un  jaugeage  le  volume  V 
du  ballon  ;  on  aurait  la  densité  x  par  la  relation  (  *  ) 


X   «r 


P       760 


F 


(i-4-a/) 


0,001293 


cal  Magazine,  4*  série,  t.  XXI,  p.  33o,  et  Annales  de  Chimie  et  de  Phytiqué 
3*  série,  t.  LXII,  p.  3^9;  1861. 
(*)  M.  Zeuiier  donne  {Théorie  mécanique  de  la  chaleur,  traduction  fnn 


DENSITE  DES  VAPEURS.  217 

auteurs  ont  préféré  donner  un  résultat  plus  direct  de 
nation,  dont  le  calcul  n^exige  pas  la  connaissance  exacte 
)rce  élastique  F  et  qui  est  inscrit  dans  la  deuxième  co- 
Au  Tableau  ci-joint  :  c'est  le  volume  occupé  par  l'unité 
Is  d*eauy  à  Fétat  de  vapeur  saturée,  aux  diverses  tem- 
res.  Les  nombres  de  la  troisième  colonne  du  Tableau  ont 
culés  à  Taide  de  la  formule  empirique 

V  =  a-+-  -r. » 

t  -h  c 

b  eic  sont  des  constantes;  ceux  de  la  quatrième  colonne 
alculés  dans  Thypothèse  où  la  loi  de  Mariotte  et  la  loi  de 
ussac  seraient  exactes. 


ige  28)  le  Tableau  suivant  des  densités  x  do  la  vapeur  d'eau  saturée  : 

PreMion 
•n  atmosphères.  Température.  Denaitc. 

o 
0,1 4^,21  0,621 

0,5 81,71  0,633 

1 100,00  0,640 

2 120,60  0,648 

5 .  162,22  0,662 

10 180, 3 1  0,676 

tieut  des  valeurs  croissantes  de  la  densité.  Ce  résultat  n'est  nullement 
radiction  avec  celui  que  Regnault  a  obtenu  en  échanfTant  à  des  tern- 
it de  plus  en  plus  élevées  (p.  210)  de  la  vapeur  primitivement  saturée, 
iriences  de  Regnault  se  rapportent  à  une  vapeur  d'autant  plus  éloi- 
lOD  point  de  saturation  que  sa  température  est  plus  haute;  il  s'agit  ici 
ipeur  toujours  saturée. 


2l8 


THERMOMÉTRIE.  --  DILATATIONS. 


TEMPËItlTCBE 

VOLL'ME   EN  CENTIMÈTRES  CCBE8  DO   CBAMIIE  BE  TIPICI  l'U 

de  la 
Tapeur  Mtorée 

« 

en  defrrcs  C. 

obterrc. 

calealé. 

d'aprètlaloldeMarMi 

0 

58,20 

8266 

8i83 

838o 

68, 5o 

5326 

5326 

H 

70>7^ 

49»  4 

4900 

f* 

77»  20 

3717 

3766 

m 

77, 5o 

3710 

3740 

n 

79 'V> 

3433 

3478 

» 

83, 5o 

3o46 

2985 

0 

86,85 

2620 

2620 

tf 

92,65 

2146 

2124 

2180 

»»7»»7 

941 

937 

99» 

ii8,23 

906 

906 

m 

ii8,46 

891 

900 

» 

"4,17 

758 

758 

m 

128, ',1 

64« 

669 

t' 

i3o,C7 

63 '1 

628 

# 

i3i,78 

604 

608 

m 

134.87 

583 

562 

it 

137,4^ 

5i4 

5i9 

n 

139,21 

49« 

496 

n 

i4',8i 

457 

461 

H 

142, 36 

448 

456 

ft 

144,71 

432 

428 

466 

Les  expériences  de  MM.  Fairbairn  et  Taie  ont  aussi  porté 
la  dilalalion  de  la  vapeur  d'eau  surchauffée.  Si  l'on  consen 
disposition  de  la  fig.  70  el  qu'on  laisse  une  différence  de  ni^ 
déterminée  s'établir  entre  les  deux  branches  crfet  ef,  la  va] 
de  A,  saturée  à  /*,  se  trouve  portée  à  une  température  si 
rieure  T.  Elle  occupe  toujours  un  volume  connu,  et  sa  j 
sion  est  égale  à  celle  de  la  vapeur  saturée  de  B,  diminué 
la  différence  de  niveau  observée  dans  les  tubes.  On  poun 
l'aide  de  deux  observations  faites  à  /°  et  à  T*»,  calculer  le  ce 
cient  moyen  de  dilatation  de  la  vapeur  entre  ces  tempérait 
et  sous  un  volume  qui  demeure  sensiblement  constant. 

Pour  des  températures  /  et  T  très  voisines,  c'est-à-dire  qi 
la  vapeur  est  très  rapprochée  de  son  point  de  satura 
MM.  Fairbairn  et  Tate  ont  trouvé  un  coefficient  de  dilau 


DENSITÉ  DES  VAPEURS.  219 

lorme»  mais  qui  s'approche  de  plus  en  plus  de  celui  de  Tair, 
mesure  que  la  température  T  est  plus  éloignée  de  t. 

irUDE  DIRECTE  DE  LA  DQiâTATION  ET  DE  LA  GOMPBESSIBQJTÉ  DES 
âPEDBS.  —  EXPÉRIEIGES  DE  M.  H.  HEBWIft  (M*—  Jusqu'ici  nous 
voDs  employé  la  mesure  des  densités  pour  étudier  les  pro- 
riéiés  des  vapeurs.  Quand  on  veut  opérer  dans  le  voisinage 
u point  de  satura tion,  on  peut  aussi,  comme  Ta  fait  M.  Herwig, 
e  servir  d'appareils  analogues  à  ceux  que  M.  Regnault  a  con- 
truits  pour  l'étude  de  la  dilatation  des  gaz. 
Voici,  d'après  M.  Wûllner,  la  méthode  employée  par  M.  Her- 
1g.  L'éprouvette  calibrée  ab  {fig.  7 1)  est  le  réservoir  à  vapeur. 
De  communique  par  le  bas  avec  un  tube  cd  pitts  large,  et 
îlui-ci  se  relie  par  le  haut  à  un  tube  en  T,  par  lequel  l'inté- 
eurde  l'appareil  abcd  se  trouve  en  relation  :  1®  avec  un  ma- 
)mèire  ef\  2*»  par  le  tube  on,  avec  une  pompe  destinée  à  ra- 
fler ou  à  comprimer  l'air. 

Les  tubes  ab  et  cd^  solidement  établis  sur  un  cadre  métal- 
|uerj,  sont  plongés  dans  un  grand  réservoir  à  eau,  que  l'on 
bauffe  latéralement  par  des  becs  de  gaz,  et  où  l'on  maintient 
température  invariable  en  réglant  convenablement  la  flamme 
en  mélangeant  les  couches  d'eau  à  l'aide  d'agitateurs.  Des 
ices  planes  ferment  en  avant  et  en  arrière  le  réservoir  à  eau, 
façon  qu'on  puisse  lire  le  volume  occupé  par  la  vapeur 
flsa6. 

l' Veut-on  étudier  la  compressibilité  de  la  vapeur  à  tempé- 
lure  constante,  il  suffira  de  faire  varier  la  pression  de  lair  à 
idede  la  pompe  et  d'observer,  avec  l'indication/?  du  mano- 
îlre, le  volume  ^occupé  par  la  vapeur.  Le  produit/7(^  serait 
Qstant  si  le  gaz  obéissait  à  la  loi  de  Mariotte.  M.  Herwig  a 
uvé  ce  produit  variable  et  d'autant  plus  petit  qu'on  s'ap- 
>che  davantage  de  la  saturation.  On  reconnaît  que  la  vapeur 
saturée  à  ce  qu'une  petite  diminution  du  volume  n'est  plus  ' 
ompagnée  d'aucune  variation  appréciable  de  la  pression. 
•  Pour  étudier  la  dilatation  de  la  vapeur  sous  volume  con- 


I  H.  HcfiwiG,  Annales  de  Poggendorff ^  t.  CXXXVII,  1869;  'voir  aussi  Traité 
kjrûque  de  Wûllner,  3'  édit.,  t.  111,  p.  665 


*îO  TIIKUMOMfeTRIE.   -  DILATATIONS.! 

slant  { '  i.  il  sufiil  d'échauffer  graduel lemenl  le  bain  fi 
romener  le  volume  de  la  vopeur  n  un  repère  fixe  par  l'aco 


eemeni  de  la  pression.  On  trouve  que  la  loi  de  C 
représenie  pas  la  dilatation  observée  (="). 

l')  On  pniirruil  luulauBii  bloii  éliidlcr  Ih  ililotalion 
■iaii  coniUiilc,  en  ramenant,  par  un  jeu  mén*)ji>  ie 
inerciira  iIriib  le  manomùtr*  en  rrgnrd  d'un  rr|ièrci  fi< 

(']  Kn  Jr«ignnnl  pnr  •;  le  «aliima  occupé  1  I°  ])*r  li 


DENSITÉ  DES  VAPEURS.  '>2i 

V^  Si  Ton  introduil  dans  le  tube  ab  une  quantité  d'eau  pesée 
l'avance,  de  l'observation  du  volume  de  la  vapeur  et  de  la 
pression  correspondante,  on  déduira  la  densité. 

Les  expériences  de  M.  Herwig  ont  établi,  et  ce  résultat  est 
d'une  haute  importance  pratique,  que  Ton  obtient  pour  une 
Tapeur  déterminée  une  densité  constante,  indépendamment 
de  la  température  à  laquelle  on  l'observe,  pourvu  que  cette 
Tapeur  soit  assez  raréfiée  pour  obéir  exactement  à  la  loi  de 
Hariolte.  Ainsi,  quand  cette  loi  est  applicable,  la  loi  de  Gay- 
LassacTest  aussi. 

Pour  Taicool,  M.  Herwig  a  trouvé  de  cette  manière  les 
nombres  suivants  : 

Tempcralare.  Denallé  de  Tapeur. 

o 

23, o i,55o 

3o,5 1,555 

36,4 1,555 

4i,î) i,55o 

47,8 1,552 

6a, 9 1,552 

99îC i>548 

Wlinà  DES  ClAZ  ET  DES  TAPEURS.  —  Nous  venons  de  recon- 
Mllre  que  les  vapeurs  très  éloignées  de  leur  point  de  satura - 
lion  obéissent  aux  lois  de  Mariolte  et  de  Gay-Lussac,  mais 
qu'elles  s'en  écartent  de  plus  en  plus  à  mesure  qu'elles  sont 
plus  voisines  de  leur  point  de  liquéfaction.  Nous  avons  déjà 
constaté  les  mêmes  irrégularités  dans  la  loi  de  compressibi- 
Blé des  gaz  aisément  liquéfiables  (t.  I),  et  nous  avons  aussi 

'*  preiiion  correspondante,  par/?  et  **  les  valeurs  de  la  pression  et  du  volume, 
®"  «arail,  d'aprè»  M.  Herwig,  au  voisinage  de  la  saturation, 

pf  -    -    / — «     — 


^IM 


=  0,0.^93  V 


et  toates  les  vapeurs  s'écarteraient  également  de  la  loi  de  Mariotte  à  une 
**n>e température.  Une  relation  de  ce  genre  ne  peut  évidemment  avoir  aucune 
**leur  théorique  ;  elle  ne  sert  qu'à  représenter  d'une  façon  assez  exacte  les 
"Biullâig  des  expériences  de  l'auteur. 


222 


THERMOMÉTRIE.  -  DILATATIONS. 


r  econnu  que  leur  eoeffieient  de  dilatation  est  d'autant  plus 
grand  qu'on  l'observe  à  température  plus  basse. 

M.  Andrews  (*)  a  prouvé  que  l'acide  carbonique,  lequd 
obéit  presque  à  la  loi  de  Mariotte  à  la  température  de  ioqp 
(p.  177)»  s'écarte  beaucoup  des  lois  caractéristiques  des  gn 
parfaits,  dès  qu'on  emploie  une  pression  sufQsamment  consi- 
dérable, voici,  d'après  cet  auteur,  les  valeurs  approximatives  (*) 
du  coefficient  de  dilatation  de  l'acide  carbonique  sous  pression 
constante  : 


PRESSIONS 

on 

atmouphèrcA. 

COEFFICIENT  DB   D1LATAT10!<  MOTEX 

de  0  à  T.». 

de  0  à  6r 

de  64  à  lOr. 

alm 
30,10 

0,00607 
0,01097 

o,oo5i36 
o,oo5533 
o,oo8(5o 

o> 004747 
o,oo4958 
0,006574 

Ces  coefQcients  diffèrent  autant  du  coefHcient  normale, 
que  ceux  que  MM.  Fairbairn  et  Tate  ont  obtenus  pour  lesTft-] 
l)eurs,  notamment  pour  la  vapeur  d'eau,  sous  des  pressions 
voisines  de  la  pression  atmosphérique. 

Le  coefQcient  de  dilatation  de  Tacide  carbonique  sous  volume. 
constant  offre  les  mêmes  irrégularités. 

Il  est  donc  impossible  d'établir  aucune  distinction  précise 
enlre  les  gaz  et  les  vapeurs,  puisqu'on  sait  aujourd'hui  liqué- 
fier tous  les  gaz,  et  que  les  gaz  autrefois  réputés  permanente 
ne  sont  pas  exempts  des  irrégularités  que  nous  constatons  à 
un  degré  si  élevé  sur  les  gaz  aisément  liquéfiables. 

Le  Tableau  suivant  indique  les  densités  d'un  certain  nombre 
de  gaz  et  de  vapeurs;  pour  les  corps  dont  la  densité  ne  devient 
constante  qu'à  une  température  assez  éloignée  de  leur  point 
d'ébullition,  on  a  indiqué  la  température  à  laquelle  la  déterrais 
nation  a  été  faite. 


('^  AxDKKws,  Phiiasophica/  Mttsj€t:ùtc^  ô*  st'rio,  t.  Ul ;  1S77.  j 

^'^  Los  (tressiont  sout  donuces  y^r  un  mauomètre  à  air  comprimé,  et  ea 
supposant  la  loi  de  MarioUe  exacte  pour  l'air. 


DENSITÉ  DES  VAPEURS. 


223 


Densités  des  gaz  ou  des  vapeurs. 


La  ftCSSTAXGBS. 


FORMULES 

chimiques. 


calculé) 

î 

rmlculé)   

Icolé) 

orhydrique 

iLydrique 

ihjdrique 

>oo» 

rooo" 

e  sulfuré 

fnreux 

àrique  anhydre. . . 

*  d'azote 

l'azote 

»oazotique  (à  i83*>) 

que 

e 

e  phosphore 

rare  de  phosphore 
ire  de  phosphore., 

e  arsénié 

d'arsenic 

irsenic 


H 

Cl 

Br 

I 

C 
Cy  =  C^Az 
Me  =  C"H» 
Êth  =  C<H» 

H  Cl 

Hl 

HCy 

0 
S 

S 

HO 
US 
SO» 
SO^ 

Âz 
AzO 
AzO' 
AzO' 

AzH^ 

Ph 

PhH3 

PhCP 

PhO'CP 

As 

AsH^ 

AsCP 

Asl^ 


VOLUMES 
repréientél» 

par 
la  formate. 


ÉQUIVALENTS. 


2 
3 
2 

t 

2 

I 
I 
I 
I 

1 
I 
2 
2 

2 
i 

2 

2 
2 
2 

i 
2 

2 

2 
2 


// 
I 

35,5 
8o 
127 
6 
26 
i5 

29 

36,5 
128 

27 

8 

If 

16 

9 

32 

40 

14 
22 

3o     • 

46 

'7 
3i 

34 

137,5 
i53,5 

75 
78 
181,5 

4; 


DENSITES 


^ 

par  rapport 

par  rapport 

à  l'air 

àrbydrosène. 

(AIr  =  !.) 

(Hydrog=l.) 

1,000 

14, 438 

0,06926 

1,0 

2,422 

34,9 

5,54 

79»9 

8,716 

125,8 

0,832 

12,0 

1,8064 

26,1 

I ,o365 

i5,o 

2,0462 

29i5 

«,2474 

18,0 

4,428 

63,9 

0,9476 

i3,7 

i,io56 

15,96 

6,62 

95,5 

2,22 

32,0 

'i5G 


0,623 
1,1912 

2,234 
2,763 

o,9:'4 
1,527 

i,o39 
1,57 

0,591 

4,42 

1,184 

4»  742 

5,3 

10,6 
2,695 
6,3oo 

iG,  1 


9»o 
>7»2 

32,2 
39,9 

l4,0 
22,0 
l5,0 
22.7 

8,5 
63,8 

»7»i 

68,4 
76,5 

i52,8 
38,9 

90»9 

232,4 


TIIERMOMÉTKIB.  -   DILATATIONS. 
Densités  des  gaz  ou  des  vapeurs  (suite) 


ORGES  ÉLASTIQUES  DE  LA  VAPEUR  D'EAU.       a25 


CHAPITRE  IX. 

UtSURE  DE  LA  FORCE  ÉLASTIQUE  MAXIMUM 

DES  VAPEURS. 

i  l&esure  des  forces  élastiques  maxima  de  la  vapeur  d*eau  :  i°  entre  o^'et 
100';  2"  au-dessous  de  zéro;  3**  au-dessus  de  loo*.  —  Travail  de 
Dulong  et  Arago.  —  Expériences  de  Regnault.  —Résultats  de  ces 
cxpérieDces.  —  Tableau  des  forces  élastiques  maxima  de  la  vapeur 
d'eau.—  Détermination  du  point  loo.  —  Thermomètre  hypsométrique. 
Forces  élastiques  maxima  des  divers  liquides.  —  des  mélanges,  —  des 
dissolutions  salines . 


MESURE  DES  FORCES  ÉLASTIQUES  DE  LA  VAPEUR  D'EAU. 

Puisque  la  vapeur  d*eau  alteiiil  des  tensions  maxima  qui 
;  croissent  avec  la  température,  il  faut  chercher  expérimentale- 
f  OBeot  la  loi  de  progression  qu'elles  suivent.  Il  n*est  pas  de  sujet 
dans  la  Physique  qui  ait  été  Tobjel  de  travaux  plus  nombreux 
que  celui  (Jui  va  nous  occuper.  Nous  nous  bornerons  à  exposer 
les  plus  exacts,  à  développer  les  meilleures  méthodes  ;  puis 
nous  les  discuterons  et  nous  terminerons  en  faisant  connaître 
les  formules  empiriques  que  Ton  a  proposées  pour  représenter 
les  variations  des  forces  élastiques  à  diverses  températures. 

I-  QITBE  XÉRO  ET  100 \  —  Les  essais  tentés  au  siècle  dernier 
par  Ziegler  (M,  Watt  (»),  Bétancourl  (3),  Southern  (*), 
^hraidiC^)  et  beaucoup  d'autres  {^)  offrent  peu  d'intérêt.  C'est 


(  )  ZiEi^LER.   Spécimen  physico-chimicum  de  digestore  Papiniy  p.  \^.  Basel, 
•759. 

(')  Watt,  Robison's  Sjrstem  of  mechanical  Phitosophy^  édition  de  Brewslei, 
^  "f  p.  29;  1814. 
(  )  Bétascocrt,  Mémoire  sur  la  force  expans ive  de  la  -vapeur.  Paris,  i;92. 
(  )  SoCTBERX,  Robison's  System  of  mechanical  Philosophy,  t.  II,  p.  170. 
(  )  SciuDT,  Journal  de  Physique  de  Green,  t.  IV,  p.   i5i. 
V  )  ''o/r  Recjiaclt,  Relation  des  expériences,  etc.,  l.  1,  p.  4^3. 
*•' Chaleur.  —  11.   i**"  fasc.  !.'> 


TUEIIMO.MÉTIUL-. 


DILATATIONS. 


à  Dahun  (')  T^e  l'on  doil  la  découverte  des  propriétés  des 
vapeurs,  et  c'est  luiqtiî  appliqua  le  premier,  à  la  mesure deli 
force  élastique  de  la  vapeur  deau,  les  notions  exactes  qu'il  awl 
à  ce  sujet  :  voici  la  méthode  qu'il  employa  {fg.  9a).  Une  ma- 
mile  en  fonte  contenant  du  m»- 
cure  sert  de  cuvette  ;  dans  cellt^ 
plongent  un  baromètre  b  et  ud se- 
cond tube  a  pareil  au  premier,  i 
cette  exception  près  qu'on  y  a  la* 
troduil  une  pedte  quantité  de» 
pour  produire  la  vapeur;  tousden 
sont  maintenus  par  une  pièce  iw- 
tallique  fixée  à  la  colonne  CC.  Poor  - 
les  pouvoir  élever  à  une  lempén- 
ture  quelconque  et  égaleonlesi 
entourés  d'un  large  mancboo  it 
verre  appuvé  sur  le  fond  de  la  ml^ 
mite,  soutenu  par  la  colonne CCiu 
moyen  d'un  anneau  et  rempli  d'en. 
Il  est  clair  que  cette  eau  ests<^ 
portée  par  le  mercure  de  la  cuvdte 
qui  baisse  un  peu  à  l'intérieur  pour 
se  relever  extérieurement,  et  qu'w 
^  plaçant  l'appareil  tout  entier  sur  un 
W^~-   fourneau   allumé  on  échauffe  à  )t 

^ fois  le  mercure  et  l'eau  et,  parsuiie, 

les  deux  tubes  a  ci  b.  On  rendiitli 
température  sensiblement  constante  dans  toute  la  masse  en 
la  remuant  coiitiiiuellenicnt  avec  un  agitateur  DD'EE',  etde 
temps  en  temps  on  interrompait  cette  agitation  pour  observer 
il  la  fois  la  température  et  la  pression. 

La  température  était  donnée  par  plusieurs  thermomètres 
échelonnés  dans  toute  la  liaiiieur  de  l'appareil,  et  l'on  prenail 
(a  moyenne  de  leurs  indications.  Pour  obtenir  la  pression,  on 
mosurail  la  dilférence  de  hauteur  h  de  deux  baromètres  au 


■j  de  ta  Société  A 


FORCES  ÉLASTIQUES  DE  LA  VAPEUR  D'EAU.       227 

)yen  d'une  règle  divisée  contre  laquelle^  ils  étaient  appuyés, 
aïs,  comme  le  mercure  de  ces  baromètres  est  à  une  tempé- 
iture  (qui  change  à  tout  instant,  et  que  sa  densité  varie  d'une 
tpérience  à  Tautre,  il  fallait  ramener  la  dépression  observée  à 
e  qu'elle  serait  si  le  mercure  conservait  toujours  la  même 
ensilé  qu'à  zéro;  il  fallait  conséquemment  diviser  h  par 
i+m/)»  m  étant  le  coefficient  de  dilatation  absolue  du  mer- 
ure.  On  faisait  d'abord  des  observations  successives  en  élevant 
irogressivement  la  température  jusqu'au  voisinage  de  100°.  A 
«moment,  la  tension  et  la  dépression  h  approchant  de  760"'", 
10  ne  pouvait  plus  continuer  les  mesures.  Ensuite  on  laissait 
cfroidir  l'appareil  et  l'on  observait  de  temps  en  temps  pen- 
iutquela  température  diminuait,  comme  on  l'avait  failpen- 
lant  qu'elle  s'élevait. 

Ce  procédé  est  loin  d'être  irréprochable.  Quoi  qu'on  fasse, 
I  est  impossible  d'obtenir  une  température  rigoureusement 
iniforme  dans  toute  l'étendue  du  manchon.  On  ne  remédie  pas 
cet  inconvénient  en  prenant  la  moyenne  des  divers  thermo- 
ièlres,  car  c'est  la  température  de  la  vapeur  qu'il  faut  obtenir 
tûon  celle  de  l'eau;  et,  comme  cette  vapeur  est  inégalement 
chauffée  en  ses  divers  points,  on  ne  sait  pas  à  laquelle  de 
es  diverses  températures  correspond  la  dépression  que  l'on 
bserve  :  de  là  une  incertitude  qui  augmente  quand  la  tension 
lia  longueur  de  l'espace  occupé  par  la  vapeur  s'accroissent, 
^uire  cela  les  besoins  actuels  de  la  Physique  demandent  qu'on 
ksene  les  hauteurs  du  mercure  avec  un  cathétomètre  et  non 
oinià  l'œil,  comme  le  faisait Dalton;  mais  cela  est  impossible 
'ïïl  que  l'on  enferme  les  baromètres  dans  un  manchon  de  verre 
oufflé,  qui  est  nécessairement  irrégulier  et  qui  introduit  des 
Teurs  de  réfraction. 

^-  Kaemtz  ('  )  fil  disparaître  à  la  fois  ces  deux  causes  d'erreur 
'0  supprimant  le  manchon  et  en  exposant  les  deux  tubes  aux 
^riaiions  naturelles  de  la  température  atmosphérique  pendant 
^diverses  saisons.  Ses  expériences,  continuées  pendantdeux 
'^nées,  lui  ont  donné  entre  —  19''  et  -4-  26°  de  très  nombreuses 
'^lenninaiions  parfaitement  précises.  Il  y  avait  pour  la  Méléo- 


(  >  lUiTz,  Traité  de  Météorologie,  t.  I,  p.  290. 


aa8 


THERMOMÉTRIE.  —  DILATATIONS. 


ruiogle  un  intérêt  spécial  à  faire  ces  déterminations  i 

limites  de  température;  mais  les  besoins   de  la  F 

exigeaient  qu'on  put 

'''"■  ''  culer   dans    un   delà 

long,  et  c'est  ce  que 

gnault. 

Regnauli(*)conserT 
thode  deDalton,  mais 
fia  l'appareil  précéden 
réduisit  l'application  a 
pératures  qui  ne  d^ 
pas  So",  c'est-à-dire  au 
l'on  peut  obtenir  une 
rature  uniforme  dans  1 
chon.  Les  deux  bar 
AB,  A'B'  reposent  di 
cuvette  commune  E(j 
et,  s'élevanl  verticalen 
traversent  le  fond  d'ui 
caisse  cylindrique  de  : 
remplace  le  mancho 
fenêtre  en  glace  laisse 
tubes  dans  l'intérie 
comme  elle  ne  produi 
réfractions  irrégulièn 
petit  relever  les  somi 
mercure  avec  un  i 
mètre.  La  caisse  est  c 
par  une  lampe  à  alcool 
l'on  soulève  ou  qu'on 
Jà  volonté,  ce  qui  pern 
teindre  des  tempéralu 
ou  moins  élevées  et  de  les  maintenir  invariables.  Un  agit 
constamment  en  mouvement,  mêle  toutes  les  couclie 
et  peut  égaliser  les  températures,  ce  qui  est  beaucoup  p 


^6j,   I 


FORCES  ÉLASTIQUES  DE  LA  VAPEUR  D'EAU.       229 

que  précédemment,  puisque  la  caisse  est  large,  peu  élevée  et 
qu'oD  s*arrête  à  la  température  de  5o®.  Regnault  avait  eu  soin 
4e  déterminer  d'avance  la  valeur  de  la  dépression  capillaire  qui 
n'était  point  égale  dans  les  deux  tubes,  car  le  mercure  est 
nouille  d*un  côté,  tandis  qu*il  est  sec  de  l'autre.  Enfin  il  ajou- 
tait à  la  pression  du  mercure  celle  qui  provenait  de  la  petite 
quantité  d'eau  qui  lui  est  superposée  dans  le  baromètre  à  va- 
peur AB. 

Gomme  il  est  toujours  important  de  varier  les  méthodes  pour 
chercher  à  découvrir  les  inexactitudes  particulières  à  chaque 
appareil,  Regnault  fit  une  seconde  série  d'observations  en 
donnant  une  autre  forme  au  baromètre  à  vapeur.  Il  le  termina 
ptria  pièce  représentée  à  part  (fig,  74).  Elle  se  compose  d'un 
ballon  A  où  l'on  met  à  l'avance  des  ampoules 
eiactement  remplies  d'eau,  et  d'un  tube  B  qui 
M  raccorde  avec  la  machine  pneumatique  et  - 
qu'on  peut  fermer  soit  par  un  robinet,  soit  en  le 
fondant  a  la  lampe.  On  fit  d'abord  le  vide  sec,  on 
ferma  le  tube  B,  et,  comme  il  restait  de  l'air  dans 
Fapparell,  on  commença  par  mesurer  sa  pression. 
Knir  cela  on  chauffa  progressivement  la  caisse 
JBsqu'i  5o%  ce  qui  était  insuffisant  pour  crever 
lesampoules,  et  l'on  observa  les  différences  de  ni- 
veau des  deux  baromètres  à  des  températures  très  rapprochées, 
ce  qui  donna  la  loi  empirique  des  tensions  de  l'air.  Cela  fait, 
tegnault  chauffa  directement  le  ballon  avec  une  lampe;  les 
ttnpoules  crevèrent,  le  liquide  qu'elles  contenaient  se  répan- 
^dans  l'intérieur  et  la  vapeur  qu'il  produisit  ajouta  sa  tension 
•  celle  de  l'air.  Alors  on  recommença  à  mesurer  les  dépres- 
sions à  diverses  températures  et,  en  retranchant  de  cet  effet 
loialla  pression  qui  est  due  à  l'air  seul,  on  eut  une  seconde 
*T>Nedes  forces  élastiques  de  la  vapeur  d'eau.  Elle  fut  sensi- 
Mcment  b  même  que  la  première. 

Il*  iV*DE880U8  DE  lÉBO.  —  Cette  méthode  de  Dalton  ainsi  ré- 
sulte, variée  et  perfectionnée,  et  qui  suffit  pour  les  tempéra- 
tures comprises  entre  zéro  et  5o®,  n'aurait  pu  servir  au-dessous 
fciérosans  une  heureuse  modification,  introduite  par  Gay- 


a3o  THERMOMÉTRIE.   -  DILATATIONS. 

Lussac  (  '  ),  qui  eui  l'idée  d'y  appliquer  la  propriélé  d( 
froides.  Dans  son  appareil,  ( 
voii  fig.  7'»,  il  y  a  encore  dei 
mèires  voisins  AB  el  CI)  :  ri 
changé  au  premier,  qui  esl  vit 
le  second  CD,  qui  conlienl  l'ea 
courbe  à  son  sommet,  se  len 
un  ballon  E  et  plonge  dans  un 
réfrigérant.  On  sait  que  la  tens 
nitive  qui  s'établit  dans  ce  tube 
qui  correspond  à  la  lempéralu 
mélange  réfrigérant  :  par  cor 
l'appareil  est  dans  les  mêmes  et 
que  si  la  chambre  à  vapeur  lou 
était  refroidie;  et  comme  les  de 
sont  placés  dans  l'air,  on  mes 
ment  au  cathélomètre  la  difTén 
niveaux.  Après  Gay-Lussac,  I 
a  employé  celte  méthode  en  pi 
précaution  essentielle  de  pré 
mélange  réfrigérant  avec  du  chl 
calcium  el  de  la  neige,  mélangi 
liquide,  qu'on  peut  agiter  et  doiii 
rendre  la  température  liomogèi 


m.  AU-DESSUS  BE  lOO".  —  TBATAIL  de  DDLOHC  et  ABAfii 

Nous  allons  aborder  maintenant  la  mesure  des  lensic 
températures  supérieures  à  loo".  Ici  In  question  renc 
plus  grandes  difficultés,  mais  elle  prend  un  intérêt  ] 
tique;  aussi  esl-^^e  par  une  délégation  spéciale  du  Gi 
ment  qu'une  Commission,  doni  Arago  faisait  partie 
Dulong  était  l'âme,  entreprit  les  expériences  très  étem 
nous  allons  résumer.  Voici  comment  les  appareils  ^a 
posés  (yîg-.jG). 


t')G* 

-LuBsac,  Toi 

Trait 

,1e  Phj->iq„e  i 

(')  n-: 

,  .I/^ïfHJ 

ires  del'.lcade 

le  Chim> 

el  de  Fhyt 

/"",    ^■ 

acrie,  t.  XI.III 

FOBCBS  ÉLASTIQUES  DE  LA  VAPEUR  D'EAU.  a3( 
La  vapeur  se  formait  dans  un  généraleiir  K  en  lôle  épaisse. 
Célaii  un  cylindre  vertical  sur  lequel  étaient  boulonnés,  en 
bisun  fond  légèrement  concave  ei  en  haut  un  couvercle  hémi- 
sphérique tronqué  par  une  surface  plane  horizontale.  Sur  ce 
couvercle  on  voit  une  soupape  de  sûreté  L,  un  tube  central 
Cqui  donnait  issue  à  la  vapeur,  et  deux  autres  trous  latéraux 
«Uns  lesquels  étaient  rivés  deux  canons  de  fusil  K  et  H,  qui 


s'enfonçaient,  le  premier  jusqu'au  fond,  le  second  jusqu'au 
niBieu  du  générateur.  Tous  deux  contenaient  du  mercure  au 
milieu  duquel  plongeaient  deux  thermomètres,  et  ceux-ci, 
printisde  la  pression  par  la  résistance  des  tubes,  prenaient  et 
mesuraient  la  température,  l'un  du  milieu,  l'autre  du  fond  de 
I*  chaudière.  Toutefois,  si  l'on  eût  laissé  leur  tige  se  prolonger 
■•"ns  l'air,  elle  y  eût  été  a  une  température  inconnue  et  très 
iD'êrieure  à  celle  de  leurs  réservoirs;mais, pour  éviter  la  cause 
"J'erreurque  cette  circonstance  eût  entraînée,  on  avait  pris  la 
précaution  de  recourber  ces  tiges  horizontalement,  de  les  en- 
'winer  dans  des  réfrigérants  pleins  d'eau,  et,  par  un  calcul  de 
^freciion  très  simple,  on  obtenait  la  température  vraie  de  la 


>32  THERMOMÉTRIE.  -  DILATATIONS. 

Tels  étaient  la  chaudière  et  le  procédé  pour  déterminer  li 
température;  il  faut  dire  maintenant  comment  on  mesurait li 
pression.  Le  tube  central  C  était  raccordé  avec  un  condaH 
incliné  CD  toujours  plein  d'eau  et  toujours  maintenu  a  xm 
température  Vixe  par  un  réfrigérant  G.  Ce  conduit  était  lu*- 
même  boulonné  sur  la  tubulure  centrale  du  vase  de  fonte  A 
qui  avait  servi  à  Tétude  de  la  loi  de  Mariotte.  Le  manomètre 
EF,  entouré  d'eau  froide,  plongeait  dans  Torifice  F,  et  enfin  on 
tube  de  verre  6,  qui  joignait  la  troisième  à  la  première  tubu- 
lure» indiquait  le  niveau  ABdu  mercure.  On  voit  aisémentqne 
la  force  élastique  de  la  vapeur,  augmentée  de  la  pression 
exercée  sur  AB  par  Teau  du  conduit  CD  et  diminuée  de  Texcès 
de  hauteur  du  mercure  dans  EF,  fait  équilibre  à  la  tension  de '^ 
Pair  dans  le  manomètre;  on  mesurait  celle-ci  et  Ton  condutk 
la  force  élastique  de  la  vapeur. 

Malgré  la  grande  différence  de  forme  qui  existe  entre  cet 
appareil  et  les  précédents,  on  conçoit  que  la  vapeur  se  format 
dans  le  générateur  comme  dans  les  chambres  barométriques, 
et  qu'elle  y  prenait  sa  tension  maximum;  mais  11  fallait  avoir 
entièrement  enlevé  de  la  chaudière  Tair  qu'elle  contenait  pri- 
mitivement et  qui  aurait  ajouté  sa  pression  à  celle  de  la  vapeur. 
Pour  y  réussir,  on  faisait  bouillir  Peau  pendant  quelque  temps 
sous  la  pression  atmosphérique,  en  laissant  ouverte  l'extré- 
mité C  du  tube  central;  on  la  fermait  ensuite  au  moyen  d'un 
bouchon  à  vis  après  l'expulsion  totale  de  Fair,  et  l'on  voyiîl 
croître  à  la  fois  la  température  et  la  pression.  Quand  on  avait! 
peu  près  atteint  la  température  à  laquelle  on  voulait  observer, 
on  fermait  les  issues  du  fourneau  :  la  marche  ascendante  se 
ralentissait;  puis  elle  atteignait  un  maximum,  et  à  ce  moment 
on  lisait  les  indications  des  thermomètres  et  du  manomètre* 

Dulong  et  Arago  firent  trente  observations  seulement,  qu> 
étaient  espacées  à  peu  près  également  entre  ioo*»et  ^^4%^^^' 
correspondaient  à  des  pressions  comprises  entre  i  et  a4'*- 
En  i83o,  une  nouvelle  Commision,  composée  d'ingénieurs  6* 
de  physiciens  américains  (  '  ),  recommença  le  travail  de  DulonfS 

(')  Encyclopétiie  britannique^  t.  XX,  p.  558;  'voir  le  Mémoire,  de  M.  Ee- 
(rnault,  Relation  des  expériences,  etc.,  t.  K,  p.  467- 


ICRS  ÉLASTIQUES  DE  LA  VAPEUR  D'EAU.       a33 

en  employant  des  appareils  identiques;  mais  les  re- 
tenus ne  furent  pas  d'accord  avec  ceux  des  expéri- 
s  français  (•).  La  méthode  employée  était  donc  dé- 
:  de  nouvelles  expériences  devenaient  nécessaires, 
nt  exécutées  presque  simultanément,  en  i843,  par 
*)  et  par  Regnault  (')  et  donnèrent  cette  fois  des 
I  peu  près  identiques. 

I  deux  mots  comment  opérait  Magnus  :  la  vapeur  est 
ians  la  branche  fermée  d'un  très  court  baromètre  à 
)ngé  dans  un  vase  à  eau  chaude;  la  branche  ouverte 
être  est  en  relation  d'une  part  avec  un  manomètre  à 
estiné  à  mesurer  la  pression,  d'autre  part  avec  une 
eumatique  qui  sert  à  la  faire  varier.  La  température 
haude  est  donnée  par  un  thermomètre  à  air. 
éthode  est  à  l'abri  des  reproches  que  Ton  peutadres- 
'écédentes,  mais  elle  n*a  été  étendue  par  son  auteur 
20  à  H- 1 1 5®. 

cposerons  avec  détail  les  expériences  beaucoup  plus 
de  Regnault. 

ICB8  DE  BE6HAULT.  —  Regnault  abandonna  com- 
le  procédé  dont  on  s'était  servi  jusqu'alors;  il  fit 
16  méthode  infiniment  meilleure,  que  Dulong  avait 
ît  employée  autrefois,  et  qui  se  fonde  sur  les  lois  de 
I.  Nous  verrons  plus  lard  qu'à  la  température  de 
1  d'un  liquide  la  force  élastique  de  sa  vapeijr  est 
pression  qu'il  supporte.  Conséquemment,  si  Ton 
r  l'eau  dans  une  enceinte  fermée  sous  des  pressions 
ement  croissantes  que  l'on  déterminera,  elle  attein- 
npératures  d'ébullition  qui  croîtront  en  même  temps; 
jurera,  et,  pour  chaque  cas,  la  force  élastique  de  la 


iccord  atteignait  o'^,65  h  175". 

,  jé finales  de  Poggendorff^  t.  LXÏ,  p.   2.26,  et  Annales  de  Chimie 

re,  3*  série,  t.  XII,  p.  69;  iS'iS. 

LT,  Relation  des  erpériences,  etc.,   t.   I",  p.   '167,  et  Annales  de 

Physique^  3"  série,  t.  XI,  p.  273;  i8'j3. 


>34  TllERMOMÉTRlE.   -  DILATATIONS, 

vapeur  à  ces  lempératures  sera  égale  à  la  pression  exercée, 
est  le  principe  adoplé  par  Regnault.  Indiquons  maintei 
commenl  les  appareils  onléié  disposés. 

La  vapeur  se  forme  dans  une  cornue  en  cuivre  épais  cl 
fée  par  un  pelil  fourneau  (ftij.  77).  Quatre  tubes  soudés< 
le  couvercle,  ouverts  par  leliaui  el  fermés  par  le  bas,  pion 
dans  l'intérieur  à  des  profondeurs  diiîérentes.  C'est  diiH 
tubes,  et  au  milieu  d'une  masse  d'huile  qui  les  remplit, 

Fit.  77- 


l'on  introduit  les  lliermomèlrcs  destinés  à  mesurer  la  te 
rature  de  la  vapeur  en  ses  diiïéreiUs  points.  Le  col  de  la  c< 
est  constitué  par  un  tube  .AD  qui  se  dirige  en  montant  v( 
n'servoir  (i  dans  lequel  il  débouche;  il  est  enveloppé  p 
manchon  .\  où  l'on  fait  constamment  passer  un  courant 
froide  de  fl  en  C.  De  cette  façon,  les  vapeurs  se  conde 
aussitôt  '{ue  l'ébullition  les  amène  dans  le  col,  et  le  liqui 
résulte  de  cette  liquéfaction  retombe  dans  la  cornue  qiJI 
vide  jamais  et  où  la  pression  demeure  constante.  Le  rés 
G  est  une  sphère  de  cuivre;  il  a  une  capacité  très  grande 
soutenu  dans  une  cuve  en  zinc  remplie  d'eau  et  n'éprouv 


FORCES  ÉLASTIQUES  DE  LA  VAPEUR  D'EAU.       a35 

lia  durée  des  expériences  que  des  variations  de  lempéra- 
MDsignifiantes;  il  est  mis  en  rapport  par  un  tube  à  robinet 
,  soit  avec  une  machine  pneumatique,  soit  avec  une  pompe 
compression,  ce  qui  permet  de  maintenir  dans  tout  Tappa- 
une  pression  égale,  constante  et  aussi  faible  ou  aussi  grande 
on  le  veut;  enfin  il  est  en  communication,  soit  avec  un  ba- 
uètre  différentiel,  soit  avec  un  manomètre  à  ^ir  libre  HK, 
mesurent  la  pression,  suivant  qu'elle  est  inférieure  ou  su- 
ieureà  cellp  de  Tatmosphère. 

^'appareil  que  nous  venons  de  décrire  et  qui  est  dessiné 
isia  figure  précédente  était  destiné  à  des  tensions  voisines 
la  pression  atmosphérique;  quand  on  voulut  étendre  les 
lériences  jusqu'à  des  limites  plus  élevées,  il  fallut  en  établir 
autre  avec  plus  de  solidité  et  de  plus  grandes  dimensions. 
•rs  la  cornue  était  plus  profonde  et  la  colonne  de  mercure 
thermomètres  put  y  être  plongée  en  entier,  ce  qui  dis- 
isa  de  toute  correction;  le  réservoir  d'air  était  un  vaste  cy- 
Ire  de  cuivre  boulonné;  la  machine  de  compression  fut 
iplacée  par  une  pompe  foulante  à  plusieurs  corps,  qui  était 
nœuvrée  par  quatre  hommes  ou  par  une  machine  à  vapeur, 
(ui  pouvait  comprimer  l'air  jusqu'à  So"*";  enfin  la  pression 
nesurait  par  un  manomètre  à  air  libre  de  20'"  de  hauteur, 
suivait  d'ailleurs  pour  la  mesure  de  ces  pressions  la  même 
rchequ'à  l'occasion  de  la  loi  de  Mariotte;  on  s'astreignait 
mêmes  précautions  que  nous  avons  décrites,  tome  PS  et 
i  arrivait  à  la  même  exactitude.  Les  fi  g.  2,  3  et  4>  ^^-  A 
iel'%  représentent  l'appareil  que  possède  l'Ecole  Polytech- 
ue:  il  ne  diffère  que  par  des  détails  de  forme  sans  inipor- 
cede  celui  qui  servit  à  Regnault.  La  cornue  se  voit  en  N, 
thermomètres  en  TT,  le  réfrigéranl  en  MM  et  le  réservoir 
I.  Le  reste  de  l'appareil  et  le  détail  de  ses  diverses  parties 
été  expliqués  à  propos  de  la  loi  de  Mariotte;  nous  n'y  re- 
ndrons pas. 

•es  expériences  se  font  avec  une  facilité  et  une  précision 
élqnnent.  Aussitôt  qu'on  a  établi  dans  l'appareil  unepres- 
n  donnée,  les  thermomètres  arrivent  à  une  température  (ixe 
a  conservent  aussi  longtemps  qu'on  le  veut.  Après  avoir 
ndu  quelques  minutes,  on  note  les  indications  deslhermo- 


.iti  THERMOMÊTRIE.   —  DILATATIONS. 

métros  et  du  manomètre,  puis  on  augmente  la  pression;  slon 
los  thermomètres  montent,  redeviennent  bientôt  stationnairea^ 
et  l'on  rt*commence  i  observer.  Regnault  s'est  arrêté  à  aSfl* 
sous  une  pression  d'environ  27*"",5. 

\près  avoir  fait  connaître  les  procédés,  nous  devons  mon* 
trer  en  quelques  mots  les  avantages  des  uns  et  les  inconié- 
iiienis  des  autres.  Dans  les  expériences  de  Duiong  et  Arap 
toutes  les  observations  se  faisaient  au  moment  où,  les  issncf 
du  fourneau  étant  bouchées»  les  thermomètres  arrivaient  il 
imiximum.  Ce  maximum  ne  durait  pas  longtemps  et  il  biht.j 
se  hâter,  ce  qui  est  un  inconvénient.  D*un  autre  côté,  coouM^ 
les  thermomètres  ne  donnent  la  température  d'une  encelaHj 
qu'après  le  temps  nécessaire  pour  les  échauffer,  la  températnrtj 
avait  déjà  baissé  dans  la  chaudière  quand  ces  thermomèuei 
indiquaient  le  maximum.  Il  n'en  était  pas  de  même  du  maD^j 
mètre,  qui  accuse  instantanément  la  pression  et  toutes  a 
\arlations.  De  là  il  suit  que  les  deux  mesures  ne  correspoi- 
daieut  pas  exactement  à  une  même  époque  de  l'expérienoe- 
t'ue  autrt^  cause  d'erreur  vient  de  l'emploi  même  dumino- 
mètre  à  air  comprimé,  car  la  sensibilité  de  cet  appareil  (Uni- 
nue  quand  la  pression  augmente,  et  les  inexactitudes  de  la  M 
de  Mariotie  s'introduisent  dans  la  mesure  des  pressions.  Enflli 
Uw  températures  étaient  mesurées  par  des  thermomètres  à 
uieroure  qui  ne  sont  ni  comparables  ni  défmis  aux  tempéra- 
tures élevées  qu'il  fallait  mesurer;  celte  dernière  cause  d'er- 
reur sulDrait  à  expliquer  la  divergence  dos  résultats  de  Duiong 
et  Vru^o  et  de  la  Commission  américaine. 

La  méthode  fondée  sur  Tébullition  continue  de  l'eau  dans 
une  eneeinte  où  la  pression  reste  constante  ne  mérite  aucun 
de  ios  reproches;  elle  offre  cet  avantage  spécial  de  convenir 
egulemeut  bien  aux  pressions  faibles  ou  éleiH^es;  elle  est  gé- 
uêrale,  elle  est  simple,  et  nous  avons  toute  raison  de  la  pré- 
lercr.  \  ces  avantages,  qui  viennent  du  procédé  considéré  en 
lui- mémo,  s'ajoutent  d'autres  causes  de  supériorité  qui  vieiH 
lient  de  l'exécution  des  mesures.  La  pression  ayant  été  cou- 
^lumntent  mesurée  par  un  manomètre  à  air  libre,  la  loi  de 
Xliiiiotlo   n'intervenait  pas.   Les   thermomètres.   Il   est  vrai» 
ri«iient  en  cristal,  mais  ils  étaient  identiques  entre  eux;  ils 


ORCES  ÉLASTIQUES  DE  LA  VAPEUR  D'EAU.   aB; 

été  comparés  attentivement  avec  un  thermomètre  à 
^egnault  conserva  dans  le  résumé  de  ses  observations, 
s  les  indications  de  ces  instruments,  mais  celles  du 
mètre  à  air  qui  leur  correspondent  :  ils  ne  servaient  con- 
iment  que  comme  intermédiaires,  et  dès  lors  il  ne  reste 
j  incertitude  sur  les  températures  mesurées. 

E1TAT8  DES  OBSEaVATIOHS  DE  BEftHAULT.  —  Les  observations 
(s  faites  et  résumées,  il  faut  les  coordonner  et  chercher 
3ntlnue  qu'elles  suivent.  A  cei  effet,  on  peut  construire 
urbe  dont  les  abscisses  soient  les  températures,  et  les 
ées  les  pressions  correspondantes.  Regnault  avait  fait 
!  mille  observations;  il  les  représenta  graphiquement 
nême  planche  de  cuivre  qui  avait  reçu  les  courbes  de 
ation  du  mercure,  et  il  employa  de  tout  point  les  procé- 
&  nous  avons  décrits  (p.  38).  Nous  rappellerons  seule- 
ue  la  planche  était  carrée,  qu'elle  avait  été  divisée  en 
petits  carrés  égaux  dans  lesquels  on  traçait  chaque  point 
tersection  de  deux  traits  rectangulaires  que  l'on  mar- 
vec  une  petite  machine  à  diviser, 
ravant  ces  divers  points,  Regnaull  put  remarquer  que 
série  d'expériences  se  traduit  isolément  par  une  ligne 
;menl  régulière;  mais  les  courbes  qui  représentent  des 
différentes  sont  distinctes  et  sensiblement  parallèles, 
ontre,  conformément  à  ce  que  nous  avons  souvent  ré- 
ue  chaque  appareil,  que  chaque  série  de  mesures  corn- 
es causes  d'erreur  constantes,  et  Ton  en  conclut  que  le 
)yen  de  les  éliminer  est  de  multiplier  les  observations 
igeant  à  chaque  fois  les  circonstances  qui  peuvent  in- 
e  ces  erreurs.  C'esi  ainsi  que  Regnault  a  réussi  à  appré- 
5  oscillations  extrêmes  de  ses  mesures  et  qu'il  a  pu 
vement  tracer  une  courbe  moyenne.  Celle-ci  doit  main- 


?.38 


THERMOMÉTRIE.   —  DILATATIONS. 


loi  des  tensions,  ou,  si  Ton  veut,  il  faut  chercher  TéquatioB 
empirique  de  la  courbe. 

Trois  formes  de  fonctions  ont  paru  s*accorder  avec  la  marche 
générale  des  forces  élastiques.  La  première,  proposée  p«r 
Young  (  •  ),  est  la  suivante  : 


(«) 


F=:(a4- W)"'. 


Les  coefficients  a  et  6  ont  été  calculés  par  divers  savants 
d*après  les  expériences  qu'ils  avaient  à  leur  disposition.  V(Nd 
ceux  qui  ont  été  donnés  par  les  auteurs  dont  les  noms  suivenl;^ 

F 

F  exprime  la   force  élastique  en  millimètres,  -tr-  la  mêi 

force  en  atmosphères,  et  t  la  température  centigrade  : 

F  _  /^-4-75\« 


Tredgold  (2). 


CORIOLIS  (^).  . 


Dl  LONG    ( *  )  . 


lO 


85 


) 


760        \       2,878        / 

-^  =(i-f  o,7id3T  %     1'  =  — — -' 
7bo  '  100 


Roche  (^),  en  se  laissant  guider  par  des  idées  théoriques^ 
est  arrivé  à  la  deuxième  formule 


(?) 


0 . 1  6  4  t   r 

r  i  +  0 , 0  3  .«•  . 

=  10  ,    x=  t —  100, 


760 


que  Magnus  C^)  a  modifiée  comme  il  suit  : 

7.VV75  / 


F=-^  4>^^^'io 


ÎSV.69  +  t 


(•)  YoL'xc,  Natural  Phitosophy,  t.  Il,  p.  4oo. 

(')  TRcnr.OLD,  Traité  des  machines  à  'vapeur,  p.  loi;  1828. 

(■')  CoRioLis,  Du  calcul  de  l'effet  îles  machines ^  p.  58;  1829. 

(*)  Di'LOXu  et  Arago,  Mémoires  de  Vinstitut,  t.  X,  p.  a3o,  et  Aan€de$  de 
Chimie  et  de  Physique^  -j*  série,  t.  XLIII,  p.  74  î  i83o.  • 

(^)  RocuE,  Toir  le  Mémoire  de  Dulong  et  Arago. 

(•)  Magms,  Annales  de  Poggendorffy  t.  LXI,  et  Annahs  de  Chimie  et  it 
Physique,  3'  série,  t.  XII,  p.  69;  184^. 


FORCES  ÉLASTIQUES  DE  LA  VAPEUR  D'EAU. 
le  rentre  dans  la  forme  plus  générale 

tf(t) 


239 


H  nn  a.  10 


I  4-  at 


posée  par  MM.  Raoul  Piclel  et  Cellérier  el  employée  par 

Broch(«). 

^fin  Biol  (2)  a  adopté  la  troisième  forme  de  fonction 

I  log  F  =  a  -f-  fta'  -4-  c  (3'. 

Dalong  (^)  avait  comparé  les  quatre  premières  formules  à 
s  observations.  Le  Tableau  suivant  montre  que  toutes  les 
ittre  concordent  sensiblement  avec  l'expérience. 

Résultats  de  Dulong, 


TEMPÉR.VTUBE   DU   THERMOMÊTRK  A  MERCURE 

msiojf. 

obnerré. 

Tredsold. 

CoriolU. 

Dulong. 

Ruche. 

«■ 

0 

0 

0 

u 

u 

^A 

123,70 

123,54 

128,45 

122,97 

123,58 

4.S7 

»49»7« 

I  ')o ,  39 

I 5o , 3o 

»19»77 

i5o,23 

6,^9 

i63,4o 

ii\\,ui^ 

1 04 , 1 0 

.63,47 

I 63 , 90 

ii,f)3 

i88,5o 

188,14 

189,02 

188,60 

188, 63 

*      >:,i8 

206,80 

•!o(),  I  ) 

207,43 

207,20 

207,04 

21,55 

218. '^0 

21  (1,29 

218,66 

2i8,5o 

218501 

23,93 

■?.2\,l\ 

222 ,09 

224,00 

22^,02 

2  23,4*^ 

En  essayant  de  représenter  ses  expériences  par  ces  diverses 
s^Regnault  a  reconnu  d'abord  que  la  fonction  {a-^ht)'" 
uvait  bien  convenir  dans  une  étendue  limitée  de  réchelie 
rmométrique,  par  exemple  de  100.  à  7.3o®,  mais  qu'elle  deve- 
t  fautive  au-dessous  de  loo*',  et  il  l'a  abandonnée. 
^  formule  de  Roche,  au  contraire,  étant  remarquablement 


Travmu:  du   Bureau  iule/ national  des  Poids  et  Mesures ,  t.  I,  A,  p.  2i  ; 


ConnaisttPice  des  Temps  pour  i8'|'|. 
DcLOJiG  et  Araco,  loc,  cit. 


i4o 


THEKMOxMÉTRIE.  —  DILATATIONS. 


(i*accord  avec  les  expériences,  Regnault  récrit  sous  la  foroM 
générale 


et  il  détermine  les  coellicients  a,  a  et  m  à  Taide  de  trois  poU' 
pris  sur  la  courbe  graphique  et  également  espacés  dans  too 
rétendue  de  Féchelle.  Il  a  trouvé 

m  =  o,oo4788'ji2i, 
loga  =1,9590414»     log  a  =  0,038338 18. 

Mais  la  fonction  proposée  par  Biot  est  celle  qui  a  paru  à 
gnauli  la  plus  propre  à  représenter  les  observations.  Il  en  a 
terminé  les  coefficients  comme  il  suit  : 

log  F  =  a  ~  6  a  '  —  c^',    d?  =  ^-+-  20, 

a  =  6,1640348, 

log ft  =  o,  1397743,     log  a  =  î, 99404919-», 

Iogc  =  0,69143  >i,     log  p=  1,99834  386a. 

Le  Tableau  suivant  permet  de  reconnaître  que  cette  fori 
donne  en  effet  do  bons  résultats. 


1                  TEMPÉUATIHK 
du  tliproiooièlrr  à  air 

,           TKXSION    UBSERVbE. 

Itl/FÉRENCL  AVEC  Lt  CAL 

1 
1 

1                              mm 

-  -    U(> 

0.91 

0,00 

10 

2,0« 

-r-    0  ,  I  1 

'                    0 

4.<io 

-r-    0,  I  J 

'       H\ 

17. 5y 

-t-    0,09 

-t-    M 

9'»9^ 

--  «>o4 

;             7" 

'j33,oi) 

—    0,0a 

ï'.i<) 

14H9.00 

—  2,j8 

I .')() 

35-2,00 

-  9.^3 

auu 

1  i6(h),oo 

—  J<»,«H» 

a'îo 

'iO()l5,00 

-   11,3» 

Diverses  inexactitudes  d'ordre  secondaire  ont  été  récemr 
mises  en  évidence  dans  les  calculs  de  Regnault.  Il  devc 


BORGES  ÉLASTIQUES  DE  LA  VAPEUR  DEAU.      241 

aire  d'appliquer  à  ces  observations  très  exactes  une 
le  de  calcul  rigoureuse,  et  c*est  ce  qu'a  fait  M.  Broch 
outes  les  températures  comprises  entre  —  3o<*  et  ici**. 
îssions  sont  évaluées  en  colonnes  de  mercure  normales, 
-dire  ramenées  à  la  température  de  o*^,  à  la  densité 
»93  du  mercure,  à  la  latitude  de  4^**  et  au  niveau  de  la 
les  températures  sont  les  températures  normales,  telles 

point  ioo<»  correspond  à  l'ébullition  de  l'eau  sous  une 
m  de  760"**"  de  mercure  normal.  La  formule  suivante,  qui 

cas  particulier  de  celle  de  HH.  Pictet  et  Cellérier,  à  été 
)rée  par  H.  Broch  : 

H  =  Aio 

valeurs  calculées  des  divers  coefficients  sont 
A  =4,5686859, 

«5 m:  0,003667458, 

{3  =10-». 3, 134366174, 
y    = — 10-3.1,416112423, 
d    :=io-^.i,9353383o8, 
e    =:  —  IO-®.  2, 646535  io3, 
9   =  io~** .  1 ,139377158. 

'ableau  suivant  est  extrait  d'un  Tableau  plus  étendu  pu- 
r  M.  Broch. 


tieur.   —  II.    I"'  fasr.  th 


242 


THERMOMÉTRIE.  —  DILATATIONS. 


Force  élastique  de  la  vapeur  d'eau  </e  —  3o«  d  -4-ioi<»  c 
les  expériences  de  Regnault  et  les  calculs  de  M,  Broc 


TEMPÉRA- 

■ 

TEMPÉRA 

1 

TEMPÉRA- 

FORCE  ÉLASTIQUE 

FORCE    ELASTIQUE    1 

FORCE  ÉLA9 

TURE 

TURB 

« 

TURE 

en  millimètrei 

en  millimètres 

en  milllai 

en 

de 

en 

de 

en 

de 

degrés 

mercure  normaux. 

degrés 

mercure  normaux. 

degrés 

mereore  icn 

normaux. 

1 

normaux. 

mrmaax. 

o 

1 
mm 

0 

1 
mm                1 

0 

■■ 

3o 

o,38o5 

3o 

3i,5oq6        ! 

t 

276,86^ 
2fe,76|< 

-     25 

0| 

6064        1 

3i 

33 

,3664        ' 

—    20 

0, 

4390     1 

3a 

35 

r3i8i 

76 

3oi,o86i 

—  i5 

') 

33 

37 

,3689 

m 

3i3,845: 

—    10 

2. 

i5i4 

34 

39, 

,5228 

7é 

354,47Îj 
.369,507! 

38ï,0 

—    9 

2, 

,32f3G 

35 

4». 

,7842     1 

t 

-    § 

2, 

5i43 

36 

44. 

-'377         ' 

-     l 

2 

2, 

,7153 
93o4 

II 

49i 

-6477 
,2690 

,9965 

,à65i 

81 

8) 

5 

3. 

i6o5 

39 

5i 

83 

4oo,m3.' 

-    4 

3, 

4o65 

1    -i' 

54. 

84 

-     3 

3, 

6693 

37. 

•  8700 

85 

—      2 

3. 

9499 
»2493        1 

4^ 

61 

,oi6t 

r3l04             : 

85>  I 

hlM 

—       I 

1; 

5, 
5, 

f 

1        49 

64 

85,2 

436,60^ 

0 

H-       I 

2 

3 

5687        ' 

909»         ' 

2719        1 
6:)82         ' 

67 

7Î  = 
7^ 

II 

,7568        ' 

,i3i^        ^ 
-07*4 

85,3 

85,4 
85,5 

85,6 

438,31» 
440,037! 

443,49^ 

4 

6, 

0G93         1 

,i883 

1    85.7 
85,8 

445,229 

•J 

6, 

5067 

87 

»488a         1 

446,97» 

() 

0, 

1        ^^ 
00 

9» 

,9780 

1    85,9 

55o,4:2 
452, a3i 

453.0^ 
455,7& 

457.44 
45y,3ï 

l 

9 

7. 

4660 
548{         1 

1         5i 
5a 
53 

9<>. 

ICI 

106 

.6644         , 
,55.41 
,<5.546        1 

86,0 
86,1 
86,3 

10 

9) 

1398 

,      •>4 

II I 

.9730 

86,3 

1 1 

9. 

^,3i2            ^ 

55 

123, 

5160. 

86.4 

12 

10, 

56 

2925 

86,5 

i3 

•I 

1370 

,8835        1 

^7 

120 

,  3oq5 
,  5750 

86,6 

i6l,Il 

462,90 

'1 

II 

58 

i3^, 

86,7 
86,8 

i5 

12 

^^ih 

1         •'>9 

142 

,0973         1 
,8848 

464,7C 
466,51 
468,32 

i6 

i3, 

5io3         ! 

'         60 

i48 

86,9 

'7 

»4 

,.uo4 

1         61 

i55 

91^6 

87,0 

i« 

ij 

1         ^^ 

i63, 

288Q       •  1 

87.' 

470,1.' 

«9 

16 

,3i8y 

'        63 

170 

,923() 

87,2 

473, 7< 

47«^,6- 

20 

>7 

,3632 

1        6'» 

178 

,8585 

87,3 

21 

18, 

4659        ! 

1        65 

187, 

1 028         , 

87,4 

22 

»9 

,6292 
.8576 

1        66 

1 

19^. 

6663 

87,5 

479»3 
48t,i< 

j3 

20 

67 
68 

69 

2o4, 

5586 

87,6 

•^4 

22 

l524 

.5174 

,q556        I 
,4705 
,  0654 

2l3 

•Â?y3     ' 

J691 

87,7 
87,8 

25 

23 

2i3, 

483. 0 

26 

27 
28 

24 

26 

!        70 
7' 

233, 
43, 

6i63         1 

87,9 
88,0 

484,» 

486,7 

28 

72 

254, 

3o48 
384q 

88,1 

488,6 
490>5 

29 

29 

rAh 

73 

1 

265, 

88,  a 

FORCES  ÉLASTIQUES  DE  LA  VAPEUR  D'EAU.       243 

rce  élastique  de  la  vapeur  d'eau,  d'après  RegnauU 

et  M,  Broch  (suite). 


FORCE  ÉLASTIQUE 

en  miUimètret 

de 

mercure  normaux. 


mm 
492,4121 
494,3071 
496,2083 
49^,1153 
5oo , oa88 
5oi,q483 
5o3,874o 
5o5 , 8009 

507,-439 
5o9|688i 
5ii ,6386 
5i3,5953 
5i5  5583 
5; 7,52^5 
5i9,5ooi 
521,^849 
523,473i 
525,2676 
527,46î<5 

•?^9,4757 
331,4893 

533,5oq3 
535 , 53a8 
537,5687 
539,6080 
54 1,6538 
5^3,7062 
545,7650 
5^,7, 83o3 
549,9022 
55 1 ,9Î^o7 
5 54, 06 52 
556,157.1 
558 , 25o5 

56o,36o4 
562,4719 
56^ , 5900 
566,7149 
568, «465 
570,98^,7 
f>73,i297 
37.5,  !î8 1.1 

577,4400 
579,6053 


TEMPÉRA 

TURE 

en 

de^cB 

normaux. 


FORCE  ÉLASTIQUE 

en  millimètres 

de 

m'Tcare  normaux. 


mm 


9a»7 
92,0 

58i, 

583, 

92,9 

586, 

93,0 

588, 

93,1 

590, 

o3,2 

592, 

93,3 

594, 

93,4 

597» 

93,5 

599, 

93,6 

601 , 

93,7 
93,8 

6o3, 

606, 

93,9 

608, 

94,0 
94,1 

94.3 
94,4 

6iO, 

612, 

6i5, 

617, 
619, 

94,5 
94,6 
94,7 
94, B 

622, 

624, 
626, 

628, 

94 , 9 

63i, 

95,0 

633, 

95,1 

635, 

9^,2 

638, 

95,3 

64o, 

95,4 

643, 

95,5 

645, 

95,6 

647, 

9^,7 

65o, 

95,8 

652, 

9^,9 

65^, 

96,0 

657, 

96 , 1 

65^, 

96,2 

662, 

96,3 

66'», 

96,4 

667, 

96,. 1 

669, 

96,6 

671 , 

96,7 
96.15 

^7'i, 

676, 

96,9 

^^79. 

97  •« 

O81, 

1431 

3349 

534? 
7408 

4016 

6358 
8770 

I25l 

38o4 
6426 

9'il8 
i883 

4718 

7624 
0602 
365  f 

^77? 
996^ 
323o 

(i567 

34.19 
7014 
0642 

4343 
8118 
1966 
5880 
98H5 
3956 
8101 

232  1 
6616 
0985 

^l3o 

4j47 

9a'9 
39^^7 
879» 


TEMPÉRA • 
TORE 

en 

degrés 

normaux. 


97»» 
97»2 
97,3 

97,4 
97,5 
97,6 
97,7 
97,8 

97»9 
98,0 

98,1 
98,2 

98,3 

98,4 
98,5 

98,6 

98,7 
98,8 

989 
99)0 

99,1 
99»  2 
99-3 

99»4 
99,3 

99'^ 

99 

99 

99,9 
100,0 

100. 1 

1 00 . 2 

1 00 . 3 
100,4 
1 00 , 5 
100,6 
100,7 
100,8 
100,9 
loi  ,0 


:^ 


FORCE  ÉLASTIQUE 

en  millimètres 

de 

mercure  normaux. 


mm 
684.36 
686 
689 
691 

694 
696 

699 
702 

704 

707 

709 

7'2 
714 

VI 
720 

722 

725 

727 

730 

733 

735 

738 

74' 
743 
746 

749 
75. 

754 

700 
762 
765 
768 

770 
773 
776 

779 

784. 86^ 
687,6678 


oi53 
5673 
1271 

69^7 
2702 

8536 

4449 
0443 

65i4 

2665 

8397 
0209 

1602 

8075 

4629 

1265 

7981 

4779 
1059 

8621 

5665 

2791 
0000 


?6 

2124 

9666 

7291 

5ooo 

2-93 

06":  o 


-m  TIIERMOMÉTIUE.  -  DILATATIONS. 

Les  Tables  de  M.  Broch  ne  s'clendenl  pas  au-dessus  de  lo 
nous  donnerons  encore  quelques  nombres  d'après  Magnus 
d'après  Regnaull  aux  températures  supérieures  à  celle 
rébullition  normale. 

Force  étas tique  maximum  de  la  vapeur  d'eau 

au^essus  de  loo». 

Force  cla«Uqae 

fo  uiMlimèlre* 

(l'aprèt 

IVaiprrainrp.  Mairna*.  Kefntsll. 

o 


loo. 760,000  760 

102 816,273  816 

loî 875,971  874 

106 939>^6o  939 

108  1006, 3oo  1004 

iio 1077,261  1075 

ii5 1271,986  1269 

120 »  1491 

125 "  1743 

i3o »»  2o3o 

i35 M  2353 

1  jo >»  21717 

i\'} »•  3 125 

i'5o ..  358i 

iGo '»  465i 

170 »  5961 

180 '.  7546 

190 »  9*42 

uoo »  1 1688 

'2\0 »'  14324 

220 »  17390 

v>.3o )>  20926 


000 
010 
410 
3io 

910 
370 

410 

280 

88 
28 

73 
63 
55 

23 

62 
S6 

39 
70 
96 
80 

36 
4o 


DÉTERMnrATIOH  DU  POIHT  100\  —  Le  Tableau  des  forces  i 
tiques  que  nous  avons  donné  d'après  M.  Broch  fourni 
particulier  la  valeur  de  ces  forces  élastiques  de  dixièm< 
dixième  de  degré  aux  températures  voisines  de  100%  ou  in 
sèment  les  températures  de  1  ebullition  de  Feau  sous  des  p 
sions  voisines  de  760"*'".  C'est  à  cette  Table  que  l'on  a  rec< 


FORCES  ÉLASTIQUES  DE  LA  VAPEUR  D'EAU.   245 

ur  déterminer  le  deuxième  point  (i\e  du  thermomètre.  Il 
ifOi  pour  cela  de  placer  cet  instrument  dans  la  vapeur  d'eau 
millanle,  d'observer  la  pression  H  du  baromètre  pendant 
itte  expérience  et  de  marquer,  au  point  où  s'arrête  le  mer- 
ire  dans  le  thermomètre,  la  température  qui  correspond  à  la 
•ession  H  dans  celte  Table. 

nEBMOMËTBE  HTPSOlIÉTBIftUE.  —  On  fait  une  seconde  appli- 
ilion  de  la  même  Table.  A  mesure  que  Ton  s'élève  dans  Tatmo- 
►hère,  la  pression  diminue,  et  en  même  temps  la  tempéra- 
re  d'ébullition  de  Teau  s'abaisse;  mais,  dans  tous  les  cas, 
lie  pression  et  cette  température  sont  deux  nombres  qui  se 
•rrespondent  dans  notre  Table.  On  peut  donc,  au  lieu  de 
esurer  la  pression  par  le  baromèire,  mesurer  la  température 

rébullition  de  Teau  et  chercher  dans  la  Table  la  tension 
rrespondante.  Cette  opération  détournée  exige  un  thermo- 
îlre  très  sensible  et  tel,  que  le  mercure  parcoure  toute  la 
igueur  de  la  tige  pour  des  tempéralures  comprises  entre 
•  et  loi»  environ.  Mais,  comme  il  faut  aussi  pouvoir  à 
aque  instant  vérifier  le  zéro  de  l'instrument,  on  dispose 
ns  l'appareil  une  chambre  intermédiaire.  Le  zéro  se  trouve 
Ire  le  réservoir  et  cette  chambre,  et  la  portion  de  la  lige  qui 
i  au-dessus  de  la  chambre  serl  à  marquer  des  tempéra- 
•es  voisines  de  100".  On  peut  aussi  supprimer  celle  chambre 
comparer  l'instrument  à  un  étalon  dont  on  a  vérifié  le 
•0. 

Regnault  (*)  a  donné  à  l'hypsonièlre  une  forme  commode 
portative.  Une  petite  chaudière  en  cuivre  ou  en  fer-blanc 

enveloppée  par  un  cylindre  de  même  mêlai,  qui  porte  à 
I  intérieur  une  lampe  à  alcool  desiinée  à  chauffer  l'eau  de 
îhaudière.  La  vapeur  s'échappe  par  une  ouverlure  ména- 
dans  la  partie  supérieure  de  celle-ci.  Le  thermomèlre  y  est 
ngé  jusqu'au  niveau  du  point  où  l'ébullilion  porlera  le  mer- 
e;  il  est  soutenu  au-dessus  de  l'eau  par  un  bouchon  de 
e.  Cet  appareil  peut  être  recommandé  aux  voyageurs.  Lors- 
)n  ne  tient  pas  à  une  exactitude  extrême,  la  différence  de  ni- 

RccjtACLT,  yinnales de  Chimie  et  de  Physique,  Z*  série,  t.  XIV,  p.  196;  i84'i- 


!i46 


THERMOMÉTRIE.   -  DILATATIONS. 


veau  entre  deux  stations,  où  Ton  a  observé  les  température 
d'ébuHition  t,  t,  peut  se  calculer  par  la  formule 

qui  se  déduit  de  la  formule  barométrique. 

TEV8I0H  DES  YAPEUE8  DE  DIYEE8  UaUIDES.  —  Regnault  (<)  ^  ap- 
pliqué les  méthodes  qui  viennent  d*étre  exposées  à  plusieurs 
liquides  plus  ou  moins  volatils.  Voici  les  résultats  de  quelques- 
unes  de  ses  expériences  : 


Forces  élastiques  des  vapeurs  de  quelques  liquides. 


TBMPtiRATURE. 

ALCOOL. 

ÉTHEB. 

8CLFURE 
de  carbone. 

cHLOBorom. 

0 

mm 

mm 

mm 

an 

—   20 

3,34 

68,90 

47, 3o 

ir 

0 

12,70 

184,39 

'27,9» 

m 

-h    10 

24,23 

286,83 

198,46 

0 

20 

44,46 

432,78 

298,03 

160,47 

3o 

78,52 

63'4,8o 

434,62 

a47»5i 

35 

102,91 

761,20 

519,66 

3o3,49 

45 

172,18 

1074,15 

729,53 

446,01 

5o 

3i9»9o 

1264,83 

857,07 

535, o5 

6o 

35o,2i 

1725,01 

1164, 5i 

755.44 

65 

436,90 

1998,87 

1347, 52 

8«9.7» 

75 

665,54 

2645,41 

'779» 88 

I2l4t30 

8o 

812,91 

3o22,79 

2o32,53 

1407,64 

100 

1697,55 

4933,30 

3325, i5 

3428,54 

120 

323 1,73 

7719,20 

5i48,79 

8925,74 

125 

3746,88 

// 

5699,69 

4386, 60 

i5o 

7318, 4o 

// 

9065,94 

7280,62 

i55 

8259,19 

// 

// 

7985,35 

i65 

n 

n 

// 

9627.82 

(')  RBG!fAULT,  Comptes  rendus  de  l'Académie  des  Sciences,  t.  L;  Relatiomt 
erpériences,  t.  II,  p.  5  et  339,  ®^  Mémoires  de  l'Académie  des  Sctette 
t.  XXVI. 


FORCES  ÉLASTIQUES  DE  LA  VAPEUR  D'EAU.       a{7 


TBHPÉKAT17RE. 

MERCURE. 

TEMPÉRATURE. 

SOUFRE. 

1                               ^ 

mm 

0 

mm 

1                             O 

0,030 

390 

372,31 

1                          20 

o,o37 

400 

328,98 

4o 

0,077 

4^0 

663 , I I 

1                 6o 

0,164 

45o 

779^89 

1                 8o 

0,353 

5oo 

i635,3a 

l                    lOO 

0,746 

55o 

3o86,5i 

\              iSo 

4,366 

570 

3877,08 

1             aoo 

i9»9o 

I             35o 

75,75 

s 

3oo 

a4aȕ5 

35o 

663, 18 

l            36o 

797» 74 

4oo 

1587,96 

45o 

3384,35 

, 

5oo 

6530, a5 

' 

5ao 

8j64,96 

On  voii  que  la  force  élastique  des  vapeurs  de  mercure  ne 
commence  à  devenir  sensible  qu'au-dessus  de  100",  et  qu'on 
pcui  en  faire  complètement  abstraction  pour  les  mesures  de 
pression  effectuées  à  la  température  ordinaire,  à  l'aide  de  ma- 
nomètres à  mercure.  Toutefois  on  aurait  tort  de  conclure  de 
laque  les  vapeurs  mercurielles  sont  absolument  sans  effet,  au 
«legré  de  raréfaction  où  elles  peuvent  exister  dans  les  labora- 
toires, où  l'on  manipule  fréquemment  sur  la  cuve  à  mercure. 
M.Mergel  (* )  2  constaté  que,  même  à  —  4o°>  ^^  mercure  émet 
des  vapeurs  qui  se  diffusent  au  loin  dans  l'air  et  dont  il  a  pu 
constater  la  présence,  et  jusqu'à  un  certain  degré  mesurer  la 
proportion,  à  Taide  d'un  réactif  très  sensible,  l'azotate  d'argent 
ammoniacal,  qui  est  réduit  par  les  vapeurs  de  mercure. 
La  formule  de  Biot 

logF=  a  H-  ba^-hc^^ 


(  •  )  Merget,  Sur  la  diffusion  des  i*apeurs  mercurielles  (^Annales  de  Chimie  et 
de  Physique f  \*  série,  t.  XXV,  p.  121  ;  1872).  On  trace  avec  la  solution  d'azotate 
d'arjenC  des  traits  à  la  plume  sur  une  feuille  de  papier  blanc.  Ces  traits  invi- 
sibles noircissent  sous  l'action  des  vapeurs  mercurielles. 


248 


THERMOMÉTRIE.  —  DILATATIONS. 


permet  de  représenter  exactement  les  forces  élastiques  maximi 
F  de  tous  les  liquides  étudiés  par  Regnault;  mais  on  n*a  dé- 
couvert aucune  relation  entre  les  valeurs  des  coefficients  des 
formules  relatives  à  différents  liquides. 

Dallon  (*)  avait  énoncé  comme  générale  la  loi  suivante, i 
savoir  que  les  vapeurs  de  tous  les  liquides  avaient  la  mém 
force  élastique  maximum  à  égale  distance  de  leur  poùd 
d^éhullition.  Cette  loi,  inexacte  en  général,  s'approche  d'êw 
vraie  pour  les  liquides  organiques  appartenant  à  une  même 
série.  Le  Tableau  suivant,  fourni  par  Landolt  (^),  se  rappofie 
aux  acides  de  la*êérie  grasse  : 


1 

DISTANCE 

FORCE   ÉLASTIQUE   MAXtMCM. 

au  point 

Acide 

Acide 

Acide 

Acide 

Acide 

(Irbullilion. 

formiquR 

acétique 

proploniqne 

butyrique 

ralérlque 

CMI»0«. 

C*ll'0<. 

C«ll«0«, 

C»ll«0*, 

c»»u««o*. 

■ojcaK- 

bout  à  100". 

l>outali9' 

boula  isr.s. 

liontàiei'J. 

l»oat  à  nr.s. 

1 
1 

o 

// 

1391 

// 

139a 

1375 

i386    ! 

1 

-i-     lO 

tf 

io3o 

1044 

1020 

1021 

1029 

o 

760 

760 

760 

760 

760 

760 

1        -    lO 

538 

55o 

540 

557 

56i 

55Î 

1         -  -    2() 

'400 

■Mp 

389 

4or> 

4.5 

4oi 

-3o 

!<80 

■^79 

•.>74 

1        29(> 

3o8 

288 

!    -  ',0 

10» 

M): 

»9^ 

'         ..5 

2i7 

205 

—    5(3 

i:»7 

1         !  3:) 

i33 

1 56 

,67 

.45 

1 

• 

1 

Si  Ton  considère  la  difficulté  d'obtenir  ces  divers  liquides 
bien  purs  de  tout  mélange  avec  d'autres  corps  appartenant  àla 
même  série,  l'accord  des  nombres  de  ce  Tableau  paraîtra  très 
satisfaisant,  car  les  moyennes  différent  moins  des  résultats  ob- 
servés que  les  résultats  relatifs  au  même  acide,  et  fournis  par 
divers  expérimentateurs,  ne  diffèrent  entre  eux.  Pour  ces  corps 
la  loi  de  Dallon  est  une  loi  empirique,  analogue  à  la  loi  bien 
connue  des  points  d'ébullition  dans  une  même  série. 


C)  Daltox,  Annales  de  Gilbert^  t.  XV,  p.  i3. 

(-)  Landolt,  Annales  rie  Liebif^,  Supplementband,  18G8. 


FORCES  ÉLASTIQUES  DES  VAPEURS.  249 

SIOH  MAXOniH  DU  MÉLIHGE  DE  PLUSIEURS  UaUIDES.  —  Les 
irs  des  mélanges  liquides  ne  se  comportent  pas  en  gé- 
comme  les  mélanges  de  gaz.  RegnauU  (*)  ^  distingué 
cas.  Le  premier  est  celui  des  liquides  qui  ne  se  mêlent 
comme  Teau  et  le  sulfure  de  carbone,  Teau  et  le  chlorure 
arbone,  l'eau  et  la  benzine.  Dans  ce  cas,  il  est  presque 
Mïia prioriy  et  Texpérience  confirme,  que  la  tension  du 
nge  des  vapeurs  est  égale  à  la  somme  des  tensions  maxima 
sapeurs  séparées. 

I  second  cas  est  fourni  par  les  liquides  qui  se  dissolvent 
l'autre  en  quantité  limitée,  comme  Teau  et  Félher.  La  ten- 
maximum  du  mélange  des  vapeurs  est  moindre  que  la 
me  des  tensions  que  chacune  d'elles  offrirait  séparément; 
est  même  souvent  inférieure  à  celle  de  la  vapeur  du  plus 
lil  des  deux  liquides.  Voici,  par  exemple,  les  tensions  ob- 
éespar  Regnault  avec  un  mélange  d'eau  et  d'éther  : 

Tempéralare.  Eaa.  Mclanfe.  Élber. 

o  mm  mm  mm 

i5,56  i3,i6  362,95  36i  ,4 

33,08  ^7)58  710,02  7ïi)6 

nfin  le  troisième  cas  est  celui  des  liquides  qui  se  mêlent  en 
es  proportions  :  alors  la  diminution  de  la  force  élastique  est 
)re  plus  accentuée;  il  résulte  des  expériences  nombreuses 
s  à  cet  égard  par  M.  WùIIner(2)  que,  pour  chaque  mé- 
e  déterminé,  le  rapport  de  la  force  élastique  du  mélange  à 
)mfne  des  forces  élastiques  de  chacun  des  liquides  a  une 
ur  constante,  tout  au  moins  quand  les  liquides  sont  en 
sortions  à  peu  près  égales.  Celle  loi  n'est  pas  rigoureuse- 
l  exacte  quand  l'un  des  liquides  est  en  proportions  consi- 
bles.  Voici  les  résultais  relalifs  à  l'eau  et  à  l'alcool,  d'après 
V'ûllner. 


Rcc^iAULT,  Comptes  rendus  de  l'Acadcmie  des  ScienceSy  t.  XXXIX  ;  Rein- 
es expériences,  etc.,  t.  II,  p.  710,  et  Mémoires  de  l'académie  des  Science.s^ 
VI. 

Wn-L-^Ell,  Annales  de  Po*^îyendorffy  t.  CXXIX,  p.  353  (18G6),  et  Traité  de 
jue,  V  édit.,  t.  III,  p.  G20. 


25o 


THERMOMÊTRIE.  -  DILATATIONS. 


TEMPÉRA- 
TURE. 


O 
11,8 

30,5 

3o,4 
4o,o 
5o,5 
60,3 
70,0 
80,4 
81,7 


FORCES   ÉLA8TI0CE8. 


Eau. 
F 


10,32 

17 '93 
32,27 

54,90 
9'4»3i 

i5i,35 

a34)i3 

36o,49 

38o,63 


Alcool. 
F' 


1  eau, 
8  alcool. 


1  eaa, 
1  alcool. 


1  ean, 


29.75 

28,00 

49, o5 

46,08 

84,10 

79»  25 

137,00 

i3o,i6 

225,00 

216,78 

354,68 

3'42,35 

543,10 

526,25 

824,86 

800,76 

873,81 

849,07 

23,90 

39,26 

68,7r. 
116,75 
189.86 
300,75 
463,55 
705,67 

7'i7»73 


21,00 

35,41 
62,00 
io3,25 
173,98 
277,38 
376,45 
642,81 
682,41 


Moyenne. 


0,681 


Of397 
0,587 

0,591 

0,599 

0,595 

0,594 

0,595 

0,595 

0,596 

0,594 


TEHSIOH  DE  TAPEUR  DES  DI880LUnOV8  8ALI1IE8.  —  Ce  sujet  a 
étudié  par  Babo  {*)  et  par  M.  Wûllner  (2).SI1  résulte  deU 
expériences  que  la  tension  de  la  vapeur  dégagée  par  une 
solution  saline  est  inférieure  à  la  tension  de  la  vapeur  de  1 
pure,  à  température  égale.  La  diminution  d  de  la  force  é 
tique  de  la  vapeur  d'eau  est  liée  à  la  valeur  normale  F  de  c 
force  élastique  par  une  relation  parabolique 

aeib  étant  des  constantes  qui  dépendent  de  la  nature  et  d 

concentration  de  la  dissolution.  Pour  certains  sels,  le  chloi 

de  sodium,  le  sel  de  Glauber,  l'hydrate  de  soude,  on  a  sim 

ment 

d  =  a¥; 


(  '  )  Babo  ,  Berichte  der  PreU>urger  naturforschenden  Gesellscha/e,  t.  '. 
et  XVIIl. 

(')  WuLLKER,  Annales  de  Poggendorff^i.  CIII,  p.  129;  CV,  p.  85;CX, p. 
i858-i86o,  et  Traité  de  Physique,  t.  III,  p.  611. 


FORCES  ÉLASTIQUES  DES  VAPEURS.  aSi 

pour  la  plupart  des  autres  sels,  le  salpêtre,  le  sulfate  de 

e,  etc.,  il  est  nécessaire  de  conserver  la  formule  à  deux 

>. 

t  à  remarquer  que  la  vapeur  émise  est  toujours  de  la  va- 

Teau  pure. 


252  THERMOMÉTRIE.  -  DILATATIONS. 


CHAPITRE  X. 

MÉLANGE  DES  GAZ  ET  DES  VAPEURS. 

HYGROMÉTRIE. 

Évaporation  dans  une  atmosphère  limitée.  —  Mesure  de  la  tension  de  h 
vapeur.  —  Mesure  du  poids  de  vapeur  formée.  —  Mélange  des  gaz d 
des  vapeurs. 

Hygrométrie.  —  Son  but.  —  Hygromètre  de  Saussure.  —  Méthode  chft' 
mique.  —  Hygromètres  à  condensation.  —  Hygromètre  de  Daniell.  — 
Hygromètres  de  Regnault,  de  M.  Alluard  et  de  M.  Crova. 


ÉYAPOEATIOH  DANS  UNE  ATH08PHÉBE  LOIITÉE  :  i^  Mesure  de  k 
tension  maximum,  —  Nous  venons  d'étudier  la  productiOB 
des  vapeurs  dans  un  espace  vide;  il  faut  maintenant  chercher 
les  lois  de  leur  formation  dans  une  enceinte  contenant  des 
gaz. 

C'est  encore  à  Dallon  (  '  )  qu'on  doit  les  premières  expé- 
riences précises  qui  aient  été  faites  sur  ce  sujet.  Il  prenait  un 
ballon  de  verre  (^g.  78)  qui  communiquait  à  rextérieur  par 
un  entonnoir  à  robinet  B,  qui  était  en  relation  avec  une  ma- 
chine pneumatique  par  un  tube  C  et  qui  contenait  la  cuvetteM 
d'un  baromètre  AM  ou  Tune  des  branches  d'un  manomètres 
air  libre.  Si  l'on  fait  le  vide  dans  cet  appareil,  qu'on  y  laisse 
ensuite  tomber  par  le  robinet  B  quelques  gouttes  d'un  liquide 
quelconque,  ce  liquide  entre  immédiatement  en  ébuIlition,e 
la  vapeur  atteint  instantanément  sa  tension  maximum.  Dam 
ces  conditions,  l'expérience  ne  diffère  point  de  celles  que  nous 
avons  exécutées  dans  le  vide  barométrique;  mais  on  la  recoin 
mence  ensuite,  en  laissant  de  l'air  dans  le  ballon,  à  des  près 
sions  plus  ou  moins  grandes  et  à  des  températures  qu'on  élèv< 

(')  Dalto?!,  Annales  de  Gilbert^  t.  XV,  p.  21. 


MÉLANGE  DES  GAZ  ET  DES  VAPEURS. 


a5i 


loins  en  plongeant  Tappareil  dans  Teau  chaude.  On 

que  la  pression  augmente  après  Tinlroduction  du 

on  plus  rapidement 


Fig.  78. 


r 


ans    le    vide,   mais 
enteur  d'autant  plus 
ue  la  quantité  d'air 
onsidérable.  A  cette 
près,  tout  se  passe 
lans   le  vide,   le  li- 
rapore  peu  à  peu,  la 
augmente,   et    Ton 
^ette    augmentation, 
trouvé  qu'elle  est, 
les  cas,  rigoureuse- 
e  à  la  tension  maxi- 
a  vapeur  qui  se  pro- 
ie vide  à  la  même 
ire.  Il  en  a  conclu 
)idité  près  la  vapeur 
lans  les  gaz  comme 
le,  et  qu'elle  y  prend  "  "~ 

I  maximum,  qui  s'ajoute  à  la  pression  du  gaz. 
Dalton,  cette  loi  générale  a  été  confirmée  par  Gay- 
),  qui  la  vérifiait  au  moyen  d'un  appareil  plus  simple 
:  AB  et  CD  sont  les  deux  branches  d'un  manomètre  à 
la  première  est  fermée  en  haut  par  une  douille  à  ro- 
ui est  en  fer.  On  peut  visser  sur  elle  un  entonnoir 
i  second  robinet  G  dont  la  clef  n'est  pas  percée  ;  elle 
fient  creusée  d'une  capsule  que  l'on  voit  à  part  sur 
qui  s'emplit  de  liquide  dans  l'entonnoir  quand  on  la 
rs  le  haut  en  0,  et  qui  verse  ce  liquide  dans  AB  si  on 
rers  le  bas  en  0'. 

on  veut  faire  une  expérience,  on  sèche  l'appareil  par 
u  d'air,  on  le  remplit  de  mercure  chaud,  puis  on  in- 
1  gaz  bien  sec  dans  l'intérieur  en  mettant  la  partie 
e  F  en  communication  avec  le  réservoir  de  ce  gaz  et 


Traité  de  Physique  de  Biot,  t.  I. 


1^.79- 


a54  THERMOMÉTRIE.  -  DILATATIONS, 

en  laissanl  écouler  du  mercure  par  le  robinet  inféi 
On  ferme;  on  mesure  la  pression  en  noUnt  la  di 
des  niveaux  ei  le  volume  en  observant  la  division  N 
rèie  le  mercure  ;  puis,  ayant  vissé  le  robinet  à  capsul 
Tait  pénétrer  plusieurs  gouttes  de  liquide  à  l'intérieu 
sitôt  le  mercure  baisse  dans  AB  et  monte  dans  CD,  et 
quoiqu'il  y  ait  un  excès  de  liq 
pression  devient  stationnaire 
cela  est,  on  ramène  le  niveau 
N,  en  versant  du  mercure  { 
l'air  reprend  le  volume  et  la 
qu'il  avait  primitivement,  et  l't 
du  niveau  dans  CD  représen' 
mentalion  de  pression.  Com 
ton,  Gay-Lussac  trouva  que  c 
mentation  est  égale  à  la  Toi 
tique  de  la  vapeur  du  mém< 
qu'on  observe  dans  le  vide  k 
température. 

Ces    expériences    suiflsaie 

qu'on  admit  la  loi  comme  une 

mation;  mais  elles  ne  furent 

nombreuses  ni  assez  suivies 

montrer  qu'elle    est   rigoure 

vraie.  On  peut  même,  a  priât 

de  son  exactitude  absolue;  a 

mettait    dans   un  vase    pluf 

quides  différents,    leurs  tens 

vraient    toutes   s'ajouter  et 

une  pression  totale  indéilnimi 

sanlG  si  leur  nombre  augmentait  indéfiniment.  Con 

n'est  pas,  il  est  probable  que,  même  avec  un  seul  li 

loi  n'est  qu'approximative. 

Pour  s'en  assurer,  Regnault  ('  )  fit  de  nouvelles  ex[ 
beaucoup  plus  complètes.  Il  se  servit  encore  de  l'ap^ 
cril  à  la  page  228  et  représenté  dans  les  Jig.  73  et  7 


C)    RiCMVLT 


MÉLANGE  DES  GAZ  ET  DES  VAPEURS.  -iSS 

ir  déterminé  préalablement  la  force  élastique  de  la  vapeur 
lu  dans  le  vide  presque  complet,  entre  les  températures  de 
3  et  de  4o",  il  recommença  les  mêmes  mesures  et  de  la  même 
oière,  en  laissant  de  Tair  dans  l'appareil  ou  en  y  introduis 
1  de  Tazote.  Il  construisit  ainsi  une  Table  des  forces  élas- 
les  maxima  que  la  vapeur  prend  dans  les  gaz,  et  il  la  com- 
a  à  celle  qui  résultait  de  ses  expériences  dans  le  vide.  Voici 
ilques-uns  des  résultais  de  Regnault  : 


TE?(810NS 

TEMPÊEATCIIE. 

DIPFÉREXCE. 

^  w^mi  ■   vv^i^v^  s   vv  w  V  9 

dans  le  gaz. 

dans  le  Tide. 

1                                    1 
Tensions  dans  l'air. 

• 

O 

mm 

mm 

• 

0,00 

4,47 

4,60 

—  o,i3 

i5,oo 

12,38 

12,70 

—  0,32 

21,07 

18, '^8 

18, 58 

—  o,3o 

24,69 

22,73 

23, i3 

0,40 

3i,oo 

?2,97 

33,41 

-  0,44 

35,97 

43,39 

44, i3 

0,74 

38, 00 

48,70 

49, 3o 

—  0,60 

Tensions  dans  l'azote. 

0,00 

4,3i 

4,60 

-  0,29 

i<î/i9 

i3,29 

13,96 

-  0,67 

21,46 

18,61 

19, o3 

—  0,42 

25, 5o 

23,71 

24,27 

—  0,56 

32, 5o 

35,92 

36,38 

-   0,46 

37,74 

47,80 

48,63 

-  0,83 

39,81 

53,72 

54,36 

0,64 

>n  voit  par  là  que  les  tensions  dans  les  gaz,  bien  que  très 
isiblement  égales  aux  tensions  observées  dans  le  vide,  sont 
►endant  toujours  un  peu  plus  faibles;  et,  comme  dans  le 
e  ei  dans  les  gaz  les  mesures  se  faisaient  avec  le  même 
>ar^l,  ce  n'est  pas  à  une  erreur  constante  de  l'instrument 
il  faut  attribuer  ces  écarts.  Regnault  craignit  d'abord  que 
mercure  ne  fût  attaqué  par  l'air  :  c'est  pour  cela  qu'il  recom- 
'nça  ses  expériences  dans  l'azote;  mais,  les  mêmes  diffé- 


256 


TIIERMOMÉTRIE.  —  DILATATIONS. 


rences  se  montrant,  il  est  incontestable  que  la  tension  n'est  pas 
tout  à  fait  aussi  grande  dans  les  gaz  que  dans  le  vide. 

Toutefois  Regnault  ne  pense  pas  que  ses  expériences  i&b- 
ment  la  loi  de  Dalton.  Il  attribue  plutôt  les  résultats  obsenéi 
à  Tinfluence  perturbatrice  des  parois,  lesquelles  condenseM 
une  très  grande  quantité  de  vapeur  à  leur  surface;  de  tek 
sorte  que  Téquilibre  n'est  pour  ainsi  dire  jamais  atteint,  I 
cause  de  la  lenteur  de  Tévaporation. 

Cette  explication  si  naturelle  a  été  confirmée  par  des  expé 
riences  de  M.  Herwig  (*).  Pour  établir  Tinfluence  desparoî 
ce  physicien  a  introduit  dans  un  espace  vide  d'air  une  quai 
tité  de  liquide  assez  faible  pour  que  la  vapeur  ne  puisse  p 
acquérir  sa  tension  maximum,  et  diminué  ensuite  Tespt 
offert  à  la  vapeur  jusqu'à  produire  un  commencement  * 
condensation.  Avec  certains  liquides,  tels  que  Falcool  ou 
sulfure  de  carbone,  la  pression  maximum  se  trouve  alors  a 
teinte  ;  mais  avec  d'autres,  l'eau  et  l'éther  par  exemple,  la  pre 
sion  continue  à  augmenter  après  que  le  premier  dépôt  derost 
est  apparu,  quand  on  diminue  encore  la  capacité  du  vase.  C 
effet  est  même  d'autant  plus  marqué  que  la  température  e 
plus  basse,  comme  on  le  voit  parle  Tableau  suivant: 


TEMPÉRATURE,    40*. 


Volume 

de  la 

Tapeur. 


88,7(i 

4i,o;j 


Tension. 


•'i«,a7 
5 '4,90 


TEMPÉRATURE,  69,8. 


Volume 

de  la 

▼apeur. 


83,3 
'18,0 

17/* 


Tenhion. 


2Q9,35 
33o, 19 
33o, 17 


TEMPÉRATURE,  95*. 


Volume 

de  la 

Tapeur. 


48. '|8 
38,93 


Tension. 


629,16 
639,59 


Regnault  a  calculé  de  jV  ^"  iV  ^^  clegré  une  Table  des  force 
élastiques  maxima  de  la  vapeur  d'eau,  observées  par  lui  so 
dans  le  vide,  soit  dans  l'air,  et  entre  les  limites  de  températur 


(  *  )  Herwig,  Annales  de  Poggendorf^  t.  CXXXVII,  p.  592  ;  1869. 


MÉLANGE  DES  GAZ  ET  DES  VAPEURS. 


aSj 


itmosphère  (*).  Nous  extrayons  de  cette  Table  les  nom- 
suivants^  pris  de  \  degré  en  \  degré;  ils  nous  serviront 
lot  pour  rhygrométrie.  Quand  on  voudra  trouver  la  force 
ique  pour  une  température  comprise  entre  deux  termes 
écutifs  de  cette  Table,  on  pourra,  sans  erreur  sensible, 
eUre  qu*elle  croit  proportionnellement  à  la  différence  des 
pératures. 

Table  des  tensions  de  la  vapeur  d^eau  dans  le  vide 

ou  dans  les  gaz. 


0 

mm 

0,0 

4,600 

0,5 

4,767 

1,0 

1,9'*o 

1,5 

5,118 

2,0 

5,3oa 

2,5 

5,49» 

3,0 

5,687 

3,5 

5,889 

4,0 

6,097 

4,5 

6,3i3 

5,0 

6,534 

5,5 

6,763 

6,0 

6»  998 

0,5 

7,!j42 

7>o 

7, '192 

"  5 

irpi 

8,0 

8,0.7 

8,5 

8,291 

9»« 

8,571 

9.5 

8,863    ; 

// 


// 


0 

mm 

0 

10,0 

9,i65 

-h20,0 

10,5 

9.474 

20,5 

11,0 

9,792 

21,0 

11,5 

10, 120 

21,5 

12,0 

,0,457 

22,0 

12,5 

io,8o4 

22,5 

i3,o 

11,162 

23,0 

i3,5 

1 i,53o 

23,5 

14,0 

11,90* 

24,0 

i4,5 

12,198 

24,5 

i5,o 

12,699 

25,0 

i5,5 

|3,II2 

25,5 

16,0 

i3,536 

26,0 

16,5 

»%9:2 

26,5 

17,0 

14,421 

27,0 

17,5 

14,882 

27,5 

18,0 

15,357 

28,0 

18,5 

i5,845 

i>8,5 

19.0 

16, 3^,6 

29,0 

19,5 

16,861 

29,5 

ff 

// 

3o ,  0 

1                                 i 

mm 
»7»39i 
17,935 
18,495 
19,069 
19,659 
20,265 
20,888 
21,528 
22,184 
22,858 
23,55o 
24,261 
24,988 
25,738 
■j6,5o5 

^7,294 
28, 101 
28,931 
29,782 
3(),654 
3i,5'|8 


}l€sure  du  poids  de  la  vapeur  formée,  —  Dans  tout  ce 
pté^^ède,  nous  n'avons  fait  rien  autre  chose  que  de  [me- 
>x  V^ugmeniatlon  de  pression  qui  survient  dans  un  gaz 
iti^ony  met  un  liquide  qui  s'y  vaporise.  En  voyant  que 
le  augmentation  est  précisément  égale  à  la  tension  maxi 


)  RïCîiABLT.  annales  de  Chimie  et  de  Phjrsique,  3*  série,  t.  XV,  p.  i38  ;  18  V 
(Chaleur.  —  II,   1"  fasc.  17 


a58  THERMOMÉTRIE.   -  DILATATIONS, 

mum  de  la  vapeur,  Uallon  a  admis  qu'il  se  Tonne  une  qw 
tilé  de  cette  vapeur  absolument  égale  à  celle  qui  prenà 
naissance  dans  le  même  espace  s'il  était  vide,  et  qu'elle 
mêle  purement  et  simplement  au  gaz  sans  aucune  conden 
tion,  en  ajoutant  sa  pression  à  la  sienne.  Ce  raisonoemeni 
incomplet. 

Il  ne  suffit  pas  d'avoir  constaté  que  l'augmentation  de  pr 
sion  produite  par  l'évaporalion  dans  un  gaz  est  égale  à  la  i 
sîon  maximum  de  la  vapeur  dans  le  vide,  il  faut  encore  et 
parer  les  poids  de  la  quantité  de  vapeur  qui  sature  un  esp 
donné,  soit  quand  il  est  vide,  soit  quand  il  contient  un  g 
c'est  ce  qu'a  fait  Regnaull  ('  )  de  la  manière  suivante. 

Un  courant  d'air,  déterminé  par  l'aspiration  d'un  QacoD 
se  vide,  traverse  d'abord  un  ballon  A  rempli  d'épongés  mo 
lées  ijîg.  80);  il  arrive  ensuite  sous  une  cloche  RC;  il  filb 

Fie.  *■■ 


travers  un  manchon  de  toile  métallique  que  l'on  a  couvert 
linges  mouillés,  ei,  saturé  par  ces  contacts  multipliés  1 
l'eau,  il  s'échappe  à  travers  le  conduit BDEB.  Il  traverse! 
sieurs  tubes  à^dessiccation,  dépose  son  humidité  dans  le  [ 


l  de  Phjiique,   3-  wîrie.   t.  XV,  p. 


MÉLANGE  DES  GAZ  ET  DES  VAPEURS.  aSg 

irrive  dans  Taspirateur  M  qu'il  remplit,  et  là  il  se  sature 
veau. 

ir  le  poids  de  la  vapeur  qui  est  condensée  en  D.  Le 
5  V  de  Tair  qui  a  traversé  le  tube  D  est  égal  à  celui  de 
[ui  s'est  écoulée  du  flacon  M,  volume  qu'on  a  mesuré  à 
e. 

^pace  V  était  vide,  la  tension  de  la  vapeur  qui  le  sature- 
rait égale  à  la  tension  maximum  F,  son  poids  serait  tti, 
désignant  par  p  la  densité  de  la  vapeur,  qui  est,  pour 
égale  à  0,622,  on  aurait 

_.        0,00I2q3 

comparant  ce  poids  calculé  tti  au  poids  tt,  expérimen- 
mt  trouvé,  qui  exprime  le  poids  de  vapeur  saturant  le 
espace  plein  de  igaz,  Regnault  a  trouvé  que  tti  =  tt. 
ci  quelques  résultats  de  Regnault  : 


POIDS    TT 

fPÉBATURE. 

obierTé. 

DIFFÉRENCE. 

calculé. 

u 
0,00 

0,273 

0,273 

0,000 

5,85 

0,424 

0,424 

0,000 

n,88 

0,653 

0,660 

—  0,007 

'},65 

0,731 

0,736 

—  o,oo5 

30,57 

1 ,010 

I  ,oi3 

—  o,oo3 

25,11 

1 ,3i5 

1,328 

—  o,oi3 

voit  par  là  qu'un  liquide  produit,  dans  un  espace  donné 
mient  un  gaz,  une  quantité  de  vapeur  dont  le  poids  et  la 
n  sont  les  mêmes  que  si  cet  espace  était  vide  ;  en  d'autres 
s,  que  la  vapeur  se  forme  dans  les  gaz  comme  dans  le 
H  que  sa  force  élastique  maximum  s'ajoute  à  celle  du  gaz. 

BB  KABIOTTE  APPUaUÉE  AU  MÉLAHGE  DES  GAZ  ET  DES  VAPEUBS. 

US  avons  admis  que  les  vapeurs  non  saturées  suivent 


26o  THERMOMÉTRIE.  -  DILATATIONS. 

sensiblement  la  loi  de  Mariotte  et  se  dilatent  avec  le  coel 
o,oo366.  Dès  lors,  quand  on  changera  la  température,  1 
sion  et  le  volume  d'une  masse  donnée  de  vapeur,  on  a 
relations 

Toutefois  cette  formule  n'est  applicable  que  dans  les  es 
valeur  calculée  def  est  inférieure  ou  égale  à  la  tensioi 
mum  de  la  vapeur  à  la  température  ^  ;  si  la  formule  < 
une  valeur  plus  grande,  cela  indiquerait  que  le  point  d 
ration  a  été  dépassé  et  qu'une  portion  de  la  vapeur  s'e 
densée  en  prenant  la  température  f  et  le  volume  v\  . 
cette  limite,  la  vapeur  est  un  véritable  gaz  ;  par  conséqi 
on  la  mélange  avec  un  gaz  permanent  qui  suit  la  mèm< 
compressibilité  et  de  dilatabilité,  il  est  probable  :  i^'que 
élastique  totale  H  est  égale  àla  somme  des  tensions/ et  I 
la  vapeur  et  du  gaz;  2»  que  la  tension  H  —  /  suivra  tou 
loi  des  gaz;  3»  que  les  pressions/et  H  suivront  aussi  ces 
lois  tant  que /ne  dépassera  pas  la  force  élastique  maxii 
la  vapeur.  Soient  i^.  H,  /,/les  données  dans  un  pren 
du  mélange,  i^%  H',  /',  /'  les  mêmes  quantités  dans  un  de 
étal;  on  aura,  pour  l'air  seul, 

i-^  at  i-h  (xt     ^  (^'i-i-a^ 

Il  peut  arriver  que  /  soit  plus  petit  que  la  tension  mî 
de  la  vapeur  à  t,  ou  bien  qu'elle  lui  soit  égale  :  dans  c 
cas/  fera  connaître  la  véritable  valeur  de  la  tension  d 
peur;  mais,  quand  on  trouvera  pour/  un  nombre  qui 
la  tension  maximum,  cela  voudra  dire  que  le  mélange 
subsister  et  qu'une  portion  de  vapeur  a  été  condensée, 
mules  permettent  de  résoudre  un  grand  nombre  de  pn 
sur  les  vapeurs  ou  sur  les  mélanges  de  gaz  et  de  vapeu 
Toutefois  il  serait  inexact  d'appliquer  la  loi  du  mêla 
gaz  et  des  vapeurs  au  cas  des  pressions  excessives  p 
quelles  la  loi  de  Mariotte  ne  représente  plus  rien.  L'él 
phénomènes  qui  se  produisent  alors  trouvera  sa  place 
Chapitre  consacré  à  la  liquéfaction  des  gaz. 


HYGROMÉTRIE.  361 


HYGROMÉTRIE. 


NT  DE  L'ETGROMÉTRIE.  —  L'atmosphère  terrestre,  qui  est 
Loujours  en  contact  avec  Teau  par  des  surfaces  considérables, 
M)nUent  évidemment  des  quantités  de  vapeur  variables  avec  les 
lempset  les  lieux  :  c'est  cette  vapeur,  transportée  par  les  vents, 
pi  détermine  les  météores  aqueux,  tels  que  la  pluie ,  les 
broaillards»  la  neige.  Nous  n'étudierons  pas  ces  phénomènes, 
pi  sont  du  domaine  spécial  de  la  Météorologie  ;  mais  nous 
dons  montrer  comment  on  peut  mesurer  à  chaque  instant  la 
(luntilé  d'humidité  que  l'air  renferme  :  c'est  le  but  de  THygro- 
■élrie. 

On  peut  considérer  le  problème  de  l'Hygrométrie  à  divers 
joints  de  vue  :       * 

i*Od  peut  se  proposer  de  trouver  quelle  est,  à  un  moment 
ionné,  ia  force  élastique /de  la  vapeur  dans  l'air. 

a*  On  peut^chercher  quel  est  le  poids  cy  de  la  vapeur  conte- 
niedans  (^  d'air  atmosphérique;  ce  poids  m  est  représenté 
pir  b  formule  suivante  : 

1^(0, 00 1293) 0,62^  ^_    (^(0,00081)   . 

m 

il  est  évident  que  cette  dernière  recherche  revient  à  la  pre- 
niière;  car,  si  Ton  connaît/,  on  pourra  calculer  xn;  et  récipro- 
quement, si  Ton  a  mesuré  cy,  on  trouvera /par  la  formule  pré- 
cédente. 

3*  L'air  étant  plus  ou  moins  humide,  suivant  qu'il  est  plus 
on  moins  rapproché  de  son  point  de  saturation,  ou  suivant  que 
la  force  élastique/de  la  vapeur  qu'il  contient  est  plus  ou  moins 
près  d'être  égale  à  la  tension  maximum  F,  on  a  pris  l'habi- 

ludededéterminerle rapport:^-,  ce  sera  une  fraction  d'autant 

pins  petite  que  l'air  sera  plus  sec,  et  d'autant  plus  rapprochée 
^  l'unité  que  l'air  sera  plus  humide  ;  sa  valeur  est  prise  comme 
mesure  de  Vétat  hygrométrique  ou  de  la  fraction  de  satura- 
^'»de  Tair. 


a6a  THERMOMÊTRIE.  -  DILATATIONS. 

Si  Tair  était  saturé,  le  poids  U  de  vapeur  contenu  dans  un 

volume  (^  à  /*  serait 

(^(o,ooo8i)F 

(H-a/)76o 
et  Ton  a,  en  divisant  tt  par  H, 

n~"F" 

L'état  hygrométrique  représente  donc  à  la  fois  les  rapporti 

f  TT 

|r  et  =•  Il  est  égal  au  quotient  de  la  force  élastique  eiistnl 

dans  Tair  par  la  tension  maximum,  ou  bien  au  quotient  Al 
poids  de  vapeur  contenu  dans  un  volume  (^  par  le  poids  qoi^ 
trouverait  si  Tair  était  saturé. 

I 

On  voit  maintenant  que,  F  étant  donné  à  toutes  les  tempe» 

ratures  par  les  Tables  de  tensions  de  Is^  vapeur  d*eau,  on  poom 

f 
calculer  ^  si  Ton  a  mesuré/  ou  tt,  comme  aussi  Ton  pourn 

r 

f 

obtenir  la  valeur  de /et  de  tt  si  Ton  a  déterminé  ^• 
"  r 

4''  Un  dernier  élément  qu'il  y  aurait  le  plus  grand  intérèit 

f 
déterminer  serait  le  rapport  ^'   -^de  la  force  élastique  de  h 

vapeur  d'eau  à  celle  de  Tair  sec.  Ainsi  que  Ta  fait  observer 
M.  Jamin  (  '  ),  la  connaissance  de  ce  rapport,  c'estf^*dire  de  h 
proportion  en  volume  de  la  vapeur  d'eau,  serait  bien  plusutHe 

que  celle  de  ç,  et  ne  serait  pas  plus  difOcile  à  déduire  des  doit- 
nées  de  l'observation,  soit  qu'elles  aient  fourni  la  force  élts* 
tique  /  de  la  vapeur  contenue  dans  l'air,  ou  le  poids  iti^ 
vapeur  contenu  dans  un  volume  ^.  Nous  allons  exposer  les 
principales  méthodes  employées  dans  ce  but,  en  suivant  l'ordre 
historique  des  découvertes. 

HTGBOMÈTBE  DE  SAUSSUBE  (^).  —  Il  y  a,  comme  tout  le  mond€ 

(')  Jamix,  Journal  de  Phjrsique^  2*  série,  t.  III,  p.  469;  1884. 
(')  De  Saussure   ( Horace-Bcncdict ),   Essai   sur  l'Hjrf^rométric,  p.   i.  K««- 
châtcl,   1783. 


HYGROMÉTRIE. 


263 


Fijj.  8i. 


S  substances  que  l'on  nomme  hygrométriques ^  parce 
bsorbent  dans  l'air  Thumidité  qui  s'y  trouve.  Presque 
;  matières  animales  ou  végétales  séchées  possèdent 
)riété,  et  Tobservalion  prouve  en  outre  qu'elles  aug- 
le  volume  toutes  les  fois  qu'elles  se  chargent  d'eau, 
bois,  les  fanons  de  baleine,  les  cordes  à  boyau,  se 
perpendiculairement  au  sens  de 
•es,  et  les  cheveux  s'allongent 
xourcissent  suivant  qu'ils  sont 
ns  l'air  humide  ou  sec.  D'ailleurs 
ne  se  dilatent  pas  sensiblement 
!t  de  la  chaleur,  et,  puisque 
ngements  de  volume  sont  exclu- 
produits  par  l'humidité  de  l'air, 
it  servira  la  mesurer.  Ayant  re- 
tte  propriété,  de  Saussure  con- 
fia manière  suivante  le  premier 
re  précis  qui  fut  imaginé, 
nd  une  mèche  de  cheveux  longs, 
loyeux,  qui  doivent  être  coupés 
§te  vivante  et  saine.  Comme  ils 
)urs  revêtus  d'une  couche  hui- 
les préserverait  de  l'aciion  de 
î,  on  commence  par  les  dégrais- 
effel,  on  les  coud  dans  une  en- 
e  toile;  on  les  fait  bouillir  pen- 
ite  minutes  dans  une  lessive 
L  -çq  de  carbonate  de  soude,  et 
sse  refroidir  en  les  maintenant 
iissoiution.  Cette  opération  suffit  pour  les  rendre 
l'usage  auquel  on  les  destine.  Si  on  la  prolongeait 
î,  on  les  altérerait. 

însuite  choisir  un  de  ces  cheveux,  le  fixer  par  une  de 
nités  à  la  partie  supérieure  A  {fig.  8 1  )  d'un  support  de 
irouler  sur  une  poulie  C  et  le  terminer  par  un  poids  P 
tre  assez  fort  pour  le  tendre,  et  trop  faible  pour  l'ai- 
e  Saussure  limitait  ce  poids  à  o«%2.  La  poulie  porto 
lie  qui  parcourt  un  limbe  métallique  où  l'on  tracer;» 


j64  THERMOMÉTRIE.  -  DILATATION. 

lout  à  l'heure  la  graduation  de  Tappareil,  et  qui,  étant  entrainée 
par  les  mouvements  du  cheveu,  accuse  les  variations  deTâit 
hygrométrique.  Elle  monte  quand  il  pleut  et  descend  quui 
l'air  est  sec. 

Pour  graduer  identiquement  tous  les  hygromètres,  on  lescoa- 
vre  avec  une  cloche  pleine  d'air  que  Ton  dessèche  d'abord  en; 
introduisant  une  plaque  de  tôle  revêtue  d'un  vernis  fondu  <k 
carbonate  de  potasse.  On  voit  l'appareil  se  fixer  en  un  poiitf 
invariable  qui  indique  la  sécheresse  absolue  et  que  Ton  marque 
zéro.  Après  cela,  on  place  là  cloche  sur  une  assiette  plelM 
d'eau;  l'air  se  sature,  le  cheveu  s'allonge  et  l'aiguille  s'arréU 
à  une  autre  position  qui  correspond  à  l'humidité  extrême;  ofl 
y  marque  ioo<^.  Enfin  on  divise  en  loo  parties  égales  Viniet' 
valie  compris  entre  les  deux  points  fixes. 

Abandonné  maintenant  dans  l'air,  cet  instrument  indique 
des  degrés  d'humidité  variables  :  c'est  un  hygroscope,  miisi 
ne  résout  directement  aucun  des  problèmes  que  nous  avou 
proposés  précédemment.  De  Saussure  le  sentit  et  il  comment 
des  expériences  pour  chercher  quel  est  l'état  hygrométrique 
qui  correspond  à  chaque  degré  de  la  division  empirique  pré 
cédente.  Après  lui,  cette  question  fut  reprise  par  Dulpng  (*) 
Gay-Lussac  (^)  et  Melloni  (');  mais  ce  n'est  qu'après  les expé* 
riences  de  Regnauit  (*)  que  l'on  connut  complètement  touici 
les  circonstances  qui  influent  sur  l'hygromètre.  Ces  expérience! 
sont  les  seules  que  nous  rapporterons. 

Regnauit  commença  par  préparer  des  solutions  titrées  d'acidi 
sulfurique;  elles  avaient  les  compositions  suivantes  : 

S0^4-2H0,     S0=»-i-3U0,     ...,     SO'4-ioHO, 
S0^4-i2H0,    S0'H-i8H0. 

Il  introduisit  ensuite  une  petite  quantité  de  ces  diverses  dis 
solutions  dan^  le  baromètre  à  vapeur  de  l'appareil  représent 
(  fig.  74,  p.  228).  Comme  on  le  pense  bien,  les  forces  élastique 

(*)  DcLONG;  voir  Physique  de  Biot,  t.  H,  p.  199. 
(')  Gay-Lc88AC,  voir  Physique  de  Biot,  t.  Il,  p.  199. 
(')  Melloni,  Jnuales  de  Chimie  et  de  Phjrsique,  a*  série,  t.  XLIII,p.  ^9;  18Î 
(*)  Regnault,  Annales  de  Chimie  et  de  Physique,  3*  série,  t.  XV)  p.  i4i  ' 
suirantet;  i845. 


HYGROMÉTRIE.  265 

• 

peur  produite  furent  d'autant  moindres  que  la  solution 
s  concentrée;  Regnault  les  mesura,  et,  opérant  abso- 
comme  il  l'avait  fait  précédemmment  pour  l'eau  pure, 
i  les  Tables  de  ces  forces  élastiques  entre  les  tempé- 
de5<»et  35»(»). 

ces  recherches  préliminaires,  on  verse  au  fond  d'un 
3cal  en  verre  une  couche  peu  épaisse  de  Tune  des  so- 
)récédentes  ;  on  suspend  au-dessus  l'hygromètre  et  un 
nètre,  et,  après  avoir  fermé  le  vase  par  un  plateau  de 
•dé,  on  attend  que  l'hygromètre  s'arrête  à  une  division 
limbe.  Soient  a  cette  division  et  t  la  température.  On 

dans  les  Tables  les  tensions/  et  F  données  à  f  par  la 

f 
et  par  Teau  pure,  et  le  quotient  ^  exprime  l'étal  hy- 

ique  qui  correspond  à  la  division  a  marquée  sur  l'échelle 
sure.  On  répète  ensuite  la  même  opération  avec  toutes 
lions  préparées,  ce  qui  donne  autant  de  points  de  cor- 
ance  que  l'on  a  fait  d'épreuves.  Par  interpolation,  on 
iofin  une  Table  qui  fera  connaître  les  états  hygromé- 
pour  chaque  degré  du  limbe  divisé, 
mit  dressa  cette  Table  de  correspondance  pour  plusieurs 
îtres  qu'il  plongeait  à  la  fois  dans  le  même  bocal.  Ils 
été  préparés,  les  uns  avec  les  mêmes  cheveux  lavés 
nême  lessive,  les  autres  avec  des  cheveux  très  difFérenis 
origine,  leur  finesse  et  leur  couleur,  que  l'on  avait 
es  ensemble  ou  séparément;  quelques  autres  ne  dif- 
que  par  leur  poids  tenseur,  et  enfin  l'un  d'eux,  qui 
s  ancien,  avait  été  construit  à  Genève  par  un  artiste 
Paul,  contemporain  de  de  Saussure.  Cette  comparaison 
îils  si  divers  fit  voir  qu'ils  ne  sont  point  identiques, 
on  l'avait  supposé  sans  preuve;  toutes  les  circonstances 
lissent  une  différence  entre  les  cheveux  qu'on  emploie 
nger  la  Table  de  correspondance  qui  leur  convient, 
illals  qui  suivent  mettent  ce  fait  hors  de  toute  contes- 


T|J}&es'8e  trouvent    dans   les  Annales  de  Chimie  et  de  Physique, 
XV,  p.  179;  nous  y  renverrons  le  lecteur. 


26G  THERMOMÉTRIE.  -  DILATATIONS. 


./ 

1- 

r 

r 

F. 

byirromètre. 

b}gromètre. 

hjgromèlre 

0,000. 

0,0 

0,0 

0,0 

0,021 

2,4 

2,6 

4,6 

0,092 

14,2 

14,5 

19,3 

0,189 

35,5 

36,3 

40,0 

0,356 

58,5 

59,9 

61,3 

0,541 

76,8 

77,6 

78,0 

0,671 

87,3 

87,7 

86,7 

0,778 

93,4 

93,^ 

91,3 

1,000 

100,0 

100,0 

100,0 

On  ne  peut  donc  plus  songer  à  construire  une  Table  de 
duation  unique  applicable  à  tous  les  hygromètres,  co 
l'avaient  essayé  Dulong,  Gay-Lussac  et  Mellon!  ;  il  fan 
contraire,  après  avoir  adapté  à  chaque  appareil  la  divisio 
bitraire  de  de  Saussure,  le  graduer  spécialement  en  suivi 
méthode  de  Regnault.  Cette  obligation  enlève  à  l'hygroi 
toute  sasimplicité^et  même,  quand  on  ya  satisfait,  toutei 
titude  n*a  pas  disparu:  car  nous  ne  savons  pas  si  la  Table 
struite  pour  une  température  donnée  resterait  exacte  à  d'à 
degrés  du  thermomètre.  Il  est,  au  contraire,  très  probable 
/et  F  changeant  tous  deux,  les  allongements  du  chev( 

resteront  pas  rigoureusement  égaux  quand  Tétat  hygi 

f 
trique  y;  demeurera  constant,  et  qu'il  faudrait  avoir  pour  cl 

r 

température  une  Table  spéciale.  Regnault  avait  commen( 
expériences  pour  étudier  cette  influence  de  la  tempérî 
mais  un  accident  survenuà  l'appareil  qu'il  employait  ne  lui 
permis  de  les  terminer.  En  résumé,  l'hygromètre  de  de  Sau 
est  un  instrument  fort  incomplet.  Tel  que  le  construisai 
inventeur,  il  ne  donnait  que  des  indications  empiriques; 
l'on  veut  le  graduer  rationnellement,  il  faut  exécuter 
chaque  instrument  une  série  d'expériences  longues  etdéli 
Il  faudrait  même  les  répéter  de  temps  en  temps  pour  êtn 
tain  qu'un  appareil  si  altérable  et  sifragile  ne  se  transforma 
Enfin  on  manque  de  données  pour  savoir  si  la  graduatioi 
être  appliquée  à  toutes  les  températures. 


HYGROMÉTRIE.  aô; 

I.  —  Brunner  (  *  )  a  imaginé  de  déiermîner 
ni  par  une  véritable  analyse  chimique  le  poids  d'eau 
dans  un  volume  déterminé  i^  d'air.  Cette  méthode, 
îse  rien  à  désirer  sous  le  rapport  de  Texactiiude,  se 
le  la  manière  suivante  : 

î  de  caoutchouc  fixé  en  A  {fig-  82)  va  chercher  Tair 
losphère  au  point  que  l'on  veut  étudier,  et  un  aspi- 
in  d'eau,  qui  s'écoule  lentement,  provoque  un  courant 
raverse  trois  tubes  pleins  de  ponce  sulfurique.  Le 
e  la  presque  totalité  de  sa  vapeur  dans  le  premier 
hève  de  se  dessécher  dans  le  deuxième;  le  troisième 
3  à  empêcher  l'humidité  de  l'aspirateur  de  revenir  en 
•se  du  courant  gazeux,  pour  se  fixer  sur  la  pierre 
1  premiers  tubes.  On  a  pesé  ceux-ci  avant  l'opération, 
je  de  nouveau  quand  elle  est  terminée,  et  l'augmen- 
ils  ont  éprouvée  est  le  poids  de  la  vapeur.  On  a 

l^  (0,0008  i);r 


t:  = 


(i  -+-  a/)  760  ' 


>rce  élastique  delà  vapeur  contenue  dans  l'air,  t  est 
ature  moyenne  pendant  l'opération,  ç  est  le  volume 
lé  exprimé  en  litres. 

éterminer  ce  volume  (^,  il  faut  avoir  préalablement 
pirateur.  Soit  vo  sa  capacité  à  zéro;  elle  devient 
)  à  la  fin  de  l'expérience,  quand  la  température  est  t^; 
mi  un  volume  d'air  égal,  qui  est  à  la  pression  H'  de 
ère,  qui  est  saturé  d'humidité,  puisqu'il  est  en  con- 
'eau,  et  qui  renferme  de  l'air  sec  à  la  pression  U'— F'. 
e  de  cet  air  sec  serait,  sous  la  pression  760*"'"  et  à  la 
ire  zéro, 

('«(i-h/rr)(H'-F') 
(I  -+-  at)']6o 

sec  qui  a  traversé  les  tubes;  mais,  pendant  l'expé- 
était  à  une  température  moyenne  t,  et,  comme  il  con- 


jEB,  Annales  de  Chimie  et  de  Physique^  3*  série,  t.  III,  p.  3o5  (iS'io)  : 
de  quelques  procèdes  pour  l'analyse  de  l'atmosphère. 


i68  THEHMOMÉTRIE.  -  DILATATIONS, 

tenait  de  la  vapeur  à  une  tension  x,  il  avait  une  pressoi 
(H— ^), H  représentant  la  pression  moyenne  pendant  l'opé- 
ration. Son  volume  c  était  donc 


yUH) 


H- 


On  peut  maintenant  remplacer  v  par  sa  valeur  dans  l'équ- 
tion  (i)  et  calculer  ;r. 

Les  aspirateurs  que  l'on  emploie  aujourd'hui  permetieoldl 
continuer  l'opération  pendant  très  longtemps.  Ils  sont  cob> 


FlB-  8ï. 


posés  de  deux  réservoirs  placés  l'un  au-dessus  de  l'ioir* 
(fig.  82)  et  qui  loumeni  à  rrottemeni  autour  d'un  axe  boi*' 
zontal  BF  qui  les  supporte.  Dans  la  position  indiquée  pari' 
(Igure,  l'air  est  aspiré  par  le  tube  ABC;  il  arrive  en  C  w 
dessus  du  niveau  de  l'eau  et  la  remplace  dans  le^servoir  W^ 


HYGROMÉTRIE.  269 

indant  qu'elle  s'écoule  par  le  conduit  DD.  £n  même  temps 
yase  inférieur  s'emplit  et  Tair  s'en  échappe  .par  un  autre 
ibe  £F.  Quand  tout  le  liquide  est  tombée  on  retourne  les 
îux  réservoirs,  et,  comme  ils  sont  construits  d'une  manière 
lentique,  ils  ne  font  que  changer  de  rôle  en  changeant  de 
lace. 

La  méthode  que  nous  venons  d'exposer  ne  s'appuie  sur  au- 
un  principe  incertain;  elle  serait  parfaite  si  elle  n'exigeait  une 
lanipulation  longue  et  délicate,  qu'il  serait  fort  difficile  de 
commencer  plusieurs  fois  par  jour  à  toutes  les  époques  de 
'année.  Pour  cette  raison  on  a  cherché  un  autre  appareil  qui 
lût  réunir  à  la  fois  tout  le  degré  de  certitude  de  la  méthode 
Umique  et  toute  la  commodité  de  l'hygromètre  à  cheveu  :  c'est 
e  psychromètre,  appareil  fréquemment  employé  par  les  mé- 
«orologistes,  et  sur  lequel  nous  reviendrons  plus  tard  (*), 
iuand  nous  aurons  acquis  les  notions  sur  lesquelles  son  em- 
i  est  fondé. 


iraOHtTBES  A  GOIIDEHSATIOI.  —  Nous  arrivons  enfin  à  une 
lemière  méthode,  incomparablement  préférable  aux  précé- 
Jenies.  Le  Roi  (^),  de  Montpellier,  a  proposé  le  premier  de 
^froidirdans  Tair  un  vase  plein  d'eau  en  y  jetant  successive- 
nentde  petits  morceaux  de  glace,  jusqu'au  moment  où  un 
iépôi  de  rosée  commence  à  se  former  sur  sa  surface.  Il  est 
évident  que  la  couche  d'air  qui  est  en  contact  avecje  vase  en 
ï^rtage  la  température,  et  si  la  rosée  se  forme  à  la  tëmpéra- 
ure  t,  c'est  qu'alors  l'air  commence  à  être  sursaturé  et  que 
>  force  élastique  x  de  la  vapeur  qu'il  contient  est  un  peu  plus 
iwnde  que  la  tension  maximum  F'  qui  correspond  à  t\  On 
aisse  ensuite  réchauffer  le  vase  peu  à  peu,  et  bientôt  la  rosée 
feparatt  à  la  température  ^;  à  cet  instant  l'air  cesse  d'être 
^îluré,  puisque  l'eau  condensée  reprend  l'état  gazeux,  et  con- 
5cquemment  la  force  élastique  x  est  inférieure  à  la  tension 
naximujm  F''  qui  correspond  à  ^;  :r  se  trouve  ainsi  compris 


(')  Dans  la  deuxième  Partie  de  la  Chaleur. 

\  )  U  Roi,  Mélanges  de  Physique  et  de  Médecine ,  MontpeUier,  1771  ;  'voir 
»iii  OiaiiLL,  èfeteorological  essaya  and  observationSf  p.  i^j.  Londres,  i8a3. 


a'-o 


THERMOMÉTRIE.  -  DILATATIONS. 


entre  F'  et  F''  et  peut  être  pris  en  moyenne  comme  épi 

F'  4-  F" 


a 


Fig.  83. 


Tel  est  le  principe  des  hygromètres  à  condensation.  Ce  prbh 
cipe  est  simple;  aucune  cause  perturbatrice  ne  peut  intenrenr 
pour  le  modifier,  et  la  seule  chose  qui  reste  à  faire  estd'im- 
giner  une  disposition  d'appareils  qui  permette  de  réaliser  aisé- 
ment ces  conditions  théoriques. 

Hygromètre  de  DanielL—  Daniell  (  *  )  plaçait  sur  un  supiNA 
{fig,  83)  un  siphon  de  verre  fermée  purgé  d'air  et  conteMM 

de  réther  en  A.  Il  est  terminé  pff 
deux  boules  :  la  première  D,  quicK 
couverte  d'une  gaze;  la  deuxième  if ^ 
qui  est  nue,  et  dans  laquelle  esllii 
un   thermomètre  très  sensible  M!*.' 
Quand  on  veut  faire  une  obsemlioi» 
on  verse  quelques  gouttes  d'éthersv 
la  gaze  qui  recouvre  D;  elles  8*ivi- 
porent  rapidement,  refroidissent  h  ^ 
boule  D  et,  d'après  le  principe  de  h  \ 
paroi  froide,  il  se  produit  une  distiOi'  | 
tion  du  liquide  intérieur  de  A  vers  1^ 
une  absorption  de  chaleur  en  A,  m 
refroidissement  du  thermomètre  BC  et  bientôt  un  dépôt  de 
rosée  sur  la  boule  A.  L'observateur  se  place  à  une  petite  dis- 
tance, de  manière  à  voir  se  réfléchir  l'image  du  ciel  suris 
surface  du  verre  en  B;  il  reconnaît  le  moment  où  la  rosée  se 
forme,  au  voile  qui  s'étend  sur  le  point  brillant  et  à  une  di- 
minution brusque  dans  l'intensité  de  la  lumière  réfléchie;  3 
note  alors  la  température:  c'est/'.  En  cessant  de  verser  de 
rélher  sur  I),  celte  température  se  relève,  et,  quand  la  rosée 
disparatt,  le  thermomètre  marque  t" . 

Cet  appareil  laisse  subsister  quelques  causes  d'erreur:  i*te 
refroidissement  se  fait  en  A  par  la  surface  supérieure  du  B- 
quide,  qui  est  toujours  plus  froide  que  la  masse;  c'est  aussi > 


(')  Daïiiell,  Annales  de  Gilbert,  t.   LXV,   p.   iTh),  ot  Meteorofogical  Eftt^JT^ 
anti  Observations,  p.  i3()  et  suivantes.  Londres,  1827.  «  « 


HYGROMÉTRIE.  a-i 

niveau  qu'il  faudrait  mesurer  la  température,  c*est  au  ni- 
au  de  cette  surface  que  la  rosée  se  dépose,  mais  le  tlier- 
omètre  plongé  dans  l'intérieur  marque  une  température 
tts élevée  que  celle  de  la  couche  terminale;  a°  la  paroi  de  la 
Ottle,  qui  est  en  verre,  conduisant  imparfaitement  la  chaleur, 
SI  plus  chaude  à  Textérieur  qu'à  l'intérieur,  et  le  thermomètre 
l'indique  pas  la  température  de  la  couche  d'air  quand  elle 
lommence  à  déposer  de  la  rosée  ;  S"*  l'observateur,  obligé  de 
te  tenir  au  voisinage  de  l'appareil,  introduit  de  la  vapeur  dans 
'tir  et  modifîe,  par  l'évaporation  dont  il  est  le  siège,  l'état 
ijgrométrique  du  lieu  ;  4**  l'éther  versé  sur  la  boule  A,  en  s'é- 
nporant  dans  l'air,  y  amène  de  nouvelles  vapeurs  qui  doivent 
tfaer  sur  le  résultat^  puisque  lui-même  contient  de  l'eau  ; 
i*  enBn  la  manipulation  n'est  pas  commode,  c^r  il  est  difficile 
b  verser  ré^lièrement  l'éther  en  D  et  de  régler  la  progression 
in  refroidissement,  qui  peut  être  trop  rapide  ou  trop  lent  et 
pi,  dans  les  temps  secs  et  chauds,  devient  insuffisant  pour 
produire  la  condensation. 

Bxgrométres  de  RegnauU^  de  M.  Alluardet  de  M.  Croira. 
-*  On  voit  que  l'hygromètre  de  Daniell  laisse  à  désirer,  non 
M8  au  point  de  vue  de  la  théorie,  mais  parce  qu'il  ne  réalise 
lis  sans  causes  d'erreur  le  principe  de  la  condensation.  Re- 
[oaalt  (<)  remplace  cet  instrument  par  un  autre  auquel  on  ne 
)eot  rien  reprocher  de  semblable. 

Dn  tube  de  verre  E  (Jig,  84),  terminé  par  un  dé  d'argent 
ïès  mince  et  parfaitement  poli,  contient  de  ^l'éther.  Le  bou- 
îhon  qui  le  ferme  donne  accès,  d'abord  à  un  tube  B  qui  plonge 
hns  le  liquide,  ensuite  à  un  autre  tube  A  qui  communique 
ivec  un  aspirateur,  enfin  à  un  thermomètre  qui  indique  la 
«npérature  intérieure.  Quand  l'aspirateur  marche,  un  courant 
l'tir  circule  diins  Téther,  y  produit  une  évaporation  et  un  re- 
W)idisseinent,  et  bientôt  la  rosée  se  dépose  sur  le  dé  d'argent, 
t^  remarquera  :  i*  que  cette  manipulation  tout  intérieure  ne 
**ngepas  Tétat  de  l'air  ambiant;  2"  que  le  dé  d'argent  très 
'"^ce  ertrès  conducteur  est  à  la  même  température  sur  ses 
deui  faces;  3®  que  le  liquide  agité  constamment  est  au  même 

(  )  ^xaoltJ  JfmaUs  de  Chimie  et  de  Physique,  3*  série,  t.  XV,  p.  139;  i845. 


aja  THERMOMÊTRIE.  —  DILATATIONS, 

degré  dans  tous  ses  points,  et  que  le  thermomètre  indique 
nécessairement  la  température  de  l'air  qui  enveloppe  la  sur- 
face du  dé;  ^°  enfin  qu'en  réglant  convenablement  le  jeu  de 


l'aspirateur  on  peut  produire  un  rerroidissement  rapide  ou  lenft 
à  volonté,  et  s'arrêter  précisément  au  momeni  où  le  voile  d^ 
rosée  se  forme. 

Avec  ces  conditions,  le  nouvel  hygromètre  possède  déjà 
sur  celui  de  Daniell  une  supériorité  marquée;  mais  il  fallait 
encore  pouvoir  saisir  avec  une  précision  plus  grande  que  pré- 
cédemment le  moment  où  la  rosée  se  dépose,  et  voici  com- 
ment on  y  parvient.  A  côté  du  dé  précédent,  on  en  Gxe  un 
id  F,  qui  est  tout  semblable,  qui  contient  lui-même  un 


HYGROMÉTRIE.  273 

mètre  pour  mesurer  la  température  de  l'àir,  mais  dans 
on  ne  met  pas  d'élher.  L'observateur  se  place  à  10" 
ï,  avec  une  lunette  G  qui  vise  les  deux  tubes  à  la  fois 
avant  l'opération ,  permet  de  constater  la  parfaite  éga- 
leur  poli.  La  lunette  doit  grossir  assez  pour  que  tous 
ûls  des  surfaces  soient  parfaitement  saisis,  et  posséder 
mp  assez  large  pour  qu'on  puisse  lire,  sans  la  déplacer, 
ipératures  des  deux  thermomètres.  A  cette  distance, 
dateur  n'exerce  aucune  influence  sur  l'air  ni  sur  les 
mètres,  et  l'aspirateur  étant  à  la  portée  de  sa  main,  il 
e  la  marche  en  manœuvrant  le  robinet,  de  façon  que 
ement  de  température  se  fasse  très  lentement  et  très 
rement.  Au  bout  d'un  certain  temps,  la  rosée  se  forme, 
ce  au  grossissement  de  la  lunette,  on  en  est  averti  aus- 
ir  la  dififérerice  d'éclat  des  deux  dés.  On  ferme  le  robi- 
instant  même  et  on  lit  la  température  f.  L'appareil  se 
ffe  ensuite,  et,  après  un  temps  très  court,  la  surface 
issante  redevenant  claire,  on  note  f,  qui  est  très  sensi- 
it  égal  à  t. 

:  un  peu  d'habileté,  avec  la  précaution  de  régler  conve- 
lent  le  jeu  de  l'aspirateur,  on  voit  souvent  la  rosée  se 
'  et  disparaître  alternativement  sans  que  Ton  puisse 
1er  aucune  variation  de  la  température;  c'est  que  les 
s  d'air  qui  arrivent  à  l'appareil  sont  alternativement  plus 
ns  chargées  de  vapeur  et  que  l'instrument  possède  toute 
sibilité  qu'il  faut  pour  manifester  ces  variations,  et  à 
rte  raison  pour  accuser  tout  changement  hygrométrique, 
me  qu'il  soit.  Bien  qu'il  exige  pendant  quelques  minutes 
ention  de  l'observateur,  l'appareil  condenseur  n'offre 
plus  de  difficullé  dans  son  emploi  continu  que  Thygro- 
de  de  Saussure  ou  le  psychromètre  ;  et  il  rachète  celte  lé- 
ifériorilé  par  tant  de  certitude  dans  les  mesures  et  tant 
sibilité  dans  les  indications,  qu'on  ne  peut  hésiter  à 
de  côté  les  méthodes  précédentes  pour  adopter  exclu- 
ant celle-ci. 
klluard  (*)  a  rendu  l'hygromètre  de  Regnauli  encore  plus 


.LOAlD,  Journal  de  Physique^  \**  série,  t.  VII,  p.  3î8  ;  1878. 
Valeur,  —  II.  1"  fasc.  18 


174 


THEHMOMÉTRIE.   -  DILATATIONS. 


précis  par  la  disposition  suivante.  Le  tube  contenant  l'élber 
porte  en  avant  une  face  plane  A  {Jig.  85)  en  argent  ou  en 
laiton  doré,  parfaitement  polie,  et  sur  laquelle  doit  apparaître 
le  dépôt  de  rosée  :  cette  Tace  plane  est  encadrée  dans  une 
lame  B  de  même  espèce  également  polie,  qui  ne  la  touche 
pas  et  qui,  n'étant  jamais  refroidie,  conserve  toujours  son  éclat. 
Le  cadre  B  remplace  avantageuseinenl 
le  deuxième  tube  de  l'appareil  tle  Re- 
gnaull,  car,  grâce  à  la  juxtaposition 
parfaite  des  deux  surfaces,  l'œil  dis- 
tingue nettement  et  à  coup  sûr  le  pre- 
mier voile  de  rosée.  La  figure  indique 
d'une  manière  suffisante  les  disposi- 
tions secondaires  de  l'appareil. 

M.  Crova  (<)   a  remarqué  que  les 
hygromèues  précédents  se  irouvenv 
quelquefois  en  défaut,  dans  des  con- 
ditions  il   est  vrai   toutes   spéciales» 
quand  le  vent  est  fort  et  l'état  hygrO" 
métrique  peu  élevé,  ce  qui  n'arri*'*" 
guère  à  Paris,  mais  que  l'on  observ"^ 
au  contraire  assez  fréquemment  dar»  ~ 
le  midi  de  la  France.  Pour  remédier    *' 
cet  inconvénient,  M,  Crova  a  eu  l'idé  ^ 
de  produire  la  condensation  de  la  va  — 
peur  d'eau  non  à  l'extérieur,  mais  *^ 
l'intérieur  de  l'hygromètre,  dans  <ie^^ 
conditions  absolument  indépendantes  de  l'étal  de  repos  ou  de^ 
mouvement  du  milieu  extérieur.  Un  tube  en  laiton  mince,  nie — ' 
kelé  et  soigneusement  poli  à  l'intérieur,  est  terme  à  sa  partitr 
antérieure  par  un  verre  dépoli  et  à  l'autre  extrémité  par  une 
loupe  à  long  foyer  qui  permet  de  voir  nettement  l'intérieur  du 
tube;  un  écran  noirci  élimine  l'influence  perturbatrice  de  la 
lumière  extérieure.   L'œil  placé  devant  la  loupe  voit  directe- 
ment le  verre  dépoli  et,  parréllexion  sur  les  parois  intérieures 


HVGllOMÊTRlË. 


275 


du  tube,  son  image,  sous  la  forme  d'une  surface  annulaire  qui 

l'entoure  immédiatement. 

Le  tube  {fig.  86)  est  fixé  dans  l'axe  d'une  botte  prismatique 
en  Uilon  remplie  de  sulfure  de  carbone  el  munie  de  deux  ro- 
binets. En  soufflant  dans  l'iniérieur  de  cette  botte,  on  produit 
un  courant  d'air  qui  barbote  dans  le  sulfure,  produit  son 
évaporalion  et  refroidit  ainsi  les  parois  métalliques  du  tube. 

Fig.  S6. 


vuand  l'air  intérieur  a  atteint  son  point  de  rosée,  le  tube  se 
^■"Dil,  des  taches  fuligineuses  se  produisent  dans  la  partie  an- 
gulaire du  champ  et  sont  rendues  très  apparentes  par  le  con- 
'faste. 

L'air  dont  on  veut  mesurer  l'étal  hygrométrique  est  aspiré 
(lu  dehors  par  un  tube  flexible  de  cuivre  ou  de  plomb  qui 
s'adapte  par  un  caoutchouc  à  une  tubulure  ;  une  seconde  tubu- 
lure reçoit  un  second  caoutchouc  en  communication  avec  une 
poire  à  soupape  que  l'observateur  lient  à  la  main  et  dont  le  jeu 


276 


THERMOMÉTRIE.  -   DILATATIONS. 


permet  d'entretenir  un  courant  d'air  dans  l'intérieur  du  tube  c 
1  hygromètre. 

Pour  se  servir  de  Tinstrument, on  doit,  en  même  temps  qu'c 
souffle  dans  le  sulfure  de  carbone  pour  le  refroidir,  entreteo 
un  courant  d'air  lent  dans  le  tube  de  Thygromètre.  Dès  que  h 
taches  apparaissent  dans  le  champ  de  vision,  on  cesse  de  n 
froidir,  mais  on  maintient  le  courant  d'air  dans  le  tube  intériei 
et  Ton  voit  bientôt  disparaître  les  taches  ;  à  cet  instant  on  1 
un  thermomètre  qui  donne  le  point  de  rosée.  La  température  c 
Tair  extérieur  s'obtient  à  l'aide  d'un  thermomètre  fronde. 

Voici  le  résultat  d'une  comparaison  des  deux  sortes  d'hj 
gromètres  à  condensation,  extéri-eure  et  intérieure,  faite  à  Mon 
pellier  par  un  vent  du  nord-ouest  assez  fort,  dont  la  vitesse 
augmenté  progressivement  pendant  la  durée  de  Texpériencc 


HEURES. 


h     m 
8.i5 

8.3o 

8.45 

9-   • 


TEMPË- 
RATCRE 

d«  Itlr. 


«94 
»9>9 
»9»7 
i9»6 


F. 


mm 
16,7 

17,3 

»7»' 
ï6,9 


POINT  DE  ROSÉE. 

CondeoRtUon 

extér. 

intér. 

0 
9»^ 

0 
9»5 

9.7 
8,3 

8,1 

10,5 

9»8 
9»5 

ÉTAT  HTGROaCn. 


La  différence  des  états  hygrométriques  indiqués  par  les  dec 
sortes  d'appareils,  nulle  au  début  de  l'expérience,  s'accenti 
et  va  en  croissant  avec  la  vitesse  du  vent. 


*—* 


LIQUÉFACTION  DES  GAZ.  277 


CHAPITRE  XL 

LIQUÉFACTION   DES    GAZ 

Procédés  employés  pour  liquéfier  les  gaz.  —  Continuité  de  Fétat  liquide 
et  de  l'état  gazeux  de  la  matière.  —  Expériences  de  Cagniard-Latour. 
—  Expériences  d' Andrews.  —  Formules  de  MM.  Van  der  Waals  el 
Oausius.  —  Évaluation  théorique  de  la  pression  de  la  vapeur  et  des 
volumes  de  la  vapeur  et  du  liquide.  —  Point  critique  de  quelques  li- 
quides. —  Liquéfaction  des  gaz  anciennement  réputés  permanents.  — 
Cas  des  mélanges. 


Nous  avons  constaté  que,  plus  une  vapeur  s'écarte  de  son 
point  de  saturation,  plus  ses  propriétés  se  rapprochent  de 
celles  d'un  gaz  parfait,  tel  que  l'air  atmosphérique  :  on  obtient 
ce  réisultat,  soit  en  échauffant  la  vapeur  sous  pression  con- 
stante, soit  en  diminuant  sa  pression  à  température  constante. 
Uestasseznaturel  de  chercher  ce  qui  adviendraitsi  l'on  soumet- 
tait un  gaz  aux  opérations  inverses  de  celles-ci,  c'est-à-dire  si 
on  le  refroidissait  et  si  on  le  comprimait  de  plus  en  plus.  Nous 
savons  déjà,  par  les  recherches  sur  la  compressibilité  et  la 
^iaiaiion  des  gaz,  que,  dans  ces  conditions,  tous   s'écartent 
^^  la  loi  de  Mariotte  et  de  la  loi  de  Gay-Lussac,  caractéristique 
^cs  gaz  parfaits  ;  mais,  à  mesure  que  l'on  a  su  réaliser  des  froids 
plus  intenses  et  qu'on  a  disposé  d'appareils  plus  puissants  pour 
comprimer  les  gaz,  on  est  parvenu  à  amener  un  plus  grand 
nombre  d*enire  eux  à  l'état  de  véritables  vapeurs  saturées  et 
par  conséquent  à  les  convertir  en  liquides  dont  les  propriétés 
ne  diffèrent  en  rien  d'essentiel  de  celles  des  liquides  précé- 
demment connus.  A  la  suite  des  recherches  classiques  de  Fa- 
•^^ay,  le  nombre  des  gaz  rebelles  à  la  liquéfaction  se  trouva  ré- 
^uità  six;  mais  ces  derniers  gaz  permanents  devaient  aussi 
céder  à  des  moyens  d'action  plus  énergiques  :  l'hydrogène  lui- 
^^nie,  le  plus  réfractaire  de  tous,  fut  amené  d'abord  par 
^-  Cailletet  à  un  état  de  condensation  caractérisé  par  la  pro- 


rie.  87- 


378  THERMOMÉTRIE.  -  DILATATIONS, 

duclion  d'un  léger  brouillard  dans  sa  masse;  il  a  enfin  été  ob- 
tenu pendant  plusieurs  secondes  en  vraies  gouttes  liquides 
coulant  à  la  surrace  du  verre,  dans  les  expériences  toutes  ré- 
centes de  MM,  von  Wroblewski  el  Olzewski. 

Dans  l'exposé  d'un  sujet  si  neuf,  il  y  a  place  pour  bien  des 
controverses  de  détail.  Les  températures  et  les  pressions  indi- 
quées comme  efficaces  pour  produire  la  liquéfaction  de  certains 
gazpourront  être  plus  ou  moins  modifiées  par  des  recherches 
ultérieures;  mais  les  résultats  généraux  sont  désormais  hors 
de  doute,  et  leur  importance  philosophique  nous  oblige  à  y  in- 
sister d'une  façon  toute  particulière.  Nous  suivrons  à  peu  près, 
dans  ce  Chapitre,  l'ordre  historique  des  découvertes. 

ntOCÉDtS  EKPLOTÉS  rOUR  uaiIÉnSB  LES  su.  —  Pour  liquéfier 
un  gaz,  on  peut  le  refroidir,  le  comprimer  ou  enfin  employer 
l'effet  combiné  d'un  refroidissement 
et  d'une  compression. 

I'  Refroidissement.—  Le  refroi- 
dissemeni  seul  suffit  à  produire  la 
liquéfaction  de  gaz,  tels  que  l'acide 
sulfureux,  le  cyanogène  el  même 
l'ammoniaque.  On  fait  l'expérience 
en  dirigeant  le  gaz  à  travers  un  tube 
en  U  {ftg.  87)  prolongé  inférieure- 
ment  par  un  ballon,  et  en  entourant 
l'appareil  d'un  mélange  réfrigérant. 
Au  bout  d'un  temps  sufTisant,  on  se- 
pare  le  ballon  pour  fermer  son  ex- 
trémité à  la  lampe,  et  te  liquide  qui 
s'est  formé  pendant  le  refroidis- 
sement peut  se  conserver  ensuite  à 
la  température  ordinaire,  si  le  verre 
où  il  est  enfermé  est  assez' épais 
pour  résister  à  la  pression  du  gaz  qui  tend  à  se  reproduire. 

a"  Pression.  —  Le  plus  souvent,  c'est  en  augmentant  la 
pression  que  l'on  produit  la  liquéfaction  des  gaz,  et  il  y  a.  un 
moyen  général  de  le  faire  sans  recourir  à  l'emploi  de'  procédés 
mécaniques.  Ce  moyen  consiste  à  enfermer,  dans  des  vases 


LIQUÉFACTION  DES  GAZ.  279 

très  résistants^  les  produits  chimiques  qui  dégagent  par  leur 
réaction  le  gaz  que  Ton  doit  étudier.  Forcé  de  s'accumuler 
dans  un  espace  restreint,  ce  gaz  y  acquiert  une  énorme  ten- 
sion, et  il  doit  arriver  nécessairement:  ou  que  le  vase  éclate, 
c'est  un  danger  auquel  on  n*a  pas  toujours  pu  se  soustraire; 
ou  que  Faction  chimique  s'arrête,  ce  qui  se  voit  quelquefois  ; 
ou  enfin  que  la  liquéfaction  ail  lieu,  ce  qui  est  le  cas  le  plus 
ordinaire*  Nou^  citerons  comme  exemple  de  ce  procédé  la 
liquéfaction  de  Tammoniaque,  que  Faraday  (*)  obtint  de  la 
manière  suivante.  Après  avoir  remarqué  que  le  chlorure  d'ar- 
gent possède  la  propriété  d'absorber  une  quantité  considérable 
d'ammoniaque  à  la  température  ordinaire  et  de  la  dégager 
quand  il  est  chauffé,  Faraday  prit  un  siphon  de  verre  épais 
{fig-  88),  fermé  à  un  bout,  ouvert  et  effilé  à  l'autre,  et  dont 
la  branche  fermée  était  remplie  de  ce 
chlorure.  Il  y  fit  arriver  de  l'ammoniaque  ^'.^  ' 

qui  s'y  condensa,  puis  il  scella  à  la  lampe 
l'extrémité  restée  ouverte,  et  il  la  plongea 
dans  un  mélange  réfrigérant,  en  même 
temps  qu'il  échauffait  le  chlorure.  L'am- 
moniaque se  dégagea  et  vint  s'accumuler  dans  la  partie  refroi- 
die, sous  la  forme  d'un  liquide  transparent.  En  revenant  en- 
suite à  la  température  ordirjaire,  le  chlorure  absorbe  le  gaz  de 
nouveau,  et  l'appareil,  préparé  une  fois  pour  toutes,  sert  à 
reproduire  la  même  expérience  toutes  les  fois  qu'on  veut  la 
»*ecommencer. 

C'est  le  même  procédé  qui  a  été  mis  en  usage  par  Thilorier  (.2)* 
pour  liquéfier  l'acide  carbonique.  1/appareil  qu'il  inventa  se 
<^ompose  d'un  cylindre  à  parois  très  épaisses  A  (/ig»  89).  A 
^'origine  on  le  faisait  en  fonte  de  fer  ;  mais,  comme  on  ne 
pouvait  répondre  de  sa  solidité,  on  l'a  fabriqué  depuis  en 
Cuivre  et  on  le  relie  extérieurement  avec  des  barres  et  des 
anneaux  de  fer  forgé.  Les  bases  étant  doublées  de  la  même 
nianière,  on  comprend  que,  si  l'enveloppe  intérieure  de  cuivre 


CypAHADAT,  Pfiitosophical  Transactions ,  i823,  et  Annales  de  Chimie  et  de 
Physique,  1"  série,l.  XXII,  p.  223;  l.  XXIV,  p.  SgG  et  4o3;  1823-2^. 
{•)  Thilorier,  V Institut j  l.  H,  i83'j,  p.  197  el  198. 


aSo  THERMOMÉTBIE.  -  DILATATIONS, 

venait  à  se  crever,  il  ne  s'y  Terail qu'une  Qssure  suffisante  [k 
laisser  échapper  le  gaz,  qui  sorlîraiL  sans  explosion  par  les 
tervalles  des  barreaux  de  fer  qui  entourent  l'appareil.  Lec< 
vercle  supérieur  est  percé  d'une  ouverture  qui  se  fernue 
un  bouchon  à  vis  B  et  qui  sert  à  introduire  dans  l'inlérieur 
substances  destinées  à  produire  le  gaz;  c'est  d'abord  du 
carbonate  de  soude  que  l'on  entasse  dans  le  fond;  ensuite 
quantité  d'acide  sulfurique  nécessaire  pour  le  décompos 


que  l'on  place  dans  un  seau  en  laiton.  Cela  fait,  on  fermi 
cylindre  et,  pour  mêler  l'acide  au  carbonate,  on  fait  tour 
*  plusieurs  fois  l'appareil  autour  d'un  axe  horizontal  CD  qui 
supporte  par  le  milieu.  La  réaction  s'opère  et,  comme  elle  él 
la  température,  on  estime  que  l'acide  carbonique  atteint  ei 
ron  80°"*  de  pression  dans  l'enceinte  où  il  se  dégage  ;  aloi 
se  liquéfie,  se  mêle  aux  matières  qui  lui  ont  donp^  naissa 
et,  si  on  veut  l'avoir  pur,  il  faut  le  distiller.  Cette  opérai 
n'est  pas  aussi  difficile  qu'elle  le  parait,  car  elle  se  fait  d'e 
même  :  il  suffit  de  réunir  par  un  conduit  de  cuivre  épais  1 
cylindre  où  s'est  produit  le  gaz  à  un  second  vase  F  eniît 
ment  semblable,  mais  plein  d'air  et  un  peu  refroidi;  et,  con; 


LIQUÉFACTION  DES  GAZ.  a8i 

l'action  chimique  a  échauffé  le  générateur,  )a  différence  de 
température  sudlt  pour  faire  distiller  dans  le  condenseur  la 
presque  totalité  de  l'acide  carbonique  liquide  :  nous  allons 
voir  comment  on  l'en  exirail. 

A  cet  effet, Thilorier  donnait  issue  dans  l'air  à  l'acide  carbo- 
nique liquide,  parle  moyen  d'un  tube  à  robinet  plongeant  dans 
50D  intérieur;  une  portion  de  ce  liquide  s'évapore,  mais  une 
autre  se  congèle  sous  forme  de  flo- 
cons blancs  qui  se  projettent  dans  l'air 
et  qu'on  peut  réunir.  Pour  cela,  Thi- 
lorier  employait  une  boite  sphérique 
qu'il  avait  le  tort  de  prendre  en  métal 
et  dans  laquelle  il  faisait  arriver  le  li- 
quide par  un  tube  tangentiel;  le  jet, 
brisé  à  l'entrée  contre  une  lame  mé- 
tallique, fournit  les  flocons  qui  tour- 
billonnent dans  la  boite  où  ils  s'agglo- 
mèrent et,  au  bout  de  peu  de  temps, 
l'imérieur  est  rempli  d'une  masse 
d'icide  solidifié  qui  a  la  consistance  et 
toute  l'apparence  de  la  neige.  Le  métal 
Mi  botte  conduisant  bien  la  chaleur, 
"ne  partie  très  importante  de  l'acide 
carbonique  devait  échapper  à  la  con- 
'Jeosallon.  Aussi  remplace-t-on  au- 
jourd'hui le  récipient  de  Thilorier  soit 
par  un  simple  sac  en  toile  dans  lequel 
M  reçoit  le  jet  et  qui,  offrant  une 

'Ks  large  surfjice  à  t'évaporatlon  du  liquide,  ne  tarde  pas  à  se 
remplir  de  neige,  ou  enfin,  par  une  boite  en  éboniie  recevant 
'ejet  par  un  tube  oblique  qui  pénètre  jusqu'au  fond  de  la 
''otie  et  laissant  échapper  par  un  autre  tube  garni  d'une  toile 
"létallique,  et  partant  du  centre,  les  gaz  non  condensés  et  l'air 
entraîné  (Jîg- y)-  Celte  dernière  disposition  a  été  réalisée 
par  M.  Ducretet  (•)- 

(')  DcciEiEi,  CompU,  reiidui  Je  fjcadcn^e  de,  Science,,  t.  X.CIX,  p.  ï33  ; 


28a  TIIERMOMÈTRIE.   -    DILATATIONS. 

La  neige  d'acide  carbonique  conduit  mal  la  chaleur  et  se 
conserve  très  longtemps  à  l'air;  si  on  la  met  en  contact  arec 
un  thermomètre,  elle  en  abaisse  la  température  vers  —  ^g'.Ce 


curpH  constitue  donc  un  e^ccellent  rérrigérant;  mais,  pour  en 
iiliinnir  le  meilleur  effet  possible,  il  convient  d'en  rendre  la 
niQNSf^pluri  conductrice  en  l'imprégnant  d'éther(i):  le  mercure 

nélhyle,  liquide  qui   bout  k  —  i3*  et  qu'on 


LIQUÉFACTION  DES  GAZ.  a83 

îs  rapidement  au  conlacl  de  ce  mélange.  Nous  ne 
à  voir  quel  parti  en  ont  tiré  Faraday  le  premier 
a  plupart  des  physiciens  qui  ont  cherché  à  con- 
\  permanents. 

de  revenir  à  l^étude  des  procédés  de  compression 
is  sommes  un  instant  écartés.  Remarquons  qu'il 
ossible  de  recourir  à  des  pompes  foulantes  toutes 
m  veut  liquéfier  un  gaz.  Une  disposition  analogue 
été  employée  par  Pouillet  {voir  t.  I,  loi  de  Ma- 
ticulièrement  convenable,  car  on  peut  atteindre 
sions  extrêmement  grandes  et  en  même  temps 
Bssion,  puisque  l'appareil  porte  deux  lubes,  dont 
rempli  d'air  et  servir  de  manomètre;  nous  ver- 
'usage  qu'en  ont  fait  MM.  Andrews  et  Amagat. 
ent  ainsi  que  des  quantités  fort  petites  de  liquide, 
it  en  étudier  les  propriétés,  on  emploie  d'autres 
ni  lesquels  celui  qui  a  été  construit  par  M.  Blanchi 
*  liquéfier  le  proloxyde  d'azote  est  Tun  des  pre- 
.  Il  a  pour  organe  essentiel  une  pompe  foulante 
•nt  le  piston,  qui  est  fort  petit,  se  meut  par  l'in- 
'une  bielle  C,  dirigée  par  les  glissières  verti- 
2vant  le  mouvement  d'une  manivelle  à  volant  A. 
)uise  le  gaz  bien  desséché  et  bien  pur  dans  des 
ïsl  emmagasiné  et  le  chasse  dans  le  réservoir  G. 
rmé  d'une  première  enveloppe  de  cuivre  mince, 
e  chemise  en  fer  forgé  et  foré,  capable  de  résister 
essions  que  l'on  peut  mécaniquement  produire 
3.  Une  soupape  permet  au  gaz  de  s'y  introduire 
sliquide  de  sortir;  enfin  une  ouverture  étroite, 
par  la  pression  d'un  bouchon  à  vis  que  l'on  voit 
lisse  échapper  le  liquide  quand  le  réservoir  est 
rné,  et  que  Ton  desserre  la  vis  Pour  empêcher 
nenis,  on  entoure  la  pompe  d'un  manchon  où 
d'eau  et  le  réservoir  d'un  seau  F  qui  contient  de 
rrive  aisément  à  remplir  le  réservoir  du  liquide 
là  condensation  du  gaz. 

îprésente,  dans  ses  dispositions  essentielles,  un 
icoup   plus    parfait,    construit    récemment  par 


184  THEIIMOMÉTRIE.   -  DILATATIONS. 

M.  Cailleiei  (  '  )  ^>  l^i  permet  de  produire  ei  d'emmag 

peu  de  temps  une  quantité  considérabJe  d'acide  carbc 

de  protoxyde  d'azole  liquides. 
Le  travail  développé  par  une  machine  motrice  ou  sii 

par  un  homme  est  transmis  par  des  dispositions  mé 
convenables  à  la  tige  d' 
^^'  3°'  plongeur  A,  recouvert 

cure  qui  se  meut  dans  u 
métallique  B  extrêmem 
tant.  Le  gaz  que  l'on  vei 
mer  est  aspiré  par  le  ti 
robinet  d'acier  K,  plat 
tube,  est  ouvert  ou  fei 
oiatiquement  en  temps 
le  jeu  de  deux  cames. 

Le  gaz  comprimé  di 
lindre  B,  pendant  i'asci 
piston,  acquiert  bientôi 
sion  sulTisante  pour  sol 
soupape  S  d'ébonite.  Il 
doit  par  un  tube  T  a 
soudé  un  tube  de  cuivr 
dans  le  récipient  où  il 
cumuler.  Ce  récipient, 
pas  représenté  sur  la  t 
iormé  de  tubes métalliqi 
en  faisceaux  et  comn 
entre  eux  :  leur  capa< 
est  de  4'''>  et  leur  résis 
pression  beaucoup  pU 
que  celle  que  pourrait 
réservoir  unique  de  r 
lume  intérieur.  Grâce  à 
position,   on   peut  ret 

conserver  sans  danger  des  gaz  liquéfiés  ou  non  et  sou 

pressions  de  plusieurs  centaines  d'atmosphères. 


{ '  )  CikiLLETET,  Journal  de  Pkjriique,  a*  ai 


>.  J49;  iSSi. 


LIQUÉFACTION  DES  GAZ.  a85 

En  effet,  les  liquides  résultant  de  la  condensation  des  gaz 
ne  se  conservent  à  cet  étal  qu'à  la  faveur  d'une  pression  éner- 
gkjaeet,  quand  on  les  enferme  dans  des  récipients,  c'est  une 
portion  de  leur  masse  redevenue  gazeuse  qui  comprime  la 
partie  restée  liquide  et  qui  la  maintient  à  cet  état.  Aussitôt  que 
l'on  ouvre  les  vases,  le  gaz  s'échappe  très  bruyamment,  et  le 
liquide,  ramené  tout  à  coup  à  la  pression  atmosphérique,  com- 
mence et  continue  à  bouillir  activement. 

3*  Refroidissement  et  pression.  —  Faraday  a  produit  un 
refroidissement  très  intense  à  l'aide  d'acide  carboniqtie  solide 

Fie.  93. 


fendu  conducteur  de  la  chaleur  par  son  mélange  avec  de  l'é- 
iher,  dont  on  peut  encore  activer  l'évaporaiion  en  le  plaçant 
dans  le  vide  de  la  machine  pneumatique.  L'illustre  phj'sicien 
anglais  soumit  un  grand  nombre  de  gaz  à  ce  refroidisse- 
ment intense,  en  les  comprimant  en  même  temps  à  l'aide  de 
pompes  foulantes;  la  première  puisait  le  gaz  dans  un  récipient 
à  la  pression  ordinaire  et  le  condensait  jusqu'à  lo"*  environ^ 
la  deuxième,  qui  était  plus  petite,  recevait  le  gaz  de  la  pre- 


2i8G 


THERMOMÉTRIE.   —  DILATATIONS. 


mière,  Famenail  à  5o"'°»  ei  le  faisait  pénétrer  par  le  tube  AI 
{Jig.  93)  dans  un  réservoir  en  verre  CD  où  la  liquéfaction  devî 
se  produire.  Le  tube  abducteur  ABC  pénétrait  par  une  botte 
étoupe  fi  dans  la  cloche  de  la  machine  pneumatique,  où  \\ 
pouvait  rélever  ou  rabaisser.  On  mesurait  la  pression  p 
un  manomètre  divisé  D,  composé  d'un  simple  tube  de  ver 
capillaire  rempli  d'air,  fermé  par  un  bout  et  bouché  à  Faut 
par  un  index  de  mercure.  Le  mélange  réfrigérant  était  coi 
tenu  dans  un  vase  sous  la  cloche  :  on  y  plongeait  le  réserve 
pour  le  refroidir;  on  le  soulevait  doucement  pour  observ 
et  Ton  mesurait  la  température  par  un  thermomètre  à  alcoc 
Faraday  (* )  put  ainsi  liquéfier  tous  les  gaz  connus,  excep 
l'oxygène,  l'azote,  l'hydrogène,  l'oxyde  de  carbone,  le  bioxyt 
d'azote  et  l'hydrogène  protocarboné  ou  gaz  des  marais,  qui  01 
été  considérés  comme  permanents  jusqu'à  ces  dernières  ai 
nées.  Les  pressions  sous  lesquelles  se  produisait  la  liquéfac 
tion  étaient  indiquées  par  le  petit  manomètre  à  air  comprim 
que  l'on  aperçoit  sur  la  figure.  Ces  pressions  représentent  1 
force  élastique  maximum  de  vapeur  du  liquide  obtenu  à  i 
température  à  laquelle  est  réalisée  l'expérience.  Voici  les  prin 
cipaux  résultais  obtenus  par  Faraday. 


TEMPÉRA- 

__.. 

PR 

E8SI0XS    EM 

ATMOSPnÊRES. 

TURE. 

Gts 

oléflant. 

Acide 
carbonique. 

Protox]rdo 
d'axote 

Acide 
chlorhy- 
drique. 

Hydn 

sQlfurc 

vffène 
ancnié 

0 

-   87,2 

// 

tf 

1,0 

Il 

it 

n 

-    73,3 

9.3 

1,8 

1,8 

1,8 

1,0 

m 

-  56,7 

12,5 

5,3 

4,1 

4,0 

1,6 

I,» 

-  40,0 

17,0 

11,1 

8.7 

7»7 

2,9 

2,3 

-  38,9 

21, a 

16,3 

i3,3 

10,9 

4,2 

3,5 

—  12,2 

3i,7 

26,8 

22,9 

»7'7 

7,2 

6,2 

-     ï»i 

42,5 

37,2 

3i,  1 

25,3 

9,9 

8»7 

+   44 

// 

n 

II 

3o,7 

11,8 

10,0 

(')  Faraday,  Philosophical  Transactions,  i84'»;  le  Mémoire  de  Faraday  » 
traduit  dans  les  Annales  de  Chimie  et  de  Physique,  3*  série,  t.  XV,  p.  ^57;  18! 


LIQUÉFACTION  DES  GAZ. 


Î187 


PRESSIONS  EX   ATMOSPHÈRES. 

TEMPÉBATURE. 

Acide  sulfareux. 

CycnogèDi. 

Ammoniaqae. 

0 
—    18,0 

0,7 

1,3 

0,5 

0,0 

1,5 

3,4 

4.4 

1 

+   4,4 

1,8 

a, 8 

5,0 

1 

-h  3a, 0 

4,3 

6,1 

11,0 

-+-  38, 0 

5,1             1              7,3 

// 

À  son  tour  Regnault  a  établi  que  la  formule 

logF  =  o  -hfca^-hcP' 

des  forces  élastiques  maxima  s'applique  aux  gaz  qu'il  a  étu- 
diées, entre  autres  Tammoniaque,  l'acide  sulfhydrîque,  le  prot 
oxyde  d'azote  et  Facide  carbonique.  Ainsi  la  démarcation  précise 
qui  paraissait  autrefois  exister  entre  les  gaz  et  les  vapeurs 
s'efface  progressivement,  à  mesure  que  nous  avançons  davan- 
^ge  dans  notre  étude. 

GORmiTÉ  DE  L'ÉTAT  UaUIDE  ET  DE  L'ÉTAT  ftAZEUX  DE  LA  KA- 
VttlIE.—  EXPÉBŒHGESDE  GAGHIABD-LATOUR.  —  Après  avoir  reconnu 
parce  qui  précède  que  la  plupart  des  gaz  sont  liquéfiables  et  pos- 
sèdent toutes  les  propriétés  des  vapeurs,  il  restait  à  savoir  si  une 
tapeur  peut  toujours  être  amenée  à  l'état  liquide,  quelle  que 
soilla  température,  parle  simple  accroissement  delà  pression 
qu'elle  subit.  Cette  question  a  donné  lieu  à  des  recherches  du 
plus  haut  intérêt.  Leurs  résultats  ont  servi  de  guide  à  tous  les 
physiciens  qui,  dans  ces  dernières  années,  ont  réuni  leurs  efforts 
pour  restreindre  le  plus  possible  le  nombre  des  gaz  réfraclaires 
^la  liquéfaction. 

Il  est  évident  a  priori  qu'en  employant  une  pression  toujours 
croissante  on  arrivera,  quelle  que  soit  la  loi  de  compressibililé 
^u  gaz  ou  de  la  vapeur  que  l'on  étudie,  à  réduire  son  volume  à 
Une  fraction  très  minime  du  volume  primitif  et  par  conséquent 


(')  Regnault,   Relation  îles  expériences,  etc.,   l.  Il,  p.  533,  et  Mémoires  Je 
^''fcadémie  des  Sciences,  t.  XXVI. 


,  288  THERMOMÉTRIE.  —  DILATATIONS. 

à  rendre  sa  densité  très  grande  et  comparable  à  celle  des  li- 
quides communs.  Par  exemple,  M.  Cailletet  (  ^  )  a  comprimé  de 
Tair  jusque  vers  700°^™,  à  la  température  de  i5<»,  et  le  gaz  s'est 
trouvé  réduit  à  moins  de  4^0  fois  son  volume  primitif:  sa  den- 
sité par  rapport  à  Feau  était  donc  égale  à  0,6  environ,  et  il  n*esl 
pas  douteux  qu'on  ne  puisse  aller  plus  loin.  Or,  dans  les  expé- 
riences de  ce  genre,  exécutées  à  la  température  ordinaire  sur 
des  gaz  réputés  permanents,  il  a  toujours  été  impossible  de 
manifester,  pour  une  valeur  quelconque  de  la  pression,  une 
diminution  brusque  du  volume,  telle  que  celle  qui  accompagne 
la  liquéfaction  d'une  vapeur. 

D'autre  part,  on  se  souvient  (p.  5^)  que  les  recherches  de 
Drion,  confirmant  l'observation  de  Thilorier,  ont  établi  que  les 
liquides  surchauffés  (ou,  ce  qui  revient  au  même,  les  gaz  liqaé- 
Qés)  présentent  un  coefficient  de  dilatation  qui  atteint  etpa^ 
fois  dépasse  celui  des  gaz.  Ainsi,  dans  des  conditions  spéciales 
de  pression,  les  gaz  peuvent  acquérir,  par  une  gradation  con- 
tinue, la  densité  des  liquides  et  les  liquides  la  dilatation  des 
gaz.  £xiste-t-il  entre  un  liquide  et  sa  vapeur,  tels  que  nous 
sommes  habitués  à  les  considérer,  une  série  continue  d'inter- 
médiaires, par  lesquels  le  changement  d'état  s'efTectuerait, 
sans  transition  brusque,  d'un  corps  évidemment  liquide  à  un 
corps  certainement  gazeux,  ou  bien  y  a-t-il  discontinuité  ma- 
nifeste entre  les  deux  états?  C'est  en  vue  d'obtenir  la  réponse 
à  cette  question  qu'ont  été  effectuées  les  expériences  sui- 
vantes. 

Cagniard-Lalour(2)  employait,  dès  1822,  un  tube  recourbé 
ab  ijig'  94)  fermé  à  ses  deux  extrémités  et  renfermant  du  mer- 
cure.  La  branche  étroite  b,  qui  est  divisée  en  parties  d'égale 
capacité,  contient  de  l'air  et  constitue  un  véritable  manomètre 
à  air  comprimé;  la  branche  large  a,  divisée  aussi,  contient,  au- 
dessus  du  mercure,  une  certaine  quantité  du  liquide  qu'on 
étudie. 

On  plonge  la  branche  a  dans  un  bain-marie  à  température 


(')  Cailletet,  Comptes  rendus  de  l'Académie  des  Sciences j  t.  LXX,  p.  ii3'* 
(')  Cagmiard-Latodr,  Annales  de  Chimie  et  de  Phjrsique,  a*  série,  t.  X^*' 
p.  137  et  178,  et  t.  XXU,  p.  4 10. 


LiyUÉFACTlON  DES  GAZ. 
ronvenabie.  Dès  que  la  force  élastique  maximum  d 
:st  supérieure  à  celle  de  l'air  en  6,  le  liquide  émet 
es  vapeurs  et  le  mercure  est  refoulé  dans  la 
ranche  &  jusqu'à  ce  que  la  pression  de  l'air  ait 
::quis  une  valeur  suRisante.  En  conlinuant  à 
^auFTer  la  branche  a,  l'espace  occupé  par  la 
ipeur  au-dessus  du  liquide  augmente;  mais 
ientôt  toute  irace  de  démarcation  entre  deux 
ïiiches  fluides  différentes,  le  liquide  et  sa  va- 
eur,  disparaît,  et  la  branche  a  ne  contient  plus 
u'un  fluide  homogène.  Le  liquide  a  éprouvé 
ne  vaporisation  toiale,  dans  un  espace  exces- 
ivement  restreint,  compris  entre  2  et  5  Tois  son 
olume  primitif.  A  ce  moment  on  connaît  la 
«mpéralure  du  bain  et  le  manomètre  donne  une 
valeur  approchée  de  la  pression.  Voici  les  résul- 
tats obtenus  par  Cagniard-Latour. 


!  la  vapeur 

Fig.  •)',. 


u 


1 

™.m*T.«E      !          rM...o-< 

.  »tal  du  l14.IJr 

faher 

|ll««.l 

Sulfure  dK>-.,rhn„... 

■Jj«                   71 

s         ! 

1      1 

Rpion  (')  a  fait  des  observations  anulogucs  sur  l'étherclilor- 
Mrique  et  l'acide  sulfureux  liquicfe. 

Les  expériences  de  Cagniard-Lalour  et  de  Drion  semblent 
lionc  établir  qu'à  une  température  suffisamment  élevée  toute 
distinction  entre  un  liquide  et  sa  vapeur  disparaît,  qu'en  tout 
Us  cette  vapeur  et  ce  liquide  ne  se  distinguent  plus  par  leur 
<lensitê  ni  par  leur  aspect,  et  que  l'emploi  de  la  pression  seule 
est  impuissant  pour  produire,  à  haute  température,  une  sépara- 
lion  analogueà  celle  que  nous  avons  habitude  d'obtenir  quand 


f  ,lt  Phj-ii'i 


t,  ,T  ! 


,  t.  Lvi,  p.  : 


290  THERMOMÉTRIE.  —  DILATATIONS. 

nous  liquéOons  11/16  vapeur.  Mais  ces  expériences  sont  encore 
complexes,  elle  phénomène  a  été  analysé  d*une manière  plus 
nette  par  M.  Andrews.  Ce  physicien  s*est  attaché  à  étudier  U 
compressibilité  de  Facide  carbonique  sous  de  très  hautes  pres- 
sions et  à  une  série  de  températures  bien  déterminées. 

EXPÉBIEirCES  D'AIMUBWS  (  *  ).  —  11  introduisait  le  gaz  à  étudier 
dans  un  tube  formé  de  trois  parties  :  la  première  avait  i"",aS 
de  diamètre,  la  seconde  !i"**",5o,  la  troisième  était  ca|dllaire. 
Après  avoir  fait  passer  pendant  un  temps  convenable  un  cou- 
rant continu  de  gaz,  il  fermait  à  la  lampe  rextrémité  capiOaire, 
puis  il  introduisait  par  l'autre  extrémité  un  index  de» aeieare 
qui  devait  servir  d'indicateur.  L'appareil  était  alon  aris  en 
ccMpmunication  avec  une  machine  de  compression. JLaynirion 
éuilt  évaluée  par  la  marche  de  Tindex  de  mercure  duHWKtabf 
semblable  au  premier,  mais  rempli  d*air  atmosphérifati. 

Voici  les  résultats  que  Tacide  carbonique  to\MTfàtkM^  An- 
drews. La  température  étant  i3<>,i,  si  la  pression  aagnieDteyle 
volume  diminue;  sous  la  pression  de  48*'*»8g,  la  llqaéhetion 
commence.  On  observe  alors  une  brusque  diminution  de  vo-* 
lume,  comme  l'indique  la^g".  gS;  puis,  la  pression  continuant 
à  augmenter,  le  liquide  se  comprime,  d'abord  beaucoup  plus 
que  les  liquides  ordinaires,  mais  sa  compressibilité  diminue 
avec  la  pression.  A  21'',  5  la  liquéfaction  ne  commence  qu'à 
61**°",  et  la  chute  de  volume  est  moins  grande;  dans  ces  deuc 
cas,  la  ligne  de  démarcation  entre  le  gaz  et  le  liquide  est  par- 
faitement nette.  Mais,  si  Ton  élève  la  température  jusqu'à  3i%i, 
on  voit,  à  mesure  que  la  pression  augmente,  la  surface  de  sé- 
paration devenir  indécise,  perdre  sa  courbure,  puis  dispa- 
raître complètement;  la  capacité  de  l'appareil  est  alors  remplie 
par  un  fluide  homogène  qui  manifeste,  lorsqu'on  diminue  brus- 
quement la  pression  ou  qu'on  abaisse  légèrement  la  tempé- 
rature, des  apparences  de  stries  mobiles,  ondoyant  au  travers 
de  la  masse  tout  entière.  Au-dessus  de  3i<»,  i,  par  exemple,  à 
3^'',5  et  à  SS^'yS,  la  chute  de  volume  diminue  encore  et  se  fait 


(')  Andrews,  Annales  de  Chimie  et  de  Physique,  }•  série,  t.  XX!,  p.  îio8,  et 
Philosopkical  Transactions,  p«  n  î  1S69. 


l.lOUÉK.iCTIO.N   DES  GAZ.  ayl 

rtfln  plus  d'une  manié le  brusque,  mais  graduellement,  à  mesure 
rjue  l'on  Tail  crotlre  la  pression  ;  enfin  a  48°,  i  elle  n  comiiléie- 
ment  disparu  :  la  courbe  prësejite  alors  la  même  forme  que 
celles  que  l'on  a  représentées  en  lignes  ponctuées  et  qui  se 
rupporieni  à  l'air  almospbériqui?;  mais  la  conlraciion  est  pins 

fde  qu'elle  ne  l'auruii  éié  si  la  loi  de  Uariolte  s'était  trouvi-r 
icsbie  à  celte  température. 


Kii  rf siinu',  II-  [i!n-iiHiiii'iie  de  l:i  lii|i]t'riH.Uoii  de  l'acide  eai- 
Wiique.  tel  que  nous  sommes  babiluésà  le  considérer,  peut 
•'  produire  au-dessous,  non  au-dessus  de  Si".  Pour  liqucOcr 
'III  gttï,  d  n'est  diiiic  pas  iadillérent  de  le  comprimer  à  une 
i^'iipérature  quelconque.  Oes  exiiériences  faites  sur  lucide 
'^rbonique  à  roo"  et  dans  lesquelles  on  aurait  employé  ks 
(iriîsaons  les  plus  énergiques  auraient  montré  ce  gaz  aussi  re- 
''•■Ile  à  la  liquéfaction  que  le  sont  l'oxygène  ou  l'uzole  à  lii 
>«Bpérature  ordinaire  :  elles  auraient  fait  classer  l'acide  car- 
Ifnique  parmi  les  gaz  permanents. 

Toute  dcioarcaiion  essentielle  disparaît  donc  entre  les  deiiv 
'';>i'ees  dc(;az  permanenisou  non  ou,  ce  qui  revient  au  même. 
e  Ich  gaz  et  les  vapeurs.  Au-dessus  d'une  certaine  tempé- 

^re  critique,  ijui  pour  l'acide  carbonique  est  de  31°,  i, qui 
r  les  vapeurs  étudiées  par  Cagniard-Latour  sera  très  supé- 


gtga  THERMOxMÊTRIE.  -  DILATATIONS. 

Heure  à  loo®,  etirès  inférieure  ào  pour  les  gaz  considérés  pai 
Faraday  comme  permanents, la  liquéfaction  sera  impossible; elV 
se  produira,  au-dessous  de  celte  température,  sous  des  près 
sions  d'autant  plus  faibles  que  la  température  sera  plusbass< 

rOBKULES  DE  MM.  TAH  DEB  WAAL8  ET  CLAUSIUS.  —  Est-il  possib 
de  représenter  par  une  formule  générale  la  loi  de  compress 
bilité  de  Tacide  carbonique,  telle  qu'elle  résulte  des  expérienci 
de  M.  Andrews?  La  première  chose  à  faire  pour  y  parvenir  e 
d'interpréter  analy tiquement  la  discontinuité  ofrerte,au-dessoi 
du  point  critique,  par  les  courbes  de  compressibilité  et  q 
correspond  au  phénomène  physique  de  la  liquéfaction.  ( 
phénomène  doit  être  envisagé  comme  le  passage  brusque  d'u 
état  d'équilibre  à  un  autre^  ces  deux  états  se  trouvant  l'un  i 
l'autre  stables^  à  la  même  température.  M.  J.  Thomson  ( 
a  suggéré  que  les  courbes  publiées  par  M.  Andrews  pou; 
raient  être  complétées,  au-dessous  du  point  critique,  coniir 
l'indique  la  fig,  96,  dans  laquelle,  conformément  aux  habitude 
de  la  Thermodynamique  (et  contrairement  à  ce  qu'avait  fa 
M.  Andrews),  on  a  pris  pour  abscisses  les  volumes  et  poi 
ordonnées  les  pressions.  On  peut  concevoir  en  effet  que  I 
passage  du  volume  et  de  la  densité  caractéristiques  de  l'eu 
de  vapeur  saturée  à  ceux  qui  correspondent  au  liquide  en  coi 
tact  avec  cette  vapeur  s'opère  le  long  de  la  courbe  d'une  mr 
nicre  continue  :  il  suffit  pour  cela  d'admettre  que  les  partie 
pointillécs  correspondent  à  un  troisième  mode  d'équilibre  d 
fluide  qui  n'est  ni  l'état  liquide  ni  l'étal  gazeux,  el  qui  ne  pei 
être  réalisé  i^hyslquement  parce  qu^ il  est  instahle.  A  la  favei 
de  celte  h\7)0!hèse,  la  représentation  adoptée  par  M.  Thomso 
devient  équivalente  au  tracé  graphique  qui  représenle  les  es 
périences  réelles. 

Cela  posé,  on  peut  cherchera  relier  par  une  même  fonctio 
continue  le  volume,  la  pression  et  la  température  du  fluiii 
compressible  que  l'on  considère,  sans  s'inquiéter  du  phénomct 
discontinu  de  la  liquéfaction.  Celte  fonclion  doit  être  tel 
qu'elle  se  confonde  à  la  limite  avec  colle  qui  exprime  la  loi  ( 

(')  J.  TiiOMSoîi,  Proceedings  of  the  Royal  S  octet jr  of  Loftdon,  iiov.   1871. 


LIQUÉFACTION  DES  GAZ.  agS 

Mariotte  quand  on  suppose  que  la  température  et  le  volume 
croissent  indéfiniment. 

ATexemple  de  M.  Hirn  (*),  désignons  par  i^  le  volume  propre 
des  molécules  ou  coçolume,  par  p  une  quantité  qui  dépend 
des  actions  réciproques  de  ces  molécules,  qu'on  appellera 

Fie.  gr». 


&.. 


éS 


'-'$ 


pression  intérieure  et  dont  nous  préciserons  la  signification 
"mécanique  dans  une  autre  partie  de  cet  Ouvrage  {^).  Posons, 
pour  abréger  l'écrilure, 

formule  dans  laquelle  /  représente  la  lempérature  centigrade, 
*ïe  coefficient  de  dilatation  des  gaz.  A  la  loi  de  Mariotte 

(2)  PV  '-  :  HT, 

^3ns  laquelle  R  est  une  constante,  on  pourra  essayer  de  sub- 
siiluerla  loi  représentée  par  la  formule 

(^)  •         (P-4-/7)(V--r)^-RT. 


(')  Hii^j,   Thcorie  mécanique  de  la  Chaleur^  3*  éd.;  t.  U,  p.  3ii. 

^^)  roir  le  Chapitre  de  la  Théorie  des  gaz  dans  le  a*  fasciculedo  ce  Volume. 


29Î  THERMOMÉTRIE.   ~  DILATATIONS. 

Le  covolume  if  est  une  constante.  Quant  à  la  pression  inté- 
rieure/?, elle  doit  tendre  vers  zéro  quand  le  volume  croît  indé- 
finiment. M.  Van  der  Waais  (*  )  a  été  amené,  par  des  considé- 
rations théoriques  que  nous  apprécierons  plus  tard,  à  poser 

(4)  P  =  ^,i 

cest  une  constante.  Les  expériences  de  M.  Andrews  ont  fourni 

à  M.  Van  der  Waals  un  précieux  terme  de  comparaison.  Il  en 

a  déduit  les  valeurs  des  constantes  R,  i^  et  c,  en  prenant  pour 

unité  de  pression  la  pression  atmosphérique  et  pour  unité  de 

volume  celui  que  possède  le  gaz  à  la  température  de  o*C.  el 

sous  la  pression  atmosphérique. 

Il  trouve 

R  =:  o,oo3686, 

ç  =  •»,0023, 
C=z  0,00874» 

Toutefois,  d'après  M.  Van  der  Waals  lui-même,  la  formule 
conduit  à  des  résultats  qui  diffèrent  de  ceux  de  Texpérience 
quand  le  volume  occupé  par  l'acide  carbonique  devient  extrê- 
mement petit. 
M.  Clausius  (^)  pose 

(■')  ^  =  T(V^.3T«' 

c  et  (3  étant  deux  conslanies. 

En  adoptant  les  mêmes  unités  que  M.  Van  der  Waals,  il 
trouve,  pour  représenter  les  expériences  de  M.  Andrews, 

R  —  o,oo3G88, 
(,'  z=z  0,000843, 
c  =  2,093'», 
(3  =  0,000977. 


(•)  Vas  der  Waals,  Over  de  continuiteit  van  den  gas  en  'vloiestoftoeitand 
Leiden,  p.  56;  1873.  Le  Mémoire  de  M.  Van  der  Waals  a  été  traduit  en  alle- 
mand par  M.  Roth,  et  analysé  dans  les  Beiblàtter^  t.  1,  p.  11  ;  1877. 

C)  Clal'Sics,  Annales  de  Wiedemann,  t.  IX,  p.  337  ;  1880.  Ce  Mémoire  a  él* 
analysé  dans  le  Journal  de  Pkjrsique,  i"  série,  t.  X,  p.  36. 


LIQUÉFACTION  DES  GAZ.  296 

On  doit  à  M.  Amagat  (  *  )  des  recherches  très  étendues  sur  la 
compressibilité  de  divers  gaz,  exécutées  par  les  procédés  qui 
omélé  indiqués  dans  le  tome  I  de  cet  Ouvrage.  M.  Sarrau  (2)  a 
calculé,  par  la  formule  de  M.  Clausius,  les  expériences  de 
lii.  Amagat  et  trouvé  que,  pour  tous  les  gaz  étudiés,  ces  expé- 
rience sont  bien  représentées  en  faisant 

R  =  o,oo3663, 

et  donnant  aux  autres  constantes  les  valeurs  inscrites  dans  le 
Tableau  suivant  : 

Ca*.  V.  c.  y. 

Hydrogène 0,000887  o,o55i  — o,ooo43o 

Azote o, 001359  0,4464  -f-o, 000263 

Oxygène o ,  000890  0,5475  -4-0 ,  000686 

Formène 0,001091  0,9295  -f-o, 000840 

Acide  carbonique ....  o ,  000866  2 ,  092  -\-o ,  000949 

Elbylène 0,000967  2,688  --0,001919 

Les  valeurs  de  c  et  p  relatives  aux  gaz  permanents,  et 
surtout  à  l'hydrogène,  ne  peuvent  évidemment  être  déduites 
<Jes  expériences  de  M.  Amagat  que  d'une  manière  incertaine. 
Mais, pour  l'acide  carbonique  en  particulier,  leurs  valeurs  sont 
presque  identiques  à  celles  qui,  d'après  M.  Clausius,  repré- 
sentent les  expériences  de  M.  Andrews.  On  remarquera  que  les 
[  <^ovoIumes  diffèrent  peu  pour  les  différents  gaz  et,  si  l'on  tient 
compte  de  l'incertitude  des  déterminations  de  ce  genre,  on  se 
'ïemandera  peut-être  s'ils  ne  seraientpasrigoureusemeniégaux. 
^  est  surtout  la  valeur  de  c  qui  caractérise,  pour  les  divers  gaz, 
'es  écarts  qu'ils  présentent  par  rapport  à  la  loi  de  Mariotte  :  très 
faible  pour  l'hydrogène,  elle  est  déjà  notable  pour  l'oxygène  et 
'azote et  très  grande  pour  Tacide  carbonique  et  le  formène. 

Quand  on  a  déterminé  les  constantes  de  la  formule  de 
"Van  der  Waals  ou  de  M.  Clausius  (3),  on  peut  en  déduire 

'  )  Amagat,  Annales  de  Chimie  et  de  Physique^  5"  série,  l.  XIX,  p.  343  ;  et 
'  ^XllI,  p.  353;  Journal  de  Physique,  2*  série,  t.  1,  p.  470. 
^  )  SiRKAC,  Comptes  rendus  des  séances  de  V  Académie  des  Sciences  y  t.  XCIV, 
P-%8i8et  8;5;  1882. 
'  )  Cucfius,  loc.  cit. 


aoô  THERMOMÉTRIE.     -   DILATATIONS. 

les  valeurs  de  la  température,  du  volume  et  de  la  pression  cri- 
tiques. £n  efTet,  M.  Clausius  a  démontré,  en  s'appuyant  sur 
les  principes  de  la  Thermodynamique,  que  les  aires  interceptées 
par  la  droite  de  liquéfaction  sur  la  courbe  représentée  parles 
équations  (3)  et  (5),  et  de  part  et  d'autre  de  cette  droite,  sont 
égales.  Au  point  critique  elles  s'annulent,  et  par  conséquent 
la  courbe  présente  un  point  d'inflexion  où  la  tangente  est  ho- 
rizontale. On  a  donc 


(  "  1  -îîrs  —  «• 


Ces  conditions,  jointes  aux  équations  (3)  et  (>)  donnent 
pour  les  quantités  critiques,  les  valeurs 

(8)  V,=  3t'H-2p, 

.1  1 


9 


^^'  -"^-{^{ff^^^^'-î 


a 


(lO)  P^rr    6"^"(cR)«(i'-l-.3)"^. 

Les  calculs  effectués  sur  ces  bases  doimeront  des  résultats» 
d'autant  plus  incertains  qu'ils  supposent  une  extrapolation 
plus  étendue,  c'est-à-dire  que  les  températures  critiques  se 
trouveront  plus  éloignées  de  celles  qui  ont  été  effectivemenl 
obtenues  dans  les  expériences  de  M.  Amagat.  Ces  expériences 
ayant  été  réalisées  à  la  température  ordinaire,  les  résultats  du 
calcul  n'auront  de  valeur  réelle  que  pour  l'acide  carbonique  ei 
l'élhyléne  ;  pour  les  autres  gaz,  ils  ne  fourniront  qu'une  simple 
indication.  Voici  ces  résultats,  tels  qu'ils  ont  été  publiés  par 
M.  Sarrau. 

Gaz.  te  Pc  Vf 

o  alm 

Hydrogène    —174,^  98,9  0,001801 

Azole — 123,8  4^;i  o,oo4<>o3 

Oxygène —  io5,4  48,7  .       o,oo4o|-ji 

Formène -  75,7  46,8»  0,004953 

Acide  carbonique .. .  -     32,o  77,0  0,004496 

Éihylène -      i,5  43,5  0,006739 


LIQUÉFACTION  DES  GAZ.  «97 

sait  que  l'éthylène  a  été  liquéfié  par  Faraday  à  l^I  sous 
;sion  de  43*^"S^;  que,  d*autre  part,  les  observations  di- 
de  H.  Andrews  fiKent  à  Bf^^g?.  la  température  critique 
Ide  carbonique  et  donnent  pour  la  pression  critique  un 
e  compris  entre  75**"  et  77«t™  :  ce  sont  là  des  vérillcations 
]uables.  D*autres  expériences  »  dont  nous  rendrons 
e  dans  la  suite  de  ce  Chapitre,  nous  permettront  de  cou- 
les indications  moins  certaines  relatives  aux  autres  gaz 
)leau. 

.VATIOI  THËOBiaUB  DE  LA  PRE88I0I  DE  LA  TAFEUB  ETDE8  TO- 
DE  LA  YAVEBR  ET  DU  UaUIDE  (  <  )•  —  La  formule 


[^^ÎTV^^]^'^-^ 


p  I 


e  par  M.  Clausius,  n'est  qu'une  forme  particulière  d'une 
n  plus  générale 

V^_  _i I     _ 

RT""  V-t'       e(V-f-(3)2' 

lésigne  une  fonction  de  la  température. 

0c  la  valecf  numérique  de  cette  fonction  au  point  cri- 

et  supposons  que 

iL  —  5.  — / 

¥r   ~  T«  ' 

it  b  étant  des  constantes.  Il  suffît  de  faire  n  =  if  b  =  o 
etrouver  la  formule  (i). 

gnons  par  ^  et  o*  les  volumes  spécifîques  d'une  vapeur 
on  liquide  à  la  même  température.  Les  expériences  con- 
ie  Regnault  (2)  sur  Téther,  effectuées  entre  —  20"  et 

.ACtii'8,  ff'ied.  Annal. ^  l.  XIV,  p.  879  et  692,  et  Journal  de  Phjrtique, 
t.  I,  p.  378. 
oir  p.  2 '16. 


298  THERMOMÊTRIE.   —  DILATATIONS. 

-hi2o",  ei  d'autres  expériences  de  M.  Sajolchewsky  (*)qui 
s'élendenl  depuis  100°  jusqu'à  la  température  critique  de  Téther 
fixée  par  ce  physicien  à  190°,  fournissent  une  série  complète 
de  valeurs  de  ïjà  force  élastique  maximum  de  la  vapeur  de  ce 
liquide;  M.  Clausius  essaye  de  lui  appliquer  les  formules  (2) 
et  (3). 

En  désignant  par  F  la  force  élastique  tnaximum  de  la  vapeur 
d'éther  saturée,  les  volumes  de  la  vapeur  et  du  liquide  doivent, 
d'après  Téquation  (1),  obéir  aux  deux  relations 

(4)      "  ■ 


A  ces  équations  M.  Clausius  en  joint  une  autre,  fournie  par 
Tapplication  des  principes  de  la  Théorie  mécanique  de  la  cha- 
leur,  et  qui  est 

(5)         iJ.p  (5~  0-)=:lOg ^  -»  - 


F 

Les  équations  (4)  et  (5)  déterminent  ^p^i  (x  —  r  et  ^  —  v' 

Kl 

pour  chaque  valeur  de  6,  et  par  suite  pour  chaque  valeur  de 
la  température. 

La  température  et  la  pression  critiques  sont  connues  pour 
réther  et  les  valeurs  T^,  Pc  sont 

Tc=     4-  Ic^-  273» 4-  190%     Pc—  36»^'", 9; 

quant  à  la  constante  R,  relative  à  un  gaz  ou  aune  vapeur  quel- 
conque considérée  comme  un  gaz  parfait,  elle  varie  en  raison 
inverse  du  poids  spécifique;  et  puisque  sa  valeur  est  connue 
pour  Tair,  elle  se  trouve  également  déterminée  pour  tous  ces 
corps.  M.  Clausius  pose  en  outre 

a  =  2665,     fc==- 0,76786,     71=^1,19233 

et  trouve,  par  un  calcul  approprié, 

i;  rr:  O,  00 1  1 876,       (3  =  0,  OO06476  ; 
(')  Sajotscbewski,  Beiblàtter,  t.  III,  p.  7^1;  1879. 


LIQUÉFACTION  DES  GAZ.  299 

les  valeurs  calculées  de  F  concordent  presque  rigoureusemeni 
avec  les  yaleurs  observées,  comme  on  peut  s'en  convaincre 
par  le  Tableau  suivant.  Les  deux  dernières  colonnes  donnent 
les  valeurs  calculées  de  s  et  de  o*. 


20. 

io. 

60. 
80. 

100. 
120. 

I4O. 
160. 
180. 
190. 


F  cale. 

F  ob». 

DilTcrenr^. 

s. 

d. 

0,0881 

0,0907 

-  0,0026 

3,182 

o,ooi3i8 

0,^4^7 

0,2426 

-i  0,0001 

1,238 

o,ooi356 

0,572 

0,569 

--  (),003 

0,5562 

0,001 402 

1,195 

1,193 

-0,002 

0,2793 

0,001455 

2,a65 

2,270 

— o,oo5 

0,1 524 

0,001 520 

3,978 

3,977 

--0,001 

o,o8883 

0,001600 

6,557 

6,549 

0,008 

0,05417 

0,001702 

IO,!17 

10,28 

-0,01 

o,o34o8 

0,001837 

i5,4i 

i5,42 

-  -0,01 

0,02175 

0 , oo2o3o 

2a,  3  J 

22,34 

—  i),OI 

0,01373 

0,002355 

3i,4i 

3i,56 

— (),i5 

0,008016 

0 , 00298a 

36,90 

36,90 

0 

0,004558 

0, 004558 

M.  Clausius  propose  pourTeau 

a=  J2IO,    fc=ro,85,     71  =  1,24. 

Comme  données  complémenlaires,  remplaçant  la  tempéra- 
ture criiique  et  la  pression  critique  qui  sont  inconnues,  on  se 
donne  la  température  (100**)  correspondant  à  la  pression  de 
'*"">  ei  l'on  arrive  encore  à  déterminer  i'  et  (3 

r  =  0,000754,     (3  =  o,ooi8i5. 

Les  résultats  du  calcul  sont  consignés  dans  le  Tableau  sui- 
vant : 


0. 
20. 
\o. 
60. 
80. 

'00. 
'20. 


F  cale. 

F  ob« 

niff 

s. 

0,00574 

0 , ooGo  5 

o,ooo3i 

2!6,6 

0,09.248 

0,02288 

OjOOOJO 

59, 3o 

0,07183 

0,07225 

0,00042 

19,81 

0,1956 

0,1958 

0 , 0002 

7,725 

0^4665 

0,4666 

0 , 0002 

3,422 

1 ,000 

1 ,000 

0 , 000 I 

1,667 

1,962 

1 ,960 

—0,002 

0,8927 

3,571 

3,569 

— (»,002 

o,5o85 

6,106 

6,118 

0,012 

0 , 3o6o 

3oo  THEKMOMÉTUIE.   --  DILATATIONS. 

/.  F  calr.  F  obs.  Diff.  s. 

u 

i8o 9,907  9^92^  «»oi5  0,19: 

200 '^î^j  i5,35  — 0,02  0,12' 

220 ^2,97  22,88  -0,09  0,08! 

240 33,23                  >•  )•  o,o5] 

260 16,73                  »'  »'  o,o3< 

280 f>4,i5                   »»  »  0,02( 

3oo 86,27                   »  »  0,01; 

320 II 3, 9                     «  »  0,01 

332,32 i34,i                     »  >•  0,00! 

La  lempéralure  et  la  pression  criliques  données  par  1 
mule  sont  respecllvement  332*», 32  ei  i34**"St. 

FOm  CRITiaUE  DE  aUELaUES  UaUIDIiS.  —  Le  Tableau  si 
indique  les  lempéraiures  elles  pressions  criliques  publiée 
divers  expérimenlaleurs  el  relalives  à  des  liquides  1res  v( 
et  à  des  gaz  aisémenl  liquéfiables. 

Substances.  Trmp.  rrii.  Pre.^s.  crit.  Ob«erratrnr» 

Acide  carbonique 3 1,9  77  Andrews. 

Hydrure  d'élhyle 35  4^,2  Dewar(*). 

Protoxyde  d'azote 35,4  75  id. 

Acétylène 3;  68  id. 

Acide  chiorhydriqiie. . .       52,3  86  id. 

Acide  sulfhydrique. ...  100,2  92  id. 

(Cyanogène 12Î  61,7  id. 

Ammoniaque 1 3()  1 1 5  id. 

Chlore i  î  i  83 ,9  id. 

Acide  sulfureux 1 5 1 , 4  78 , 9  Sajotchewsl 

Chlorure  d'élhyle 182,6  52,6  id. 

fther  .  *  '^"^  ^^'^  '^• 

/   195,5  40  Ramsay  (^ 

Amylène »9î,6  33,9  Devvar. 

Diéthylamine 220  38 ,7  Sajotchews 

Acétate  de  méthylc. ..  .     229,8  57,6  id. 


(')  Dewar,  Philosophical  Magazine,  5*  série,  t.  XVUI,  p.  ai'i*,  i8 
nombres  publiés^  par  M.  Dewar  sont  probablement  de  diverses  origine 

(^)  Sajotcoewsky,  Beiblàttert  t.  UI,  p.  7.51. 

(^)  Rams.vy,  Proceedings  of  the  Rojral  Society ^  t.  XXXI,  p.  19^,  etJou 
Physique,  i"  série,  t.  X,  p.  îao. 


LIQUÉFACTION  DES  GAZ. 


Soi 


ttnces.  Temp.  cril. 

thyle 23o 

'lique 232,76 

232 , 8 

\  234,3 
(  235 

»yle 239,8 

I  urnes  (^gaux  \     , 

îctdether.  j  ""^^'^ 

2G0 

,  \  271,8 

arbonc . , . .  \ 

i  277,5 

J  280,6 
/  291,7 


jdine  {^)  a  cru  pouvoir  énoncer  la  loi  suivante  :  i**  les 
res  criliques  des  corps  honiologues  diffèrent  de  leur 
re  d'ébullilion  sous  la  pression  atmosphérique  d*une 
ni  est  conslanle  dans  uneniême  série;  les  corps iso- 
isseni  à  une  loi  analogue.  A  Tappui  de  celte  propo- 
ublie  le  Tableau  suivant,  que  nous  croyons  devoir 


Prew.  crît. 

ObBervateurc. 

48,7 

id. 

72,85 

Hannay  (  '  ). 

52,2 

Sajotchewsky. 

62,1 

id. 

66,78 

Hannay. 

42,6 

Sajotchewskv . 

48 

Ramsay. 

54,9 

Sajotchewsiiy. 

74,7 

id. 

95,85 

Hannav. 

'»9,5 

Sajotchewskv. 

60,5 

Ramsay. 

s  dos  Corps 
I 


O II»  o 


(?IIM) 


\ 

normal  ) 
que       i 

!èneCIlH:i2 / 

3  CMlH:r» 


MI«0 

normal  CMI*^0. 


Temporalure 

lipbullit 

ion. 

critique. 

niff/'rrrir  ». 

0 

0 

Il 

t 

78 , 3 

T 

^  234,3 

/     -  t'           101  ,() 

(     -    - 

•23,6 

'f^' 

-.  129,6 

T-r    i(>4-: 

l 

97^3 

'  25  1,2 

/'-/'         8(k7. 

1 

II, I 

'B^  ' 

■'  «^7,7 

T—  r        86,  ) 

t 

41, 1 

-245,2 

T,-^  /        -20^.1 

l   — 

85,1 

^289,3 

T  —  /          2(>4,2 

/ 

6,0 

■  ï5o,7 

T-/      rxi,: 

35,0 

T 

--  19^6 

T       /     :  i56.6 

78,3 

T 

^  234 , 3 

T_  /    .  ,56,o 

/ 

97.3 

T 

-25i,2 

T        /       i56,9 

107,2 

1 

•■  265,0 

T—  /        157^^ 

!  CM1">0 / 


ITION  DES  GAZ  DITS  PEBHANENTS,  —  Quand  un  gaz  est 
s  de  sa  température  critique,  on  peut  le  liquéfier 


,    Proceedings   of  the  Rojal  Society ^  t.  WXIII,  p.  2<j^|  (i88'j),  ol 

hysiqucy  2*  série,  t.  I,  p.  378. 

INE,  Journal  de  P/i].u'f/ue,  1*  scrie,  t.  III,  p.  '|55;   i885. 


3o2  THERMOMÉTRIE.  —  DILATATIONS. 

par  l'emploi  de  la  pression  seule»  comme  on  le  fait  pourTacide 
carbonique  au-dessous  de  3i®,  tandis  qu'au-dessus  de  cepoioi 
le  refroidissement  seul  est  effîcace.  On  a  vu  comment  remploi 
combiné  d'une  pression  de  ioo*"°  et  d'une  température  de 
—  I  io<*  avait  permis  à  Faraday  de  liquéfler  tous  les  gaz  connus, 
à  l'exception  de  l'hydrogène,  de  l'azote,  de  l'oxygène, de  l'oxyde 
de  carbone^  du  bioxyde  d'azote  et  du  protocarbure  d'hydro- 
gène. Nous  allons  rendre  compte  des  travaux  qui  ont  fait  dis- 
paraître les  dernières  exceptions.  Ils  sont  dus  à  M.  Cailletel(*), 
à  M.  Pictet  (^),  el  à  MM.  von  Wroblewski  et  Olzewski  (»). 

La  méthode  employée  par  M.  Pictet  est,  en  principe,  celle 
de  Faraday.  Supposons  qu'il  s'agisse  de  liq uéfier  l'oxygène.  Oo 
introduit  dans  un  obus  en  fer  forgé  une  quantité  sufQsantede 
chlorate  de  potasse  que  Ton  chauffe  à  la  température  corne- 
nable  pour  en  opérer  la  décomposition  et  dégager  l'oxygène. 
La  cavité  de  l'obus  communique  avec  un  tube  d'acier  très 
résistant,  que  Ton  refroidit,  à  l'aide  d'un  bain  d'acide  carbo' 
nique  liquide  au-dessus  duquel  on  fait  le  vide.  L'acide  carbo^ 
nique  lui-même  a  été  préalablement  refroidi  en  traversant  de^ 
tubes  à  acide  sulfureux  liquide,  dans  lesquels  on  fait  aussi  1^ 
vide.  La  température  de  l'acide  sulfureux  descend  vers  —70^^ 
celle  de  l'acide  carbonique  vers  —  i3o«.  La  liquéfaction  d^ 
l'oxygène  se  produit,  à  cette  dernière  température,  sous  un^ 
pression  de  273***'". 

Comme  on  connaît  le  poids  de  l'oxygène  dégagé  par  le  chk>^ 
rate  de  potasse  et  le  volume  minimum  auquel  on  l'a  réduit, 
on  peut  déduire  des  expériences  la  densité  à  laquelle  a  été 


(')  Cailletët,  Annales  de  Chimie  el  de  Phjrsùjuey  h*  série,  l.  XV,  p.  i32; 
1878. 
(')  Pictet   (Raoul),  Annales   de  Chimie  et  de  Phjrsique,   5*  série,  t. Ttill. 

p.  1^5  ;  1878. 

(')  V\'roiilewski  et  Olzewski,  Wied.  Ann.,  t.  XX,  p.  îp;  Annales  de  Chimie 
et  de  Phjsique,  6*  série,  1. 1,  p.  ii3;  Journal  de  Phjrsique,  a*  série,  t.  Il,  p.  485; 
Comptes  rendus  des  séances  de  l'Académie  des  Sciences,  t.  XCVI,  p.  ii4o  el 
12^5;  i883. —  Wboblewsh,  Comptes  rendus  des  séances  de  l'Aemd.  des  Seieuees, 
l.  XCVII,  p.  166,  3o9  et  i553;  t.  XCVUI,  p.  3oi  et  982;  t.  XCÏX,  p.  i36,  et 
Journal  de  Physique,  2«  série,  t.  111,  p.  93  ;  1884.  ~  Olxew»»i,  Comptes  rendus 
des  séances  de  l'Académie  des  Sciences,  t.  XCVIII,  p.  365  et  91$;  t.  XGIX, 
p.  i33  et  184. 


LIQUÉFACTION  DES  GAZ.  3o3 

amené  l'oxygène  liquide.  M.  Pictei  a  trouvé  ainsi  D  =  0,9787  (*  ) . 
M.  Dumas  avait  depuis  longtemps  émis  Topinion  que  Toxygène, 
dont  le  poids  atomique  est  la  moitié  de  celui  du  soufre,  aurait 
à  rétat  liquide  ou  solide  une  densité  sensiblement  égale  à  la 
moitié  de  celle  de  ce  corps,  c'est-à-dire  voisine  de  Tunité.  Il  est 
intéressant  de  remarquer  que  les  calculs  de  M.  Sarrau  condui- 
sent à  un  résultat  presque  identique.  En  effet,  la  densité,  par 
rapport  à  Teau,  de  l'oxygène  à  la  pression  atmosphérique  est 
0,00143  ;  la  densité  mesurée  par  M.  Pictet  se  rapporte  à  la  tem- 
pérature de  —1 10"  et  à  la  pression  de  470**°*'  La  formule  de 
M.  Sarrau  donne,  pour  la  valeur  correspondante  du  volume, 
V  =  0,001 36;  la  densité  doit  donc  être 

0,00143     ^ 
0,001 36 

H.  Pictet  a  eu  recours  pour  Thydrogène  à  la  même  dispo- 
sition expérimentale  qui  lui  avait  servi  pour  l'oxygène.  Il  rem- 
place le  chlorate  de  potasse  par  un  mélange  de  formiate  de  po- 
lisse et  de  potasse  caustique,  qui  se  décompose  sous  l'influence 
de  la  chaleur  en  donnant  de  l'hydrogène  pur,  et  il  refroidit  le 
tube  condensateur,  non  plus  dans  l'acide  carbonique,  mais 
dans  le  protoxyde  d'azote  liquide;  voici  les  résultats  qu'il  a 
énoncés.  Comme  ils  ne  paraissent  pas  d'accord  avec  ceux  qui 
ont  été  obtenus  depuis  par  d'autres  expérimentateurs,  il  con- 
vient de  ne  les  accepter  qu'avec  une  certaine  réserve.  La  li- 
quéfaction de  l'hydrogène  se  serait  produite  à  une  température 
de  —  i4o»et  sous  une  pression  deôSo»*";  l'hydrogène  aurait 
i^ême  été  solidifié  dans  les  conditions  suivantes  :  quand  la  li- 
quéfaction est  obtenue,  on  desserre  une  vis  d'acier  placée  à 
l'^mrémité  du  tube  condensateur  ;  on  livre  ainsi  passage  au  li- 
<iuide,  qui,  violemment  projeté  à  l'extérieur  par  la  pression  de 
^^  partie  demeurée  gazeuse,  se  refroidit  encore  en  s'évaporant 
Partiellement.  M.  Pictet  dit  avoir  obtenu  un  jet  opaque,  couleur 
bleu  d'acier  et  entendu  sur  le  sol,  un  crépitement  rappelant  le 
sonde  grenaille  projetée  à  terre  et  que  l'auteur  attribue  à  l'hy- 

(  '  )  Det  expériences  plus  récentes  de  MM.  Wroblewski  et  Oliewski  ont  donné 
0  =  0,899. 


Si,\  TIIERMOMÈTRrE.  -   UILATATIUNS.  ' 

drogèrie  solidifié.  Il  esi  à  craindre  que,  sur  ce 
M.  Piclel  n'ail  été  viclime  de  linéique  illusion. 

M.  Pieiel  a  préparé  desquamités  reloliveinom  irès  consiî 
râbles  d'oxygène  liquide.  M.  I^ailleiei  opère,  au  coniraîre,  n 
iino  très  petite  masse  de  gaz.  qu'il  n'est  plus  nécessaire  del 
froidir  arliOciellemeril.  Sa  méthode,  enlièremenl  nouvellf!,  | 
d'une  extrême  simplicité. 

Le  gaz  est  enfermé  dans  le  tube  pn  vene  A  {fig.  ()-)  <lcl4 
pareil  précédemment  dctril  (  '  ). 

Pour  friirc^   une  expérience,  on  a  soin  d'onloiij 


capillaire  du  réservoir  a  gaz  d'un  tube  coiileuant  de 
Troide,  placé  lui-même  dans  une  cloche  ouverte  par  ! 


{')T.  1-,  ■"  htf.. 


LIQUÉFACTION  DES  GAZ.  3o5 

Celle  disposiiion  a  pour  objel  de  mainlenir  le  gaz  à  la  lempéra- 
lure  ambiante  el  de  garantir  rexpérimentaleur  contre  la  rup- 
ture possible  de  l'appareil. 

Si  Ton  a  rempli  le  tube  A  d'acide  carbonique^  on  peut  aisé- 
ment liquéfier  ce  gaz  à  la  température  ordinaire;  on  n'y  par- 
vient pas  au-dessus  de  3i®  et  l'on  peut  ainsi  vérifier  com- 
modément les  résultats  des  expériences  de  M.  Andrews. 
M.  Caiiletet  a  liquéfié  sans  difficulté  l'acétylène  et  le  bioxyde 
d'azote,  que  l'on  considérait  comme  permanents  ;  mais^  pour 
ce  dernier  gaz»  dont  la  température  critique  est  probablement 
voisine  de  o%  il  a  dû  opérer  à  —  1 1". 

Pour  les  gaz  comme  l'oxygène  ou  l'oxyde  de  carbone,  dont 
le  point  critique  correspond  à  une  température  très  basse, 
on  n'obtient  pas  de  trace  de  liquide  à  o^,  même  en  amenant  la 
pression  à  5oo''*">;  mais,  si  l'on  attend  que  la  chaleur  produite 
par  la  compression  se  soit  dissipée  dans  le  liquide  qui  envi- 
ronne le  tube  et  qu'on  ouvre  brusquement  le  robinet  à  vis  de 
la  presse  hydraulique,  on  produit  une  décompression  subite, 
un  brouillard  plus  ou  moins  intense  apparaît  dans  le  tube  et 
se  dissipe  au  bout  de  quelques  instants. 

Voici  ce  qui  s'est  produit  dans  cette  expérience  :  le  gaz  se 
refroidit  par  son  expansion  brusque,  descend  au-dessous  de 
son  point  critique,  et  alors  il  se  liquéfie  sous  la  pression  mé- 
diocre à  laquelle  il  se  trouve  encore  soumis;  mais,  la  dé- 
lente continuant,  la  pression  ne  tarde  pas  à  devenir  trop 
Taible  pour  maintenir  à  l'état  liquide  le  gaz,  qui,  d'ailleurs, 
se  réchauffe  au  contact  des  objets  ambiants  :  pour  ces  deux 
causes  le  brouillard  ne  persiste  pas.  Il  est  très  fugitif  avec 
l'azote  et  surtout  l'hydrogène,  mais  M.  Caiiletet  affirme  qu'il 
se  produit  et  d'une  façon  non  douteuse;  dans  les  expériences 
de  M.  Caiiletet,  tous  les  gaz  considérés  jadis  comme  perma- 
nents ont  été  obtenus  à  l'état  liquide,  tout  au  moins  pendant 
un  instant  très  court. 

En  i883,  MM.  von  Wroblewski  et  Olzewski  ont  fait  un  pas 
de  plus  :  ils  ont  obtenu  l'oxygène,  l'oxyde  de  carbone  et  l'azote 
à  l'état  de  liquides  statiques.  L'appareil  de  compression  qu'ils 
emploient  est  celui  de  M.  Caiiletet.  Le  tube  q  contenant  le  gaz 
à  liquéfier  (^îg*.  98)  se  recourbe  en  dehors  du  réservoir  de 

J.,  Chaleur.  —  II.  i"  fasc.  20 


3o6 


THBRHOHËTRIE.  —  DILATATIONS. 


compression,  son  extrémité  fermée  plonge  dans  une  éprou- 
velte  s  où  arrive  de  i'élhylène  liquide  préalablement  refroidi,  el 
dont  on  abaisse  encore  la  température  en  faisant  le  vide  daas 
réprouvette  suivant  la  méthode  de  Faraday.  Un  thermomètre t 
à  hydrogène  donne  la  température.  L'éthylène  a  été  liquéfié 


«l'avance  en  quanUté  considérable;  il  est  contenu  dans  un  ré- 
servoir X  entouré  d'un  mélange  de  glace  et  de  sel.  L'n  tube 
capillaire  de  cuivre  w  part  du  fond  de  x,  s'enroule  en  serpentin 
dans  un  vase  b  et  aboutit  à  la  partie  supérieure  de  s.  Quand 
on  veut  faire  une  expérience,  on  remplit  b  d'un«  pâte  d'acide 
carbonique  solide  el  d'éther,  et  l'on  ouvre  un  Fobineto';  l'éthy» 


LIQUÉFACTION  DES  GAZ.  807 

ène  liquide  circule  dans  le  vase  ft'  où  il  se  refroidit  vers  —  1 00*» 
X  vient  entourer  l'extrémité  du  tube  q.  Une  machine  pneu- 
matique de  Bianchi  permet  de  faire  le  vide  au-dessus  de 
éthylène  par  l'intermédiaire  du  tube  de  plomb  i^.  Dans  ces 
onditîonSy  le  thermomètre  à  hydrogène  indique  une  lempé- 
aiure  de  —  i36**;  le  sulfure  de  carbone,  Talcool,  le  chlorure 
le  phosphore,  introduits  dans  Téprouvette  Sy  se  solidifient  im- 
nédiatement.  Comme  les  thermomètres  employés  par  la  plupart 
les  expérimentateurs  étaient  constitués  par  ces  substances, 
4M.  Wroblewski  et  OIzewski  pensent  avoir  ainsi  produit  une 
empérature  notablement  inférieure  aux  plus  bassestempé- 
atures  obtenues  auparavant. 

Pour  liquéfier  Toxygène  à  —  i36«,  il  suffit  d'une  pression 
l'une  vingtaine  d'atmosphères  :  ce  gaz  peut  d'aiUeurs  être  li- 
luéfié  à  des  températures  moins  basses.  M.  Wroblewski  fixe 
;a  température  critique  à  —  i  iS"»,  sa  pression  critique  à  5o*'™. 
^s  nombres  ne  s'écartent  pas  extraordinairement  de  ceux 
lui  résultent  des  calculs  de  M.  Sarrau  (p.  296). 

L*azote  et  l'oxyde  de  carbone  sont  beaucoup  plus  difficiles 
I  liquéfier  que  l'oxygène;  à  la  température  de  —  i36°,  on  ne 
les  obtient  à  l'état  liquide  qu'en  ayant  recours  à  la  détente. 
Si  l'on  comprime  ces  gaz  à  i5o*'™,  environ,  et  qu'on  pro- 
voque une  détente  brusque,  on  obtient  une  ébullition  violente, 
plus  forte  pour  l'azote  que  pour  l'oxyde  de  carbone;  mais,  si 
la  diminution  de  pression  est  progressive  et  qu'on  main- 
tienne la  pression  au-dessus  de  5o"'™,  on  voit  se  former  un 
ménisque  très  net  :  le  liquide  produit  s'évapore  d'ailleurs  très 
rapidement.  L'azote  et  l'oxyde  de  carbone  liquides  sont  in- 
colores. 

Puisque  l'oxygène  se  prête  à  une  liquéfaction  relativement 
facile,  il  est  assez  naturel  de  le  substituer  comme  réfrigérant 
à  l'éthylène.  C'est  ce  qu'ont  fait,  chacun  de  leur  côté  et  avec  un 
égal  succès,  M.  Wroblewski  et  M.  OIzewski.  Les  résultats 
qu'ils  ont  obtenus,  bien  que  n'étant  pas  identiques,  se  con- 
firment cependant  assez  par  leur  ensemble,  pour  qu'il  nous 
suffise  de  rapporter  ici  ceux  de  M.  Wroblewski. 

Au-dessous  de  —  i36°,  ce  savant  a  pensé  qu'on  ne  pouvait 
plus  avoir  confiance  aux  indications  du  thermomètre  à  hydro- 


3o8  THERMOMÉTKIE.  -  DILATATIONS. 

gène.  Il  est  certain,  en  effet,  qu'au  voisinage  de  son  point  cri- 
tique, ce  gaz  doit,  comme  les  autres,  s'écarter  beaucoup  des  lois 
de  Mariotte  et  de  Gay-Lussac,  et  que  le  calcul  des  tempéra- 
tures, fondé  sur  Tobservation  des  volumes  de  ce  gaz,  perd  la  si- 
gnification théorique  que  nous  serons  conduits  à  lui  attribuer 
plus  tard,  à  propos  de  Téchelle  absolue  (*).  Les  températures 
marquées  par  le  thermomètre  à  hydrogène  n'ont  plus  d'autre  va- 
leur que  celle  de  repères,  comme  ceux  que  fournit  l'observa- 
tion d'un  thermomètre  à  liquide  de  dilatation  inconnue.  Toute- 
fois il  n'est  pas  aisé  d'obtenir  de  mesure  plus  certaine  de  la 
température.  M.  Wroblewski  mesure  la  force  électromotrice 
thermo-électrique  d'un  couple  métallique  aux  diverses  tempé- 
ratures comprises  entre  —  1 3o«  et  —  1 33*»  du  thermomètre  a  hy- 
drogène, et  emploie  ces  observations  au  calcul  d*une  formule 
empirique  reliant  la  force  électromotrice  à  la  température.  Il 
se  contente  ensuite  d'observer  la  force  électromotrice  du 
couple  et  il  en  déduit  la  température  à  l'aide  de  la  fonnulei 
c'est-à-dire  par  une  extrapolation  d'autant  plus  douteuse  que 
la  température  à  mesurer  est  elle-même  plus  basse. 

L'oxygène  liquide  bouta  —  i84''sous  la  pression  atmosphé- 
rique; en  évaporant  ce  gaz  dans  le  vide,  la  température  baisse 
au-dessous  de  —  200^.  Ces  températures  sont  suffisamment 
basses  pour  permettre  la  liquéfaction  de  l'azote,  de  l'air  atmo- 
sphérique et  de  l'oxyde  de  carbone  et  même  la  solidification 
de  l'azote.  Pour  ces  diverses  expériences,  voici  comment  il 
convient  d'opérer. 

Le  gaz  sur  lequel  on  expérimente  est  d'abord  comprimé  à 
jQQatm  environ  dans  un  récipient  métallique;  on  l'amène 
dans  un  tube  de  verre  fermé  par  un  bout  et  plongeant 
dans  l'oxygène  liquide.  On  provoque  la  détente  de  l'oxygène 
et  le  froid  produit  est  assez  intense  pour  liquéfler  le  gaz.  Rien 
n'empêche  ensuite  d'interrompre  la  communication  du  tube 
avec  le  réservoir  et  de  l'ouvrir  dans  l'atmosphère  :  le  liquide 
obtenu  entre  alors  en  ébullition  et  sa  température  s'abaisse  à 
— 186«  pour  l'oxyde  de  carbone,  — 192°,^  pour  l'air  et  — 194*»3 


('  )  /'o/>,  dans  le  3*  fosciculo  de  ce  Volume,  le  Chapitre  consacré  au  principe 
de  Carnot. 


LIQUÉFACTION  DES  GAZ.  809 

pourTazote.  En  évaporant  ces  gaz  dans  le  vide,  la  température 
descend  au-dessous  de  —200*»,  comme  avec  Foxygène. 

L'azote  solide  a  été  obtenu  par  une  brusque  détente  de  Ta- 
zote,  comprimé  et  refroidi  dans  Toxygène  liquide;  il  donne 
des  cristaux  d*apparence  neigeuse  et  de  dimensions  remar- 
quables. 

QuantàThydrogènCy  il  n'a  pu  être  liquéfié  qu'en  le  compri- 
mant à  ioo*^'^9  et  usant  d'une  brusque  détente  à  la  plus 
basse  température  qu'on  ait  pu  produire  par  le  moyen  de 
l'oxygène  ou  de  Tazote  liquides.  MM.  Wroblewski  etOlzewski 
s'accordent  à  dire  que  c'est  un  liquide  incolore  et  de  très 
faible  densité  :  il  ne  rappelle  en  rien  le  métal  entrevu  par 
H.  PIctet. 

Le  Tableau  suivant  indique  les  températures  et  les  pressions 
critiques  des  gaz  difGcilement  liquéflables  : 

Températare 

critiqae.         Preseion  crittqae. 

o  atm 

Oxygène —112  5o  Wroblewski. 

Azote —146  35  Olzevvski. 

Formène —  73  56,8  Wroblewski. 

Cr^5  dernier  gaz,  relativement  facile  à  liquéfier,  bout  entre  — 155" 
ec.  — 160®  sous  la  pression  de  l'atmosphère  :  il  peut  donc,  dans 
^*^n  des  cas,  être  utilement  substitué  à  l'oxygène  comme  ré- 
^■^i  Cérant. 

UauiFACnOH  des  MÉLAHGES  gazeux.  —  On  peut  définir  le  point 
lique  la  température  où  un  liquide  et  sa  vapeur  saturée 
tla  même  densité.  Après  avoir  vérifié  que  cette  définition 
nduit  à  des  résultais  exacts  pour  les  gaz  simples,  M.  Ja- 
n  (*)  s'en  est  servi  pour  expliquer  un  certain  nombre  de  parli- 
larités  signalées  par  M.  Andrews  et  surtout  par  M.  Cailletel  et 
Natives  à  la  compressibilité  et  au  point  critique  des  mélanges. 

31.  Cailletet  fil  en  1880  (2)  Texpérience  suivante.  Ayantcom- 


'  )  Javix,  Journal  de  Physique ,,  2»  série,  l.  Il,  p.  889  ;  i883. 

*)  Cailletet,    Comptes  rendus  des  séances  de  V Académie  des    Sciences, 

C,  p.  aïo;  18S0. 


3io  THERMOMÉTRIE.  -  DILATATIONS. 

primé  dans  son  appareil  un  mélange  formé  de  i  partie  d*air  ^^ 
de  5  parties  d'acide  carbonique.  M.  Cailietet  vit  d*abord  cede**^ 
nier  gaz  prendre  Fétat  liquide  sous  une  pression  moyenne  ^ 
puis,  sans  changer  la  température,  mais  en  élevant  la  pressios^ 
jusqu'à  i5o»'™  ou  200»*™,  il  vit  le  liquide  formé  disparaître  er» 
totalité  :  on  dirait  que  l'augmentation  de  pression  fait  naîtra 
un  point  critique  comme  l'élévation  de  la  température»  ce  qu« 
n'est  guère  admissible.  Voici  comment  on  peut  se  rendrez 
compte  de  ce  curieux  phénomène. 

Par  une  pression  moyenne,  l'acide  carbonique  atteint  son 
point  de  condensation  et  se  liquéfie  partiellement  d'abord.  Si 
Ton  continue  de  réduire  le  volume,  la  pression  de  l'acide  car— 
bonique  n'augmente  plus,  puisqu'elle  avait  déjà  atteint  son 
maximum,  mais  celle  de  l'air  continue  décroître  indéfiniment» 
et  avec  elle  la  densité  totale  de  l'atmosphère  gazeuse.  Cette 
densité  devient  égale  à  celle  du  liquide  déjà  formé,  qui  alors 
ne  reste  plus  au  fond  du  vase,  mais  se  répand  dans  l'atmo- 
sphère tout  entière,  ayant  perdu  tout   son  poids  suivant  le 
principe  d'Archimède. 

Pour  soumettre  la  théorie  de  M.  Jamin  au  contrôle  de  l'ex- 
périence, M.  Cailietet  a  fait  deux  mélanges  contenant  5^«* 
d'acide  carbonique  contre  i^**  d'air  pour  le  premier  et  d'hy- 
drogène pour  le  second.  Dans  les  deux  cas,  il  a  obtenu  la  li- 
quéfaction de  l'acide  carbonique  sous  des  pressions  moyennes 
et  sa  disparition  totale  avec  des  compressions  plus  puissantes; 
dans  les  deux  cas,  le  ménisque  s'effaçait  d'abord  :  c'était  le 
moment  où  les  densités  du  liquide  et  de  l'atmosphère  deve- 
naient égales;  ensuite  le  liquide  disparaissait,  et,  conformé- 
ment  à  la  théorie,  il  disparaissait  à  des  pressions  très  diffé- 
rentes et  bien  plus  considérables  pour  le  mélange  d'hydrogène 
que  pour  le  mélange  d'air. 

Voici  les  résultats  de  M.  Cailietet,  ramenés,  par  une  con- 
struction graphique,  aux  mêmes  températures.  On  verra  qu'à 
•xo'  il  faut  plus  de  200»*'"  pour  l'hydrogène  ;  il  n'en  faut  que  100 
pour  l'air. 


LIQUÉFACTION  DES  GAZ.  3ic 


PreMton  de  dUparltion 

pour  Iw  mélanges 
d'tolde  ctrboniqae  et 


d'hydrogène. 


A  Taide  de  ces  expériences,  qui  seront  certainement  conti- 
allées,  il  sera  facile  d'établir  une  comparaison  entre  les  densités 
^e  l'air  et  de  Thydrogène  à  diverses  températures  et  sous  une 
^éme  pression. 

Lorsque  le  mélange  est  moins  riche  en  acide  carbonique, 
Af .  Cailletet  et,  avant  lui,  M.  Andrews  avaient  remarqué  que 
'a  liquéfaction  de  ce  gaz  est  toujours  retardée  et  quelquefois 
impossible.  En  effet,  quand  par  la  pression  on  ramène  le  vo- 
lume total  au  dixième  ou  au  centième,  les  deux  gaz  éprouvent 
la  même  réduction,  mais  non  pas  la  même  augmentation  de 
pression  :  celle  de  l'air  se  multiplie  par  lo  ou  loo;  celle  de 
l*acide  carbonique  augmente  moins  rapidement,  puisque  la  loi 
de  Mariotte  ne  s'applique  plus.  De  là  un  retard  de  liquéfaction  ; 
et  quand  enfm  Tacide  carbonique  a  atteint  son  maximum  de 
tension  et  qu'il  passe  à  l'étal  liquide,  sa  densité  peut  être  de- 
venue égale  et  quelquefois  inférieure  à  celle  de  l'atmosphère 
superposée.  Dans  ce  cas  il  s'y  mêle,  il  y  nage  ;  on  est  porté  à 
croire  qu'il  a  perdu  la  propriété  de  se  liquéfier  sous  pression  : 
W  n'a  perdu  que  la  propriété  de  se  rassembler  au  fond  du  vase 
par  excès  de  densité. 

uautrACnOV  de  L'OZOHE.  —  a  la  question  de  la  compressibi- 
lilé  desmélanges  se  rattachent  d'intéressantes  expériences  de 


3i2  THERMOMÉTRIE.   -  DILATATIONS. 

MM.  Chappuis  et  Hautefeuille  (  *  )  sur  la  liquéfaction  de  l'ozone, 
lis  ont  d'abord  étudié,  à  l*aide  des  appareils  de  M.  Cailletetjes 
conditions  dans  lesquelles  une  brusque  détente  détermine  la 
formation  d'un  brouillard  dans  un  mélange  d'oxygène  et  d'o- 
zone, et  ces  premières  expériences  leur  ont  permis  d'afûrmer 
que  Tozone  pur  serait  presque  aussi  facile  à  liquéfler  que 
Tacide  carbonique.  Us  ont  ensuite  comprimé  à  laS**"  un  mé- 
lange d'oxygène  et  d'ozone,  contenant  au  moins  lo  pour  loo 
de  ce  dernier  gaz.  Cette  compression  était  produite  dans  Té- 
prouvetle  de  l'appareil  de  M.  Cailletei  qui,  pour  cette  expé- 
rience,  se  termine  par  un  tube  capillaire,  recourbé  à  la  partie 
supérieure  et  plongeant  dans  un  jet  d'éthylène  liquide.  Dans 
ces  conditions,  la  branche  refroidie  se  colore  en  bleu,  saD& 
qu'on  aperçoive  de  ménisque;  mais,  par  la  détente,  le  tub^ 
devient  incolore,  et  une  goutte  liquide  d'un  bleu  intense  s^ 
produit  à  l'extrémité  du  tube.  Elle  s'évapore  ensuite  lentemei»  '^ 
en  donnant  un  gaz  bleu  d'azur. 

COMPOSÉS  DIVERS  PRODURS  PAR  DB  HAUTES  PRE8SI0H8 .  —  Le^ 

appareils  de  M.  Cailletet  ont  encore  été  employés  à  la  com — 
pression  de  divers  mélanges  au  sein  desquels  se  sont  produits,.**- 
à  la  faveur  de  pressions  très  énergiques,  un  certain  nombre  de^^^ 
composés  nouveaux. 

M.  Ogier  (2)  a  comprimé  à  2o«*'",  et  à  la  température  de  i4% 
un  mélange  à  volumes  égaux  d'acide  chlorhydrique  et  d'hy- 
drogène phosphore  gazeux.  Ces  aeux  gaz,  sans  action  Tun  sur 
l'autre  à  la  température  et  à  la  pression  ordinaires,  se  com- 
binent dans  ces  conditions,  et  l'on  observe  sur  les  parois  du 
tube  la  formation  de  cristaux  jaunâtres  analogues  à  ceux  du 
bromhydrale  d'hydrogène  phosphore.  La  même  combinaison 
se  produit  S—  3o*  sans  le  secours  de  la  pression. 

M.  Wroblewski  (  ^  )  a  étudié  la  solubilité  dans  Veau  de  l'acide 
carbonique  à  de  hautes  pressions  et  obtenu  un  hydrate  solide 
C02-f-8HO,  qui  se  forme  et  disparaît  par  une  légère  variation 


(  '  )  Chappcis  et  Hautefecille,  Journal  de  Phjaique^  2*  série,  1. 1,  p.  493;  188:1. 
(  '  )  Ogier,  Journal  de  Pf{}-8ique,  !'•  série,  t.  IX,  p.  386;  1880. 
(3)  Wroblewski,  Journal  de  Physique,  2*  aérïe,  i,  I,  p.  ^bi;  188a 


LIQUÉFACTION  DES  GAZ.  3i3 

de  la  pression  de  pan  et  d'autre  de  12»"",  3,  quand  la  tempéra- 
Xure  est  de  o*».  De  même  MM.  Cailletet  et  Bordet  (  ')  ont  pré- 
paré un  hydrate  d'hydrogène  phosphore,  un   hydrate  d'acide 
sulfhydrique  et  peut-être  aussi  un  hydrate  degaz  ammoniac.  Il 
^i  vraisemblable  qu'un  assez  grand  nombre  de  composés  en- 
<iore  inconnus  pourront  être  préparés  par  le  même  procédé. 

V)  Cailletet  et  Bordet,  Journal  de  Physique^  a*  série,  t.  I,  p.  4^6;  1882. 


PIN   DU   PREMIER    FASCICULE   DU   TOME   DEUXIEME. 


TABLE  DES  MATIÈRES.  3(5 


TABLE  DES  MATIÈRES 

PREMIER  FASCICULE  DU  TOME  DEUXIÈME. 


THERM0M£TRIE.  -  DILATATIONS. 


INTRODUCTION. 

Pages. 

[ÉRAUX  PRODUITS  PAR  LA  CHALEUH I 

CHAPITRE  I. 

Thermomètre  à  mercure. 

es  :  températures  constantes,  températures  égales 7 

ventionnelle  des  températures;  degré  de  température. .  9 

belles  thermométriques 10 

sur  les  dilatations ^ la 

re  à  mercure.  —  Thermomètre  fondé  sur  la  dilatation 

î  du  mercure  dans  le  verre i5 

re  à  poids.  —  Détermination  du  coefficient  thermomô- 

de  la  température  au  moyen  du  thermomètre  à  poids. .  i5 

n  du  thermomètre  à  l'i^o 18 

on  des  points  fixes 22 

les  points  fixes aS 

cte  de  la  température  à  l'aide  du  thermomètre  à  tige ...  26 

n  des  thermomètres  à  poids  et  à  tige a8 

CHAPITRE  II. 
Dilatation  des  liquides. 

3Solue  du  mercure 3o 

>  de  Dulong  el  Petit 3i 

>  de  Regnaull 35 


310  TABLE  DES  MATIÈRES. 

Ht* 

Dilatation  des  enveloppes  de  verre 4* 

Dilatation  absolue  des  liquides.  —  Expériences  de  Is.  Pierre 1^ 

Dilatation  des  liquides  surchauffés ^ 

Dilatation  de  Veau 5 

Expériences  de  Hailstrtim i 

Expériences  de  Despretz 

Maximum  de  densité  des  dissolutions  salines < 

CHAPITRE  III. 

Dilatation  des  solides. 

Dilatation  cubique  des  solides.  —  Méthode  de  Dulong  et  Petit ' 

Dilatation  linéaire  des  solides 

Procédé  de  Laplace  et  Lavoisier 

Méthode  dite  différentielle 

Méthode  de  Ramsden 

Emploi  du  comparateur 

Méthode  de  M.  Fizeau 

Dilatation  des  cristaux 

CHAPITRE  IV. 

Dilatation  des  gas. 

Historique.  —  Expériences  do  Gay-Lussac 

Formules  exprimant  la  relation  entre  le  volume,  la  pression  et  la 

températunj  d'un  gaz 

Expériences  de  Regnault 

Première  méthode 

Deuxième  méthode  :  Dilatation  sous  volume  constant 

Troisième  méthode  :  Dilatation  sous  pression  constante 

Comparaison  des  résultats  obtenus 

Dilatation  des  différents  gaz .^ 

Dilatation  sous  des  pressions  différentes 

CHAPITRE  V. 

De  la  mesure  des  températures. 

Évaluation  des  températures  au  moyen  de  la  dilatation  d'un  corps 

quelconque 

Thermomètres  à  air ^ 

Comparaison  des  thermomètres  à  gaz 


TABLE  DES  MATIERES.  317 

Page». 

)on  des  thermomètres  à  air  et  à  mercure ia8 

»  hautes  températures i3o 

»  basses  températures iSa 

Hres  différentiels i33 

stre  métastatique'. i35 

êtres  à  maximum  et  à  minimum i36 

êtres  enregistreurs i38 

êtres  métalliques i4o 

BS i4i 

CHAPITRE  VI. 

Mesure  des  poids,  des  densités  et  des  Tolnmes. 

1  des  poids  marqués 143 

18  des  pesées 145 

*eau 147 

es  densités 148 

)s  solides 1 49 

a  balance  hydrostatique 149 

iédé  du  flacon i5o 

cédé  de  Taréomètre i5i 

)s  liquides i53 

a  balance  hydrostatique 1 53 

iédé  du  flacon i53 

cédé  de  Taréomètre 1 56 

hode  n'exigeant  pas  de  pesée 157 

)s  à  poids  constant 159 

w 159 

58  de  Baume 161 

"e  centésimal i6t& 

I  la  capacité  d*un  vase i63 

CHAPITRE  VU. 

De  la  densité  des  gas. 

le  Biot  et  Arago 1G9 

le  Regnault 17a 

jo  la  densité  avec  la  pression  et  la  température 176 

>  la  dilatation  des  gaz  par  leur  densité 178 

i  volume  de  gaz  à  /*  et  à  H""" 178 

iu  poids  des  gaz  avec  Taltilude  et  la  latitude 181 


3i8  TABLE  DES  MATIÈRES. 

CHAPITRE  VIII. 
£tade  des  propriétés  des  Tapenrs  et  de  leur  densité. 

Pace 

Propriétés  des  vapeurs 18 

Vapeurs  non  saturées 18 

Vapeurs  saturées \\ 

Densité  des  vapeurs m 

Procédé  de  Gay-Lussac.  —  Modification  de  Hofmann i( 

Appareil  de  Regnault i< 

Procédé  de  Dumas n 

Expériences  de  MM.  H.  Deville  et  Troost \\ 

Méthode  de  Meyer ic 

Variations  de  la  densité  des  vapeurs v. 

I.  Acides  formique  et  acétique v. 

II.  Eau ar 

m.  Perchlorure  de  phosphore ar 

IV.  Sels  ammoniacaux,  hydrate  de  chloral,  etc 21 

V.  Soufre,  chlore,  brome  et  iode ai 

Densité  des  vapeurs  saturées.  —  Expériences  de  MM.  Fairbaim 

et  Tate 21 

Étude  directe  de  la  dilatation  et  de  la  compressibilité  des  vapeurs. 

—  Expériences  de  M.  H.  Herwig 21 

Identité  des  gaz  et  dos  vapeurs 22 

CHAPITRE  IX. 
Mesure  de  la  force  élastique  maximum  des  vapeurs. 

Mesure  des  forces  élastiques  de  la  vapeur  d'eau î 

I.  Entre  zéro  et  100° a 

II.  Au-dessous  de  zéro 3 

III.  Au-dessus  do  100°.  —  Travail  de  Duloiig  el  Arago 7. 

Expériences  de  Regnault 1 

Détermination  du  point  100° 2 

Thermomètre  hypsométriquo i 

Tension  des  vapeurs  de  divers  liquides i 

Tension  maximum  du  mélange  de  plusieurs  liquides ') 

Tension  de  vapeur  des  dissolutions  salines i 


TABLE  DES  MATIÈRES.  3i9 

CHAPITRE  X. 
Mélange  des  gas  et  des  vapeurs.  Hygrométrie. 

Page». 

dans  une  atmosphère  limitée 262 

I.  Mesure  de  la  tension  maximum 262 

n.  Mesare  du  poids  de  la  vapeur  formée 267 

Loi  de  Mariotte  appliquée  au  mélange  des  gaz  et  des  vapeurs 259 

Bot  de  l'Hygrométrie 26 1 

Hygromètre  de  Saussure 262 

Méthode  chimique 267 

Hygromètres  à  condensation 269 

Hygromètre  de  Daniell 270 

Hygromètres  de  Regnault,  de  M.  Alluard  et  de  M.  Grova 271 

CHAPITRE  XI. 
Liquéfaction  des  gas. 

Procédés  employés  pour  liquéfier  les  gaz 278 

I.  Refroidissement 278 

n.  Pression 278 

Œ.  Refroidissement  et  pression 285 

Continuité  de  Tétat  liquide  et  de  Tétat  gazeux  de  la  matière.  —  Ex- 
périences de  Cagniard-Latour 287 

^périences  d* Andrews 290 

Formules  de  MM.  Van  der  Waals  et  Clausius 292 

Evaluation  théorique  de  la  pression  de  la  vapeur  et  des  volumes 

de  la  vapeur  et  du  liquide 297 

Point  critique  de  quelques  liquides 3oo 

Liquéfaction  des  gaz  dits  permanents 3oi 

Ijqoéfaction  des  mélanges  gazeux 309 

^oéfaction  de  l'ozone 3  r  i 

Composés  divers  produits  par  de  hautes  pressions 3i2 


PIN   DE   LA   TABLE  DES   MATIERES   DU   PREMIER   FASCICULE 

DU  TOME   DEUXIÈME. 


TABLE  PAR  ORDRE  ALPHABÉTIQUE. 


Sn 


TABLE  DES  MATIÈRES. 


PAR    ORDRE   ALPHABÉTIQl'E, 


iEMIER  FASCICULE  DU  TOME  DEUXIÈME. 


de),  206,  2|8. 


3. 


180,    223. 

que,  5i,   53,    166,  22'|, 

•  I. 

.ylique,  3oi. 

lique,  5i,  166,  3oi. 

lique,  001. 

?nlésini3',  ibi. 

I,  itC 

ooil,  201. 

Bromure,  chlorure   el 

22^. 

,  166. 

K    (Sels),    212. 

,  175,  223,  'jH'j  3oo,  3 12. 
(Chlorhydrate  d'),  211. 
Date  d'),   193. 

lorhydrate  et  Bronihy- 
12. 

Gravesande,  3. 
)5. 

Hhlorure  d'),  2'a\. 


i5i,  i56,  1.59. 
—  II,   !•'  fasc. 


Argent,  90,  gr,  164. 

—  (lodurc  d'),  89,  92 
Arsenic,  91,  164»  aa3. 

—  (Chlorure  et  lodure  d'),  22' 
Arsénié  (Hydrogène),  223,  aS6. 
Axes   d'élasticité    des    corps   aniso- 

tropes,  85. 
Azote,  ii4,  175,  180,  223,  295,  309. 

—  (Bioxyde  d'),  223. 

—  (Protoxyde  d'),  ii4,  223,  282, 
286,  3oo. 

Azotique  (Acide),  i6(5. 

—  (Acide  hypo-),  53,  223. 

Basalte,  166. 
Benzol  ou  benzine,  3oi. 
Béryl,  i65. 
Bismuth,  92,  iG^|. 

—  (Chlorure  de),  224. 
Bois,  166. 

Bore,  16^. 

—  (Chlorure,  bromure  el  flu  )ruro 
de),  22^. 

Brome,  5i,  1G7,  214,  2>3. 

Brouze,  91. 

Butyrique  (Acide),  2|8. 

Cadmium,  i65,  199,  22'|, 
CalomeKvoiV  Mercureux  (chlorure). 
Capacité  (Mesure  de  la)  d'un  vase, 

i63. 
Carbone,  223. 


3a2 


TABLE  PAR  ORDRE  ALPHABÉTIQUE. 


Carbone  (Chlorure  de),  53,  224. 

—  (Oxyde  de),  ii'j,  224,  3o8. 

—  (Sulfure  de),   5i,   53,  167, 

224,  a46i  3^9}  ^^^1  ^07* 

Carbonique  (Acide),  ii4,  116,  175. 
181,  224,  279,  286,  291,  295,  3l2. 

Chaleur,  i. 

Charbon,  91. 

Chloral  (Hydraté  de),  2i3. 

Chlore,  2i4ia33,  3qd. 

Chlorhydrate  d'hydrogène  phos- 
phore, 3l2. 

Chlorhydrique  (Acide),  175,  223,  286, 
3oo. 

Chloroforme,  5r,  2\6y  3oi. 

Chrome,  i65. 

Cobalt,  i65. 

Coefficients  de  dilatation,  12,  90,98. 

Comparaison  des  thermomètres  à 
poids  et  à  tige,  28;  —  à  gaz,  126; 

—  à  air  et  à  mercure,  128. 
Comparateur,  28. 
Corindon,  92,  166. 
Correction  des  pesées,  i45. 
Cristaux  (Dilatation  des),  85. 
Cuivre,  90,  91,  129,  i65. 

—  (Oxyde  de),  88. 
Cyanhydrique  (Acide),  166,  223. 
Cyanogène,  ii4,  223,  287,  3oo. 

Degré  de  température,  9;  —  hygro- 
métrique, 261. 

Densimétrcs,  160. 

Densité  de  l'eau,  64,  67;  —  des  so- 
lides et  des  liquides,  i48,  1^4  I  — 
des  gaz,  168;  —  des  vapeurs,  189. 

Diamant,  88,  91,  i65. 

Diéthylamine,  3oo. 

Dilatation,  2,  12;  —  du  mercure,  3o; 

—  des  liquides,  46;  —  de  l'eau,  53; 

—  des  solides,  69;  —  des  cristaux, 
85;  —  des  gaz,  93  ;  —  des  vapeurs, 
219. 

Diphénylamine,  193. 
Dissolutions  salines,  66,  25o. 

Eau,  53  à  68,  210,  218,  225  à  253,  3oo. 


Eau  de  mer,  166.      ^ 
Échelles  de  température,  9. 
Émeraude,  88,  92,  166. 
Essence    de    térébenthine,  53,  it 

224. 
Etain,  90,  i65. 

—  (Bichlorure  d*),  5i,  167,024- 

—  (Oxyde  d'),  92. 

Éther  éthylique,   5i,   224,  246,  38 

299,  3oo. 
Éther  méthyléthyliqoe,  3oi. 
Éthyle,  223. 

—  (Acétate  d'),  3oi, 

—  (Benzoate  d'),  193. 

—  (Chlorure  d*),  52,  3oo. 

—  (Hydrure  d'),  3oo. 

—  (Formiate  d'),  3oi. 
Éthylène,  224,  a86,  296. 

—         (Chlorure  d'),  5i,  Soi. 
Évaporation,  252. 

Feldspath,  92. 
Fer,  90,  91,  122,  i65. 
—    (Sesquichlorure  de),  224. 
Flacon  (Méthode  du),  i5o,  i53. 
Flint-glass,  90,  166. 
Fonte,  90. 

Formène,  224,  295,  309. 
Formique  (Acide),  248. 

Gaz.  —  Dilatation,  93;  Densité,  ' 
176,    178,    181.  Liquéfaction,    ^ 
287,  3oi  ;  —  Mélange  des  gaz  et 
vapeurs,  252. 

Graphite,  91,  i65. 

Granité,  166. 

Gypse,  92,  166. 

Houille,  91. 

Huile  d'olives,  166. 

Hydrogène,   11 4,   116,  175,  181,  a 

295,  3o3,  309. 
Hydrogène  (Bicarbure  d'),t;oir  Et 

lène. 
Hydrogène   (Protocarbure  d*),  v 

Formène. 
Hygromètres,  261,  267,  269. 


TABLE  PAR  ORDRE  ALPHABÉTIQUE. 

Hygrométriqi^ (Degré  ou  État),  261. 
Hygroscopiques  (Substances),  a63. 


3a3 


Identité  des  gaz  et  des  vapeurs,  aai. 

Idocrase,  166. 

Iode,  i65,  a  14,  aa3. 

lodhydrique  (Acide),  aaS. 

Iridium,  i65. 

Isoamyléne,  3oi. 

Isobutylène,  Soi. 

Laiton,  90. 

Liège,  166. 

Linéaire  (Dilatation),  71. 

liquéfaction  des  gaz,  377,  2^2  à  3i3. 

Liquides.  —  Dilatation,  46;  Densité, 

iS3;  Continuité  de  Tétat  liquide  et 

gazeux,  387. 
Lithium,  i65. 
Lois  de  Gay-Lussac,  gS. 

Magnésium,  i65. 

Malachite,  i65. 

Manganèse,  i65. 

Marbre,  166. 

Mélange  des  gaz  et  des  vapeurs,  aSa  ; 

Conipressibiiité  des  mélanges  ga- 

wnx,  309. 
Mercuréthyle,  167. 
Mercuramyle,  167. 
Mercure,  3o,   laa,  i65,  167,  199,  22^, 

Mercureux  (Chlorure  et  bromure), 

Mercuriques  (Chlorure,  bromure  et 

iodure),  224. 
Mesure  des  dilatations,  3o  à  108;  — 

^^  températures,  1 19  ;  —  des  poids, 

desdensités  et  des  volumes,  i43; 

~~  des  forces  élastiques  maximum 

"^s  vapeurs,  225. 

*'%IC,  223. 

^^       (Acétate  de),  3oo. 
^'^^^léne  (Chlorure  de),  3oi. 

•^*«=^el,  ,65. 


Obsidienne,  166. 

Oléfiant  (Gaz),  voir  Éthylène. 

Oligiste  (Fer),  9a. 

Or,  90,  91,  i65. 

Osmique  (Acide),  aa4. 

Osmium,  i65. 

Oxygène,    176,    181,    aa3,   295,  3o3, 

3o5. 
Ozone,  3ii. 

Palladium,  96. 
Phosphore,  i65. 

—  (Bromure  de).  Si. 

—  (Oxychlorure  de),  aa3, 

—  (Perchlorure),  an. 

—  (Prolochloriire),  5i,  167, 

223,  307. 
Phosphure  d'hydrogène,  223,  3 12. 
Platine,  90,  91,  122,  i65. 
Plomb,  90,  92,  i65. 
Poids  (Correction  des),  148. 
Porcelaine,  166. 
Potassium,  i65. 
Pression  (Composés  produits  par  la), 

3l2. 

Propionique  (Acide),  248. 
Pyrite,  92. 
Pyromètres,  i4i. 

Quartz,  9a,  166. 

Rosée  (Point  de),  269. 
Rubis,  166. 

Sélénium,  91,  i65. 
Silicium,  91,  i65. 

—  (Chlorure  de),  207,  224. 

—  (Fluorure  de),  224. 
Sodium,  i65. 

Solides.  Dilatation, 69;  Densités,  149. 
Soufre,  91,  i65,  199,  2i3,  228,  247. 
Spath  d'Islande,  92. 
Spécifique  (Poids),  voir  Densités. 
Sulfliydrique  (Acide),  228,  286,  3oo. 
Sulfureux  (Acide),  5i,  52,  112,  126, 

167,  190,  287. 
Sulfurique  anhydre  (Acide),  228. 
Sulfurique  (Acide),  16^. 


•ili 


TABLE  PAR  ORDRE  ALPHABÉTIQUE. 

Tungstène,  i65.  • 


Tableaux  numériques,  4^?  i^i^^y  6-i, 
65,  67,  68,  11^,  116,  i6'i  à  167,^23, 

224,    242,    2^3,   244,    246,    2'|7,     2'|8, 

25o,  289,  29.5,  296,  3oo  el  3oi. 
Tellure,  91,  i65. 
Tempéralure,  i,  2,  8,  9,  19,  26,  119, 

i3o,  i32. 
Thallium,  i65. 
Thallique  (Alcool),  167. 
Therniomctres,  i,  8,  i5,   18,   22,  26, 

28,  46,  4^1  ^i   1^4)    ^^^h    128,    l32 

i33,  i35,  i36,  i4o. 
Titane  (Chlorure  de),  224. 
Topaze,  92,  166. 
Tourmaline,  92,  166. 


Uranium,  iG5. 

Vapeurs,  18^,  188,  190,  2i3,  219, 2^9. 

•-<50,  009.. 

Verre,  90,  122,  166. 
Vol  u  mètres,  159. 

Zéro  (Déplacement  du)  du  ibcrino- 

mètre,  25. 
Zinc,  i65,  199. 
Zinc-éthyle,  221}. 
Zirconium,  i65. 

—  (Chlorure  de),  22}. 


TABLE  PAR  NOMS  D'AUTEURS. 


3a5 


.BLE  PAR  NOMS  D'AUTEURS 


EMIER  FASCICULE  DU  TOME  DEUXIÈME, 


de  Florence,  121. 


290-     , 

ot,    Dulong. 

3. 


ou),    l'|(). 

>ix. 


f,'ier,  209. 


!J. 


,  1G9. 
iaillclcl. 


65, i83,  289,  2^1 


ur,  287. 
210,  21 1. 
288,  3o2. 


Cailletet  et  Bordet,  3x3. 

Ccllérier,  voir  Pictet. 

Cliappuis  et  Hautefeuille,  3i2. 

Clausius,  293,  297. 

Coriolis,  238. 

Crafts,  a  14. 

Crafts  et  Meyer,  aoa,  2i5. 

Dalton,  93,  226,  248,  202. 

Daniel],  270. 

Davy,  95. 

De  Luc,  48,  74,  93. 

Despretz,  25,  58,  62,  66. 

Deville  (H.  Sainte-Claire),  212. 

Deville  (H.  Sainte-Claire)  et  Troosl, 

i3o,  i3i,  197,  2i3. 
Dewar,  3oo. 
Drebbel,  i3i. 
Drion,  52,  289. 
hucrelet,  281. 
Dulong,  238,  26'|. 
hulong  et  Arago,  23o,  239. 
Dulong  et  Mitscherlich,  85. 
Dulong   et   Petit,  29,  3i,  33,  69,  75, 

90,  96,  121,  125,  128. 
Dumas,  195,  3o5. 

l'ahrenheit,  i56. 
rairbairn  et  Ta  te,  21 5. 
Taraday,  279,  285,  286. 
l'izeau,  84,  91. 


326 


TABLE  PAR  NOMS  D'AUTEURS. 


Gay-Lussac,  gS,   160,  163,  191 ,  380, 

Hageo,  63. 

Hâllstrôm,  54. 

Hannay,  3oi. 

Hautefeuille,  voir  Chappuis. 

Hawksbee,  gS. 

Herr,  64. 

Herwig,  319,  356. 

Hirn,  53,  393. 

Hoffmann,  198. 

Hypathic,  157. 

Jamin,  263. 

Kaemtz,  337. 
Kopp,  5i,  62. 
Kremers,  63. 

Lambert,  98. 

Landolt,  348. 

Laplace  et  Lavoisier,  71,  90. 

Lefèvre-Gineau,  54. 

Le  Roy,  368. 

Leslic,  i33. 

Magnus,  98,  io5,  333,  288,  34V 

Marek,  26,  i45. 

Marié-Davy,  189. 

Marignac,  5i. 

xMatthiessen,  Gj. 

Mellonl,  2G4. 

MendcIeefT,  ^3,  109. 

Mergel,  247. 

Meyer  (V.),  199,  21^4. 

Militzer,  80. 

Mitscherlich,  85;  voir  Dulong. 

Muncke,  64. 

Musschenbroek,  73. 

Nadejdine,  3oi. 
Newton,  9. 
Nicholson,  i5i. 


Ogier,  voir  Berthelot. 
OIzewski,  3o3  ;  voir  Wroblewsk  i  • 

Petit,  voir  Dalong. 
Pernet,  36,  38. 
Pfaff,  85. 
Pictet,  3o3,  3o3. 
Pictet  et  Gellérier,  389. 
Pierre  (Is.),  48,  62,  139. 
Pouillet,  96,  i3o. 
Prinsep,  i3o. 

Ramsay,  3oo. 

Ramsden,  76,  90. 

Réaumur,  11. 

Recknagel,  4a. 

Regnault  (V.),  35,  71,  97,  100,  io3, 
109,  ii3,  116,  ia3,  124,  126,138, 
i54,  17a,  180,  194,  210,  238,  »33, 
337,  243,  246,  249,  255,  258,  »^4» 
271. 

Roche,  288. 

RodwcH,  89. 

Romanese,  89. 

Rossetti,  61,  68. 

Rumford,  184. 

Ruthcrford,  i36. 

Saïotschewsky,  298,  3oo 
Sarrau,  395,  3o3. 
Saussure  (de),  263. 
Schmidt,  325. 
S'Gravcsande,  8. 
Six  et  Bellani,  187. 
Smeaton,  73. 
Southern,  220. 
Stampfer,  64. 

Tate,  voir  Fairbairn. 
Thilorier,  62,  279. 
Thomson  (J.),  393. 
Thorpe,  5i. 
Tommasi,  5. 
Tredgoid,  288. 

Troost,  3i4,  3i5;  voir  Deville    [r^ 
Sainte-Claire). 


TABLE  PAR  NOMS  D'AUTEURS. 


3^7 


.  (Van  der),  394. 
rdin,  i35,  iS^. 
,  3a5. 

;wood,  14 1. 
ner,  62. 
i,  201. 


Wrède(de),  78. 
Wroblewski  (von),  aSa,  3o2. 
WUllner,  43,  a'19,  a5o. 
Wûrtz,  201. 

Ziegler,  225. 


PIN   DU  PREMIER   FASCICULE  DU  TOME  DEUXIEME. 


l^f       Paris.  —  Iniprinirrle  de  GAUTIKER-VILLAnS.  quai  des  ADKU!tiin<».  ^>. 


1 


CALORIMÉTRIE. 


■•••■ 


CHAPITRE  PREMIER. 

MÉTHODES   CALORIMÉTRIQUES 


tts  préliminaires.  —  Unité  de  chaleur.  —  Calorimétrie.  —  Chaleurs 
'Cifiques  vulgaires. 

tHies  calorimétriques.  —  Méthode  des  mélanges  ;  appareils  et  cor- 
'Uons  :  Regnault;  M.  Berthelot.  —  Application  de  la  méthode  des 
'l^mgesà  la  mesure  des  chaleurs  spéciGques.  —  Calorimètre  à  mer- 
['e  deFavre  et  Silbermann.  —  Méthode  de  la  fusion  de  la  glace.  — 
^orimètre  de  Bunsen.  —  Méthodes  par  comparaison.  —  Méthode 
refroidissement.  —  Thermocalorimètre  de  Regnault. 


ETIONS  PBÉLmiNAIBES.  —  Quand  on  fait  brûler  dans  Toxy- 
î  i*\  2»%  3*%  ...  de  charbon,  ou  quand  on  échauffe  de  zéro 
i^^y  t}"',  S^^S  . . .  d'un  corps  quelconque,  il  est  évident  que 
Quantités  de  chaleur  dégagées  ou  absorbées  sont  propor- 
nelles  aux  nombres  i,  2,  3,  ....  On  conçoit,  par  ces 
mples,  que  les  quantités  de  chaleur  qui  se  développent 
les  actions  chimiques  ou  qui  s'accumulent  dans  la  matière 
dam  qu'elle  s'échauffe  puissent  être  considérées  comme 
grandeurs  et  mesurées  avec  une  unité  conventionnelle. 
i  calorimétrie  est  la  partie  de  la  Physique  qui  se  rapporte 
lie  mesure. 

3us  admettrons  que,  quand  un  phénomène  est  accompagné 
e  certaine  absorption  de  chaleur,  le  phénomène  imerse, 
îsl  réalisable,  dégage  une  quantité  de  chaleur  égale  :  par 

el  B.  Calorimétrie.  —  II.   3'  fasc.  i' 


a"  CALORIMÉTIUE. 

exemple,  que  i^'  de  glace  à  zéro  absorbe  par  sa  fusion,  à  : 
el  sous  la  pression  normale,  une  quantité  de  chaleur  égs 
celle  que  dégage  en  se  congelant  i^*  d'eau  à  la  même  ten 
rature  et  sous  la  même  pression.  La  démonstration  expérin 
taie  et  directe  de  cepostulatum  est  impossible,  car  on  ne  ] 
employer  directement  la  chaleur  dégagée  par  Teau  qui  se 
à  fondre  un  poids  égal  de  glace. 

UHITÉ  DE  GHiLEUR.  —  On  peut  prendre  pour  unité  de  cha 
la  chaleur  absorbée  par  un  corps  pendant  qu'il  éprouve 
transformation  quelconque,  pourvu  que  celle-ci  soit  bien 
terminée,  et  facile  à  reproduire  dans  des  conditions  touj( 
identiques.  On  pourrait  choisir,  par  exemple,  la  quantiu 
chaleur  absorbée  par  i^'  de  glace  pour  fondre,  ou  encore 
1*^  de  mercure  à  zéro  pour  s'élever  à  loo**. 

On  choisit  d'ordinaire  la  quantité  de  chaleur  nécessaire  p 
élever  de  zéro  à  i®  la  température  de  i*"  d'eau  distillée,  et 
nomme  cette  unité  calorie  (*). 

Ce  qui  rend  son  emploi  particulièrement  commode,  c 
qu'il  faut  toujours  sensiblement  une  calorie  pour  élever  d 
à  ^-+-  !•  la  température  de  i«'  d'eau,  quelle  que  soit  cetteu 
pérature  t.  En  effet,  si  Ton  verse  à  la  fois  dans  un  vase,  pi 
lablemeni  chauffé  à  5o*»,  deux  masses  d'eau  égales,  l'une  à  z 
l'autre  à  ioo°,  et  qu'après  avoir  rapidement  brassé  lemélan 
on  mesure  sa  température,  on  la  trouve  égale  à  5o<>;parcon 
quenl  le  vase  n'a  rien  perdu  ni  gagné,  mais  l'eau  à  100**  apei 
la  chaleur  qui  est  nécessaire  pour  l'élever  de  5d  à  i  oo*»  el  a  C( 
celle  chaleur  à  l'autre  niasse  d'eau,  dont  la  températures 
élevée  d'une  quantité  égale.  En  général,  si  l'on  répète  lamé 
expérience  avec  deux  masses  d'eau  prises  respeciivemei 
/*»  et  à  /'",  la  température  finale  est  toujours  la  moyei 
t-ht 

-  ■  • 

(')  (îertains  auteurs  rêsorvenl  le  uom  de  petite  calorie  h  l'unité  ainsi  déi 
On  appelle  alors  Calorie  la  quantité  de  chaleur  nécessaire  pour  éleTcr 
à  i^  la  température  de  i*^^  d'eau.  Cette  unité,  qui  n'appartient  pas  au  syi 
C.G.  S.,  est  mille  fois  plus  grande  que  la  précédente.  Nous  l'appellerons^ 
calorie  pour  éviter  toute  confusion. 


MÉTHODES  CALORIMÉTRIQUES.  3* 

W  résulte  de  là  que  la  quantité  de  chaleur  Q,  nécessaire  pour 
élever  de  /•  à  ^*  la  température  de  P^  d'eau,  est 

(0  Q=P(r-o^'. 

CAIOKiMÉTBIE.  --  Soit  maintenant  à  évaluer  la  quantité  de 
chaleur  dégagée  ou  absorbée  dans  un  phénomène  quelconque. 
S*i]  est  possible  de  produire  ce  phénomène  dans  des  condi- 
tions telles  que  toute  la  chaleur  Q  mise  en  jeu  soit  employée 
i  faire  varier  la  température  d'un  poids  P  d'eau,  la  quantité  Q 
sera  donnée  en  grandeur  et  en  signe  par  le  second  membre 
de  la  formule  (i),  où  t  représente  la  température  initiale,  t  la 
température  finale  de  la  masse  d'eau.  Suivant  que  Q  est  posi- 
tif ou  négatif,  le  phénomène  considéré  s'est  accompli  avec  dé- 
gagement ou  absorption  de  chaleur. 

Proposons-nous,  par  exemple,  de  déterminer  la  quantité  de 
dialeur  absorbée  quand  on  élève  de  i®  la  température  de  i^ 
de  mercure.  Versons  à  la  fois,  dans  un  vase  dont  la  tempéra- 
ture est  de  3*,2î,  des  poids  égaux  d'eau  à  zéro  et  de  mercure 
i  100%  et  agitons  :  nous  trouverons  que  la  température  finale 
feTeau  et  du  mercure  est  de  3", 22,  de  sorte  que  le  vase  n'a 
rien  perdu  ni  gagné  et  que  le  mercure,  en  se  refroidissant  de 
100*  à  30^  ^^^  c'est-à-dire  de  96**,  78,  a  perdu  3*^^', 22  par  gramme. 
Telle  est  la  quantité  de  chaleur  absorbée  par  l'eau,  is»"  de  mer- 
cure dont  la  température   s'abaisse  de  i*"  dégage  donc  en 

3r«i  22 
^Doyenne  - ..  '    '  =o'^^',o3332;  c'est  aussi  la  quantité  de  cha- 

•eur  qu'il  faut  fournir  à  iP'de  mercure  pour  élever  sa  tempé- 
rature de  1**. 

Les  mesures  calorimétriques  ne  peuvent  pas  toujours  être 
exécutées  d'une  manière  directe;  on  est  quelquefois  obligé  de 
comparer  la  chaleur  dégagée  dans  le  phénomène  que  l'on 
^ludie,  non  à  réchauffement  d'une  certaine  masse  d'eau,  mais 
'  tout  autre  phénomène  calorifique  (la  fusion  d'un  certain 
poids  de  glace  par  exemple),  dont  la  valeur  en  calories  a  fait 
•objet  d'une  détermination  préliminaire.  La  combinaison  des 
résultais  des  deux  expériences  équivaudra  à  la  comparaison 
^'recie  que  l'on  n'a  pu  effectuer. 


4*  CALORIMÊTRIE. 

GHALEUB  SPÉGiridlUE  YULftAIBE.  —  On  appelle  chalew 
Jique  d'un  corps  la  quantité  de  chaleur  nécessaire  pt 
ver  de  i^  la  température  de  ib»"  de  ce  corps,  lapressic 
rieure  étant  supposée  constante  et  égale  à  i**". 

Nous  savons  déjà  que  la  chaleur  spécifique  de  Teau 
siblement  constante  et  égale  à  i.  Des  expériences 
naires,  analogues  à  celles  que  nous  avons  réalisées  pou 
cure,  établissent  aussi  que  la  chaleur  spécifique  est,  poui 
corps,  une  quantité  constante  et  caractéristique  que  n 
signerons  par  C.  Pour  échauffer  de  /  à  f  *  un  poids  P  d'u 
H  faudra  donc  lui  fournir  une  quantité  de  chaleur  Q 

(2)  Q  =  PC(r— /). 

En  réalité,  les  expériences  grossières  que  nous  a^ 
effectuer  jusqulci  établissent  seulement  que  la  relatîo; 
très  approchée;  elle  n'est  pas  rigoureusement  exacte.  L 
tité  Q  est  une  fonction  continue  des  températures  t  « 
s'annule  pour  t^=t! ,  et  que,  par  suite,  on  pourra  toujc 
velopper  en  série  très  convergente  suivant  les  puissa 
t—ty  tant  que  cet  intervalle  ne  sera  pas  trop  considéi 

Q^  ^a{t'  —  t)[i->t-  b{t  —  t)-^  c{t'^  t)^-^ , . .] 

les  coefficients  b,  c,  , , .  sont  des  quantités  extrêmem 
lites  et  rapidement  décroissantes,  dont  l'influence  ne  p 
décelée  que  par  des  expériences  de  précision. 

On  désigne  sous  le  nom  de  chaleur  spécifique  m 
entre  /  et  ^  le  quotient 

Q 


CM  c,=. 


i\i'-  ty 


Cl  n'est  plus  une  constante,  mais  une  fonction  de  ^et 
Dans  ce  qui  suit,  nous  allons  exposer  les  diverses  m 
qu'on  emploie  pour  la  mesure  des  quantités  de  clialei 
de  mieux  apprécier  leur  valeur  relative  et  de  nous  fam 
avec  l'usage  des  appareils,  nous  prendrons  comme  exe 
détermination  des  chaleurs  spécifiques  des  corps  sol 
liquides. 


MÉTHODES  CALORIMÉTRIQUES.  5* 


MÉTHODES  CALORIMÉTRIQUES. 

WKÉlEOm  DES  MÉLAHftES;  APPABEIL8  ET  GORBECTIONS  :  BEMAULT; 
I.  BERTHELOT.  —  On  désigne  sous  le  nom  de  méthode  des 
n^ianges  la  méthode  qui  nous  a  déjà  servi,  dans  les  prélimi- 
laires  de  ce  Chapitre,  à  évaluer  directement  en  calories  les 
luantités  de  chaleur.  C'est  dans  la  plupart  des  cas  la  méthode 
)ar  excellence,  et  c'est  aussi  celle  qui,  depuis  Black  (*  ),  a  été 
e  plus  étudiée  par  les  physiciens  et  le  plus  perfectionnée. 

I^^  appareil  que  l'on  emploie  a  pour  partie  essentielle  un  vase 
cylindrique  en  laiton  très  mince,  soutenu  sur  des  supports  peu 
conducteurs  {fig^  i).  Il  contient  un  poids  d'eau  P  à  la  tempé- 
rature ordinaire  /,  et  un  thermomètre  très  sensible  A  ?iyi^  dans 
Vîntérleur.  Ce  vase  se  nomme  le  calorimètre  à  eau. 

Supposons  qu'il  s'agisse  de  déterminer  la  chaleur  spéci- 
fique X  d'une  substance  :  on  échauffe  dans  une  étuve  à  iino 
température  T  un  poids  p  du  corps  solide  ou  liquide  consi- 
déré, puis  on  le  plonge  dans  le  calorimètre  et  l'on  remue  l'eau 
avec  un  agitateur  B.  Alors  le  corps  cède  de  la  chaleur  à  Teau, 
qui  s'échauffe  depuis  /°  jusqu'à  une  température  maximum  b 
pendant  que  lui-même  se  refroidit  depuis  T  jusqu'à  0.  Admet- 
lonsd'abordquependant  cette  manipulation  le  calorimètre  ne  s(^ 
refroidisse  ni  par  le  rayonnement,  ni  par  la  conductibilité  des 
supports,  ni  par  l'évaporation   de  l'eau;  nous  pouvons  expri- 
"^erque  la  chaleur  cédée  par  le  corps  est  égale  à  celle  que  le 
calorimètre  gagne.  Le  corps  perd 

*-a  chaleur  gagnée  par  le  calorimètre  se  décompose  en  plu- 
^'^urs  parties  : 
•'*  Chaleur  gagnée  par  l'eau, 

^*  Chaleur  gagnée  par  le  vase  calorimélri(|ue, 


\  )  Klack,  %>oir  Fischer,  Histoire  de  la   Ph)sliue,  l.   VII,  p.  38o  (Gôtliriçi 
'^^)i  ou  Dictionnaire  de  Physique  de  Gehlcr,  t.  X,  p.  GOy. 


6*  CALÔRIMÊTRIE. 

3^  Chaleur  gagnée  par  la  portion  du  verre  du  thermomè 
et  de  l'agitateur  qui  plonge  dans  le  liquide, 

4^  Chaleur  gagnée  par  le  mercure  du  thermomètre, 

P^Cie-t). 

On  calculera  X  par  la  relation 

p\{T -6)  =  {P-hp'C -h p^'C' -h p''C''){e  -'  t). 

Pour  trouver  X,  il  faudra  donc  connaître  les  chaleurs  sp 
fiques  C  du  laiton,  C  du  verre  et  C*'  du  mercure.  Mais  on  i 
remarquer  que  les  poids  />',  p^,  p",  et  par  suite  les  proc 
p'C,  /^''C,  p'^C'^^  étant  très  petits,  on  pourra  calculer  ceu 
en  acceptant  comme  exactes  les  valeurs  de  C,  C,  C,  doni 
par  d'autres  méthodes.  Toutefois  il  est  préférable  de  faire  i 
déterminations  de  chaleurs  spécifiques  :  i®  avec  du  laii 
1^  avec  du  verre;  3®  avec  du  mercure.  Dans  ces  trois  ca 
sera  égal  successivement  à  C,  à  C  et  à  C,  et  Téquation 
cédente,  dans  laquelle  on  substituera  à  X  ces  valeurs,  foui 
trois  relations  qui  détermineront  les  trois  inconnues. 

En  général,  on  écrira  Téquation  précédente 

en  posant  Pj  =  P-f-/?'C'-f-/?''C"H-/>'^C"';  Pj  est  ce  que 
nomme  le  poids  réduit  en  eau  du  calorimètre  et  de  ton 
qu'il  contient. 

Lorsque  les  corps  étudiés  sont  des  solides  mauvais  con 
leurs,  il  faut  les  diviser  en  fragments  très  petits  et  les  sup 
ter  dans  une  corbeille  en  toile  métallique.  S'ils  sont  liqui 
on  les  enferme  dans  des  tubes.  Dans  ces  deux  cas,  le  prc 
l)\  deTéquaiion  précédente  doit  se  remplacer  par /?X-4-/? 
p\  et  Cl  étant  le  poids  et  la  capacité  calorifique  de  la  cort 
ou  des  tubes. 

Outre  ces  corrections,  il  faut  encore  tenir  compte  ( 
perte  de  chaleur  que  fait  le  calorimètre  pendant  le  temps 
s'écoule  entre  l'immersion  du  corps  et  l'instant  où  Ton  obs 
le  maximum  final  de  température.  On  doit  commencer  pa 


MÉTHODES  CALORIMÉTRIQUES.  7* 

I    léauer  cette  cause  d'erreur  autant  que  possible,  et  l*on  y  par- 

t    vient  par  plusieurs  moyens. 

En  premier  lieu  on  construit  le  calorimètre  de  manière  qu*i 
perde  fort  peu  de  chaleur.  Pour  cela,  on  polit  sa  surface  exté- 
rieure avec  soin,  ce  qui  rend  son  pouvoir  émissif  très  faible  ; 
on  le  place  dans  un  deuxième  vase  de  laiton  CEC  {fig.  i),  qui 

Fig.  I. 


s  D 


^si  poli  intérieurement  et  qui  lui  renvoie  par  réflexion  presque 
^us  les  rayons  quil  émet;  le  matelas  d'air  compris  entre  les 
^cux  enceintes,  et  dont  la  masse  est  très  faible,  s'échauffe  aux 
^^pens  de  la  chaleur  ainsi  renvoyée  d'un  vase  à  l'autre,  et, 
comme  il  est  immobile  et  fort  mauvais  conducteur,  il  n'enlève 
plus  de  chaleur  en  quantité  sensible. 

Le  calorimètre  est  soutenu  à  sa  base  sur  quatre  fils  tendus 
^horizontalement  E,  E',  et  on  le  maintient  à  son  sommet  par 
quatre  pointes  de  bois  C,  C'.  De  celte  manière,  il  rayonne  peu 
^1  ne  cède  rien  à  ses  supports,  puisqu'ils  sont  mauvais  con- 
ducteurs,qu'ilsontune  masse  insensibleetqu'ils  ne  lelouchent 
fl^e  par  un  petit  nombre  de  points. 

En  second  lieu,  comme  la  quantité  de  chaleur  perdue  par 
''^yonnement  croît  avec  l'excès  de  la  température  du  calori- 
'^^tre,  on  met  dans  l'appareil  assezd'eau  pour  qu'elle  s'échauffe 
^''^s  peu.  Cetie  précaution  diminue  en  apparence  la  sensibilité 


b*  CALORIMÉTRIE. 

de  la  méthode;  mais  on  y  remédie  en  employant  un  thermO" 
mètre  A  capable  d'apprécier  j^  de  degré.  Il  est  fixé  dans  un 
support,  et  on  Tobserve  avec  une  lunette  D,  afin  de  suivre  soo 
mouvement  ascendant  et  de  saisir  exactement  le  maximum  de 
température  qu'il  atteint  quand  la  température  du  mélange  est 
devenue  uniforme. 

Rumford  (*)  avait  imaginé  de  diminuer  encore  la  perte  d^ 
chaleur  par  un  procédé  de  compensation  ingénieux  bienqu'in— 
suffisant.  On  détermine  approximativement,  par  une  expérience 
préliminaire,  le   nombre  de  degrés  in  dont  le  calorimètre? 
s'échauffe  après  l'immersion  du  corps,  puis  on  fait  l'épreuve 
définitive  en  employant  de  Teau  préalablement  refroidie  d^ 
n  degrés  au-dessous  de  la  température  ambiante.  Alors  Texpé — 
rience  peut  se  diviser  en  deux  phases  :  dans  la  première,  Tea— 
ceinte  a  sur  le  calorimètre  des  excès  de  température  qui  varien  t 
de  n  à  zéro  et  lui  cède  de  la  chaleur;  dans  la  seconde, le  calo- 
rimètre a  les  mêmes  excès  sur  l'enceinte  et  lui  rend  de  la 
chaleur.  La  compensation  entre  ces  échanges  inverses  exige- 
rait, pour  être  exacte,  que  les  deux  périodes  eussent  une 
même  durée;  mais  cela  n'a  pas  lieu,  car  la  marche  ascen- 
dante des  températures,  d'abord  très  rapide,  se  ralentit  quand 
on  approche  du  maximum,  et,  en  fin  de  compte,  il  y  a  plus  de 
chaleur   perdue   de  ce  chef  qu'il    n'y  en  a    de  gagnée.  Au 
resie,  celte  méthode  de  compensation  ne  tient  aucun  compte 
de  l'évaporation  de  l'eau  qui  s'effectue  avec  une  activité  diffé- 
rente dans  les  deux  périodes  et  qui  cause  pendant  toutes  deux 
une  perle  de  chaleur. 

Les  précautions  que  nous  venons  d'indiquer  sont  indispen- 
sables, puisqu'elles  diminuent  l'erreur;  mais,  comme  elles  sont 
loin  de  l'annuler  surtout  dans  les  expériences  de  longue  durée, 
il  est  nécessaire  d'avoir  recours  à  un  calcul  de  correction.  On  se 
contente  souvent,  pour  le  réaliser,  de  la  méthode  suivaniei 
indiquée  par  Regnault. 

Après  avoir  mis  dans  le  calorimètre  une  quantité  d'eau  qui 
doit  rester  la  même  pour  toutes  les  mesures,  et  qui  a  été  préa- 
lablement échauffée,  on  suit  le  refroidissement  de  l'appareil  et 

(')  RcMFORD,  voir  yinnates  Je  Gilbert ^  t.  XLV,  p.  317. 


MÉTHODES  CALORIMÉTRIQUES.  9* 

e  de  minute  en  minute  sa  température  9,  Comme  nous 
>ns  plus  tard,  la  vitesse  de  refroidissement  d*un  ther- 
e  dans  une  enceinte  close  est  sensiblement  propor- 
3  à  Texcès  6  —  ^  de  sa  température  sur  celle  de  Ten- 
30urvu  que  cet  excès  soit  suffisamment  petit;  si  l'on 
ue  cette  loi  s*applique  à  notre  calorimètre,  l'abaisse- 
température  pendant  chaque  minute  pourra  être  re- 
\  par 

ience  montre  en  effet  que  la  variation  de  température 
5ée  par  l'excès  moyen  6  —  t  pendant  chaque  minute, 
quantité  sensiblement  constante  A,  et,  celle-ci  étant 
,erminée,  la  formule4)récédente  pourra  servir  ultérieu- 
si  calculer  le  refroidissement  du  calorimètre  pendant 
minute,  lorsqu'on  connaîtra  son  excès  de  température. 
3u  d'être  plus  chaud,  il  était  plus  froid  que  l'enceinte, 
)  formule  servirait  à  calculer  AO,  dont  le  signe  seul 
langé. 

osé,  admettons  que,  voulant  faire  une  mesure  de  cha- 
cifique,  on  plonge  un  corps  chaud  dans  l'eau.  A  partir 
onienl,  le  calorimètre  éprouve  deux  effets  :  1"  il  se 
3  par  la  chaleur  que  lui  cède  le  corps;  2<»il  se  réchauffe 
froidit  par  le  rayonnemenl,^suivant  qu'il  est  à  une  lem- 
plus  basse  ou  plus  élevée  que  l'enceinte;  c'est  ce 
îffel  qu'il  faut  calculer.  Pour  cela,  depuis  le  moment 
lersion  jusqu'à  celui  où  le  maximum  est  dépassé,  on 
le  thermomètre  à  des  époques  très  rapprochées 

e  des  températures 

chaque  intervalle  X\  —  x,  x^—  X\j  x^  —  X:,  . . .,  les 
lures  moyennes  sont 

0  -\-  9i     Oi  -h  0-2     0-2  -+-  0.1 
9  s *  ...  * 


10*  CALORIMÉTRIE. 

et  les  variations  de  température  qui,  pendant  ces  temps,  oi      3i 
clé  occasionnées  par  le  rayonnement  étaient 


^  +  0, 


■^t\(Xi-x),    A(^^-^-A(a;î-ari), 


On  fera  la  somme  algébrique  2 Ad  de  ces  variations;  el 
représentera  rabaissement  total  de  température  que  le  calori 
mètre  a  subi  par  le  rayonnement,  et,  en  l'ajoutant  à  la  tempe 
rature  fmale  On,  on  aura  celle  qu'il  eût  atteinte  si  ce  rayonn 
ment  avait  été  nul.  Alors  Téquation  définitive  sera 

/?X(T  -  dj  =  Pi  ((?„ -V  lAO  -  0. 

Cette  méthode  suffit  dans  la  plupart  des  cas  ;  mais  elle  a  ei 
core  Tinconvénient  de  s'appuyer  sur  une  loi  de  rayonnerai 
incertaine;  car  elle  n'est  établie  que  pour  le  cas  d'un  thei 
momètre  se  refroidissant  dans  une  enceinte  close,  et  rien  n 
prouve  que  la  chaleur  enlevée  par  les  courants  d'air  circula 
autour  du  vase  C  et  surtout  par  l'évaporation  de  l'eau  vari 
proportionnellement  à  l'excès  de  température.  Il  vaut  mieu 
supprimer  ces  courants  d'air  et  mesurer  directement  la  eh 
leur  perdue  par  le  calorimètre  dans  chacune  des  phases  qu' 
iravorso  réellement  pendant  Texpérience  à  corriger. 

Pour  arriver  à  ce  résultat,  M.  Berthelot  (*  )  munit  le  doubi 
vase  calorimétrique  (lE  (Jtg.Ti)  de  couvercles présentantseule 
mont  los  orilîces  nécessaires  pour  laisser  passer  le  therm 
mètre  et   la  tige  do  Tagitateur.   Le   tout  est  contenu  dar»s 
une  double  enveloppe  en  fer-blanc  H,  pourvue  d'un  couvercï  ^ 
ot  renfermant  une  soixantaine  de  litres  d'eau,  constammeK^l 
agitée.  Otte  double  enveloppe  supprime  les  courants  d'ai  i", 
réduit  sensiblement  Tévaporation  et  maintient  le  calorimèl»'^ 
dans  des  conditions  toujours  identiques.  M.  Berthelot  a  trouv^^ 
que,  avec  un  poids  de  tx^o?*^  d'eau  dans  le  calorimètre  et  taniq^^ 
roxcès  tinal  ne  dépasse  pas  2**  et  la  durée  de  Texpérience  dea'^ 
minutes,  cette  disposition  supprime  toute  correction;  rabais" 


31 


Bmiuu.^T,  7t:.-»t.:.'  .:>  r^wr/Nr,  i"*  îi^rîe.  t.  U,  p.  aS3, 345,  et  t.  X,  p-  7*  ' 
'  ,-.'  aMs>i  /Vf,;.  .;>  V.o.; «,».<•  »'*.;-«.,•«<' /oaii/c'^  sur  ia  Tkermoehimirf  t.  ■  * 
p.  1,^1  ol  .M  7.  01  isftrliou)îoi\'monl  p,  ^v^S  .Pjiris,  1S79K 


MÉTHODES  CALORIMËTRIQDES.  n' 

sèment  de  température  du  calorimètre  en  deux  minutes  est  en 
eSét  inférieur  à  -^  de  degré.  Mais,  pour  des  excès  plus  forts 
ou  des  durées  plus  considérables,  de  demi-heure  par  exemple, 
la  correction  à  effectuer  conserve  encore  une  valeur  notable. 
Voici  comment  on  la  détermine. 


-Iprés  avoir  noté  île  minute  en  minute  les  excès  0,0u  0^,  ... 
wmme  dans  la  méthode  de  Itcgnault,  on  exécute,  aussitôt 
'prés  l'expérience  calorimétrique,  une  expérience  à  blanc  dans 
•■f s  Conditions  identiques.  Supposons  par  exemple  que  l'excès 
""si  5„  est  de  4°;  après  avoir  suivi  pendant  quelque  temps  la 
■"arche  du  thermomètre  pour  déterminer  la  perte  de  tempc- 
faiure  a,  rapportée  à  l'unité  de  temps  et  correspondnnt  à  cet 


A 

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1 

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:\ 

1            f 

lu*  CALOUIMÊTUIE. 

(»xci'îs,  on  enlève  du  calorimètre  une  cerlaine  quantité  d'e^iu 
qiHi  l'on  remplace  par  une  quantité  égale  d*eau  froide,  jusqtft  "à 
rrdiiin»  l'excès  à  3";  on  recommence  alors  à  observer  le  r^- 
rroi(iisseni(Mil  du  lliermomètre  calorimétrique  pour  détermin  ^?r 

la  perle  de  température  aj,   ^^i 
♦••  Ton  détermine  de  même  at.  (r  m  - 

I  J,       -^  A  l'aide  de  ces  observations,  oi> 

construit  une  courbe  (^î^.  3)  c?«i 

prenant  pour  abscisses  les  exc^s 

I,  2,  3,  4  6^  des  ordonnées  re^— 

peciivement  égales  à  ai ,  a2>  a^  » 

a%;  ce  serait  une  ligne  droite  si  1^^ 

pertes  étaient    proportionnelle?  s 

JUIN  (»xcès;  l'oxpèrlence  donne  une  courbe  plus  ou  moins  acr— 

«rnluro.   Pour  trouver  alors  la  perte  de  température  Aô  peiï— 

liant  la  pirniière  minute,  il  suffit  de  relever  sur  la  courba 

riM'donnèo  correspondant  à  l'excès  moyen -j  et  ainsi 

tir  suite  pour  les  minutes  suivantes.  La  somme  2A9  de  toutes 
vvs  ordonnées  sera  la  vraie  valeur  de  la  correction. 

APPLICATION  A  LA  VESÏÏBE  DES  GHALEUB8  SftCmQllIES.  —  La  m^  - 

iluMle  (les  mélanges  a  été  appliquée  par  un  grand  nombre 
d'e\|H»iiinentateurs  à  la  mesure  des  chaleurs  spécifiques d^5=  s 
«•oi'ps  s«ili(l(»s  ou  li(|uidcs.  Employée  d'abord  par  Black,  elle  f«-ii 
|MMiiqu«»e  par  IHilongcl  Petit  ('),qui  chauiTaient  les  corps ju  ^ 
(|irà  ion*'  (Ml  3()(>'',  dans  l'eau  bouillanle  ou  dans  Thuile,  etq«->i 
ItMerniinaieiii  par  des  expériences  préliminaires  la  quantité  d*^ 
li(|ui(li*  (|U(»  le  e(»rps  retenait.  Elle  fut  aussi  employée  et  p^*^ 
leiiitMinee  par  Pouillet  (2),  par  Neumann  (*),  et  enfin  B*^ 
Kiiault  [  *  ^  ('(»nsiruisii  un  appareil  destiné  à  régulariser  les  o*^" 


( 


(  '  )  hnox.  ol  Pi.iir,  Journal  de  C École  Polxtechnique^  l.  XI,  et  ÀnntileS 
i'fi  nitf  V    i/i'  /7ii.«ii/M<',   J*  sèrio,  l,  VII,  p.  14^;  1818. 

\  '■)   IVuiiii  I,     ttifnilft  '.le  Chimie  et  de  P/ij-sit/ue,  2*  série,  t.  XX;  1822. 

')  NiMM\>N,   Aniutlei  de  Potffîendor/f,  t.  XXIII,  p    i  ot  4o;  i83i.  ^  . 

{*)  Ui.i.NAU.i,  .-tft/ioli'S  de  Chimie  et  de  Physiifue,  n*  série,  I.  LXXlll,  p- 


i.r  CALORIMÉTRIE. 

mier  est  un  cylindre  LGEF^  qui  est  fermé  à  sa  base  par  \ ^ 

double  registre  qu'on  ouvre  et  qu'on  ferme  au  moyen  d'ur^a 
poignée  1»  et  à  son  sommet  par  un  bouchon  qui  soutient 
thermomètre  fixe  F.  Le  deuxième  DD  reçoit  par  un  tube  H 
courant  de  vapeur  qui  lui  est  envoyé  par  un  alambic  A  et  qiiL  i 
après  avoir  circulé  tout  autour  du  tube  central,  arrive  dans  M 
troisième  compartiment  BB.  Ce  dernier  est  un  manchon  des? 
tiné  à  empêcher  le  refroidissement  de  l'étuve;  après  Favo  ■ 
traversé,  la  vapeur  se  rend  par  un  tube  M  dans  un  serpentin  ^ 
où  elle  se  condense. 

Dans  le  tube  central  LF  de  Tétuve»  on  voit  en  E  une  petis.4 
corbeille  qui  est  formée  par  deux  cylindres  concentriques  A  ^ 
toile  de  laiton.  Le  corps  qu*on  veut  échauffer  est  déposé  darBs 
Tcspace  annulaire  compris  entre  les  deux  enveloppes;  le  them 
momètre  fixe  occupe  la  partie  centrale,  et  la  corbeille  est  soui- 
tenue  par  un  fil  de  soie  G  qui  traverse  le  bouchon  F  et  vien  i 
s'accrocher  à  un  bouton  disposé  à  cet  effet.  On  conçoit  quel  £ 
corps  va  s'échauffer,  que  le  thermomètre  mesurera  sa  tempé- 
rature et  qu'à  la  fin  de  l'expérience  on  pourra  décrocher  le  fl  i 
et  laisser  descendre  la  corbeille  par  son  propre  poids. 

Il  ne  suffisait  point  d'échauCTer  le  corps  dans  cette  étuve,  II 
fallait  encore  empêcher  la  chaleur  rayonnée  par  celle-ci  de  par- 
venir aux  autres  parties  de  l'instrument.  A  cet  effet,  elle  reposai* 
sur  une  botte  métallique  KK  dont  elle  était  séparée  par  uo^ 
plaque  de  liège  peu  conductrice.  Celle  boîte,  remplie  d'eau  à  1^ 
température  ordinaire,  était  percée  d'un  canal  vertical  L,  siti*^ 
sur  le  prolongement  de  l'étuve  GF  et  qui  se  fermait  par  ^^ 
registre  L  Enfin  un  écran  P,  qu'on  pouvait  lever  ou  abaisse^' 
empêchait  les  rayonnements  latéraux.  Par  cette  disposition*' 
l'espace  compris  sous  l'étuve  entre  la  boîleà  eau  KKet  l'écr^*^ 
P  demeurait  à  la  température  de  Tair. 

A  côté  de  ces  diverses  pièces  qui  servent  à  échauffer  le  corp^ 
se  trouve  le  calorimètre  R  que  Regnault  disposait  comme  ncF^ 
l'avons  précédemment  indiqué;  il  est  mobile  sur  une  coulis ^ 
horizontale  et  peut  être  poussé  en  avant  jusqu'à  venir  se  plac^  ^ 
au-dessous  de  l'étuve.  Cela  a  exigé  une  particularité  de  co  ^ 
struction  que  nous  n'avons  point  encore  décrite.  Comme 
thermomètre  T,  qui  accompagne  le  calorimètre  dans  ce  mouv  ^ 


MÉTHODES  CALORIMÉTRIQUES.  i5* 

ment,  aurait  rencontré  la  botte  à  eau  K,  on  a  été  obligé  de  faire 
dans  cette  boîte  et  dans  Tétuve  une  coupure  verticale  à  travers 
laquelle  passe  la  tige  de  ce  thermomètre. 

Voici  maintenant  le  mode  d'expérimentation.  L'écran  Pétant 
abaissé  et  le  corps  placé  dans  la  corbeille  autour  du  thermo- 
mètre F,  on  fait  passer  le  courant  de  vapeur.  On  reconnaît  qu'il 
but  au  moins  deux  heures  avant  d'atteindre  la  température 
Maximum.  Elle  se  fixe  généralement  vers  gS^»  et,  quand  elle  s'est 
maintenue  pendant  une  demi-heure  sans  variation,  on  se  pré- 
pare à  faire  l'observation.  On  remplit  le  calorimètre  d'un  poids 
d*eau  connu  :  c'était  l'eau  contenue  dans  un  flacon  jaugé  dont 
'''Capacité  était  connue  à  toute  température.  On  observe  le 
''ïennomètre  T,  lequel  fait  connaître  la  température  initiale  de 
''^^U;  puis  on  soulève  l'écran  P,  on  amène  le  calorimètre  sous 
Téiuve,  on  enlève  le  tiroir  I  et,  décrochant  le  fil  de  soie  G,  on 
'aisse  descendre  dans  le  calorimètre  la  corbeille  et  le  corps 
ï^'elle  contient.  Cela  fait,  on  ramène  ce  calorimètre  à  sa  place 
P^^mitive  et  l'on  agite  la  corbeille  dans  l'eau  en  la  soutenant 
P***  son  fil  de  suspension. 

Il  est  bien  évident  que  dans  cette  manipulation  le  calorimètre 
^^  s'est  point  échauffé  par  le  rayonnement  de  l'étuve,  puisque 
^®  rayonnement  a  été  annulé  par  la  boîte  KK;  il  est  bien  évi- 
"^ni  aussi  qu'en  descendant  dans  l'eau  le  corps  ne  s'est  point 
•^froidi  d'une  manière  sensible,  car  il  n'a  parcouru  dans  l'air 
S'^'un  trajet  très  court  pendant  un  temps  insignifiant.  Le  reste 
^^  l'observation  s'exécute  conformément  à  la  méthode  générale 
V^^  nous  avons  indiquée  précédemment. 

t^ans  le  but  de  faciliter  les  recherches  pour  certaines  condi- 
^^tis  spéciales,  Regnault  modifia  souvent  son  appareil  pri- 
"^îtîf.  Il  lui  donna,  par  exemple,  la*  forme  dessinée  (Jig,  5)  qui 
s^  conçoit  sans  explication  (*).  Celle  nouvelle  disposition  per- 
''^eilait  d'échauffer  l'étuve  à  des  températures  quelconques  en 
plaçant  une  lampe  au-dessous,  ou  bien  de  la  refroidir  par  un 
Wiélange  réfrigérant  et  quelquefois  par  de  l'acide  carbonique 
solide. 


(  *  )  Regnault,  Annales  de  Chimie  et  de  Physi(/ue,  3*  série,  t.  XLVI,  p.   270; 


iG*  CALORIMËTRIE. 

Pour  les  liquides  on  se  servit  d'abord  de  l'appareil  primi 
On  les  plaçait  dans  des  tubes  fermés  qu'on  chauffait  dans  I 
tuve.  Mais,  plus  récemment.  Regnault  construisit  un  nou' 
instrument  représenté  PI.  l.fig.  i .  Le  liquide  éuit  échauffé 
refroidi  dans  un  réservoir  M  au  milieu  d'une  étuve  que  l'i 
pouvait  remplir  d'eau  plus  ou  moins  échauETéeou  d'un  mélan 
plus  ou  moins  refroidissant.  Ce  réservoir  était  prolongé  par  i 
tube  à  robinet  B  qui  sortait  de  l'étuve  à  travers  un  bec  garu 


'm»  on    1 


par  une  cloison  et  entrait  aussitôt  dans  un  calorimètre  compo-^^sé 
d'un  réservoir  (^I)  entouré  d'eau.  Le  liquide,  refroidi  ou  ^*- 
chauffé  dans  l'étuve,  était  lancé  dans  le  calorimètre  à  un  m  *>' 
ment  donné  par  une  pression  que  l'on  exerçait  au  moyen  cf" 
tube  G  et  l'on  déterminait  l'abaissement  ou  l'échauifementdfi 
lempéralure  qui  se  produisait  dans  le  calorimètre.  Les  corre*^' 
tioiis  étaiciil  faites  par  la  méthode  précédemment  décrite.  C-^^ 
appareil  permet  de  mesurer  les  chaleurs  spcciliques  entre  d^* 
limiics  quelconques  de  température. 

Les  méthodes  et  les  appareils  qu'il  nous  reste  à  décrire  "* 
semblent  pas  présenter,  tous  à  un  égal  degré,  les  garanti*' 
de  précision  extrême  que  nous  offre  la  méthode  des  mélan^^ 
ainsi  appli(|uée.  Toutefois,  il  est  indispensable  de  les  connaîtra 


MÉTHODES  CALORIMÉTRIQUES.  i?' 

uni  à  cause  de  leur  împorlance  historique  que  des  semces 
qu'«n  peut  en  attendre  dans  des  cas  particuliers,  ou  quand  une 
exaciiiude  absolue  n'est  pas  de  rigueur. 

auiOBIMËTRE  A  VEHGDBE  DE  FATBE  ET  SILBEBUni.  —  Favre  et 
Silbermann  ont  employé  une  disposition  particulière  de  la  mé- 
thode des  mélanges,  qu'ils  ont  surtout  appliquée  à  l'étude  de 
phénomènes  calorifiques  exigeant  un  long  temps  pour  se  pro- 
duire. Leur  appareil,  nommé  par  Favre (')  thermomètre  à 
«ï/or/w,  se  compose  essentiellement  {fig.  6)  d'une  sphère  en 


Fig.  6. 


'er  un  en  verre  A,  pleine  de  mercure,  qui  communique  avec 
"n  tube  étroit  CDF  et  dans  laquelle  s'enTonceni  un  ou  plusieurs 
moulles  métalliques  A,  ouverts  à  l'extérieur.  Cet  instrument 
*:onsiiiue  un  thermomètre  à  très  gros  réservoir  et  à  lige  CD 
•fès  fine.  Si,  par  un  moyen  quelconque,  on  y  fait  pénétrer  une 


f  '  )  Fiïm;,  JnaitUi  de  Cl'imil  el  de  Phyii/ue,  3*  s 
'■  txxvil,  p.  4i6;  t.  XL,  p.  jgS:  J- Bcpie,  t.  XXVI,  p.  X 
'■  "-XH,  p.  87;  5-  «ério,  t.  1-,  p.  ^38;  iSSi  à  1874. 

*-    et  B.,  CalorimiirU.  —  W.  V  faac. 


i8*  CALORIMÉTRIE. 

quantité  déterminée  de  chaleur,  le  mercure  se  dilate  prop 
tionnellement  à  cette  quantité,  le  sommet  D  s'avance  dan 
tige  CD  qui  est  graduée  et  Ton  peut  suivre  ses  mouvem( 
avec  une  lunette  L.On  empêche  le  refroidissement  de  Tins 
ment  au  moyen  d'une  botte  qui  l'enveloppe  et  qui  est  rem 
de  duvet.  Cette  botte  est  figurée  en  coupe  dans  la  figure. 

Avant  de  faire  une  expérience,  on  commence  par  amené 
sommet  D  à  l'origine  de  la  tige  en  un  point  marqué  zéro.  F 
y  parvenir,  on  a  disposé  au-dessus  de  l'appareil  une  deuxi( 
tubulure  rodée  dans  laquelle  s'enfonce  un  piston  que  l'on 
mouvoir  par  une  vis  B.  Quand  on  enfonce  ou  qu'on  soûl 
ce  piston,  le  mercure  est  chassé  ou  rappelé  et  par  conséqu 
le  sommet  D  peut  toujours  être  amené  au  zéro  des  divisic 
quelle  que  soit  la  température  de  l'enceinte. 

Cela  posé,  on  gradue  l'appareil  de  la  manière  suivante, 
place  dans  une  pipette  E  un  poids  connu  jsj  d'eau  que  1 
échauffe  avec  une  lampe  à  alcool  jusqu'à  la  températur 
d'ébullition  ;  puis  retournant  la  pipette,  on  fait  couler  l'eau  d 
le  moufle.  Cette  eau  se  refroidit  jusqu'à  la  température  i 
biante  6  et  perd  un  nombre  de  calories  w  (0  —  0).  On  not 
nombre  de  divisions  n  dont  le  sommet  D  s'est  avancé, 

~77T — fiT  exprime  le  déplacement  qu'il  éprouve  pour  chat 

calorie  cédée  à  l'appareil.  Soit  a  ce  déplacement. 

11  est  maintenant  évident  que  si,  au  lieu  d'eau,  on  introc 
dans  le  moufle,  au  moyen  de  la  même  pipette,  un  poidi 
d'un  liquide  quelconque  à  T",  il  perd,  en  se  refroidissa 
pC(lL  —  6)  calories,  et  s'il  fait  avancer  le  mercure  de  m  di 

sions,  il  a  cédé  —  calories.  On  a  donc 

a 

d'où  l'on  tire  la  valeur  de  C. 

M.  Jamin  a  modifié  comme  il  suit  l'appareil  de  Favr€ 
Silbermann  {fig,  7).  Le  réservoir  de  mercure  est  en  verre; 
moufies  sont  en  A;  le  tube  DF,  qui  représente  la  tige  du  tl 
momètre,  est  vertical.  On  peut  l'enlever  ou  le  remettre  pai 
collier  à  gorge  D.  Le  piston  qui  servait  à  ramener  le  merc 


MÉTHODES  CALORIMÉTRIQUES.  19* 

au  zéro  est  remplacé  par  un  large  tube  M  qui  communique' 
avec  le  réservoir  par  l'inlerniédiaire  d'un  robinel  N.  Aussitôt 
qu'on  ouvre  ce  robinet,  le  mercure  prend  dans  les  deux  tubes 


"  liiveau  M  qui  est  sensiblement  invariable.  Quand  on  veut 
^*ï»plir  l'appareil,  on  fait  le  vide  par  FD  et  l'on  verse  le  mer- 
"*"€  par  MN,  tout  en  continuant  de  faire  jouer  la  machine 
.  '^^umatique;  aussitôt  que  son  niveau  apparaît  en  I),  on  Terme 
'  •'obinel  N. 


20*  CALORLMÉTRIE. 

Les  opérations  se  font  comme  avec  Tapparell  précéc 
les  mêmes  précautions  sont  prises  pour  garantir  le  vase 
froidissement(*). 

MÉTHODE  DE  LA  FUSION  DE  LA  GLACE.  —  On  a  souvent 
des  mesures  calorimétriques,  en  déterminant  le  poids  de 
à  zéro  qui  peut  être  fondu  et  transformé  en  eau  à  zér 
l'absorption  de  la  quantité  de  chaleur  à  mesurer.  i«'  de 
absorbe  dans  ces  conditions  80^"^;  il  suffira  donc  de  mu 
par  80  le  poids  d'eau  formé  :  le  résultat  sera  exprimé  ei 
ries. 

Cette  méthode  a  été  imaginée  par  Wilcke,  mais  Bl 
Ir\^'ine(*)  sont  les  premiers  qui  aient  réalisé  par  son  ; 
des  mesures  précises.  Black  préparait  un  calorimètre  a 
bloc  de  glace  pure  et  exempte  de  bulles.  Il  usait  sur  u 
jusqu'à  la  rendre  plane  une  des  faces  de  ce  bloc  et  creu 
son  milieu  une  cavité  assez  grande  pour  contenir  les  corf 
il  voulait  mesurer  la  capacité  calorifique.  Il  préparait  de 
une  lame  de  glace  bien  plane  qui  devait  servir  de  cou^ 
puis  il  essuyait  avec  soin  l'intérieur  de  la  cavité  ainsi 
surface  du  couvercle  et  il  plaçait  celui-ci  sur  le  bloc, 
état  l'appareil  pouvait  être  abandonné  dans  l'air  sans  ( 
fondît  aucune  portion  de  glace  dans  la  cavité  ni  sous  I 
vercle,  car  la  chaleur  extérieure  était  arrêtée  par  les 
Alors  on  échauffait  jusqu'à  T*»  la  substance  qu'on  vouh 
dier,  puis,  soulevant  le  couvercle,  on  la  projetait  dans 
vite  et  l'on  refermait  l'appareil.  Au  bout  de  peu  de  len 


(')  Dans  ce  qui  précède,  on  a  supposé  la  colonne  merciirielle  imm 
moment  où  l'on  commence  une  expérience.  En  réalité,  celte  colonne 
un  déplacement  continuel,  dont  on  doit  tenir  compte  dans  les  expéri 
longue  durée.  A  cet  eflfet,  on  observe  les  valeurs  a  et  /3  de  ce  dépi 
cinq  minutes  avant  et  après  rexpériencc,  et  l'on  en  conclut  le  dèplac 
qui  se  serait  produit  dans  la  durée  t  de  l'expérience, 


0    =■  r—  i. 


(-)  f'oir  Fischer,  Histoire  de  la  Physique^  t.  VU.  Les  recherches  de 
ont  été  publiées  dans  les  M  t  moires  de  l' Académie  suédoise  ^  t.  XX  XT 
177a,  et  t.  II  (nouvelle  série),  p.  '19  de  la  traduction  allemande. 


MÉTHODES  CALORIMÉTRIQUES.  31* 

corps  était  rerroidi  jusqu'à  zéro.  Alors  on  ouvrait  le  calori- 
mètre, on  faisait  écouler  l'eau  de  fusion  dans  un  vase  taré 
d'avance  el  l'on  achevait  d'essuyer,  avec  un  linge  taré  aussi, 
riniérieur  du  trou  ei  le  dessous  du  couvercle  ei,  pesant  de 
nouveau  le  linge  et  le  vase,  on  obienaîl  le  poids  de  glace 
Tondue. 

Soient  P  le  poids  et  C  la  chaleur  spécilique  du  corps  étudié. 
En  se  refroidissant,  il  a  perdu  PCT"'.  Soit  d'autre  part  p  le 
poids  de  glace  fondue;  elle  a  absorbé  une  quantité  de  chaleur 
«gale  à  80/)  et,  en  égalant  la  perte  au  gain,  on  a 


PCT..8o,>,     C^-^^- 

L«place  et  Lavoisier  adoptèrent  la  même  mélhode{'),  mais 

en  remplaçant  le  bloc  de  glace  par  un  calorimètre  plus  com- 
plexe (Jig.  8)  qui  figure  encore 

^*ns  quelques  cabinets  de  phj- 

^iQue.  II  comprend  une  grille  en 

Bis  métalliques  B,  qui  se  ferme 

P*p  un  couvercle  et  où  se  place 

'*   Corps  A  qu'on  étudie.  Tout 

autour   et    au-dessus    de   celle 

8"'le  se  trouve  de  la  glace  con- 

•^^Ssée  que  la  chaleur  abandon- 
née par  le  corps  doit  fondre  ei 
""*  robinet  F  est  destiné  à  re- 
•^"eillir  l'eau  provenant  de  la 
'"Sion_  Enfin  une  troisième  en- 
*^®'oie  extérieure  DDD,  qui  elle-' 
'"^^Hieest  remplie  de  glace,  enve- 
'°I>|5e  le  compartiment  moyen  C 
_  il  empêche  la  chaleur  exié-  '. 
"^Ure  de  pénétrer.  L'n  deuxième 
"i  ^  laisse  écouler  l'eau  de  fusion  provenant  de  ce  man- 
cnon  [)i)|),  II  est  inutile  d'insister  sur  l'imperfection  de  cet 


1  LiniCE   et   LiTOitiER.  .Vrmoirei  de  f^cailémi 
'^ttidt  LaveiiUr,  t.  Il,  p,  aM3. 


M*  CALORÏMÉTRIE. 

appareil.  Il  suHit  de  remarquer  que  les  Traginenls  degl*^c=e 
reiiennenl  dans  leurs  tntersiices  une  quaniité  d'eau  qu'il  &■  il 
aussi  impossible  d'évaluer  que  de  compenser,  par  exemple  ^=-n 
saluram  d'eau  à  l'avance  la  quantité  de  glace  employée. 

CUOBIMÉTBE  DE  BTOBnf.  —  Au  lieu  de  déterminer  le  poidsc*  e 
("eau  de  fusion,  M.  Bunsen  (' )  a  eu  l'idée  de  mesurer  la  dim  *- 
iiulion  de  volume  résultant  du  passage  de  la  glace  à  l'élatl  »- 
quide.  L'appareil,  en  forme  de  thermomètre  {fig.  9),  conlieB^t 
dans  son  réservoir  B  un  mélange  d'e*  « 
et  de  glace,  au-dessus  d'une  masse  tS  c 
mercure  qui  occupe  le  fond  du  rése  ^n- 
voir  et  le  tube  coudé  CDS.  Le  corps  (  ^) 
dont  on  veut  déterminer  la  cbalet^** 
spécifique  est  introduit  à  T*  dans  ■  « 
tube  A  en  verre  mince,  lequel  coniier"»! 
de  l'eau  à  zéro  jusqu'au  trait  a.  L»  a 
quantité  de  chaleur  dégagée  s'évati^  « 
en  mesurant  le  retrait  de  la  coloni»  « 
mercurielle  dans  le  tube  S.  Toutl'aK»- 
pareil,  à  l'exception  de  l'extrémité  tSe 
la  lige,  est  proiégé  contre  les  causas 
extérieures    de    refroidissement  ou 
dcchauffoment,  par  un  vase  reropl' 
de  neige  a  zéro,  qui  entoure  le  réser^ 
voir  B  et  la  partie  non  capillaire  <*" 
tube. 
Pour  préparer  l'appareil  et  éviter  absolument  le  dégagemC*^ 
possible  d'une  bulle  tl'air  dans  son  intérieur,  on  procède  d6  '" 
manière  suivante  :  on  remplit  le  réservoir  B  d'eau  bouillie,'  ^^ 
opérant  à  peu  près  comme  si  l'on  voulait  construire  un  ih*^ 
momètre  à  poids,  et  on  le  redresse  dans  fa  situation  indiqf^ 
par  la  figure.  Il  faut  alors  verser  par  le  tube  ouvert  C  du  m^*^ 
cure  bouilli;  on  le  fera  pénétrer  Jusqu'en  B,  en  inclinant 


riB. 

i 


i 3r 


{')  Bc?>SEi,  :-tannIei  de  Pnggeiidorff,  l.  CXI.I  ;  analirsé  dsna  le*  ^nnal 
Chimie  r!  de Phyti;!,!!,  3-  ïirie,  t.  XXIll,  p.  5o:  1871. 

(')  11  mira  c  le  clin  II  (Té  ù  T"  clan*  une  lituTC  ann(oj;ue  n  celle  de  Regnaii 


MÉTHODES  CALORIMÉTRIQUES.  23' 

lube  de  manière  que  l'eau  passe  dans  la  branche  C,  d'où  elle 
s'écoule  à  l'extérieur. 

Cela  fait,  on  soutire  l'eau  qui  reste  dans  la  branche  C,  et  l'on 
achève  de  dessécher  le  mercure  qui  en  occupe  la  partie  infé- 
rieure (');  enfin  on  remplit  la  branche  C  avec  du  mercure  que 
l'on  verse  par  un  entonnoir  capillaire,  de  manière  à  éliminer 
du  tube  toute  bulle  d'air. 

Pour  opérer  la  congélation  partielle  de  l'eau  autour  du  tube 
A,  on  fait  passer  dans  ce  tube  un  courant  d'alcool  préalable- 
ment refroidi  à  l'aide  de  la  disposition  indiquée  par  U^g.  lo. 


^^  phénomène  de  la  surfusion,  qui  se  produit  toujours  avec 
leau  bouillie,  retarde  beaucoup  la  formation  du  manchon  de 
S'ace;  mais,  dès  que  la  congélation  commence  à  se  produire 
*"  Un  point,  elle  se  propage  avec  une  grande  rapidité. 

Il  ne  reste  plus  qu'à  placer  l'appareil  dans  le  vase  protecteur 
■^nipii  de  neige  et  à  adapter  le  lube  gradué  S,  que  l'on  en- 
loncera  plus  ou  moins,  à  l'aide  d'un  long  bouchon,  dans  la 
Sarniiure  yD,  de  manière  à  amener  l'extrémité  de  la  colonne 


_'  Hïercure  à  occuper  dans  le  tube  une  situation  convenable. 
"^  elle  doit  demeurer  absolument  fixe.  En  ayant  soin  de  renou- 
^'^r  la  neige  dans  le  vase,  on  pourra  conserver  le  manchon  de 
°  ^ce  pendant  des  semaines  entières;  et,  comme  il  suffit  d'un 

_..V^    Pour  cela  on  taille  vide  ûii-dea»iiBdu  mercure  M  l'on  àchùvo  lo  Jcssit- 


ai*  CALORIMÈTRIE. 

poids  de  glace  fondu  très  minime  pour  faire  parcourir  au  m  itf^ 
cure  les  4oo  divisions  du  lube  capillaire,  on  pourra,  s^^ds 
renouveler  la  congélation,  effectuer  un  grand  nombre  de  n^^^ 
sures  calorimétriques.  A  chaque  nouvelle  expérience  il  faud^Pra 
seulement  enfoncer  un  peu  plus  le  bouchon  pour  ramener  le 
mercure  à  Textrémité  du  tube  S. 

Pour  déterminer  la  valeur  de  la  calorie  en  divisions  du  tuKDe 
S,  on  versera  dans  le  tube  A  un  poids  connu  p  d'eau  à  uK'Tie 
température  t^  et  Ton  observera  le  nombre  n  de  divisions  do  ^l 
recule  la  colonne  mercurielle  avant  de  se  fixer;  une  caler* Se 

correspond  à  un  déplacement  de  —  divisions.  Soient  maint«^ 

nant  C  la  chaleur  spécifique,//  le  poids,  €  la  température d'i^  n 

corps;  on  l'introduit  dans  le  tube  A  contenant  de  l'eau  à  zér^o, 

et  l'on  observe  que  la  colonne  mercurielle  recule  de  n'  divisior""«s 

n! 
valant  —/;^ calories;  on  aura  donc(*) 

A?/   pt 
n  pi 

Ce  mode  d'emploi  de  Tappareil,  comparable  à  Tusage  de  Mi 
balance  dans  les  doubles  pesées,  élimine  toute  cause  d'erremjr 
résultant  d'une  évaluation  inexacte  de  la  chaleur  latente  def^J- 
sion  de  la  glace. 

Il  n'y  a  d'autre  correction  à  faire  subir  aux  résultats  q«J  * 
celle  qui  provient  d'un  mouvement  très  lent  de  la  colon^i^ 
mercurielle  dans  le  lube  S,  mouvement  dont  l'amplitude  ^* 
dépasse  pas  2  à  3  divisions  par  heure;  pour  éliminer  ce*-*-^ 
cause  d'erreur,  on  observe  la  position  de  l'extrémité  de  la  cO" 
lonne  demi-heure  avant  et  demi-heure   après   l'expérieo^^'. 
Soient  p  et  q  le  nombre  de  divisions  dont  le  mercure  a  rec^ 
par  minute  dans  cet  intervalle,  0  la  durée  de  l'expérience    ^ 
minutes  :  la  valeur  de  la  correction  est  ^  (/?  -i-  (?)  0.  La  métho^ 


('  )  On  remarquera  que  cette  mùthode  est  identique  à  celle  qu'ont  emploi 
Favreot  Silbermann.  La  forme  de  l'appareil  de  Bunsen  est  aussi  très  analo^^ 
à  celle  que  Favre  avait  imaginée  pour  son  thermomètre  à  calories,  plus  ^*^ 
vingt  ans  auparavant. 


MÉTHODES  CALORIMÉTRIQUES.  a5* 

Bunsen  paratt  aussi  irréprochable  que  la  méthode  des 
ges  elle-même. 

HODES  PAR  COMPABilSON.  —  Pour  étudier  la  chaleur  spéci- 
d*un  liquide,  on  peut  fournir  ou  enlever  à  une  masse 
le  de  ce  liquide  une  quantité  de  chaleur  connue,  er 
per  la  variation  de  température  produite.  C'est  filack  (  »  ) 
eu  le  premier  l'idée  de  cette  méthode.  II  comparait  les 
ffements  produits  par  une  même  flamme,  brûlant  pendant 
nps  déterminé,  au  sein  d'un  calorimètre  qui  recevait  suc- 
ement des  poids  égaux  de  divers  liquides.  Cette  manière 
)duire  des  quantités  égales  de  chaleur  manquait  évidem- 
de  précision  et  Black  ne  tarda  pas  à  l'abandonner;  mais 
lomsen  (2)  a  effectué  des  mesures  plus  exactes,  en  brû- 
u  sein  d'un  calorimètre  des  poids  égaux  d'hydrogène  :  il 
ngeait  de  façon  que  la  température  initiale  du  liquide  ex- 
enté  fût  inférieure  à  la  température  du  milieu  ambiant, 
quantité  égale  à  l'excès  de  température  flnal.  L'hydro- 
brûlant  avec  une  vitesse  constante,  échauffe  le  calori- 
proportionneilemenl  au  temps  et,  par  suite,  toute  cor- 
n  relative  au  refroidissement  disparait. 
Marignac('),  M.  Hirn(^)  introduisent  la  chaleur  dans 
calorimètres  en  prenant  comme  source  un  gros  thermo- 
,  lequel  indique  avec  beaucoup  de  précision  sa  propre 
rature  au  moment  de  l'immersion.  On  supprime  la  cor- 
n  relative  au  refroidissement,  en  faisant  varier  la  quantité 
uide  sur  lequel  on  opère  jusqu'à  ce  que  réchauffement, 
it  par  une  quantité  i\\e  de  chaleur  cédée  par  le  ihermo- 
,  devienne  égal  à  celui  d'un  poids  d'eau  connu,  placé 
e  même  calorimètre.  Les  poids  d'eau  et  de  liquide  sont 
en  raison  inverse  de  leurs  chaleurs  spécifiques. 

oir  Fischer,  Histoire  de  la  Physique^  t.  VU. 

'homsex,  Sur  la  chaleur  spécifique  des  dissolutions  aqueuses  {Annales  de 

dorff^  t.  CXLII,  p.  337,  et  Journal  de  Physique^  r*  série,    l.  l",  p.  3î; 

ARic?iAC,  Archives  des  Sciences  physiques  et  naturelles  de  Genève ^  1870, 

nal  de  Physique,   i'*  série,  t.  1",  p.  35. 

[iBîi,  Comptes  rendus  de  l'Académie  des  Sciences^  l.  LXX,  p.  692;  1870. 


26*  CALORIMÉTRIE. 

Pour  introduire  simultanément  dans  deux  calorimètres  iden- 
tiques des  quantités  égales  de  chaleur,  M.  Joule  (  '  )  a  eu  l'idée 
d'y  plonger  deux  spirales  conductrices  égales,  traversées  simul- 
tanément par  un  même  courant  électrique.  Cette  méthode  a 
été  appliquée  depuis  par  divers  expérimentateurs,  spécialement 
par  M.  Pfaundler(2)  et  par  M.  Jamin(3).  Voici  comment 
M.  Jamin  a  opéré- 

Le  calorimètre  est  un  vase  cylindrique  allongé,  en  cui^ 
mince,  sur  lequel  on  enroule  environ  8°*  d'un  fil  de  maillechort 
recouvert  de  soie  deo°»",2  de  diamètre.  Cette  spirale  com- 
mence au  fond  du  vase  et  s'élève  au  tiers  de  sa  hauteur;  die 
est  reliée  au  circuit  par  des  fils  de  cuivre  de  grand  diamètre. 
Sa  résistance  a  été  mesurée  d'avance  à  toutes  les  température 
de  l'expérience.  On  l'enveloppe  d'un  léger  ruban  de  soicpoof 
la  fixer,  de  duvet  de  cygne  pour  l'isoler,  et  l'on  en  enfonce^*'' 
tout  dans  une  enveloppe  extérieure  de  cuivre  mince  poli.QuaO^ 
le  calorimètre  contiendra  un  liquide,  la  chaleur  presque  toul 
entière  se  transmettra  à  la  paroi,  puis  au  liquide;  une  portioi^ 
à  peine  sensible  sera  transmise  au  duvet. 

Il  faut,  bien  entendu,  que  le  liquide  soit  continuellement  r^ 
nouvelé  au  contact  de  la  paroi  par  une  agitation  méthodique*  ^ 
cet  effet,  on  plonge  dans  le  calorimètre  une  corbeille  formée  d^ 
deux  tubes  concentriques  en  toile  métallique.  Une  machine  ^ 
colonne  d'eau  l'élève  et  l'abaisse  à  intervalles  égaux;  un  th^*"* 
momètre  marquant  tw  de  degré  plonge  dans  le  tube  centra^ 
il  est  immobile  et  on  l'observe  avec  une  lunette.  Lorsqu'o*^ 
veut  mesurer  la  chaleur  spécifique  des  solides,  on  les  plac^ 
dans  la  corbeille  au  milieu  de  l'eau. 

L'opération  est  d'une  extrême  simplicité.  Après  avoir  ver^^ 
dans  le  calorimètre  le  poids  de  liquide  qu'on  veut  étudier,^ 
l'avoir  agité  quelque  temps,  on  observe  pendant  cinq  minute' 
la  marche  du  thermomètre.  Généralement,  il  est  immobile.  O^ 


(  '  )  Joule,  Mcmoirs  of  LUterary  and  Philosophical  Society  of  Manchette 
i846,  t.  VU,  p.  559. 

(')  Pfaundler,   Comptes  rendus  de  F  Académie  de  Vienne  ^  l.  LIX,  1869; 
(luit  dans  les  Annales  de  Chimie  et  de  Physique,  4*  série,  t.  XXII,  p.  4^'»  '^7 

(')  Jamin,  Comptes  rendus  de  P Académie  des  Sciences,  t.  LXX,  p.  637;  187 


MÉTHODES  CALORIMÉTRIQUES.  27* 

uile  passer  un  courant  d'inlensilé  mesurée,  pendant  une 
X  minutes,  jusqu'à  produire  une  élévation  de  tempéra- 

3»  ou  4°;  on  la  note,  après  quoi  on  suit  pendant  cinq 
s  le  refroidissement  du  thermomètre.  On  connaît  la 
é  de  chaleur  versée;  on  a  mesuré  l'effet  qu'elle  a  pro- 
l'on  en  déduit  la  capacité  cherchée  par  l'application  des 
es  ordinaires  de  la  calorimétrie. 
eut  supprimer  complètement  la  correction  relative  à 
lérature,  en  munissant  extérieurement  le  calorimètre 
deuxième  spirale,  vingt  fois  plus  longue  par  exemple 

première  et  en  plongeant  le  tout  dans  un  vase  qui 
it  vingt  fois  plus  de  liquide  que  le  calorimètre  et  qui 
enceinte.  Le  courant  passe  à  la  fois  dans  les  deux  spi- 
'  dégage  des  quantités  de  chaleur  proportionnelles  aux 
I  de  liquide  et  par  suite  y  produit  des  échauffements 

A  tout  moment  le  calorimètre  et  l'enceinte  sont  en 
re  de  température,  et  le  premier,  ne  gagnant  et  ne 
t  rien  par  rayonnement^  n'est  soumis  qu'à  l'action  du 
t. 

ODE  DE  BEFBOIDISSEMENT.  —  Au  même  genre  d'expérimen- 
5e  rapporte  la  méthode  du  refroidissement,  employée 
long  et  Petit  (  *  )  et,  plus  tard,  par  Regnault  (  ^  ),  pour  la 
linatlon  des  chaleurs  spécifiques.  Elle  se  fonde  sur  ce 
ux  corps  de  même  surface  et  de  même  pouvoir  émissif, 
à  la  température  ^dans  une  enceinte  à  la  température  de 
erdront,  en  un  même  temps  très  petit  cte,  des  quantités 
leur  égales,  d'où  résulteront  des  abaissements  de  tem- 
'e  dt  et  dt  en  raison  inverse  de  leurs  poids  et  de  leurs 
*s  spécifiques. 

ieu  d'observer  les  abaissements  de  température  infi- 

peiils  produits  dans  un  même  temps  très  court,  on 

endre  l'observation  à  des  intervalles  de  temps  finis,  et 

lême  abaissement  de  température,  de  5°  par  exemple. 


LosG  et    Petit,  Annales  de  Chimie  et  de   Physique,   a"   série,   l.  X, 
c?ïAULT,  jénnales  de  Chimie  et  de  Physique,  3*  série,  t.  IX,  p.  827  ;  i843. 


•28* 


CALORIMÉTRIE. 


dt 


Soit,  en  effet,  — ^  la  vitesse  du  refroidissemenl;  on  a,  pour 
l'un  quelconque  des  corps  que  Ton  compare, 

dt 


(I) 


dx      PC 


;9(0, 


où  9  (/)  est  une  même  fonction  inconnue  de  l'excès  f  delal«»- 
pérature  du  corps  sur  la  température  de  l'enceinte.  On  tiredcli 


c/oc  =r  -  PC 


dt 


9U) 


X 


--^m- 


=  PCF(0. 


F  est  une  nouvelle  fonction  qui,  ne  dépendant  que  de  9, se» 
la  même  pour  tous  les  corps  que  nous  considérons. 

Désignons  par  x^  et  X2  les  temps  que  deux  corps,  phcés 
dans  l'enceinte  dont  la  température  est  égale  à  zéro,  meUCitt 
pour  se  refroidir  de  ^i  à  ^2  ;  on  a 


x,=zVC  [F(^i)-F(^2)], 
^•,  =.FC'[F(^i)-F(^2)] 


et,  par  suite. 


^2 
.Xi 


PT/ 
T>C 


Cette  dernière  relation  permet  de  calculer  C  quand  on  con- 
naît C. 

Voici  comment  Dulong  et  Petit  ont  opéré.  Ils  employaient 
un  petit  vase  d'argent  très  mince  D  (Jig.  11),  formé  de  deu^ 
cylindres  concentriques  qui  laissaient  entre  eux  un  espace  an* 
nulaire.  C'est  dans  cet  espace  que  l'on  plaçait,  après  Favoirr^ 
duit  en  poudre,  un  poids  P  du  corps  à  étudier.  On  l'y  tassai^ 
fortement  et  l'on  fermait  le  vase  par  un  couvercle  d'argcH 
percé  d'un  trou  correspondant  au  tube  central,  dans  lequel  o^ 
introduisait   un  thermomètre.  Il  est  évident  que  toutes  le^ 
poudres  que  l'on  placera  dans  cet  appareil  auront  la  mèm^ 
surface  S,  qui  sera  celle  du  vase  lui-même. 

Ce  vase  d'argent  était  poli  extérieurement  et  sa  surface  con-^ 


MÉTHODES  CALOBIMÉTRIQUES.  19- 

isiblement  le  même  élal  pendant  les  expériences. 

!  était  formée  par  un  cj'lindre  métallique  garni  inté- 

t  de  noir  de  famée,  dans  lequel  on  faisait  le  vide  par 

ï  et  qui  était  fermé  par  un  couvercle  rodé  A.  Le  iher- 

ilait  luté  dans  ce  couvercle,  ei  le  vase  D  y  était  sus- 
deux  fils  de  soie.  Avec 

itions,  le  pouvoir  émissif  ^'B-  "■ 

constant. 

Ile  était  soutenue  par  des 

;n  bois;  elle  était  entou- 

enveloppe  EF  remplie  de 

i  qui  maintenait  la  tempé- 

zéro.  Quand    on   voulait 

I  échauffait  le  vase  D  jus- 

u  40°;  on  le  plaçait  dans 
et,  après  avoir  fait  rapi- 

;  vide,  on  suivait  le  re- 

ent   avec   un   compteur. 

1  les  aiguilles  en  marche 
température    arrivait  à 

et  on   les  arrêtait  quand  elle  avait  baissé  jusqu'à 

!  qui  faisait  connaître  le  temps  x  du  refroidissement 

K  excès  de  température  toujours  les  mêmes. 

li  du  vase  d'argent  complique  les  conditions  du  re- 
ent.  Si  son  poids  était  nul,  ainsi  que  celui  du  iher- 
on  aurait  pour  les  deux  liquides  que  l'on  compare 


[)OiUs  ne  peuvent  être  négligés;  comme  ils  sont  très 
rapport  à  celui  de  la  substance,  il  suffit,  pour  en  te- 
e,  d'ajouter  à  PC  et  à  P'C  la  somme  fi  des  produits 
-i-ia'y",  (ju'on  obtient  en  multipliant  les  poids  du 
du  verre  du  thermomètre  et  du  vase  d'argent  par 
eurs  spécifiques  respectives.  Désignons  celle  somme 
ous aurons 

.1:,       \>C  -*j>. 

j;  "    l'i;  ;'■  « 


3o^  CALORIMÉTRIE. 

La  quantilé  ^i  devant  être  la  même  dans  toutes  les  eiipé- 
riences,  on  la  déterminait  une  fois  pour  toutes  en  plaçant  suc- 
cessivement dans  l'appareil  deux  substances  dont  les  poids 
P,P'  et  les  capacités  C,  C  étaient  connues  et  Ton  résoWai 
réquation  par  rapport  à  [x. 

Cette  méthode  offre  Tavantage  d'être  extrêmement  simple 
mais  elle  a  l'inconvénient  d'être  très  indirecte  ;  et,  comme  beau 
coup  de  causes  tendent  à  faire  varier  le  temps  du  refroidisse 
ment,  elles  peuvent  agir  très  inégalement  sur  les  diverses  sut 
stances.  Pour  ne  parler  que  de  la  plus  saillante,  les  poudre 
sont  en  général  des  corps  peu  conducteurs  et  le  thermc 
mètre  doit  être  à  tout  instant  plus  chaud  que  l'enveloppa 
Or,  comme  c'est  la  surface  qui  rayonne,  c'est  sa  températu) 
qu'il  faudrait  mesurer  et  non  celle  des  parties  centrales.  I 
là  une  erreur  d'autant  plus  grande  que  la  conductibilité  e 
moindre  et  qui  varie  avec  la  nature  des  poudres,  leur  degré  • 
tassement,  etc. 

En  déterminant  concurremment  par  ce  procédé  et  par 
méthode  des  mélanges  les  chaleurs  spécifiques  de  diven 
substances,  Regnault  s'est  convaincu  que  la  méthode  du 
froidissement  ne  donne  pas  des  résultats  exacts  pour  les  solid 
Mais  les  causes  d'imperfection  s'amoindrissent  au  point  de  ' 
venir  négligeables  quand  on  étudie  les  liquides;  car,  dans 
cas,  les  courants  intérieurs  rétablissent  l'uniformité  de  la  le 
pérature  dans  toute  la  masse,  à  mesure  que  le  refroidissem 
tend  à  la  détruire.  Regnault  enfermait  les  liquides  dans  un  p 
vase  en  verre  qui  recevait  un  volume  toujours  égal  de  si 
stance  et  dans  lequel  plongeait  un  thermomètre.  Le  réser^ 
était  placé  dans  une  enceinte  à  zéro,  vide  ou  pleine  d'air  et 
était  analogue  à  celle  de  Dulong  et  Petit. 

THEBMOGALORDIÈTBE  DE  BEftHAUIiT.   —    Plus  récemment, 
gnault(*)a  indiqué  l'usage  dun  appareil  fondé  sur  le  mè 
principe,  mais  permettant  d'effectuer  des  déterminations  cî 


(')  f'oir  sur  le    ihermocalorimètrn   une  courte  Note   de  Regnault,  pu 
dans  les  Comptes  rendus  de  l'Académie  des  Sciences,  t.  LXX,  p.  G')3;  187 


MÉTHODES  CALORIMÉTRIQUES.  3i* 

îélriques  exlrêmemenl  variées  et  à  l'aide  de  très  petites 
antités  de  matière. 

Son  thermocalorimètre  est  un  thermomètre  à  alcool  (fig.  1 2) 
»nl  le  réservoir  creux,  fermé  par  un 
mchon  à  Témeri,  peut  recevoir  la  sub-  ^'8-  >2. 

ance  sur  laquelle  on  veut  expérimenter 
dont  la  tige,  recourbée  et  terminée  par 
n  réservoir  plus  petit,  porte  un  certain 
ombre  de  divisions  équidistantes. 
L'appareil  étant  chauffé  de  manière 
oe  l'alcool  monte  jusque  dans  le  réser- 
oir  supérieur,  on  porte  l'appareil  dans 
ne  enceinte  à  zéro,  qui  ne  laisse  en 
ebors  que  la  tige  et  l'on  note  les  temps 
'»«',  ar^que  l'alcool  met  à  descendre 
l'une  division  n  à  une  autre  division  nf  : 

*  quand  le  réservoir  intérieur  est  vide; 

•  quand  on  y  a  introduit  un  poids  P' 
l*eau;  3*  un  poids  P'  d'un  liquide  dont 

0  veut  déterminer  la  chaleur  spécifique  C".  On  aura,  en  dé 
i^nant  par  K  le  poids  du  thermocalorimètre  évalué  en  eau, 


X 


If 


X' 


X 


P'C  r  K  "~  P  -+- K  ""  K 


^ù,  éliminant  K, 


(/'=! 


F  X'  -  X 


Uie  détermination  nouvelle  n'exigera  plus  que  l'observation 
temps  x\  qui  doit  remplacer  x!'  dans  la   formule  précè- 
de. 

^11  peut  employer  cet  appareil  à  la  mesure  des  chaleurs  spé- 
^ques  des  solides.  Il  suffit  de  prendre  des  fragments  de 
^x-ci  dont  on  déterminera  le  poids  et  qu'on  introduira  dans 


^''Iption  suivante  du  thcrmocalorimètre  est  empruntée  aux  Notes  manii- 
Kes  d'un  cours  fait  par  M.  Bcrtin  aux  élèves  de  deuxième  année,  à  l'ÉcoIf 
maie. 


32*  CALORIMÉTRIE. 

l'appareil  avec  un  poids  déterminé  P'  d'eau,  comme  Tindi^^^ 
la  figure;  on  aura  alors 


x^ 


X' 


X 


P'^e-f-P-f-K      P-+-K       K 

d'où  l'on  tirera  C. 

On  étudierait  aussi  aisément,  avec  le  même  appareil,  les  fî^^' 
nomènes  thermiques  accompagnant  un  phénomène  physico- 
chimique  quelconque,  tel  que  dissolution,  cristallisation,    etc. 


•RS  SPÉCIFIQUES  DES  SOLIDES  ET  DES  LIQUIDES.     33* 


CHAPITRE  IL 

.LEURS   SPÉCIFIQUES  DES    SOLIDES 
ET  DES   LIQUIDES. 

'■  la  chaleur  spécifique  avec  la  température.  —  Chaleur  spé- 
îie.  —  Chaleur  spécifique  de  Teau.  —  Résultats  relatifs  aux 
DSlances.  —  Influence  des  changements  de  densité  et  d'état 

x)miques  des  corps.  —  Loi  de  Dulong  et  Petit.  —  Loi  de 
.  —  Relation  entre  les  chaleurs  atomiques  du  composé  et  de 
nts. 


ivons  actuellement  mesurer  la  chaleur  spécifique 
solide  ou  liquide.  II  nous  reste  à  indiquer  les  résul- 

xpériences  et  à  les  coordonner.  Nous  chercheront 
la  chaleur  spécifique  d'un  corps  est  une  quantité 

it  invariable  ou  si  elle  dépend  des  conditions  dans 
se  trouve  la  substance,  telles  que  sa  température, 

liysique,  etc. 

IN  DE  LA  CHALEUR  SPÉGIFiaUE  AVEC  LA  TEMPÉRATURE; 
^ÉGIFICiUE  VRAIE.  —  Nous  avons  appelé  chaleur  spé- 
^yenne  dun  corps  entre  deux  températures  /  et  f  le 

—^ — -  de  la  quantité  de  chaleur  ^^  nécessaire  pour 
(r  — /)  ^  P 

V*  à  /'"  ruiiiic  de  poids  de  ce  corps  par  la  différence 

températures. 

et  Petit  (*)  ont  établi  les  premiers,  et  l'expérience 

qu'en  général  la  chaleur  spécifique  moyenne  aug- 

ind  la  limite  supérieure  /'  s'élève.  La  manière  la  plus 


cl   PtTiT,    Annale*  de  Chimie  et  de  Physique,  i*  série,    t.    VU, 
^alorimétrie.    —   II.   r  U\^v .  S' 


34*  CALORIMÉTRIE. 

simple  de  résumer  les  résultats  obtenus  consiste  à  former*  l'^'^" 
pression  de  la  quantité  de  chaleur  Q  absorbée  par  t^  <*'**" 
corps  que  Ton  échauffe  de  zéro  à  ^.  Q  est  une  fouction  de  la 
variable  t,  qui  se  réduit  à  zéro  pour  /  =  o  et  que  Ton  peu^  ^^ 
velopper  par  la  formule  de  Maclaurin 

(i)  QT-at-h  bt^-hct^-h,.. 

On  devra  calculer  les  coefficients  a^  b,  c^  ...  de  manié fC  a 
rapprocher  autant  que  possible  la  formule  des  résultats  ^^ 
Texpérience. 

Si  Ton  veut  avoir  recours  à  une  représentation  graphiciti^? 
on  peut  figurer  les  valeurs  de  Q  par  les  ordonnées  d*t*nc 

courbe  OMM'  (fig.  i3),  construite    ^" 
Fiiî.  i3.  prenant  les  températures  pour  abscisses- 

Puisque  -j  croît  avec  la  température  i 

« 

cette  courbe  sera  convexe  par  rappafl  ^ 

l'axe  des  /;  et  si  Ton  considère  d«**^ 

points  M'  et  M  correspondant  aux  t^^**' 

pératures  t  et  t,  la  tangente  de  i'am^** 

M  '  M  A  représentera  la  chaleur  spé*^^*  ' 

Hque    moyenne   -"-, — ^  >  variable  avec  la  différence  f  —  i 

deux  températures  limites  et  avec  les  valeurs  absolues  de  c 
cune  d'elles. 
Si  l'on  suppose  que  le  point  M'  se  rapproche  indéfinim 

0'- 

de  M,  la  sécante  MM'  devient  tangente  au  point  M,  et 


V  - 
converge  vers  la  limite  ~  •  Celte  limite,  que  nous  nommero 

la  chaleur  spécifique  vraie  à  t",  exprime  la  chaleur  qu^absor 
l'unité  de  poids  du  corps  pour  passer  de  /  à  /-i- 1",  si  l'on  su 
pose,  ce  qui  est  sensiblement  vrai,  que  pour  cette  variati 
de  icmpéraiuro  la  courbe  se  confond  avec  sa  tangente. 
On  a,  d'après  l'équation  (i), 

(  9.  )  ^ /^  —  a  -h  ibt  -h  3ct'  -^  .  . . . 

(Il 


riALEURS  SPÉCIFIQUES  DES  SOLIDES  ET  DES  UQUIDES.    35* 

>n  borne  la  formule  à  trois  termes,  il  faudra,  pour  déter- 
îf  les  trois  coefficients,  au  moins  trois  mesures  calorimé- 
les  effectuées  entre  zéro  et  des  températures  t,  t,  t\  Re- 
|uons  d'ailleurs  qu'après  avoir  trouvé  ces  coefficients  et 
voir  remplacés  dans  Téquation  (i),  celle-ci  n'exprimera 
aleurs  de  Q  qu'entre  les  limites  de  température  zéro  et  f, 
le  la  formule  (a)  ne  pourra  servir  au  calcul  de  la  chaleur 
ifique  vraie  qu'entre  les  mêmes  limites. 

LAUSUB  SPtanaUE  DE  L'EAU.  —  Regnault  (*)  a  fait  les  me- 
ts convenal)les  pour  un  grand  nombre  de  corps  liquides, 
li  qu'il  importait  le  plus  d'étudier,  l'eau,  fut  l'objet  d*expé- 
ces  spéciales.  Sans  les  décrire  complètement,  nous  nous 
lerons  à  dire  que  l'eau  était  contenue  dans  une  chaudière 
capacité  égaie  à  3oo'*'  environ,  dans  laquelle  on  exerçait 

pression  inférieure  ou  supérieure  à  celle  de  l'atmosphère 
a  mettant  en  communication  avec  un  réservoir  rempli  d'air 
Lé  ou  comprimé.  On  put  ainsi  faire  bouillir  celte  eau  à  des 
pératures  constantes,  ou  très  faibles,  ou  très  élevées.  Au 
nent  de  l'observation,  on  en  faisait  passer  un  poids  déter- 
é  dans  un  calorimètre  dont  on  mesurait  le  réchauffement. 

expériences  furent  continuées  jusqu'à  une  température  do 
*,  et  l'on  trouva,  pour  exprimer  la  chaleur  absorbée  depuis 
►  jusqu'à  t,  la  formule 

Q  =rr  /  -f-  O  ,  OOOO?.  /-  -f-  O  ,  OOOOOo3  /  * . 

>nséquemmenl,  la  chaleur  spécifique  vraie  serait 
dQ  r  s  /  > 

— —   -ri   -h  0,00004/  -^  0,0000009/-. 

cleux  formules  donnem  les  valeurs  suivantes  à  diverses 
r^ëralures  : 


IU(;jiArLT,  Relation  des  crpc  rien  ers,  l.  I",  p.  729,  et   Mânoiics  de  i'Jcti- 
*    des  Sciences f  l.  XXI. 


36* 


CALORIMÉTRIE. 


Chal«or  spécifique  de  l'eaa. 


Thermomètre  à  air. 
t 


O.  . 
20.  . 
40.  . 
60.  . 
«O.. 
100. 

lao. . 
i4o. . 
160. . 
180. 
200. . 
!i3o.. 


0,000 

20,010 

4o,o5i 

60,187 

80,282 

100, 5oo 

120,806 

i4i,2i5 

161,741 

I 82 , 398 

203,200 

234 ,708 


dt' 

,0000 
,0012 
,oo3o 
,oo56 
,0089 
,oi3o 
,0177 
,0282 

»029Î 

,o364 
,0440 
,o568 


Plus  lard,  MM.  Pfaundier  et  Planer  (*)  crurent  établir  q 
chaleur  spécifique  de  Teau  éprouve  au  voisinage  de 4^  des 
turbations  importantes.  Presque  aussitôt  M.  Hirn  (>),  d 
pari,  MM.  Jamin  et  Amaury  (*),  de  Tautre,  montrèrent  q 
température  du  maximum  de  densité  de  Teau  n^est  accoi 
gnée  d'aucune  variation  particulière  de  la  chaleur  spécif] 
et  que  celle-ci  est  représentée,  même  entre  zéro  et  10° 
une  courbe  régulière,  analogue  à  celle  que  Regnault  a  ir 
pour  un  intervalle  de  température  beaucoup  plus  considér 

MM.  Jamin  et  Amaury  ont  opéré  par  la  méthode  de  coi 
raison  électrique  qui  a  été  décrite  ci-dessus  (p.  26').  Ils  écl 
faient,  par  le  passage  d'un  courant,  SSoP"  d'eau  contenus 
un  calorimètre  dont  le  poids,  évalué  en  eau,  était  de  9^* 
portait  d'abord  le  calorimètre  à  la  température  à  laquell 
voulait  opérer,  et  on  le  plaçait  dans  une  enceinte  à  lemp 
ture  égale.  On  élevait  alors,  à  l'aide  du  courant,  la  tempén 
du  calorimètre  et  de  l'enceinte  d'une  petite  quantité  AA  el 

(')  Pfaundler  et  Flatter,  ^nn.  de  Poggendorff^X.»  CXL,  p.  576,  el  t. 
p.  537  ;    1869-1870. 

(^)  HiRs,    Compta  rendus   de  V  Académie  des  Sciences  y    t.  LXX,   p.  l 
821  ;  1870 

(^)  Jamin  et  Amaury,  Comptes  rendus  de  V Académie  des  Sciences,  t. 
p.  661  ;  1870. 


LEURS  SPÉCIFIQUES  DES  SOUDES  ET  DES  UQUIDKS.    87* 

lit  Tintensité  du  courant,  à  Taide  d'une  boussole  des 

les.  Soient  r  la  résistance  de  la  spirale  du  calorimètre  à 

'.  la  fraction  de  sa  valeur  dont  elle  varie  pour  une  élé- 

de  température  de  i^  K  un  coefficient  particulier  à  la 

>ledes  tangentes  sur  laquelle  on  a  mesuré  la  déviation  d, 

*  le  poids  de  Teau  (et  du  calorimètre  évalué  en  eau 

fée,  on  a 

AQ       Kr(i-ha/)tang2â 


M 


VM 


fficient  K  se  détermine  par  une  expérience  faite  à  zéro, 
larquant  que  Ton  doit  avoir  (  -^  j   =1. 
i  les  résultats  d'une  série  d'expériences  : 


Températare  /. 


8,97- 
13,39. 

17,35 

20,81 . 

23,77- 
26,37. 

27,69. 

33,55. 

40,76. 

47, o5. 

52,  JO 

57,69. 

62,76. 
67,35 

71,42. 

75,80. 


AQ 

m 

ubserrô. 

DAlCUlé. 

I ,0022                       1 

1,0099 

J,OIOI                       ] 

1,0169 

1,0186                       1 

1,0194 

1,0184                       1 

I ,0234 

1,0263                       1 

[  ,0268 

1,0287                      ' 

^0299 

i,o3i4               1 

[,o3i4 

i,o377                ] 

t,o383 

1,0455                1 

[,0469 

I ,0569                ] 

[,o546 

i,o585                1 

[,o6i3 

1,0740                1 

,0677 

1,0782                ] 

r,074i 

i,o833 

I ,0801 

I ,0965                1 

i,o853 

1,0916                1 

1,0910 

nombres  de  la  dernière  colonne  ont  été  calculés  par  la 
e 


) 


1^  I  r-  0,001  10/  -h  0,000001  2  r-^. 


'      1  —  0,001  10/ 

me  les  expériences  se  rapportent  à  des  intervalles  de 


38*  CALORIMÉTUIE. 

température  A/ très  petits,  on  peut,  sans  inconvénient,  ^m&ser 
à  la  limite  et  écrire 

AQ       rfQ 

It        dt' 

La  quantité  de  chaleur  Q  nécessaire  pour  échauffer  de  ^éro 
à  t  ]^<  d'eau  serait  dès  lors  représentée  par  la  formule 


o , ooooo 


|o./»\ 


Cette  valeur  de  Q  correspond  à  une  variation  assez  rapide  àe 
la  chaleur  spécifique.  Dans  toutes  les  déterminations  opérées 
par  la  méthode  des  mélanges,  il  sera  nécessaire  de  tenir  coni  pl^ 
de  cette  variation,  dès  que  la  température  du  calorimètre  s^^^ 
notablement  supérieure  à  zéro.  Le  calcul  ne  souffre  d'aillé i-»"^ 
aucune  difficulté.  ' 

BËSULTATS  BELATIFS  AUX  AUTBE8  8UB8TAHGE8.  —  Liquides.      — 

Kegnault  avait  d'abord  appliqué  la  méthode  durefroidissem^^*^^ 
à  rétude  de  la  chaleur  spécifique  d'un  certain  nombre  de    **^ 
quides  (  *  )  ;  mais  il  a  fait  des  expériences  bien  plus  nombreux  ^m\ 
et  plus  complètes  (^)  avec  fappareil  dessiné  (PI.  /,  fig,  i). 
faisait  en  général  au  moins  trois  mesures  de  Q'—  Q  :  i*  enC-- 
une  température  très  basse  /|  (—  35»  environ)  et  la  tempér 
lure  ambiante  0;  i**  entre  6  et  le  point  ti  d'ébullilion  du 
quide;  3°  entre  0  et  une  température  tz  sensiblement  moyenrr 
entre  6  ei  ti. 

Ces  expériences  servaient  à  déterminer  les  coefficients 
h,  c  de  la  formule 


à  Taide  de  laquelle  on  calculait  ensuite  la  chaleur  spécifiqu 
vraie  aux  diverses  températures.  On  verra  par  le  tableau  sui- 
vant que  celle-ci  augmente  rapidement  avec  t. 


(')  Annales  de  Chimie  et  de  Physique,  3*  série,  l.  IX,  p,  '^7  ^  iSijS. 

(-)  Sur  la  chaleur  spécifique  des  liquides  à  di%'erses  températures^  daos  1« 
Relation  des  expériences,  etc.,  t.  II,  "p.  26a,  et  Mémoires  de  P  Académie, 
I.  XXVI. 


.EDRS  SPÉCIFIQUES  DES  SOLIDES  ET  DES  LIQUIDES.    39* 
ileur  spécifique  des  liquides ^  diaprés  Regnault. 


A- 


ksse:«ce 

do 

ALCOOL. 

térébenthine. 

Ioc«_ 

logrt  _ 

I, 6133977 

i,738'|i66 

log*  = 

lOfift  — 

4»79»9279 

3,0499296 

loge  — 

logc-  = 

6,13^9947 

6,3436027 

dt 

rfQ 

SULFURE 

de 

ÉIBER. 

carbone. 

Iog«  _ 

logrt  = 

1,3714961 

1,7234538 

log6  = 

log*  = 

5,9112397 

4,4711026 

n 

H 

if 

o,38'|2i 
0,^1 o58 
0,43376 

// 
0,47036 
0,484187 
0,501877 
0,50682.3 


tf 

0,23 

o,5o53i5 

// 

0,547541 

0,2s 

0,595062 

n 

// 

0,24 

0,705987 

it 

0 , 76938 1 

n 

ff 

CHLORO- 
FORME. 


Joga  = 

1,3661435 

Jog*  = 
5,7o5i43o 


// 


î  d'éthylc 

re  d'élhylo 

e  «l'éthylo 

ir  dos  Hollandais  .  . . 
irc  de  caibonc  C-CP 

ène 

le 


1 ,2085549 
I , 7063600 
7,7221498 
^,4656676 
I ,2966106 
I ,6io3828 
I ,7010201 


5,9164183 
3 , 10^2095 
4,7186791 
4,3420165 
^,9570618 
4,6529106 
^4,5982214 


tons  que  M.  Hirn  (')  a  étudié  les  chaleurs  spécifiques 
rs  liquides  :  Talcool,  i'élher,  le  chlorure  ei  le  sulfure  de 


UN,   Annales  de  Chimie  et  de'  Physique^  4"  série,  t.  X,  p.  63;   1867. 


4o*  CALORIMÉTRIE. 

carbone,  l'essence  de  térébenthine  à  des  températures  supé- 
rieures à  celles  de  leur  ébuUition.  L'alcool,  dont  la  chaleur 
spécifique  croît  très  vite  avec  la  température,  posséderait  i  1 
i6o°,  d'après  M.  Hirn,  une  chaleur  spécifique  vraie  égale  à 
1,11389,  c'est-à-dire  supérieure  à  celle  de  Teau  à  loo».  Ces 
questions  difficiles  appellent  évidemment  de  nouvelles  re- 
cherches. 

Solides,  —  La  variation  de  la  chaleur  spécifique  des  solides 
avec  la  température  a  d'abord  été  étudiée  par  Dulong  et  P^- 
tit  (*).  Les  tableaux  suivants  résument  leurs  expériences  - 

Chaleur  spécifique  moyenne  d'après  Dulong  et  Petit* 

De  o  à  100*.  D«  o  à  3oo^. 

Fer .0,1088  o,i»i8 

Mercure o,o33o  o,o35o 

Zinc 0,0927  o,ioi5 

Antimoino o,o5o7  o,o549 

Argent 0,0667  0,0611 

Cuivre 0,0949  o,ioi3 

Verre 0,1770  0,1900 


Plomb. 


u  o 

de —77,35  à-      10 o,o3o65 

de  -f-  10,00  à  -i-  100 o,o3i3 

/  de  —  77,55  à  -  -    10 o,  1740 

Phosphore,  j  de  —  21,00  à -t-    10 0,1788 

(  de  —  10,00  à  -I-   3o 0,1887 

Les  recherches  publiées  depuis  Dulong  et  Petit  au  sujet 
solides  sont  moins  nombreuses  et  moins  complètes  quecelle^^ 
que  nous  avons  eu  à  signaler  pour  les  liquides.  Citons  tou- — 
tefois  les  nombres  obtenus  par  Bède  (*),  par  Bystrôm  ('),  su^ 
la  variation  de  la  chaleur  spécifique  du  fer,  du  cuivre,  de^ 
l'étain,  du  plomb,  du  zinc,  de  la  fonte,  de  l'acier,  de  l'argent 
et  du  platine.  Tous  ces  corps,  entre  zéro  et  3oo*»,  ont  montré 
une  augmentation  notable  de  leur  chaleur  spécifique. 

• 

(•)   DcLO!i(G  et  Petit,  Annales  de   Chimie  et  de  Physique,  a'  série,  t.   VII, 
p.  147,  et  t.  X,  p.  396;  1818-1819. 

(' )  Bédé,  Mémoires  couronnés  de  V Académie  de  Bruxelles^  t.  XXVII. 

(')  Bystrom,  Berliner  Berichte  ûber  dir  Fortschritte  der  Physik,  fur  1860. 


.EURS  SPÉCIFIQUES  DES  SOUDES  ET  DES  UQUIDES.     ii* 

olle  (  ^  )  a  étudié  les  chaleurs  spécifiques  du  platine  et  de 
lutres  métaux  peu  fusibles,  depuis  la  température  ordi- 
squ'à  des  températures  extrêmement  élevées.  Les  résul- 
il  a  obtenus  sont  représentés  par  les  formules  suivantes  : 

dt 

?latine,       do  o**  à  1200® o,o3i7  -h  0,000012/ 

^dlladium,  do  o"  à  i3oo° 0,0682  -+-  0,000020 1 

ridium,      do  o**  à  1400° 0,0317-4-0,00012   t 

le  même  savant,  For  présente  une  chaleur  spécifique 

le  variant  à  peine  jusqu'à  600°  et  sensiblement  égale  à 

;  mais  cette  chaleur  spécifique  varie  sensiblement  à 

qu'on  s'approche  du  point  de  fusion;  elle  atteint  o,o34^ 

H  0,  o352  à  io2o<». 

ésultats  obtenus  par  M.  F.  Weber(2),  relativement  à 
!ur  spécifique  du  carbone,  du  bore  et  du  silicium,  sont 
lièrement  dignes  de  fixer  notre  attention,  à  cause  de 
lance  théorique  qui  s'y  attache  et  que  nous  explique- 
3ntôt.  Le  diamant  et  les  autres  variétés  de  carbone  ont, 
npérature  ordinaire,  des  chaleurs  spécifiques  assez 
mais  leur  capacité  calorifique  crott  rapidement  par  l'é- 
I  de  la  température,  comme  on  le  voit  par  le  tableau 
,  relatif  au  diamant  : 

Chaleur  spécifique  moyenne       Chaleur  spéciflque  vraie 
npcrature  /.  de  zéro  à  /.  À  /. 

o 0,0947  0,0947 

5o 0,1 i5y  0,1435 

100 0,1432  0,1905 

200 0,1 883  0,2791 

laleur  spécifique  vraie  est  représentée  dans  ces  limites 
)rmule  empirique 

-j~  rziL  G,  0947  -f-  o.  000984  i  —  O,  00000086 1^ . 

LLE,  Journal  <ie  Ph)sique^    r"  série,   t.  VII,  p.  69,    et  t.  IX ,  p.   8; 

't 

IVeber,  Annales  rie  Po^gendorf,  t.  CLIV,  p.  867  et  553  {yoir  Journal 

ue,  i'*  térie,  t.  1",  p.  'joo,  et  t.  V,  p.  22g;  1872  et  1876). 


42*  CALORIMÉTRIE. 

De  zéro  à  200°  les  recherches  ont  élé  effectuées  à  l'aide  éJu 
calorimètre  de  glace  de  Bunsen;  mais,  pour  des  températur^^^ 
plus  hautes,  on  a  employé  le  calorimètre  à  eau,  et  les  détermi- 
nations sont  un  peu  incertaines  (  *  )  ;  la  chaleur  spécifique  vraf^ 
a  paru  constante  à  partir  de  600»;  sa  valeur  à  985*»  est  0,4589; 
à  —  5o<»  elle  serait  seulement  o,o635.  Elle  varie  donc  du  simple 
au  septuple  dans  Tintervalle  accessible  à  l'expérience. 

Le  bore  a  fourni  des  résultats  analogues.  Quant  au  silicium  ? 
sa  chaleur  spécifique  devient  invariable  à  partir  de  200*. 

nmUEHGE  DES  GHAHftEHElITS  DE  DENSITÉ  ET  D'ÉTAT  PHTSIiOl.  — 

11  n'y  a  point  à  s'occuper  de  cette  question  pour  les  liquides» 
puisque  leur  densité  est  sensiblement  invariable;  mais  il  but 
rétudier  pour  les  solides.  En  général,  la  chaleur  spécifique  des 
solides  diminue  quand  leur  densité  augmente;  mais  les  varia- 
tions qu'elle  éprouve  sont  le  plus  souvent  négligeables  :  par 
exemple^  elle  demeure  la  même  pour  Tacier  et  le  métal  des 
cymbales,  ductiles  ou  écrouis,  pour  le  plomb  et  Tétain  compri- 
més ou  non  au  balancier,  pour  les  larmes  bataviques  trempées 
ou  recuites. 

Mais,  à  côté  de  ces  exemples  où  la  capacité  calorifique  varie 
peu,  il  en  est  d'autres  où  elle  change  beaucoup.  Elle  est 0,9^0' 
pour  le  cuivre  rocuit  et  o,()36o  pour  le  cuivre  écroui,  et  les  dif- 
férences sont  bien  plus  importantes  en  général  pour  les  corps 
susceptibles  de  se  présenter  sous  plusieurs  étals  physiques dis- 
lincts.  La  chaleur  spécifique  est,  il  est  vrai,  la  même  pourl^ 
sélénium  vitreux  et  amorphe.  Mais  le  carbonate  de  chauxapo"'' 
chaleur  spécifique  o,9.o85  à  l'état  d'aragonite  ou  de  spathi 
0,9.148  à  l'état  de  craie  et  0,21 58  à  l'étal  de  marbre.  On  a  de 
même,  d'après  Regnault,  pour  les  chaleurs  spécifiques  du 
soufre  sous  divers  étals  : 


(')  Pour  déterminer  la  température,  l'auteur  chauiïait  côlo  ù  côte,  iv^^ 
tube  contenant  le  diamant,  un  deuxième  tube  identique  coiitcnatit  un  p^ 
connu  de  platine;  les  deux  tubes  étaient  plongés  en  mémo  temps  dans    ' 
(iu  calorimètre.  On  admettait  comme  exacte  la  formule   donnée  ptr  ?»■••*  ^^ 
pour  représenter  In  quantité   de  chaleur  nécessaire  pour  porter  à  ^°  ^ 
platine. 


^  de 


CH  JMEmS  SPÉaFIQUES  DES  SOLIDES  ET  DES  LIQUIDES.    43* 

Soufre  naturel  cristallisé 0,1 776 

Soufre  fondu  depuis  deux  ans o,  1764 

Soufre  fondu  depuis  deux  mois 0,1 8o3 

Soufre  fondu  récemment o,  1844 

En  oe  qui  concerne  le  charbon,  toutes  les  variétés  opaques 
it,  d'après  les  recherches  de  M.  F.  Weber,  la  même  chaleur 
)éclOque  de  degré  en  degré.  Si  Ton  avait  précédemment  attri- 
iié  1:1  ne  plus  grande  capacité  au  charbon  poreux  qu'au  char- 
on  c^ompact,  cela  tient  à  ce  que  le  charbon  poreux  dégage  de 
I  chsileur  en  s*imbibant  d'eau  :  il  faut  l'enfermer  dans  une  am- 
oale  de  verre  et  il  présente  alors  la  même  capacité  calorifique 
[ue  lo  graphite,  par  exemple.  Regnault  a  trouvé  pour  les  di- 
rerses  variétés  de  charbon  compact,  aux  températures  ordi- 
naireSy  des  valeurs  presque  identiques  : 

Coke  de  houille o  ,20o85 

Graphite 0,20187 

Charbon  de  cornue o  ,2o36o 

Ces  valeurs  croissent  avec  la  température,  et  au  rouge,  où  le 
diamant  ne  se  distingue  plus  du  carbone  amorphe  par  ses  pro- 
priétés optiques,  M.  Weber  affirme  que  toutes  les  variétés  de 
carbone  ont  la  même  chaleur  spécifique. 

Ce   dernier  résultat,  toujours  d'après  M.  Weber,  s'étendrait 
probablement  à  tous  les  corps  polymorphes. 

l^'après  ce  qui  précède,  on  prévoit  bien  que  la  capacité  ca- 
lorifique des  corps  doit  changer  quand  ils  passent  de  l'état  so- 
lide à  rétat  liquide  ou  à  l'état  gazeux,  puisqu'ils  ne  peuvent 
rfecier  ces  trois  états  qu'en  prenant  des  densités,  des  consti- 
lulions  moléculaires  et  des  températures  très  différentes.  En 
général,  la  chaleur  spécifique  à  l'état  solide  est  beaucoup  plus 
faible  qu'à  l'état  liquide;  et,  quand  le  corps  devient  gazeux,  il 
P^end  de  nouveau  une  capacité  plus  faible,  comparable  et 
Parfois  presque  identique  à  celle  qu'il  possédait  à  l'état  solide. 
'Oici  un  tableau  qui  justifie  celte  conclusion  : 


4i-  CALORIMÉTRIE. 

Cbalear  tpécIOqoe  nojrtiuM  à  l'état 
solide.  liquide.  gtieny. 

Bromo o,o843a  o,  107  o,o5553 

ggy  J  0,4/4  ï,ooo  0,477 

(  o,5o4  »  « 

Mercure o,o3i36  o,o3332  » 

_-   ,  \   0,1740    Oy24o5      » 

Phosphore 1        00 

^  {  0,1887  »  • 

Étain o, 06623  0,0637  • 

Bismulh o,o3o8  o,o363  » 

Plomb o,o3i4  0,0402  • 

Azotate  de  soude 0,2782  o,4i3  » 

Azotate  de  potasse 0,23875  o,33i8  » 

On  le  voit,  nos  connaissances  sur  les  lois  d'après  lesqudies 
varie  la  chaleur  spéciOque  d'un  corps  sous  les  divers  éUlsquTI 
peut  nous  présenter  sont  encore  très  restreintes.  Nous  Dépos- 
sédons pas  d'expériences  sur  la  variation  de  cet  élément  avec 
la  pression,  et  nous  ne  connaissons  que  d*une  manière  imptf- 
faite,  et  pour  un  petit  nombre  de  substances,  la  variation  qu'il 
éprouve  par  l'élévation  de  la  température.  Il  est  à  désirer  qa6 
Ton  réalise  de  nouvelles  et  nombreuses  déterminations,  dont 
quelques-unes  présentent  malheureusement  les  plus  graves 
difficultés  pratiques. 

LOIS  DES  CAPAOTÉS  ATOMIQUES. 

Puisque  les  capacités  calorifiques  changent  et  que  la  cotn 
position  chimique  ne  varie  pas  avec  Fétat  physique  des  corps» 
il  peut  paraître  superflu  de  chercher  s'il  existe  une  relation* 
générale  entre  ces  capacités  et  le  poids  des  atomes  :  c'est  c^' 
pendant  ce  que  nous  allons  faire,  mais  avec  cette  restriction 
essentielle  de  considérer  les  substances  dans  l'étal  où  ell^ 
possèdent  les  chaleurs  spécifiques  les  moins  variables  pos^ 
sible;  or  ce  n'est  point  quand  elles  sont  liquides  ni  quand, 
étant  solides  ou  gazeuses,  elles  s'approchent  de  leur  terme  de 
fusion  ou  de  liquéfaction.  Nous  les  considérerons,  pour  le  mo- 
ment, à  l'état  solide  et  à  une  température  telle  que  la  variation 
de  la  chaleur  spécifique  soit  la  plus  petite  possible  pour  une 
élévation  notable  de  la  température. 


s  SPÉCIRQUES  DES  SOLIDES  ET  DES  LIQUIDES.    45* 

■OHA  ET  PETIT.  —  Dulong  et  Petit  (  *  )  ont  énoncé  la  loi 
'je  produit  AC  de  la  chaleur  spécifique  C  par  le 
\ique  A  d'un  corps  simple  quelconque  est  un 
istant. 

net  que  les  poids  dits  atomiques  des  corps  simples 
it  eflFectivement  le  poids  d'un  nombre  égal  d'atomes 
ps,  le  produit  du  poids  atomique  par  la  chaleur 
xprime  la  chaleur  spécifique  atomique  ou  mole- 
st-à>dire  la  chaleur  nécessaire  pour  échauffer  de 
nombre  d'atomes  de  tous  les  corps  simples.  La 
ite  peut  donc  se  traduire  par  l'énoncé  suivant  qui 
iprendre  toute  l'importance  :  Il  faut  une  même 
chaleur  pour  échauffer  également  un  atome  de 
ps  simples, 

riences  de  Dulong  et  Petit  étaient  trop  peu  nom- 
ir  démontrer  cette  loi;  celles  de  Regnault(^),  qui 
utées  sur  une  échelle  beaucoup  plus  étendue,  ont 
elle  s'applique  à  tous  les  corps  simples.  Voici  les 
es  poids  atomiques  A  sont  ceux  que  l'on  obtient 
elui  de  l'oxygène  égal  à  loo  (3). 

c.  A.  AC. 

OjiCg^G  245,00  4 1)^42 

0,2934  143,60  42)1/5 

0,11379  339,21  38,^97 

0,09555  4o3,23  38,626 

0,09515  395,70  37,809 

0,06669  696,77  39,602 

o,o3o63  1244)20  38, 149 

0,05701  675,80  38,627 

!t  Petit,  Annales  de  Chimie  et  de  Physique,  i*  série,  t.  X,  p.  4o3  ; 

r,  Annales  de  Chimie  et  de  Physique^  2*  série,  t.  LXXIIl,  p.  5, 
XXVI,  p.  261  et  268;  t.  XLVI,  p.  257;  t.  LXin,  p.  5;  t.  LXVH, 
863. 

apporte  les  poids  atomiques  à  celui  de  l'hydrogène  pris  pour 
l'on  fait  communément  aujourd'hui,  la  valeur  du  produit  con- 
aleur  moyenne  6,38  et  oscille  de  5,87  (aluminium)  à  6,87 
ivons  préféré  conserver  les  nombres  A  tels  qu'ils  sont  écrits 
tires  oriijinaux  de  Reijnault,  d'où  notre  tableau  est  extrait. 


46*  CALORIMÉTRIE. 

C.  A.  AC 

Arsenic o,o8i4o  470,o4  38, 201 

Plomb o,o3i4o  1294,50  iofii"; 

Antimoine 0,06077  806, 4^  40j944 

Elain o,o5623  735,29  ii^H^ 

Nickel 0,1086  369,68  40,160 

Uranium 0,06190  677,84  4ii9^ 

Cobalt o,io6g4  368,99  39,46« 

Mercure  liquide o,o3332  1266,82  4%tM9 

Platine o,o3243  i233,5o  39,992 

Palladium 0,06927  666,90  39,4*8 

Iridium  fondu 0,03269  i233,6o  40,190 

Or o,o3244  1243,01  4o,3a8 

Soufre 0,20269  aoi  ,17  40)7^ 

Sélénium 0,0837  494i58  4i»*>5 

Tellure o,o5i65  801,76  iiy^9 

Iode o, 05412  789,76  42»?*2 

Brome  solide 0,08432  4^9,10  4'»^ 

Phosphore 0,1887  196,14  37,oa< 

Charbon  (1) 0,4689  76,44  35,o7« 

Aluminium... 0,2181  170,98  37,a9^ 

Manganèse o,  1217  326,00  39,55o 

Tungstène .  o,o3342  1160,00  38,43o 

Moyenne 4^,  *^ 

On  voit  par  ce  tableau  que  les  produits  de  la  chaleur  sp^c»- 
lique  par  le  poids  atomique  de  tous  les  corps  simples  sont»* 
une  exception  près,  compris  entre  87  et  ^2  et,  bien  qu'ils^* 
soient  pas  identiques,  ils  sont  trop  rapproches  les  uns  des  auir^^ 
pour  qu'on  puisse  attribuer  au  hasard  une  pareille  coïncidence* 
Il  y  a  donc  lieu  d'admettre  Texislence  de  la  loi.  On  concc^'^' 
aisément  que  l'on  ne  pouvait  espérer  un  accord  plus  salisf*^ 
sanl,  si  d'une  part  on  considère  qu'il  est  difficile  de  prép^^ 
des  corps  purs,  et  si  l'on  se  rappelle  surtout  que  la  chal^ 
spécifique  moyenne  des  substances  change  avec  leur  étal  t^ 
léculaire  et  avec  les  limites  de  température  entre  lesquelles 
la  détermine.  Pour  qu'une  relation  mathématiquement  exa^ 


(')  La  chaleur  spécillquc  indiquée  eal  celle  donnée  pour  le  charbon  à  qC^ 
]>ar  M.  Weber. 


n*' 


lALEURS  SPÉCIFIQUES  DES  SOLIDES  ET  DES  LIQUIDES.    4; 

Hre  constatée  entre  les  poids  atomiques,  qui  sont  immua- 
et  les  capacités  qui  sont  soumises  à  des  causes  de  variation 
mbreuses,  il  faudrait  évidemment  qu'on  pût  amener  toutes 
ubstances  à  un  état  physique  identique;  mais  cela  est  ab* 
ment  impossible.  On  approche  de  cet  état  en  les  prenant 
es  et  assez  loin  de  leur  point  de  fusion  pour  que  les  ca- 
és  moyennes  soient  à  peu  près  constantes  ;  mais  on  n'évite 
l  les  perturbations  qui  viennent  de  Fétat  moléculaire  :  par 
iple,  le  soufre  ne  satisfait  à  la  loi  précédente  que  lorsqu'il 
récemment  fondu,  et  le  charbon  qu'à  très  haute  lempé- 
e. 

itre  cela  la  loi  n'est  satisfaite  que  par  les  poids  atomiques, 
;)ar  les  équivalents  des  corps  simples  (*  ) .  Le  carbone,  le  bore 
silicium,  qui  faisaient  exception  à  cette  loi,  y  sont  rentrés 
is  les  recherches  de  F.  Weber  sur  la  chaleur  spécifique 
îs  corps  à  haute  température,  et  l'on  peut  dire  désormais 
la  loi  de  Dulong  et  Petit  est  générale,  et  doit  être  admise, 
tribuant  les  divergences  aux  perturbations  qui  affectent 
haleurs  spécifiques. 

[  DE  HEUMAHR.  —  En  étudiant  des  sulfates  RO,  SO',  M.  Neu- 
1(2)  trouva  que  les  produits  des  chaleurs  spécifiques  par 
)oids  atomiques  de  ces  composés  demeurent  constants 
id  on  remplace  une  base  par  une  autre.  Il  montra  de  même 
la  chaleur  atomique  est  constante  pour  les  carbonates 
uO^,  mais  qu'elle  a  des  valeurs  différentes  pour  les  sels 
es  avec  des  acides  différents.  Celte  étude  fut  reprise  et 
!  loi  fut  généralisée  par  Regnault  {^). 
examina  d'abord  des  alliages  métalliques  formés  direcle- 
len  proportions  atomiques.  Si  nous  désignons  par  A,  A', 
..  les  poids  atomiques  des  métaux  qui  constituent  Pal- 
considéré,    par    n,  n' y  n' ,. , .    les    nombres    d'atomes 

Pour  les  métaux  alcalins,  Tari^iMil,  le  bismuth,  l'aiitiinoiiie,  rarBetiic,  \e 

hore,  le  brome  et  l'iode,  le  poids  atomique  et  réquivaleiit  sont  é^'aux; 

les  autres  corps  simples  du  tableau,   ainsi  que  pour  l'oxy^^ène,   le  poids 

)ue  est  double  de  l'équivalent. 

Neciia>>,   Annales  de  Poggendorffy  t.   XXIII,  p.   i  ;  i83o. 

Regnal'LT,  Annales  de  Chimie  et  de  Physit^uey  Z*  série,  t.  1*%  p.  i2);  i<S'|t'. 


48*  CALORIMÉTRIE. 

combinés,  nA  -h  /l'A'-h  n'^A.''-\- . . .  sera  la  formule  chimique 

,       nA-<-/i'A'-i-n''A''-i-.. . 
du  compose,  el -, y, sera   ce    que  nous 

nommerons  son  pofds  atomique  moyen.  Regnault  trouva 
que  le  produit  de  ce  poids  atomique  par  la  clialeur  spécifique  est 
approximativement  égal  à  4o  comme  pour  les  corps  simples. 
Toutefois  cette  loi  ne  se  justifie  que  si  les  alliages  observés 
sont  loin  de  leur  point  de  fusion  :  elle  ne  se  maintient  pas  quand 
ils  commencent  à  se  ramollir  entre  les  températures  où  on  les 
porte  pour  déterminer  leurs  capacités  (0.  Cela  était  évideof, 
puisqu'en  éprouvant  une  fusion  partielle  ils  absorbent  de  la 
chaleur  latente. 

AlliagM. 
C  AC 

PbSn 0,04073  41 .34 

PbSn» o,o45o6  41 .53 

PbSb o,o388o  40,76 

BiSn» o,o45o4  4îi|05 

BiSn«Sb 0,04621  41 ,67 

BiSn«SbZn» o,o5657  4i,6i 

Regnault  examina   ensuite  des  substances  très  diverses» 
classées  en  groupe  de  même  formule  chimique  :  par  exendF^» 
des  oxydes,  des  sulfures,  des  chlorures,  des  bromures  ou  "^^ 
iodures  et  enfin  des  sels.  Avant  de  discuter  les  résultats,  r»  ^^^ 
allons  les  résumer  dans  les  tableaux  suivants  : 


(')  Par  exemple,  pour  les  amalgames  et  pour  les  alliages  fusibles  d^^ 
inuth,  d'étain   et  de  plomb,  tels  que  BPSn^Pb.  Le  produit   AC  devient      -^^ 
beaucoup  trop  fort.  L'amalgame  HgSn  a  donné  AC  ■=  72,97. 


JRS  SPÉCIFIQUES  DES  SOUDES  ET  DES  UQUIDES.    49' 


'apacités  atomiques  des  corps  composés. 


SOitTASICES. 


CHALSCK 

C. 


Oxjrdetf  RO. 


»  de  plomb  foodu. 

mercure 

i  de  manganète. . . 

cuiTre 

nickel 


fine. 


lire  de  fer 
e  nickel . . 
B  cobalt... 
e  zinc. . . . 
e  plomb., 
e  mercure 
'étaia 


»te 

r  calciné . 
lénieux.. . . 
3  chrome . 
i  bismuth  , 
antimoine, 


Tantimoiae. 
Je  bismuth. 


Oyo5o89 
o,o5i79 
0,16701 
o,i4aoi 
o,i5885 

0,34394 
o,ia4^ 


Moyenne. 


Sulfures,  RS. 


0,13570 
Oyia8i3 
o,ia5i3 
Oyia3o3 
o,o5o86 
o,o5ii7 
o,o8365 


Moyenne. 


Oxydes,  R^O'. 


0,16695 
0,16814 
0,12786 
0,17960 
o,o6o5S 
0,09009 


Moyenne. 


,.yw//«rM,R2S\ 


0,08^08 
o, 0600a 


POIBS 
■loalqae 
A. 


Moyenne . 


i394,5 

i365,8 

445,9 

495»  7 
469»6 
a58,4 
5o3,a 


540,3 
570,8 
570,0 

604.4 
1495,6 

1467,0 

936,5 


978>4 

978,4 
ia4o,i 

ioo3,9 

3960,7 

i9"2,9 


3ai6,4 
3a64,a 


nioDorr 
AC. 


7o>94 

70,74 
70,01 

70,39 

74,60 

63,o3 

6a, 77 


7>.78 


73,33 
73, i5 
71,34 
74»35 
76,00 
75,06 
78,34 


74,49 


i63,35 

164,44 
i58,56 
180, or 
»79i23 
172,34 


169,65 


Calorimétrie.  —  II.  i"  fasc. 


V 


5o* 


CALORIMÉTRIE. 


SCIISTANCES. 


Acide  sUnnique 

Acide  titanique 

Acide  titaiiique  (rutile). 


Pyrite 

Bisulfure  d'étaiu 

Sulfure  de  molybdène. 


CHALECB 
spéciflqae 

c. 


OxydeSf  hO\ 


OyogSaG 
0,17164 
o,i7o3a 


Moyeu  ne. 


Sulfures,  RS'. 


POIDS 

atomique 

A. 


Moyenne, 


935,3 
5o3,7 
5o3,7 


o,i3oo9 

74i,6 

0,11932 

1137,7 

0,12334 

1001,0 

PSODCfT 

AC. 


87,23 

86,45 

86,-49 


i35,e^ 

I33,if&< 


118, 


Chlorure  de  sodium... 
Chlorure  de  potassium, 
Chlorure  de  mercure. . . 
Chlorure  de  mercure.., 
Chlorure  d'argt'nt 


lodure  de  poUissium 
lodure  de  sodium.. . 
lodure  de  mercure. . 

lodure  d'arjjeiit 

lodure  de  cuivre. . .  . 


Chlorures,  R»CP. 

0,2l401 

0,17295 

o,o52o5 
o,i38a7 
0,09109 


Moyenne 


Bromure  de  potassium 

Bromure  d'arp.ent 

Bromure  de  sodium 


Bromures,  R'Br'. 
0,11822 


0,07871 
0,1 3342 


Moyenne. 


loilutes,  RU'. 

0,08191 
o,o8G§4 
o,o39'l9 
0,061 59 
0,06869 


Moyenne, 


733,0 
932,5 

2974,2 
1234,0 

«79^,2 


1468,2 
2280,0 
1269,2 


20G8,2 

1869,2 
4109,3 

2929»9 
2869,7 


>7»»7- 


DRS  SPÉCinQDES  DES  SOUDES  ET  DES  LIQUIDES.    5i* 


SUBSTANCBS. 


CHALECB 
spcciOque 
C. 


POIDS 

aiomiqne 
A. 


PIODCIT 

AC. 


de  baryum,. . . 
de  strontium., 
de  calcium. . . 
de  magnésium 
de  plomb 


Chiorures,  KCV. 

0,08957 
0,11990 
0,16420 
0,19460 
Oyo664i 


1299,5 

9^9*9 
698,6 

601,0 

1737,1 


Moyenne 

Bromures,  RBr'. 
de  plomb |     o,o5336    i       2272,8 

Moyenne 

lodures,  RP. 


«16,44 
118,70 
114,72 
118,34 
1 i5,35 


116,75 


121 ,00 


e  plomb.. . 
e  mercure 


0,04267 
0,04197 


2872,8 


Moyenne. 


1 2 I , uu 


122,54 
119,36 


I20,()J 


SELS. 


AC 


O. 
30. 


»o. 


>  (spalh  (l'Islande). 


0,33875 
0,27821 
0,14352 

u , I 90 I o 
o,23i i5 

0,11 285 
0,1^279 
0,08723 
o , I 9656 
0,22109 

o, 19102 
0,22833 

o,2o858 
0,1 io38 
0,14483 


3o2,49 
297,13 
3o5 , 55 

207,40 
206,21 

i6'4,54 
iG4,oi 
iG5,39 
168,49 
168, 3o 

39-^,79 

382,2.» 

i3i,6i 
i35,99 
i33,58 


52^ 


CALORIMÉTRIE. 


Si  Ton  considère  en  particulier  chacun  des  groupes  de  corpt» 
contenus  dans  ces  tableaux,  on  trouve  que,  pour  tous  les^ 
composés  binaires  de  même  formule  ^  constitués  par  le  mém& 
métalloïde  uni  à  des  métaux  différents ^  ou  pour  tous  lessels^ 
qui  ne  différent  que  par  le  métal,  le  produit  du  poids  ato- 
mique total  par  la  capacité  calorifique  est  constant.  Mais  le 
produit  du  poids  atomique  moyen  par  cette  même  capacité 
n'est  plus  égal  à  4o,  comme  cela  avait  lieu  pour  les  corps 
simples  ou  pour  les  alliages. 

En  second  lieu,  si  Ton  compare  les  composés  binaires  de 
même  formule,  par  exemple  les  oxydes  et  les  sulfures  RO  et 
RS,  R20»  et  R^S»,  RO^  et  RS»,  ou  bien  les  chlorures,  bro- 
mures et  iodures  de  même  composition,  on  voit  que  les  pro- 
duits correspondants,  bien  que  différant  entre  eux,  ne  soni 
point  très  éloignés  les  uns  des  autres.  On  trouve  en  résumé: 


RO 71,18 

RS 74,49 

R«C1« i58,64 

R«Br« 171,75 

R»I» 167,45 


R«03 169,65 

R»S' 191,06 

RCI« 116,75 

RBr« 121,00 

RI' 120,95 


R0« 
RS« 


86,49 
118,51 


On  peut  conséquemment  admettre  que, /?oiir  tous  lescoïït- 
posés  de  même  formule  et  de  constitution  chimique  sef^^' 
blable,  le  produit  du  poids  atomique  total  par  la  chalet^^ 
spécifique  est  le  même.  Cette  loi,  qui  comprend  la  précédea^^» 
est  évidemment  moins  exacte. 


RELATION  ENTRE  LES  CHALEURS  ATOMiaUES  DU  COMPOSÉ  ET  DE 
ÉLÉUENTS.  —  M.  Wœstyn  (*)  a  fait  une  hypothèse  très  simp*^ 
pour  déduire  la  chaleur  spécifique  d'un  composé  de  celle  ^^ 
ses  éléments  :  elle  consiste  à  admettre  que  les  corps  simpl^^ 
exigent  la  même  quantité  de  chaleur  pour  s'échaufiFer  égal  ^ 
ment,  soit  quand  ils  sont  libres,  soit  quand  ils  sont  enga^ 
dans  une  combinaison  quelconque. 

Si  nous  désignons  par  A,  a,  a',  a",  ...  les  poids  atomiqu 


(*)  WoESTYN,  Annales  de  Chimie  et  de  Physique,  3*  série,  t.  XXllI,  p.  2^ 

1847. 


VLEURS  SPECIFIQUES  DES  SOLIDES  ET  DES  LIQUIDES.    53* 

« 

lomposé  et  de  ses  éléments,  el  par  m,  m',  m"^ ...  les 
-es  d'atomes  élémentaires  qui  entrent  dans  la  combi- 
ly  la  formule  chimique  sera 


A  =  ma  -\-  m'a  4-  /n'^ a" h- ... , 

rhypothèse  de  M.  Wœstyn  est  fondée,  on  devra  avoir, 
signant  par  C,  c,  cfy  (f  les  chaleurs  spécifiques  du  com- 
it  de  ses  éléments, 

kÇ.^=i mac '\' m! a' & -^  m" a" c" -^ 

e  relation  est  en  effet  justifiée  par  les  expériences  de 
ult.  Elle  Test  d'abord  parles  alliages,  car  chacun  des 
X  qui  les  composent  ayant  des  chaleurs  atomiques 
;',  a**  c'* j  . . . ,  sensiblement  égales  entre  elles  et  à  4o,  la 

le  devient 

AC  , 

/w -f- /w' -h /n' -^ . . . 

[  est  précisément  la  loi  énoncée  par  Regnault.  En  second 
tf .  Wœstyn  trouve  une  autre  vérification  de  son  hypo- 
en  calculant  la  capacité  atomique  des  sulfures,  des  bro- 
;  et  des  iodures  :  le  résultat  de  ce  calcul  est  conforme  à 
rience. 

si  justifiée,  l'hypothèse  précédente  permet  de  calculer  la 
ité  atomique  d'un  corps  simple  solide  quand  elle  n'est 
innue,  par  exemple  celle  de  l'oxygène.  Il  suffit  de  consi- 
une  combinaison  R'^O"  et  de  mesurer  les  capacités  C  du 
)sé  et  Cl  du  radical  R.  En  désignant  par  x  celle  de  Toxy- 
on  a 

(R'«0«)C  =  AwRc,  4-  /lO^, 

i  peut  calculer  0.r.  C'est  de  celle  manière  que  l'on  a  dé- 
îs  capacités  atomiques  de  l'oxygèneel  du  chlore  dans  le 
u  suivant: 


51 


CALORIMÉTIUE. 


OXYGÈNE. 


compose. 


PhO 

HgO 

F'O'  .... 
Sb'O'.  .. 
Pb»0\  . 
BPO\.. 

Sb'O^» 

aFeOFe'O' 


•  •  •  •   • 


prodalt  O.r. 


27,661 
28,71 
3o,i5 
28,90 

3o,i5 
3o,52 


Moyenne 29,518 


CHLOHE. 


compoié. 


AgCP.. 
Cu'CI'. 
Sn^CP. 
ZnCP.. 
HgCP.. 
PbCP.. 
Sn»CP. 


I 


produit  Cly. 


43,188 
4o,566 
39,122 
38,342 
37,765 
37 , 35 I 
39,012 


Moycane 39,335 


Il  est  remarquable  de  voir  que  les  capacités  atomiques  de 
Toxygéne  et  du  chlore  ainsi  calculées  sont  constantes;  de  plos. 
la  seconde  est  sensiblement  égale  à  celle  de  tous  les  autres 
corps  simples,  mais  la  première  en  diffère  notablement.  D'ail- 
leurs, il  est  difficile  de  voir  dans  la  loi  de  Wœstyn  autre  chose 
qu'une  loi  empirique. 

Toutefois,  nous  ne  pouvons  nous  dispenser  de  mentionne^ 
d'autres  recherches  entreprises  dans  le  même  ordre  d'idées, 
notamment  celles  de  H.  Kopp  (*),  qui  a  publié  de  nombreuses 
déterminations  relatives  à  la  chaleur  spécifique  des  corps  pris 
à  rétat  solide.  Kopp  pense  que,  contrairement  à  la  loi  de  Du- 
long  et  Petit,  le  produit  AC  de  la  chaleur  spécifique  à  féta^ 
solide  par  le  poids  atomique  n'est  pas  rigoureusement  coH-^ 
slant,  mais  possède  des  valeurs  variables  d'un  corps  simple  * 
un  autre  :  cette  capacité  calorifique  se  conserverait  sans  v^^ 
rialion    dans   les  combinaisons.  Kopp  a    vérifié  notamme^^ 
le    fait  curieux,   annoncé   par  Garnier  {^),   que    la   chale*^^ 
spécifique  de  l'eau  solide,  déduite  de  la  mesure  de  la  chale^ 
spécifique  de  nombreux  sels  hydratés,  est  identique  à  celle  ^ 
la  glace. 


(')  H.  Kopp,  Annales  de  Liebig,  Suppleraciitband  111,  p.  i  et  289. 
(')  GaR!<ier,  Comptes  rendus  de  V Académie  des  Sciences,  t.  XXXV,  p.  5 
i83'|. 


CHALEURS  SPÉCinQUES  DES  SOLDES  ET  DES  LIQUIDES.    55* 

^n  ce  qui  concerne  les  substances  organiques»  les  mesures 
chaleur  spécifique  sontencorerelativementpeunombreuses. 
près  M.  Berthelot  (*),  elles  permettent  cependant  de  for-^ 
1er  les  conclusions  suivantes  : 

^es  composés  organiques  isomères  ont  des  chaleurs  spéci- 
les  moléculaires  très  voisines. 

^es  composés  polymères,  pris  sous  le  même  poids,  ont  des 
leurs  spécifiques  voisines,  c*est-à  dire  à  peu  de  chose  près 
Uiples  les  unes  des  autres,  sous  les  poids  moléculaires, 
^a  chaleur  spécifique  moléculaire  descorps  homologues  pris 
état  liquide  croît  avec  le  poids  moléculaire  (^). 
^es  dérivés   formés  en  vertu  de  substitutions   analogues 
hers  chlorhydriques,  bromhydriques  et  iodhydriques  par 
impie)  ont  des  chaleurs  spécifiques  moléculaires  voisines. 
l.a  chaleur  spécifique  moléculaire  d'un  éther  ou  d'un  corps 
alogue  diffère  peu  de  la  somme  des  chaleurs  spécifiques 
Séculaires  de  Tacide  et  de  Talcool  générateur,  diminuée  de 
le  de  Teau  éliminée. 


)  Berthelot^  Essai  de  Mécanique  chimique  fondée  sur  la  Thermochimie 
*,  p.  465;  Paris,  1879. 

)  L'accroissement  est  à  peu  près  de  7  unités  pour  chaque  différence  de 
^,  quand  l'on  prend  pour  unité  de  poids  atomique  celui  de  l'hydrogène; 
i  cette  valeur  est  loin  d'être  constante. 


66*  CALORIMÉTHIE. 


CHAPITRE  m. 

CHALEURS  SPÉCIFIQUES  DES  GAZ. 

Chaleur  spécifique  des  gaz  sous  pression  constante.  —  Expériences  de 
Delaroche  et  Bérard.  —  Méthode  des  températures  stationnaires.  — 
Méthode  des  températures  variables.  —  Chaleurs  spécifiques  rappor- 
tées à  l'eau.  —  Résultats.  —  Expériences  de  Regnault  :  !•  Courant  de 
gaz  ;  2*"  Échauffement  du  gaz  ;  3"*  Calorimètre.  —  Mode  d'expérimra- 
tation.  —  Résultats.  —  Influence  de  la  pression  et  de  la  tempénr 
ture. 

Chaleur  spécifique  des  gaz  sous  volume  constant.  —  Rapport  des  deux 
chaleurs  spécifiques.  —  Expériences  de  Clément  et  Desormes.  —  Expé- 
riences de  M.  Jamin.  —  Mesure  de  la  chaleur  spécifique  des  gaz  à 
très  haute  température.  —  Lois  des  capacités  calorifiques  des  gaz. 


Le  volume  d'un  gaz  peut  varier  par  suite  de  la  variation  de 
sa  force  élastique  ou  de  sa  tenmpérature.  Réciproquement, 
quand  on  échauffe  un  gaz,  il  peut  se  dilater  librement  sans 
changer  de  pression,  ou  conserver  son  volume  en  acquérant 
une  pression  de  plus  en  plus  considérable.  Rien  ne  prouve  fl 
priori  que  ces  deux  modes  d'échauffement  correspondent  à 
des  absorptions  de  chaleur  égales,  et  il  y  a  lieu  de  déterminer 
séparément,  et  par  la  voie  de  l'expérience,  la  chaleur  spécifiqi^^ 
des  gaz  sous  pression  constante  C,  et  leur  chaleur  spécifiq^^ 
à  volume  constant  c. 

CHALEURS  SPÉCIFIQUES  DES  GAZ  SOUS  PRESSION  CONSTANTIN  • 

Pour  mesurer  la  chaleur  spécifique  à  pression  constante, 
a  suivi  la  méthode  générale  des  mélanges;  mais  elle  présen 
ici  de  bien  plus  grandes  difficultés  que  précédemment;  car, 
densité  des  gaz  étant  très  faible,  il  faut  faire  passer  ces  co 
pendant  longtemps  dans  le  calorimètre  avant  d'obtenir  un 


CHALEURS  SPÉCIFIQUES  DES  GAZ.  67* 

auffement  notable.  Pendant  ce  temps,  toutes  les  causes 
rturbatrices  exercent  leur  influence,  et,  comme  elles  sont 
isiblement  égales  ou  même  supérieures  à  Taction  réchauf- 
ite  du  gaz,  il  faut  déduire  la  capacité  de  celui-ci  d'un  effet 
s  complexe  dans  lequel  elle  n'entre  que  pour  une  faible 
n.  Nécessairement,  toutes  les  erreurs  de  la  délerminaxion 
reportent  sur  le  résultat  que  Ton  cherche  (  *  ). 

SZPÉBIEHGES  DE  DEUROCHE  ET  BÉBABD  (3).  —  Un  vase  de  Ma- 
lte M  produit  un  écoulement  d'eau  qui  se  déverse  dans  le 
îon  A  {fig»  i4)-  En  pénétrant  dans  ce  flacon,  l'eau  chasse 
r  qui  s'y  trouve  enfermé  et  l'envoie  par  un  tube  H  dans  un 
Ion  C.  Ce  ballon  contient  une  vessie  remplie  du  gaz  sur  le- 
el  on  veut  opérer,  qui  s'écoule  par  un  tube  D  et  passe  dans 
manchon  P  qui  est  échauffé  par  de  la  vapeur  d'eau. 
^u  sortir  du  manchon,  où  il  a  pris  une  température  T,  le 
*  pénètre  dans  un  calorimètre  G,  c'est-à-dire  dans  un 
'e  en  cuivre  plein  d'eau,  et  il  circule  à  travers  un  serpentin 
)t  la  longueur  est  de  i<",5o.  Là  il  se  refroidit  et  échauffe 
lu. 

Il  revient  par  un  tube  D'  dans  une  vessie  vide  contenue 
inme  la  première  dans  un  ballon  C;  il  la  gonfle,  et  par  le 
be  F'  il  chasse  l'air  du  ballon  C  dans  le  flacon  A'.  Enfin  l'eau 
î  ce  flacon  A'  s'écoule  par  un  robinet  G'  situé  au  même  ni- 
îau  que  l'extrémité  F'.  On  peut  voir  que  tous  ces  courants 
î  gaz  sont  constants,  puisqu'ils  se  font  sous  l'action  d'une 
cession  qui  est  toujours  la  même. 

Quand  tout  le  gaz  contenu  dans  la  première  vessie  s'est 
•ndu  dans  la  deuxième,  on  change  le  sens  du  mouvement  en 
langeant  le  sens  de  tous  les  robinets  des  flacons  A  et  A'.  Le 

.  )  Les  principales  recherches  sur  ia  chaleur  spécifique  des  gaz,  antérieures 
^Hei  de  Delaroche  et  Bérard,  sont  celies  de  Crawford,  de  Leslie,  de  Laroi- 
■^  et  Lapiace  {OEuvre$  de  Lavoisier,   t.  II),  enfin  de  Gay-Lussac  {Mémoires 

h  Société  d'Arcueil,  t.  I*,  p.  i8o;  Annales  de  Chimie^  i"  série,  t.  LXXXI, 
d^')  Le  procédé  de  Gay-Lussac  consistait  à  observer  la  température  finaie 

■Qélange  de  volumes  égaux  de  deux  gaz,  l'un  échauffé  de  r*>  au-dessus  de 
^mpérature  ambiante,  l'autre  refroidi  d'une  quantité  à  peu  près  égale. 
'*>  pour  plus  de  renseignements,  le  Mémoire  de  Regnault. 

)  Delaroche  et  B£rard,  Annales  de  Chimie^  i'*  série,  t.  LXXXV,  p.  7a. 


58-  f:ALOIIIMKTHIK. 

gaz  marche  alors  dans  une  direcUon  conlrajre,  mais  avpc  tal 

même  pression,  ei  il  revient  de  la  vessie  C  à  la  vessie  C. 

Mais,  atiii  de  Taire  toujours  passer  le  gaz  par  le  nianclioii  I', 
qui  esi  desiiné  à  l'écliaulTer,  il  y  a  dans  le  trajet  quatre  robi- 
neis  l>,  E,  U',  E'.  Dans  la  deuxième  phase  de  l'expérience,  le 


tnc-  .1. 


^az  passe  de  C  en  E'  pour  allerou  manchon  ei  au  ca1orim^U«^ 
et  il  revient  par  le  robinet  E  dans  le  vessie  C. 

GrAce  à  celte  disposition,  une  petite  quantité  de  gaspcoB 
servir  pendant  aussi  longtemps  qu'on  le  veut  et  produite  W 
même  effet  qu'une  masse  beaucoup  plus  considérable  qui» 
passerait  qu'une  seule  fois  dans  le  calorimètre.  On  détennH 
nail  le  volume  qui  était  mis  en  circulation  par  In  quantiti^(r£>< 
qui  s'était  écoulée,  et,  comme  on  connaissait  la  densité  ^ 
gaz,  on  pouvait  déterminer  son  poids. 

Toute  la  chaleur  cédée  au  calorimètre  n'est  pas  celle  *! 
lui  apporte  le  gaz  ;  il  lui  en  arrive  par  le  rayonnement  des  part 


CHALEURS  SPÉCIFIQUES  DES  GAZ.  59* 

échauffées  et  par -la  conductibilité  du  tube  qui  le  joint  au  man- 
chon. Pour  diminuer  cette  cause  d'erreur  autant  que  possible, 
le  manchon  et  le  calorimètre  furent  installés  dans  deux  salles 
différentes,  et  le  tube  de  jonction,  qui  n'est  pas  représenté 
dans  la  figure,  passait  à  travers  la  cloison.  Il  était  en  verre, 
par  conséquent  peu  conducteur;  il  n'avait  que  o",o2  de  lon- 
gueur et  se  trouvait  maintenu  simplement  par  pression  contre 
les  orifices  des  deux  appareils  qu'il  était  chargé  de  réunir. 
EnQnon  détermina  réchauffement  anormal  du  calorimètre  par 
une  expérience  préliminaire  qui  consistait  à  échauffer  le  man- 
chon, à  ne  point  faire  passer  le  gaz  et  à  mesurer  l'augmenta- 
lion  finale  de  température.  On  la  trouva  égale  à  2^,6.  Ce  résul- 
tat permit  de  calculer  la  chaleur  amenée  par  conductibilité, 
comme  on  le  verra  bientôt. 

On  peut  mesurer  dans  le  manchon  la  température  de  In 
vapeur;  mais  on  ne  sait  point  aussi  exactement  quelle  est  celle 
du  gaz  quand  il  arrive  dans  le  calorimètre.  Pour  la  détermi- 
ner, on  avait  placé  dans  l'appareil  un  tube  de  jonction  provi- 
soire qui  est  représenté  dans  la  figure  et  qui  renferme  un 
thermomètre.  On  trouva  que,  le  msfnchon  étant  à  95",6,  ce 
thermomètre  marquait  seulement  92",  6.  Mais  cette  dernière 
température  doit  être  trop  faible,  car  le  thermomètre  rayonne 
a  travers  le  tube  de  verre,  et  par  conséquent  la  température 
s'abaisse.  Pour  tenir  compte  de  cette  circonstance  autant  que 
possible,  on  prit  la  moyenne  entre  95®,6  et  92^,6  pour  expri- 
^^T  la  température  T  du  gaz  à  son  entrée  dans  le  calorimètre. 

On  voit  par  là  combien  Delaroche  et  Bérard  se  sont  préoc- 
cupés des  causes  d'erreur  inhérentes  à  leur  mode  d'expéri- 
'^eniaiion  et  avec  quel  soin  ils  ont  cherché  à  les  corriger.  On 
^^  peut  se  dissimuler  toutefois  que  ces  corrections  sont  bien 
''isufQsantes  ;  mais,  sans  nous  y  arrêter  pour  le  moment,  nous 
^^lons  entrer  dans  le  détail  des  expériences. 

MÉTHODE  DES  TEMPÉBATUBES  STATIOHNAIBES.  —  Supposons  que 

^n  fasse  circuler  indéfiniment  dans  l'appareil  un  gaz  déter- 

'^^iné  avec  une  vitesse  constante.  Soit  P  le  poids  de  ce  gaz  à 

*^*  qui  s'écoule  pendant  chaque  unité  de  temps  ;  le  calorimètre 

^  échauffera  peu  à  peu  et  finira  par  atteindre  une  température 


6o*  CALORIMÉTRIE. 

stationnaire  0,  A  pariir  de  ce  moment»  il  perdra  par  rayonne- 
ment pendant  chaque  minute  ce  qu'il  gagne  par  l'eiïet  du  gaz 
et  par  la  conductibilité.  La  chaleur  cédée  par  le  gaz  est 
PC(T  —  9);  celle  qui  vient  par  conductibilité  peut  être  consi- 
dérée comme  constante  et  désignée  par  K.  Le  gain  total  est 

donc 

PC(T-e)4-K. 

D'un  autre  côté,  si  /est  la  température  de  Tenceinte,  la  perle 
par  rayonnement  peut  se  représenter  par  h{6  —  i),ei  l'on  a 

PC(T-0)4-K  =  /k{e-O. 

Or  on  a  trouvé  précédemment  que»  si  le  gaz  ne  passe  pas  (Uns 
le  calorimètre,  Texcès  de  température  finale  0  —  /  devient égil 
à  2®,  6;  on  a  donc,  en  faisant  P  =  o, 

et,  en  remplaçant  K  par  cette  valeur  dans  réquatlon  précé- 
dente, elle  devient 

PC(T  -  0)  =  h{e  - 2*,6  -  0. 

En   répétant  l'expérience  avec  de  l'air,  on  obtiendra  de 
même 

FC'(T'-ô')  =  /i(<)'-i%6-/'), 

et  divisant 

C       P^  0-2%6-/  T-0' 

C  —  V  0'  -  2%  6  —  t  T-O' 

On  trouve  donc  ainsi  le  rapport  de  la  capacité  calorlGque 
d'un  gaz  à  celle  de  l'air. 

Pour  faire  l'expérience  comme  nous  venons  de  le  dire,  U 
faut  attendre  que  le  calorimètre  atteigne  sa  température  ma^i' 
mum;  mais,  pour  abréger  l'opération,  Delaroche  et  Bérard 
chauffaient  ce  calorimètre  avec  une  lampe  à  alcool  jusqu  àl^* 
donner  une  température  initiale  un  peu  inférieure  au  mat^ 
mum  9;  et,  faisant  passer  le  gaz,  ils  observaient  le  réchauffa 
ment  de  l'appareil.  Quand  le  thermomètre  ne  montait  plus  4^^ 
de  7ô  d^  degré  en  dix  minutes,  ils  notaient  la  température  ^*' 
Ils  recommençaient  ensuite  l'observation  en  partant  d'a^^ 


CHALEURS  SPÉCIFIQUES  DES  GAZ.  6i* 

pérature  initiale  supérieure  à  6,  en  suivant  le  refroidisse- 
it  du  calorimètre  pendant  le  passage  du  gaz,  et  en  notant 
impérature  62  quand  rabaissement  de  température  se  re- 
fait à  :î^  de  degré  pendant  la  même  durée  de  dix  minutes. 
Doyenne  de  di  et  62  était  prise  pour  exprimer  la  tempéra- 
!  stationnaire  6. 

[ÉTHODE  DES  TEMPiRATÏÏBES  VARIABLES.  —  Delaroche  et  Bé- 
[  ont  ensuite  répété  les  mêmes  déterminations  par  la  mê- 
le de  compensation  de  Rumford.  Us  commençaient  par 
oidir  le  calorimètre  jusqu'à  1^  au-dessous  de  la  tempéra- 
)  t  de  Tenceinte,  et  ils  déterminaient  le  poids  du  gaz  P 
il  fallait  faire  circuler  pour  échauffer  l'appareil  jusqu'à  2^ 
dessus  de  t.  Comme  le  gaz,  en  arrivant  dans  Teau,  se  re- 
dit d'une  quantité  très  grande  et  qui  reste  sensiblement  la 
me  aux  diverses  époques  de  Texpérience,  la  première  pè- 
le, pendant  laquelle  le  calorimètre  reçoit  de  la  chaleur  de 
iceinte,  dure  lemême  tempsque  la  seconde  pendant  laquelle 
ayonne  vers  cette  enceinte;  alors  la  compensation  est  sen- 
lement  exacte,  et  les  choses  se  passent  comme  si  le  gaz  à 
sortie  du  serpentin  avait  toujours  la  même  température  t 
e  celle  de  Tair.  On  a  dès  lors,  si  Ton  néglige  l'effet  de  la 
îduclibililé,  et  si  l'on  représente  par  p  le  poids  du  calori- 
Jlre  réduit  en  eau, 

PC(T  — 0  =  4/?- 
recommençant  la  même  expérience  avec  de  l'air, 

FC'(T'-/')  =  4/?f 
en  divisant,  on  obtient  coinme  précédemment  le  rapport  de 

UPAOTÉS  DES  ftAZ  BAPPOETÉES  A  L'EAU.—  Jusqu'à  présent  nous 

G 
vons  trouvé  que  le  rapport  ^7  de  la  capacité  d'un  gaza  celle 

l'air;  il  faut  maintenant  chercher  la  valeur  de  cette  chaleur 
'Cifique  C  de  l'air  en  la  comparant  à  celle  de  l'eau.  Les  deux 
ihodes  précédentes  peuvent  nous  y  conduire. 


Iv* 


62*  GâLORIMËTRIE. 

Par  la  deuxième  on  a  trouvé 

P'C'(T'-r)  =  4/;.  |i1 

On  calculera  C  en  calories  si  Ton  connaît  le  poids/?  du  ca- 
lorimètre réduit  en  eau;  et,  pour  trouver  ce  poids /?,  il  suffira 
d*avoir  déterminé  le  poids  de  Teau  et  des  diverses  parties  du 
calorimètre,  ainsi  que  leurs  chaleurs  spécifiques. 

Par  la  première  méthode  on  avait 

Il  fallait  donc,  pour  calculer  C%  avoir  déterminé  h.  Pour 
cela  on  échauffait  le  calorimètre  jusqu'à  0i,on  le  laissait  re— 
froidir  de  Oi  à  da,  on  mesurait  Te  temps  â?  de  ce  refroidissement. 

et  la  chaleur  perdue  était,  d'une  part,  h  l  — ?  —  t\  x; d'um» 

autre  côté,  elle  pouvait  s'exprimer  aussi  par  p{9i  —  ôj),  (^* 
l'on  trouvait /?  parla  relation 


n''^-^'" 


^  t\x=zp(ei--Oi). 


Enfin  Delaroche  et  Bérard  ont  déterminé  C  en  comparar^  ^ 
les  échaulTements  communiqués  au  calorimètre  :  i**  par  u  ^ 
poids  P  d'air;  2°  par  un  courant  d'eau  chaude  dont  la  viiess-^ 
était  connue.  Nous  n'entrerons  sur  ce  point  dans  aucun  dé?— 
tail,  et  nous  résumerons  tous  les  résultats  de  ces  expérience^  ^ 
dans  le  tableau  suivant  qui  contient  : 

1°  Les  chaleurs  spécifiques  vraies  C  rapportées  à  l'eau  • 
c'est-à-dire  le  nombre  de  calories  nécessaires  pour  élever  4^ 
i<*  l'unité  de  poids  des  divers  gaz; 

2°  Les  chaleurs  spécifiques  à  poids  égaux  rapportées  à  Tair, 

ou  le  rapport  ^7  des  chaleurs  nécessaires  pour  élever  d'un^ 

même  quantité  la  température  de  poids  égaux  d'un  gaz  ^^ 
d'air  :  on  obtient  ces  nombres  en  divisant  les  précédents  par  ^* 
chaleur  spécifique  vraie  de  l'air  C  =  0,2669; 

S**  Les  chaleurs  spécifiques  à  volume  égal,  rapportées  à  l'a*^» 
c'est-à-dire  le  rapport  des  quantités  de  chaleur  nécessair^^ 


CHALEURS  SPÉCIFIQUES  DES  GAZ.  63* 

IV  échauffer  également  des  volumes   égaux  d*un  gaz  ei 

lir. 

Si  P  et  P'  sont  les  poids  de  volumes  égaux  d'un  gaz  et  d'air, 

PC  P 

rapport  sera  ^rTr,9  et  comme  ^  est  égal  à  la  densité  d  du  gaz, 

PC  G 

PC'  ~"^C'' 

Ainsi  les  nombres  de  la  dernière  colonne  sont  égaux  à  ceux 
î  la  précédente  multipliés  par  la  densité  d  de  chaque  gaz. 


CHALP.UR8  SPÉCIPIQCES 

C 

Bons  le  même  poids, 
celle  de  l'eau  étant  1 

c 

sons  le  même  poids, 
celle  de  l'air  éunt  1. 

sous  le  même  Tolume, 
celle  de  l'air  étant  1. 

AirC) 

0,2669 
0,336i 
3,2986 
0,27.54 
0,2210 
0,2369 
0,4207 
0,2884 

1,000 

0,8848 

13,3401 

i,o3i8 

0,6280 

0,8878 

1,5763 

I , o8o5 
1 

1,000 
0,9765 
0,9033 
1,0000 

1,2583 
i,35o3 
i,553o 
i,o34o 

Ox\eène 

JO            •   •••••••• 

Hydrogène 

ilote 

Acide  carbonique. 
Protoxyde  d'azote. 
Élhylène 

Oiyde  de  carbone. 

(')  Seule  chaleur  spcclflqae  déterminée  en  valeur  absolue  par  Delarocbe  et  Bcrard.  -^ 
^  lotres  nombres  de  la  première  colonne  ont  été  calculés  au  mojen  de  celui-là  et  des 
ombre»  de  la  deuxième  colonne. 

Le  travail  que  nous  venons  d'étudier  offre  plusieurs  causes 
imperfection.  La  première,  qui  est  inhérente  à  la  méthode 
sme,  vient  de  la  difficulté  qu'on  éprouve  à  apprécier  exac- 
îientla  chaleur  cédée  parla  conductibilité  et  la  tempéra- 
''e  du  gaz  entrant  dans  le  calorimètre  ;  mais  il  est  remarquable 
Voir  avec  quelle  sagacité  Delaroche  et  Bérard  ont  senti  celle 
Bculté  et  comment  ils  y  ont  paré  avec  une  exactitude  qui 
^ait  pas  dans  les  habitudes  de  cette  époque.  La  deuxième 
'Se  d'erreur  est  plus  grave.  En  employant  des  vessies  pour 


64*  CALORIMÉTRIE. 

réservoirs,  on  avait  des  gaz  saturés  d'humidité,  et,  ces  vessie^ 
étant  au  contact  de  l'air,  Tendosmose  agissait  pour  mêler  ce  ^ 
air  avec  le  gaz  intérieur;  mais  dans  les  calculs  on  avait teniv 
compte  de  la  vapeur  d'eau,  et,   l'endosmose  n'étant  poiaS^ 
connue  à  cette  époque,  il  y  aurait  de  Tinjustice  à  reprocher* 
aux  auteurs  de  ces  expériences  de  n'avoir  point  prévu  ces 
effets  (*)•  Le  meilleur  éloge  que  l'on  puisse  faire  de  ce  travail 
est  d'ailleurs  de  constater  l'exactitude  des  résultats  qu'il  ai 
donnés,  et  c'est  ce  que  nous  aurons  l'occasion  de  faire  en 
étudiant  les  recherches  que  Regnault  a  exécutées  sur  cette 
matière. 


EXPÉRIERGES  DE  REfiHAULT  (^).  —  Ces  expériences  ont  été 
par  le  même  procédé  que  celles  de  Delaroche  et  Bérard.  L'< 
pération  se  divise  nécessairement  en  trois  parties  : 

i^  Obtenir  un  courant  de  gaz  à  vitesse  constante  qu'ocB 
puisse  mesurer; 

2<»  Échauffer  le  gaz  dans  un  bain  ; 

3^  Le  refroidir  dans  un  calorimètre. 


(' )  M.  Eilbard  Wiedemann  a  récemment  employé,  pour  produire  la 
lion  du  gaz  dont  on  veut  déterminer  la  chaleur  spécifique  sous  prenioi 
Btante,  une  méthode  presque  identique  à  celle  de  Delaroche  et  Bérwd:  U 
enfermé  dans  une  grande  Yessie  en  caoutchouc  épais,  de  ao^**  de  capadté, 
elle-même  dans  un  vaste  ballon  de  verre,  est  chassé  par  l'arrivée  de  l'air 
tant  d'un  autre  récipient  avec  une  vitesse  de  3''^  à  5''^  par  minute.  La  diffuiiaiD 
a  travers  le  caoutchouc  est  tout  à  fait  négligeable  pendant  la  durée  d'une  tK" 
périence  (demi-heure).  Voir  Journal  de  Phjsique,  i"  série,  t.  V,  p.  3it§  : 
1876. 

(')  Regnault,  Relation  des  expériences,  etc.,  t.   II,   p.    1,  et  Méimùrt*^^ 
l'Académie^  t.  XXVI. 

Dans  des  expériences  préliminaires,  exécutées  en  i84i,  Kegnault  avait  efl*" 
ployé  une  méthode  déjà  indiquée  par  de  la  Rive  et  Marcet,  et  consistant  o*' 
sentiellemciit  à  observer  le  recul  de  la  colonne  thermométrique  d'un  ciloi^'' 
mètre  analogue  à  celui  de  MM.  Favre  et  Silbermann,  échauffé  à  ao*  ao-def**** 
de  la  température  ambiante  et  plongé  dans  un  bain  d'eau  froide  :  1*  soasl'^'*'* 
Huencedes  causes  extérieures  de  refroidissement;  a**  sous  la  double  infloei^'^ 
des  causes  extérieures  et  d'un   courant  de  gaz,  préalablement  refroidi  ^***' 
dessous  de  la  température  ambiante,  et  traversant  un  serpentin   placé  d^^ 
l'intérieur  du  calorimètre.  La  vitesse  du  refroidissement  dû  à  cette  derA^      . 
cause  était  proportionnelle  au  poids  de  gaz  qui  traverse  le  serpentin  par  ^'^. 
nute  et  à  sa  chaleur  spécifique.  Bien  que  cette  méthode  paraisse  toseepf 


CHALEURS  SPÉCIFIQUES  DES  GAZ.  65* 

i^  GOUBAIT  DE  ftAX.  —  Une  pompe  déjà  décrite  et  figurée 
(t.  I,  PI.  I)  aspirait  le  ga?  à  sa  sortie  des  appareils  où  on  le 
produisait;  après  qu'il  avait  été  purifié  et  desséché,  on  rame- 
nait par  le  tube  I  {PI.  /,  fig.  3),  dans  un  grand  réservoir  V 
très  résistant,  où  il  s'accumulait.  Il  y  prenait  la  température  t 
d'an  bain  qui  entourait  le  réservoir,  et  une  pression  h  qui  était 
mesurée  par  un  long  manomètre  à  air  libre  communiquant  au 
tube  cf.  Quand  la  provision  de  ce  gaz  était  jugée  suffisante,  on 
le  faisait  écouler  par  le  tube  h  en  ouvrant  le  robinet  R. 

Nécessairement  la  vitesse  d'écoulement  devait  diminuer  en 
même  temps  que  la  pression;  mais  pour  rendre  cette  vitesse 
constante,  on  faisait  passer  le  gaz  à  travers  un  petit  appareil  A 
dessiné  à  part  {/^/.  7,  ftg.  4)-  H  arrivait  par  le  tube  BB  et  s'é- 
chappait par  l'espace  laissé  libre  au-dessous  d'une  vis  CDA 
pour  se  rendre  dans  le  tube  GG.  La  vis  traversait  une  boîte  à 
étoupes  D  et  se  terminait  extérieurement  par  un  tambour  di- 
visé EE.  On  conçoit  qu'en  relevant  à  la  main  cette  vis  DC  à 
mesure  que  la  pression  baissait,  on  augmentait  l'orifice  G,  que 
I>  <Iiiantité  de  gaz  lancée  dans  le  tube  GG  augmentait  progres- 
sîv'ement,  et  qu'il  était  possible  de  compenser  la  diminution 
progressive  du  courant  par  une  augmentation  convenable  de 
l*ot*î lice  qui  lui  donnait  issue. 

Il  ne  s'agissait  plus  que  de  régler  cette  compensation.  Pour 
ccl^  le  gaz  s'engageait  dans  un  large  conduit  at  {PL  lyfig.  3) 
^^ttimuniquant  avec  un  manomètre  à  eau  MM'  et  se  terminant 


^^  donner  des  résultats  assez  précis,  Rcgnault  y  renonça  pour  la  méthode  plus 
P*^^^te  décrite  dans  le  texte. 

Mémoires  à  consulter  pour  les  recherches  postérieures  à  celles  de  Delaroche 
^  ^^rard,  et  antérieures  à  celles  de  Regnault  : 

"■^TcaiFT,  Transactions  philosophiques  d'Edimbourg,  iSaS,  t.  X,  et  Annales 
*    ^^himie  et  de  Physique,  2'  série,  t.  XXVI,  p.  298. 

■^^  LA  Rive  et  Marcet,  Annales  de  Chimie  et  de  Physique^  2*  série,  t.  XXXV, 
P-  *  43;  t.  XLI,  p.  78,  et  t.  LXXV,  p.  ii3î  1828  à  1889. 

"^i^JOBX,  Philosophical  Magazine^  2*  série,  t.  XLI,  LXXXII  et  LXXXIII. 

^  ^XRMAXN,  Dissertatio  de  calore  jluidorum  elasticorum  specijica  (  Annales  de 
^"^^iSendorffy  t.  XLI,  p.  447;  iSSg). 

^OfiLE,  Philosophical  Magazine,  3'  série,  t.  VI,  p.  i43. 

^c»us  ces  Mémoires  sont  résumés  au  commencement  du  Mémoire  de  Kc- 
^«"^Ult. 

***    et  B.,  Calorimêtrie,  —  II.  1*  fasc.  5' 


66*  CALORIMÉTRIE. 

par  un  tube  très  étroit  i;  après  quoi  il  continuait  sa  route  dar 
une  série  d'appareils  BCwe  (PL  7,  ^g-.  3  et  6)  qui  débet 
chaient  dans  l'air  et  dans  lesquels  il  prenait  la  pression  alnx 
sphérique.  De  cette  manière,  le  conduit  ayant  un  rétrécissemei 
en  t,  le  gaz  conservait  dans  Tespace  au  un  excès  de  pressie 
qui  se  mesurait  par  le  manomètre  MM'.  Il  suffisait  de  relev* 
progressivement  la  vis  A  pour  rendre  cet  excès  de  pressie 
constant  et  pour  que  l'écoulement  devînt  uniforme  à  travers 
rétrécissement  t^  conséquemment  à  travers  tous  les  apparei 
qui  le  suivent.  Les  choses  se  passaient  absolument  comme 
le  gaz  eût  été  fourni  par  un  réservoir  où  sa  pression  eût  et 
constante  et  égale  à  celle  qu'il  possède  dans  l'espace  a^eiqi 
est  mesurée  par  le  manomètre  MM'. 

Cela  règle  la  vitesse  du  courant,  mais  ne  la  mesure  pas.  Ail 
de  pouvoir  calculer  le  poids  du  gaz  dépensé  pendant  un  temp 
déterminé,  on  exécuta  des  expériences  préliminaires  quenou 
allons  décrire. 

II  est  clair  que  le  poids  total  du  gaz  qui  est  contenu  dans  I 
réservoir  V  sous  une  pression  h  serait  proportionnel  à  ceti 
pression  si  la  loi  de  Mariotte  était  exacte  et  si  la  capacité  de 
ne  changeait  pas  avec  h.  Aucune  de  ces  conditions  n'est  ré£ 
Usée  absolument;  mais  chacune  d'elles  l'est  approximative 
ment,  et  l'on  pourra  représenter  empiriquement  le  poids  1 
contenu  à  zéro  dans  V  par  la  formule  empirique  suivante 

et  le  poids  P  du  gaz  contenu  à  t°  par 

i  -t-  cet  \  -\-  (Xt 

a  étant  le  coefficient  de  dilatation  apparente  du  gaz  dan^ 
réservoir. 

Pour  déterminer  les  coefficients  A,  B,  C,  Regnault  pren 
un  des  ballons  qu'il  avait  employés  à  la  mesure  des  densit 
des  gaz,  et,  après  y  avoir  fait  le  vide  et  l'avoir  équilibré  da 
une  balance  avec  un  second  ballon  de  volume  égal,  il  le  mi 
tait  en  communication  avec  le  réservoir  V^  au  moment  où 
pression  du  gaz  était  //.  Le  ballon  se  remplissait,  la  pressit 


CHALEURS  SPÉCIFIQUES  DES  GAZ.  67* 

dirsiinuait  et  devenait  h! ^  et  Ton  déterminait  avec  toutes  les 
précautions  que  nous  avons  indiquées  le  poids  77  du  gaz  intro- 
du&ltdans  le  ballon  et  sorti  du  réservoir. 

Jt-.es  poids  des  gaz  P  et  P'  contenus  à  ^  dans  le  réservoir  V, 
somjLS  les  pressions  h  et  A',  avant  et  après  le  remplissage  du 
bâillon^  sont  exprimés  par 

f  m  -— ^^— ^— ■  9        H*  """  — — ^— — — ^^—  ———^  • 

i  -f  at  i  -h  at 

Leur  différence  est  égale  au  poids  tt  de  gaz  qui  a  été  recueilli 
da  ns  le  ballon  : 

,  ^  A{h-  h')  -hB{/û-  /i'^)-\-  C(/i^-  h'^) 

[l  J  77= ; T 

I  -i-  at 

On  répéta  trois  fois  celle  opération,  lorsque  le  réservoir  V 
contenait  du  gaza  trois  pressions  initiales  h,  hi,  /12,  très  diffé- 
rentes entre  elles;  on  obtint  trois  poids  7:,  tti,  7:2  de  gaz  en- 
leva, et  la  relation  précédente  fournit  trois  relations  qui  per- 
mirent de  calculer  A,  B,  G. 

Une  fois  ces  constantes  connues,  on  pourra  calculer  par  la 
forinule  (i)  le  poids  de  gaz  sorti  du  réservoir  à  une  tempéra- 
ture ^  quand  la  pression  baisse  de  h  à  h', 

2«  ÉGHAUmaiElIT  DU  ftAZ.  —  Après  avoir  traversé  le  lube  t,  le 
gaz  pénétrait  dans  un  serpentin  BC  (Pi.  I,Jig.  3)  qui  étail  formé 
par  un  tube  de  10"  de  longueur,  de  8™"»  de  diamètre,  et  qui  était 
plongé  dans  un  bain  d*huile.  Un  agitateur  DI)  mis  en  mouve- 
^^T\\  par  une  machine  rendait  la  température  uniforme;  un 
thermomètre  T  la  mesurait,  et  une  lampe  à  alcool  placée  sous 
'®  bain,  en  F,  la  maintenait  ?\\q  pendant  toute  l'opération, 
^^nnine  cette  température  était  souvent  élevée  au-dessus  de 
'^^°,  on  réduisait  par  le  calcul  les  indications  fournies  par  le 
^'^ermomètre  T  à  celles  d'un  thermomètre  à  air  avec  lequel  il 
^^^it  été  comparé  d'avance. 

^n  se  rappelle  combien  Delaroche  et  Bérard  avaient  éprouvé 

^e  difficultés  pour  mesurer  la  température  du  gaz  avant  son 

^^«•ée   dans  le  calorimètre.  Dans  les  nouveaux  appareils  que 

^^s    décrivons,  elle  devait  être   exactement  celle  du  bain 


68*  CALORIMÉTRIE. 

d^huile,  à  cause  de  la  grande  longueur  et  de  la  ténuité  extrêm 
du  serpentin.  Regnault  voulut  cependant  s'en  assurer  par  un 
expérience  directe.  A  cet  effet,  laissant  les  choses  établie 
comme  précédemment,  il  fit  souder  vers  Texlrémiié  C  du  ser 
penlin  un  large  tube  DE  {PL  7,  fig.  5),  dans  lequel  il  mil  ui 
thermomètre  dont  la  boule  était  exposée  au  courant  gazeu 
au  moment  de  sa  sortie.  Il  trouva  que  dans  ces  expérience 
préparatoires»  et  il  admit  que  dans  les  observations  définitive 
le  gaz  prend  exactement  la  température  du  bain.  11  s'agit  main 
tenant  de  le  diriger  dans  le  calorimètre  avec  la  plus  faibl 
perte  de  chaleur  possible. 

A  cet  effet»  le  vase  qui  contenait  Thuile  portait  un  renflemen 
extérieur  qui  accompagnait  et  garantissait  le  conduit  C  jusqu' 
la  paroi  EE  de  Tenveloppe.  A  partir  de  là  {PL  /,  yîg".  6),  c< 
tube  C  était  entouré  par  un  bouchon  de  Uège  peu  conducteu 
muty  se  continuait  par  un  petit  tube  de  verre  p,  et  s'engageai 
dans  le  calorimètre  W.  On  voit  que  l'interposition  de  ce  lièg< 
et  de  ce  verre  diminue  la  conductibilité  autant  qu'on  peut  le 
faire. 

3®  GALOBIMÈTBE.  —  Le  gaz  arrive  enfin  dans  une  série  de 
boîtes  en  laiton  w^  a,  c,  d,  et,  passant  successivement  de  is 
première  à  la  dernière,  il  finit  par  s'échapper  dans  le  tuyau  â 
Pour  qu'il  parcoure  le  plus  de  chemin  possible  dans  ces  boites 
elles  sont  divisées  à  Tinlérieur  par  des  cloisons  en  spiral 
{Pi,  ly  fig^  7),  de  façon  que  le  gaz  entrant  par  b  tourbillonn 
autour  de  la  spirale  avant  de  sortir  par  a. 

Ces  boîtes  sont  plongées  dans  le  calorimètre  PPP  {PI- 
fig,  3  et  6)  qui  repose  sur  trois  cales  de  bois  et  qui  est  ^ 
touré  d'une  caisse  de  sapin  NNN  destinée  à  prévenir  son  f 
froidissement.  Un  thermomètre  fixe  T'  indique  les  variaticr 
de  la  température  qu'on  lit  de  loin  avec  une  lunette  ;  enfin  ^ 
agitateur  GG  est  mis  en  mouvement  au  moyen  d'un  fil  KK, 
il  est  dirigé  dans  ce  mouvement  par  une  coulisse  H  qui  gli^ 
sur  la  règle  LL. 

La  quantité  d'eau  qu'on  mettait  dans  le  calorimètre  ét^ 
mesurée  dans  un  ballon  à  col  étroit  jaugé  à  4°«  Cette  eau  av^ 
un  poids  d'autant  moindre  que  sa  température  était  plus  él- 


CHALEURS  SPÉCIFIQUES  DES  GAZ.  69* 

vé^au  moment  où  on  la  mesurait;  mais,  comme  sa  capacité 
calorique  augmentait  avec  la  température,  il  y  avait  sensible- 
ment compensation  entre  l'augmentation  de  capacilé  et  la  di- 
n^îKiulion  de  poids»  et  Ton  pouvait  considérer  cette  quantilé 
d^^^u  variable  comme  une  masse  de  capacité  calorifique  con- 
stat nte. 

C3n  s'assura  d'avance,  en  plaçant  un  thermomètre  dans  le 
iiKl3e  Sj  que  le  gaz  avait  à  sa  sortie  du  calorimètre  la  tempéra* 
iixs*6  exacte  de  Teau  contenue  dans  cet  appareil. 

On  voulut  aussi  savoir  si  le  gaz  éprouve  des  changements 
no«.ables  de  tension  pendant  son  trajet  de  t  en  e.  S'il  en  éprou- 
TSiit  dans  le  serpentin,  ils  ne  pourraient  avoir  d'autre  influence 
que  de  changer  sa  température;  mais  la  chaleur  fournie  par 
rhuile  la  maintient  fixe;  si  au  contraire  ce  gaz  se  détendait 
dans  le  calorimètre,  il  absorberait  de  la  chaleur  et  la  mesure 
de  la  capacité  serait  inexacte.  Pour  savoir  si  cette  cause  d'er- 
i^ur  existait,  on  mit  deux  manomètres  à  eau  en  communica- 
tion avec  les  tubes  C  et  e,  et  dans  les  cas  où  la  vitesse  d'écou- 
tenient  était  la  plus  grande,  on  vit  que  la  différence  des  pres- 
sions du  gaz  à  son  entrée  et  à  sa  sortie  atteignait  à  peine  1™"* 
^J'^au.  C'était  une  cause  d'erreur  absolument  insensible. 

Ce  qu'il  faut  apprécier  surtout,  c'est  la  perte  de  chaleur  que 

fait  le  gaz  dans  son  trajet  à  travers  le  tube  qui  joint  le  serpen- 

^■^  au  calorimètre.  Il  est  évident  que  cette  perte  se  produira 

toujours,  mais  qu'elle  sera  proportionnellement  d'autant  plus 

^''ande  que  la  vitesse  de  circulation  sera  moindre.  En  effet,  en 

«îsant  des  expériences  diverses,  dans  lesquelles  cette  vitesse 

^"aît  en  croissant,  on  trouva  des  chaleurs  spécifiques  d'abord 

^""oissantes  ;  mais,  à  partir  d'un  certain  terme,  les  vitesses 

pouvaient  croître  indéfiniment  sans  que  le  résultat  variât  sen- 

^^'^lement.  On  en  tira  cette  conclusion,  que  la  perle  de  chaleur 

^^^ît  tout  à  fait  négligeable. 


^ODE  D'EXPËRIMENTATIOH.   —  Nous  allons  dire  maintenant 

/^^^rnent  on  faisait  les  observations.  Après  avoir  comprimé 

.^^s  V  une  provision  suffisante  de  gaz,  on  échauffait  le  bain 

^^île  jusqu'à  la  température  T  qu'on  maintenait  constante 

**^glant  convenablement  la  lampe  ;  puis  on  remplissait  d'eau 


70*  CALORIMÉTRIE. 

le  calorimètre,  et,  tout  étant  ainsi  disposé,  on  commençait  le 
opérations.  Elles  se  divisent  en  trois  phases  : 

I.  On  observe  pendant  dix  minutes  le  réchauffement  qu'é —  fj- 
prouve  le  calorimètre  sous  Inaction  des  causes  perturbatrices^^  ^s 
extérieures  ;  ces  causes  sont  : 

i^  Le  réchauffement  par  Tair  ambiant.  Il  est  positif  ou  né ^ 

gatif,  et  pendant  l'unité  de  temps  il  est  proportionnel  à  la  dif- 


férence des  températures  to  —  Oo  de  Tair  et  du  calorimètre^.   ^, 
soit  A  (/q—  ^o); 

2«  Le  rayonnement  des  écrans  ; 

S*"  La  conductibilité  du  tube  de  jonction  C. 

Ces  deux  dernières  causes  sont  constantes,  car  la  différent 
de  température  entre  le  bain  d'huile  et  le  calorimètre  est  coi 
sidérable  et  sensiblement  invariable.  En  réunissant  les  deai 
effets  en  un  seul,  on  peut  représenter  par  A*  le  réchauffemeiL^Hii 
qu'ils  produisent  en  une  minute. 

Soit  AOo  le  dixième  de  la  variation  de  température  obseiv^^^ 
pendant  les  dix  minutes,  c'est-à-dire  le  réchauffement  que  I  e 
calorimètre  éprouve  pendant  une  minute,  on  a 

A)  el  Oo  sont  les  températures  moyennes  de  Tair  et  du  calor^i- 

mèlre  pendant  la  durée  de  Tobservalion. 

II.  A  la  fin  de  la  dixième  minute  on  lance  le  gaz  dansl^^s 

appareils.  Pendant  celle  dernière  phase,  le  calorimètre  éprou'^^'c 

deux  effets  :  i'' celui  du  gaz;  2°  celui  des  causes  perturbatrice^» 

il  faut  donc  calculer  celui-ci  et  le  retrancher  du  résultat  tot^  '• 

Pour  cela,  on  observe  de  minute  en  minute  les  tempéralu** 

moyennes  A  /'»  /'',...  de  Pair,  et  0,  (/',  0",. , ,  du  calorimèt^' 

alors  les  récliauffenienls  perlurbaleurs  sont  pendant  chacj 

niiiiule 

10  --r-Xit     -0  )-r-/f, 

10'  .-^\{t-0')-\-k, 


Quand  on  juge  que  Taction  a  été  suffisamment  prolongé 
on  ferme  le  robinet  d'écoulement  et  Ton  continue  penda 
trois  minutes  à  observer  le  calorimètre,  pour  être  bien  assu 


CHALEURS  SPÉCIFIQUES  DES  GAZ.  71' 

qa*il  a  absorbé  toute  la  chaleur  du  gaz.  Alors,  en  faisant  la 

somme  de  toutes  les  valeurs  de  Ad,  on  a 

* 

(x)  A9-f-Ae'4-...--=A(/-hf-+-r-h...-0-e'-e'')+/iA-=r. 

r  est  le  réchauffement  total  que  les  actions  perturbatrices  ont 
fait  subir  au  calorimètre  pendant  les  n  minutes  qu'a  duré  Tob- 
servation.  Il  faudra  le  retrancher  de  la  température  finale  ob- 
servée dnf  pour  avoir  celle  que  le  calorimètre  aurait  prise  s'il 
n'avait  reçu  que  la  chaleur  cédée  par  le  gaz. 

III.  Le  gaz  cessant  d'arriver  dans  l'appareil,  le  calorimètre 
recommence  à  n'être  plus  soumis  qu'aux  actions  perturba- 
trices, et  les  variations  de  température  qu'il  éprouve  ne  sont 
dues  qu'à  cette  cause.  Alors  on  continue  à  les  observer  pen- 
dant dix  minutes.  Si  l'on  désigne  par  ti  et  9i  les  températures 
niojrennes  de  l'air  et  du  calorimètre  pendant  ce  temps,  et  par 
à9i  le  dixième  du  réchauffement  observé,  on  a 

(a)  Ae,==A(^,  — 9i)-f-/r. 

l'os  équations  (i)  et  (2)  permettent  maintenant  de  détermi- 
ner A  et  A-,  et,  ces  constantes  étant  connues,  on  les  substituera 
dans  Téquation  (a),  ce  qui  permettra  de  calculer  r, 

Enfin  on  trouvera  la  chaleur  spécifique  du  gaz  par  l'équation 
connue 

Vx[T-[^)]=p[iO„-r)-e]. 

^^^/^  Sont  le  poids  du  gaz  écoulé  et  celui  du  calorimètre  éva- 
lue en  çau^  X  est  la  température  du  bain  d'huile,  9  celle  du 
caiorim^jpç  au  commencement  de  la  seconde  période,  eiOn—  r 
a  température  finale  corrigée  des  actions  perturbatrices. 

\'^  procédé  général  fut  souvent  modifié  dans  les  détails,  par 

suite  fi^g  circonstances  particulières  offertes  parles  divers  gaz. 

Quand   ils  attaquaient  le  cuivre,  le  serpentin  était  en  platine, 

ainsi  q^g  j^  calorimètre,  qui  avait  alors  la  forme  représentée 

'^^''  A  fig'.  8).  Enfin,  quand  il  n'était  pas  possible  d'obtenir 

une  distillation  régulière,  on  était  réduit  à  employer  un  mode 

Q^  Calcul  plus  compliqué  que  nous  n'indiquerons  pas. 

^our  opérer  à  des  pressions  plus  grandes  que  celle  de  l'at- 


"1 


CALORIMÉTRIE. 


mosphère,  il  suffisait  de  supprimer  le  tube  étroit  t,  de  termi- 
ner le  conduit  e  par  un  étranglement  et  de  remplacer  le  ma- 
nomètre à  eau  MM'  par  un  manomètre  à  mercure.  Le  gaz  se 
détendait  en  passant  sous  la  vis  A,  mais  conservait  dans  toutes 
les  parties  de  l'appareil  une  pression  égale^  intermédiaire  entre 
celle  qu'il  avait  dans  V  et  celle  de  Tatmosphère;  on  la  mesu- 
rait par  le  manomètre  MM'. 
Voici  les  résultats  numériques  trouvés  par  Regnault  : 

Chaleurs  spéciftques  des  gaz  rapportées  à  Peau. 

GAZ  SIMPLES. 


Air 0,23741 

OxygcDC 0,21751 

Hydrogène 3 ,  4090 


Azote.; o,a438o<l 

Chlore o,  12199 

Brome o,o5552 


M 


GAZ  COMPOSES. 


Acide  carbonique 0,2169 

Oxyde  de  carbone 0,24500 

Protoxyde  d'azote 0,22616 

Bioxyde  d'azote 0,23173 

Fornièno o ,  59295 

Élbylèno o ,  4040 


Acide  sulfureux o ,  i544 

Acide  chlorhydriquc.  o,i852 

Acide  sulfhydriquc. .  o,243i8 

Ammoniaque o,5o836 

Éthor  chlorhydrique.  0,27376 


INFLUENCE  DE  LA  PRESSION  ET  DE  LA  TEMPÉBATURE.  —  Delaroch  *^ 
et  Bérard  avaient  cru  que  la  chaleur  spécifique  des  gaz  vari^^ 
avec  leur  pression  ;  le  travail  de  Regnault  démontre  au  coa  — 

traire  qu'elle  en  est  indépendante.  Les  nombres  qui  suivent  ré 

sulient  de  deux  séries  d'expériences  distinctes  dans  lesquelles- 
on  ne  s'est  point  attaché  à  faire  disparaître  les  causes  d'er — 
rcur,  mais  seulement  à  les  rendre  constantes  :  c'est  ce  qu* 
explique  pourquoi  ils  diffèrent  de  ceux  que  nous  avons  rap— 
portés  plus  haut. 

Air. 

PrfîHsion.  Capacité, 

mm 

De  5674  à  4019  0,22546 

760  0,22616 

(')  Nombre  déduit  par  diflerciicc  des  expériences  sur  i'air  et  sur  Toxygèii^*' 


rre»slun. 

Capacité. 

mm 

3  000 

0,23236 

760 

0,23201 

CHALEURS  SPÉCIFIQUES  DES  GAZ.  78* 

Tair  obéit  très  sensiblement  à  la  loi  de  Mariotte,  la 
de  sa  chaleur  spécifique  pourrait  être  une  excep- 
Regnault  a  constaté  qu'il  en  était  de  nlême  pour 
le  et  Tacide  carbonique.  Il  est  donc  démontré  que  la 
îsorbée  par  un  poids  donné  de  gaz  pour  s'élever 
e  nombre  de  degrés  est  absolument  indépendante  de 
n. 

nce  de  la  température  a  aussi  été  étudiée  par  Re- 
faisait arriver  les  gaz  dans  un  calorimètre  après  les 
)idis  ou  réchauffés  dans  un  serpentin  entouré  soit 
nge  réfrigérant,  soit  d'un  bain  d'huile.  Il  a  obtenu 
es  suivants  : 


Air. 

■leur  spéciflqac. 

Acide  carboniqae. 

Iraturc.     Cii< 

Température. 

Chaleur  spéciflqae 

0 
l  -f-    10 

0,23771 

0 

De  — 3o  II  H-    10 

0,18427 

100 

0,28741 

-h  0         100 

0,20246 

200 

0,23751 

-f-  10         210 

0,21692 

5ur  spécifique  de  l'air  paraît  très  sensiblement  con- 
is  cet  intervalle,  mais  celle  de  Tacide  carbonique 
la  température.  Dès  lors,  il  est  bien  probable  que 
az  sont  dans  le  même  cas.  Nous  verrons  bientôt 
seignements  on  possède  sur  ce  sujet,  quand  nous 
ns  occupés  des  chaleurs  spécifiques  sous  volume 


)ES  CHALEURS  SPÉCIFIQUES  DES  GAZ  SOUS  PRESSION 
CONSTANTE  ET  A  VOLUME  CONSTANT. 

DE  CLÉMENT  ET  DESORMES.  —  Le  rapport  des  deux 
ipécifiques  des  gaz  a  été  fixé  pour  la  première  fois 
nt  et  Desormes  (*),  grâce  à  l'expérience  suivante  : 
ballon  A  {fig*  i5)  est  muni  d'un  robinet  très  large  B 
lunique   avec  l'air  extérieur;  il  porte  en  outre  un 

T  et  Desormls,  Journal  (h  Physique  de  Delamétherie,  t.  LXXXIX, 
{Du  zéro  absolu  et  du  calorique  spécifique  des  gaz).  Voir  aussi 
anique  céleste,  t,  V,  p.  1^8  et  suivantes. 


74'  CALORIMÉTHIE. 

lube  latéral  raccordé  avec  un  manomètre  à  eau  ou  mieux  ■ 
acide  sulfurîque  a.  On  commence  par  faire  un  vide  partiel  dans 
le  ballon.  Le  liquide  monte  en  a'  et  la  pression  est  P  ~k'. 

£n  ouvrant  le  robinet  pendant  un  temps  très  court,  on  laissa 
rentrer  l'air  extérieur  jusqu'à  rétablir  la  pression  atmosphé- 


rique; alors  le  gaz  qui  était  dans  le  ballon  est  comprimé  ^  * 

3011  volume,  qui  était  égal  à  l'unité,  devient  (i  —  6).  Sa  près- 

P  —  A'  .    — 

sion  serait ^  si  la  lempéralure  ne  s'était  point  élevée  ■• 

mais,  comme  elle  a  augmenté  de  x,  la  pression  est  devenu^ 

— --  ,    —  -^-        7  elle  est  égale  à  celle  de  l'atmosphère 

et  l'on  a 

(,)  ^-K  ' ± «"_+■?! ^p 

I  —  é  1  -t-  «; 

Peu  à  peu  le  ballon  revient  à  la  température  ambiante  l\  ^^ 


CHALEURS  SPÉCIFIQUES  DES  GAZ.  yj* 

^eau  remonte  en  a  jusqu'à  une  hauteur  /i,  et,  x  devenant 
al  à  zéro,  l'équation  précédente  se  réduit  à 

1  —  0 

s  équations  (i)  et  (2)  permettent  de  calculer  d  et  x,  c'est-à- 
e  la  compression  et  l'augmentation  de  température  que  Tair 
érieur  a  éprouvées.  On  trouve 

0  =Z  TT 7  9         XZ=     — 


P-A'  a       P-/I 

^renons  maintenant  une  masse  de  gaz  égale  à  Tunilé  et 
»posons  qu'on  réchauffe  de  1°  sous  pression  conslante, 
s  qu'on  la  comprime  de  manière  à  la  ramener  à  son  volume 
nitif.  Une  quantité  de  chaleur  égale  à  C  —  c  devient  dispo- 
le  et  produit*un  échauffement  du  gaz  que  nous  désignerons 
6.  Il  est  donné  par  la  relation 

c 

il  leurs  cet  échauffement  6  résulte  d'une  compression  égale 

quantité  dont  le  gaz  se  dilate  en  s'échauffant  de  1®  sous 

ssion  constante,  c'est-à-dire  à  une  fraction  de  son  volume 


at 
Jnsi,  à  une  compression correspond  un  accroisse- 

C  —  c 
ni  de   température 5   et,  d'autre  part,  nous  avons 

ivé,  par  l'expérience  de  Clément  et  Desormes,  qu'à  une 
répression  S  correspond  une  élévation  de  température  x. 
ame  les  compressions  et  les  échauffements  considérés  sont 
5  faibles,  on  peut,  sans  erreur  sensible  (M»  admettre  qu'ils 


)  Rien   n'empocherait  d'ailleurs  de   régler -le  manomètre  par  des  essais 
iminaires,  de  sorte  que  la  compression  6  se  trouvât  très  sensiblement  égale 

-— —  ;  ~ et  X  seraient  alors  sensiblement  égaux  et  la  proportionnalité 

^quée  par  l'équation  (5)  pourrait  être  considérée  comme  tout  à  fait  rigou- 


76*  CALORIMÉTRIE. 

varient  proportionnellement.  On  a  donc 

(5)  S: ^  =  x: ^ 

d*oii,  en  remplaçant  d  elx  par  leurs  valeurs, 

C_      h' 
c~  h—h' 

Le  résultat  est  indépendant  de  la  valeur  P  de  la  pression  ï\r 
mosphérique  au  moment  de  Texpérience,  et  n'exige  que  h 
mesure  des  hauteurs  h  et  h'  lues  directement  sur  le  miDO- 
mètre. 

Cette  méthode  a  été  employée  par  divers  expérimentateois 
les  résultats  qu'elle  a  fournis  ne  sont  pas  extrêmement  eoD- 
cordants  ;  ainsi  Ton  a  trouvé  : 

c 

Noms  des  expcrimenUleura.  —  (air). 

Clément  et  Desormes  (  »  ) i  ,354 

Gay-Lussac  et  Welter  (*) i ,376 

Masson  (') i,4i5 

Weisbach  (  ♦  ) i  ,4o25 

Ilirn  (5) 1,3845 

M.  Cazin  (c)  a  repris  cette  question  et  établi  que  la  métho^ 
de  Clément  et  Desormes  ne  peut  fournir  des  résultats  parfait^ 
ment  rigoureux.  Quand  on  ouvre  le  robinet  et  que  Tairexi^ 
rieur  se  prééipile  dans  le  ballon  avec  une  certaine  vitesse,  il  ^ 
produit  à  l'intérieur  du  ballon  une  condensation  du  gaz,  suiv"^ 
immédiatement  d'une  dilatation,  et  l'équilibre  de  pression  t^ 
s'établit  que  par  une  série  de  mouvements  oscillatoires.  C^ 

(*)  Clémext  et  Desormes,  Journal  de  Physique  de  Delamétherie,  t.  LJtXXI  - 
p.  333. 

(')  Gay-Lvssac  et  Welter,  t'oir  Laplace,  Mécanique  céleste^  t.  V,  tX  Am^  ' 
de  Chimie  et  de  Physique^  2*  série,  t.  XX,  p.  1^8;  1822. 

(')  Masson,  Annales  de  Chimie  et  de  Physique,  3'  série,  l.  LUI,  p.  26^ 
suivantes;  i858. 

(*)  Weisbach,  Z)tfr  Civilingénieur,  neue  Folge,  t.  V;  1869. 

(*)  HiRN,  Théorie  mécanique  de  la  chaleur ,  t.  I**",  p.  69. 

(  *  )  Cazin,  Annales  de  Chimie  et  de  Physique^  3*  série,  t.  LXVI,  p.  206;  lî 


CHALEURS  SPÉCIFIQUES  DES  GAZ.  77* 

fair  renfermée  dans  le  ballon,  à  Finstant  fortuit  où 
a  fermeture  du  robinet,  sera  donc  un  élément  essen- 
.  variable,  et  il  en  sera  de  même  de  l'élévation  de  tem- 
sur  laquelle  repose  cette  mesure,  à  moins  qu'on 
un  temps  notable  avant  de  fermer  le  robinet,  et  alors 
issement  est  déjà  parvenu  à  un  degré  plus  ou  moins 
ble.  Toutefois  cet  inconvénient  peut  être  fort  amoindri 
î  Ta  fait  M.  Rôntgen  (  *  ),  on  emploie  un  ballon  de  très 
[nension  et  qu'on  n'y  établisse  qu'une  diminution  de 
extrêmement  faible,  que  l'on  mesure  à  l'aide  d'un 
re  métallique  d'une  excessive  sensibilité.  M.  Rôntgen 
►uvé  pour  l'air  i,4o53. 


B  FONDÉE  SUR  LA  MESUBE  DE  LA  VITESSE  DU  SON.  —  Mais 
le  que  l'on  a  employée  le  plus  fréquemment  pour  la 
ition  du  rapport  des  deux  chaleurs  spéciGques  se 
la  détermination  de  la  vitesse  du  son  dans  les  gaz. 
lendrons  par  la  suite  sur  la  théorie  de  ce  procédé, 
tant  à  citer  les  nombres  ainsi  obtenus  pour  divers  gaz. 


;az. 


sphcriquc. . 

le 

*boniqiic. . . 
I  carbone. . 
e  d'azote. . . 
d'azote 

Ifurcux 

ique 


dulosg('). 

If  ASSON  ('). 

l/|OI 

I,'|Ol 

1,398 

1,401 

tl 

1,40I 

1,390 

1,40I 

1,322 

1,274 

i,/|07 

1,409 

1,327 

1,267 

ff 

1,390 

1,22.) 

1,207 

n 

I,2^|8 

n 

1 , 3()o 

CAkiN  ('). 
I,4l0 

1,4 10 
i,4io 
i,4io 
1,291 
i,4io 

1,285 

If 

1,207 
1,262 

1,328 


THÉORIE. 


,4oy 
,4oa 

,420 
,4i3 
,257 
,411 

,25o 

,4o3 

,125 

,256 
,3oo 


,  Annales  de  Chimie  et  île  Physique ^  a'  série,  t.  X,  p.  ijgi;  mig. 
,  lliid.,  3'  série,  t.  LUI,  p.  2j«j;  i85«. 
bid.j  3*  série,  t.  LXVI,  p.  20G;  i8r.2. 


ES,  Annales  de  Poggcndorff^  t.  CXLVIII,  p.  58o;  1873, 


78*  CALORIMÊTRIE. 

Les  nombres  de  la  quatrième  colonne  se  rapporleDl  à  la 
théorie  des  gaz,  dont  nous  nous  occuperons  plus  tard. 

Pour  le  chlore,  le  brome  et  l'iode  à  l'état  de  vapeur, 
M.  Strecker(*)  a  trouvé,  par  une  méthode  analogue: 

Gai.  ^ . 

c 

Chlore i,323 

Bromo i  ,298 

Iode 1 ,  294 

Pour  la  vapeur  de  mercure,  MM.  Kundt  et  Warburg(')ODl 
trouvé  -=  1,666.  Tous  ces  résultats  ont  une  grande  impor- 

tance  théorique. 

r 
EZPËBIEHCE8  DE  MM.  JAMIH  ET  BIGEABD  (»).  —  Le  rapport- des 

deux  chaleurs  spécifiques  a  été  mesuré  par  MM.  Jamin  et 
Richard  à  Taide  de  la  méthode  de  comparaison  électrique  iodi- 
quée  précédemment:  elle  consiste  à  échauffer  une  masse  de 
gaz  considérable,  soit  à  pression  constante,  soit  à  volume coD- 
slant,  par  l'absorption  d'une  quantité  fixe  Q  de  chaleur  en»' 
prunlée  à  un  courant  électrique. 

Supposons  d'abord  la  pression  constante,  et  soient  Pie  poids 
de  gaz  qui  s'échauffe,  A^  son  élévation  de  température,  sous 
pression  constante;  on  a 

Q  =r  PC  A^. 

Soient  d'ailleurs  Ac^  la  variation  de  volume,  a  le  coefficient  d^ 
dilatation  des  gaz  sous  pression  constante;  on  a 

A^=       9 


(')  STREèKER,  ïried.  Afin.f  t.  XIII,  p.  20,  cl  Journal  de  Ph^rsique^  a' sér»** 
i.  I",  p.  187;  1872. 

(*)  Klndt  et  Warblrc,  Pogg.  Ânn.  CLVII,  p.  353;  1876. 

(')  Jamin  et  Kicuard^  Comptes  rendus  de  l'Académie  des  Sciences,  1.  L\^*' 
1'.  336  ;   1870, 


CHALEURS  SPÉCIFIQUES  DES  GAZ.  79* 

O  — —  ^_5CAi; 

le  poids  spécifique  par  rapport  à  Teau. 

)il,  par  celle  dernière  formule,  que  la  variation  de  vo- 

^  est  indépendante  du  volume  de  gaz  échauffé. 

)sons  en  second  lieu  le  volume  constant  et  la  pression 

;  on  aura  de  même 

quantités  de  chaleur  Q  fournies  dans  les  deux  cas  sont 
on  tirera  des  équations  (i)  et  (2) 

I 

►ri  des  deux  chaleurs  spécifiques  sera  donc  déterminé 
servation  de  la  variation  de  volume  A(/  et  de  la  varia- 
pression  A/?  produites  dans  les  deux  cas,  suivant  que 
ité  de  chaleur  Q  est  absorbée  par  le  gaz  à  pression  con- 
u  à  volume  constant  :  tel  est  le  principe  de  la  méthode, 
aintenant  la  description  de  l'appareil, 
compose  d'une  grande  cloche  de  60"'  de  capacité  qui 
placer  exactement  dans  une  gouttière  circulaire  prati- 
nsle  support  sur  lequel  elle  repose.  On  rend  la  ferme- 
métique  en  versant  dans  la  gouttière  une  quantité  cou- 
de mercure.  L'appareil  calorifère  est  formé  d'une 
ce  de  fil  de  laiton  ou  de  platine  qu'on  a  tendue  à  fin- 
ie la  cloche  sur  des  fils  de  soie,  collés  sur  le  verre  par 
rémile . 

pport  est  percé  de  quatre  ouvertures.  Les  deux  pré- 
servent à  introduire  le  gaz  dans  l'appareil  et  à  le  vider; 
sième  établit  la  relation  avec  un  petit  manomètre  à  eau 
;  section;  la  quatrième,  qui  est  très  large,  communique, 
;n  d'un  robinet  à  large  section,  avec  un  gazomètre  ana- 


8o*  CALORIMÉTRIE. 

logue  à  ceux  des  usines  à  gaz.  Si  l*on  veut  opérer  sur  des  gaz 
secs,  on  remplace  Teau  du  réservoir  par  de  l'huile  ou  deTacide 
sulfurique;  afin  de  donner  plus  de  sensibilité  à  l'appareil, le 
poids  du  liquide  déplacé  par  Tenveloppe  du  gazomètre  est  équi- 
libré par  une  longueur  convenable  de  chaîne,  enroulée  sur  h 
poulie  d'une  machine  d'Atwood.  Cette  chaîne  est  terminée  par 
un  contrepoids  portant  un  index  qui  indique  les  variations  du 
volume  sur  une  règle  divisée.  L'appareil  étant  bien  équilibré, 
quand  on  fait  passer  un  courant  dans  les  fils,  on  voit  Tindex 
du  gazomètre  descendre  par  suite  de  la  dilatation  du  gaz,  tan- 
dis que  le  manomètre  n'indique  aucune  variation  de  pressioa. 

Pour  faire  l'expérience  à  pression  constante,  on  fait  passer  le 
courant  pendant  une  minute,  en  notant  toutes  les  cinq  secondes 
la  position  de  l'index;  on  interrompt  alors  le  courant,  on  ob* 
serve  encore  l'index  de  cinq  en  cinq  secondes,  et  l'on  con- 
struit, d'après  cette  dernière  observation,  une  courbe  qui  per- 
met de  faire  la  correction  du  refroidissement. 

Lorsqu'on  veut  faire  l'expérience  à  volume  constant,  an 
commence  par  faire  sortir  un  peu  de  gaz  de  l'appareil,  afin  de 
commencer  l'expérience  à  une  pression  inférieure  à  la  presrion 
atmosphérique;  dans  ces  conditions  on  n'a  pas  à  craindre  que 
la  cloche  se  soulève  par  suite  de  l'augmentation  de  pression  ; 
on  opère  d'ailleurs  exactement  de  la  même  manière  que  pré- 
cédemment. 

L'équation  (3)  exige  la  connaissance  du  volume  et  de  1^ 
pression  initiale  du  gaz  et  des  variations  Ap  et  Aç.  Dans  I^ 
seconde  expérience,  A/?  est  donné  directement  par  le  mano- 
mètre,  à  une  correction  près,  que  nous  indiquerons  tout  ^ 
l'heure;  dans  la  première,  le  mouvement  A/ de  l'index  du  gazo- 
mètre donne  seulement  une  quantité  proportionnelle  à  Ai/.  Mais 

le  rapport  de  A/à  -  Ar  est  un  coefficient  fixe  de  proportionnalité» 

qu'il  est  facile  de  déterminer  par  des  expériences  préliminaires» 
analogues  à  celle  que  l'on  exécute  pour  le  voluménomètred^ 
Kegnault. 

On  tiendra  compte  de  la  quantité  de  gaz  chassée  de  la  clocb^ 
dans  l'expérience  sous  volume  constant,  et  l'on  calculera  1^ 
valeur  exacte  de  àp  en  remarquant  que  le  poids  de  gaz  a  d*^ 


CHALEURS  SPÉCIFIQUES  DES  GAZ.  8i* 

dans  le  rapport  des  pressions  initiales /?  et/7  —  a,  qui 
it  dans  l'appareil  avant  Tintroduction  de  la  quantité  de 
r  Q.  Celle-ci  aurait  produit  sur  la  quantité  de  gaz  em- 

dans  la  première  expérience  une  augmentation  de  pres- 
p,  plus  petite  que  l'augmentation  A/7|  observée,  dans  le 

i- •  11  faut  donc  remplacer  A/?  dans  la  formule  (3) 

quantité  A/?i  ^- • 

.  Jamin  et  Richard  ont  obtenu  en  moyenne  les  nombres 
ts: 

(>az  —  • 

c 

Air i,4i 

Acide  carbonique i  ,29 

Hydrogène i  »  4  <  (  ') 

ement  concordants  avec  les  nombres  fournis  par  la  mé- 
indirecte  fondée  sur  la  mesure  de  la  vitesse  du  son. 

BYATIOHS  SUR  LA  GHALEUB  SPÉGIFiaUE  DES  fiAI  A  TBËS  HAUTE 
lATURE.  —  La  chaleur  spécifique  des  gaz  à  des  tempéra- 
rès  élevées  a  été  étudiée  récemment  par  une  méthode 
îte,  consistant  essentiellement  à  déterminer  d'une  part 
ipérature  de  combustion  T  d'un  mélange  détonant, 
;  part  la  quantité  Q  de  chaleur  dégagée  par  unité  de 
Ju  mélange. 

empéralure  de  combustion  se  déduit  de  la  pression  dé- 
•ée  par  Texplosion  du  mélange  en  vase  clos,  dans  l'hy- 
;e  où  les  gaz  obéissent  aux  lois  de  Mariotte  et  de  Gay- 
:  (*)  et  où  la  dissociation  est  nulle. 


n  ne  peut  soii{;erà  utiliser  la  méthode  de  MM.  Jamin  et  Richard  pour  la 
absolue  des  chaleurs  spécinques,  à  cause  de  la  (jrande  quantité  de  cha- 
due  par  rayonnement  dans  ces  expériences;  mais  cette  cause  d'erreur 

influence  sur  la  mesure  du  rapport  —y  parce  que  la  perte  de  chaleur 

od  que  de  l'excès  de  la  température  du  fil  sur  celle  de  l'enceinte,  et 

nëme  loi  quand  on  échauffe  le  qslz  sous  pression  constante  uu  à  Tolume 

t. 

ans  les  cas  où  elle  ne  le  serait  pas,  on  peut  toujours  calc.ili>r  une  li- 

B.,  Calorimétrie.  —  II.  2*  fasc.  G' 


82*  CALORIMÉTRIE. 

£n  désignant  par  c  ]a  chaleur  spéciflque  moyenne,  sous 
lume  constant,  entre  o  et  T,  du  gaz  ou  du  mélange  de  gaz 
sultant  de  la  combustion,  on  a 

Q=cX, 

d'où  Ton  déduit  c,  connaissant  Q  et  T.  Par  des  séries  coordaH' 
nées  d'expériences  convenablement  choisies,  MH.  Mallard  ^^ 
Le  Châtelier(')  d'une  part,  Berthelot  et  Vieille  (*)  de  rauU«» 
ont  pu  ainsi  déterminer  les  chaleurs  spéciGques  de  la  vapettr 
d'eau,  de  Tacide  carbonique,  de  Toxygène,  azote,  hydrogène 
et  de  Toxyde  de  carbone.  Voici  leurs  principaux  résultats: 

1°  La  chaleur  spécifique  d*un  gaz  est  indépendante  de  féM 
pression,  même  aux  températures  très  élevées.  En  effet,  l« 
nombre  que  Ton  obtient  pour  représenter  la  chaleur  spécUiqii^ 
d'un  même  gaz,  ne  varie  pas  avec  la  pression  initiale  du  mé^ 
lange  combustible. 

2"  Les  chaleurs  spécifiques  de  tous  les  gaz  croissent 
la  température.  Cet  accroissement  est  plus  marqué  pour 
gaz  composés  que  pour  les  gaz  simples.  Par  exemple,  pour 
l'acide  carbonique,  la  chaleur  spéciflque  qui,  d'après Regntolt^ 
augmente  des  0,28  de  sa  valeur  de  o<*  à  200**,  continue  à  croîtra 
au  delà  de  cette  limite  et  la  chaleur  spécifique  moyenne  de 
à  1800^  est  égale  à  1,59  fois  sa  valeur  o«.  La  chaleur  spéciflqis 
de  la  vapeur  d'eau  qui,  d'après  M.  Winkelmann,  croîtrait  d^^ 
o,  192  de  sa  valeur  de  0°  à  ioo%  paraît  continuer  à  augmente? 
avec  le  même  coefficient  d'accroissement  jusqu^à  35oo»  et  a 
delà. 

Quant  aux  gaz  parfaits  (hydrogène,  oxyde  de  carbone,  etc.), 
Taccroissement  de  leur  chaleur  spécifique  est  beaucoup  plus 


mite  supcrieuro  et  une  limite  inférieure  de  T;  et  si  les  deux  limita  sont 
Yoi8ines,on  commettra  une  erreur  peu  sensible  en  prenant  leur  valeur  moyenne 
comme  la  température  vraie  de  la  combustion. 

(')  Vieille,  Comptes  rendus  de  F  Académie  des  Sciences,  t.  XCVI,  p.  iai8 
et  i358;  1878;  Berthelot  et  Vieille,  Annales  de  Chimie  et  de  Physique,  6*  sé- 
rie, t.  IV,  p.  18  à  98;  i385. 

(')  Mallard  et  Le  Ciiatelier,  Recherches  expérimentales  et  théoriques  sur  la 
combustion  des  mélanges  gazeux  explosifs,  Paris,  i883.  Voir  Journal  de  Phr- 
tique,  3«  série,  t.  IV,  p.  69;  i885. 


CHALEURS  SPÉCIFIQUES  DES  GAZ.  83* 

lent.  D'après  MM.  Mallard  et  Le  Châtelier,  il  ne  serait  que  de 
gj^^  ^  environ  par  degré,  tandis  que,  d'après  MM.  Berlhelot  et 


Vieille,  il  aurait  une  valeur  assez  notable  pour  que  la  chaleur 
S[^é  cifique  moyenne  doublât  à  peu  près  quand  on  passe  de  o''  à 
4^<:>o*.  En  tout  cas,  cet  accroissement  est  assez  faible  aux  basses 
teKinpératures  pour  avoir  échappé  aux  expérimentateurs  qui, 
conime  Regnault,  n'ont  opéré  qu'entre  o<>  et  200**. 

LOIS  DES  CAPACITÉS  CALORIFIQUES  DES  GAZ. 

.Avant  les  recherches  de  Regnault,  les  déterminations  des 
cbstleurs  spécifiques  des  gaz  étaient  tellement  contradictoires 
qixe  leurs  lois  étaient  à  peu  près  inconnues.  Cependant  Delà- 
n^olie  et  Bérard  avaient  annoncé  que  les  capacités  des  gaz 
siEuples  à  volume  égal  sont  identiques  (  *  );  et,  puisque  les  den- 
sités des  gaz  simples  sont  proportionnelles  à  leurs  poids  ato- 
iniques,  on  peut  dire  aussi  que  ces  gaz  ont  une  même  capa- 
aJtomique. 
expériences  de  Regnault  ont  montré  que  la  loi  de  De- 
larxiche  et  Bérard  est  exacte  pour  les  gaz  qui  suivent  la  loi  de 
K ^liotte,  mais  qu'elle  ne  s'applique  point  au  chlore  et  au 
brome  qui,  comme  on  le  sait  aujourd'hui,  n'obéissent  pas  à 
eem,^«  loi  à  la  température  ordinaire,  et  présentent  à  haute  tem- 
pérature des  dilatations  anomales  ou  même  une  dissocia- 
tion (»). 


C  '  )  Voir  le  Tableau  de  la  page  63"^. 

C*")  Pour  le  chlore  et  le  brome,  l'écart  est  un  peu  moins  grand  si  Ton  rem- 
ptftce,  dans  le  Tableau  précédent,  les  chaleurs  spécifiques  C  par  les  chaleurs 

C 

fp^îfiqoes  c  à  Tolume  constant.  En  effet,  d'après  M.  Strecker,  le  rapport  ~ 

c 

€^  plus  petit  pour  le  chlore  et  le  brome  que  pour  les  autres  gàz  simples  {Ait' 

golen  der  Phj^sik,  t.  XIII,  p.  20,  1881). 


84^ 


GALORIMÉTKIE. 


Gaz  simples. 


Oxygène . . 

Azote 

Hydroçèiin 

Chlore 

Brome . . . . 


à  poids  égal 
C. 


CHALECA  SPfiCiriQCE 


à  Tolume  égal 
Qd. 


0,21751 
0,34380 
3 , 40900 
0,12099 
o,o5552 


0,24049 
o,2368o 
0,23590 
0,29645 
o,3o4oo 


atomiqat 

ACCi. 


21,7a 
21,33 

21,32 

26,8 
27,6 


(*)  Le  pold«  alomiqae  A,  employé  pour  le  calcul  de  celte  colonne,  se  rapporta  à  m  fé- 
lonie constant  de  tous  les  fax  simples,  égal  an  Toinme  de  100  d'oxygène. 


Depuis  lors  Dulong  a  exécuté  sur  le  même  sujet  un  travaS 
qui  n'a  point  été  publié.  Il  a  seulement  énoncé  les  deux  lou- 
suivantes,  qui  paraissent  être  le  résumé  de  ses  expériences: 

I*  Quand  deux  gaz  simples  se  combinent  sans  condensation 
le  composé  qui  en  résulte  possède  à  Yolume  égal  la  même  ca^ 
pacité  que  les  gaz  simples; 

2**  Les  gaz  composés,  formés  par  des  gaz  simples  qui  éprou- 
vent  une  condensation  égale  en  se  combinant,  possèdent  sou^ 
le  même  volume  des  chaleurs  spécifiques  égales  entre  elles,, 
mais  différentes  de  celle  des  gaz  simples. 

La  première  de  ces  lois  est  exacte,  et  même  le  chlore,  qui 
formait  une  exception  quand  il  était  libre,  rentre  dans  le  cas-= 
général  quand  il  est  combiné  avec  l'hydrogène.  C'est  ce  que- 
montre  le  Tableau  suivant,  donné  par  Regnault  : 


CHALEURS  SPÉCIFIQUES  DES  GAZ. 


85^ 


Gaz  composés  sans  condensation. 


C. 

Cd. 

AC(*). 

d'azole,  Az-O' 

le  carbone,  C-0 

îhlorhydriqiie,  H'CP... 

o,23i7 
0,2450 
o,i852 

0,2406 
0,2870 

0,2352 

21,75 
21,33 
21,09 

oidi  alomiqne  A,  employé   pour  le  calcal  de  cette  colonne,  se  rapporte  à  un 
ittanl  de  tout  les  fax  compotes,  éfai  aa  Toinme  de  loo  d'oxygène. 

à  la  deuxième  loi»  qui  est  relative  aux  gaz  formés  avec 
densation  égale,  elle  n'est  pas  complètement  justifiée 
ésultats  de  Regnault. 


Gaz  formés  de  3  volumes  condensés  en  2. 


C. 

Cd. 

|AC('). 

arbonique,  C^C 

de  d'azoto,  Az^  0 

d'eau,  H^O 

0,2169 

0,2262 
o,^8o3 
0,1 544 
0,2342 
0 , I 569 

0,3307 

0,3447 
0,2989 

o,34i4 
0,2857 

0,4  lia 

«9.87 
20,73 

18,01 
20,57 
16,57 
24,83 

iilfiirciix.  SO' 

uinivdriQiie 

de  carbone,  CS 

>oids  atomique  A,  employé  ponr   le  calcul  de   cette  colonne,  se   rapporte  à  un 
nstant  de  tous  les  gaz  composés   égal  au  volume  de  lOo  d'oxygène. 

ns  les  Tableaux  précédents,  on  remplace  la  chaleur 
le  C  sous  pression  constante  par  la  chaleur  spécifique  c 
e  constant,  on  ne  fait  que  changer  la  valeur  du  produit 

L,  puisque,  à  la  température  ordinaire,  -  possède  une 

ensiblement  identique  pour  les  divers  gaz  simples  ou 
es  formés  sans  condensation  ;  et  aussi  une  même  va- 
férente  de  la  précédente,  pour  les  gaz  formés  avec  une 


86*  CALORIMÉTRIE. 

condensation  égale,  pourvu  que  ces  divers  gaz  obéissent  à  la 
loi  de  Mariotte. 

Nous  avons  vu  que  la  chaleur  spécifique  des  gaz  simples 
ou  composés  varie  avec  la  température;  il  en  est  de  même 
des  produits  AC  ou  kc.  Mais  cette  variation  n'est  nullement 
incompatible  avec  les  lois  établies  ci-dessus.  En  effet»  MU.  Mal- 
lard  et  Le  Châtelier  (  *  )  ont  établi  que  les  chaleurs  spéci- 
fiques moléculaires  des  gaz  simples  ou  formés  sans  conden- 
sation, égales  à  basse  température,  continuent  à  être  égales 
aux  températures  les  plus  élevées.  Car,  si  Ton  ajoute  à  un  mé- 
lange combustible  donné,  par  exemple  à  du  gaz  tonnant,  des 
volumes  égaux  d'azote,  d'oxygène  ou  d'hydrogène,  la  tem- 
pérature de  combustion  demeure  invariable,  quel  que  soit  le 
gaz  ajouté.  Des  volumes  égaux  de  ces  différents  gaz  absorbent 
donc  pour  s'échauffer  depuis  o**  jusqu'à  cette  température  de 
combustion  des  quantités  de  chaleur  égales.  Pour  ces  divers 
gaz  la  chaleur  spécifique  atomique  sous  volume  constam.^ 
est  donc  une  même  fonction  de  la  température.  Ce  résult^"*^ 
est  d'une  extrême  importance  pour  la  théorie  de  la  chaleur  (*     ^ 
dans  laquelle  la   chaleur   spécifique  sous  volume  consla*^'^ 
a  une  signification  très  simple.  C'est  d'ailleurs  à  cette  chalei^^ 
spécifique  c  que  nous 'appliquerons  désormais  exclusivemecr^ 
la  loi  de  Dulong  et  Petit,  établie  ci-dessus  pour  les  gaz  simple^^ 
ou  pour  les  gaz  composés  formés  sans  condensation. 


(*)  Mallard  et  Le  Châtelier,  loc.  cit. 

(')  A  la  température   ordinaire,  la  chaleur  spécifique  atomique  AC 
pression  constante  des  gaz  simples  ou  composés  formés  sans  condensation 
sensiblement   la   moitié   de   la  chaleur  atomique  des  corps  simples  solid 
Cette  remarque  a  beaucoup  perdu  de  son  importance  depuis  qu'on  connaît  f 
variation  considérable  de  cet  élément  avec  la  température. 


FUSION  ET  SOLIDIFICATION.  87* 


CHAPITRE  IV. 

FUSION    ET    SOLIDIFICATION. 

Changements  d'état  en  général.  —  Fusion.  —  Lois  de  la  fusion.  —  Solidi- 
fication. —  Lois  de  la  solidification.  —  Corps  pâteux,  corps  gras.  — 
Fusion  des  alliages.  —  Surfusion.  —  Changements  de  volume  pendant 
la  fusion.  —  Influence  de  la  pression  sur  la  température  de  fusion.  >- 
Propriétés  particulières  de  la  glace;  regel.  —  Tableau  des  tempéra- 
tares  de  fusion. 

Chaleur  latente  de  fusion.  —  i**  Cas  des  liquides.  —  Chaleur  latente  de 
la  ^ce.  —  a*  Cas  des  solides.  —  Loi  empirique  de  Person.  —  Tableau 
des  chaleurs  latentes  de  fusion. 


OAIflEMERTS  D'ÉTAT  EN  ftÉHÉRAL.  —  Dans  tout  ce  qui  précède, 
nous  avons  considéré  les  corps  soumis  à  Taction  de  la  chaleur 
comme  conservant  leur  état  physique,  c'est-à-dire  que  nous 
irons  supposé  qu'il  existait  entre  la  pression,  le  volume  et  la 
lenmpérature  du  corps  considéré  une  relation 

F(/?,^,  0  =  0, 

satisfaite  sans  interruption  de  continuité,  et  pour  toutes  les  va- 
leurs que  Ton  peut  attribuer  aux  variables  indépendantes. 

Tout  le  monde  connaît  des  cas  où  cette  supposition  n'est  pas 
admissible.  Ainsi,  la  glace  que  Ton  chauffe  fond  et  donne  de 
j'eaudont  les  propriétés  physiques  sont  tout  à  fait  différentes; 
^  son  tour  Feau  s'évapore,  et  sa  vapeur  surchauffée  possède, 
^omme  nous  l'avons  établi  précédemment,  toutes  les  proprié- 
tés des  gaz  parfaits. 

Mais  la  fusion  et  la  solidification,  la  vaporisation  et  la 
'^^densation  ne  sont  pas  les  seuls  changements  d'état  que 
'^Us  ayons  à  considérer  :  il  faut  y  joindre  V allotropie ^  la  dis- 
^'^ti'on,  la  dissociation,  la  combinaison  et  la  décomposi- 
^^y  en  un  mot,  tous  les  phénomènes  qui  ont  pour  résultat 


88*  CALORIMÉTRIE. 

la  transformation  d'un  corps  ou  d'un  système  de  corps,  doi 

les  propriétés  physiques  se  modifient  avec  évolution  de  cha.      — 

leur. 

Nous  allons  d'abord  nous  occuper  de  \^  fusion  et  de  la  sol^^"^ 
dijication, 

FUSION.  —  Quand  on  échauffe  progressivement  un  corps  so- — 
lide  en  contact  avec  un  thermomètre,  on  reconnatt  que 
instrument  prend  une  marche  ascendante  assez  régulière  ;e] 
môme  temps  le  corps  échauffé  se  dilate  d'une  manière  con- 
tinue jusqu'à  ce  que  le  thermomètre  indique  une  certaini 
température  qui^  pour  la  glace  par  exemple,  est  de  zéro.  A 
moment,  la  première  goutte  d'eau  liquide  apparatt,  et,  pourw^ 
que  le  liquide  soit  agité,  le  thermomètre  continue  à  marque«-> 
zéro,  jusqu'à  ce  que  le  dernier  fragment  de  glace  ait  dispara  ^ 
puis  le  thermomètre  reprend  sa  marche  ascendante  régulière  . 

La  chaleur  fournie  par  le  foyer  pendant  la  fusion  a  été  su^s 
action  sur  le  thermomètre;  on  exprimait  autrefois  ce  fait  en 
disant  que  cette  chaleur  était  devenue  latente,  11  n*y  a  aueixn 
inconvénient  à  conserver  l'expression,  pourvu  qu'on  n'y  ait- 
tache  aucune  idée  théorique  préconçue. 

La  fusion  des  corps  se  produit  à  des  températures  e\lrêBi«- 
ment  différentes.  Pour  le  mercure,  elle  s'opère  vers  —  4o«;pour 
l'eau,  à  zéro  ;  pour  l'étain,  à  23o%  et  le  platine  ou  le  fer  ne  foï^- 
denl  qu'à  la  température  du  rouge  blanc.  Il  y  a  même  d.es 
substances  qu'on  ne  sait  pas  liquéfier;  mais,  à  mesure  Q**^ 
Ton  a  pu  atteindre  des  températures  plus  hautes,  on  a  vu  ^^' 
minuer  le  nombre  de  ces  corps  réfractaires. 

On  peut  obicnir  des  températures  très  élevées  en  rég'^^^ 
convenablement  soii  la  combustion  du  charbon,  soit  cell'* 


l'hydrogène.  ,.. 

Henri  Sainte-Claire  Deville  (  '  )  disposait  les  substances  Cf^ 
voulait  fondre  dans  un  creuset  de  graphite  ou  de  chaux  ^^^ 


(')  H.  Sainie-Claire  Deville,  Mémoire  sur  la  production  des  tempérai 
très  élevées  (.-timales  de  Chimie  et  de  Physique,  3*  série,  t.  XL VI,  p. 
Application  de  ces  moyens  à  la  préparation  et  à  la  fusion  de  quelques  mé» 
(Annales  de  Chimie  et  de  Physique,  3«  série,  t.  XL  VI,  p.  198;  i856). 


FUSION  ET  SOLIDIFICATION.  89* 

in  ire  d*un  fourneau  en  terre  réfractairey  rempli  d'escarbilles 
t  coke  de  la  grosseur  d'un  pois.  Le  vent  d'un  soufflet  de  forge 
rcule  à  travers  ces  fragments^  et,  comme  la  surface  de  contact 
lire  l'air  et  ce  charbon  est  très  considérable,  la  combustion 
31  1res  rapide,  et,  par  suite,  la  température  s'approche  de  la 
mile  qui  correspond  à  ces  combustions.  Elle  augmente  depuis 
I  grille  du  fourneau  jusqu'à  o™,o2  ou  o",o3  de  hauteur;  mais, 
lU-dessus  de  cette  couche,  l'acide  carbonique  se  transformant 
tn  oxyde  de  carbone,  un  refroidissement  se  produit.  En  pla- 
^anl  convenablement  le  creuset,  Deville  a  fondu  le  platine,  et 
même  la  silice.  Les  résultats  sont  plus  remarquables  encore, 
quand  on  emploie  le  chalumeau  à  oxygène  et  à  hydrogène. 
M.  Gaudin  (*)  s'en  était  déjà  servi  pour  fondre  la  chaux,  le  ru- 
bis et  l'alumine,  et  pour  travailler  le  quartz  conimeon  travaille 
le  verre  dans  la  lampe  d'émailleur.  MM.  Deville  et  Debray  (^) 
CQ  ont  fait  une  application  industrielle  à  la  fusion  du  platine  : 
leur  chalumeau  se  compose  d'un  tube  qui  amène  l'oxygène  et 
qui  est  enveloppé  d'un  manchon  par  lequel  arrive  l'hydrogène; 
i^  deux  gaz  s'allument  à  la  sortie,  en  sifflant  quand  l'oxygène 
^si  en  excès,  en  ronflant  quand  Thydrogène  domine.  Entre  ces 
ennes  extrêmes,  la  flamme  se  produit  sans  bruit  et  atteint  sa 
'Ripérature  maximum. 

On  la  dirige  verticalement  de  haut  en  bas  dans  une  cavité 

^^sée  au  milieu  d'une  masse  de  chaux,  et  au  fond  de  laquelle 

introduit  peu  à  peu  des  morceaux  de  platine  qui  se  fondent 

ssiiôi.  MM.  Deville  et  Debray  ont  pu  liquéfier  ainsi  jusqu'à 

'»6  de  platine  en  quarante-cinq   minutes,   en  employant 

'  d'oxygène  par  kilogramme  de  métal.  Ils  ont  fondu  égale- 

'ïl  le  ruthénium,  qui  est  le  plus  réfraclaire  des  métaux  de 

ernière  section. 

1  remplaçant  l'oxygène  par  l'air,  l'hydrogène  par  le  gaz 
^airage,  M.  Schlœsing  (*)  a  obtenu  des  effets  encore  très 


jAL'dim,    Recherches  sur  tes    matières   rrfractaires   (  Comptes  rendus   de 
émie  des  ScienceSy  t.  XII,  J».  947  ;  t.  XXVI,  p.  9^»   *^4o  ®^  i8/|8). 
>EVILL£    Cl  Debray,  Métallurgie  du  platine  {Annales  de    Chimie  et  de 

e,  3«»érie,  t.  LVI,  p.  460,  et  t.  LXI,  p.  5;   180901  1861). 

:hloc5IXG,  Sur  la  production  des  températures  élevées  au  mojen  du  gaz 


90*  CALORIMÉTRIE.  I 

remarquables,  quoique  moins  énergiques.  Un  soufflet  introduit 
de  Tair  dans  un  luyau  de  cuivre  percé  de  deux  trous  opposés 
et  entouré  d'un  manchon  alimenté  par  le  gaz;  celui-ci,  aspir^ 
par  le  courant  d'air,  se  précipite  dans  le  tube  et  se  mêle  à  Taîf*- 
La  flamme  bleue  que  donne  ce  mélange  est  lancée  dans  un^ 
chambre  en  briques  réfractaires,  où  elle  enveloppe  de  toutes 
parts  l'objet  qu'il  s'agit  de  chauffer.  Cette  lampe  à  gaz  fait  fondra 
le  fer  en  quelques  minutes,  vitrifie  la  porcelaine,  etc, 

Despretz  a  eu  recours  à  des  moyens  bien  plus  énergiques 
encore  ;  il  a  condensé  dans  un  creuset  de  charbon  :  i*»  Vt 
voltaïque  d'une  pile  de  600  éléments;  2^  la  chaleur  solaire 
cueillie  par  une  lentille  à  échelons;  3"^  le  dard  d*un chaiumeaui 
à  oxygène  et  à  hydrogène  :  il  a  vu  alors  le  charbon  se  ramollur 
et  couler. 

Ces  expériences  nous  autorisent  à  admettre  qu'il  n*y  a  poini. 
de  corps  réellement  réfractaires,  et  que  tous  pourraient  dev€>- 
nir  liquides  si  l'on  pouvait  les  chauffer  suffisamment. 

LOIS  DE  LA  FUSION.  —  Trois  lois  extrêmement  simples  résu— 
ment  ce  que  Ton  sait  de  général  sur  la  fusion  : 

i""  Chaque  substance,  définie  chimiquement,  commence,  à  se 
liquéfier  quand  elle  atteint  une  température  déterminée  et 
constante  que  l'on  nomme  point  de  fusion,  et  qui  constitue 
l'un  des  caractères  spécifiques  de  chaque  corps. 

2<>  La  fusion  d'une  masse  solide  ne  se  fait  pas  instaniafté- 
ment  :  elle  dure  d'autant  plus  longtemps  que  celte  masse  esi 
plus  considérable  et  que  le  foyer  qui  l'échaufTe  est  moins  vit' 
mais,  quelles  que  soient  cette  masse,  ou  l'énergie  de  ce  foy^^^ 
ou  en  général  les  circonstances  extérieures,  la  températ^^^ 
demeure  invariable  depuis  le  moment  où  la  fusion  c^^' 
mence  jusqu'à  celui  où  elle  est  complète, 

S*»  Il  y  a,  pour  chaque  corps,  absorption  d'une  certaine  qi^  ^^ 
tité  de  chaleur  latente,  variable  d'un  corps  à  un  autre,  et  c^^^ 
stituant  pour  chacun  d'eux  une  propriété  spécifique. 

SOUDiriGATION.  —  Les  phénomènes  observés  pendant  la 

de  l'éclairage  et  à  l'air  (  Comptes  rendus  des  séances  de  l'Académie  des  Scid 
t.  LXI,  p.  ii3i). 


FUSION  ET  SOLIDIFICATION.  91* 

e  reproduisent  en  sens  inverse  pendant  la  solidification , 
-dire  que  le  thermomètre,  plongé  dans  le  liquide  que 

exposé  au  refroidissement,  baisse  d'abord  jusqu'à  ce 
i  première  pellicule  solide  commence  à  se  former,  dé- 

stationnaire  aussi  longtemps  que  dure  la  solidiflcation , 
rend  ensuite  sa  marche  descendante.  II  faut  donc  ad- 
t  que,  pendant  l'acte  de  la  solidification,  il  y  a  dégage- 
le  chaleur  sensible  sans  abaissement  de  température, 
divers  liquides  se  solidifient,  les  uns  à  des  températures 
lUtes,  les  autres  à  des  températures  moyennes  ou  basses  ; 

est  guère  qui  n'aient  pu  être  congelés.  A  mesure  que 
pu  abaisser  davantage  la  température,  on  est  parvenu  à 
ier  un  plus  grand  nombre  de  substances  qui  avaient 
Ak  persisté  dans  l'état  liquide.  Ainsi  la  plupart  des  gaz 
es  ont  pu  être  congelés  (l'acide  carbonique  à  —58®, 
oniaque  à  —  76%  le  protoxyde  d'azote  à  —  100°,  l'azote 
me  vers  —  2oo<>),  et  Despretz  a  montré  que  l'alcool, 
alors  réfractaire  au  froid,  devient  assez  visqueux  pour 
s  couler  quand  on  le  plonge  dans  un  mélange  d'éther, 
î  carbonique  solide  et  de  protoxyde  d'azote  liquide.  En- 
I.  von  Wroblewski  et  Olzewski  (  *  )  ont  pu  déterminer  la 
rature  de  solidification  de  liquides  tels  que  le  chlorure 
►sphore  qui  se  congèle  à  —  iii%8,  et  le  sulfure  de  car- 
|ui  s'épaissit  d'abord  et  se  prend  en  masse  à  —  116**.  Il 
te  plus  aucun  liquide  pouvant  servir  à  la  construction 
rmomèlre  pour  des  températures  inférieures  à  —  i5o°. 

DE  LA  SOUDinCATION.  —  En  repassant  à  l'état  solide,  les 

s  nous  offrent  trois  lois  qui  correspondent  à  celles  que 

vons  trouvées  pour  la  fusion  : 

e  point  de  solidification  d'une  substance  est  fixe,  il  est 

le  que  le  point  de  fusion. 

a  température  demeure  invariable  pendant  tout  le  temps 

solidification  met  à  s'accomplir. 

a  chaleur  latente  absorbée  dans  l'acte  de  la  fusion  est 

ée  dans  la  solidification. 

ROBLEW8KI  et  Olzewski,  Journal  de  Phjrsique,  3*8ériei  t.  II,  p.  485;  i883. 


92*  CALORIMÉTRIE. 

G0BP8  PATEUX.  —  CORPS  ftRAS.  —  Les  lois  générales  que  nous  s 
venons  d'énoncer  sont  sujettes  à  d'assez  nombreuses  excep^- 
tions  que  nous  allons  signaler. 

Certains  corps,  le  verre  par  exemple,  ne  présentent  pas,  -à 
proprement  parler,  de  température  de  fusion.  A  partir  d'uM  ^ 
certaine  température,  on  observe  qu'ils  se  ramollissent,  et  a  «Ji 
delà  ils  passent  par  tous  les  degrés  de  la  viscosité  jusqu'à! si 
fluidité  parfaiie,  qu'ils  n'atteignent  qu'à  une  température  éte — 
vée.  On  n'observe  nulle  part  d'arrêt  bien  caractérisé  dans  I^ 
marche  ascendante  du  thermomètre. 

Le  fer  et  le  platine  parmi  les  métaux,  l'acide  borique,  la  ré — 
sine,  la  gutta-percha  parmi  les  corps  non  métalliques,  préseo  — 
tent  les  exemples  les  plus  communs  du  passage  par  rétatpfe— 
teux.  On  peut  y  joindre  un  certain  nombre  de  corps  gras  (*>- 
Pour  ceux-ci,  le  phénomène  est  encore  rendu  plus  complexe 
par  la  facilité  avec  laquelle  ils  demeurent  surfondus. 

La  fusionordinaire  n'est  qu'un  cas  particulier  du  phénomène 
plus  compliqué  présenté  par  les  corps  pâteux.  Si  l'on  adnœl 
que  l'intervalle  de  température  dans  lequel  se  produit  le  chaim* 
gement  d'état  d'un  de  ces  corps  tende  vers  zéro, on  retombersi 
sur  le  cas  que  nous  avons  étudié  d'abord,  c'est-à-dire  celuLi 
d'un  brusque  changement  d'étal  et  d'une  absorption  de  cha- 
leur latente  à  température  constante. 

FUSION  DES  ALUACrES.  —  Les  alliages  formés  de  deux  ou  d'ui) 
plus  grand  nombre  de  métaux  se  liquéfient  à  une  tempéraluï^e 
qui  demeure  fixe  quand  [la  composition  chimique  est  con- 
stante, et  qui  offre  ceci  de  remarquable  qu'elle  est  générale- 
ment plus  basse  que  les  points  de  fusion  des  métaux  comp^* 
sant  ralliage.  Le  Tableau  suivant  met  ce  résultat  en  éviden<^^' 
on  y  remarquera  particulièrement  le  composé  PbSnBi*,  fus*^ 
à  94°. 


(')  Pour  les  parlicularités  ofTcrtes  par  les  corps  gras,  i;oir  V\'iiiiiel,  An 
de  Poggendorff",  t.  CXXXIII,  p.  i-ji,  et  t.  CXLII,  p.  474»  «^  Annales  de 
mie  et  de  Physique,  4*  série,  t.  XIV,  p.  479  (1868);  Rudorff,  Annales  de 
gendorffy  t.  CXL,  p.  (\'io,  et  t.  CXLV,  p.  279,  et  Annales  de  Chimie  et  de 
siqucy   4'  série,  t.  XXIIl,  p.  78  (1871). 


les 


V- 


FUSION  ET  SOLIDIFICATION.  93* 

Points  de  fusion  des  ailiages. 
Sn 237,5    Pb...  3a6,2    Bi a66,8 


Sn»Pb 194 

Sn*Pb 189 

SnsPb 186 

Sn«Pb 196 

SnPb 241 

SnPb» 289 


Sn'  Bi 200 

Sn«Bi 167 

SnBi i4i 

PbSn^Bi» 118,9 

Pb^Sn'Bi*.....-..  100 

PbSnBi^ 94 


>ans  la  grande  majorité  des  cas,  la  fusion  complète  dont 
Jis  venons  de  parler  est  précédée  par  une  fusion  partielle, 
<iu  moins  par  un  ramollissement  de  la  masse  entière.  On 
>lique  cette  propriété  en  admettant  qu'un  alliage  se  partage 
léralement  en  deux  autres  dont  la  composition  chimique 
différente,  et  qui  fondent  à  des  degrés  différents  du  ther- 
mètre.  Si  la  température  augmente  progressivement,  le  plus 
ibie  se  liquéfie  d'abord.  Quand  il  est  très  abondant  dans  le 
lange,  il  coule  et  produit  le  phénomène  connu  sous  le  nom 
Afua/^on.  Quand,  au  contraire,  il  est  en  proportion  moindre, 
liasse  totale  ne  fait  que  se  ramollir  et  prendre  Taspect  d'un 
Hier  ou  d'un  amalgame.  Enfîn,  si  la  température  s'élève 
'antage,  elle  finit  par  atteindre  le  point  de  fusion  de  l'alliage 
moins  fusible,  et  alors  la  liquéfaction  devient  complète, 
iette  explication  se  confirme  quand  on  étudie  le  phénomène 
erse,  c'est-à-dire  quand  on  refroidit  un  alliage  fondu.  On 
crve  alors  deux  points  de  solidification  distincts,  corres- 
idant  chacun  à  l'un  des  alliages  mêlés.  Au  moment  où  le 
ins  fusible  se  congèle  et  où  il  abandonne  sa  chaleur  latente, 
hermomèlre  devient  stationnaire  et  ne  reprend  sa  marche 
cendante  qu'après  cette  congélation;  mais  il  s'arrête  de 
iveau  au  moment  où  l'on  atteint  le  point  de  solidification 
'alliage  le  plus  fusible.  Rudberg  (*)>  à  qui  l'on  doit  ces  ob- 
/ations,  a  trouvé  qu'avec  deux  métaux,  tels  que  le  plomb 
étain  par  exemple,  l'un  des  points  de  fusion,  celui  qui  est 
noins  élevé,  demeure  {\\q  et  égal  à  187**,  quelles  que  soient 

)  RuDBEac,  Annales  de  Poggendorff,  t.  XVIII,  p.  a^^;  t.  XIX,  p.  ii5,  et 
aies  de  Chimie  et  de  Phjrsique,  3*  série,  t.  XLVIII,  p.  353  (i83i). 


94* 


CALORIMÉTRIE. 


les  proportions  de  plomb  el  d'élain  combinées.  Le  second 
variable  au  contraire  avec  la  composition  ;  mais  il  s'appro 
du  premier  et  se  confond  avec  lui  quand  la  formule  chimi 
de  Talliage  converge  vers  PbSn'.  Alors  la  fusion  se  fait 
d'une  pièce  comme  pour  un  corps  simple.  En  ajoutant 
suite  à  PbSn'  des  proportions  de  plus  en  plus  grandes  d'é 
ou  de  plomb,  on  voit  reparaître  le  point  de  solidification 
riable  qui  s'élève  de  plus  en  plus^  jusqu'à  atteindre  à  la  lii 
les  points  de  fusion  de  Tétaîn  ou  du  plomb.  Rudberg  cou 
judicieusement  de  ces  faits  que  Talliage  PbSn^  est  le  seul 
ne  se  dédouble  pas,  et  il  le  nomme  ValUage  chimique, 
phénomènes  semblables  se  retrouvent  avec  les  autres  méb 
Avec  le  plomb,  le  bismuth  et  Tétain,  mêlés  en  proport 
quelconques,  on  observe  toujours  un  point  fixe  de  94* 
correspond  à  PbSnBiS  et  deux  autres  points  mobiles  qui 
pendent  de  la  composition  et  qui  répondent  à  des  alliages 
riables.  Voici  l'un  des  Tableaux  de  Rudberg  : 

Temps  du  refroidissement  de  10»  en  io<>. 


TEMPÉBATURE. 


33o 

320 

3io 
3oo 
290 
280 
270 
260 
25o 
240 
23o 

220 
'À\0 
200 
190 
180 
170 
160 


PLOMB. 

WSn. 

PbSn. 

PbSn». 

PbSn«î. 

m    « 

m    s 

m    s 

m    8 

m    s 

• 

» 

M 

» 

)) 

2.5l 

)) 

)) 

• 

» 

0.19 

» 

» 

» 

» 

o.i5 

0.i4 

• 

» 

» 

o.i5 

0.l5 

» 

» 

» 

N 

1.36 

N 

» 

» 

» 

0.58 

» 

M 

» 

II 

0.45 

0.19 

• 

» 

)) 

» 

0.21 

» 

» 

N 

t) 

1.70 

» 

» 

» 

t 

0.57 

II 

0.23 

» 

m 

o.5i 

» 

0.24 

• 

» 

0.49 

0.28 

4.23 

» 

0.34 

0.48 

o.3i 

2.34 

u 

0.36 

0.49 

0.35 

1.56 

» 

1.48 

5.48 

11.29 

3.49 

• 

0.45 

0.40 

o.5o 

0.41 

» 

0.43 

0.40 

0.54 

0.43 

ÉTAIS 


» 

N 

» 
» 

» 

o  - 

9  - 

9  - 

o  - 


FUSION  ET  SOLIDIFICATION.  gS* 

.  —  Nous  avons  dit  que  la  lempéralure  normale 
ilion  coïncide  avec  celle  de  la  fusion.  Toutefois  un 
conserver  Tétai  liquide  jusqu'à  une  température 
ire  à  celle  de  sa  liquéfaction.  Fahrenheit  (  *  )  remplit 
lUon  dont  le  col  avait  été  effilé  et  fermé  à  la  lampe, 
îxposé  au  froid,  il  put  le  maintenir  pendant  long- 
essous  de  zéro  sans  que  l'eau  se  conge- 
;n  cassant  la  pointe  du  ballon,  il  vit  le  F»5-  '^• 
olidifier  à  Finslant.  Gay-Lussac  (2)  ob- 
te  qu'en  faisant  refroidir  de  Teau,  dont 
extérieure  était  protégée  du  contact  de 
e  couche  d'huile,  dans  un  vase  soustrait 
se  d'agitation,  elle  pouvait  demeurer  li- 
l'à—  12°;  mais  qu'en  remuant  l'appareil 
nt  vibrer  le  vase,  tout  le  liquide  se  pre- 
sse solide.  Despreiz  (3)  vil  le  même  effet 
>ier  dans  des  tubes  thermométriques 
u.  A  mesure  que  la  température  baisse, 
de  cette  eau  augmente;  mais  elle  peut 
de  jusqu'à  —  20*».  Cependant  il  arrive  tou- 
rment où  la  masse  se  congèle  tout  à  coup, 
tube  se  brise  par  suite  d'une  expansion 
/olume.  On  peut  enfin  très  aisément  ré- 
expérience avec  l'appareil  de  la  Jig,  16. 
lermomètre  ordinaire  dont  le  réservoir 
issé  dans  un  tube  de  verre  A  qui  contient 
qui  est  purgé  d'air;  on  le  refroidit  dans 
î  réfrigérant  jusqu'à  —  10°  ou  —  12%  puis, 
îve,  on  l'agite  brusquement  et  la  solidi- 
pèrc  à  l'instant. 

)priété  n'est  pas  particulière  à  l'eau  :  on  la  retrouve 
rétain.  On  peut  également  conserver  le  phosphore 
n  au-dessous  de  sa  température  de  fusion  normale 


lEiT,  Philosophical  Transactions,  t.  XXXVIII,  p.  ^8;  i']^t{. 

iSAC,  Annales  de  Chimie  et  de  Physique,  a*  série,  l.  LXIII,  p.  363  ; 

ly  Comptes  rendus  de  l'Académie  des  Sciences^  t.  V,  p.  19;  1837. 


h 


Fîg.  17. 


96*  CALORIMÉTRIE. 

de  44^>29  pourvu  qu*on  le  fasse  refroidir  dans  de  Teau  ncz»o 
agiiée.  Le  soufre  fondu  se  maintient  au  même  état  jusqu'à    Va 
température  ordinaire  par  un  refroidissement  tranquille  et  lerB  t. 
M.  Gernez(^)  a  obtenu  ce  résultat  en  maintenant  les  goua< 
lettes  de  soufre  liquide  au  milieu  d*une  solution  de  chloru 
de  zinc  assez  concentrée  pour  avoir  à  peu  près  la  même  den 
site  que  le  soufre, 

La  //g-.  1 7  se  rapporte  à  la  disposition,  indiquée  par  H.  Gemez» 
pour  réaliser  commodément  Texpérience  de  la  surfusion  du 
phosphore.  Le  phosphore,  maintenu  liquide  sous  une  couebe 

d'eau  dans  le  tube  A,  au  centre  d'un  ballon 
plein  d'eau  chaude,  descend  aisément  k  3o^ 
sans  se  solidifier  (>).  Un  fragment  de  phos- 
phore amorphe,  qu'on  projette  alors  dans  I^ 
tube  A,  est  impuissant  à  provoquer  la  solidiS* 
cation  du  phosphore,  tandis  que  la  solidlficai^ 
lion  se  produit  immédiatement  par  TadditiocB 
d'une  parcelle  de  phosphore  ordinaire,  ou  p»s" 
l'introduction  d'une  baguette  de  verre  qui  ^^ 
été  en  contact  avec  du  phosphore. 

Cependant  l'introduction  d'une  parcelle  8(^ — 
lide  de  même  espèce  n'est  pas  indispensabi 
pour  provoquer  la  solidification  d'un  liquid 
surfondu.  Certainesaciionsmécaniques,telI^      ^ 
que  le  frottement  d'une  baguette  de  verre  parfaitement  netter  "^^ 
que  l'on  tourne  en  l'appuyant  contre  le  fond  du  vase,  su! 
sent,  en  général,  à  provoquer  la  solidification.  Un  mouvemen 
brusque  imprimé  au  liquide  peut  amener  le  même  résultat. 
A  l'instant  011  la  solidification  d'un  liquide  surfoîidu  se  pi 
duit,  il  y  G  toujours  dégagement  d'une  quantité  de  chaleui 
sensible,  qui  peut  être  suftisante  pour  ramener  le  corps  à  sj 
température  de  fusion  normale.  Ainsi,  dans  les  expériences!^' 
de  Fahrenheit,  Gay-Lussac,  etc.,  l'eau,  qui  est  descendues 


(')  GerneZi  Journal  de  Physique j  i'*  série,  t.  III,  p.  18. 

(^)  On  peut  même,  d'après  M.  Cornez,  le  maintenir  liquide  des  semaines 
entières,  pourvu  que  la  température  ne  descende  pas  au-dessous  de  -i-io*  et 
que  l'on  ait  mis  dans  la  couche  d'eau  du  tube  quelques  gouttes  d'acide  azo- 
tique. 


FUSION  ET  SOLIDIFICATION.  97* 

—  12*  ou  même  à  —  20®,  se  réchauffe  en  se  solidifiant  brus- 
q^ut  émeut  et  remonte  jusqu'à  zéro.  La  plus  grande  partie  de  la 
chaleur  latente  normale  de  fusion  se  conserve  donc  dans  le 
liquide  surfondu,  et  se  dégage  instantanément  par  sa  solidifi- 
csimJon. 

On  peut  faire  usage  de  cette  propriété  pour  déterminer  la 
teEKipérature  normale  de  fusion  {*)  td'un  corps  surfondu.  Le 
liquide  sur  lequel  on  opère,  du  soufre  fondu  par  exemple,  est 
pi  Ci  ce  dans  un  bain-marie  à  température  6<Ct;  un  petit  ther- 
momètre placé  au  centre  du  liquide  monte  subitement,  au  mo- 
ment où   Ton   provoque  la   solidification,  à  une  tempéra- 
ture ti<t.  On  renouvelle  Texpérience  dans  un  bain-marie  à 
tennpérature  t^  et  Ton  détermine  une  nouvelle  température 
maiidmum  /s»  et  ainsi  de  suite,  jusqu'à  ce  que,  dans  deux 
expériences  consécutives,  les  températures  maxima  soient 
Hlentiques.  Elles  se  confondent  alors  avec  la  température  t 
ctierchée. 

Où  voit,  d'après  ce  qui  précède,  qu'il  y  a,  pour  un  même 
<^i*ps,  deux  états  d^équilibre  distincts,  qui  peuvent  se  produire 
^ux  températures  inférieures  à  celle  de  la  solidification  nor- 
Q^^le  :  rétat  solide  qui  est  un  état  d'équilibre  parfaitement 
^^t)le,  et  rétat  liquide  qui  est  de  plus  en  plus  instable  à  me- 
sure que  la  température  s^abaisse  davantage.  Nous  retrouverons 
^^8  phénomènes  analogues  dans  Tétude  des  changements 
^'étal  de  nature  chimique. 

CBàMÇiEMSnS  DE  VOLUME  PERDÂHT  LA  FUSION.  —  Supposons 
Que  Ton  échauffe  un  solide  déterminé.  Il  va  d'abord  se  dilater 
^^  l'on  pourra  représenter  son  volume  par  le.s  ordonnées  d'une 
^ourbe  en  prenant  pour  abscisses  les  températures;  cette 
Courbe  sera  sensiblement  une  ligne  droite.  Après  la  fusion,  le 
liquide  se  dilatera  lui-même  ;  son  volume  pourra  se  représenter 
également  par  une  seconde  ligne  à  peu  près  droite,  et  il  est 
évident  que  celle-ci  devra  se  raccorder  avec  la  première  au 
point  de  fusion.  La  question  que  nous  allons  examiner  est  de 

^  '  )  Oer!«kz,  Sur  la  détermination  de  la  température  de  solidification  des  li- 
^*'<'«/er,  en  particulier,  du  soufre  {^Journal  de  Phf tique ^  i'*  série,  t.  V,  p.  21a). 
^-  et  B.,  Calorimétrie.  —  II.  3«  fasc.  7' 


9H*  CALORhMÉTRIE. 

savoir  comment  ce  raccordement  se  fait.  Le  corps  éprouver^a- 
t-il  un  changement  de  volume  pendant  la  fusion?  Ce  chang^-^s^ 
ment  sera-t-  il  brusque  ou  continu?  Les  droites  qui  représenta  m^\ 
les  volumes  du  liquide  el  du  solide  seront-elles  situées  sur  le 
prolongement  l'une  de  Tautre? 

On  pourrait  étudier  ces  phénomènes  par  la  méthode  iia  pa- 
ginée par  Dulong  jtour  mesurer  la  dilatation  des  solides  ^t 
décrite  l**"  fascicule,  p.  69,  c'est-à-dire  qu'après  avoir  introdum  il. 
dans  un  réservoir  un  poids/;  de  la  substance  à  étudier,  dont  la 
densité  est  d,  on  aclièverait  de  remplir  le  réservoir  avec  ui  wr% 
poids  /?'  d'un  liquida)  de  densité  d\  sans  action  sur  la  substancr^ 
et  qu'enfin  on  mesurerait  le  poids  p'  du  liquide  expulsé,  sol  1 
pendant  que  la  substance  se  dilate  à  l'état  solide,  soit  quarmc 
elle  fond  sans  changer  de  température,  soit  enfin  quand  on  I^e 
chauffe  à  Télat  liquide;  la  dilatation  totale  x  serait  alors  déteK^— 
minée  par  la  formule  connue 


^(iH-.r)H-g^(.-^A,)--(^j4-^!)(i-l-frO=f^(«-4-Ar). 


d 


On  peut  en  second  lieu,  et  celle  méthode  est  la  pluspn^*-" 
tique,  remplacer  la  mesure  des  poids  par  Tobservation  d^s 
volumes,  qui  peut  être  efrecluéc  d'une  manière  continue;  ^i^*^ 
emploie  des  appareils  analogues  au  thermomètre  à  tige  et  da 
lesquels  on  enferme  la  substance  à  ôludier,  avec  un  excès 
liquide;  on  observe  le  niveau  de  celui-ci  dans  le  tube  capillaif^- 

ï.  On  reconnaît  ainsi  que  la  plupart  des  corps  éprouver  ^"**^ 
une  dilatation  brusque  pendant  leur  liquéfaction;  en  voici     '^ 
valeur  mesurée  par  M.  H.  Kopp  (  •  )  ei  exprimée  en  prena.  *^ 
pour  unité  le  volume  à  zéro  : 

Phosphore o,o343 

Soufre o,o5oo 

Acide  stéariqiie 0,1 100 

Slrarine 0,049^) 

CaCI  -+-  0 IIO o  ,0965 


(')  Kop.*,    Licbi^'s  AnnaUii^  t.   XCiU;  Annales  de  Chimie  et  de  Phjrsift 
3"  iwirie,  t.  XLVM,  p.  aiji  ;  iS3<i. 


FUSION  ET  SOLIDIFICATION.  99* 

Inversement,  lorsque  ces  substances  se  solidifient  par  re- 
Voidlssementy  elles  éprouvent  un  retrait.  C'est  pour  cela  que 
es  basalies  sont  divisés  en  prismes  séparés  et  que  le  phos- 
>l)ore  n'adhère  pas  aux  tubes  dans  lesquels  on  le  moule. 

II.  Il  y  a  d'autres  substances,  au  contraire,  qui  se  contrac- 
eni  en  se  liquéfiant.  Telle  est  la  glace,  qui,  d'après  Bunsen  (  *  ), 
e  réduit  auxo,83dcson  volume;  tels  soni  encore Tantimoine, 
t  bismuth  et  la  fonte  de  fer.  Il  résulte  de  laque  l'eau  se  dilate 
1  se  congelant  et  on  le  démontre  directement  par  une  expé- 
ence  que  Ton  doit  à  Huygens  (2).  On  prend  un  canon  de 
siolet  dont  on  bouche  la  lumière;  on  remplit  d'eau  et  on  le 
rme  hermétiquement  par  un  bouchon  à  vis  disposé  à  cet  effet. 
^  refroidissant  cet  appareil  dans  un  mélange  réfrigérant,  il  ne 
"•«le  pas  à  se  fendre  avec  un  bVuit  sec,  et  l'on  voit  sortir  de  la 
»sure  une  lame  de  glace  qui  provient  de  l'intérieur.  Ainsi  non 
'élément  il  y  a  une  dilatation  pendant  la  congélation  de  l'eau, 
^îs  elle  se  fait  encore  en  exerçant  un  effort  considérable.  On 
*t  en  outre  que  la  fonte  de  fer,  Tantimoine  el  le  bismuth  sont 
'^s  le  même  cas  que  l'eau,  ce  qui  explique  comment  la  fonte 
'^nd  exactement  l'empreinte  des  moules  et  comment  le  bis- 
^th  brise  les  tubes  de  verre  dans  lesquels  on  le  coule.  On 
*^  également  que  la  plupart  des  sels  augmentent  de  volume 
^  Cristallisant,  propriété  qui  a  été  mise  à  profit  par  Brard(8) 
^Ur  reconnaître  si  les  pierres  sont  gélives.  Mais  ces  exemples 
instituent  l'exception.  Le  cas  général  est  celui  des  corps  qui 

dilatent  par  la  fusion  el  se  contractent  par  la  congélation. 
III.  Il  ne  peut  donc  y  avoir  aucun  doute  sur  le  fait  d'un 
'^ngement  de  volume  pendant  le  changement  d'état;  mais  il 
s^e  à  savoir  s'il  est  absolument  brusque  ou  s'il  est  continu. 
^^e  question  a  été  étudiée  par  G.-A.  Ermann  (  *)  el  par  M.  H. 
^Pp(^);  les  expériences  d'Ermann  sont  relatives  à  l'eau,  au 

y     Bc!(8e;«,  annales  de  Poggendorjft  t.  CXLI;  1870. 
J    duTCENS,  Histoire  de  V Académie  j  1670. 
^      Brard,  Annales  de  Chimie  et  de  Physique,  a*  série,  t.  XXX  VI II,  p.  160; 

i     Ci.-A.  Erma!<m,  Annales  de  Poggendorff,  t.  ÏX;  Annales  de  Chimie  et  de 
*^*Sr«*,  2' série,  t.  XL,  p.  167;  1829. 
^      W.  Kopp,  Liebig's  Annalen^  t.  XCIII. 


100' 


CALORIMÉTRIE. 


phosphore  et  à  un  alliage  de  i  partie  d'étain,  i  de  plomb 
2  de  bismuth. 

La  glace  prise  au-dessous  de  zéro  se  dilate  d'abord  rapid 
ment  quand  on  réchauffe;  son  coefficient  moyen  est  o^oooo 
et  son  volume  peut  se  représenter,  d'après  Ermann,  par  u 
droite  AB  (fig,  i8).  Quand  elle  s'approche  de  son  point  de 

quéfaction,  qu'elle  Tatteii 


il 


Fig.  i8. 


et  le  dépasse,  elle  se  cor 
tracte  très  rapidement  d' 
bordy  puis  plus  lentemei 
jusqu'au  maximum  de  de 
sitéy  qui  correspond  a 
(point  D);  après  quoi  el 
recommence  à  se  dilater 
pidement  de  D  en  E,  pu. 
cette  dilatation  se  régul 


is 


rise  et  le  volume  est  représenté  par  une  droite  EF,  moîr""  ^s 
inclinée  sur  Taxe  des  x  que  AB  et  située  au-dessous  de  ect^^^ 
ligne  AB.  M.  Kopp  a  trouvé,  et  tout  porte  à  admettre,  qu* 
voisinage  de  zéro  la  diminution  de  volume  est  bien  plus  brusq 
que  ne  Ta  figuré  Ermann. 
Le  volume  du  phosphore  solide  est  représenté  jusqu'à  . 

température  de   la   fusi< 


^L.<- 


/  ^ 


Fiij.  19.  par  une  droite  AB  (/îg*.  ig 

et  après  la  fusion  par  u 
seconde  droite  CD  situ 
au-dessus  de  la  première 
plus  inclinée  sur  Taxe  d 
X,  Il  n'a  pas  été  possible 
Ermann  de  déterminer  I 
portion  de  courbe,  proba- 
blement presque  parallèle  & 
A^-,  qui  raccorde  les  poinl^-^ 
B  et  C;  elle  doit  offrir  un  point  d'inflexion.  Mais  la  positioir^ 
relative  des  lignes  AB  et  CD  montre  qu'il  y  a  une  expansioïT^ 
pendant  la  fusion  et  que  la  dilatation  du  phosphore  liquide  esf 
plus  rapide  que  celle  du  phosphore  solide.  Les  expériences^ 
de  M.  Kopp  confirment  ces  résultats. 


la 

n 

\ 
e 

e 

el 
s 

^à 
\a 
a- 


Fig.  20. 


FUSION  ET  SOLIDIFICATION.  loi.* 

âge  fusible  a  ofiFert  plus  d'intérêt  (fig,  -io).  Avant  la 
le  volume  est  figuré  par  une  ligne  droite  jusqu'au 
qui  correspond  à  la  température  de  43%7;  après  quoi 

lue  et  atteint  un  minimum  placé  en  D  à  68%  7;  puis  il 

nte,  arrive  en  E  à  la  température  de  la  fusion  (93%  7),  et 

lue  d'augmenter  après 

sion  jusqu'en  F,  à  ioo<». 

k  des  températures  plus 

,  il  est  représenté  par 

3  FG,  qui  est  située  sur 

ongement  de  AB  :  par 

uenty   la  dilatation  de 

!  est  la  même  à  Tétat 

et  à  l'état  solide;  mais 

ne  variation  anormale 

inue  du  volume  au  voi- 

du  point  de  fusion,  ^t  un  maximum  de  densité  pendant 

2orps  est  solide. 

3it  par  ces  exemples,  auxquels  M.'Kopp  a  pu  en  ajouter 

rs  autres,  qu'il  y  a  généralement  une  anomalie  de  la 

)n  au  voisinage  de  la  fusion,  et  que  le  changement  de 

!  n'est  pas  toujours  aussi  brusque  qu'on  aurait  pu  le 

.  et  qu'il  paraît  l'être  effectivement  dans  le  plus  grand 

t  des  cas. 

ERGE  DE  LA  PRESSION  SUR  LA  TEMPÉRATURE  DE  FUSION.  — 

►ar  des  idées  théoriques  que  nous  exposerons  dans  la 
mécanique  de  la  Chaleur,  M.  James  Thomson  (*  )  an- 

(ue,  pour  les  corps  qui,  comme  la  glace,  diminuent  de 
par  la  fusion,  l'augmentation  de  la  pression  doit  abais- 

smpéralure  de  fusion  ;  tandis  qu'elle  doit  l'élever  pour 

»s  qui  augmentent  de  volume,  comme  le  blanc  de  ba- 

ar  exemple. 


!*H0]f50M,    Transactions  philosophiques  de  la  Société  royale  d'Édini' 
XVI,  et  Philosophical  Magazine ^  3'  série,    t.   XXXVII;  j4nnales  de 
de  Physique,  3*  série,  t.  XXXV,  p.  76;  i852. 


loa'  CALORIMÉTRIB. 

Sir  William  Thomson  (')  essaya  de  soumettre  celle  prévi- 
sion théorique  au  contrôle  de  l'expérience,  et  il  étudia  la  fusion 
de  la  glace  au  moyen  de  l'appareil  représenté ^f.  ai.  C'est  u  n 
cylindre  en  verre  dans  lequel  on  peut  développer  des  pressiort  s 
énergiques  par  un  piston  à  vis  E,  et  qui  contient  de  la  ^ac=« 
concassée  D,  maintenue  à  la  partie  inférieure  du  vase  par  la  1 
anneau  de  plomb  BB.  Un  thermomètre  A,  protégé  par  une  er>- 
veloppe  de  verre  résistante,  donne  la  température  de  la  glac?^ 
fondante;   un   manomètre  à  aâr 
comprimé  C  mesure  la  pressi»  Ki 
à  laquelle  elle  est  soumise;  enll  Ki 
le  reste  de  la  capacité  du  cylîndr— ^ 
est  rempli  d'eau.  Sous  la  pre&sitk  n 
atmosphérique,  le  thermomèu—*^ 
marque  zéro,  qui  est  la  lempê — 
rature  ordinaire  de  la  glace  torm  - 
dante  ;  mais  il  baisse  quand  »  ai 
comprime  l'eau  intérieure.  II  a^~*— 
rive  à   —  o',o49  et  à  — o*,i^9 
sous   les    pressions  de  8*"*  ^st 
i6"",  8,  ce  qui  prouve  que  •  * 
point  de  fusion  de  la  glace  s'^m- 
baisse    quand   la  pression  au^^X-* 
mente. 

En  movenne,  pour  un  accroi^^~ 
sèment  de  pression  de  i»'"ou(B'  * 
io334^e  par  mèlre  carré,  l'abai^  "" 
scment  de  température  produ  -*' 
CKl  de  o'.oojS.  La  théorie  im-  ' 
diiiue  u,oo'i886,  nombre  presque  identique  à  celui  qui  a  él  ^ 
fourni  par  l'expérience  directe. 

M.  Mousson  (^)  s'est  proposé,  non  de  faire  des  mesures  abi 
tues,  comme  Sir  W.  Thomson,  mais  de  montrer  par  l'expérienc- 


[I  )  W.  Thomsus,  PhitoKoiihicol  Slagatine,  3*  serif,  l.  XXXVll,  el  ^bhii/<=™" 
•le  Chimie  el  ,1e  I'A_r,l^ur,  3-  létle,  t.  XXXV,  p.  38i  ;  i85î, 

(»)  Mocsic»,  .■/iina/ei  Je  Po^geaJorf,  l.  CV;  Annalei  de  Chimie  »t  de  Pt'f^ 


PUSION  ET  SOLIDIFICATION.  loS* 

int  de  fusion  de  la  glace  peut  être  abaissé  jusqu'à 
is  une  pression  suffisante.  Il  fil  congeler  de  Teau  dans 
i*acier  au  fond  duquel  il  avait  placé  une  pointe  de 
i  se  trouva  ainsi  incrustée  sous  la  glace.  Le  tube  fut 
né  à  sa  partie  supérieure  par  une  pièce  taraudée  fai- 
ze  de  piston,  puis  renversé,  de  façon  que  la  pointe  était 
indre  déglace;  le  tout  fut  entouré  d'un  mélange  réfri- 
i  abaissa  la  température  jusqu'à  —  20*».  On  enfonça 
3  piston  d'environ  9'"",  ce  qui,  d'après 
;on,  devait  porter  la  pression  intérieure  ^*^'  ^^' 
".  Or,  quand  on  ouvrit  Tappareil,  main-  ^H 

ours  à  —  iqo,  on  trouva  que  la  pointe 
îrsé  la  glace  et  se  trouvait  incrustée  à  sa 
'  avait  donc  eu  liquéfaction  pendant  la 

1  que  la  glace  diminue  brusquement  de 

•rsqu'elle  se  liquéfie,  tandis  que  le  blanc 

e  et  la  paraffine  éprouvent  au  contraire 

tion  subite  quand  ils  se  fondent.  M.  Bun- 

hercha  si,  conformément  à  la  formule 

;on,  ces  propriétés  inverses  déterminent 

gmenl  inverse  dans  les  températures  de 

us   diverses  pressions.  Il  enferma  du 

baleine  ou  de  la  paraffine  dans  la  pe- 

he  CD  d'un  siphon  fermé  (Jig.12);  il 

e  mercure  l'espace  DEB,  qui  offre  une 

ation  E,  et  il  laissa  au  sommet  un  tube 

AB  plein  d'air  et  destiné  à  servir  de  ma- 
Quand  on  chauffait  le  réservoir  E,  le  mercure  se 
faisait  augmenter  la  pression   intérieure,  que  l'on 

par  la  diminution  du  volume  de  l'air  AB.  On  chauffait 

»araffine  Cl),  et  l'on  mesurait,  sous   des  pressions 

s,  la  température  de  sa  fusion;  on  trouva  qu'elle 

it. 

s  résultats  trouvés  par  M.  Bunsen  : 


«,  .'/nnalt's  dr  Po^^eminrff,  t.  lAXXI,  et  Annales  de  Chimie  et  f te 
scrip,  l.  WXV,  p.  83;  i852. 


io4*  CALORIMÉTRIE. 

Points  de  fusion. 


Pression. 

Bla 

c  de  btleine. 

Pression. 

ParafOnt 

atm 

0 

•tm 

0 

1 

47,7 

I 

46,3 

^9 

48,3 

85 

48,9 

96 

49,7 

100 

49.9 

i56 

5o,9 

Ces  résultats  sont  bien  dans  le  sens  prévu  par  la  théorie. 

M.  Hopkins  (0  a  obtenu <les  résultats  analogues  en  obser- 
vant la  fusion  du  blanc  de  baleine,  de  la  cire,  de  la  stéarine, 
du  soufre,  comprimés  dans  un  cylindre  métallique,  le  momeot 
de  la  fusion  étant  indiqué  par  la  chute  d'une  balle  de  fer. 

Voici  les  nombres  de  M.  Hopkins  : 

Points  de  fusion. 


Pression. 

Blanc  de  baleine. 

Cire. 

stéarine. 

Soifre. 

alm 

0 

0 

0 

0 

I 

'3l 

64,5 

72,5     • 

107,0 

519 

Co 

74,6 

73,6 

l35,2 

79^ 

80,2 

80,2 

79, a 

140,5 

PROPRIÉTéS  PARTIGULIARIS  DE  LA  GLAC3L  —  RE6EL  —  Deux  mon- 
ceaux de  glace  mis  en  contact  se  soudent  aussitôt  ensemble» 
même  au  sein  de  l'eau  chaude.  La  réunion  se  fait  d'autant  pi  ^^ 
vite  que  les  fragments  sont  plus  fortement  pressés  l'un  con*^-^ 
l'autre.  Si  l'on  fait  flotter  de  petits  fragments  de  glace  dans  ^-^^ 
vase  plein  d'eau,  on  les  voit  se  souder  par  leurs  points  déco  ^' 
tact,  et,  en  soulevant  l'un,  on  peut  traîner  lesaulres  à  sa  sui^^** 
Un  bloc  de  glace  peut  être  scié  à  l'aide  d'un  fil  de  fer  len^^" 
par  deux  poids;  les  deux  fragments  se  soudent  à  mesure  q«-^^ 
le  fil  les  a  dépassés,  et,  quand  les  poids  sont  tombés  à  terr*^» 
on  peut  soulever  le  bloc  par  une  de  ses  moitiés.  On  ne  pe  ^-^^ 
distinguer  le  plan  de  réunion  que  grâce  à  la  réflexion  que  '^ 
lumière  éprouve  à  sa  surface. 

M.  Tyndall  {^)  comprime  très  fortement  un  morceau 

(')  Hopkins,  Dingler's  Polytechnische  Journal^  t.  CXXXIV,  p.  3i4.  - 

(')  Tyndall,  Philosophical  Transactions ^  p.  ai3  et  i  (i858),   et  Annaki      ^ 
Chimie  el  de  Phjsiquet  3'  série,  t.  LVI,  p.  laa;  iSSq. 


/ 

/  ' 


FUSION  ET  SOLIDIFICATION.  io5^ 

^  entre  deux  pièces  de  bois  qui  laissent  entre  elles  une 
:é  lenticulaire.  La  glace  se  brise  en  une  multitude  de  pe- 
ragmenls;  mais  en  quelques  secondes  ils  se  soudent  entre 

et  la  masse  se  transforme  en  une  lentille  transparente» 
titement  compacte  et  moulée  exactement  dans  la  cavité, 
lisant  passer  successivement  dans  une  série  de  moules  de 

en  plus  courbes  une  barre  droite  de  glace,  on  Tamène  à 
.  d'anneau.  Avec  d'autres  formes,  M.  Tyndall  a  obtenu  des 
•es  plus  complexes,  mais  toujours  transparentes,  comme 

glace  était'une  substance  plastique. 
'MX  expliquer  cette  plasticité  apparente,  on  se  fonde  sur  la 
riété,  établie  au  paragraphe  précédent,  que,  quand  la  glace 
omprimée,  son  point  de  fusion  devient  inférieur  à  la  tem- 
Itire  de  zéro  :  alors  elle  se  liquéfie  partiellement  et  il  y  a 
abaissement  de  température  produit  par  l'absorption  de 
eur  latente.  L'eau  comprimée  et  refroidie  provenant  de 
\  fusion  est  chassée  dans  les  fissures;  là  sa  pression  dimi- 

son  point  de  solidification  remonte  à  zéro,  elle  se  congèle 
ouveau  et  ressoude  les  divers  morceaux  de  glace.  C'est  en 
mdant  sur  ces  expériences  que  l'on  explique  aujourd'hui 
louvement  des  glaciers  et  la  facilité  avec  laquelle  ils  se 
lent  dans  les  vallées  qui  leur  servent  de  lit. 
i  glace  n'est  donc  un  corps  plastique  qu'en  apparence  ;  elle 
istingue  à  cet  égard  des  corps  qui  passent  par  l'état  pâteux 
id  on  les  échauffe  à  pression  constante, 
est  à  remarquer  que  ces  derniers  corps,  le  verre  par 
iple,  ne  présentent  pas  de  traces  de  cristallisation,  tandis 
la  glace  commune  possède  une  structure  cristalline  que 
peut  mettre  en  évidence  par  l'expérience  connue,  dite  des 
"^s  de  la  glace^  et  que  Ton  doit  aussi  à  M.  Tyndall  (*  ). 
t  prend  une  plaque  de  glace  à  faces  parallèles  et  bien 
parente,  et  Ton  fait  tomber  sur  elle  un  faisceau  de  rayons 
res;  on  projette  sur  un  écran,  à  l'aide  d'une  lentille,  une 
e  agrandie  de  la  plaque,  et  l'on  ne  tarde  pas  à  voir  se  des- 

[Jig.  23)  des  étoiles  qui  se  détachent  par  un  ton  un  peu 
clair  que  celui  du  fond  et  qui  présentent  en  leur  centre 

fTSOALL,    ÎOC.   cit. 


.06*  CALOniMÉTKIE. 

une  tache  Toncée.  La  chaleur  solaire  a  provoqué  la  fusion  des 

Fie-  a3. 


^^^ 


A 


crisuux  de  glace  enchevêtrés  dans  la  masse,  et,  comme  1' 


FUSION  ET  SOLIDIFICATION.  107* 

de  réfraction  de  Teau  (i,33)  est  supérieur  à  celui  de  la 
(i  ,3o),  la  forme  des  cristaux  se  détache,  en  projection, 
ne  lumière  un  peu  plus  vive  (*).  La  tache  centrale  est  le 
aissé  par  suite  de  la  diminution  de  volume  qui  accom- 
i  la  fusion. 

observerait  des  apparences  inverses  dans  la  lumière  ré- 
e  par  la  glace.  La  tache  centrale  apparaît  alors  avec  l'éclat 
rgent  bruni,  par  suite  de  la  réflexion  totale  qui  s'opère  à 
rface. 

Points  de  fusion  de  divers  corps  (^). 

Snb«t«Dce9.  Tempcralores. 

o 

Alcool  absolu  (') — i3o,  3 

Trichlorure  de  phosphore  (' ) —111,8 

Sulfure  de  carbone  (' ) *. —  1 10 

Acide  sulfhydrique —  85* 

Ammoniaque  anhydre —  80* 

Acide  sulfureux —  78,9 

—    azotique  monohydralé —  5o 

Cyanogène —  40 

Mercure —  39, 5 

Acide  sulfuriquo  monohydraté —  34 

Alcool  amylique —   23 

Acide  cyanhydrique —  i3,8 

Essence  de  térébenthine —  10 

Acide  hypoazolique —    9 

Brome —     7,5 

Eau  de  mer —    2,5 

Eau 0 

Nilrobenzine 3 

Benzine 7 

Acide  formique 8,2 


L'eau  forme  dans  la  niasse  de  glace  qui  Temprisonne  une  lentille  cou- 
le; le  vide,  une  lentille  divergente. 

9'après  V Annuaire  du  Bureau  des  Longitudes  pour    i885,   p.  728-732, 
)ur  les  corps  qui  portent  un  renvoi  spécial.  Les  nombres  marqués  d'un 
|oe  ne  doivent  être  considérés  que  con^me  approchés. 
)'après  MM.  Wroblewski  et  Olzewski,  Journal  de  Physique^  2*  sérfe,  t.  ÏI, 
:  1883. 


io8^ 


CALORIMÉTRIE. 

SabsUnces.  Tempértlar 

Acide  acétique  concentré 17 

—  sulfurique  anhydre i5 

—  azotique  anhydre 29 

Gallium 3o,5 

Paraffine 43,7 

Phosphore 44, a 

Spermaceti 49 

Stéarine 61 

Cire  blanche 68,7 

Acide  stéarique 70 

Naphtaline 78 

Sodium 90 

Sucre  de  raisin. 100 

Iode 107 

lai*  . .    .  117,4 

144"* ii3,4 

Soufre  octaédrique  (*)  chauffé  à  l  170* iia,a 

20o'*etau«    {       .  , 
dessus.     (        ' 

Urée lao 

Perchlorure  de  phosphore 148 

Sucre  de  canne 160 

Lithium 180 

Azotate  d'argent 198 

Arsenic 210 

Sélénium %iy 

Étain 235 

Bismuth 265 

Succin 288 

Chlorate  do  potasse 334 

Plomb 335 

Chlorure  d'argent 35o 

Bromure  d'argent 38o 

Antimoine 44o 

lodure  d'argent 45o 

Zinc 45o* 

Cadmium 5oo* 

Tellure 525* 

Ahiminium 600* 


(')  D*aprc8  M.  Ceilhi,z,  Journal  de  Phjrsiqtie,  i'*  série,  t.  V,  p.  ai3;  18^ 


FUSION  ET  SOLIDIFICATION.  109* 

Sabstanoes.  Températures. 

Bronze , 900* 

Argent  (» ) 954 

Or(i) io35 

Cuivre  (  *  ) io54 

Fonte  de  fer 1060-1200 

Acier i3oo-i4oo 

Fer  doux i5oo-i6oo* 

Palladium  (*) i5oo 

Platine  (») 1775 

Iridiuni(  *  ) 1950 

CHALEUR  LATENTE  DE  FUSION. 

appelle  chaleur  latente  de  fusion  la  quantité  de  chaleur 
îaut  fournir  à  Funité  de  masse  d'un  corps,  pris  à  Félat 
-  et  à  sa  température  de  fusion  normale,  pour  le  faire 
-^  à  rétat  liquide  à  la  même  température  sous  la  pression 
Unte  de  Faimosphère.  Nous  allons  nous  occuper  de  la 
ire  expérimentale  de  la  chaleur  latente  de  fusion  des 
s. 

CAS  DES  uaniDES.  —  Pour  mesurer  la  chaleur  latente  x  . 
corps  qui  est  liquide  à  la  température  ordinaire,  on  en 
d  un  poids/?  que  Ton  oblige  à  se  solidifier  en  le  refroidis- 
jusqu'à  ty  et  on  le  plonge  dans  un  calorimètre  contenant 
eau  préalablement  échauffée  à  une  température  T,  supé- 
ne  au  point  de  fusion  t  de  la  substance. ^Alors  :  i*  le  corps 
îchauffe  jusqu'à  ce  point  de  fusion  t  et  absorbe /?C(^  h- t); 
fond  et  absorbe  /?a?;  3°  enfin  il  se  met  en  équilibre  de 
)érature  avec  Teau,  qui  prend  une  température  finale  0,  et 
gne/?C'(0  —  t).  On  a  donc,  en  représentant  par  P  le  poids 
alorimètre  évalué  en  eau, 

/?C(/-f-T)4-/7iF-h/?C'((?  — t)=  P(T-  0). 

D'après  M.  Violle,  Journal  de  Physique,  i"  série,  t.  IX,  p.  81  ;  1880.  Pour 
Udium,  le  platine  et  l'iridium,  les  températures  de  fusion  n'ont  pas  été 
■ées  directement,  mais  calculées  par  interpolation  à  l'aide  des  formules 
p.  4i*  A  cet  effet,  on  a  mesuré  la  quantité  de  chaleur  abandonnée  par 
lasse  connue  de  métal,  immergée  dans  un  calorimètre,  à  la  température 
is  rapprochée  qu'il  a  été  possible  de  son  point  de  fusion. 


110*  CALORIMÉTRIE. 

Celle  formule  permeilra  de  calculer  x  quand  on  connatirales   1"''^ 
chaleurs  spécifiques  C  el  C  à  Télal  solide.et  à  Télal  liquide. 

Pour  faire  comprendre  les  précautions  qu'exige  celte opé- 
rnlion,  nous  étudierons  en  particulier  le  cas  de  l'eau. 

CHALEUR  LATENTE  DE  LA  6LAGE.  —  Person  (  *  )  employait  pour    ■  ^ 
calorimètre  un  vase  en  cuivre  à  surface  nue  reposant  sur  un 
trépied  non  conducteur  cl  fermé  par  un  couvercle,  afin  d'é- 
viter les  perles  de  chaleur  qui  proviendraient  de  Févaporalion 
de  Teau.  Un  agitateur  annulaire,  soutenu  par  trois  cordonsqui 
iraverseni  le  couvercle,  est  mis  en  mouvement  continuel  par 
une  horloge,  el  un  thermomètre  fixe,  que  Ton  observe  avec 
une  lunette,  plonge  dans  Tintérieur.  Le  poids  d*eau/7SLii" 
lequel  on  veut  opérer  est  enfermé  dans  une  petite  bouiefllc 
en  cuivre  mince,  qui  porte  un  deuxième  thermomètre  à  s(^«^ 
centre  et  que  Ton  refroidit  dans  une  enceinte  entourée  d'ur  n 
mélange  réfrigérant  à  —  20®.  Au  moment  d'opérer,  il  sulH* 
de  soulever  le  couvercle  du  calorimètre,  d'y  introduire  la  bon— 
teille  refroidie,  de  suivre  le  mouvement  ascendant  du  thenno^ 
mètre  qu'elle  contient  et  la  marche  décroissante  de  celui <!**■ 
est  plongé  dans  le  calorimètre.  L'observation  se  divise  en  dei>^ 
phases  : 

1°  Après  l'immersion  de  la  bouteille»  on  laisse  la  glace  ^ 
réchauffer  pendant  quelque  temps,  el,  avant  qu'elle  ait  coï**' 
mencé  à  se  liquéfier,  on  observe  simultanément,  à  un  mom^*^*^ 
donné,  sa  tcnipcralure  —  t  et  celle  du  calorimètre  0'.  Al^"^ 
réqualion  (i)  devient,  en  se  simplifiant, 

/;C(^-r)  =  P(ï -()'). 

2°  L'opération  se  continuant,  la  glace  fond,  le  mélange  arf"*^^ 
à  une  température  uniforme  0  que  l'on  observe  de  nouveau  ^  ^ 

l'on  a 

pC{t  -  -c)  ^  px  -{-  p{0  -  i:)=^?['ï  —  B). 

La  première  de  ces  équaiions  fait  connaître  C.  La  secor"^ 
permet  de  calculer  x.  M.  Person  a  trouvé 

C  =  o,5o4,    ^  =  80,02. 


(  '  )  P£RS0!<,  Annales  de  Chimie  et  de  Phjrsique,  3'  série,  t.  XXX,  p.  73;  i 


FUSION  ET  SOLIDIFICATION. 


m 


>ans  ces  expériences  la  température  du  calorimètre  a  varié  de 
S  à  i6<*;  par  suite,  la  quantité  prise  pour  unité  de  chaleur  est  la 
chaleur  spécifique  moyenne  de  l'eau  vers  io<»,5. 

Nous  avons  exposé  cette  méthode  la  première,  parce  qu'elle 
«si générale;  mais,  avant  les  expériences  de  M.  Person,  MM.  de 
la  Provostaye  et  Desains  (  '  )  en  avaient  exécuté  d'autres  que 
'ïous  allons  maintenant  décrire.  Le  calorimètre  avait  la  forme 
ordinaire  [Jig,  24).  L'ayant  rempli  d'eau  à  20®  et  placé  sur  une 
*«/aiicé  oii  il  se  refroidissait,  ils  ont  d'abord  observé  les  abais- 

Fig.  A' 


sem^i;^is  de  température  qu'il  éprouve  et  les  poids  d'eau  qui 
s  évaporent  pendant  une  minute,  pour  chacune  des  valeurs 
"^oyennejj  successives  de  la  température.  Ces  mesures  préli- 
^^ûaîres,  réduites  en  Tables,  serviront  tout  à  l'heure  pour  cor- 
"8^f  les  expériences  définitives  des  pertes  d'-eau  dues  à  Téva- 
P^ration  et  des  pertes  de  température  produites  à  la  fois  par 
^^aporation  et  par  le  rayonnement. 

Cela  fait,  après  avoir  réchauffé  le  calorimètre  à  20°  et  l'avoir 
""^placé  sur  la  balance,  MM.  de  la  Provostaye  et  Desains  l'en- 
traient au  moment   où  il    avait  une  température  T  et  un 


C  *)  La  PaovosTATE  et  DcSains,  Annales  de  Chimie  et  de  Physique,   3*  série, 
VllI,  p.  5;  1843. 


112*  CALORIMÉTRIE. 

poids  réduil  eu  eau  P,  et  ils  projetaient  aussilôt  dans  rintérieur 
un  morceau  de  glace  bien  pure  rapidement  essuyée  el  séchée 
avec  du  papier  Joseph.  Us  suivaient  ensuite  de  minute  en  minote 
la  marche  décroissante  de  la  température,  qui  devenait  égaie 
à  0  quand  la  glace  était  entièrement  fondue. 

Cette  glace,  étant  prise  à  la  température  initiale  de  zéro,  ne 
se  réchauffe  pas  avant  de  fondre;  alors  le  terme  en  C  disparaît 
de  réquation  (i),  qui  devient,  en  faisant  T  =  Oy 

P  ^ 

On  déterminait  le  poids/?  de  la  glace  en  pesant  le  calorimètre 
immédiatement  après  Tobservation  de  9,  et  en  retranchant  da 
résultat  le  poids  primitif  P  diminué  du  poids  tt  de  Veau  en- 
porée,  qu'il  était  facile  de  calculer;  car,  si  di,  ds,  B%  désignent 
les  températures  moyennes  pendant  chacune  des  minutes 
écoulées  entre  les  deux  pesées,  on  connaît,  par  les  expériences 
préliminaires  qui  ont  été  exécutées,  le  poids  que  le  calorimètre 
a  perdu  pendant  chacun  de  ces  intervalles,  et,  en  faisant  It 
somme,  on  trouve  rr. 

On  voit,  par  la  formule  précédente,  que  pour  calculera?  ^ 
faut  connaître  la  valeur  absolue  de  9,  ce  qui  exige  que  Ton  a*^ 

vérifié  le  zéro  du  thermomètre.  On  voit  aussi  que  les  erreurs 

p 

commises  dans  la  mesure  de  T  —  0  s©nt  multipliées  par-»c*» 

comme  le  poids  de  Teau  P  est  toujours  au  moins  lo  fois  pli*^ 
grand  que  celui  de  la  glace/?,  une  erreur  de  ^^  de  degré  si**" 
T  —  0  changerait  la  valeur  de  x*de  i«»*.  On  eut  soin  d'employ^^ 
un  thermomètre  qui  marquait  ^-J-jj  de  degré. 

Enfin,  dans  ces  expériences,  comme  dans  celles  de  Perso  ^"^^ 
le  calorimètre  perd  de  la  chaleur,  soit  par  le  rayonnement,  s^:^^* 
par  l'évaporation;  mais  les  variations  de  température  qui  ^3^ 
résultent  peuvent  toujours  être  représentées,  pendant  chaq  «-^^ 
minute,  par 

A  étant  connu  par  les  expériences  préliminaires,  et  les  l^ 


FUSION  ET  SOLIDIFICATION.  ii3* 

ïratures  du  calorimètre  ayant  été  observées  de  minute  en 
linute  pendant  la  fusion  de  la  glace,  on  calculait  les  valeurs 
5  Aô,  et  leur  somme  2  Ad,  ajoutée  au  maximum  trouvé,  donnait 
véritable  température  finale  qu'on  aurait  observée  si  les 
luses  de  refroidissement  n'avaient  pas  existé.  C*est  la  méthode 
3  correction  que  nous  avons  exposée  en  détail  précédem- 
lent. 

MM.  de  la  Provostaye  et  Desains  ont  trouvé  pour  x  la  va- 
jur  79,25. 

Plus  récemment,  M.  Bunsen  a  déterminé  la  chaleur  latente 
e  fusion  de  la  glace  au  moyen  du  calorimètre  que  nous  avons 
lécrit  (p.  22*).  11  mesure  d'abord  la  densité  delà  glace  à  zéro, 
i  Faide  d'une  sorte  de  thermomètre  à  poids,  contenant  du  mer- 
cure, et  dans  lequel  il  fait  congeler  un  poids  connu  d'eau  dis- 
^ée,  privée  d'air  par  Tébullition.  Le  petit  réservoir  à  mercure 
étant  alors  adapté  au  thermomètre,  après  avoir  été  pesé,  on 
provoque  la  fusion  de  la  glace;  du  mercure  rentre  dans  le  ther- 
momètre, et  l'on  évalue  la  diminution  de  volume  éprouvée  par 
I*  glace  en  passant  à  l'état  d'eau  à  zéro,  dont  la  densité  est 
exactement  connue,  par  l'augmentation  de  poids  du  réservoir; 
on  en  déduit  la  densité  de  la  glace.  M.  Bunsen  a  trouvé  ainsi 
^=0,91674,  avec  trois  décimales  exactes. 
Cela  posé,  quand  on  fournit  n  calories  au  calorimètre  de 

'ïïnsen,  on  produit  la  fusion  de  j  kilogrammes  de  glace;  la 

^'Oîinution  de  volume  v  correspondante  s'évalue  par  l'obser- 
^^lîon  du  mouvement  de  la  colonne  de  mercure  dans  le  tube 
'^ibré  SD  (/îg*.  9).  On  a  donc,  pour  déterminer  /,  l'équation 

'"^présente  la  densité  de  l'eau  à  zéro.  M.  Bunsen  trouve  pour 

*  Valeur 

/=r8o,o3. 

-Unité  à  laquelle  ce  nombre  est  rapporté  est  la  chaleur  spé- 

^    ïii'SSEM,  Annales  de  Poggendorff',  t.  CX.LI,  et  Archives  de  Génère,  t.  XI. 
'«/c^  Jff  Chimie  et  de  Physique,    ',•  série,   t.  XXIII,   p.  66;   1871. 
^t    B.,  Calofimétrie.  —  II.  1*  fasc.  8' 


ii4*  CALORIAIÉTRIE. 

cifîque  moyenne  de  Teau  de  zéro  à  loo*.  Si  l'on  admet  avec 

Kegnault  que  cette  chaleur  spécifique  est  égale  à  i<^^oo5, 

on  trouve,  pour  valeur  de  la  chaleur  latente  /,  rapportée  à  la 

calorie, 

/=  80,43. 

]\Iais  si  Ton  admet,  avec  M.  Jamin  (  *  ),  que  la  chaleur  spécifique 
moyenne  de  zéro  à  100"  est  donnée  par  la  formule 

Oino     •        0,00110.100       (0,001 10. 100)^  ,. 

=  I  -7 1 5 =  1 ,059, 

100  2  3  ^ 


?«=. 


-h 


on  obtient  une  valeur  de  /  trop  grande  pour  être  acceptée,  car 
elle  surpasserait  de  quatre  unités  environ  les  nombres  fournis 
par  toutes  les  déterminations  qui  peuvent  passer  pour  sensible-  |  ^^^ 
ment  exactes.  La  raison  de  ce  désaccord  est  encore  à  trouvera)' 
Nous  admettrons,  d'après  Person  (')etHess(*),  que  lacht- 
leur  latente  de  fusion  de  la  glace  est  égale  sensiblement  à  8o^^- 


M 


2»  CAS  DES  SOLIDES.  —  Pour  mesurer  la  chaleur  latente  d^ 
corps  qui  sont  solides  à  la  température  ordinaire,  on  commeD^^^ 
par  les  liquéfier  et  môme  à  les  porter  à  une  température  /  not*' 
blement  supérieure  à  leur  point  de  fusion;  puis  on  les  plom^^ 
dans  un  calorimètre  dont  on  suit  le  réchauffement  jusqu'à 
qu'il  atteigne  la  température  maximum  finale  9.  Alors  ce  caB 
rimèlrc  gagne  P((?  —  P),  elle  corps  perd  :  i*/?C'(^  — t)  en  ^ 
refroidissant,  à  l'état  liquide,  jusqu'à  son  point  r  de  solidifier 


(  '  )   f'oir  Comptes  rendus  de  l'Académie  des  Sciences,  l.  LXX,  p.  661;  18 
(')  Si  l'on  applique  lu  tbrnmlc  de  M.  Jamin  aux  expériences  de  Laroisi- 

(|ui  avaient  luurni  pour  /  la  valeur  75,  on  trouve,  pour  rcxprcssion  en  cl. 

lies  de  la  olialeur  latenlc, 

/--7'».i,oj9    -  79,425, 

nombre  parfaitement  d'accord  avec  les  expériences  de  MM.  de  la  Provostay 

Desaiiis. 
Il  semblerait  toutefois  que  les  expériences  de  Bunsen    comportent  pi 

précision   que  celles  de  Lavoisier  et  Lapluce.  (  Foir,  pour  les  expérien 

Lavoisicr  et  Laplaco,  Mémoires  de  l'Académie  des  Sciences;  1780,) 

(')  Pf.rson,  Annales  de  Chimie  et  de  Physique,  3*  série,  t.  XXX,  p.  73;  t 
(*)  IIess,  Mélanges  de  Chimie   et  de  Physique,  tirés  du   Bulletin  deV- 

demie  des  Sciences  de  Saint-Pétersbourff,  t.  I 


et 

ât 
de 


•r 


FUSION  ET  SOLIDIFICATION. 


ii5^ 


;  Q?  la  chaleur  hienie  px  en  se  solidifiant;  3®/?C(r--  6) 
>e  refroidissant,  à  Tétai  solide,  de  r  à  d.  On  a  donc 

'est  par  cette  méthode  générale  que  Person  a  opéré.  Il 
ervait  du  calorimètre  que  nous  avons  déjà  décrit;  il  échauf- 
le  corps  dans  une  bouteille  en  cuivre  mince,  et  corrigeait 
la  loi  de  Newton  la  température  finale  observée  d.  11  a 
dié  un  grand  nombre  de  substances  dont  Regnault  avait 
sure  la  capacité  C  à  Té^t  solide,  mais  dont  il  fallait  trouver 
thaleur  spécifique  C  à  Tétat  liquide.  Pour  cela  il  faisait  deux 
irations,  en  portant  le  corps  à  deux  températures  initiales  t 
r  aussi  différentes  que  possible,  et  il  avait  les  deux  équa- 
fis  suivantes  qui  permettent  de  calculer  C  et  x  : 

pC'(e  _T)4-/?^-h/?C(T-0)--P(0  -T), 
pC'(t  -T)-f-/?^-+-/?C(T-ô')  =  P(0'-  T). 

^oici  quelques-uns  des  résultats  de  Person  : 


la 

osphorc 

Ufre 

^tate  de  soude 

^tate  de  potasse 

lorure  de  calcium 

^^sphate  de  soude 

i^tate  de  pot.  et  de  soude. 

•  in 

^ttiuth 

>mb 

fcc 

^Dt 

•rure 

Fb'Sn' 

PbSii» 


POINT 

CHALEUR  SPÉCIFIQUE 

CHALEUB 

de 

^^— i- — 

M.^      - 

fanion. 

C. 

c. 

obtervée. 

o 
0,0 

o,5o4 

1 ,000 

79»25 

44,2 

0,1788 

0,2045 

5,084 

Il5,2 

0,2026 

0,284 

9»  368 

3io,5 

0,2782 

o,4i8 

62,975 

339,0 

0,2887 

0,332 

47,371 

// 

0,545 

0,555 

40,70 

36,1 

0,407 

0,749 

66,80 

220,0 

0,235 

0,352 

5i,4 

237,7 

o,o562 

0,0687 

14,352 

206,8 

o,o3o8 

o,o863 

I 2 , 640 

826,2 

o,o3i4 

o,o4o2 

5,869 

4i5,3 

0,0955 

If 

28,13 

ft 

0,0^701 

it 

21,07 

n 

it 

0,08882 

2.83 

96,0 

o,o356 

0,0889 

4»  49^ 

9i»o 

o»o49 

0,0422 

K  68- 

calculée. 

79»  20 
5,243 
9,35o 

63,4 
46,462 
39,58 
66,48 

44.5 

n 
// 
// 
// 
// 

H 
// 


ii6* 


GALORIMÉTRIE. 


LOI  EMPIRIQUE  DE  FERSOH.  —  Les  nombres  calculés  de  la  dernière 
colonne  ont  été  obtenus  par  Person  à  Taide  d'une  formule  em- 
pirique liant  la  chaleur  latente  de  fusion  L  aux  chaleurs  spéci- 
Qques  C  du  solide  et  C  du  liquide. 

Cette  formule,  que  nous  discuterons  plus  tard,  conduirait  à 
admettre  que,  pour  tous  les  corps,  la  chaleur  latente  de  fusion 
deviendrait  nulle  à  —160®. 

En  attribuant  à  C  et  C'des  valeurs  constantes,  égales  à  celles 
que  possèdent  ces  coefficients  dans  le  voisinage  du  point  no^ 
mal  de  fusion,  et  en  appliquant  sa  formule  empirique,  Person 
put  calculer  la  chaleur  latente  normale  de  corps  pour  lesquels 
l'observation  directe  était  impossible.  Mais,  de  son  propre  aveu» 
cette  méthode  conduit  à  des  résultats  inexacts  quand  on  rap- 
plique aux  métaux  ordinaires. 

Pour  ces  derniers  corps  et  pour  tous  ceux  qui,  comme  le 
potassium,  passent  par  Tétat  pâteux,  la  constance  de  la  chaleur 
spécifique,  dans  le  voisinage  du  point  de  fusion,  ne  peut  plus  être 
admise,  et  la  loi  de  l'absorption  de  la  chaleur,  qui  serait  repré- 
sentée, dans  l'hypothèse  de  Person,  par  la  ligne  brisée  OACD 
[fi g.  25),  dont  la  portion  OA  se  rapporte  à  l'état  solide,  la  po^ 


Fig.  a5. 


Fig.  26. 


o, 


«£11 


6 


lion  CD  à  l'état  liquide,  enfin  AC  au  changement  d'étal,  co^' 
respond,  dans  le  cas  qui  nous  occupe,  à  une  courbe  cent-*' 
nue  OBDN  [fig,  26);  l'absorption  de  la  chaleur  latente  se  T 
en  quelque  sorte  peu  à  peu,  et  il  y  a  continuité  de  l'état  soli 
à  l'étal  liquide. 


e 


C)  Person,  Annales   de   Chimie   et  de  Physique,    3'  série,   t..  XXI,    p.  aj- 
t.  XXIV,  p.  129,  et  t.  XXVII,  p.  25o;  1847  à  ïS^g. 


FUSION  ET  SOLIDIFICATION. 
Valeurs  latentes  de  fusion,  moléculaires  (*)■ 


iuilchy.lr. 


„...„. 

TZ 

TIKȣ>AT. 

talion. 

o..v.„™.. 

Br 

fio 

-    ,:. 

i3o" 

Heennall. 

1 

+  ii3.6 

1490 

Id. 

S 

If, 

+  1.3,6 

.50 

Pemon. 

Ph 

3t 

44,= 

.5o 

Id. 

Hb 

100 

-    39,5 

a8o 

id. 

Pb 

io3 

H-  335 

53o 

Id. 

Bi 

aïo 

-t-  365 

■j6oo 

Id. 

Su 

5t, 

+  i35 

84.. 

Id. 

Gi 

35 

+     3o     . 

660 

Berthclot. 

Cd 

56 

+  5oo 

65o 

PenoD. 

Ag 

m» 

-V954 

33a 

Id. 

Pi 

9S.6 

+  .„5 

368a 

Vialle. 

Pd 

53 

+  .500 

Id. 

MO 

7.5 

DeMioi. 

AïO' 

5^ 

+    î9,S 

4.40 

AïO'HO 

63 

-    47 

60a 

Id. 

SO'HO 

49 

+      8 

43o 

Id. 

SO<H,HO 

58 

+        8,8 

1840 

Id. 

C"B' 

,M 

+    ,9 

4600 

Alluord. 

C'H'O' 

390a 

Benhelol. 

C'H'O- 

4b 

+      8,» 

343û 

Id. 

C'H'O' 

60 

-+-     17 

aSoo 

Id. 

C"H' 

7» 

+      4,5 

31.70 

C'H'AiO' 

■  i3 

-1-      3 

374» 

Id. 

C"(PO- 

14 

-.-   4» 

3340 

Id. 

AïO'.KoO 

85 

+  333.5 

55oo 

Perioa. 

AïO'.KO 

-1-  3o6 

4900 

td. 

C»C1,6H0 

.«l.i 

-.-    38,5 

4460 

Id. 

'liO'Na-H.jiîHC 

35S 

-H    36 

33900 

Id. 

S'0->a.5H0 

"' 

+     48 

4:oo 

TreatinaslU. 

auaire  du  Burem 
t  de  ce  TaMeiu 
loncordeni  pas  1 


d,-s  Longitudt, 


-9  des  meaures  calorimij 
lu  Tableau   des  poinis  d 


ii8*  CALORIMÉTRIE. 


CHAPITRE  V. 

ÉVAPORATION.  -  ÉBULLITION. 

Ëvaporalion  dans  une  atmosphère  illimitée. 

Évaporation  des  liquides  surchauffés.  —  Phénomènes  produits  dans 
vases  très  chauds. 

Évaporation  au  sein  d'une  masse  liquide.  —  Ébullition  des  liquides. 
Ébullilion  sous  des  pressions  faibles.  —  Phénomènes  présentés  par 
geysers.  —  Retard  do  Tébullition.  —  Effet  de  Tair  dissous.  ~  Tem] 
rature  de  l'ébullition.  —  Rôle  des  phénomènes  capillaires  dans  l'éb*^ 
lition.  —  Ébullition  des  dissolutions  salines.  —  Ébullition  des  m 
liquides. 


Le  passage  de  Tétat  solide  à  Tétat  liquide  s'accomplit,  poi 
chaque  corps,  à  une  température  caractéristique,  ou  du  moiC^ 
les  variations  de  la  pression  extérieure  n'exercent  sur  ce  pb 
nomène  qu'une  influence  très  faible.  11  n'en  est  pas  de  mènc^ 
pour  le  passage  de  l'état  liquide  à  l'état  gazeux.  Nous  avons  r' 
précédemment  que,  dans  le  vide,  la  vaporisation  des  liquid 
est  immédiate  quelle  que  soit  la  température,  et  se  limite  se 
lemeni  lorsque  la  vapeur  émise  par  le  liquide  a  atteint  u 
certaine  pression,  qu'on  nomme  ssijorce  élastique  mcLcimu 
à  cette  température.  Dans  une  atmosphère  gazeuse,  les  1 
quides  s'évaporent  aussi  à  toute  température,  mais  avec  pi 
de  lenteur,  bien  que  la  force  élastique  maximum  de  la  vape 
soit  la  môme  que  dans  le  vide.  N'ayant  pu  séparer  l'élud 
de  la  dilatation  des  vapeurs  de  celle  de  la  dilatation  des  g 
{voir  I"  fascicule),  nous  avons  acquis  déjà  ces  notions  élémen:^ 
taires,  qu'il  s'agit  maintenant  de  compléter.  Nous  allons  d' 
bord  étudier  avec  détail  les  diverses  circonstances  que  pe 
présenter  le  phénomène  de  l'évaporation. 

ÉVAPORATIOH  DANS  UNE  ATMOSPHÉBE  ILUMITÉL  —  L'évaporali 
des  liquides  s'effectue  exclusivement  par  leur  surface  lib 


ÊVAPORATION.  -  ÉBULLITION.  119* 

vapeur  formée  est  un  fluide  élastique  qui  se  diffuse  dans 
xiosphère  ambiante,  et  de  deux  choses  Tune  :  ou  bien  cette 
osphère  est  limitée,  et  alors  Tévaporation  s'arrête  dès  que 
apeur  a  atteint  sa  force  élastique  maximum;  ou  bien  elle 
illimitée,  et  alors  Tévaporation  est  un  phénomène  continu 
1  il  y  a  lieu  d'étudier  les  circonstances  particulières, 
upposons  d'abord  que  l'atmosphère  illimitée,  contiguê  à  la 
face  libre  du  liquide,  soit  en  repos.  A  mesure  qu'une  nou- 
e  quantité  de  vapeur  se  produit  et  pénètre  dans  la  couche 
r  la  plus  voisine,  cette  couche  cède  une  partie  de  la  vapeur 
elle  contenait  déjà  à  la  couche  immédiatement  supérieure, 
le-ci  à  une  autre,  et  ainsi  de  suite;  le  phénomène  est  bien- 
soumis  à  un  régime  uniforme,  tel  que  chaque  couche  cède 
haque  instant  autant  de  vapeur  qu'elle  en  reçoit, 
^a  vitesse  constante  de  cette  évaporation  dépend  d'une  mul- 
ide  de  circonstances,  à  savoir  :  i^  de  la  quantité  de  vapeur 
Tormément répandue  dans  l'atmosphère  ambiante  ou,  ce  qui 
îcnt  au  même,  de  sa  force  élastique  /;  i""  de  la  force  élas- 
ae  H  de  cet  air;  S^  de  la  température  du  liquide  qui  s'éva- 
'e;  4*  de  la  température  de  l'air  ambiant;  5®  de  la  surface 
iïte  à  l'évaporalion.  11  est  évident  que  les  lois  générales  du 
înomène  ne  peuvent  êlre  que  très  compliquées,  et  que, 
-ir  arriver  à  les  connaître,  il  faut  se  placer  d'abord  dans  les 
*  les  plus  simples  qui  peuvent  s'offrir  à  l'expérimentation, 
-'est  ce  que  fitDalton  (  '  ).  Le  liquide  qu'il  étudiait  était  placé 
i  s  un  vase  plat,  de  surface  assez  large  pour  qu'on  pût  la  con- 
érer  théoriquement  comme  à  peu  près  indéfinie.  Quand 
Ce  condition  est  réalisée,  il  est  évident  que  le  poids  de  va- 
-Mr  formé  par  minute  doit  être  proportionnel  à  la  surface  S 
^rie  à  révaporaiion,  et  c'est  ce  que  Dalton  put  constater  en 
Sant  varier  la  section  des  vases  et  en  déterminant  la  quantité 
rit  leur  poids  avait  varié,  par  suite  de  l'évaporation,  au  bout 
i  ne  même  durée. 

La  formation  de  la  vapeur  est  accompagnée  d'une  absorption 

chaleur  latente;  par  suite,  un  liquide  qui  s'évapore  à  l'air, 

5iuquel  on  ne  fournit  pas  de  chaleur  de  l'extérieur,  se  refroi- 


^)  Dalto!!,  Annales  de  Gilbert ,  l.  XV. 


120*  CALORIMÉTRIE. 

dii  au-dessous  de  la  température  ambiante.  Dalton  opérait  en 
général  à  des  températures  assez  basses  pour  que  cet  abaisse- 
ment de  température  fut  négligeable,  et  alors  on  pouvait  con- 
sidérer Tair  et  le  liquide  comme  étant  à  la  même  température^  9 
à  cette  température  correspond  une  force  élastique  maximuna 
F,  et  Ton  sait  que,  si  la  force  élastique/  delà  vapeur  contenue 
dans  l'atmosphère  ambiante  est  égale  à  F,  il  n*y  a  pas  d'évap(»— 
ration.  Le  poids  P  de  liquide  évaporé  par  seconde  est  donc  uo^ 
fonction  de  la  différence  F—/,  qui  s*annule  pourF— y=o- 
Dans  des  limites  suffisamment  étroites,  P  sera  proportionnel  â 
celte  différence,  et  c'est  ce  qui  eut  lieu  dans  toutes  les  eipé— 
riences  de  Dalton. 

Enfin,  puisque  l'évaporation  se  fait,  dans  le  vide,  avec  une 
excessive  rapidité,  et  qu'elle  est  plus  lente  dans  Tair,  le  poids  P 
est  une  fonction  de  la  pression  H  de  Tair,  variant  en  sens  in- 
verse de  cette  quantité.  Dalton  a  trouvé  qu'elle  varie  en  raison 
inverse  de  H.  Désignant  par  B  une  constante,  qui  peut  a  priori 
dépendre  à  la  fois  de  la  nature  du  liquide  et  de  celle  du  gaz  qui 
forme  atmosphère,  on  peut  résumer  les  diverses  lois  expcri- 
meniales  de  Dalton  par  la  formule 

Ajoutons  que  Dalton,  ayant  opéré  sur  Teau  et  sur  l'alcool 
trouva  pour  B  la  même  valeur;  c'est-à-dire  que,  dans  Tair  sec» 
par  exemple  (  A—  o),  la  viiesso  de  l'évaporation  de  Feau  et  d^ 
l'alcool  à  température  égale  était  proportionnelle  à  la  fofC^ 
élasliciue  maximum  du  liquide  considéré.  En  admettant  cei^^ 
loi,  on  voit  que  les  liquides  les  plus  aisément  évaporables  sa*"* 
ceux  qui  ont  le  point  d'éhullillon  le  plus  bas.  Par  exemple,  *^ 
mercure,  qui  bout  à  Sjo^,  ne  s'évapore  que  très  lentement,  ^ 
l'on  n'a  pu  constater  direclenienl  l'évaporation  de  l'acide  su  f 
furique»  dont  le  point  d'ébullilion  est  à  325*». 

Dalton  avait  opéré  entre  zéro  et  la  température  d'ébullitio  ^ 
normale  des  liciuides  qu'il  employait;  et,  bien  que,  pour  de 
températures  voisines  de  celle  de  Fébullition,  la  températur 
du  li(|uide  soit  certainement  différente  de  celle  de  l'atmosphère 
ambiante, il  a  trouvé  que  la  formule  (i)  continuait  à  s'appliquer-^ 


ÉVAPORATION.  -  ÊBULLITION.  121* 

t  évident  toutefois  que,  si  l'on  s*écarle  par  trop  des  condi- 
.  théoriques,  les  lois  deDalton  doivent  cesser  d'être  exactes. 
i  ce  physicien  a  constaté  que,  dans  Tair  agité,  Tévaporation 
Jus  rapide  que  dans  Tair  sec  :  il  lui  suffît  de  placer  un  vase 
[  d'eau,  tantôt  dans  une  chambre  fermée,  tantôt  sous  le 
leau  d'une  cheminée  où  se  produisait  un  tirage  qu'on  aug- 
tait  encore  en  ouvrant  les  fenêtres.  Ce  résultat  est  facile  à 
prêter;  car,  la  couche  d'air  en  contact  immédiat  avec  le 
de  étant  fréquemment  renouvelée,  il  s'opère,  en  outre  de 
ifTusion,  un  transport  mécanique  de  la  vapeur,  et  celle-ci 
être  fournie  par  le  liquide  en  plus  grande  abondance.  Ce- 
lant, malgré  la  différence  des  conditions,  Dalton  a  trouvé 
la  formule  (i)  s'applique  au  cas  de  l'atmosphère  agitée, 
remplaçant  le  coefficient  fixe  B  par  un  coefficient  B',  qui 
nente,  avec  la  rapidité  du  courant  d'air,  suivant  une  loi 
nnue. 

uand  on  rétrécit  par  trop  la  surface  S  d'évaporation,  la  for- 
B  (i)  n'est  plus  applicable.  M.  Cernez  (  *  )  d'une  part,  M.  Ste- 
[^)  de  l'autre,  ayant  étudié  l'évaporation  des  liquides  dans 
lubes  étroits,  sont  arrivés,  relativement  à  l'influence  du 
lètre,  à  des  lois  différentes,  ce  qui  tient  probablement  à  la 
rence  des  conditions  dans  lesquelles  ils  ont  opéré. 

APORATIOH  DES  LIQUIDES  SURCHAUFFÉS.  —  Quand  on  chauffe 
iquide  volatil  à  une  température  élevée,  en  prenant  toutes 
)récaulîons  nécessaires  pour  l'empêcher  de  bouillir,  Téva- 
lion  est  extrêmement  rapide;  et,  dans  ce  cas,  le  froid  pro- 
esl  suffisant  pour  maintenir  le  liquide  à  une  température 
blemeni  inférieure  à  celle  du  bain-marie,  dans  lequel  on 
iffe  un  tube  qui  le  contient.  Ainsi,  d'après  M.  Gernez  (5), 
»  un  tube  de  o'",oi4  de  diamètre,  chauffé  à  8o<»,  la  tempê- 
te du  sulfure  de  carbone  n'a  pas  dépassé  72°. 
lant  aux  vitesses  d'évaporation,  on  peut  les  mesurer  en 
ïit  sur  le  tube  où  est  contenu  le  liquide  deux  traits  de 


CÎERîîEZ,  Annales  de  Chimie  et  de  Physique,  5*  série,  t.  IV;   1876. 

Stefaîi,  Philosophical  Magazine^  '|'  série,  l.  XLVI  ;  1873. 

Oebxez,  Journal  de  Physique  théorique  et  appliquée,  t.  lïï,  p.  l!\i\  187^1. 


laa'  CALOBIMÈTRIE. 

repère  et  ei  p,  ei  en  déterminant  le  temps  que  met  le  liquidti 
baisser  de  a  en  p.  Ces  vitesses  suivent  encore  la  loi  de  Dallon 
jusqu'à  des  températures  supérîeures'd'au  moins  3o*  à  la  tem- 
pérature normale  d'cbullition,  c'est-à-dire  que  la  vitesse  d'én- 
poration  demeure  toujours  proportionnelle  à  l'excès  F  — H  de 
la  force  élastique  maximum  F  de  vapeur,  sur  la  pression  H, 
égale  à  la  pression  atmosphérique,  qu'exerce  à  la  surface  du 
liquide  la  vapeur  qui  remplit  le  tube. 

A  des  températures  plus  hautes,  les  vitesses  d'évapontiOD 
croissent  moins  vite  que  ne  l'indiquerait  la  loi;  mais  il  lui 
remarquer  que  nous  sommes  bien  loin  des  conditions  théo- 
riques, et  que  de  nombreuses  causes  perturbatrices  inieN 
viennent  ici  pour  masquer  la  loi  du  phénomène. 

raÉBOHËKEs  nuntuns  dus  ua  tues  nis  cbudi  —  QumI 

on  chaulTe  une  capsule  métallique  jusqu'à  une  tempérttore 
très  élevée  et  qu'on  y  projette 
Fie-  11-  quelques  gouttes  d'eau  avecsse 

pipette,  elles  n'entrent  poîntff 
ébuUition;  on  les  voit  se  rto- 
nir  en  un  globule  qui  est  sph*- 
rique  s'il  y  a  peu  d'eau,  etquiesi 
de  plus  en  plus  aplati  quand  on 
en  met  davantage.  L'aspect  O 
la  forme  de  cette  eau  rappelle"' 
ceux  du  mercure  ou  des  liquides 
placés  dans  des  vases  qu'ils  ne 
mouillent  pas. 

L'expérience  se  fait  ordin»^' 
rement  avec  un  éolipyle  B" 
(fig.  Î.7  ).  On  réchauffe  au  moyen 

„  d'une  lampe  CE  et  il  projette  p*^ 

le  tube  BD  un  jet  de  vapeurd'»'' 

cool  qui  s'enflamme  et  qui  est  capable  d'échauffer  jusqu'*" 

rouge  la  capsule  A  que  ion  place  au-dessus. 
Toutes  les  substances  connues  se  comportent  comme  l'e»*^ 

quelle  que  soit  leur  volatilité.  L'acide  sulfureux  et  l'acide  cart»* 

nique  liquides  persistent  eux-mêmes,  sans  bouillir,  au  miii^ 


ÊVAPORATION.  -  ÉBULLITION.  ia3* 

is  qu'on  peut  porter  au  rouge  blanc.  Mais,  s*il  n'y  a 
lition,  il  y  a  toujours  une  évaporation,  comme  on  peut 
kincre  en  remarquant  que,  dans  ces  conditions,  les 
furique  et  azotique  répandent  des  fumées  blanches 
es  vapeurs  violettes,  que  l'alcool  et  l'éther  se  main- 
ntourés  de  flammes,  et  que  le  globule  du  liquide, 
soit,  diminue  peu  à  peu  de  grosseur  jusqu'à  dispa- 
pendant  l'évaporation  est  beaucoup  moins  active 
serait  porté  à  le  supposer  d'après  les  expériences 
es  sur  l'évaporation  des  liquides  surchauffés.  On  s'en 
îïipte  d'après  les  expériences  suivantes  : 
^îgï^y  (*)>  auquel  on  doit  de  très  nombreuses  recher- 
e  sujet  qui  nous  occupe,  plongea  un  thermomètre 
au  sein  du  liquide  contenu  dans  la  capsule.  Bien 
puisse  savoir  si  ce  thermomètre  indique  réellement 
ature  du  liquide,  car  il  est  exposé  de  toutes  parts  à 
nements  qui  doivent  le  suréchauffer,  M.  Boutigny  a 
s  constaté  ce  fait  général,  que  les  liquides  placés 
circonstances  particulières  qui  nous  occupent  s'y 
toujours  à  une  température  plus  basse  que  leur 
ullition. 

cette  époque  M.  Berger  {^)  a  obtenu  des  globules 
plus  d'une  livre;  un  thermomètre  qu'il  promenait 
intérieur  marquait  de  96398°  au  fond,  et  environ  90** 
ît  des  globules. 

Ligny  a  montré  qu'une  goutte  d'eau  introduite  au  sein 
3se  d'acide  sulfureux  liquide,  dans  une  capsule  de 
auffée  au  rouge,  se  congèle  immédiatement.  Faraday, 
it  l'acide  sulfureux  par  l'acide  carbonique  solide  et 
le  mercure,  congela  ce  métal. 
s  diverses  expériences  le  liquide  n'est  pas  en  contact 
roi  chaude.  Il  en  est  séparé  par  une  couche  de  vapeurs 
iathermanes,  et  la  chaleur  qui  les  traverse  suffît  seu- 


.HT,    Annales  de  Chimie   et  de    Physique,    Z*  série,  t.  IX,  p.  35o; 
t.  XXVll,  p.  54,  et  t.  XXVII!,  p.  178.  Foir  aussi  Nouvelle  branche 
,  ou  Éludes  sur  les  corps  à  l*élat  sphéroïdal;  Paris,  1847. 
I,  Annales  de  Poggendorff^  t.  CXIX,  p«  694;  i863. 


m* 


CALORIHËTRIE. 


lement  à  entretenir  l'évaporation  très  modérée  que  nousiTons 
constatée. 

Ces  vapeurs  se  dégagent  irrégulièrement  par  la  Tace  inréiieun 
du  globule,  le  chassent  et  le  promènent  dans  tous  les  sens,  H, 
toutes  les  fois  qu'il  a  une  grosseur  moyenne,  il  demeure  sensi- 
blement fixe;  mais  il  éprouve  des  mouvements  vibratoires  qui 
changent  périodiquement  sa  forme,  et  l'œil  qui  saisit  seolt 
ment  l'enveloppe  des  contours  successifs  lui  attribue  lafignrt 
d'un  polygone  étoile. 

Poggendorfl*  a  constaté  directement  l'intervalle  qui  sépirele 
liquide  du  solide  incandescent  par  une  expérience  de  coon 
très  élégante  {Jig-  28).  Le  courant  d'une  pile  A  de  plusieursêlé- 


Fig.  38. 


menls,  dont  l'un  des  pôles  est  en  relation  par  la  lige  fi6  avec  1^ 
centreduglobule(formé  d'un  liquide  conducteur,  l'eauordinsir* 
|)ar  exemple),  tandis  que  l'autre  pôle  est  rattaché  à  la  cipsu'' 
par  le  fil  iv,  n'est  pas  transmis  a  travers  !a  couche  de  vapeuf 
mauvaise  conductrice.  On  peut  s'en  convaincre  en  interposai' 
dans  le  circuit  soit  un  galvanomètre,  soit  une  sonnerie  élec- 
irique.  Le  courant  ne  commence  à  passer  que  quand  on  laiss* 
refroidir  la  capsule  à  une  lempéralure  assez  basse  pour  que  '* 
liquide  puisse  la  loucher. 

On  peut  aussi  constater  l'existence  de  l'espace  vide  enlf^ 
une  plaque  mclallique  chauffée  au  rouge  et  une  goutte  ^^ 
liquide,  en  plaçant  l'œil  au  niveau  de  la  plaque  et  regardar*^ 
par-dessous  la  goulte,  la  lumière  émise  par  un  objet  brillar*'' 


ÉVAPORATION.  -  ÉBULLITION.  i25* 

une  fenêtre  éclairée  ou  une  flamme.  On  peut  aussi  ré- 
es  expériences  de  M.  Bouligny  dans  une  capsule  percée 
une  toile  métallique,  sans  que  le  liquide  passe  au  travers, 
on  peut  en  quelque  sorte  retourner  les  expériences  qui 
ent  de  la  manière  suivante,  indiquée  aussi  par  M.  Bouti- 
près  avoir  échauffé  jusqu'au  rouge  une  masse  de  cuivre 
idue  à  un  fil  métallique,  on  la  plonge  subitement  dans  un 
e  verre  contenant  de  Teau  à  gcf  environ.  Il  n'y  a  point 
ition,  et  Ton  voit  distinctement  une  enveloppe  gazeuse 
e  métal  et  le  liquide  :  cet  état  de  choses  persiste  tant  que 
îre  n'est  pas  refroidie  jusqu'à  i4o°;mais,  ausisilôt  qu'elle 
à  ce  point,  le  contact  se  rétablit  et  Tébullition  se  fait  tout 
avec  une  explosion  si  vive  que  le  vase  est  souvent  brisé, 
ste  à  expliquer  pourquoi  les  liquides  ne  inouillent  pas 
ois  chaudes.  Nous  avons  affaire  ici  à  un  phénomène  ca- 
î.  M.  Wolf  (  *  )  a  montré  que,  si  la  température  s'élève  pro- 
ement,  l'ascension  de  l'eau  dans  les  tubes  capillaires 
le,  d'où  il  suit  qu'elle  doit  devenir  nulle  et  se  changer 
3  en  dépression.  Par  conséquent,  le  ménisque  terminal, 
1  concave,  devient  ensuite  convexe,  comme  pour  le  mer- 
ci les  liquides  cessent  de  mouiller  les  vases  quand 
i  sont  suffisamment  échauffés. 

s  avons  maintenant  la  clef  de  ces  phénomènes,  elle  lec- 
expliquera  sans  peine  les  expériences  suivantes,  que 
ous  bornons  à  signaler. 

îs  avoir  mouillé  sa  main  avec  de  l'éther,  on  peut  la  plon- 
is  du  plomb  fondu  et  n'éprouver  qu'une  sensation  de 
3n  peut  même,  sans  courir  aucun  danger  de  plus,  pas- 
ioigt  à  travers  un  jet  de  fonte  de  fer  ou  le  tremper  dans 
n  d'argent  en  fusion,  pourvu  qu'on  l'ait  préservé  en  le 
mt  avec  de  l'acide  sulfureux,  et  à  la  condition  de  ne  pas 
ger  l'immersion  au  delà  du  temps  nécessaire  pour  l'éva- 
•n  de  ce  liquide. 

id  une  chaudière  à  vapeur  a  été  alimentée  pendant 
nps  avec  de  l'eau  ordinaire  ou  de  l'eau  de  mer,  et  qu'il 
îposé  à  l'intérieur  une  couche  terreuse  épaisse  et  peu 


OLF,  yinnales  de  Chimie  et  de  Physique  y  3*  série,  t.  XLIX,  p.  23o;  iSS*;. 


ia6*  CALORIMÉTRIE. 

conductrice  de  la  chaleur,  les  parois  métalliques  do 
ctiaufTées  presque  jusqu'au  rouge  pour  que  la  vapf 
se  former,  et  si  ie  dépôt  vient  à  se  briser,  l'eau  se 
contact  avec  du  Ter  surchat 
*^'B' '9'  les  phénomènes  que  nous  VI 

ludier  se  produisent,  la  qi 
vapeur  produite  diminue; 
danger  d'explosion  est  immi 
lorsque  la  chaudière  se  refn. 
qu'à  140°,  une  ébullition  in 
se  développera,  et  avec 
énergie  que  les  issues  de  s 
viendront  insuffisantes.  Pou 
I  cet  effet,  autant  qu'on  peut  1< 
une  expérience  inofTensive, 
gny  a  fait  construire  une  pe 
dière  qu'on  chauffe  par  u 
{fig.  2g}.  Quand  elle  est  ar 
300°  ou  4°o'»  on  y  verse  d( 
n'y  bout  pas,  on  la  ferme  avec  un  bouchon  qu'on  a 
lemenl  et  on  laisse  refroidir.  A  i4o°,  l'ébullillon 
instantanément  une  grande  masse  de  vapeur,  et  l« 
est  projeté. 

ÉBULUTION. 
ÉTAFOEATIOI  AU  SEIH  D'UME  MUSE  UODIDIl.  —  Introd 
sein  d'  unemasse  liquide  une  bulle  d'nîrdont  le  volui 
pas  trop  petit.  L'évaporation  du  liquide  s'effeciuera 
la  surface  de  cette  butle  d'air,  jusqu'à  ce  que  la  vap 
leini  à  son  intérieur  la  force  élastique  maximum  c 
dant  à  la  température  ei  aux  conditions  de  l'expé: 
bulle  augmentera  de  volume,  et  la  poussée  qu'elle  é 
la  part  du  liquide  ambiant  pourra  devenir  suffisant 
détacher  du  solide  auquel  elle  adhère.  Elle  viendra  al 
à  la  surface  du  liquide. 

La_//g".  3o  représente  cette  expérience  sous  la  fom 
a  donnée  M.  Gernez  (')  :  une  petite  cloche  située  à  1 


f)G« 


Fe  Chimie 


■  ,1e  Phj>ij«, 


ÉVAPORATION.  -  ÉBULLfTION. 


12 


p.* 


Fig.  3o. 


me  longue  tige  de  verre  contient  une  bulle  d'air  et  plonge 
milieu  d'une  masse  liquide  que  Ton  échauffe  progressive- 
ni.  La  bulle  augmente  de  volume  jusqu'à  remplir  entière- 
nt  la  cloche»  puis  elle  déborde»  se  rompt,  et 
petite  bulle  rendue  libre  se  dégage  :  une 
ixième  lui  succède  et  ainsi  de  suite.  Une  bulle 
lîr  dont  le  volume  primitif  était  de  i""**  peut 
isi  entretenir  pendant  vingt  «quatre  heures  le 
gagement  de  vapeur  et  produire  plus  de  5ooooo 
lUes  de  5^^  de  diamètre  sans  qu'aucune  autre 
ille  se  soit  produite  en  tout  autre  point  de  la 
iroi  du  vase. 

Si  rbn  fait  abstraction  de  la  pression  1res 
Ible  que  conserve  dans  chaque  bulle  la  minime 
lantité  d'air  qu'elle  entraîne,  et  de  la  pression 
pillaire,  la  force  élastique  de  la  vapeur  au  sein 
^  chaque  bulle  est  égale  à  la  pression  exté- 
^ure.  Au  voisinage  de  la  surface  libre  du  li- 
lide,  elle  ne  difffère  pas  d'une  quantité  appré- 
aible  de  la  pression  atmosphérique  H. 

tlULLinOH  DES  uauiDES.  —  Le  phénomène  d'ébullition  artifi- 
elle  que  nous  venons  d'étudier  se  produit  spontanément  dans 
cas  où  Ton  chauffe  un  liquide  dans  un  vase  dont  les  parois 
ont  pas  été  absolument  débarrassées  de  toute  trace  de  gaz, 
»f  les  procédés  que  nous  indiquerons  plus  loin.  On  observe 
ors  que  le  liquide  commence  à  bouillir  à  une  température 
"^c,  qui  est  celle  pour  laquelle  la  force  élastique  maximum  F 
î  la  vapeur  est  égale  à  la  pression  H  de  l'atmosphère.  Pour 
-au  par  exemple,  celte  température  est  de  loo*»,  sous  la  pres- 
on  de  760"*". 

On  remarque  que  les  bulles  de  vapeur  se  forment  en  certains 
>ints  du  vase,  toujours  les  mêmes,  et  qu'elles  grossissent,  en 
'levant  à  travers  la  masse  du  liquide,  comme  cela  avait  lieu 
ssi  dans  l'expérience  de  l'ébulliiion  arlificielle.  Chaque  point 
Vase  où  préexistait  une  bulle  d'air  devient  alors,  au  sein 
liquide,  un  centre  d'évaporation  absolument  comparable  à 
cloche  de  l'expérience  de  M.  Cernez. 


iî8*  CALORIMÊTRIE.  ' 

Non  seulement  rébullîtibn  commence  à  se  produire  à  une 
température  fixe,  mais,  pendant  qu^elle  se  continue,  la  tempé- 
rature demeure  constante.  En  effet,  ractivllé  de  révaporaiion 
dont  chaque  bulle  est  le  siège  est  réglée  par  la  quantité  de 
chaleur  reçue  du  foyer,  de  telle  sorte  que  le  liquide  perde  à 
chaque  instant,  par  son  évaporation,  une  quantité  de  chaleur 
exactement  égale  à  celle  qu'il  reçoit.  Nous  trouvons  ainsi  pour 
rébullition  les  deux  lois  suivantes  : 

I*  Sous  une  pression  constante  H,  rébullition  commence 
à  se  produire  à  une  température  telle,  que  la  force  élastique 
maximum  F  de  la  vapeur  soit  égale  à  la  pression  H  sup- 
portée par  le  liquide, 

2®  Tant  que  la  pression  ne  change  pas,  la  température 
d'ébullition  demeure  invariable. 

Ces  lois  sont  identiques  à  celles  que  nous  a  présentées  le 
phénomène  de  la  fusion. 

ÉBULUnON  SOUS  DES  PBESSIONS  FAIBLES.  —  D'après  Texplication 
précédente  du  phénomène  de  rébullition,  la  température  à 
laquelle  elle  se  produit  doit  monter  ou  baisser  suivant  que  U 
pression  augmente  ou  diminue  (*).  On  le  démontre  commeil 
suit  : 

Une  cornue  tubulée  {Jig*  3i),  contenant  de  Teau  el  munie 
d'un  ihermomclre  A,  est  mise  en  communication  par  son  col, 
d'abord  avec  un  tube  entouré  d'un  réfrigérant  B,  ensuite  avec 
un  ballon  dans  lequel  plonge  la  cuvette  d'un  baromètre  C.  tn 
tube  D,  que  Ton  met  en  rapport  avec  la  machine  pneumatique' 
permet  de  faire  un  vide  partiel   dans  l'appareil.   Quand  on 
chauffe  la  cornue,  rébullition  se  fait  à  une  température  q^^ 
l'on  mesure  par  le  thermomètre  A,  sous  une  pression  qui  ^^^ 
donnée  par  le  baromètre  C  et  qui  demeure  constante,  puisq^^ 
la  vapeur  se  condense  dans  le  tube  B.  On  remarque  alors  q^ 
l'eau  bout  : 


(•)  La  première  observation  de  l'abaissement  de  la  température  d'ébuUit  ^ 
avec  la  pression  parait  due  à  Papin,  inventeur  du  marteau  d'eau  (Nouvt^ 
expériences  du  imide^  Paris,  1G74)  ;  il  montra  que,  dans  cet  appareil,  Tébullil^ 
de  Teau  se  produit  à  très  basse  température. 


ÉVAPORATION.  —  ÉBULLITION.  129* 

•atures      o^         lo*»,         20**,         50",  60°,        100**. 

issions  4""*,56,  9""",i4,  i7"°,36,  9i"°,97,   MS^^jSS,  76o'»» 

»nc  que  Teau  peut  bouillir  à  toutes  les  températures 

entre  zéro  et  100*;  et,  en  répétant  la  même  expé- 

c  d'autres  liquides,  on  trouve  en  général  :  i'*  que  le 

ullition  change  avec  la  pression  ;  2^  que,  sous  une 

Fig.  3i. 


léterminée  etconslanie,  il  est  fixe;  3°  que  la  tempé- 
neure  invariable  pendant  tout  le  temps  que  l'ébulli- 
On  en  conclut  que  l'ébullition  est  accompagnée 
arption  de  chaleur  latente. 

onlre  dans  les  cours  cette  variation  du  point  d'ébulli- 
ine  expérience  beaucoup  plus  simple  due  à  Fran- 
^n  fait  bouillir  de  Teau  dans  un  ballon  à  long  col  assez 
)  et  assez  rapidement  pour  que  les  vapeurs  puissent 


.IN,  Lettres  pfiilosophirjueSf  LX'  lettre  :  rite  par  de  Saussure,  Essai 
%élrie,  Ess.  111,  §  180.  Franklin  échaufTait  à  la  main  Tune  des  boules 
il  formé  d'un  tube  vide  d'air,  muni  d'une  boule  à  chaque  bout  et 
n  mélange  d'eau  et  d'alcool.  Le  liquide  était  chassé  de  la  boule 
la  pression  de  la  vapeur  d'eau  formée,  et  bientôt  des  bulles  de  va- 
igeaient,  à  travers  la  masse  du  liquide,  au  sein  de  la  boule  froide. 
Calo  rimé  Crie.  —  11.  2*  fasc  g' 


■  3o*  CALORlMËTRie. 

balayer  l'air  que  conlîenl  l'appareil;  puis,  après  l'avoir  bouché, 
on  le  retourne  dans  un  vase  plein  d'eau  {fig.  Sa).  De  celle 
façon,  l'air  ne  pourra  poim 
rentrer;  l'eau  sera  contenue 
dans  un  vase  où  elle  ne  subira 
d'autre  pression  que  celle  de 
la  vapeur  qui  lui  est  superpe- 
sée; elle  cessera  de  bouillir 
et,  peu  à  peu,  elle  se  refroi- 
dira jusqu'à  la  température 
ambiante.  Si,  pendant  ce  re- 
froidissement, on  vient  a  pla- 
cer des  fragments  de  glacesur 
le  sommet  du  ballon,  on  cob- 
densera  la  vapeur,  on  dimi- 
nuera la  pression  et  l'on  vern 
l'ébullition  se  reproduire  à 
toute  température.  On  peul 
aussi,  suivant  l'indication  de 
M.  Gernez(<  ),  boucher  le  bal- 
lon, dont  on  aura  chassé  l'air 
par  une  ébullition  prolongéd 
à  l'aide  d'un  bouchon  main- 
tenant une  petite  cloche  semblable  à  celle  de  \afig.  3o.  L^J 
bulles  de  vapeur  continuent  à  s'échapper  de  la  petite  cloche 
jusqu'à  une  température  voisine  de  la  température  ordinaire. 

ÉBDLLinOH  son  DES  PBE88I0R8  tUVÏES.  —  On  peut  démontrer, 
avec  un  appareil  analogue  à  celui  de  la  Jig.  3 1 ,  que  le  poin' 
d'ébullition  monte  en  même  temps  que  la  pression,  en  coInp^^ 
mant  l'air  intérieur  par  le  tube  D  au  lieu  de  faire  le  vide.  0" 
trouve  alors  que  si  les  pressions  sont  égales  à 
^60°"",  1075'"",  149""", 28, 
les  températures  d'ébullition  deviennent 


(')  Gmnei,  Annatei  de  Chimie  cl  de  Phyiique,  5- lérie,  I.  IV,  p.3-i;  i^^- 


ÉVAPORATION.  -  ÉBULLITION.  i3i' 

mais,  si  le  point  d'ébulliiion  s'élève  avec  la  pression,  il, de- 
meure 0xe  quand  elle  reste  constante  ;  la  température  est  sla- 
lionnaire  pendant  toute  la  durée  de  l'ébuilition,  el  toute  la 
chaleur  cédée  par  le  foyer  est  absorbée  par  la  vaporisation. 

UBIOTE  DE  PIFDI  (  '  ).  —  Comme  conséquence  de  ces  Tails,  il 
sera  possible  d'élever  la  température  de  l'eau  au-dessus  de 
lOD*,  ei  en  général  de  tous  les  liquides  au-dessus  de  leur  point 


d'ébullition,  si  on  tes  enferme  duns  des  vases  résistants. [La 
marmite  de  Papin  réalise  ce  résultat.  Elle  se  compose  d'un 
cylindre  en  laiton  très  épais,  fermé  par  un  couvercle  main- 
lenu  par  une  forte  vis  de  pression  {Ji^.  33).  Ce  couvercle  est 
percé  d'un  petit  trou  A  par  où  la  vapeur  pourrait  s'échapper  si 
un  levier  de  sûreté  CB  chargé  d'un  poids  P  ne  fermait  son  ori- 
fice. Quand  on  chauiïe  l'eau,  la  vapeur  se  forme  peu  à  peu  et. 
remplissant  la  chaudière,  elle  y  exerce  une  pression  qui  aug- 

(')  PiPH,  A  neiv  Jlgeilor:  Loiiduri,  i6^r  cl  iGS^.  la  manière  d'amollir  li-< 


i32*  CALORIMÉTRIE. 

mente  progressivement  jusqu'à  faire  équilibre  à  Teffort  exercé 
par  le  levier  de  sûreté.  A  partir  de  ce  moment,  la  pression 
n'augmente  plus  ;  chaque  fois  qu'elle  lend  à  s'élever,  la  vapeur 
soulève  la  soupape  et  s'échappe;  chaque  fois  qu'elle  diminue, 
Torifice  se  ferme.  Alors  l'ébullition  se  fait  régulièrement  à  une 
température  constante  et  d'autant  plus  haute  que  le  levier  esi 
plus  chargé;  quand  on  enlève  brusquement  cette  soupape, un 
jet  de  vapeur  s'échappe  bruyamment  dans  l'air  et  l'on  observe 
à  ce  moment  deux  phénomènes  sur  lesquels  il  faut  insister. 
Le  premier,  c'est  qu'on  peut  impunément  plonger  la  main  dans 
le  jet  que  l'on  trouve  d'abord  à  une  température  très  basse, 
mais  qui  s'échauffe  progressivement  jusqu'à  ioo«  à  mesure 
qu'il  se  ralentit;  le  second,  c'est  que  la  température  de  la 
chaudière,  qui  était  à  l'origine  à  120®  ou  i3o®,  baisse  très  rapi- 
dement jusqu'à  100*.  Ces  deux  faits  nous  montrent  que  la  va- 
peur, en  se  formant  et  en  se  dilatant,  absorbe  de  la  chaleur  la- 
tente, puisqu'elle  se  refroidit  en  s'échappant  et  qu'elle  refroidii 
également  la  chaudière. 

PHÉNOMÊHES  PRÉSENTÉS  PAR  I£S  ftCTSEBS.  —  L'expérience  sui- 
vante, due  à  M.  Tyndall(*),  offre  une  curieuse  conséquence 
de  la  variation  de  la  température  d'ébullition  avec  la  pression. 
Un  tube  E  de  2"™  de  haut  et  suffisamment  étroit  {Jig.  34)esi 
rempli  d'eau  chaude  et  surmonté  d'un  bassin  CD.  On  le  chauffe 
par  le  bas  à  Taide  d'un  fourneau  B.  La  température  nécessaire 
pour  provoquer  l'ébullition  en  B  est  supérieure  à  100°,  puisque 
la  pression  en  ce  point  est  d'environ  i**"*,  2;  comme  d'ailleurs 
là  chaleur  est  fournie  par  le  bas  et  que  le  refroidissement  ne 
peut  s'opérer  que  par  la  surface  libre  du  bassin  CD,  la  distri- 
bution des  températures  dans  la  colonne  liquide  doit  être  dé- 
croissante de  bas  en  haut.  C'est  ce  qu'on  pourrait  aisément 
vérifier  par  l'expérience. 

Dès  que  la  température  d'ébullition  en  B  est  atteinte,  une 
bulle  de  vapeur  se  forme  et  soulève  le  liquide  :  l'équilibre  est 
brusquement  rompu  dans  toute  la  colonne,  et  la  température 


(')  Tysidall,  La  chaleur  considérce  comme  un  mode  de  mouvement^  a»  édil- 
p.  ia/|. 


ÉVAPORATION.  —  ÉBULLITION. 


i33' 


liaque  goulte  d'eau  se  trouve  supérieure  à  la  lempéraiure 
ulliUon  normale  à  la  hauleur  où  elle  se  trouve  aciuellemeuL 
îe.  Il  en  résulte  une  production  de  vapeur  si  abondante 
la  majeure  partie  du  liquide  du  lube  est  projetée  à  l'exié- 

KiB.  34. 


■,  ei  forme  un  jet  d'eau  bouillante  qui  retombe  dans  le 
in.  L'eau  plus  froide  de  celui-ci  rentre  dans  le  lube,  ei 
illition  cesse  brusquement  pour  recommencer  peu  <te 
»s  après,  entraînant  une  éruption  nouvelle, 
tle  expérience  a  été  imaginée  à  l'imitation  des  phénomènes 
ie  produisent  réellement  à  l'intérieur  des  geysers  de  Ils- 


i34* 


CALORIMÊTRIE. 


lande.  M.  Bunsen  (*)  a  étudié  ces  singuliers  puits  naturels 
avec  le  plus  grand  soin  et  a  eu  Theureuse  fortune  de  pouvoir 
opérer,  peu  de  temps  avant  une  éruption,  un  sondage  thermo- 
métrique  sur  lequel  il  a  établi  sa  théorie  des  geysers.  Ce  son- 
dage avait  montré  dans  la  distribution  des  températures  un 
accident  local,  celui  d'un  maximum  relatif  de  température  en 
un  certain  point  plus  voisin  du  fond  du  puits  naturel  du  geyser 
que  de  sa  surface.  Voulant  reproduire  jusqu'aux  moindres 
détails,  dans  sa  démonstration  expérimentale,  M.  Tyndall  a  cru 
devoir  ajouter  à  son  appareil  le  fourneau  F  destiné  à  imiter  le 
maximum  de  température  accidentel. 

BETABD  DE  L'ÉBULLITION.  —  La  théorie  élémentaire  de  Tébul- 
lition  que  nous  avons  indiquée  a  été  proposée  pour  la  première 
fois  par  de  Luc  (2),  et  établie  définitivement  parles  expé- 
riences de  M.  Gernez  (').  Pour  expliquer  la  formation  des 
bulles  de  vapeur,  cette  théorie  fait  intervenir  la  présence  d'une 
bulle  d'air  dans  laquelle  s'effectue  l'évaporation.  Voici  com- 
ment M.  Gernez  a  démontré  la  nécessité  de  la  présence  de 
cette  bulle. 

A  l'aide  d'une  cloche  inclinée,  bien  purgée  d'air  {fig.  35),il 

Fig.  35. 


saisit  au  passage  une  bulle  de  vapeur.  Celle-ci  va  se  logera  la 
partie  supérieure  de  la  cloche,  et  devient  aussitôt  un  centre 


(')  Bunsen  (voir  Tyndall,  La  Chaleur,  2«  édit.,  p.  122);  Annales  de  Pof;- 
ffcndorjf,  t.  LXXII,  p.  iSg;  i8't7.  (Entrait  d'une  relation  de  son  voyage  en 
Islande  en  iS^jô.) 

(')  De  Luc,  Recherches  sur  les  modifications  de  l'atmosphhrey  1*  édit.,  t.  iVt 
p.   iog. 

(*)  Gernez,  Annales  de  Chimie  et  de  Physique^  5*  série,  t.  IV,  p.  335;  187^- 


ÉVAPORATION.  —  ÉBULLITION.  i35* 

ivaporation  et  le  point  de  départ  d'un  nombre  indéfini  de 
lies.  Si  l'on  cesse  de  chauffer,  Tébullition  ne  tarde  pas  à 
rrêter  et  Ton  constate,  au  sommet  de  la  cloche,  la  présence 
me  très  petite  bulle  d'air. 

3n  conçoit  d'après  cela  que,  si  Ton  prend  les  précautions  les 
is  minutieuses  pour  éviter  la  présence  de  bulles  d'air  au  sein 

liquide  que  l'on  chauffe,  l'ébullition  cessera  de  se  produire 
a  température  dite  normale. 

Les  retards  de  l'ébullition  constituent  un  phénomène  connu 
puis  longtemps  des  physiciens.  Tandis  que  l'eau  bout,  en 
fierai,  à  loo**  dans  un  vase  métallique,  elle  n'entre  jamais 

ébullition  à  cette  température  dans  un  vase  de  verre.  Par 
emple,  Marcet(*)  a  obtenu  l'ébullition  de  l'eau  à  io5°,  en 
çant  à  l'acide  sulfurique  le  ballon  de  verre  qui  servait  à  ses 
périences.  D'autres  physiciens  ont  observé  un  retard  de  l'é- 
llitîon  bien  plus  considérable.  Nous  citerons  plus  particu- 
rement  les  expériences  classiques  de  DonnyO.et  de  M.  Du- 

»r(»). 

Oonny  introduit  de  l'eau  dans  un  tube  analogue  au  marteau 

au  (y?g".  36),  et  dont  les  parois  intérieures  sont  bien  déca- 

ss  par  un  lavage  à  l'acide 

Ifurique.  En  faisant  bouillir 

lu  pendant  longtemps,  on 

purge  de  gaz  et  l'on  chasse 

ir   par  l'extrémité    B,   que 

n  ferme  ensuite  à  la  lampe 

;mailleur.  L'extrémité  A  est 

►rs  chauffée  dans  un  bain  de  glycérine,  et  la  température 

lève  jusqu'à  iSy**,  sans  qu'on  observe  autre  chose  qu'une 

iporation  active,  sans  ébullition.  Mais  à  137"  il  y  a  rupture 

jsque  de  la  colonne  liquide;  une  partie  est  projetée  dans 

.  boules  B,  et  l'explosion  peut  briser  le  tube. 


•  )  MarceV,  Sur  quelques  circonstances  qui  injluent  sur  la  température  du  point 
buUiiion  des  liquides  {Bibliothèque  universelle,  t.  XXXVHI,  p.  388;  \%\l). 
*)  Do!«îiY,  Cohésion  des  liquides  et  leur  adhérence  aux  corps  solitles  [Annales 
Chimie  et  de  Physique,  3'  série,  l.  XVI,  p.  167;  i844)« 
')  Dlfocr,  Recherches  sur  l'ébullition  des  liquides  {Archives  des  Sciences 
'siques  et  naturelles,  t.  XII,  p.  a  10;  1861). 


i36*  CALORIMÉTRIE. 

Ces  phénomènes  prouvent  que  les  bulles  de  vapeur  qui  pro- 
duisent rébullition  ne  se  forment  qu'à  une  température  1res 
élevée  au  contact  d*un  verre  bien  décapé.  De  Luc  (*)élaii 
autrefois  parvenu  à  surchauffer  de  Teau  au  sein  d'une  masse 
d'huile,  à  la  température  de  i4o'',  sans  produire  rébullition. 
M.  L.  Dufour  a  réalisé,  d'une  manière  plus  complète,  une  ex- 
périence identique  en  principe  à  celle  de  de  Luc.  Un  mélange 
d'huile  de  lin  de  densité  0,98,  et  d'essence  de  girofle  de  den- 
sité i,o5,  en  proportions  telles  que  la  densité  moyenne  soit 
celle  de  l'eau  vers  ioo<>,  est  chauffé  uniformément  par  une 
gaine  d'air  chaud  jusqu'à  i^io".  Alors  on  y  laisse  tomber  une 
goutte  d'eau  qui,  étant  plus  lourde  parce  qu'elle  est  froide,  va 
au  fond,  où  elle  se  réduit  en  vapeur  et  en  gouttelettes  qui  re- 
montent dans  le  bain  d'huile.  Or  on  trouve  qu'elles  s  y  main- 
tiennent en  équilibre  à  l'état  liquide  et  sans  bouillir  à  destem- 
pératures qu'on  peut  élever  progressivement  jusqu'à  178',  et 
peut-être  même  jusqu'à  txoo®. 

On  sait  que  la  température  d'ébullition  d'un  liquide  s'abaisse 
quand  sa  pression  diminue.  Or  M.  Dufour  a  pu  abaisser  la 
pression  jusqu'à  i5o"*"»dans  un  vase  contenant  de  l'eau  acidu- 
lée chauffée  à  75*».  Sous  cette  pression,  la  température  d'ébul- 
lition de  ce  liquide  est  de  60*»;  c'est  donc  comme  si  l'on  avait 
surélevé  de  6o<»  à  75",  sans  déterminer  l'ébullilion,  la  tempéra- 
ture d'un  liquide  bouillant  à  6o<»  dans  les  circonstances  de  l'ex- 
périence. Ce  qui  nous  reste  à  dire  ajoute  un  intérêt  de  plus  à 
l'expérience  :  c'est  qu'en  dégageant  subitement  des  gaz  au  sein 
de  l'eau,  par  un  courant  électrique  qui  passe  entre  deux  pointes 
de  platine,  on  détermine  tout  à  coup  l'ébullilion  du  liquide. 

Pour  réaliser  facilement  des  expériences  de  surchauffe, 
M.  Cernez  recommande  le  procédé  suivant  :  «  On  prend  un 
tube  cylindrique  fermé,  et  on  le  laisse  séjourner  pendant  vingt- 
quatre  heures  dans  une  lessive  de  potasse;  on  laisse  égoutier, 
puis  on  fait  passer  par  aspiration  de  l'eau  distillée  bouillante 
jusqu'à  ce  que  toute  la  potasse  adhérente  ail  été  entraînée,  ce 
qui  arrive  après  quinze  ou  vingt  lavages;  on  laisse  égoutteret 
on  lave  à  l'alcool  absolu  chaud,  pour  faciUter  la  dessiccation  du 

(')  De  Luc,  Introduction  à  la  Phjrsiqtte  terrestre,  p.  gS.   Paris,  i8o3. 


ÉVAPORATION.  -  ÉBULLITION.  iS;* 

>e;  enfin  on  chauffe  le  tube  au  rouge  sombre  dans  la  flamme 
gaz,  et  Ton  s'en  sert  pour  obtenir  des  tubes  plus  courts  que 
n  ferme  à  la  lampe  et  que  Ton  conserve  à  Tabri  des  pous- 
res  atmosphériques.  De  plus,  il  est  nécessaire  de  s'assurer 
préalable  que  le  liquide  ne  contient  pas  de  parcelles  so- 
es;  on  peut  les  éliminer  soit  en  filtrant  le  liquide,  soit  en  le 
»Ullant  de  nouveau,  et  en  le  recueillant  dans  des  vases  par- 
tement  nettoyés.  La  manière  d'introduire  le  liquide  dans  les 
bes  n'est  pas  indifférente  :  il  convient  de  le  faire  arriver  par 
bas  au  moyen  d'un  large  entonnoir^  ou,  plus  simplement, 
i  le  versant  le  long  de  la  paroi^  de  manière  qu'il  glisse  au 
nd  sans  emprisonner  l'air  des  tubes.  Enfin,  il  est  indispen- 
ible  de  chauffer  les  tubes  au  bain-marie  :  le  chauffage  à  nu 
'ésente  en  effet  le  grave  inconvénient  de  pouvoir  porter  les 
luides  par  points  à  une  température  supérieure  à  celle  qu'ils 
auvent  supporter.  Dans  ces  conditions,  des  liquides  qui,  à  feu 
u,  entrent  très  facilement  en  ébullition,  tels  que  l'espril-de- 
>is  ou  le  sulfure  de  carbone,  supportent  sans  bouillir  la  tem- 
îraiure  de  loo**,  bien  qu'à  cette  température  la  force  élastique 
î  l'esprit-de-bois  soit  de  3**™,i6,  et  celle  du  sulfure  de  car- 
>ne  de  4"™,  ^7.  » 

Quand  un  liquide  est  surchauffé,  il  suffit  d'y  introduire  un 
12  sous  une  forme  quelconque  pour  que  l'ébullition  se  mani- 
sie  aussitôt  d'une  manière  tumultueuse.  C'est  en  quelque 
•ne  le  germe  indispensable,  remplaçant  le  petit  corps  solide 
li  provoque  la  solidification  d'un  corps  surfondu.  M.  Gernez 
Iroduit,  à  l'aide  d'une  petite  cloche  inclinée,  une  bulle  d'air 
iperceptible  au  sein  d'une  masse  de  liquide  surchauffé.  Si  l'on 
lit  alors  des  yeux  une  bulle  qui  se  dégage  de  la  cloche,  on  la 
'il  grossir  d'une  manière  monstrueuse,  à  mesure  qu'elle  s'é- 
ve,  et  atteindre  jusqu'à  8000  fois  son  volume  initial  avant 
arriver  à  la  surface  libre.  Chaque  bulle  qui  se  dégage  est  ac- 
mpagnée  d'un  violent  soubresaut. 

ACnOH  DES  GOBFS  SOLIDES.  —  Pour  provoquer  l'ébullition  tu- 
iltueuse  d'un  liquide  surchauffé,  il  suffit  d'y  introduire  un 
rps  solide  non  purgé  d'air,  tel  que  fils  de  platine,  limaille 
Hallique,  etc.  Ces  corps  agissent  en  introduisant  au  sein  du 

y 


■  38*  CALOEIIMËTBIE. 

liquide  l'air  nécessaire  à  l'ébullilion.  Pour  leur  faire  perdre  leur 
activité,  il  suffit,  d'après  M.  Gernez,  de  les  maintenir  pendam 
quelque  temps  dans  l'eau  en  ébullilïon,  de  laisser  ensuiiel) 
température  s'abaisser  jusqu'à  ce  que  l'ébullilion  cesse,  et  de 
chaufTer  de  nouveau,  de  manière  à  produire  un  certain  nombre 
d'alternatives.  Dans  ces  conditions,  les  Ûls  de  platine  et  les 
corps  poreux,  tels  que  mousse  de  platine,  charbon,  etc.,  pet- 
dent  tout  pouvoir  de  provoquer  l'ébullition.  M.  Gemez  a  eié- 
cuté  à  cet  égard  les  expériences  les  plus  variées  ei  levé  tous 
les  doutes.  Il  a  ainsi  mis  à  néant  l'ancienne  théorie  d'une 
action  propre  de§  corps  solides,  habilement  défendue  pir 
M.  Tomlinson  (•). 
EFFET  DE  L'âlB  DISSOUS.  —  Pour  que  l'ébullition  se  produise, 


Flg.  37. 


il  faut  la   présence  effective   de  l'air  iibre.  Ainsi  on  pourra, 


(■)  TOIÉLISBOS,  Hiilorical  note,  on  lo, 
hoiliag  oflijiiidi  {Pkllalophirat  M.ijjaiint 
ihe  jorntatiou  of  baUU-  of  gaz  and  0/  v. 
p.  1104). 


nomma  conneclrd  »illi  "' 
io.  l.  XXXVII,  p.  ,6t};0" 
n  HquiA  {liifl..  1.  XXXïll'i 


ÉVAPORATION.  —  ÊBDLLITION.  189* 

is  provoquer  rébuinUon;  surchauffer  de  l'eau  contenant  de 
r  dissous  jusqu'à  ce  que  la  solution  sursaturée  dégage  le 
:  qu'elle  contient  ;  alors  seulement  le  gaz  devenu  libre  pro- 
|ue  rébullition. 

^es  actions  mécaniques  qui  peuvent  faire  dégager  les  gaz 
leur  solution  sursaturée  produisent  aussi,  par  contre-coup, 
mllition  des  liquides;  mais,  d'après  M.  Gernez,  seulement 
ne  manière  indirecte.  Par  exemple,  en  frottant  {fig.  37)  un 
on  de  verre  dans  une  petite  cloche,  au  milieu  de  la  masse 
lide,  on  provoque  le  dégagement  du  gaz,  et  rébullition  en 
la  conséquence  immédiate. 

nPÉRATUBE  DE  L'ÉBULLmOH.  —  Ainsi  rébullition,  possible 
artir  d'une  certaine  température,  peut  ne  commencer  à  se 
►duire  qu'à  une  température  beaucoup  plus  élevée,  et  l'on 
pu  déterminer  expérimentalement  la  limite  supérieure  au 
à  de  laquelle  elle  ne  saurait  être  retardée  (  *  ). 
Jne  fois  rébullition  provoquée,  la  température  du  liquide 
sse.  Si  l'espace  offert  à  Tévaporation  intérieure  est  indéfî- 
lent  grand,  comme  quand  on  projette  en  abondance  une 
issière  métallique  dans  le  liquide  surchauffé,  l'abaissement 
température  est  presque  subit,  et  l'équilibre  entre  la  cha- 
r  reçue  et  la  chaleur  dépensée  ne  peut  s'établir  qu'au  voisi- 
[e  extrême  de  la  température  minimum  d'ébullition.  Il  n'en 
pas  de  même  quand  la  vapeur  ne  peut  se  former  qu'en  un 
5  petit  nombre  de  points  ;  car  il  faut  alors,  pour  qu'il  y  ait 
ûlibre,  que  l'évaporation  en  ces  points  soit  très  rapide,  ce 
ne  peut  avoir  lieu  qu'à  une  température  élevée.  Ainsi  s'ex- 
|ue  le  fait  connu  que,  dans  des  vases  de  verre  nettoyés  avec 
1,  la  température  fixe  d'ébullition  de  l'eau  est,  en  général, 
érieure  à  ioo°. 

a  vapeur  d'un  liquide  surchauffé  se  trouve,  au-dessus  du 
ide,  à  la  pression  atmosphérique.  Elle  refroidit  en  se  dila- 
,  jusqu'à  la  température  minimum  de  rébullition. 
e  là  la  nécessité  reconnue  de  déterminer  le  point  100  des 


Nous  Terrons  par  la  suite  que  cette  limite  a  probablement  une  existence 
,    et  qu'on  peut  en  fixer  approximativement  la  valeur. 


i4o*  CALORIMÉTRIE. 

thermomètres  en  plongeant  leur  réservoir,  non  dans  l'eau 
bouillante,  mais  dans  sa  vapeur,  et  à  une  distance  de  plusieurs 
centimètres  de  la  surface  libre. 

ROLE  DES  PHÉHOHÈHES  GAPnJiAIEES  DAIS  L'iBULLITION.  -  Consi- 
dérons au  sein  d'un  liquide  une  bulle  de  vapeur  sphériqueeD 
équilibre  dont  nous  supposerons  le  rayon  R  très  petit.  La  force 
élastique  maximum /de  la  vapeur  au  sein  de  la  bulle  est  infé- 
rieure à  la  force  élastique  maximum  F  à  la  même  température 
au  contact  d'une  paroi  plane,  et  Ton  a  (  *  ) 


R(p~(7) 

Dans  cette  formule,  A  désigne  la  constante  capillaire  à  i> 
surface  de  la  bulle,  p  et  cr  les  densités  du  liquide  et  de  la  va- 
peur. Soit  P  la  pression  extérieure  au  niveau  du  centre  de  la 

bulle,  la  pression  capillaire  est-^?  et  la  somme  P  -4--«-  f>ïi 

équilibre  à  la  force  élastique  maximum /de  la  vapeuretàl* 
pression  p  de  Tair  contenu  dans  la  bulle  : 

f      n  ,   ^A      p 


11     p  -(7 

Si  l'on  néglige  la  pression/?,  on  voit  que  la  force  élastique 
maximum  F  à  la  température  du  liquide  l'emporte  sur  la  pres- 
sion extérieure  d'une  quantité  d'autant  plus  grande  queR^^^ 
plus  petit,  et  qui  croît  indéfiniment  quand  R  tend  vers  zéro. 
On  s'explique  ainsi  que  la  production  d'une  bulle  de  vapeur 
au  sein  d'une  masse  liquide  est  impossible  s'il  ne  préexiste  une 
bulle  d'air,  et  que  le  rayon  primitif  de  cette  bulle  à  une  tem- 
pérature donnée  doit  être  supérieur  à  une  certaine  limiter 
pour  que  la  bulle  soit  susceptible  de  grossir  indéfiniment  et 
de  se  dégager.  Plus  la  température  s'élève,  et  par  suite  plus  F 
est  grand,  plus  cette  limite  r  s'abaisse  et  plus  il  est  difficile  de 

(')   f'oir  l.  F,  2*  fasc,  chap.  II,  Injluence  delà  capillarité  sur  l'évaporathn. 


ÉVAPORATION.  —  ÉBULLITION. 


i4i* 


fitenir  une  masse  de  liquide  surchauffée  sans  que  i'ébulli- 
se  produise. 

lULUnOH  DES  SOLUTIONS  SALIHES.  —  D'après  ce  que  nous 
)ns  déjà  (P«  Partie,  p.  a5o)  relativement  à  la  force  élastique 
:imum  des  solutions  salines,  celles-ci  ne  peuvent  commen- 
à  bouillir  qu'à  une  température  supérieure  à  la  température 
lullition  normale  de  l'eau.  Les  résultats  suivants  se  rap- 
lent  aux  expériences  de  Legrand  (  *  )  sur  diverses  solutions 
nés,  et  n'ont,  bien  entendu,  qu'une  valeur  toute  relative. 

^vation  de  la  température  d'ébui/ition  au-dessus  de  ioo<». 


1 

ÉLÉYATIOX 

SEL  MARIN. 

CHLORURE 

SULFATE 

CHLORURE 

Umpérature. 

depotaMium. 

de  soude. 

de  calcium. 

1 

o 

I 

m 

9>0 

9.3 

10,0 

a 

i3,4 

«7>» 

i8,7 

16,5 

3 

i8,3 

24,5 

28,2 

21 ,6 

1 

33,1 

3i,4 

37»9 

25,8 

5 

27'7 

37,8 

47»7 

29»4 

6 

3i,8 

44,2 

57,6 

32,6  ' 

y 

35,8 

5o,5 

67,7 

35,6 

8 

39)7 

56,9 

77,9 

38,5 

10 

// 

" 

98,8 

44.0 

12 

'/ 

i 

i>o,3 

49»7 

i5 

i              " 

V 

1 

153,7 

58,6 

ÎO 

1 
1 

i 

1 

•j  1 2 , 6 

73,6 

es  poids  indiqués  dans  la  colonne  relative  à  chaque  sub- 
ice  sont  les  poids  de  sel  qui  doivent  être  dissous  dans 

parties  d'eau  pour  provoquer  l'élévation  du  point  d'ébulli- 

inscrile  dans  la  première  colonne. 

'il  n'y  a  pas  de  retard  de  i'ébullition,  la  température  de  la 
eur  d'eau  pure  que  dégage  la  solution  saline  est  égale  à 
e  du  liquide  bouillant.  Regnault  et  surtout  M.  Magnus 
montré,  par  l'expérience,  qu'il  en  est  réellement  ainsi. 


LecRATiD,  Annales  de  Chimie  et  de  Phjrsiqucy  2«  série,  t.  LIX,  p.  426;  i835. 


i4a*  CALORIMÉTRIE. 

ÉBULUnON  DES  MÉLAH&ES  UOtUIDES.  —  La  température  min 
mum  d^ébullilion  du  mélange  de  deux  liquides  est  telle  que 
pression  du  mélange  de  leurs  vapeurs  soit  égale  à  la  pressic 
atmosphérique.  Ainsi  que  nous  l'avons  vu  (P*  Partie,  p.  ^49 
il  y  a  plusieurs  cas  à  distinguer. 

Quand  les  liquides  mêlés  ne  se  dissolvent  pas,  la  tempén 
ture  d*ébullition  peut  être  inférieure  à  celle  du  liquide  le  moii 
volatil.  Ainsi  Regnault  (*)  a  vu  un  mélange  à  volumes  égai 
d'eau  et  de  sulfure  de  carbone  bouillir  à  43"*  sous  la  pressic 
de  75i""»,3.  M.  Gernez  (2)  a  donné  à  cette  expérience  ur 


Fig.  38. 


forme  remarquable.  On  place  dans  u 
tube  (Jig.  38)  du  sulfure  de  carbone  e 
au-dessus,  de  Teau.  Le  sulfure  de  cai 
bone  étant  surchauffé  à  80**,  Tébullitio 
ne  se  produit  pas  ;  mais  si  on  laisi 
tomber  à  la  surface  de  séparation  d< 
deux  liquides  une  petite  cloche  a  conu 
nant  de  Tair,  immédiatement  des  bu]l( 
de  vapeur  se  dégagent  de  la  cloche;  el 
est  soulevée,  l'ébullition  cesse;  elle  n 
tombe,  rébullition  recommence,  et  ain 
de  suile.  On  peut  laisser  la  températui 
s'abaisser  jusqu'à  43°  sans  que  l'ébuil 
lion  cesse  de  se  produire  à  chaque  foi 
que  la  cloche  atteint  la  surface  de  séps 
ration. 

Quand  deux  liquides  se  dissolvent,  le  point  d'ébullilion  d 
mélange  est,  en  général,  intermédiaire  à  celui  des  deux  li 
quides,  el  dépend  de  leur  proportion.  Il  en  résulte  que,quan 
on  distille  un  tel  mélange,  le  liquide  le  plus  volatil  domin 
dans  les  premières  portions  distillées,  el  le  moins  volatil  dan 
les  dernières.  De  là  la  méthode  dite  des  distillations  fraction 
nées,  que  l'on  emploie  en  Chimie  pour  séparer  el  purifier  le 
liquides. 


(  '  )  Relation  des  expérienceSy  etc.,  t.  II,  p.  735.  Température  normale  d'ébu 
lilion  du  sulfure  de  carbone,  46**!  5. 

(')  Annales  de  Chimie  et  de  PhjrsiquCj  5*  série,  t.  IV,  p.  Sgo;  1875. 


ÉVAPORATION.  -  ÉBULLITION.  143* 


Points  d'ébulUtton  (M 


o 


Azote  («) —193, 1 

Air  («) — 192,2 

Oxyde  de  carbone  (2) —186 

Oxygène  («) —184 

Formène  (») — i55-i6o 

Éthylène  (*) —loS 

Protoxyde  d'azote —  88 

Acide  carbonique —  78 

Chlore —  40 

Ammoniaque  anhydre —  35 

Cyanogène —  18 

Chlorure  de  cyanogène  gazeux —  12 

Acide  sulfureux —  10 

Chlorure  d*éthyle -+-11 

Aldéhyde 20, 8 

Acide  hypoazotique 25 

Acide  cyanhydrique 26, 2 

Acide  fluorhydrique 3o 

Acide  sulfurique  anhydre 32* 

Éther 35 ,5 

Bromure  tféthyle 40,7 

Sulfure  de  carbone 48 

Acide  azotique  anhydre 5o 

Formiate  d'élhyle 52 ,9 

Chlorure  de  silicium 5g 

Chlorure  de  soufre 64 

Alcool  méthylique 66 ,3 

lodure  d'éthyle 70 

Acétate  d'éthyle 74 ,  i 

Alcool  éthylique 78 ,3 

Trichlorure  de  phosphore 78,3 

Benzine 80,8 

Chlorure  d'éthyle 84, g 

*)  Extrait  d'un  Tableau  publié  par  V Annuaire  du  Bureau  des  lA>ngitudes 

^  i885,  p.  7^8,  sauf  pour  les  corps  marqués  d'un  reiitoi  particulier. 

*)  Whoblewsri,    Comptes   rendus  de  l'Académie  des  Sciences,   t.  XCVIII, 

dS3;  1884. 

')  Wboblb>vsri,  ià-d.f  t.  XCIX,  p.  i36;  1884. 

*)  Olzewski,  ibid,,  t.  XCIX,  p.  i33;  188^. 


lU*  CALORIMÉTRIE. 


o 


Acide  azotique  monohydratô 86 

Eau .  H- ICO 

Eau  de  mer io3 ,7 

Acide  formique io5,3 

Pétrole 106 

Acide  acétique lao 

Acide  azotique  quadrihydraté i23 

Alcool  amylique i3i  ,8 

Sous-chlorure  de  soufre i38 

Acide  butyrique i57 

Iode 176 

Aniline  (  »  ) 182 

Oxalate  d'éthyle i83 

Chlorure  do  cyanogène  solide 190 

Benzoate  d'éthyle 209 

Naphtaline 210 

Nitrobenzine 2i3 

Acide  benzoïque 240* 

Benzoate  d'amyle  (  *  ) 253 

Phosphore 290 

Diphénylamine  (  *  ) 290 

Acide  sulfurique  monohydraté 326 

Mercure 35o 

Paraffine 370* 

Huiie  de  lin 387,5 

Soufre 440 

Potassium  et  sodium 700* 

Cadmium  ( ^ ) 746,3 

Zinc  (2) 940 

(')  D'après  M.  V.  Meyer,  Berichte  der  Chemisciten  GeseJbchaft  w>n  Be^ 
1878.  ^ 

(  '■'  )  Deville  et  Troost,  Comptes  rendus  de  ^Académie  des  Sciences,  l-    ^ 
p.  773;  1880. 


CHALEURS  LATENTES  DE  VAPORISATION.   145* 


CHAPITRE  VI. 

CHALEURS  LATENTES   DE   VAPORISATION. 

d  produit  par  Févaporation.  —  Psychromètre. 
Uurs  latentes  de  vaporisation.  —  Méthode  ancienne.  —  Modification 
Importée  par  M.  fierthelot.  —  Méthode  ordinaire.  —  Chaleur  latente 
â  la  vapeur  d*eau.  —  Expériences  de  Regnault.  —  Résultats.  —  Cha- 
mp spécifique  moyenne  de  la  vapeur  d'eau  sous  pression  constante. 
~  Chaleur  latente  de  vaporisation  des  liquides.  —  Chaleur  spécifique 
3s  vapeurs  sous  pression  constante.  —  Cas  particulier  des  vapeurs 
3nt  la  densité  varie  avec  la  température.  —  Tableau  des  chaleurs 
tentes  moléculaires  de  vaporisation. 


EOID  ?RODinT  PAB  L'ÉTAPORATIOIT.  —  Comme  toute  vapeur 
orbe  de  la  chaleur  en  se  formant,  toute  évaporation  est  une 
ise  de  refroidissement  :  c'est  ce  qui  explique  le  froid  que 
I  éprouve  quand  on  verse  de  Félher  dans  sa  main,  et  c'est 
qui  a  conduit  à  l'emploi  des  alcarazas  pour  refroidir  l'eau, 
^'ébuliition,  qui  n'est  qu'un  mode  d'évaporation,  est  pareille- 
nl  caractérisée  par  une  absorption  de  chaleur,  facile  à  mettre 
évidence  quand  l'ébullilion  est  produite  sous  l'influence 
ne  diminution  de  la  pression.  L'expérience  suivante  est 
3  à  Leslie  (  *  )•  On  place  sous  la  cloche  de  la  machine  pneu- 
tique  un  crislallisoir  A,  plein  d'acide  sulfurique  concentré, 
1  d'absorber  la  vapeur  d'eau  {Jig.  39),  et  l'on  dispose  au- 
»sus  une  capsule  de  laiton  B,  très  plate  et  très  légère,  dans 
uelle  on  a  versé  une  petite  quantité  d'eau  qui  s'y  étale  en 
î  couche  mince.  En  faisant  le  vide  aussi  complètement  que 
)ermet  la  machine,  l'eau  bout  rapidement;  ses  vapeurs  sont 
orbées  aussitôt  que  formées  et  l'ébullilion  se  continue  in- 

)  LesLiE,  Annales  de  Chimie,   i"  série,    t.    LXXllI,  p.    177,  et  Annales  tU 
erf,  r.  XLMI,   p.  373. 
et  R.,   Calnriniètrie.   —   11.    2*   fusc.  lo' 


ii6* 


CALORIMÉTRIE. 


Fig.  39. 


déliniment;  mais,  en  passant  à  Tétatgazeux,  le  liquide  absorbe 
de  la  chaleur  :  il  se  refroidit  progressivement,  il  arrive  bientôt 
à  zéro  et  se  congèle.  Si  l'on  répète  la  même  expérience  avec 
d'autres  liquides,  la  même  cause  produit  toujours  un  abaisse- 
ment de  température,  et  il  est  d'au- 
tant plus  considérable  que  le  liquide 
soumis  à  l'épreuve  est  plijs  aisé- 
ment vaporisable;  avec  Tacide  sul- 
fureux on  congèle  le  mercure,  et 
un  mélange  d'acide  carbonique 
solide  et  d'éther  détermine  un  re- 
froidissement  qui   peut   atteindre 

—  IIO**. 

L'expérience  de  Leslie  a  été  mo- 
difiée par  M.  Carré  et  a  permis  de 
produire  de  grandes  quantités  de 
glace  sans  autre  dépense  que  celle 
d'une  certaine  quantité  de  chaleur. 
L'eau  est  contenue  dans  une  carafe 
qui  s'adapte  par  son  goulot  à  un 
tube  dont  l'autre  extrémité  plonge  dans  un  bain  d'acide  sulfu- 
rlque  continuellement  brassé  par  un  agitateur.  On  fait  le  >ide 
à  l'aide  d'une  machine  pneumatique  spéciale,  et  la  congélation 
de  toute  la  masse  d'eau  s'opère  en  un  instant  (*). 

Voici  une  expérience  analogue  due  également  à  M.  Carré  (^)- 
Deux  vases  en  tôle,  hermétiquement  fermés,  sont  réunis  par 
un  tube  de  fer  BCD  (Jîg,  ^o).  Le  plus  grand  A  contient  une 
dissolution  concentrée  de  gaz  ammoniac;  il  est  échauffé  par  un 
fourneau.  Le  plus  petit  im  a  la  forme  d'un  manchon,  il  est  vide, 
il  est  refroidi  dans  un  baquet  MM  plein  d'eau.  Le  gaz  ammo- 
niac distille  de  A  vers  1)1)^  en  entraînant  de  la  chaleur;  là  il  se 
liquéfie  sous  l'inlluence  du  refroidissement  et  de  la  pression, 
en  cédant  cette  chaleur. 
Quand  cette   distillation  est  terminée,  on  change  le  rôle 


(')  Voir  t.  I'%  i**  fascicule,  au  Chapitre  de  la  Machine  pneumatique. 
(')  Carbé,  Comptes  rendus   de  l'Académie  des  Sciences j  t.  LI,  p.  lOîJ,  « 
t.  LIV,  p.  827;  1860-18GJ. 


CHALEURS  LATENTES  DE  VAPORISATION.  U?* 
des  deux  vases  (Jig.  4i  }>  ^^  refroidîl  A  ei  l'on  enlève  le  ba- 
quet MM;  alors  l'ammoniaque  repasse  dans  ce  vase  A,  absor- 
bant en  DD  une  énorme  quantité  de  chaleur  qu'elle  prend  aux 
objets  extérieurs  et  qu'elle  reporte  en  A.  En  metlanl  dans  le 


manchon,  en  £,  des  vases  qui  contiennent  de  l'eau,  elle  se 
congèle. 

En  résumé,  c'est  la  chaleur  latente  empruntée  au  foyer  A 
dans  la  première  opération,  qui  est  reprise  en  E  dans  la 
seconde  etqui  est  utilisée;  i^'  de  charbon  de  bois  donne  envi- 
ron 3''  de  glace. 

PSTCHBOHfiTHL  —  Une  conséquence  immédiate  du  refroidisse- 
ment qui  accompagne  l'évaporation,  c'est  qu'un  thermomètre 
mouillé  indique  toujours  une  température  plus  basse  qu'un 
ihermomèire  sec('}.  On  peut  faire  congeler  du  mercure  en 
répandant  sur  la  boule  d'un  thermomètre  entouré  de  ouate  de 
l'acide  sulfureux  liquide  dont  on  active  encore  l'évaporation 
par  un  courant  d'air. 

La  loi  qui  règle  l'abaissement  de  température  d'un  thermo- 
mètre mouillé  peut  être  déterminée  de  la  manière  suivante  :  on 


r  Muascbcubrocck    (Etiaii  de  Ph^tlque 


148*  CALORIMÉTRIE. 

remarque  que  la  température  deviendra  stationnaîre,  lorsque 
la  chaleur  qu'il  perd,  par  suite  de  Tévaporation,  sera  devenue 
égale  à  celle  qu'il  reçoit  par  les  causes  extérieures  qui  le  ré- 
chauffent. Or  la  chaleur  qu'il  perd  est  proportionnelle  à  la  quan- 
tité de  vapeur  qui  se  forme  à  la  température  V  où  se  ûxe  le 

BS 

thermomètre,  ou  à  -û^  (F'— /)('),  et  la  chaleur  qu'il  reçoit esl 

proportionnelle  à  son  abaissement  de  température  (/  —  /')  ei 
aussi  à  sa  surface  S;  en  désignant  par  M  un  coefficient  conve- 
nable, on  aura  donc  la  relation 

MS(^-/')  =  5^(F-^n    ou    ^-^  =  J(F-A 

F'  étant  la  force  élastique  maximum  du  liquide  à  la  tempéra- 
ture /'  et  A  un  coefficient  constant. 

Nous  allons  voir  le  parti  qu'on  a  tiré  de  cette  formule;  aupa- 
ravant, nous  ferons  remarquer  que  l'agitation  de  l'air  doii 
peu  influer  sur  le  refroidissement;  car,  si,  d'une  part,  un  cou- 
rant gazeux  enlève  plus  d'humidité  au  thermomètre,  d'un 
autre  côté  il  le  réchauffe  davantage,  et  ces  deux  actions  se  , 
compensent  en  partie.  La  principale  différence,  c'est  qu'un 
courant  d'air  amène  plus  vile  le  maximum  de  refroidissemenl. 

Plaçons  maintenant,  l'un  auprès  de  l'autre  (^g^.  42),  sur  une 
même  planchette,  deux  thermomètres  B  et  C  bien  concordanls 
et  très  sensibles;  enveloppons  le  réservoir  du  second  avec 
une  étoffe  de  gaze  toujours  humectée  par  de  l'eau  qu'elle  reçoit 
d'un  réservoir  A,  par  l'intermédiaire  d'une  mèche  de  coton.  Cei 
instrument  est  le  psychromèlre.  La  différence /—/"  de lew^' 
pératurc  des  deux  thermomètres  est  donnée  par  la  formule  du 
paragraphe  précédent 

Si  donc  on  a  déterminé  préalablement  la  constante  A,  on 
pourra  mesurer  t  -  /'  et  H,  chercher  dans  les  Tables  la  ten- 
sion maximum  F'  et  calculer  f. 


C)   roir  y.  io„\ 


CHALEURS  LATENTES  DE  VAPORISATION.  149' 
iychromètre  a  élé  d'abord  proposé  par  Leslie(')  el 
lar  Gay-Lussac(');  le  D' Augusl(']  du  Rcriin  lui  a 
a  dernière  forme  ei,  par  des  1       , 

'ations  théoriques,  il  a  de- 
là constante  A  à  peu  près 
il  suit. 

ppose  :  l'qu'une  enveloppe 
l'air  atmosphérique  de  vo- 

arrive  sur  la  surface  du 
lètre;  2"  qu'elle  se  refroidît 
t  el  cède  de  la  chaleur; 
évaporation  de  l'eau  salure 
uche  el  absorbe  de  la  cha- 
qu'après  la  saturation  l'en- 
gazeuse  est  remplacée  par 
,re  qui  continue  le  même 
que  l'équilibre  de  lempéra- 

aiieint  quand  la  chaleur 
ir  le  refroidissement  de  la 
d'air  est  égale  à  la  chaleur 
i  par  la  vapeur  qui  la  salure 
rmant. 

ids  de  l'air  sec  conienu  dans 
ipe  considérée,  au  moment 
■st  à  t  et  saUirée  de  vapeur, 
lésignoni  par  o  le  poids  de  ""        ^    """ 

le  volume  d'air  dans  les  conditions  normales, 


-  de  la  vapeur  qu'elle  contenait  à  l'origine,  cl  dont  la 


lE,    Siehohau's    Jamnal  of  uai.  Philos.,    l.  III,  p.  46i.  Le  piycbio- 
..eMe  n'ëlail  qiic  son  Ihermomèlre  din<'ri;iitkl  mec  une  boule  iéihc 

-LvssAC,  Ana.  deChim.  cl  de  l'Aji.,  a"  aérie,  I.  XXI,  p.  gr  ;  i8'j6. 
C6IIT,  Anaalei  de  PoggrHdorff,  I.  V,  p.  Cg;  iSaS. 


i5o*  CALORIMÉTRIE. 

lension  étail/,  sera,  en  désignant  par  d  la  densité  delà  vapeur, 


0-+-  273^)7^0 


Enfin  le  poids  de  la  vapeur  qui  est  formée  par  Tévaporalion  el 
dont  la  lension  est  F'  —/s'exprime  par 

(n-ïy3^)7^o  ' 

L'air  sec  que  contient  cette  couche  et  la  vapeur  qui  s'y  troa- 
vait  à  Torigine  se  refroidissent  de  i  k  t,  et  la  quantité  de  cha- 
leur qu'ils  perdent  sera,  en  désignant  par  k  et  k'  les  chalears 
spécifiques  de  Tair  et  de  la  vapeur, 

w  (H  -  F)  fr  (/-  t)  -+-  (ùSJV  {t-  t). 

D'un  autre  côté,  la  vapeur  qui  s'est  formée  absorbe  une  quan- 
tité de  chaleur  qui  est  égale  au  produit  de  son  poids  par  sa 
chaleur  latente  X  {voir  plus  loin), 

«Ô(F-/)X. 

En  égalant  la  chaleur  cédée  à  la  chaleur  absorbée,  el  nieUani 
fen  facteur  commun, 

/[3x  ^dk'it-  /')]  =  ¥'\di-^k{t-t  )]  -k{t-n  n, 

d'où  Ton  lire 

f-  F' ^ H  ~  - 

I-f-^(/-  t)  1-4-.-  {t-  t) 

A  A 

II  faut  maintenant  remarquer  que,  X  élanl  une  quantité  très 
grande,  tandis  que  k,k'  Qi{t—  f)  sont  toujours  1res  petits,  on 
peut,  sans  erreur  sensible,  réduire  la  formule  à 


CHALEURS  LATENTES  DE  VAPORISATION.   i5i* 

il  n'y  a  plus  qu'à  remplacer  fr,  d  et  X  par  leurs  valeurs,  qui 
it  /r  =  o, 287,  i  =  o, 621  et  >  =  600, 

f=F"0,ooo635{t-e)n. 

VLT  établir  cette  formule,  nous  avons  admis  que  la  couche 
is  mince  d'air  qui  entoure  le  thermomètre  se  sature  d'humi- 
é  et  se  refroidit  jusqu'à  t,  qu'ensuite  elle  disparaît  pour 
re  place  à  une  autre  couche  qui  éprouve  à  son  tour  les 
^mes  effets.  C'est  une  hypothèse  que  rien  ne  démontre.  Sans 
ute  cette  couche  prend  de  la  vapeur  et  se  refroidit;  mais 
sn  ne  prouve  qu'elle  en  prenne  jusqu'à  saturation  et  se  refroi- 
8se  jusqu'à  t.  Il  se  pourrait  très  bien  qu'elle  abandonnât  le 
servoir  mouillé  avant  d'avoir  atteint  cet  état  limite,  et  cela 
ivera  très  certainement  si  Tair  est  vivement  agité  autour  de 
istrument.  Dans  ce  cas,  l'évaporation  deviendra  plus  rapide 
l'abaissement  de  température  devra  être  augmenté.  Non 
ilement  le  calcul  de  la  constante  repose  sur  cette  hypothèse 
ne  tient  aucun  compte  de  l'agitation  perturbatrice  de  l'air, 
is  il  néglige  encore  une  autre  action  qui  ne  peut  être  nulle  : 
st  le  rayonnement  des  corps  voisins  vers  le  thermomètre  et 
réchauffement  qu'il  en  doit  recevoir.  Il  y  a  donc,  dans  la 
crie  comme  dans  l'emploi  du  psychromèlre,  des  incertitudes 
des  causes  d'erreur  que  Regnault,  le  premier,  a  mises  en 
idence  par  des  observations  nombreuses  que  nous  allons 
nmairement  rapporter. 

Regnault  (^  )  plaça  dans  un  tube,  maintenu  à  une  tempéra- 
e  constante,  deux  thermomètres  dont  Tun  était  mouillé,  et 
it  passer  dans  ce  tube  un  courant  d'air  bien  desséché  dont 
aisait  varier  la  vitesse.  Dans  ce  cas,/=  o,  puisque  l'air  ne 
itient  pas  d'humidité,  et  la  formule  devient 

p  conséquent,  le  refroidissement  t—  t  devrait  être  constant 
pourrait  se  calculer  par  des  approximations  successives,  en 

')  Rectcault,  Mémoire  sur  l* Hygrométrie  {^Annales  de  Chimie  et  de  Phy- 
e,  3*  série,  t.  XV,  p.  101  ;  i845). 


i5a*  CALORIMÉTRIE. 

remplaçant  F'  dans  la  relation  précédente,  d'abord  par  F  ei 
successivement  parles  tensions  maxima  F',  correspondant  aux 
valeurs  successivement  trouvées  pour  /'. 

Les  résultats  suivants  prouvent  que  cette  constance  n'existe 
pas,  que  t  —  t'  augmente  avec  la  vitesse  de  Pair  et  qu'il  esi 
différent  du  nombre  ii<*,23  que  la  formule  donnerait  : 


/. 

t\ 

/  -  /'. 

(iaz  croaléi  en  1 

0 

M 

i4,9^) 

7,58 

7,38 

797 

6,87 

8,09 

1096 

5,45i 

9,54 

1466 

5,16 

9,80 

1845 

4,67 

10,29 

3o45 

4,33 

10, G3 

5067 

Bien  que  ces  expériences  soient  exécutées  dans  des  circon- 
stances tout  exceptionnelles,  elles  montrenl.que  les  indications 
du  psychromèlre  dans  Tair  atmosphérique  doivent  dépendre  àc 
la  vitesse  du  vent.  On  en  a  d'ailleurs  la  preuve  directe  par  uï»^ 
expérience  bien  simple,  qui  consiste  à  attacher  à  une  corde  I^ 
thermomètre  mouillé  et  à  le  faire  rapidement  tourner  comm^ 
une  fronde.  Cette  opération  le  fait  toujours  baisser  de  plusieut^'" 
dixièmes  de  degré.  Néanmoins,  tant  que  la  vitesse  du  venins 
dépasse  pas  de  4"  «  5'"  par  seconde,  elle  est  sans  influence^ 
appréciable. 

La  deuxième  cause  periurbairice  est  la  présence  des  paroi 
rayonnantes  voisines.  Pour  Téludier,  Regnaull  faisait  concur 
remment  l'emploi  de  la  méthode  chimique  et  du  psychromètre, 
de  manière  à  contrôler  les  indications  de  celui-ci  par  des  ex- 
périences analytiques  certaines.  Il  opéra  successivement  dans 
une  petite  chambre  bien  close,  dans  Tamphithéàlre  de  Phy- 
si(iue  du  Collège  de  France,  dont  les  fenêtres  étaient  d'abord 
fermées,  ensuite  ouvertes,  et  enfin  il  plaça  le  psychromètre 
dans  une  vaste  cour  et  loin  des  murs.  Dans  ces  circonstances 
diverses,  la  température  observée  t*  fut  toujours  un  peu  plus 
élevée  que  sa  valeur  calculée  par  la  formule  et  le  réchauffe- 
ment de  l'appareil  fut  d'autant  plus  considérable,  que  l'espace 
était  plus  abrité  et  plus  resserré. 


ALEURS  LATENTES  DE  VAPORISATION.   i53* 

î  de  ces  diverses  opérations  que  le  psychromèlre, 

pprochant  beaucoup  de  se  conformer  à  la  formule 

)récédenle,  est  néanmoins  soumis  à  des  causes  de 

ns  locales  et  variables,  que  Ton  ne  peut  introduire 

3ul  et  dont  il  faut  cependant  tenir  compte  si  Ton 

yer  cet  instrument  dans  les  observatoires.  Ce  qui 

us  simple  à  faire,  c'est  de  conserver  la  même  forme 

k 
,  et  d*y  remplacer  le  coefficient  -^^  par  une  quan- 

'on  déterminera  spécialement  dans  chaque  localité, 
devient  alors 

/  =  F'~a(/-f)H. 

2uler  la  valeur  de  a  qui  convient  au  lieu  dans  lequel 
cer  un  psychromètre,  on  fera,  par  la  méthode  chi- 
sieurs  expériences  qui  donneront  la  valeur  exacte 
ême  temps,  on  observera  le  psychromètre  qui  fera 
et  t  et,  en  remplaçant  ces  quantités/,  t  et  t  dans 
on  calculera  a.  Les  valeurs  que  Ton  trouve  ainsi 
près  constantes  pour  un  même  lieu,  à  moins  que  le 
it  considérable  ou  que  Teau  ne  se  congèle  sur  la 
s  elles  ne  varient  ni  quand  les  autres  circonstances 
ques  changent,  ni  même  quand  l'instrument  est 
les  rayons  solaires. 

mer  une  idée  des  variations  que  a  peut  éprouver, 
sultats  de  quelques  expériences  : 

Valeur»  de  a. 

formule o,ooo635 

allège  de  France 0,000740 

tre  ouvert ....    o  ,000770 

trc  fermé o  ,001000 

abro  fermée 0,001380 

e,  au-dessous  de  zéro,  si  l'air  est  presque  sec.  0,000760 

1,  au-dessous  de  zéro,  si  l'air  est  presque  satu  ré .  o ,  00 1 3oo 

idre  comparables  entre  elles  les  observations  psy- 
ues  faites  en  divers  lieux,  on  peut  avoir  recours  au 
ire  fronde  :  c'est-à-dire  que  l'on  peut  faire  tourner 
îment  rapide  le  thermomètre  sec  et  le  thermomètre 


i5r  CALORIMÉTRIE. 

mouillé,  Cl  prendre  pour  la  différence  /—  /'  celle  que  l'on  ob- 
serve immédiatement  après  cette  opération.  Il  résulte  d'an- 
ciennes expériences  de  Doyère  (*)  et  d'expériences  plus  ré- 
centes de  M.  Macé  de  Lépinay  {^)  que  la  formule 

f— F-a(^-f)H 

est  rigoureusement  applicable  dans  ces  conditions,  en  faisant 

a  =  0,00069, 

Dans  les  observatoires  italiens,  on  emploie  le  psychromètre 
à  ventilateur;  il  diffère  du  psychromètre  ordinaire  par Tadjonc- 
tion  d'un  moulinet  mû  par  un  ressort  puissant  qui  renouvelle 
Pair  autour  des  thermomètres  au  moment  de  robservation.  La 
constante  a  de  cet  appareil  est,  d'après  M.  Chistoni  ('), 

a  =  0,00078. 

Mais,  si  Ton  veut  rendre  comparables  les  observations  du  ps}- 
chromètre  ordinaire,  surtout  quand  cet  instrument  se  trouve 
placé  à  une  grande  altitude,  que  la  différence  d'indication  des 
deux  thermomètres  dépasse  une  dizaine  de  degrés  ou  quelt 
température  baisse  au-dessous  de  zéro,  la  formule  de  Regnauh 
ne  peut  plus  être  d'aucun  secours.  M.  Belli  a  proposé  la  fo^ 

mule 

(aU-^b)(t-  n, 

M.  Chistoni  la  formule 

/=  F'-  aH(^-  t)  -  bU^t-ty; 

mais  aucune  d'elles  ne  convient  parfaitement.  M.  Angot(*)> 
utilisant  un  très  grand  nombre  de  mesures  psychrométriqoes 
faites  à  Paris  dans  le  jardin  du  Bureau  central  méléorologi?^^ 
(altitude  4o")>  à  l'observatoire  du  Puy-de-Dôme,  station  delà 

(  '  )  DoYfiRE,  jénnales  de  la  Société  météorologique  de  France,  p.  60  ;  'S'^* 
{')  Macé  de  Lépinay,  Journal  de  Phjsique,  i"  série,  t.  X,  p.  17;  1871- 
(')   Voir  à  ce  sujet  une  Note  de   M.  Angot,  dans  le  Journal  de  Phjfsiq^^^ 
i"  série,  t.  X,  p.  112;  1871. 
(*)  AifGOT,  Journal  de  Phjrsique,  i*  série,  t.  !•',  p.  119;  187a. 


CHALEURS  LATENTES  DE  VAPORISATION.   i55* 

ine  (altitude  390"*)  et  station  du  Sommet  (1470"),  compara- 
3ment  avec  des  déterminations  hygrométriques,  a  cherché 
léterminer  la  forme  et  les  coefficients  d'une  formule  permet- 
it  d'identifier  les  mesures  des  deux  systèmes.  Il  a  trouvé  que 
i  deux  expressions 

/=F[i-o,oi59(/-r)] 

—  o,ooo776H(^— ^)[i  —  o,o36i  {t-  01  > 
/=F[,- 0,159  {t~V)] 

—  o,ooo682H(^~  ^)[i  —  9,o4i i(^-  t')] 


) 


nviennent,  la  première  pour  les  températures  /'  supérieures, 
seconde  pour  les  températures  t  inférieures  à  zéro.  Ces  for- 
âtes ont  servi  à  construire  de  nouvelles  tables  psychromé- 
ques,  pour  réduire,  sans  calcul,  toutes  les  observations  (')• 

CHALEURS  LATENTES  DE  VAPORISATION. 

On  désigne  sous  le  nom  û^  chaleur  latente  de  vaporisation 
quantité  de  chaleur  qu'il  faut  fournir  à  i'*"  de  liquide  à  une 
mpérature  quelconque  t,  pour  le  transformer  en  vapeur 
lurée  à  la  même  température. 

KÉTHODE  AICminL  —  MODinCATIOir  HmODUITE  PAR  K.  BER- 
BOT.  —  De  nombreux  expérimentateurs  ont  cherché  à 
îsurer  les. chaleurs  latentes  de  vaporisation,  principalement 
lie  de  Teau.  Dans  ce  but  on  se  contentait  jadis  de  faire  dis- 
lep  le  liquide  au  moyen  d'un  appareil  représenté  (  fig,  43),  et 
condenser  la  vapeur  dans  un  serpentin  plongé  dans  un  ca- 
rimèlre.  Soient  p  le  poids  du  liquide,  C  sa  chaleur  spécifique, 
a  chaleur  latente  à  la  température  t  d'ébullition,  t  la  tempé- 
Uire  initiale  et  Q  la  température  finale  du  calorimètre,  qui  doit 
ujours  être  très  voisine  de  t,  La  vapeur  abandonne  d'abord 
i  se  liquéfiant  une  quantité  de  chaleur  p  X,  et  le  liquide  qui  en 
suite  abandonne,  en  se  refroidissant  à  la  température  du  ca- 
rimètre,  une  quantité  exprimée  très  approximativement  par 

')  Ces  Tables  ont  élé  publiées  par  M.  Angot  dans  les  Annales  du  Bureau 
^tral  météorologique,    t.  I;  i8ï^o 


i56'  CALOHIMETRIE. 

pC  [t ~'~     ]■  La  (|uanlilé  toiale  Q  de  chaleur  cédée  lu 

calorimrlre  csl  donc 

Il  esi  facile  de  voir  que  l'expcrience  ainsi  conduite  n'est  pis 
susceptible  d'une  grande  exactiiade;  car,  en  traversant  le cd 
de  la  cornue  et  le  tube  qui  conduit  au  serpentin,  une  portion 
de  la  vapeur  se  condense  et  arrive  liquéliée  dans  le  calori- 
mètre auquel  elle  ne  cède  plus  que  la  chaleur  corresponduM 
au  refroidissement  du  liquide  :  de  plus  le  calorimètre  refuil 


toujours,  par  coiuliiciiliiliH',  uni'  ccrlaine  qiiinniic  de  chalC' 
et  il  n'y  a  aucune  raison  pour  (jnc  les  deux  causes  d'errei"' 
inverses  que  nous  venons  de  signaler  se  comppjisenl.Onse''" 
pliiiue  ainsi  les  grandes  diverftfnc<?s  des  i-ésuliats  fournis  p" 
les   anciennes  expériences.  Tandis  que  Itlack  ei  Irwinel 


(■)  -AUf 


CHALEURS  LATENTES  DE  VAPORISATION.   167* 

înl  évalué  à  43o*^**  la  chaleur  latente  de  vaporisation  de 
i  à  100%  Rumford  (')  Tévaluait  à  57o<-"' el  Wall  (2)à533*-«'. 
mtefois  M.  Berthelol(*)  a  montré  récemment  comment  on 

se  mettre  à  l'abri  des  causes  d'erreur  qui  avaient  influé 
le  résultat  des  anciennes  expériences,  sans  avoir  recours 
appareils  dispendieux  et  compliqués  qui  ont  permis  à  Re- 
illd*apporter  tant  de  précision  dans  ce  genre  de  recherches, 
appareil  de  M.  Berthelot  {fig-  44)  comprend  une  fiole  FF 
oo«  environ  dont  le  col  KK  est  fermé  à  la  lampe  et  dont  le 
re  est  traversé  par  un  large  tube  vertical  IT  soudé,  lequel 
:end  à  35  ou  40""  plus  bas  :  c'est  le  vase  dislillatoire;  le  ser- 
lin  OSSR  s'ajuste  à  l'extrémité  du  tube  T  et  plonge  dans  le 
rimètredeM.  Berthelot  que  nous  avons  décrit  (p.  10*).  La 
I  est  échauffée  par  une  lampe  à  gaz  circulaire  /,  brûlant  au- 
»us  d'une  toile  métallique  m;  le  calorimètre  est  protégé 
Ire  le  rayonnement  dç  la  flamme  par  une  feuille  mince  de 
on  C  et  une  lame  de  bois  C,  recouvertes  d'une  toile  métal- 
e  /t. 
n  voit  que,  grâce  à  ces  dispositions,  on  évite  la  cpndensa- 

partielle  d'eau  liquide  dans  le  tube  de  communication, 
3  être  obligé  de  surchauffer  la  vapeur.  Quant  à  Terreur 
irenant  de  la  conductibilité,  on  la  corrige  par  l'observation 
la  marche  du  thermomètre  calorimétrique  0  avant  que  la 
illation  soit  commencée  et  après  la  condensation  complète. 
3oids  du  liquide  employé  est  au  plus  de  20  à  3o*%  et  sa  dis- 


bre  4'p*'*''  Plus  tard,  Irwiiic,  sur  l'invitation  de  Hlack,  mesura  cette  quau- 
5n  opérant  par  la  méthode  des  uièlaii|;es  et  trouva  .^3o***  {Hobison's  me- 
ieal  Philosojj/ij  ,  t.  H). 

)  RuMPORDf  cité  par  Biol,  Traité  de  Plijsufuet  1.  IV,  p.  270. 
)  Watt,  Robisoas  mecliauical  Ph'dosopky^  l.  II.  Signalons  encore,  parmi 
léterminations  ancitMines,  celles  dr  I.aplaci;  et  l,avoisier,  555***  (d'après 
Transactions  itlùlosophiques^  i8i8);  de  Gay-Lussac,  5Jo"*,  et  de  Clément 
normes,  55o***  (cités  par  Biot,  îoc  cil.)  ;  do  Despretz,  531**'  elSjo"'  {An- 
\de  Chimie  et  de  Physique,  1"  scri<',  t.  X\IV,  p.  323)  et  de  Brix,  S^a"' 
lales  de  Poggendorff^  t.  LV,  p.  3ji  ). 

e  {Transactions  philosnphiqurs^    1818)  et  Brix  {Annales  de  Pog^endorjf, 
^;  1842)  ont  mesure  les  chaleurs  latentes  de  diverses  vapeurs. 
)  Bebtdelot,  Comptes  rendus,  t.  L\\X.V,  p.  (ii^,  o.l  Journal  de  Physique 
I.  d'Almeida,  t.  Vï,  p.  337;   1S77. 


•  i5B'  CALORIMÉTRIE. 

ttllation  ne  dure  guère  que  de  deux  à  quatre  minutes.  M.Bei- 
tiielot  a  ainsi  trouvé  pour  l'eau  636,3,  en  mojenne.  Les  cipé- 
l'iences  de  Kegnauli  donnent  636'-'' ,6.  Le  nouvel  appareil  ser; 


donc  ii"utie  grande  ulililé  pour  déterminer  très  rapidement*' 
avec  une  précision  surnsanie  la  chaleur  latente  de  vaporisalio" 
des  liquides  organiques  rares. 


MÉTHODE  OBDIKAIBE.   —    La  plupart  des  expériences  eiacK^ 
que  l'on  possède  ont  été  réalisées  en  surchaulTant  la  vapeufi 


CHALEURS  LATENTES  DE  VAPORISATION.        iSg* 

de  ramener  dans  les  appareils  de  condensalion.  On  dé- 
ne  ainsi  simultanément  la  chaleur  latente  de  vaporisation, 
chaleur  spécifique  moyenne  C  de  la  vapeur  sous  pres- 
tonstante. 

ir  surchauffer  la  vapeur,  on  la  conduit,  au  sortir  de  Tap- 
distillatoire,  dans  un  serpentin  plongé  dan^  un  bain 
e  à  la  température  G  où  elle  doit  être  échauffée.  La  quan- 
de  chaleur  abandonnée  au  calorimètre  comprend  alors, 
les  deux  termes  de  Téquation  (i),  la  quantité /?C(&  —  r) 
lonnée  par  la  vapeur  surchauffée  avant  sa  condensation 

2ommence  la  même  mesure  avec  une  température  S<  de 
auffe,  différente  de  G,  mais  sous  la  même  pression  ;  on 
re  ainsi  une  nouvelle  quantité  de  chaleur  Q' 


Q' =r/?C'(6i-T) -!-/?> -f-z^cfr—- 


01 


nt  supposé  connu  par  des  expériences  préalables,  on 
>  et  C  des  équations  (2)  et  (3).  L'expérience  confirme, 
e  l'on  admet  implicitement  en  écrivant  les  équations,  que 
ileur  spécifique  C  peut  être  considérée  comme  sensible- 
constante  dans  les  limites  pratiques  des  expériences. 

LEUB  UTEHTE  DE  U  VAPEUB  D'EAU.  —  EXPÉRIEHCBS  DE  BE- 

T  (*)•  —  L'appareil  qui  est  représenté  (PL  Ilj  Jig.  i)  se 
osait  d'un  générateur  de  vapeur  et  des  appareils  calorimé- 
s.  Ce  générateur,  qui  était  placé  dans  un  autre  local  que 
où  les  mesures  étaient  faites,  n'est  point  représenté  dans 
ire.  U  avait  3oo**'  de  capacité  et  contenait  i5o**' d'eau  dis- 
La  vapeur  accumulée  à  la  partie  supérieure  s'engageait 
un  serpentin  intérieur  au  milieu  duquel  les  parcelles  d'eau 
e  entraînait  devaient  se  vaporiser;  elle  était  conséquem- 
sèche  et  à  saturation.  En  cet  état,  elle  était  conduite  dans 


IccxAULT,  Relation  des   expériences,  etc.,  t.  I"',  p,  635,  ou  Mémoires  de 
émie,  t.  \XI. 


i6o*  CALORIMÉTRIE. 

une  pièce  de  distribution  R  par  un  tube  de  cuivre  AA  (PL  //, 
/ig.  I  eii);  et,  pour  éviter  tout  refroidissement  et  toute  con- 
densation, ce  tube  AA  était  enveloppé  d'un  manchon  BB  dans 
lequei  circulait  un  courant  de  vapeur  pris  dans  la  même  chau- 
dière. 

La  pièce  de  distribution  {PL  JI,  fg,  a  et  3)  est  une  boîie 
cylindrique  fermée,  dans  laquelle  on  voit  un  tube  central  ai9A 
(jui  est  ouvert  par  le  bas.  Une  cloche  de  bronze  rodée  RR, 
(fu'on  manœuvre  par  un  levier  extérieur  K,  tourne  dans  ce 
lube  comme  un  robinet  dans  sa  gaine.  La  vapeur  qui  arrive 
dans  la  boite  pénètre  librement  sous  la  cloche  R;  elle  peut 
s  échapper  par  un  tube  i  et  venir  se  liquéfier  dans  un  conden- 
seur entouré  d'eau  froide,  D  {PI.  IJ^  fig,  i).  Mais  on  peut 
aussi  fermer  cette  issue  au  moven  du  robinet  L. 

Lsi/ig.  1  {Pi,  II)  représente  une  première  coupe  de  la  boîie 
de  distribution  menée  suivantletubeadducteurAAyClIa/^.S 
(  PL  II)  une  seconde  coupe  perpendiculaire  à  la  première. On  voit 
dans  celle-ci  deux  conduits  opposés  CC,  C'C,  qui  traversenlle 
lube  (xoiaoij  et  qui  sont  destinés  à  donner  issue  à  la  vapeur.  De 
plus  le  robinet-cloche  R  est  percé  d'un  trou  latéral  0  situé  à 
la  hauteur  de  ces  conduits  {PL  lly  fig.  4)-  Si,  au  moyendu 
levier  K,  on  tourne  l'orifice  0  vers  C,  il  laissera  arriver  la  va- 
peur dans  CC;  si  on  le  dirige  vers  C,  elle  s'échappera  par  C'C, 
et  enfin  si  on  le  place  dans  le  plan  normal,  c'est-à-dire  dans, 
celui  de  h  fig.  '3,  il  sera  bouché  par  les  parois  aocax,  el  la  va- 
peur n'aura  d'autre  issue  que  le  tube  d  par  lequel  elle  ira'aii 
condenseur.  On  voit  donc  que  celte  vapeur  peut  être  envoyé^ 
à  volonté  vers(]C  ou  vers  C'C  ou  vers  o. 

Chacun  des  tubes  CC,  C'C  se  rend  dans  un  calorimètre  (Pi/^^ 
fig.  i),  et  chacun  de  ces  calorimètres,  identiques  entre  eu^ 
est  composé  de  deux  sphères  en  cuivre,  d'un  serpentin,  du  ^ 
agitateur  Eou  E',  et  d'un  thermomètre  T  ou  T',  le  tout  plong'^ 
dans  un  vase  rempli  d'eau.  En  pénétrant  dans  l'un  ou  dan  ' 
l'autre,  la  vapeur  se  liquéfie,  et,  quand  l'expérience  est  ter^ 
minée,  on  mesure  le  poids  du  liquide  condensé  en  le  faisan 
écouler  par  un  robinet  S  ou  S'  dans  un  ballon  que  l'on  pèse^ 
Enlin  on  connaît  les  poids  de  chaque  calorimètre,  et  la  quan-^ 
lilé  d'eau  que  l'on  y  verse  est  mesurée  dans  un  vase  H  jaugée 


CHALEURS  LATENTES  DE  VAPORISATION.   i6i* 

ute  température,  que  Ton  remplit  jusqu'au  niveau  /ii,  et 
Ton  vide  dans  C  ou  dans  C  par  les  conduits  A  ou  A'.  Soit  P 
oids  de  chaque  calorimètre  évalué  en  eau. 
n  va  concevoir  maintenant  la  marche  des  expériences  quand 
»père  sous  la  pression  atmosphérique.  On  met  en  ébullition 
1  de  la  chaudière,  et  pendant  trois  quarts  d'heure  on  la  fait 
Hier  à  travers  la  pièce  de  distribution  R,  le  tube  dd  et  le 
denseur  D.  Les  appareils  ayant  pris  alors  leur  état  station- 
e,  on  remplit  les  deux  calorimètres  d'eau  à  /degrés,  et  Ton 
arriver  la  vapeur  dans  C,  qui  s'échauffe  de  /  à  /i  et  gagne 
I  —  t)^K  D'autre  part,  si  p  est  le  poids  de  la  vapeur 
densée,  elle  a  perdu  p'k  -*-/?C(t  —  /<  ),  C  étant  la  chaleur 
Mfique  moyenne  de  l'eau  entre  ti  et  r  qui,  comme  on  sait, 
supérieure  à  l'unité. 

pl-h pC(r  —  tt)  =  V(ti  -  t). 

près  avoir  opéré  avec  le  calorimètre  C,  on  recommence 
c  le  calorimètre  C,  Comme  ils  fonctionnent  successivement, 
1  subit  à  la  fois  les  causes  perturbatrices  et  l'action  réchauf- 
:e  de  la  vapeur  pendant  que  l'autre  éprouve  uniquement 
influences  perturbatrices.  Conséquemment  l'eflet  éprouvé 
le  dernier  pourra  servir  à  corriger  les  erreurs  qui  affectent 
iremier,  si  tous  deux  sont  identiques. 
fais,  avant  d'en  venir  à  ces  corrections,  il  faut  compléter  la 
cription  des  appareils.  Comme  on  n'avait  point  seulement 
ir  but  de  chercher  la  chaleur  latente  de  la  vapeur  saturée 
s  la  pression  atmosphérique,  il  fallait  trouver  un  moyen 
îérer  à  une  pression  quelconque.  A  cet  effet,  un  large  re- 
voir F,  plein  d'air  comprimé  ou  dilate,  communiquait  par  le 
duit^avec  une  botte  M;  et  de  celle-ci  partaient  des  tubes 
se  rendaient,  cetc'  aux  calorimètres,  dddeiu  condenseur  D, 
à  un  grand  manomètre  à  air  libre,  et  un  dernier  tube  à  la 
udière;  par  conséquent,  tous  les  appareils  étant  fermés  et 
communication  avec  M,  on  avait  dans  tous  la  même  pres- 
1  H  qui  était  mesurée  par  le  manomètre.  L'ébullition  de 
u  se  produisait  à  une  température  constante  r  correspon- 
it  à  la  tension /t  =  H,  et  les  expériences  se  faisaient  sous 

et  B.,  Calorimétrie.  —  II.   'à*  fasc.  il' 


i62*  CALORIMÈTRIE. 

les  diverses  pressions  absolument  comme  nous  venons   de 
l'expliquer  pour  la  pression  atmosphérique. 

Il  nous  reste  à  parler  des  corrections  qu'il  faut  faire  aux  ré- 
suUats  bruts  de  Texpérience.  £n  construisant  son  appareil, 
Regnault  avait  mis  tous  ses  soins  à  rendre  les  deux  calorimè- 
tres C  et  C  absolument  identiques.  Il  espérait  ainsi  qu'eo 
dirigeant  la  vapeur  à  travers  Tun  sans  la  faire  passer  dans 
l'autre,  celui-ci  éprouverait  les  mêmes  effets  perturbateurs 
que  celui-là  et  pourrait  les  mesurer.  Par  le  fait,  cette  identité 
n'a  pu  être  réalisée»  et  il  a  fallu  considérer  isolément  chacun 
des  deux  appareils.  Or»  pendant  le  passage  delà  vapeur, chaque 
calorimètre  éprouve  deux  actions  anormales  :  Tune  de  rc- 
chauflement  par  la  conductibilité  du  tube  adducteur;  on  ad- 
met qu'elle  est  proportionnelle  à  l'excès  de  température  9  de 
la  vapeur  sur  le  calorimètre;  l'autre  de  réchauffement  ou  de 
refroidissement  par  l'air,  et  l'on  sait,  d'après  la  loi  de  Newton, 
qu'elle  est  également  proportionnelle  à  l'excès  di  de  Tauno- 
sphère  sur  le  calorimètre.  Conséquemment,  pendant  chaque 
minute,  la  variation  perturbatrice  de  température  peut  s'écrire 

(1)  A^=A0-i-Bei. 

Cette  formule  a  été  vérifiée  directement  en  mesurant,  de 
minute  en  minute,  le  réchauffement  de  Teau  quand  la  boîieR 
était  chauffée,  mais  que  la  vapeur  ne  passait  pas  dans  les  ap- 
pareils. Cela  posé,  on  opère,  pour  les  mesures  définitives,  par 
la  méthode  exposée  précédemment. 

I*  On  mesure  le  réchauffement  loA^  pendant  dix  minutes 
en  faisant  passer  la  vapeur  dans  la  boîte  R,  mais  non  danslfs 
calorimètres,  et  l'on  écrit 

(2)  ioA^=  loA^  -f-  loB^i. 

2"  On  lance  la  vapeur  dans  un  calorimètre  et  l'on  observe, 
de  minute  en  minute,  les  valeurs  moyennes  de  0  et  de  Oi. 

3*»  Enfin,  quand  on  a  cessé  l'action  de  la  vapeur,  on  conli- 
nue  d'observer  le  réchauffement  loA^  pendant  dix  autres  nu- 
luites,  ce  qui  donne 

(3)  i()Ar=  îoA6'-MoB6,. 


CHALEURS  LATENTES  DE  VAPORISATION.        i63* 

îs  deux  équations  (2)  et  (3)  servent  à  déterminer  les  côn- 
es A  et  B,  et,  celles-ci  étant  connues,  les  échauffements 
irbateurs  que  le  calorimètre  a  éprouvés  pendant  le  pas- 

de  la  vapeur  peuvent  se  calculer  par  Téquation  (i)  en 
lion  des  excès  B  et  6t  qui  ont*  été  observés  de  minute  en 
ite.  La  somme;2A^  de  tous  ces  réchauffements  devra  être 
nchée  de  la  température  finale  observée,  pour  obtenir 

qu'on  aurait  eue  s'il  n'y  avait  pas  de  causes  d'erreur,  et 
obtiendra  la  valeur  de  /par  la  formule 

SULTATS.  —  Regnault  a  obtenu  ainsi  la  chaleur 

ssaire  pour  échauffer  l'eau  de  ^1  à  t  et  la  vaporiser  à  cette 
)éralure  t.  En  ajoutant /7^i ,  c'est-à-dire  ce  qu'il  faut  pour 
luffer  cette  eau  de  zéro  à  ^1,  on  obtient  la  chaleur  totale 
nécessaire  pour  élever  un  poids  p  d'eau  de  zéro  à  t  et  la 
sformer  ensuite  en  vapeur  saturée  à  cette  température 
;  la  pression  maximum /t.  Ces  expériences  ont  été  conti- 
ns depuis  G"*"*,  2  jusqu'à  i3**",6;  elles  se  résument  par  la 
iule  empirique  suivante  : 

Q  =  (>o6 , 5  -f-  0 ,  3o5r. 

î  résultat  décide  une  question  qui  jusqu'alors  avait  été 
controversée.  Watt,  d'une  part,  Southern  et  Crighton  {*), 
autre,  s'appuyant  sur  des  expériences  très  peu  complètes, 
ent  énoncé  des  lois  que  nous  croyons  devoir  rappeler, 
i^att  pensait  que,  pour  élever  l'unité  du  poids  de  l'eau  de- 
;  zéro  jusqu'à  une  température  quelconque  t  et  la  trans- 
1er  en  vapeur  saturée  sous  la  force  élastique  maximum /t, 
ut  dépenser  une  quantité  de  chaleur  Q  constante  et  égale 


)   Voir  l'article  I  apeur  (Stoam)  dans  la  Philosophie  mécanique  de  Robison, 

BrewNter,  t.  II.   Watt  n'avait  l'ait  aucune  expérience  sur  la  variation  de 

taleur  latente  de  la  vapeur  d'eau  :  mais  la  loi  proposée  par  lui  semblait 

iéc  par  des  expériences  de  Clément  et  Desormes  (voir  Chimie  de  Then  .rd. 


i64*  CALORIMÊTRIE. 

à625«»',2.  Celle  loi  esl  visiblement  en  contradiction  avec  les 
principes  de  la  Théorie  mécanique  de  la  chaleur. 

D'autre  part,  Southern  et  Crighlon  admirent  que  la  chaleur 
latente  X  est  constante  à  toute  température  et  égale  à  5a5«',  ei 
conséquemment  que  la  chateur  totale  est  sensiblement 

Q  r=  525  H-  T. 

Les  expériences  de  Regnault  prouvèrent  que  ces  lois  soni 
toutes  deux  fausses;  car  la  chaleur  totale  Q  =: 6o6,5 -+- o,3o5: 
est  croissante  avec  la  température,  et  non  point  constanie 
comme  Watt  le  supposait.  Et,  d'un  autre  côté,  la  chaleur  la- 
tente, égale  sensiblement  à  Q  —  r,  est 

'k=.Q  -^z  =  606,5  —  0,6957, 

ce  qui  montre  qu'elle  est  décroissante  et  non  pas  indépen- 
dante de  r,  comme  l'admettaient  Southern  et  Crighton. 

Cette  dernière  formule  fait  voir  que  X  diminue  quand  la  tem- 
pérature augmente^  et  s'il  était  permis  de  supposer  qu'elle  soit 

générale,  la  chaleur  latente  deviendrait  nulle  pour  t  =  -7^» 

c'est-à-dire  866**  environ.  Bien  qu'on  ne  puisse  légitimemea^ 
prolonger  jusqu'à  des  températures  aussi  élevées  une  relation 
empirique  établie  entre  des  limites  beaucoup  plus  basses,  l*^ 
esl  cependant  1res  naturel  d'admettre  que  la  chaleur  lalenied^ 
vaporisation  de  l'eau,  après  avoir  diminué  progressivemenlr 
fmii  par  s'annuler,  et  cela,  très  probablement,  à  une  tempéra- 
ture inférieure  à  celle  que  nous  venons  de  calculer. 

Cela  explique  comment,  dans  les  expériences  de  Cagniard- 
Lalour  el  d'Andrews,  des  liquides  chauffés  en  vase  clos  pas- 
saient presque  instantanément  de  l'état  gazeux  à  l'état  liquide 
et  inversement.  On  avail  évidemment  atteint,  dans  ces  expé- 
riences, des  températures  très  voisines  de  celle  où  la  chaleur 
latente  de  vaporisation  des  liquides  expérimentés  devient  ri- 
goureusement nulle. 

CHALEUR  SPÉCIFiaUE  KOTENHE  DE  U  VAPEUR  D'EAU  SOUS  PEESSIOI 
CONSTANTE^  —  En  surchauffant  la  vapeur  d'eau,  Regnault  a  ob- 
tenu, dans  quatre  séries  d'expériences,  les  valeurs  suivantes 


CHALEURS  LATENTES  DE  VAPORISATION.   i65* 

de  sa  chaleur  spécifique  :  o,4688i;  o48<ii;  04B080;  0,47963. 
Il  en  a  conclu  que  la  chaleur  spécifique  delà  vapeur  d'eau  sous 
pression  constante  est  invariable  dans  les  limites  de  tempéra- 
ture où  il  a  opéré,  et  il  adopte  pour  la  représenter  le  nombre 
Oy48o5.  Rappelons  que  (^)  la  chaleur  spécifique  de  la  vapeur 
d'eau  aux  températures  très  élevées  n'est  certainement  pas 
constante  :  elle  croît  régulièrement  quand  la  température 
s'élève  jusqu'à  35o&*. 

GHAX£UR  LATEHTE  DE  VAPOBISATIOH  DES  UaUIDES  ET  CHALEUR  SPÉ- 
OnaUE  DES  VAPEURS  SOUS  PRESSIOH  COHSTAUTE.  —  RegnauU  (s)  a 
étendu  ses  recherches  à  un  certain  nombre  de  liquides. 

Pour  opérer  à  leur  température  d'ébullition  normale  ou  au- 
dessus,  il  employait  un  appareil  analogue  à  celui  qui  avait 
servi  pour  la  vapeur  d*eau,  mais  de  plus  petites  dimensions. 
On  faisait  arriver  la  vapeur  dans  le  bain  d'huile  où  on  la  sur- 
chauffait jusqu'à  ^,  k  10®  ou  i5<'  au-dessus  de  la  température 
d^ébullition  normale;  puis  on  recommençait  l'expérience,  mais 
en  portant  la  vapeur  à  une  température  &  très  supérieure.  On 
déterminait  avec  soin  la  chaleur  nécessaire  pour  élever  le 
liquide  à  sa  température  d'ébullition,  et  l'on  avait  tous  les  élé- 
ments pour  déterminer  la  chaleur  latente  du  liquide  et  la  cha- 
leur spécifique  de  sa  vapeur. 

On  remarque  toutefois  que  la  chaleur  abandonnée  de&  k(B 
est  très  petite,  tandis  que  la  chaleur  latente  est  considérable  ; 
la  chaleur  spécifique  moyenne  des  vapeurs  se  trouve  donc 
affectée  par  toutes  les  inexactitudes  des  mesures  (')  et  par 


(•)  roir  p.  82\ 

(•)  Regnault,  Recherches,  etc.,  t.  IF,  p.  i63. 

(')  M.  Eilhard  Wiedemann  a  proposé  récemment  {Annalen  der  Phjrsik^  nou- 
'Velle  série,  par  Wiedemann,  t.  H,  p.  19.);  1881)  une  méthode  pour  la  déter- 
mination directe  de  la  chaleur  spécifique  sous  pression  constante  des  vapeurs, 
applicable  aux  liquides  qui  bouillent  à  des  températures  comprises  entre  zéro 
€t  loo**.  On  provoque  rébullition  à  basse  température  en  faisant  un  vide  plus 
on  moins  complet  dans  l'appareil  distillatoire;   la  vapeur  dégagée  est  sur- 
chauffée dans  un  bain-marie  de  paraffine,  et  traverse  un  petit  calorimètre  dont 
la  température  initiale  (de  20  à  30")  est  supérieure  à  la  température  de  con- 
densation de  la  vapeur  sous  la  pression  employée.  Toute  la  chaleur  cédée  au 
calorimètre  est  due  uu  refroidissement  de  la  vapeur;  rexpérience  dure  de  cinq 


i66*  CALORIMÉTRIE. 

suite  elle  est  moins  bien  connue  que  la  chaleur  latente  (M-^ 
Le  Tableau  suivant  contient  les  principaux  résultats  obtenus 
par  Regnault,  en  ce  qui  concerne  les  chaleurs  spéciGques: 

Chaleurs  spécifiques  des  vapeurs  sous  pression  constante. 


Chlorure  d'éthylo 0,27376 

Éther o,  47966 

Alcool 0,45341 

Sulfure  de  carbone o,  15696 

Benzine o  ,3754 

Essence  de  térébenthine.  o,5o6i 

Alcool  méthylique o,458o2 

Sulfure  d'élhyle 0,40081 


Acétate  d'éthyle 0,40081 

Acétone 0,41246 

Chlorure  d'éthyiène 0,22931 

Chloroforme 0,  i5666 

Chlorure  de  silicium -  o,i3a2 

Pro tochl .  de  phosphore .  0,1 347^ 

Chlorure  d*arsenic o,  11224 

Bichlorure  d*étain 0,0938^ 


En  ce  qui  concerne  Tacide  carbonique  et  le  sulfure  de  car- 
bone, Regnault  a  constaté  que  la  chaleur  spécifique  à  pre^' 
sion  constante  ne  peut  être  considérée  comme  invariable 
elle  croît  avec  la  température.  Il  est  probable  qu'il  en  est  c^ 
même  pour  les  autres  vapeurs  prises  à  une  température  su! 
samment  élevée  ou  sous  une  pression  assez  considérable. 


a  six  minutes;  les  nombres  obtenus  sont  d'accord  avec  ceux  de  Regnault, 

ils  prouTcMit  que   les  chaleurs  spécifiques   des  vapeurs  croissent  d'une  m^ 

nicre  notable  par  l'élévation  de  la  température. 

(')  Rc{;nault  a  employé  une  antre  méthode  pour  la  détermination  desch^^ 
leurs  latentes  à  basse  température.  Elle  consiste  esseutiellemont  à  intrc*^ 
diiire,  dans  un  calorimètre  à  température  0^  un  poids  connu  de  liquide  à  I  ^ 
même  température,  et  à  provoquer  son  ébullition  par  une  diminution  suffit 
santé  de  la  pression.  Le  liquide  se  vaporise  complètement,  et  le  caloriraètrr^ 
s'abaisse  de  la  température  0  à  la  température  finale  0'.  Dési(jnons  par  K  1er' 
pertes  de  chaleur  éprouvées  par  le  calorimètre  pendant  l'expérience,  par  P  soi  J 
poids  évalué  en  eau.  Il  a  perdu  une  quantité  de  chaleur  P(6  —  6'-r-K). 

D'autre  part,  le  poids/;  du  liquide  s'abaisse  de  &  à  la  température  r  de  soi  ' 

ébullition  à  la  pression  à  laquelle  on  le  soumet,  et  perd  ainsi/7C(6 — t)"^^ 

En  môme  temps,  la  vapeur  formée  absorbe  pX^'^^  et  se  réchauffe  en  s'échappanr 

6  —  6' 
«lu  calorimètre  jusqu'à  la  température  de  celui-ci,  qui  est,  en  moyenne, — 

On  aura  donc,  en  désignant  par  C  la  chaleur  spécifique  de  la  vapeur, 

Une  légère   incertitude  règne  sur  la  valeur  de  la  vraie  température  d'ébulli- 
tion  r,  déduite  de  la  pression  lue  au  manomètre. 


CHALEURS  LATENTES  DE  VAPORISATION.   167* 

Quant  aux  chaleurs  latentes,  on  a  pu,  en  général,  les  repré- 
senter par  des  formules  à  trois  termes 


On  a  pour  les  liquides  suivants 


a. 


Sulfure  de  carbone 

Éther 

Senzine 

!Ihloroforme 

Chlorure  de  carbone  C*C1^. 
acétone 


90,0 
94,0 

109,0 
67,0 
5a, o 

i4o,5 


—0,08911 
—0,07901 
— o,i355o 
—0,09485 
—o, 05173 
—0,13999 


—0,0004988 

— o,ooo85i4 
— o,ooo5885 
— o,oooo5o7 
— 0,0001616 
— 0,0009115 


L*alcool  présente  des  bizarreries  singulières.  Le  Tableau 
suivant  contient,  d'après  Regnault,  la  chaleur  totale  de  vapo- 
risation Q  et  la  chaleur  latente  X  de  lo*"  en  lo*"  : 


T. 
O 


Q- 


o i36,5 

10 244i4 

10 i5i,o 

3o i58,o 

40 262,0 

5o 264,0 

60 265,0 

70 265 , 2 


236,5 
238,8 
240,6 
140,5 
238,3 
233,8 
227,6 
220,6 


T.  Q.  X. 

o 

80 265,1  ii3, 1 

90 266,0  106,0 

100 167,3  199,1 

110 269,6  191,9 

120 2l7îi»5  186,8 

i3o 276,0  181 ,0 

i4o 180,5  175,8 

i5o 285,3  170,5 


GA8  DES  VAPEURS  DOHT  U  DENSITÉ  VARIE  AVEC  LA  TEMPÉRATURE. 

—  Il  est  intéressant  de  savoir  comment  varie  la  chaleur  spé- 
ûfique  des  vapeurs  dont  la  densité  change  avec  la  température, 
u'acide  hypoazotique  et  Tacide  acétique,  particulièrement  re- 
narquables  à  cet  égard,  ont  été  étudiés  récemment  par 
AM,  Berthelot  et  Ogier  ( <  ). 

I®  Acide  hypoazotique.  —  Ce  gaz  n'atteint  sa  densité  théo- 
ique  que  vers  iSo*^;  elle  est  sensiblement  la  moitié  de  celle 
|u'il  possède  à  27°. 


(  ')  BERTncLOT  et  Ogier,  Annales  de  Chimie  et  de  Physique,  5*  série,  l.  XXX, 
.  382  et  4oo  (i883);  el  Journal  de  Physique^  a*  Ȏrie,  t.  III,  p.  Sao  et  522 


i68*  CALORIMÉTRIE. 

Le  gaz  hypoazotique  est  surchauffé  dans  une  étuve  à  des 
températures  graduellement  croissantes»  par  intervalles  suc- 
cessifs de  4o°  à  5o",  depuis  3o®  jusqu'à  3oo*».  Il  traverse  en- 
suite un  calorimètre  chauffé  préalablement  de  a8®  à  3o«  et 
Ton  mesure  la  chaleur  totale  cédée  par  le  gaz  au  calorimètre. 

La  chaleur  spécifique  moyenne  du  gaz,  calculée  de  5o*en 
50**,  décroît  d*abord  jusque  vers  i5o«,  c'est-à-dire  jusqu'à  la 
température  où  la  densité  de  vapeur  devient  constante;  au- 
dessus  de  ce  point,  la  chaleur  spécifique  croît  avec  la  tempé- 
rature, comme  cela  a  lieu  pour  les  autres  corps  d'une  manière 
habituelle,  c'est-à-dire  que  l'acide  hypoazotique  rentre  datts 
la  règle  générale  dont  il  s'écartait  jusque-là.  On  doit  en  con' 
dure  qu'entre  27®  et  i5o«  la  chaleur  absorbée  par  le  gaz  hypo- 
azotique est  la  somme  de  deux  quantités  de  chaleur  :  cell^ 
qu'il  absorberait  s'il  ne  changeait  pas  d'état  moléculaire,  cell^ 
qui  est  absorbée  par  ce  changement  lui-même.  La  quantité  cS^ 
chqleur  absorbée  en  excès  par  ce  gaz,  en  passant  de  27**  à  i5o** 
est  supérieure  à  la  chaleur  même  de  vaporisation.  Elle  corre^ 
pond  aux  changements  de  densité  et  de  coloration  que  l'on 
constatés  depuis  longtemps;  le  changement,  quel  qu'il  soi^ 
qui  s'opère  dans  la  constitution  du  gaz,  est  également  man£^ 
fesié  par  les  trois  sortes  de  phénomènes. 

2*  Acide  acétique,  —  L'acide  acétique,  dont  nous  avons: 
étudié  précédemment  les  variations  de  densité  de  vapeur (*) 
n'entre  en  ébullition  qu'à  118**.  Pour  étudier  les  variations  d^ 
sa  chaleur  spécifique,  MM.  Berthelot  et  Ogier  ont  dû  déter^ 
miner  d'abord  la  quantité  de  chaleur  abandonnée  par  l'acide^ 
acétique,  en  se  condensant  à  nS*»  et  se  refroidissant  à  l'élaU 
liquide  jusqu'à  la  température  ordinaire. 

Les  phénomènes  observés  sont  les  mêmes  que  pour  l'acide 
hypoazotique,  c'est-à-dire  que  la  chaleur  spécifique  moyenne 
décroît  rapidement  d'abord,  plus  lentement  ensuite  jusque  ■ 
vers  23o''  ou  240"*»  température  où  la  densité  de  vapeur  de  ' 
l'acide  acétique  devient  constante.  Les  expériences  n'ayant  élé^ 
poussées  que  jusqu'à  3oo**,  on  n'a  pu  observer  l'accroissemenl^ 
qu'a  manifesté  ensuite  l'acide  hypoazotique,  mais  il  est  vrai— 


(')  I*'  fascicule,  p.  208. 


i^* 


CHALEURS  LATENTES  DE  VAPORISATION.        169 

ilable  que  Ton  constaterait  cet  accroissement  à  une  tem- 
ure  plus  haute. 

ixcès  de  chaleur  absorbée  de  ii8«  3^40*»  est  considérable 
rrespond  au  changement  des  propriétés  moléculaires  de 
e  acétique.  Une  remarque  singulière,  c'est  que  la  chaleur 
I,  somme  de  la  chaleur  de  vaporisation  X  et  de  transfor- 
m  6  pour  Tacide  hypoazotique  et  pour  l'acide  acétique, 
>rtée  à  la  molécule  de  ces  corps,  est  sensiblement  égale 
haleur  latente  moléculaire  de  Teau  ou  de  Falcool. 

ide  hypoazoliquo. . .  a  —  53oo  0  ==  4^00  X  h-  9  —  9600 

ide  acétique ).  —  SogS  0  =  4810  >  -»-  0  —  9905 

1 »»                     •»  /.  =  9650 

îool »                     »  >  =  9800 

lemble  indiquer  qu'il  s'agit  réellement  d'une  somme  de 
IX  pareille  dans  ces  divers  cas, c'est-à-dire  d'un  phénomène 
nent  physique.  Le  travail  de  la  vaporisation  s'effectue  d'un 
;oup  pour  l'eau  et  la  plupart  des  corps,  tandis  qu'il  parait 
Li  sur  un  certain  intervalle  de  température  pour  les  corps 
;omme  l'acide  hypoazotique  ou  l'acide  acétique,  ont  une 
lé  de  vapeur  variable  avec  la  température. 


170* 


CALORIMÉTRIE. 


Chaleurs  latentes  moléculaires  de  vaporisation  des  élëmen 
leurs  principaux  composés  rapportées  à  un  même  volume 
(22''S32)  sous  la  pression  atmosphérique  (*). 


FORMULES. 


Brome 

lodi' 

Soufre 

Mercure 

Eau 

Ammoniaque 

Acide  fluorhydrique 

Protoxyde  d'azote 

Acide  hypoazotique 

Acide  azotique  anhydre. . . 
»  hydraté  . . . 

Acide  sulfureux 

Acide  sulfurique  anhydre . 

Chlorure  stannique 

D        phosphoreux 

»         arsénieux 

»        de  bore 

»         de  silicium 

Acide  carbonique  (solide). 

Chlorure  de  soufre 

Sulfure  de  carbone 

Acide  cyanhydrique 

Benzine 

Chloroforme 

Chlorure  d  et'jyle 

Bromure  d'élhvle 

lodure  d'élhyle 

Alcool  méthylique 

»       élhylifjue 

»»       propylique 

>»       aniylique 

Acétone 

Chloral 

Acide  formique 

•     acétique 

»     butyrique 

)>     valérique 

Acéiate  d'éthyle 

Éthcr  ordinaire 


Br» 

I' 

S» 

Hg» 

H'O» 

AzH' 

H  FI 

2AzO 

AzO' 

2AzO» 

AzO«H 

aSO» 

S'O* 

2  Sn  CI» 

PhCP 

AsCP 

BoCI» 

Si  Cl» 

aCO» 

S«C1' 

9  es» 

C'AzH 

C«'H* 

CMPCP 

C*H'(HC1) 

CMi'(HBr) 

C*H'(HI) 

C^HMH'OO 

(>H*(HH)') 

C*H*(H»O0 

C'H*(H^O^) 

C*H*0' 

C'HCPO» 

CMI'O' 

C'H'O' 

C'H'O* 

C'^H'^O* 

C«H*(C'H'0') 

C«H*(C'H'()») 


POIDS 

molé- 

cnlalrM. 


160 
25', 

64 

200 

18 

20 


CHALECHS 

latentes 

molécalatre» 


% 


\ 
6 

108 

63 

64 

80 
260 
137,5 
181,5 
117,5 
170 

44 

i35 

76 

iio,-^ 

100 
lob 

'61 

46 

Go 

88 

58 

46 

60 

88 

102 

88 

74 


ô 


6991 
6000 
4600 
i54oo 
9650 
4400 
laoo 
i4oo 
|3oo 
4800 
7250 
0200 
II 800 
7600 
6900 
84oo 
4âoo 
635o 
6100 
6noo 
6^00 
5700 
7200 

?^-° 

6400 
6700 
7600 
845o 
9800 

99^" 
10700 

7D00 

8000 
4800 
5 100 

lOlOO 

10600 

10900 

65oo 


ÂCTECI 


BertheJot  et 
FaT«. 
Id. 
Id. 
Regoaol 
Id. 
GuDtz. 

Fawe. 
Berthelot 

Id. 

Id. 
FtTre. 
Berthelot 
RegninlL 

Id. 

Id. 
Berthelot 

Ofier- 
Fane. 
Ogier. 
Regnstt» 
Berthel< 
Régna»* 
Id. 
id. 
Berthel 
Id. 

la. 

RegD9> 
Diakots 
Régna» 
Id. 
Berthe 

Berthelot  e 

la. 

FaTreetSilR 

Id. 

Regns»^ 

Id- 


(')  Ce  Tableau  est  extrait  d'un  Tableau  plus  complet,  publié  dans  VAnnueùr^ 
de  a  Longitudes  pour  i885,  p.  700-70/,. 

(')  Bestuelot  et  Ogier,  Annales  de  Chimie  et  de  Physique^  5*  série,  t.  XXX,  I>- 


DISSOLUTION.  171* 


CHAPITRE  VIL 

DISSOLUTION. 

ution  des  corps  solides.  —  Chaleur  de  dissolution.  —  Sursatu- 

yn.  —  Congélation  des  dissolutions  salines.  —  Mélanges  réfrigé- 

rS.   —  Phénomènes  thermiques  accompagnant   le  mélange  des 

ides. 

ution  des  gaz.  —  Interprétation  des  lois  de  Dalton.  —  Sursaturation 

solutions  gazeuses.—  Chaleur  latente  de  dissolution  des  gaz.  —  Ab- 

>tion  des  gaz  par  les  corps  solides. 


SOLUnOH  DES  CORPS  SOUDES.  —  CHALEUR  DE  DISSOLUTIOH.  — 

jpelle  coefficient  de  solubilité  d'un  corps  solide  le  poids 
num  de  ce  solide,  qui  peut  être  dissous  par  Tunité  de 
3  du  dissolvant,  à  la  température  que  Ton  considère.  En 
'al,  quand  la  température  s'élève,  le  coefficient  de  solu- 

augmente,  mais  on  n'a  pas  réussi  jusqu'à  présent  à 
senter  sa  variation  par  des  formules  de  quelque  géné- 
:  on  s'est  contenté  de  figurer  les  résultats  des  expériences 
es  courbes  construites  en  prenant  pour  abscisses  les  tem- 
ures  et  pour  ordonnées  les  coefficients  de  solubilité  cor- 
ndants.  Pour  un  certain  nombre  de  sels  anhydres,  on 
it  ainsi  des  lignes  droites  :  par  exemple,  pour  les  chlo- 
,  bromures  et  iodures  de  potassium  et  de  sodium  anhy- 

<  ),  tandis  que  pour  le  bromure  et  Tiodure  de  sodium 
tés  on  obtient  des  lignes  courbes  tournant  leur  conca- 
ux  ordonnées  positives.  On  trouvera  dans  les  Traités  de 
ie  les  courbes  de  solubilité  des  principaux  sels  dans 


>E  CoppET,  Annales  de  Chimie  et  de  Physiquej  5*  série,  t.  XXX,  p.  t\\\\ 


172*  CALORIMÉTRIE. 

Le  phénomène  de  la  dissolution»  quand  il  n'est  pas  accom- 
pagné d'une  combinaison,  a  pour  conséquence  une  absorption 
de  chaleur  latente,  ce  qui  le  rapproche  de  la  fusion;  remar- 
quons toutefois  que  la  quantité  de  chaleur  absorbée  ne  dépend 
pas  seulement  du  poids  du  corps  dissous,  mais  encore  de  la 
quantité  du  dissolvant  employé.  La  dissolution  d'un  solide  est 
en  effet  une  opération  assez  complexe,  qu'on  peut  envisager 
comme  une  fusion  accompagnée  de  la  diffusion  du  liquide 
produit  dans  la  masse  du  dissolvant. 

Le  Tableau  suivant  (^  fournit,  à  titre  d'exemple,  quelques 
renseignements  sur  la  chaleur  de  dissolution  des  sels.  On  sup- 
pose que  la  quantité  d'eau  ajoutée  au  sel  est  assez  grande  pour 
que  l'addition  d'une  nouvelle  quantité  d'eau  ne  produise  plus 
aucun  phénomène  thermique  appréciable  : 

(*)  D'après  les  Tableaux  publiés  par  M.  Berthelot.dans  son  Essai  Je MéU" 
nique  chimique  fondée  sur  la  Thermochimicy  t.  I**,  p.  627  et  suivantes. 


DISSOLUTION. 


173* 


I. 


tasviuin 

dium 

iftsium 

I  anhydre 
hydrate 
lium 

(anhydre, 
hydraté. 

nhydre 

ydraté 

sse 

e 

miaque 

(  anhydre 

(  hydraté. 

t 

asse 

ide 

le 

potasse 

sse 

\  anhydre. 

{  hydraté. 

.  .    i  anhyd. 

{  hydr. . 

j  anhydre... . 

'  hydraté.. . . 

lydraté 

i  anhydre.. 

{  hydraté.. 

oudc 

otasse 

jude 


CHALEDBS 

POBMCLE8. 

£0UIVA  - 

de  dfMolallon 

ACTECRS . 

LENT8. 

rtpporleM 
à  1  éqolralent. 

KGl 

74,6 

—  4aoo 

Berthelot. 

NaCl 

58,5 

—  1100 

Id. 

KBr 

ïi9,« 

—  5400 

Id. 

NaBr 

io3 

—     3oo 

Id. 

NaBr,4H0 

«39 

—  445o 

Id. 

Kl 

167,1 

—  53oo 

Id. 

Nal 

186 

-h  iSoo 

Id. 

NaI,4H0 

332 

—  4ooo 

Id. 

SrCl 

79»3 

-+-  55oo 

Id. 

SrCI,6H0 

i33,3 

—  36oo 

Id. 

KAzO* 

101,1 

—  83oo 

Id. 

NaAzO* 

85 

—  470c 

Id. 

AzH«AzO« 

80 

—  6300 

Id. 

CaAzO* 

83 

-f-  2000 

Thomsen. 

CaAzO*,4HO 

118 

—  38oo 

Berthelot. 

AgAzO* 

170 

—  5700 

Id. 

.KCIO* 

132,5 

— lOOOO 

Id. 

NaCIO» 

106,5 

—  0600 

Id. 

KIO* 

3l4 

—  6000 

Id. 

KCIO» 

i38,5 

— 13 100 

Id. 

KSO* 

87,1 

--  3ioo 

Id. 

NaSO* 

71,0 

-+-    400 

Id. 

J^aSO*-hioHO 

161,0 

—  9100 

Id. 

MgSO* 

60 

-M  0200 

Favre. 

MgSO*-+-  7  HO 

123 

—  2000 

Grandeau. 

ZnSO* 

80,5 

■+■  9100 

Id. 

ZnSO*-h7HO 

143,5 

—  2200 

Id. 

FeSO*-h7HO 

139 

—  23oo 

Id. 

CuSO» 

79'7 

-t-  8100 

Id. 

CuSO*-^5HO 

124,7 

—  i45o 

Id. 

PhO»3NaOH0  4-24HO 

358 

— 23900 

Thomsen. 

KO,CO« 

69»» 

■+■  33oo 

Berthelot. 

NaO,CO  M-ioHO 

143 

—  8100 

Thomaen. 

les  sels  anhydres,  tanlôt  il  y  a  dégagement  el  tantôt 
on  de  chaleur  par  la  dissolution;  mais,  pour  les  sels 
,  c'est  très  généralement  une  forte  absorption  de  cha- 
jt  au  moins  quand  le  sel  est  au  maximum  d'hydia- 


^ 


174*  CALORIMÉTRIE. 

talion.  On  doit  en  conclure  que,  quand  il  y  a  dégagement  de 
chaleur,  Teffet  propre  de  la  dissolution,  qui  est  toujours  une 
absorption  de  chaleur,  se  trouve  masqué  par  un  dégagement 
de  chaleur  plus  intense  dû  à  une  action  chimique.  La  compa- 
raison des  chaleurs  de  dissolution  d'un  même  sel  anhydre  et 
hydraté  permet  justement  de  reconnaître  quelle  est  la  quan- 
tité de  chaleur  dégagée  par  la  combinaison  du  sel  avec  Teau. 

SURSATUBATION.  —  Le  corps  dissous  n^étant  maintenu  à  Télat 

liquide  que  par  la  présence  du  dissolvant,  si  Ton  évapore 

celui-ci,  le  corps  dissous  revient  à  Tétat  solide.  11  en  est  de 

même  quand  on  refroidit  la  dissolution,  saturée  à  chaud,  d*un 

corps  dont  la  solubilité  croît  avec  la  température.  Dans 

*^'     '    les  deux  cas  le  corps  cristallise. 

D'ailleurs  la  solidification  des  corps  dissous  pre- 
,         sente  les  mêmes  particularités  que  celle  des  corps  fon- 
A       dus;  à  la  surfusion  correspond  la  sursaturation. 

L'expérience  relative  à  la  sursaturation  du  sulfate  de 
soude  est  aujourd'hui  tout  à  fait  classique.  On  fait 
bouillir  loo""  d'eau  avec  400»^  de  sulfate  de  soude  dans 
un  tube  que  l'on  ferme  à  la  lampe  (/îg*.  45)  et  qu'on 
abandonne  à  la  température  ordinaire.  La  cristallisalion 
ne  se  produit  pas,  et  cependant  la  dissolution  froide 
peut  conienir  jusqu'à  huit  fois  plus  de  sel  qu'elle  n'e*^ 
dissoudrait  à  la  température  où  elle  se  trouve. 

Mais,  si  Ton  vient  à  briser  la  pointe  du  tube,  toute  la  mas-^ 
liquide  se  prend  subitement  on  un  magma  de  cristaux  enir^' 
lacés.  En  même  temps,  il  y  a  dégagement  de  chaleur  laien  ^-^ 
et  la  température  s'élève  assez  pour  faire  bouillir  de  l'élh^ 
placé  dans  un  petit  tube  qu'on  plonge  au  milieu  de  la  mas?  ^ 
Celte  dernière  expérience  réussit  mieux  encore  avec  une  di^ 
solution  sursaturée  d'acétate  de  soude  :  la  température  pe^ 
alors  monter  à  55". 

M.  (jcrnezC  )  a  fait  une  étude  toute  particulière  du  phén^ 
mène  de  la  sursaturalion.  Il  a  reconnu  que  l'introduction,  dai 


(')  Cernez,  Atumlcs  de  l'Ecole  Normale ,   i'*  série,  l.  111,  p.  iG^,  et  J*  îMJri 
l.  V,  |i.  ij. 


<    1 

l    \ 

•    i 


DISSOLUTION.  175* 

liquide  sursaturé,  d'un  crislal  de  même  espèce  que  ceux 

peuvent  se  former  en  provoque  la  solidifîcation  immédiate, 

dis  qu'un  cristal  d'une  autre  espèce  demeure  sans  action. 

isi,avec  le  sulfate  de  soude,  il  se  dépose  quelquefois  à  chaud 

cristaux  de  sulfate  à  7  équivalents  d'eau,  NaO,  SO^  -h  7  HO, 

occupent  le  fond  du  tube  et  au  contact  desquels  le  liquide 

d,  contenant  Fhydrate  à  10  équivalents  NaO,  SO'-f-  loHO 

Ifate  de  soude  ordinaire),  demeure  sursaturé. 

)uand  on  brise  la  pointe  du  tube  et  que  Tair  se  précipite  à 

teneur,  il  entraîne  presque  nécessairement  des  parcelles 

ilalHnes  demeurées  sur  les  parois  du  tube,  et  alors  le  sulfate 

soude  se  solidifie. 

In  peut  faire  cesser  la  sursaturation  en  introduisant  dans  le 
lide  un  cristal  isomorphe  avec  la  substance  dissoute.  Ainsi 
ulfate  de  soude  NaO,  S0*4-  10 HO  fait  cristalliser  le  chro- 
lede  soadeNaO,  Cr0*4-  10 HO.  La  forme  cristalline  a  donc 
s  ces  phénomènes  une  importance  à  peu  près  exclusive; 
peut  s'en  assurer  par  l'expérience  suivante  :  il  existe  deux 
rates  de  soude  et  d'ammoniaque  qui  diffèrent,  quand  ils 
t  dissous,  par  la  propriété  de  faire  tourner,  l'un  vers  la 
ite,  Tautre  vers  la  gauche,  le  plan  de  polarisation  de  la  lu- 
ire  et,  quand  ils  sont  cristallisés,  par  une  facette  hémié- 
|ue  placée  à  droite  ou  à  gauche.  Si  on  les  mêle,  qu'on  en 
pare  une  solution  sursaturée  et  qu'on  y  introduise  un  petit 
ital  de  l'un  ou  l'autre  de  ces  deux  sels,  on  détermine  aussi- 
et  exclusivement  la  solidification  de  ce  sel,  tandis  que 
lire  demeure  dissous. 

Quelque  puissante  que  soit  l'action  exercée  par  l'introduction 
is  la  liqueur  d'une  forme  cristalline  identique  à  celle  du  corps 
îous,  elle  ne  constitue  pourtant  pas  le  moyen  unique  de 
ipre  l'équilibre  instable  des  solutions  sursaturées.  Un  cer- 
I  nombre  de  solutions  cristallisent  sous  rinfiuence  d'actions 
paniques,  spécialement  quand  on  frotte  vivement  deux  corps 
sein  du  liquide;  et,  dans  tous  les  cas,  il  suffit,  pour  provo- 
r  la  solidification,  d'un  refroidissement  poussé  assez  loin. 

OmÉLATION  DES  DISSOLUTIONS  SALINES.  —  Tout  le  monde  sait 
:  les  solutions  salines  ne  se  congèlent  pas  à  la  température 


?é-  CALORIMÉTRIE. 

le  ^nj.  Bla^ea  y  M  avait  trouvé,  dès  1788,  que  rabaissement 
lu  noîuL  <iie  cofifélation  de  certaines  dissolutions  salines  est 
3njporùoiui«K  à  la  quantité  de  sel  dissous.  Cette  loi  a  été 
jOjei  i^fcunles  nombreuses,  parmi  lesquelles  nous  signalerons 
.•^ile<  ie  mîsfw^v*)»  de  MM:  Rossetii  (»),  de  Coppei(*),Rû- 
iurf  '  <H  Raoult  (*).  Leur  premier  résultat  a  été  de  montrer 
tu  M  v^ja^mii  de  distinguer  entre  les  dissolutions  concentrées 
:H  !e!>  iî:5s5olviUons  très  étendues.  Pour  ces  dernières,  la  loi  de 
Ka^ù^m  e$i  toujours  applicable  et  Ton  voit  apparaître  des  rela- 
uott:^'  <ùnple$  qui  font  défaut  pour  les  solutions  concentrées. 
V;u:^  nous  occuperons  d'abord  de  ces  dernières. 

t*  tHsso/uiions  concentrées.  —  Nous  avons  déjà  indiqué 
v*u  p^ftssani  i^iwr  I'*  Partie,  p.  66  et  67)  le  résultat  des  expé- 
rtetic^fs  de  Despretz  et  de  M.  Rossetti.  Les  recherches  plus 
oieuduesdeM.  Rûdorff  conduisent  aux  conclusions  suivantes: 

I'  La  loi  de  Blagden  est  exacte  pour  certains  seKs,  tels  que 
les  chlorures  de  potassium,  d'ammonium,  etc. 

i**  Pour  d'autres  sels,  le  rapport  -  de  rabaissement  C  du 

poiul  de  congélation  à  la  quantité  p  de  sel  dissous  crott  tou- 
jours a^ev'f^.  M.  Rûdorff  croit  pouvoir  expliquer  celle  diffé- 
^'iuc  cMi  ;idnieuant  que  dans  le  premier  cas  le  sel  dissous 

\iNio  a  l  olai  unh^drc  dans  la  dissolution  ;  tandis  que,  dans  le 
MWiivi,  la  subslunce  dissoute  est  un  hydrate  à  proportions 
u  îimc>. 

î^  Kiiïin  ocrUlius  sels,  le  chlorure  de  sodium  par  exemple, 
iv'  iKH4^v^iii  ouv  ran$:és  dans  aucune  de  ces  deux  catégories;  H 
•il    v.NiiUciaii,  duprès  M.  KûdorfT,  que  Tétai  du  sel  dissous 

iï%taç;o  .*^iv  le  do^rc  de  concentration. 


Kt,v    'àv     *'i..-'vvi'^.i.r.*/  Transactions,  p.  i43  et  3ii;  1788. 

ï>%v«i«'-.     4... «*..'<■>  Utf  Chimie  et  île  Physique,    2'  série,  t.  LXX,  p.  5i  " 

•\s^>^i...     ttt.utiis  de   Chimie  et  de  PhjsiquCy    4'  série,  t.  XVII,  p.  ^1^' 


•■  s- 


^  V.  .-.ii».     iu/M*\'s  de  Chimie  et  de  Phjrsique,  4*  série,  l.  XXIIl,  P*  ^ 

\\^.  {».   vj  ;  l.  \\>l,  p.  ()8. 
x„ .  ^.1^» i .    «/i.»u»f*  de  Chimie  et  de  Phjrsique,  4'  série,  t.  XVÏl,  p.  480;  i3"9- 
V*  >-  ♦     >  .».•«*«."  de  Physique,  1*  série,  l.  Ul,  p.  16;  1884. 


DISSOLUTION.  177* 

5  recherches  récentes  de  M.  Guihne(*),  en  confirmant 
!  manière  générale  la  manière  de  voir  de  M.  Rûdorff,  ont 
me  certaine  lumière  sur  la  question.  Ses  études  ont  porté 
rd  sur  les  solutions  de  sel  marin, 
and  on  soumet  au  refroidissement  une  solution  étendue 
i,  la  glace  commence  à  se  formera  une  température  d'au- 
lus  basse  que  le  poids  de  sel  dissous  est  plus  grand  ;  njiais 
de  Teau  pure  qui  se  congèle,  ainsi  que  l'avaient  déjà 
îcé  Tyndall(2)  et  Faraday  (').  La  liqueur  se  concentre 

à  mesure  que  la  température  s'abaisse,  et  à  ^  22"*  elle 
3nd  en  masse.  Sa  composition  correspond  alors  à  la  for- 
NaCl  4-ioHO,  et  sa  teneur  en  sel  anhydre  est  de  23,8 
100. 

;  choses  se  passent  d'une  tout  autre  manière  quand  on 
et  à  l'action  du  froid  une  solution  concentrée  dé  sel  marin. 
>iient  alors,  à  une  température  suffisamment  basse,  des 
ux  de  chlorure  de  sodium  bihydraté  NaCI  -h  2  HO,  et  par 
iquenl  la  liqueur  perd  de  sa  concentration  jusqu'à  —  22»; 
•tion  non  encore  solidifiée  possède  justement  la  compo- 

NaCI  -h  10  HO,  et  se  prend  en  masse  par  le  refroidisse- 

•  . 

s'explique  l'ensemble  de  ces  faits,  en  admettant  l'exis- 
d'un  cryohxdrate{^)  de  sel  marin  à  10  équivalents 
,  solide  au-dessous  de  —  22",  et  subissant  à  cette  tempé- 
î  la  fusion  aqueuse  que  certains  hydrates  définis,  l'acide 
ne  par  exemple,  ne  subissent  qu'à  une  très  haute  tem- 
jre. 

juthrie  penseque  l'existence  du  cryohydrateNa  Cl  4-10HO 
5t  de  rendre  compte  des  particularités  que  présente  l'em- 
u  mélange  réfrigérant  de  neige  et  de  sel  marin.  La  tem- 
jre  produite  par  le  mélange  serait  justement  —  22»,  c'est- 
ila  température  de  fusion  du  cryohydrate;  de  telle  sorte 
î  degré  de  froid  obtenu  serait  indépendant,  dans  de  larges 

kTiiRiE.  Philosophical  Mogazine,  l\*  série,  t.  XLIX,  et  5*  séiie,  t.  n  ; 
^76. 

'Y!idall,  Philosophical  Transaclions^  t.  CXLVIH,  p.  210. 
'araday,  Procccdinp^s  of  the  Royal  Societj,  t.  X,  p.  4i'>« 
lydrate  de  conjjélalion. 
B.   Calorimétrie.   —  II.   '2*  fa  se.  \  ï 


..   1- 


178*  CALORIMÉTRIE. 

limites,  de  la  proportion  et  delà  température  initiale  des  corps 
mêlés.  Contrairement  à  Topinion  généralement  admise  jusquHci, 
M.  Guihrie  a  démontré  qu'on  peut  d'avance  refroidir  la  glace 
cl  le  sel  à  —  i5",  sans  en  retirer  aucun  avantage  :1a  tempéra- 
ture du  mélange  ne  s'abaisse  pas  au-dessous  de  —  22*. 

Ces  faits,  ne  sont  pas  particuliers  au  sel  marin.  Tous  les  sels 
étudiés  par  M.  Guthrie  lui  ont  fourni  des  cryohydrates,  conle- 
nant  en  général  beaucoup  plus  d'eau  que  les  hydrates  des 
mêmes  sels  ju^^qu'alors  connus.  L'iodure  de  potassium,  que 
ron  ne  connaît  qu'à  l'état  anhydre,  donne  un  cryohydrateà 
8,5  équivalents  d'eau  :1e  sulfate  de  soude  en  donnerait  unà  Ir 
i65  équivalents.  l-^r' 

Les  liquides  peuvent  aussi  fournir  des  cryohydrates  :  ic  I'.  *l 
cryohydrate  d'alcool,  solide  à  —  34**,  correspond  à  la  formule  I  3' 
C*H«62  4-8H0.  La  dissolution  aqueuse  saturée  d'éther  se  1^:^' 
solidifie  à  —  2*  en  une  masse  homogène,  combustible  avec  1 2*^' 
une  flamme  pâle.  "^  * 

a°  Dissolutions  étendues,  —  Le  cas  des  dissolutions  éte*^' 
dues  a  été  étudié  surtout  par  M.  Raoult.  Ce  physicien,  apr*-** 
s'être  assuré  que  la  loi  de  Blagden  est  applicable  aux  dissol^^ 
tions  qui  contiennent  moins  de  ^-Jo  ^^  ^^^^  poids  de  sel,  a  m^^ 
sure  les  abaissements  du  point  de  congélation  produites  par  t-^^ 
grand  nombre  de  substances  solides,  dissoutes  dans  l'eau,     ^* 
benzine,  la  nilrobenzine,  le  bibromure  d'élhylène,  l'acide  fo^^' 
nii(|uc  et  racide  acétique,  et  en  a  déduit,  par  la  loi  de  Blagder"    ^^' 
l'abaissement  rapporté  au  poids  moléculaire  du  corps  dissou 
Voici  les  conclusions  assez  simples  auxquelles  il  est  arrivé. 

I**  Il  y  a,  dans  chaque  dissolvant,  un  abaissement  moléculair  ^""^^ 
maximum  de  congélation,  c'est-à-dire  que,  dans  un  dissolvant    * 
donné,  aucune  substance  ne  produit  un  abaissement  molécu-^   ^ 
lairc  supérieur  à  un  clilifre  déterminé,  variable  d'ailleurs  ave^   "^ 
la  nature  du  dissolvant.  Cet  abaissement  maximum  est  de  in  '^^ 
dans  l'eau,  de  icf  dans  l'acide  acétique,  de  29**  dans  l'acide    ^ 
forniique,  de  73"  dans  la  nitrobenzineet  de  1 19" dans  le  bibro 
mure  d'étbylène.  Il  paraît  aussi  y  avoir  un  abaissement  moIé 
culaire  minimum  de  congélation,  sensiblement  égal  au  tler 
d<*  rabaissement  maximum  dans  chaque  dissolvant. 

;»°  Dans  tous  les  liquides,  les  abaissements  moléculaires  d 


DISSOLUTION.  i79^ 

Dngélation  dus  aux  différents  corps  se  rapprochent  de  deux 
aleurs  invariables  pour  chaque  liquide  et  dont  Tune  est  sen- 
iblement  double  de  Tautre.  La  plus  grande  se  produit  plus 
3uvent  que  la  plus  faible  et,  dans  tous  les  dissolvants  étudiés 
$auf  Teau),  se  rapproche  beaucoup  de  l'abaissement  molécu- 
lire  maximum. 

Tous  les  sels  alcalins  en  dissolution  dans  Teau  présentent 
n  abaissement  moléculaire  voisin  de  3^».  Toutes  les  matières 
rganiques  en  dissolution  dans  Feau,  à  Texception  des  am- 
loniums  hydratés,  ont  un  abaissement  moléculaire  voisin  de 
&*,5.  Ces  règles  sont  assez  précises  pour  qu'elles  puissent, 
*après  M.  Raoult,  être  employées  à  la  détermination  des  poids 
loléculaires. 

3<*  Si  Ton  rapporte,  à  Taide  de  la  loi  de  Blagden,  les  abaisse- 
lents  moléculaires  maxima  de  congélation  à  i  molécule  de 
ubstance  dissoute  dans  loo  molécules  de  dissolvant^  on 
rouve  un  nombre  sensiblement  constant  pour  tous  les  dissol- 
ants,  excepté  pour  Teau. 

Eau ^ 47:18   =2,61 

Acido  formique ^9:46    =  o,63 

Acide  acétique 39:60   =0,65 

Benzine 5o  :  78    —  0,64 

Nitrobenzine 73  :  128  —  o,  59 

Bibromure  d'élliylène 1 19 :  188    -  o, 63 

MÉLAHGES  BÉFHIGÉBAHTS.  —  Nous  avons  vu  que  la  dissolution 
lans  Teau  de  la  plupart  des  sels  hydratés  et  d'un  assez  grand 
lombre  de  sels  anhydres  est  accompagnée  d'une  absorption 
le  chaleur.  Il  suffira  de  dissoudre  dans  l'eau  du  sulfate  de 
loude  du  commerce  NaO,  SO'  4-  10 HO,  ou  de  l'azotate  d'am- 
noniaque  AzirO,  AzO'  pour  produire  un  abaissement  notable 
le  température.  Les  mélanges  réfrigérants  les  plus  simples 
le  sont,  à  proprement  parler,  (|ue  des  dissolutions  (  *  ). 

(*)  R.  BoYLE  {Historia  experimentalis  de  frigore,  Lorid.,  i66j,  et  Transac- 
iona  philosophIffueSf  n**  15)  avait  déjà  remarqué  l'abaissement  de  tempcrattire 
[uî  accompagne  la  dissolution  du  sel  ammoniac  dans  l'cau^  et  l'abaissement 
dus  considérable  qui  résulte  du  mélange  de  la  neige  avec  les  acides  ou  les 
cli.  Mais  c'est  surtout  au   siècle  suivant  que   Réaumur  {Mémoires  de  l'Ai  a- 


i8o*  CALORIMÉTRIE. 

On  peut  encore  obtenir  des  mélanges  réfrigérants  dans  de 
conditions  plus  complexes,  où  Torigine  du  froid  produit  es 
dans  un  changement  d'état,  accompli  à  la  faveur  d*une  actioi 
chimique  qui  dégage  de  la  chaleur.  Par  exemple,  quand  oi 
mêle  4  parties  en  poids  de  neige  et  i  partie  d'acide  sulfuriqu( 
la  neige  fond,  Feau  de  fusion  dissout  Tacide  sulfurique  eti 
température  s'abaisse  fortement.  Pour  analyser  ce  qui  se  pass< 


il  suffit  de  savoir  :  i<»que  i*""  de  glace  à  o*  absorbe  80**^  ei 
passant  à  Tétai  liquide;  2^  que  la  dissolution  d'un  équivalei 
d'acide  sulfurique  (49^'*)  dans  n  équivalents  d'eau  (gn"'')  d< 
gage  un  nombre  de  calories  (  *  ) 

a  = =—  8060 . 

^      /i-hi,59  -^ 

Appliquant  ces  données  à  l'expérience  précédente,  on  trouvi 
que  la  chaleur  absorbée  par  la  neige  est  de  32o*'*^  et  que  1^   a 
chaleur   dégagée    par  la    dissolution    de    l'acide   sulfurique»*  6 

(w=:  21,777)  est-—  =  l7o*'*^4•  H  y  3  donc  en  définitive  un^   e 

absorption  de  i/\çf^\6,  ce  qui  explique  l'abaissement  de  tenu 
pérature.  Pour  le  calculer,  il  suffit  de  connaître  la  chaleu 
spécifique  du  mélange  produit.  Elle  est,  d'après  Pfaundle 
égaie  à 

8,^5  -f-q,  i5/i 


C„  = 


pour  n  >  5,  et  à 


47  -+-9/t 


dt'rnicy  i73'|),  Fahrenheit  et  un  grand  nombre  d'autres  savants  in diquérenK.  la 
composition  et  l'usage  des  mélanges  réfrigérants  usuels  {lyoir  le  Dictionnér ^  re 
fie  Gehler^  article  Kt'ssTiciiE  Kaltk,  t.  X,  p.  853  et  suivantes). 

Il  convient  encore  de  signaler  les  recherches  de  Walker  (  Transactions ]^ ^**- 
losophiques^  t.  XXXIX,  2»  Partie,  p.  199)  qui  parvint  à  congeler  le  mercL»*^* 
même  en  été,  et  celles  de  Fourcroy  et  Vauquelin  {Annales  de  Chimie  f^  ^' 
P/irsi</uCf  l.  XXIX,  p.  281),  de  Guyton-Morveau  {Annales  de  Chimie  et  de  FA.'~ 
sif/uey  t.  XXXIX,  p.  290),  et  de  Tralles  {Journal  de  l'École  Poljeechnif^^* 
!•'  cahier,  p.  i23). 

(')  pFAr!<iDLF,R,  Jakreshericht  der  Chemie,  p.   12a  (1869),  et  p.  59-61  (1873)- 


DISSOLUTION.  i8i* 

pour  n<C^f  par  gramme  du  mélange.  Dans  le  cas  actuel,  le 
poids /7  du  mélange  étant  égal  à  5,  rabaissement  de  tempéra- 
ture calculé  est  de W^  =  —  35».  Pratiquement,  Tabais- 

sèment  de  température  sera  toujours  plus  faible  ^t,  en  tout 

cas»  il  sera  limité  au  point  de  congélation  du  mélange. 

Si  Ton  avait  mêlé  4  parties  d'acide  sulfurique  pour  i  partie 

de  neige  (n  =  i  ,36i  ),  la  chaleur  absorbée  par  la  neige  aurait 

étéSo^S  la  chaleur  dégagée  par  la  dissolution,  365*"**;  en  défi=> 

Tîitive,  il  y  aurait  eu  dégagement  de  285"*.  L'élévation  de  tem- 

285 
pérature  serait  ^y^  =: -f- i3i%4-  Pratiquement  l'élévation   de 

température  obtenue  sera  moins  forte,  à  cause  des  pertes  de 
chaleur  inévitables  et,  en  particulier,  de  celle  qui  résulte  de 
révaporation. 

Nous  signalerons  parmi  les  mélanges  réfrigérants  les  plus 
employés  :  i®  celui  de  8  parties  de  sulfate  de  soude  pour  5  par- 
ties d'acide  chlorhydrique;  2<»  le  mélange  de  glace  et  de  sel 
marin,  dont  nous  avons  étudié  les  propriétés  dans  Tariicle  pré- 
cédent; 3"  enfin  le  mélange  de  4  parties  de  chlorure  de  calcium 
pour  3  parties  de  neige,  qui  produit  un  abaissement  de  tempé- 
rature de  —  5i°. 

PHÉROMÊHES  THEBMiaUES  AGG0MPA6NAHT  LE  MÊLAHGE  DES  U- 
^niDES.  —  Le  mélange  de  deux  liquides  qui  n'exercent  pas 
d'action  chimique  l'un  sur  l'autre  est  cependant  presque  tou- 
jours accompagné  d'une  variation  de  volume  et  d'une  absorp- 
tion ou  d'un  dégagement  de  chaleur.  Ces  phénomènes  com- 
plexes ont  été  étudiés  avec  beaucoup  de  soin  par  MM.  Bussy 
«t  Buignet(*).  Nous  empruntons  à  leur  Mémoire  le  Tableau 
suivant  : 

Température. 
M(-lange.  initiale.  finale.      Variation  de  lempcratare. 

5o  alcool l  9a''  o        i6°3o  —  S^Go 

5o  sulfure  de  carbone j    -  '9  >  » 

5o  chloroforme )        ,.  ^  _ 

,.  j  ,  >    21, Go  lO.OO  —    3,00 

5o  sulfure  de  carbone ) 

(')  BcssY  et  BciCMET,  jéftn.  de  Chim.  et  de  Phjrs,,  4*  série,  t.  IV,  p.  5  ;  î8Gj. 


i8i*  CALORIMÉTRIE. 


.j 


1 


1   - 


Température.  I     ^ 

Mclangff.  inliUle.  flaale.     Variation  de  t^apértirr 

Go  éthor )        o  J*  ® 

5o  sulfure  de  carbone ?  "  ' 

5o  élhor )     .   , 

,         ,  >    23,40  20,20  —    3,20 

')o  alcool \       '  '  ' 

'5o  essence  do  téréhenlliine  ) 

,         ,  }    22,40  22,00  —   2,j0 

')o  alcool \ 

5o  essence  de  térébenlhine  )        « 

5o  sulfure  de  carbone \  *" 

5o  acide  acélitiue )    ^  ,  ^ 

50  eau  distiUée î'^'""        '''^°  "  '''" 

5o  élher i        ^  .  1  ., 

1    .jt  XI     .1  •  i  2a,6o        22,00  —  0,60  M  V 

•jo  essence  de  térébenthine  \ 

5o  chloroforme ) 

,      ,  {  20,10        23,00  -    2,90 

30  alcool \  '  ^ 

5o  alcool )  «  , 

.  1-  .iw  *  22,00        20, 3o  -+-  7,3o 

5o  eau  distillée \       '  '''  '  ' 

')0  other ) 

,1      r  >  22,00        ib,  {o  -^-14140 

JO  chloroforme \ 


V 


v 


On  voit  que  le  phénomène  thermique  change  de  signe  s 
vnnt  les  liquides.  Il  y  a  donc  ici  deux  causes  agissant  en  se 
contraire,  comme  dans  le  mélange  d*un  solide  et  d'un  l 
(|uide  :  la  dilfusion  qui  absorbe  de  la  chaleur,  la  combinaisc^^ 
(quand  olle   est  possible)    qui  en   dégage.   Le  phénomèi^^ 
change  de  signe  suivant  que  Tun  ou  l'autre  des  deux  effe^ 
remporte. 

Quant  au  changement  de  volume,  c'est  une  contractio  ^^^^ 
dans  le  cas  d'un  mélange  d'eau  et  d'alcool  (dégagement  d  ^^ 
chaleur)  ou  d'alcool  et  d'éther  (absorption  de  chaleur);  un»  ^ 
dilaialion  dans  le  cas  du  mélange  d'alcool  et  de  sulfure  de  car"^ 
bone  (absorption  de  chaleur).  Il  n'y  a  donc  pas  de  relation  * 
simple  entre  le  sens  dans  lequel  s'elîectuent  le  changement  d^ 
volume  et  la  variation  de  température  et,  à  plus  forte  raison 
entre  la  grandeur  des  deux  éléments. 

Rapprochons  des  phénomènes  précédents  l'élévation  detem 
pérature  qui  accompagne  Timbibition  du  charbon  par  diver 


DISSOLUTION.  i83* 

liquides,  tels  que  l'alcool,  le  brome,  eic.  Avec  le  brome, 
M.  Melsens  (  «  )  a  obtenu  une  élévation  de  température  de  97**. 

BISSOLUnONS  DES  GAZ.  —  Nous  n'étudierons  ici  que  le  cas  où  il 
n'y  a  pas  de  combinaison  chimique  proprement  dite  entre  le 
gaz  dissous  et  le  liquide.  Dans  ce  cas  la  dissolution  à  tempéra- 
lure  constante  est  régie  par  les  lois  connues  de  Dallon(^). 

1*  Le  volume  de  gaz  dissous  par  l'unité  de  volume  du  liquide 
mesuré  sous  la  pression  finale  exercée  par  le  gaz  est  une 
quantité  constante.  On  l'appelle  coefficient  de  solubilité, 

2»  Plusieurs  gaz  mêlés  se  dissolvent  comme  s'ils  étaient 
seuls. 

Ajoutons  que  le  coefficient  de  solubilité  d'un  gaz  décroît 
quand  la  température  s'élève.  M.  Bunsen  (')  a  représenté  les 
coefficients  de  solubilité  a  par  des  fonctions  paraboliques  de  la 
température. 

a  rr:  ao  —  Cit  '\-  bt^. 

Ainsi  le  coefficient  de  solubilité  des  gaz  varie  en  sens  contraire 
du  coefficient  de  solubilité  des  solides.  Il  est  aisé  de  s'en  rendre 
compte,  si  l'on  remarque  que  l'élévation  de  température  rap- 
proche les  solides  et  éloigne  les  gaz  de  la  température  nor- 
male à  laquelle  ils  existent  à  l'état  liquide,  indépendamment 
de  faction  du  dissolvant. 

IHTERPBÉTATION  DES  LOIS  DE  DALTON.  —  Nous  avons  étudié  pré- 
cédemment (  i**  Partie,  p.  249)  les  tensions  de  vapeur  des  mé- 
langes liquides.  La  dissolution  d'un  gaz  n'est  que  le  mélange 
d'un  liquide  (le  dissolvant)  dont  la  tension  de  vapeur  à  la  tem- 
pérature ordinaire  est  médiocre  avec  un  liquide  (le  gaz  liquéfié) 
doué  d'une  tension  de  vapeur  énorme.  Ajoutons  que  les  lois  de 
Dalton  ne  s'appliquent  exactement  qu'aux  gaz  dont  la  solubilité 
est  faible  ou  médiocre,  de  sorte  que  le  poids  de  gaz  dissous  est 
toujours  une  fraction  très  petite  du  poids  du  dissolvant.  Soit, 


(*)  Melsens,  Annales  de  Chimie  et  de  Physique^  5'  série,  t.  lU,  p.  523  ;  i8-'| . 
(')  Dalto!i,  Memoirs  of  litt.  and  philos.  Soc.  of  Manchester  ^  a' série,  l.  I", 
p.  284,  cl  t.  V,  p.  II.  System  of  Chemical  Philosophr^   l.  I",  p.  198. 
{')  BcMSEM,  Méthodes  î^azomrfrif/nes,  trad.  Schnoidcr,  p.   i5G  et  suiv. 


i84*  CALORIMÊTRÏE. 

par  exempte,  le  proioxyde  d'azote  dont  le  coefficient  de  soIli 
lilé  clans  Teau  est  égal  à  i  à  la  température  de  7®;  la  solution 
saturée  contient  environ  ^  de  son  poids  de  gaz  liquéfié. 

Nous  avons  vu  que,  dans  un  mélange  de  liquides  qui  se  dis- 
solvent, la  tension  de  vapeur  du  liquide  le  plus  volatil  se  trouve 
abaissée  et  décroît  avec  la  proportion  de  ce  dernier  d'après 
une  loi  complexe;  mais,  quelle  que  soit  cette  loi,  la  tension  de 
vapeur  variera  proportionnellement  au  poids  du  liquide  le  plus 
volatil,  tant  que  la  proportion  de  ce  dernier  sera  suffisamment 
petite.  Or  c'est  là  justement  ce  que  nous  offrent  la  plupart  des 
dissolutions  de  gaz.  Soit,  par  exemple,  une  dissoluUon  de prot- 
oxyde  d'azote  :  1°  la  tension  de  vapeur  du  protoxyde  liquide 
à  H-  7*»  est  de  5o»i™  ;  elle  n'est  plus  que  de  i'*"*  dans  la  solution 
saturée  :  elle  a  donc  été  réduite  à  la  ^^j  partie  de  sa  valeur; 
2*>  la  tension  du  protoxyde  d'azote  dans  la  liqueur  non  saturée 
est  proportionnelle  au  poids  de  protoxyde  d'azote  dissous*- 
c'est  l'énoncé  môme  de  la  première  loi  de  Dalton,  ei  les  co*^' 
sidérations  précédentes  nous  en  fournissent  l'interprétation. 

Dans  un  mélangé  ternaire  d'eau  et  de  deux  gaz  dissous,  sa  ^^ 
action  chimique  l'un  sur  l'autre  à  l'état  gazeux,  on  peutJi*^' 
mettre  que,  vu  leur  faible  proportion,  l'action  réciproque  d 
gaz  dissous  est  négligeable  par  rapport  à  Faction  qu'exerce  s 
eux  le  dissolvaiil;  les  tensions  de  vapeur  des  deux  gaz  liquéO 
seront  donc  les  mêmes  que  si  chacun  d'eux  était  seul.  C'^s^- 
la  seconde  loi  de  Dalion. 


SURSATÏÏRATION  DES  SOLUTIONS  GAZEUSES (' ).  —  Quand  on  élè 
la  température  d'une  solution  de  gaz  ou  qu'on  diminue  la  pre 
sion  exercée  à  s;i  surface  par  le  gaz  solublo,  une  portion  du  gi 
dissous  se  dégn^^',  conrormémcnl  aux  lois  de  Dalion.  En  réalit 
beaucoup  de  solutions  gazeuses  demeurent  sursaturées  et 
perdent  l'excès  de  gaz  qjj'elles  contiennent  que  d'une  manié 
très  lente,  et  exclusivement  par  leur  surface  libre.  C'est  uu 
véritable  évapora  tien. 

On  peut  faire  dégager  le  gaz  sous  forme  de  bulles  et  d'un 
manière  rapide,  soit  en  exerçant  au  sein  du  liquide  uneaclioi 


f 

e, 
ne 
e 
le 

e 


,  ')  r.i.K^ii.z,  .-tnnalis  tle  l'École  Aormalrj  i"  série,  t.  IX,  p.  3ii  el  suivanic» 


DISSOLUTION.  i85* 

inique  convenable,  par  exemple  en  frottant  une  baguette 
îrre  contre  une  des  parois  du  vase  qui  contient  la  liqueur 
iturée,  soit  par  Tintroduction  au  sein  du  liquide  d'une 
t  gazeuse  qui  joue,  par  rapport  au  gaz  retenu  dans  la  dis- 
ion,  le  rôle  d'un  espace  vide. 

évite  la  présence  antérieure  de  bulles  de  gaz  libre  sur  la 

du  vase,  en  dissolvant  celle-ci  superficiellement  par  des 
es  à  la  potasse,  à  Teau  distillée  bouillante  et  à  l'alcool, 
ne  nous  l'avons  indiqué  pour  les  expériences  sur  Tébulii- 
Cela  fait,  on  peut,  ainsi  que  Ta  montré  M.  Cernez,  con- 
ir,  dans  le  vide  de  la  pompe  à  mercure,  une  solution  d'acide 
)nique  saturée  à  2<»,  5  ;  ou  maintenir  à  la  température  de  20" 
us  la  pression  atmosphérique  une  solution  d'ammoniaque 
ée  à  zéro,  sous  la  même  pression,  sans  qu'une  seule  bulle 
îgage  de  l'intérieur  du  liquide  ou  le  long  des  parois.  Mais 
rovoque  instantanément  une  ébullilion  rapide  soit  par  un 
int  de  bulles  d'air  microscopiques  ou  par  l'introduction 
corps  solide  non  privé  d'air  :  en  un  mot,  on  peut  répéter 
succès,  pour  faire  cesser  la  sursaturation,  toutes  les  expé- 
es  que  nous  avons  signalées  dans  l'élude  du  retard  de 
llition. 

phénomène  que  nous  étudions  n'est  en  effet  qu'un  cas 
îuiier  de  l'ébulliiion  d'un  mélange  liquide  et  doit  pré- 
T  les  mêmes  conditions  générales  que  l'ébulliiion  d'un 
ie  unique.  Il  n'y  a  jusqu'ici  d'autre  différence  qu'en  ce 
oncerne  les  actions  mécaniques,  dont  refficacité  directe 

produire  l'ébullition,  dans  les  liquides  privés  de  gaz,  n'a 
lé  établie,  peut-être  parce  qu'on  n'a  pas  réalisé  d'expé- 
es  à  une  température  suffisamment  éloignée  du  point 
al  d'ébullition. 

lLEUE  LATXarTE  DE  DISSOLUTION  DES  6AZ.  —  La  dissolution  d'un 
ans  l'eau  est  comparable  à  la  condensation  d'une  vapeur; 
est-elle  accompagnée  d'un  dégagement  de  chaleur  con- 
able,  sensible  surtout  dans  le  cas  des  gaz  très  solubles, 
ne  l'ammoniaque  par  exemple.  La  quantité  de  chaleur  dé- 
î  dépend  à  la  fois  de  la  nature  du  gaz  dissous  et  de  la 
tité  du  dissolvant. 


i86*  CALORIMÉTRIE. 

Les  méthodes  calorimétriques  ordinaires  se  prêtent  as 
aisément  aux  mesures  des  chaleurs  latentes  de  dissolution, 
gaz,  après  avoir  pris  dans  un  serpentin  entouré  d'eau  la  te 
pérature  du  calorimètre,  est  absorbé  par  une  quantité  de  liqu 
pesée  d'avance  et  dont  on  mesure  l'élévation  de  tempérât 
à  la  manière  ordinaire. 

Le  Tableau  suivant  se  rapporte  à  la  dissolution  dans  Y  4 
d'une  quantité  des  différents  gaz  égale  à  leur  poids  mole 
laire.  La  dissolution  est  effectuée  vers  i5°et  la  quantité 
dissolvant  (loo  à  100  H^O^)  est  assez  considérable  pour  < 
l'addition  d'eau  en  excès  ne  produise  plus  de  phénomène  M 
mique  appréciable. 


DISSOLUTION. 


187 


-,• 


solution  dans  Veau  des  principaux  corps  gazeux  rap- 
même  volume  [22ï»',3(i -+- a/)  sous  la  pression  nor- 


FORMULES. 


que. 

que. 
le.  . , 
ne  . . 


y  d  raté. 


anhydre., 
que 


lum 

î 

[ue. 


lue. 


CI' 
Br» 

H  CI 

HBr 

HI 

H»  S» 

AzH' 

a(AzO') 
a(A2  0») 
AzO*H 

S*0» 

S>0* 

2(010) 

BoCP 

Si  FI* 
BoFP 

H  FI 

c»o* 

C'AzH 

C«Az' 

O  H'  O* 

C«H«0* 

C«H«0» 

C«H«0' 

C*H«(C«H«0») 

C'H>(C^H*0^) 

C»H»(C*H«0') 

(C*H«)'(C*H^O') 

C^HCP 
C*HC1'0* 

C^H'Az 

C*H»Az 


PUID8 
molé- 
culaires. 


i6u 


CHALEUR 
déirairée. 


3ooo 
83oo 


ACTEURS. 


36,5    17400 


81 
128 

34 

76 

108 

63 

64 

80 

87 
117,5 

io4 

68 
20 

44 
27 

y  à 
46 

60 

44 
46 

74 

46 

H8 
■  46 
119,5 

■'l7,5 
45 
59 


2  0000 

19400 

4/50 

8800 

i38oo 
29800 
i44oo 

7700 

2^600 

9400 

7o3oo 

223oo 

24500 

1 1800 

56oo 

6100 

6800 

4900 

55oo 

8900 

12400 

12600 

83oo 

i4ooo 

13700 

9500 

19900 

12900 
12900 


Berthelot. 

Thomsen  et  Regnault. 

Berthelot  etLouguinine, 

Thomsen. 

Berthelot,  Thomsen. 

Id. 

Thomsen. 

Berthelot. 

Id. 

Id. 

Id. 

Favre  et  Silbermann, 

Thomsen . 

Berthelot. 

Thomsen. 

Berthelot. 

Hammerl. 

Id. 

Guntz. 

Berthelot,  Thomsen. 

Berthelot. 

Hammerl. 

Berthelot. 

Berthelot  et  Ogicr. 

Berthelot. 

Id. 

Id. 

Id. 

Id. 

Andrews,  Berthelot. 

Berthelot. 

Id. 

Id. 

Id. 


Annuaire  du  Bureau  des  Longitudes  pour  i885,  p.  697. 


i88*  CALORIMÉTRIE. 

L'ammoniaque,  les  acides  chlorhydrique,  bromhydrique, 
iodhydrique  dissous  dans  des  quantités  d'eau  plus  faibles  que 
1 00  H^  0^  dégagent  des  quantités  de  chaleur  moindres  quecelles 
qui  sont  indiquées  au  Tableau  précédent.  En  général,  la  dis- 
solution faite  avec  nR^O^  dégage,  quand  on  augmente  la  quan- 
tité d'eau  jusqu'à  ^iooH^O^jUne  quantité  de  chaleur  (•) 

n 
et  l'on  a  pour  ces  divers  gaz,  vers  i4**ou  i5*»: 

a.  b. 

Ammoniaque 1270  0 

Acido  chlorhydrique 1 1620  0 

»     bromhydrique.«. 12060  —  aoo 

»>     iodhydrique 1 1740  —  3oo 

Au  delà  de  ôoH^O^  pour  l'acide  bromhydrique,  de«»H*0* 
pour  l'acide  iodhydrique,  il  faut  faire  6  =  0. 

ABSORPTION  DES  OAZ  PAR  LES  CORPS  SOUDES.  —  Nousavonscoo- 
slaié,  à  propos  de  l'ébullition,  la  singulière  adhérence  que  les 
gaz  ont  pour  la  plupart  des  parois  solides;  mais  celle  adhé- 
rence est  surtout  remarquable  dans  le  cas  des  solides  poreux, 
comme  le  noir  de  platine  et  le  charbon.  Ce  dernier  corps  ab- 
sorbe certains  gaz  liquéfiables,  l'ammoniaque  par  exemple» c" 
telle  quantité  qu'on  ne  saurait  admettre  que  ces  corps  demeu- 
rent à  l'état  gazeux  dans  les  pores  du  charbon.  Aussi  celle 
absorption  est-elle  accompagnée  d'un  dégagement  de  chaleur 
extrêmement  considérable  qui,  d'après  Favre  (^),  est  de  beau- 
coup supérieur  à  la  chaleur  latente  de  liquéfaction  des  g^z 
considérés  :  il  se  produirait  donc  une  sorte  de  combinaison  du 
gaz  liquéfié  et  du  solide,  avec  dégagement  de  chaleur. 


(  '  )  Berthelot,   Essai  de  Mécanique  chimique  fondée  sur  la  Thermoeki"*'^' 
t.  !'%  p.  39^,-397. 
(^)  Favre,  Annales  de  Chimie  et  de  Phjrsi'fue^  5'  série,  t.  !•';  187'!. 


DISSOLUTION. 


189* 


Xagement  de  chaleur  par  rabsorption  d'un  équivalent 
des  divers  gaz  par  le  charbon  (  *  ). 

Chaleur  dégagée       DlÀSOlatlon 
*  à  dan» 

Gaz.  saturation.  l'eau.  Liqnéraction. 

AzIP  =    17 8400  8900  4400  (Regnault) 

IICl  —   36,5 10000  17400  » 

HBr  ~    81 i55oo  20000  » 

HI  —    128 22000  19400  M 

8*0^^   64 10800  7700  36oo(Favre) 

C*0*  =   44 7000  56oo  6100    » 

AzO*  -    44 7400  »  4400  (Regnault) 

.es  quantités  de  chaleur  indiquées  dans  le  Tableau  sont  les 
ntilés  maxima  observées  :  elles  varient  avec  la  nature  du 
rbon  et  avec  la  quantité  de  gaz  absorbée, 
.es  gaz  jadis  réputés  permanents,  comme  Toxygène  et  Thy- 
gène,  produisent  aussi  une  élévation  de  température  quand 
les  fait  absorber  par  le  charbon.  On  a  vu,  dans  les  pou- 
dres, des  amas  de  charbon  pulvérisé  s'enflammer  spontané- 
nt  à  Tair  humide,  par  suite  de  l'absorption  de  vapeur  d'eau. 


)  Elirait  de  V  Essai  de  Mécanique  chimique  fondée  sur  la  Thermochimie  ^  par 
lerthelot,  t.  I**,  p.  bi\. 


igo-  CALORIMÈTRIE. 


CHAPITRE  XL 

CHANGEMENTS  D'ÉTAT  CHIMIQUES. 
PRINCIPES  FONDAMENTAUX  DE  LA  THERMOCfflMIL 

Analogie  des  changements  d'état  chimiques  et  des  changemeots  (féUl 
purement  physiques.  —  Dissociation.  —  Allotropie.  —  Tenaoosde 
transformation.  —  Réactions  chimiques. 

Méthodes  de  mesure.  —  Expériences  de  Lavoisier  et  de  Rumford,  de 
Dcspretz  et  de  Dulong.  —  Expériences  de  MM.  Favre  et  SilbertnaBH. 
—  Corps  formés  avec  absorption  de  chaleur.  —  Vérification  eipéri- 
mentale  des  principes  de  la  Thermochimie. —  Résultats  divers.— Cw>- 
binaisons  par  voie  humide.  —  Principe  du  travail  maximum. 


AHALOftIE  DES  CUHftEMEHTS  D'ÉTAT  CHDOailES  ET  SES  OlM- 
MENTS  D'ÉTAT  PUBEHENT  PHTSiaUES.  —  Ce  qui  caractérise  UD 
changement  déiat physique,  comme  la  fusion  ou  la  solidifi- 
cation, c'est  un  changement  de  toutes  les  propriétés  physiques, 
accompagne  d'une  absorption  ou  d'un  dégagement  de  cha- 
leur. Ces  caractères  généraux  se  retrouvent  dans  toutes  les 
réactions  de  la  Chimie,  à  celle  différence  près  qu'un  change- 
menl  d'élal  physique  s'opère  le  plus  souvent  sur  une  substance 
unique  dont  la  composition  demeure  inaltérée,  tandis  qu^» 
dans  une  réaction  chimique,  le  concours  de  plusieurs  sub- 
stances qui  s'unissent,  se  séparent,  ou  échangent  leurs  parliez 
constituantes  est  indispensable.  A  cela  près,  nous  allons  re- 
trouver, jusque  dans  leurs  moindres  détails,  les  phénomène^ 
que  nous  avons  étudiés  dans  les  Chapitres  précédents. 

DISSOCIATION.  —  On  dit  qu'un  corps  composé  se  dissocie 
lorsqu'il  éprouve  une  décomposition  partielle,  limitée  par  '^ 
pression  qu'exerce  sur  le  corps  composé  un  élément  gazeux  q^' 


CHANGEMENTS  D'ÉTAT  CHIMIQUES.  191* 

Ite  de  sa  décomposition.  Ainsi  le  carbonate  de  cliaux, 
tenu  dans  un  bain-marie  de  zinc  en  ébuHition  à  la  tem- 
lure  de  960*,  se  décompose  partieHenlent  en  chaux  vive  et 
;  carbonique,  jusqu'à  ce  que  la  pression  exercée  par  ce 
îOit  de  5^0"»".  Alors  la  décomposition  cesse,  mais  pourre- 
dre  aussitôt  que  Von  vient  à  diminuer  la  pression  exercée 
'acide  carbonique.  Inversement,  si  Ton  chauffe  de  la  chaux 
àgâo^^en  présence  de  Tacide  carbonique,  sous  la  pression 
)sphérique  par  exemple,  l'acide  carbonique  est  absorbé 
que  la  pression  est  supérieure  à  52o"",  et  cesse  de  l'être 
qu'elle  atteint  celte  valeur  limite.  On  résume  cette  double 
irience  en  disant  que  le  carbonate  de  chaux  possède  à  ^o^ 
tension  de  dissociation  égale  à  Sao""*. 
.  Sainte-Claire  Deville  (*),  qui  a  découvert  les  phéno- 
es  de  dissociation,  a  fait  ressortir  l'étroite  analogie  qui  les 
roche  de  ceux  de  la  vaporisation  :  la  tension  de  dissocia- 
joue  ici  le  même  rôle  que  la  tension  maximum  des  vapeurs 
I  le  cas  précédent;  la  seule  différence  à  signaler,  c'est  que 
peur  émise  par  le  corps  dissocié  n'a  pas  la  même  compo- 
n  chimique  que  celui-ci. 

I  général,  la  tension  de  dissociation  croît  avec  la  tempe  - 
re,  comme  la  force  élastique  maximum  des  vapeurs.  Ainsi 
)ebray  (2),  à  qui  l'on  doit  de  belles  éludes  sur  la  dissocia- 
du  carbonate  de  chaux,  a  établi  que  cette  tension  est  de 
'■  à  960%  de  85"°*  à  746*», 3  (température  d'ébullition  du 
nium),  et  qu'elle  esi,  à  44^°»  ^^^V  faible  pour  être  suscep- 
de  mesure.  A  1res  haute  température,  la  tension  de  dis- 
Uion  du  carbonate  de  chaux  devient  certainement  égale  à 
ession  de  l'atmosphère,  et  alors  la  décomposition  de  cette 
lance  s'opérerait  complètement  dans  une  atmosphère  in- 
lie  d'acide  carbonique  à  760"*".  On  ne  peut  s'empêcher  de 
parer  entre  eux,  d'une  part,  le  phénomène  physique  de 
illilion  sous  pression  conslanle  et,  d'autre  pari,  la  décom- 


Voir  les  Leçons  sur  la  diisociation  professées  devant  la  Société  chimique^ 

;  1864. 

Debray,    Comptes    rendus    des    séances    de    l'Académie   des    Sciences^ 
IV,  p.  Go3;  i86«i. 


icji*  CALORIMÉTRIE. 

position  complète  d'un  corps»  se  produisant  avec  une  tension 
de  dissociation  fixe,  à  une  température  invariable. 

De  même  qu'une  quantité  d'eau  limitée  peut  se  vaporiser 
complètement  à  basse  température,  dans  un  espace  où  Ton 
maintient  une  faible  pression,  de  même  la  décompositioncom- 
plète  d'une  quantité  limitée  d'un  corps  dissociable  peut  s'ef- 
fectuer à  une  température  où  la  tension  de  dissociation  esta 
peine  sensible,  pourvu  qu'on  fasse  le  vide  au-dessus  de  lui. 
Comme  un  courant  d'air  sec  active  la  vaporisation  de  l'eau,  de 
même  un  courant  de  gaz  étranger  active  la  dissociation,  el par 
le  même  mécanisme. 

Le  phénomène  de  la  dissociation  paraît  être  d*uDe  assez 
grande  généralité,  pour  les  corps  formés  avec  dégagement  de 
chaleur  :  sa  découverte  a  permis  d'expliquer  bien  des  faits pa^ 
ticuliers,  tels  que  l'efflorescence  et  la  déliquescence  des  sels, 
l'influence  de  la  pression  dans  certaines  actions  chimiques,  la 
volatilisation  apparente  de  substances  fixes,  plusieurs  réactions 
attribuées  à  des  actions  de  masse,  etc. 

Mais  nous  n'avons  à  envisager  la' dissociation  qu'au  pointde 
vue  général  et  physique,  et  nous  nous  bornerons  à  compléter 
le  parallèle  que  nous  avons  tracé  entre  la  dissociation  et  la  va- 
porisation, en  étudiant  les  circonstances  particulières  au  pr^ 
mierde  ces  deux  phénomènes. 

1°  Nous  savons  que  la  tension  maximum  de  la  vapeur  d'un 
liquide  obéit  à  des  lois  différentes,  suivant  qu'il  est  seul  ow 
mélangé  à  d'autres.  Dans  le  premier  cas,  cette  tension  est  i^^' 
dépendante  de  la  qiianliié  de  liquide  déjà  vaporisée;  tanA*^ 
que,  dans  un  mélange  de  plusieurs  liquides  qui  se  dissolvei*^' 
la  tension  varie  d'une  manière  continue  avec  la  compositi^^^ 
centésimale  du  liquide,  et  par  suite  avec  le  poids  de  liqui^ 
évaporé.  La  tension   de  dissociation  d'un  composé  AB  pe  ^ 
aussi  présenter  deux  cas  différents:  i"  il  n'y  a  pas  d'aut -^ 
composé  de  A  et  de  Bque  AB;  alors  la  tension  de  dissociatic:^ 
est  constante,  quelle  que  soit  la  proportion  de  AB  déconr' 
posée,  et  le  phénomène  est  comparable  à  la  vaporisation  d'i^ 
liquide  unique.  2"  Il  existe  un  deuxième  composé  (AB)  cont^ 
nant  une  moindre  quantité  de  l'élément  gazeux  A;  et  dans  c^ 
cas  la  tension  de  dissociation  de  AB  conserve  une  valeur  con^ 


CHANGEMENTS  D'ÉTAT  CHIMIQUES.  193* 

stante  F,  supérieure  à  celle  de  (AB)  jusqu'à  ce  que  le  résidu  de 
a  dissociation  offre  précisément  la  composition  (  AB).  Une  fois 
;eue  limite  atieinte,la  tension  de  dissociation  tombe  subitement 
I  la  valeur  caractéristique  de  (  AB).  Les  sels  efflorescents,  étu- 
iiés  par  M.  Debray(*),  les  chlorures  ammoniacaux,  étudiés 
)ar  M.  Isambert  (2),  présentent  ce  phénomène  de  disconti- 
luîté,  que  l'on  ne  retrouve  pas  dans  la  vaporisation  des  mes 
anges  liquides. 

3*>  La  tension  de  vapeur  d'un  liquide  augmente  toujours  avec 
a  température,  et  finit  par  devenir  supérieure  à  la  pression  de 
'aimosphère-  Il  n*en  est  pas  nécessairement  de  même  de  la 
ension  de  dissociation.  Le  sesquichlorure  de  silicium,  étudié 
>ar  MM.  Troost  et  Hautefeuille  ('),  commence  à  se  dissocier 
'ers  SSo'*;  sa  tension  de  dissociation  augmente  rapidement 
ivec  la  température  jusque  vers  700*»,  où  elle  pariait  atteindre 
in  maximum;  au-dessus  de  cette  température  elle  diminue,  et 
rers  laoo*»  ou  i3oo**  le  sesquichlorure  de  silicium  est  très 
itable.  M.  Ditte  {*)  est  arrivé  à  des  résultais  analogues  dans 
'étude  des  acides  sélénhydrique  et  tellurhydrique. 

Les  composés  qui  se  dissocient  sont  toujours  formés  avec 
dégagement  de  chaleur,  et  par  suite  leur  décomposition  ab- 
;orbe  de  la  chaleur,  comme  la  vaporisation. 

AILOTBOPIE.  —  La  fusion  et  la  volatilisation  ne  sont  pas  les 
euls  changements  d'état  que  la  chaleur  puisse  provoquer  dans 
m  corps  de  composition  chmique  invariable.  Certains  corps 
meuvent  encore  se  transformer  d'une  variété  solide,  amorphe 
»u  cristallisée,  en  une  autre  variélé  solide,  liquide  ou  gazeuse, 
lifférant  de  la  première  par  sa  chaleur  spécifique  et  l'ensemble 
le  ses  propriétés  physiques. 


(  *  )  DebraY)  Comptes  remlus  des  séances  de  l' Académie  des  Sciences,  t,  LX  VI, 

.  195;   1868. 
{*)  IrsAMB^RT,   Thèse  (/e  doctorat  {Annales  de  V École  Normale,  r*  série,  l.  V, 

(»)  Troost    el   Haltki-el'ille,    Comptes  rendus   de  l'Académie  des   Sciences, 
.  LXXIil,  |).  j^)3  :  iN^i . 
(*)  Ditte,  Comptes  rendus  drs  séances  de  l'Académie  des  Sciences^  t.  LXXIV, 

.  980;   1872. 
J.   et  B.,    CfiJoi  inn'trir.   —    II.    2"   lusc.  l3' 


if!4*  CALOIUMÉTUIE. 

Ainsi  Ton  connaît  actuellement  au  moins  quatre  variétés  de 
soufre  solide  qui  sont  : 

Le  soufre  amorphe,  insoluble  dans  le  sulfure  de  carbone  ; 
Le  soufre  mou  ; 

T  f        *  I  ir  <^  ^  prismatique  (cinquième  système  cristallin); 

I  octaédriquo  (quatrième  système). 

On  connaît  aussi  quatre  variétés  de  phosphore  : 

Le  phosphore  ordinaire; 
1^  phosphore  blanc; 
Le  phosphore  noir; 
Le  phosphore  rouge. 

Citons  encore,  parmi  les  corps  simples  qui  présentent  des 
transformations  analogues,  le  sélénium,  le  carbone,  le  bore, 
le  silicium  et  enlin  l'oxygène,  dont  Tozone  est  une  variété  allo- 
tropique. Quant  aux  corps  composés  et  particulièrement  aux 
composés  organiques,  ils  fournissent  des  exemples  d'allotropie 
bien  plus  nombreux  encore. 

Les  diverses  variétés  d'une  même  substance  peuvent  exister 
simultanément  dans  un  large  intervalle  de  température.  Quel- 
quefois il  est  possible  de  provoquer  à  volonté  la  formation  exclu- 
sive de  Tune  ou  l'autre  de  ces  variétés,  en  modifiant  convena- 
blement les  circonstances  de  leur  production.  Ainsi  le  soufre, 
précipité  chimiquement,  est  de  la  variété  amorphe  et  insoluble 
dans  le  sulfure  de  carbone;  le  soufre  dissous  dans  ce  réactif 
cristallise  en  octaèdres  à  la  température  ordinaire,  tandis  que 
le  soufre  surfondu  donne  toujours  des  cristaux  prismatiques, 
même  à  la  température  ordinaire,  quand  on  provoque  sa  soli- 
dification par  une  action  mécanique.  Enfin  M.  GernezC)^ 
obtenu  simultanément  dans  une  même  masse  de  soufre  sur- 
fondu (les  cristaux  prismatiques  et  octaédriques  :  le  liquide 
était  contenu  dans  un  tube  en  U;  dans  Tune  des  branches  du 
tube  on  introduisait  un  cristal  prismatique,  dans  l'autre  un 
cristaloctaédrique  et  chacun  d'eux  donnait  exclusivement  nais- 
sance à  des  cristaux  de  son  espèce. 

En  général,  il  y  a  une  des  variétés  du  corps  allotropique  qu' 


(')  Gkrxf.z,  Journal  de  P/iyur/ne,  i'*  série,  t.  V,  p.  2^9;   1876. 


CHANGEMENTS  D'ÉTAT  CHIMIQUES.  lyV 

est  stable  à  la  température  ordinaire  et  dans  laquelle  toutes  les 
autres  se  transformenl  avec  dégagement  de  chaleur.  Ainsi  le 
soufre  prismatique,  même  préparé  à  froid,  se  transforme  len- 
tement en  cristaux  octaédriques  de  dimensions  microscopiques  ; 
il  en  est  de  même  du  soufre  mou  et,  dans  les  deux  cas,  il  y  a 
dégagement  de  chaleur.  Mais  toules  les  variétés  de  soufre 
chauffées  à  270''  se  transforment  en  soufre  mou  et  les  cristaux 
octaédriques  de  soufre  se  changent  à  100®  en  chapelets  de 
petits  cristaux  prismatiques. 

Quantités  de  chaleur  dégagées  dans  les  transformations  allotro- 
piques des  corps  simples  rapportées  à  un  équivalent  (  •  ). 


ÉQUf- 
VALENT. 


Oxygène  changé  en  ozone... 
Soufre  octaédriqiie  eu  soufre) 

insoluble \ 

Soufre  amorphe  insoluble  en) 

soufre  amorphe  solublc  . . .  \ 
Soufre    amorphe    soluble   en) 

soufre  octaédrique i 

Soufre  Miou  en  soufre  octac-- 

drique \ 

Soufre  prismatique  en  soufre^ 

octaédrique ^ 

^élénium  vitreux  eu  sélénium) 

métallique ( 

Phosphore  blanc  enphosphoro^ 

rouge  cristallisé ^ 

Phosphore  blancen  phosphore^ 
rouge  Amorphe \ 

(Jiarbon  de  bois  en  diamant.  ' 
Silicium  amorphe  en  silicium) 

cristallisé \ 

Or    précipité    du     bromure,  > 

changé   en    or    dans    l'élnt' 

* 

physique  où  il  est  précipite 


^'1 
16 

16 

16 

16 

i(i 

3i 


CHALEUR 


-i'|8oo 
0  à     i8« 

<    O   à    112* 

-  4-> 

JOO 

900 


ACTEURS. 


19200 

20700  à  9300 
3i         '         et  —  1000 

/suivant  les  variétés^ 
1 5oo 


* 


I 


:î8 
98,3 


8100 


1600 


Berthelot. 
Id. 

Id. 

Id. 

Regnault  (varie). 

Mitscherlich. 

1 
Regnault  (varie). 

l'roost  et  Hautcfeuille. 

Id. 

^'avre  et  Silbermann. 
i'roost  et  Hautcfeuille. 


I 


Troost. 


du  chlorure, 


(';  Ce  Tableau  est  extrait  de  V. Annuaire  du  Bureau  des  Longitudes  pour  i885,  p.  69^) . 


196*  CALORIMÉTRIE. 

TENSIONS  DE  TEAHSFORIIATION.  —  Mais  si  Ton  ne  peut  rien  dire 
de  général,  dans  Fétat  actuel  de  la  Science,  sur  les  transforma- 
tions allotropiques  qui  s'effectuent  à  Pétat  solide  ou  liquide,  il 
n'en  est  pas  de  même  quand  la  transformation  se  produit  à  une 
température  où  Tune  au  moins  des  variétés  du  corps  consi- 
déré existe  à  l'état  gazeux.  Les  phénomènes  qui  se  produisent 
alors  offrent  la  plus  grande  analogie  avec  les  phénomènes  de 
dissociation.  Nous  prendrons  comme  exemple  la  iransfonna- 
lion  du  phosphore  ordinaire  en  phosphore  rouge  étudiée  par 
MM.  Troost  et  Ilautefeuille  (*). 

On  sait  que  le  phosphore  ordinaire  liquéfié  se  transforme  ra- 
pidement et  complètement  en  phosphore  rouge  à  la  tempéra- 
ture de  280^;  mais  sa  vapeur  se  transforme  aussi  d'une  manière 
lente  en  phosphore  rouge,  et  cette  dernière  transformation  est 
limitée.  Elle  s'arrête  quand  la  vapeur  de  phosphore  exerce 
sur  le  phosphore  transformé  une  certaine  pression  P,  infé- 
rieure à  la  tension  maximum  F  de  la  vapeur  de  phosphore  ordi- 
naire à  la  même  température.  On  désigne  cette  pression  P  sous 
le  nom  de  tension  de  transformation  du  phosphore  ordinaire 
en  phosphore  rouge.  MM.  Troost  et  Hautefeuille  ont  obtenu 
pour  les  valeurs  correspondantes  de  P  et  de  F  les  valeurs  sui- 
vantes : 

Teuijiéralun*  F.  IV 

o  atm.  atm 

Mh) 3,'-^  O,  12 

4|0 9>^  1.75 

Au-dessus  de  ^^o"  les  déterminations  de  la  tension  maximum  F 
deviennent  de  plus  en  plus  incertaines;  mais  on  a  pu  continuer 
à  mesurer  les  tensions  de  transformations  jusqu'à  577°;àcellf 
température  on  a  Pr=5(>*'". 

La  tension  de  transformation  joue  dans  ces  phénomènes  I<î 
même  nMe  que  joue  la  tension  de  dissociation  dans  les  décom- 
positions limitées.  Toutes  les  observations  faites  au  sujet  de  lî^ 
tension  de  dissociation  pourraient  être  répétées  ici,  mol  po"'* 
mot. 

(  '  )    Trdost  ot  lI.\i:ii:rKriLLK,    Comptes  rendus  t/ns  setturcs   de  l'Académie  i^^^ 
Sciencci,  l,  LXXVI,   p.  -♦>  el    ncj:  i^-^\. 


CHANGEMENTS  D'ÉTAT  CHIMIQUES.  197* 

Comme  exemples  des  tensions  de  transformations,  nous 
signalerons  encore  la  transformation  du  cyanogène  en  para- 
cyanogène  (  *  )  et  celle  de  la  cyamélide  et  de  Tacide  cyanu- 
rique  en  acide  cyanique  (^),  étudiées  aussi  par  MM.  Troost 
et  Hautefeuille  ;  elles  offrent  toutes  les  mêmes  caractères  gé- 
néraux. 

RÉACTIONS  GHDOftUES.  —  La  combinaison  de  deux  corps  n*est 
pas  seulement  caractérisée  par  la  proportion  dans  laquelle  ils 
s*unissent,  mais  encore  par  le  dégagement  d'une  certaine  quan- 
tité de  chaleur  positive  ou  négative,  nommée  chaleur  de  corn-- 
bincUson.  Quand  le  composé  formé  se  détruit  dans  des  condi- 
tions identiques  à  celles  qui  lui  ont  donné  naissance,  il  absorbe 
de  nouveau  sa  chaleur  de  combinaison.  A  ce  point  de  vue,  la 
combinaison  et  la  décomposition  sont  des  changements  d'état 
inverses,  au  même  titre  que  la  condensation  ou  la  volatilisation 
d'un  corps  de  composition  invariable. 

Les  réactions  chimiques  sont,  en. général,  des  phénomènes 
plus  complexes  que  la  simple  combinaison  de  deux  éléments. 
On  sait  qu'elles  peuvent  consister  soit  en  échanges  d'éléments 
jouant  le  même  rôle  dans  des  combinaisons  analogues  (doubles 
décompositions),  soit  en  systèmes  de  combinaisons  ou  de  dé- 
compositions simultanées.  Elles  s'opèrent  en  général  entre  des 
corps  gazeux,  liquides  ou  dissous. 

Certaines  réactions  s'opèrent  de  telle  sorte  qu'il  ne  reste 
plus  rien  des  corps  primitivement  mis  en  présence.  Ainsi  l'acide 
sulfurique  et  la  potasse  disparaissent  complètement  en  donnant 
du  sulfate  de  potasse  et  de  l'eau  ;  le  zinc  précipite  complètement 
le  cuivre  d'une  solution  de  sulfate  de  cuivre,  et  il  n'y  a  pas  non 
plus  de  limite  aux  doubles  décompositions  opérées  conformé- 
ment aux  lois  de  Berthollei,  lorsque  l'un  au  moins  des  corps 
qui  en  résultent  se  précipite  ou  se  dégage  à  l'état  gazeux.  Mais, 
dans  d'autres  cas,  il  s'établit  entre  les  corps  réagissants  et  les 
produits  de  la  réaction  un  certain  équilibre  qui  limite  la  réac- 


(  '  )  Troost  et  Hautefeuille,  Comptes  rendus   des  séances  de  l' Académie  dr< 
Sciences,   t.  LXI,  p.  ■;33  et  796:   186  >. 

(^)  Tboost  et  Hautefeuille,  Ihid.f  t.  LXVH,  p.  i345;  1868. 


198*  CALORIMÉTRIE. 

lion  directe  par  la  réaciion  inverse.  Ainsi  Taction  d'un  aci^^ 
sur  un  alcool  fournit  un  étber  composé,  dont  la  proportic^^) 
dans  la  liqueur,  augmente  avec  le  temps,  mais  ne  peut  d»   ^^as 
aucun  cas  dépasser  une  certaine  limite,  dépendant  de  la  n^  ^ 
lure  de  Tacide  et  de  Falcool  mis  en  présence.  Ce  fait  împc^»r- 
tant  a  été  établi  par  M.  Berthelot. 

Dans  tous  les  cas,  chaque  réaction  chimique  complète  <=>" 
limitée,  instantanée  ou  progressive,  deméVire  caractérisée  i^  ^^ 
l'absorption  ou  le  dégagement  d'une  certaine  quantité  de  ch.^^- 
leur,  et  le  phénomène  thermique  change  de  signe  iorsqu  *<« 
toutes  les  circonstances  extérieures  demeurant  les  mém 
on  se  borne  à  renverser  le  sens  dans  lequel  la  réaciion  s'a 
complit. 

£n  revanche,  cette  quantité  de  chaleur  varie  avec  toutes  I 
circonstances  du  phénomène  :  la  température,  l'état  physiqu-^^^^ 
des  corps  qui  prennent  part  à  la  réaction  ou  qui  en  sont  le 
sultat.  Ainsi  la  combinaison  de  l'hydrogène  et  de  Toxygèn 
s'unissant  pour  donner  dej'eau,  est  accompagnée  d'un 
gement  de  chaleur  de  i^  loo*"**  par  équivalent  si  l'eau  reste         * 
l'état  gazeux,  de  34500*"^'  si  elle  se  produit  à  l'état  liquide  ^^^ 
de  35 200*^"' à  l'état  solide;  la  différence  correspond  à  la  chaieiiff^ — ^ 
de  fusion  et  de  vaporisation  de  l'eau.  La  formation  de  l'acid^^^^ 
chlorhydrique  gazeux  aux  dépens  du  chlore  et  de  l'hydrogèn -^'^^ 
gazeux  dégage  22000*^*»*  par  équivalent:  celle  de  l'acide  chloi   ^  ^' 
hydrique  dissous,  393oo*^»^;  la  différence  correspond  à  la  cha 
leur  de  dissolution  de  l'acide  chlorhydrique,  etc. 

La  mesure  des  quanliiés  de  chaleur  dégagées  dans  les  réac 
lions  chimiques  exige  des  dispositions  particulières  qu'il  es^^  '^ 
intéressant  de  faire  connaître.  Tantôt  on  mesure  directemen   ^* 


la  chaleur  dégagée,  ce  que  Ton.fera  toujours  quand  il  serapos—^^ 
sibic  de  produire  isolément  la  réaciion  dans  l'enceinte  d'uiT"^  ^ 
calorimètre;  tanlôl  (et  c'est  le  plus  souvent)  on  est  obligé  de*^^-^ 
déduire  les  chaleurs  de  combinaison  d'une  série  de  détermi- 
nations caloriméfriques  séparées,  se  rapportant  à  des  réac- 
tions différentes.  Nous  allons  d'abord  passer  en  revue  les  prin- 
cipales expériences  qui  offrent  un   intérêt  historique.   Nou^^^ 
indiquerons  ensuite   quelques-uns  des  résultats  auxquels  01 
est  parvenu. 


< 


CHANGEMENTS  D'ÉTAT  CHIMIQUES.  199* 

MtTBODZS  S£  HESDBi;.  —  EXFtBIEHGES  DI  UTOISIEB,  DE  BIIK- 
rOBD,  DE  DESPBEn  ET  DE  DOLOHfi.  —  Lavoisier  (  ■  )  chercha,  le  pre- 
mier,  à  mesurer  la  chaleur  dégagée  pendant  les  actions  chi- 
miques et,  en  particulier,  pendant  la  combustion  de  l'hjdro- 
gène  et  du  charbon.  Il  Taisait  brûler  un  poids  déterminé  de  ces 
substances  au  milieu  de  son  calorimètre  et  mesurait  la  quantité 
de  glace  fondue;  mais  tous  les  nombres  qu'il  obtint  sont  trop 
faibles.  Il  aurait,  en  elTei,  fallu  ramener  à  zéro  les  produits  de 
la  combustion  au  sein  même  du  calorimètre  et  les  laisser 
échapper  à  l'extérieur  sans  vitesse. 

Rumford(")  reprit  ces  mesures  avec  un  calorimètre  spécial 
{fig-  4^),  composé  d'une  caisse  en  cuivre  mince  pleine  d'eau 


et  contenant  un  large  scrpenim  BEL  dont  les  deux  extrémités 
étaient  ouvertes  dans  I  air  il  plaçait  sous  la  première  B,  qui 
était  évasée,  le  fojer  qu  il  voulait  étudier  et  les  produits  de 
combustion,  entraînant  avec  eux  la  chaleur  dégagée,  circu- 
laient dans  l'inicrieur  et  sortaient  par  EC,  après  avoir  pris  la 
température  de  leau.  Il  employait  la  méthode  de  compensa- 
lion  et  calculait,  par  la  formule  ordinaire,  la  chaleur  cédée  au 
calorimètre  par  un  poids  donné  du  combusUble.  Comme  cvi- 

(>)  UïOimn,  œo-rrl.  t.  n.  p.  3iW. 


aoo'  CALOKlMËTRiE. 

demment  l'appareil  ne  recevait  pas  toute  la  clialeur  développée 
par  la  combustion,  les  résultats  devaieni  être  et  furent  en  eSeï 
trop  faibles. 

l)espretz(')  perfectionna  l'appareil  de  Rumford.  Il  faisail 
brûler  le  combustible  au  milieu  d'un  creuset  de  platine  qiû 
recevait  un  courant  continuel  d'oxygène  et  d'où  les  produils 
formés  s'échappaient  par  un  serpentin.  Tout  le  système  plo"' 
geail  enticrcmenl  dans  un  calorimètre  plein  d'eau,  qui  abso^ 
bail  et  mesurait  la  totalité  i* 
la  chaleur  développée.  A  pt" 
près  à  la  même  époque,  D"" 
long  s'occupa  du  même  suj^ 
Ses   expériences  n'ont  pO'"' 
été  publiées  de  son  viva*^ 
mais  le  résumé  des  mesu"* 
fut  retrouvé  dans  ses  papiC* 
et  M.  Cabart  (»},   qui  l'aViil 
aidé  dans  ses  recherches,     ^' 
connaître  la  forme  du  calC^'^ 
mètre  employé  et  donna  qi«*'' 
ques  délails  sur  la  manî^^ 
dont  les  expériences  étai^^"' 
conduites.  L'appareil  se  c»  *"' 
posait  d'une  chambre  à  co  *^ 
bustion   A   plongée  dans    *J'' 
vase   plein    d'eau    (fig.  47  '" 
Loxjgèiie  y  arrivait  par  leconduii  B  ;  les  produils  s'échappait  *' 
par  un  serpentin  DEGF  où  les  uns  se  condensaient  et  par  *^ 
les  atilres  se  rendaient  dans  un  gazomètre,  pour  être  ensu8  *^ 
mesurés  et  analysés.  Dans  les  cas  où  le  combustible  était  l*  " 
métal,  on  ne  pouvait  mesurer  le  poids  de  ce  métal  brûlé.  C^** 
s'est  contenté  d'exprimer  la  chaleur  dégagée  par  la  fixation  d* 
i'''  ou  de  li'  d'oxygène.  Nous  donnons   ici  les  résultats  J*" 
Vuloiig. 


,  Aiinatfi  .Ir  Chimif  fl  de  Physi'iue, 


I.  XXVI,  p.  ÎÎ7  '■ 
III.  p.  i8l:i843- 


CHANGExMENTS  D'ÉTAT  CHIMIQUES. 


201 


•MBCSTIBIE. 


IC 

marais  (formène) 

carbone  

mt  (élhylène). . . 
»8oIu 

le  térébenthine.. 

>Iive 

le 


CALORIES  PR0DCITE8  PAR 


I  LITRE 

de  Tapeur 

du 

combustible. 


I  GRAMME 

de  vapeur 

du 

combustible. 


I  LITRE 
d'oxygène. 


I  GRAMME 
d'oxygène . 


3jo<i 

3',Hoi 

6212 

4325 

9587 

i335o 

I793 

3337 

3i3o 

3490 

6260 

4358 

i5338 

I2203 

5ii3 

3560 

14375 

696a 

4792 

3336 

3929 

7295 

3929 

2735 

70607 

Il  567 

5043 

35ii 

3i335 

9431 

5256 

3659 

// 

986:î 

tf 

n 

/' 

a6oi 

II 

2600 

f 

n 

6216 

4327 

n 

n 

65o8 

453 1 

n 

n 

3722 

2591 

II 

II 

5484 

38i8 

n 

i> 

6577 

5275 

ff 

f 

5721 

3983 

II 

" 

5323 

3706 

NGES  DE  MM.  FAVBE  ET  SILBEBMAN1I  (  <  )•  —  i'  Chaleurs 
istion.  —  On  doit  à  MM.  Favre  et  Silbermann  des 
1res  nombreuses  el  très  exactes  qui  ont  été  pour 
le  point  de  départ  de  la  Thermochimie.  L'appareil 
par  ces  savants  {fg.  ^S)  est  analogue  au  précédent, 
ire  à  combustion  A  est  en  cuivre  doré;  elle  reçoit 
par  deux  tubes  CC,  BB';  le  premier,  qui  commu- 
c  un  gazomètre,  la  maintient  pleine  de  gaz  à  la  pres- 
naire;  le  second  BB',  terminé  par  un  orifice  étroit, 
ir  le  combustible.  Les  produits  s'écoulent  au  dehors 
rpentin  EHGG',  ou  se  condensent  dans  une  boite  G. 
)  que  l'on  veut  brûler  sont  placés,  s'ils  sont  liquides, 


et    Silbermann,    Annales    de  Chimie   et    de   Phjrsique^    3*    série, 
852. 


aoi*  CALORIMÉTRIE. 

dans  des  lampes  à  mèche  d'amiante;  s'ils  sont  solides, daos 
des  vases  de  forme  parliculière;  et,  quand  ils  sont  gazeui,oi) 
les  fait  arriver  par  le'  tube  BB'.  Dans  tous  les  cas,  on  les  «t- 
riamme  dans  l'air  ei  on  les  introduit  rapidement  dans  la  chambre 
qu'on  Terme  ensuite  par  un  couvercle  à  vis.  Comme  il  est  né- 
cessaire de  surveiller  l'opération  pour  l'activer  ou  la  ralentir, 

FiR.  48. 


un  tube  KF,  furmé  par  des  lames  dolun  et  de  verre  ei  H""" 
d'un  miroir  incliné  K,  p(?rmet  de  voir  à  l'intérieur. 

Kiifin  celte  chambre  est  placée  dans  un  calorimètre  ferf*^' 
plein  d'eau  et  qui  contient  un  agitateur  mm.  Toutes  les  pi^'^^^ 
de  l'appareil  sont  évaluées  en  eau. 

La  durée  dune  combustion  étant  souvent  très  longue,  ' 
fallait  se  préoccuper  tout  spécialement  d'abord  de  diminuer^ 
ensuite  de  calculer  exactement  la  chaleur  perdue  par  le  raj**"" 
nement.  A  cet  effet,  le  calorimètre  était  poli  extérieuretne"'' 
place  dans  un  vase  MM,  et  l'intervalle  était  rempli  par  une 


CHANGEMENTS  D'ÉTAT  CHIMIQUES.  ao3* 

de  cygne  garnie  de  son  duvet.  Pour  éviter  enfin  les  va- 
ns brusques  de  la  température  atmosphérique,  tout  cet 
reil  était  plongé  dans  une  dernière  enceinte  pleine  d^eau. 
ant  chaque  minute,  le  calorimètre  perdait  par  son  refroi- 
ment  une  fraction  de  degré  Ad  qui  était  proportionnelle  à 
es  9  —  /  de  sa  température  sur  celle  de  Teau  extérieure, 
I  la  calculait  par  la  formule  de  Newton 

^e  =  A(e-'t). 

s  expériences  de  MM.  Favre.  et  Silbermann  comptent 
li  les  meilleures  déterminations  que  Ton  possède.  Nous 
[uerons  avec  quelque  détail  les  principaux  résultats  qu'ils 
Dbtenus.  Voici  d'abord  les  chaleurs  de  combustion  des 
s  simples,  c'est-à-dire  le  nombre  de  calories  produites  par 
e  ces  substances,  en  prenant  pour  calorie  la  chaleur  né- 
lire  pour  élever  i"  d'eau  de  i®. 

Chaleur  de  combustion  des  corps  simples. 

Hydrogène  avec  l'oxygène 34 46a, o 

Hydrogène  avec  le  chlore 28783,3 

Charbon  de  bois 8080,0 

Charbon  do  sucre 8089,8 

Charbon  des  cornues 8047 , 3 

Graphite  nalurci 7796 , G 

Graphite  des  hauts  fourneaux. . . .  7762,3 

Diamant 7770 , 1 

Soufre  natif 2261 ,8 

Soufre  cristallisé  récemment 2268,6 

Soufre  fondu  depuis  sept  ans 2116,6 

Soufre  mou 2208 ,0 

I  chaleur  de  combustion  de  l'hydrogène,  déduite  de  six 
îriences  très  concordantes,  est  3446^"'-  Dulong  avait 
vé  34601. 

expérience  présente  des  difficultés  avec  le  charbon.  On 
mesurer  la  chaleur  qu'il  dégage  en  se  transformant  en 
e  carbonique;  mais,  pendant  sa  combustion,  il  produit 
ours  une  petite  quantité  d'oxyde  de  carbone,  et  consé- 
Qfiment  il  faut  ajouter  à  la  chaleur  G,  recueillie  par  le  calo- 


2o4*  CALORIMÉTRIE. 

riniclre,  celle  que  l'on  obtiendrait  en  brûlant  Toxyde  de  cai 
bone  qui  s'est  formé.  Pour  cela  on  déterminait,  en  analysai 
les  produits,  le  poids  P'  d'oxyde  de  carbone  qu'ils  contenaieni 
on  le  multipliait  par  sa  chaleur  de  combustion  que  Ton  déte 
minait  séparément  et  qui  est  24o3~^;  C  -h  24o3P'  représenta  it 
la  chaleur  totale  que  la  combustion  aurait  produite  si  le  charbon--  n 
avait  été  entièrement  transformé  en  acide  carbonique, 
suite  de  cette  correction  indispensable,  la  chaleur  de  corabus 
tion  du  carbone  s'est  trouvée  plus  grande  dans  les  mesures 
MM.  Favre  et  Silbermannque  dans  celles  de  Dulong. 

On  voit  d'ailleurs  que  les  diverses  variétés  de  carbone, au  n 
égal  degré  de  pureté  chimique,  dégagent  des  quantités  <*  ^ 
chaleur  inégales  et  d'autant  plus  grandes  que  la  densité  dL  ^ 
combustible  est  moindre.  On  peut  en  déduire  par  différence  ■-  * 
quantité  de  chaleur  nécessaire  pour  produire  la  transfonoiv.  - 
tion,  que  nous  ne  savons  pas  exécuter,  d'une  variété  de  chai 
bon  dans  une  autre.  La  même  observation  s'applique  a 
soufre,  et  c'est  ainsi  qu'ont  été  obtenus  la  plupart  desnoi 
bres  du  Tableau  de  la  page  19:")*,  sur  les  quantités  de  cbaiei 
caractéristiques  des  transformations  allotropiques. 

2°  Corps  formés  ai'ec  absorption  de  chaleur.  —  Il  résult  ^ 
de  ces  expériences  et  de  celles  de  Dulong  qu'une  quantilécor^»- 
sidérablc  de  chaleur  est  dégagée  toutes  les  fois  qu'un  corp:^  s 
simple  et  Toxygône  s'unissent  par  combustion  vive;  maisce*^- 
laines  combinaisons  oxygénées,  qui  s'obtiennent  par  der^s 
moyens  détournés,  sont  accompagnées  d'une  absorption  (ï  ^ 
chaleur.  Thenard  (  *  )  avait  déjà  remarqué  que  la  décomposllic^  * 
de  l'eau  oxygénée  en  eau  et  oxygène  dégage  de  la  chaleur;  ^^^ 
MM.  Favre  et  Silbermann  ont  constaté  que,  dans  ce  ca^^» 
is»-  d'oxygène  mis  en  liberté  produit  iSoS*^*'.  Ils  ont  admis  qu'e^  ** 
se  combinant  à  l'eau  pour  la  suroxyder  ce  gramme  d'oxygèn»  * 
absorberait  justement  i3o3**-''. 

Le  proloxyde  d'azote  peut  être  décomposé  par  la  chaleurs  ^ 
oxygène  et  en  azote.  A  ce  moment  il  dégage  de  lachaleu-^* 
MM.  Favre  et  Silbermann  l'ont  démontré  de  la  manière  su  ^" 
vanle  :  ils  brûlaient  dans  leur  appareil  un  poids  donné  decha 


')  Tiii:nard,  Truite  de  Chimie^  t.  Il,  article  Eau  oxjrgénér. 


CHANGEMENTS  D'ÉTAT  CHIMIQUES.  105" 

enfermé  dans  une  corbeille  mélallique.  Au  centre  de  celle 
3eille  passait  un  tube  infusibie,  où  l'on  faisait  circuler  du 
Loxyde  d'azote  qui  était  chauffé  par  le  charbon  et  se  décom- 
ait  en  pariie.  La  chaleur  totale  produite  était  la  somme  de 
e  qui  était  due  à  la  combustion  du  charbon  et  de  celle  qui 
menait  de  la  décomposition  du^gaz;  la  première  pouvait  être 
ulée,  retranchée  du  total  observé,  et  le  reste  donnait  le 
ibre  de  calories  dégagées  par  la  décomposition  du  gaz.  On 
tva  1090*^*^5  pour  chaque  gramme  d'oxygène  mis  en  li- 
.é;  conséquemment,  1090*^', 5  doivent  être  absorbées  pen- 
l  la  combinaison  de  is''  d'oxygène  avec  l'azote, 
n  a  cru  pendant  longtemps  que  les  chaleurs  de  combus- 

devaient  suivre  des  lois  simples,  analogues  à  celles  des 
eurs  spécifiques.  11  n'en  est  rien,  et  cela  est  facile  à  conce- 

si  l'on  remarque  que  les  phénomènes  de  combinaison  sont 
êmement  complexes.  Prenons  pour  exemple  la  formation 
'eau  par  la  combustion  de  l'hydrogène:  i<»  les  deux  gaz 
tissent;  2°  ils  se  condensent  dans  le  rapport  de  3  à  2  pour 
stiiuer  de  la  vapeur  d'eau;  3°  cette  vapeur  passe  à  l'état  li- 
le.  Or  il  est  évident  que  ces  trois  actions  qui  se  superpo- 

doiveni  développer  des  chaleurs  qui  s'ajoutent,  et  c'est  la 
me  de  ces  chaleurs  que  l'on  mesure.  En  analysant  de  la 
ne  manière  l'acte  de  combinaison  de  deux  solides,  le  soufre 
ï  charbon  par  exemple,  on  peut  dire  :  1°  qu'ils  passent  à 
t  gazeux,  ce  qui  absorbe  de  la  chaleur;  2"  qu'ils  se  combi- 
l,  ce  qui  en  dégage  ;  3"  que  le  sulfure  formé  repasse  à  l'état 
ide,  ce  qui  rend  libre  sa  chaleur  latente;  par  conséquent, 
ombre  de  calories  définitivement  produites  n'est  qu'une 
Tcnce  entre  des  actions  inverses,  et  ne  peut  révéler  aucune 
impie. 

Vérification  expérimentale  des  principes  employés 
s  le  calcul  des  chaleurs  de  combinaison,  —  On  peut,  par 
systèmes  de  mesures  convenablement  dirigées,  vérifier, 
>  des  cas  parliculiers,  les  principes  qui  servent  de  base  au 
Lil  des  chaleurs  de  combinaison,  tel  qu'il  a  été  plusieurs 
réalisé  ci-dessus. 

)us  avons  admis  iniplicilementque,  quand  un  système  de 
^s  passe  d'un  même  état  initial  à  un  même  état  final ,  la 


ao6*  CALORIMÉTRIE. 

quantité  de  chaleur  dégagée  est  indépendante  des  états  ir^^^^n- 
termédiaires  que  le  système  traverse.  Nous  prouverons  pluK.^  us 
tard  que  ce  principe  est  théoriquement  exact,  pourvu  que  n  k 
travail  mécanique  exlérieur  produit  parle  système  de  corps  coir^m  «n- 
sidérés  soit  nul»  ou  qu'il  demeure  le  même  dans  tous  les  cas —  ^' 

Pour  la  démonstration  expérimentale,  nous  choisirons  h 
exemples  suivants,  empruntés  aux  recherches  de  MM.  Favt 
et  Silbermann. 

I.  Quand  on  brûle  i^  de  charbon  dans  Toxygène,  il  produ 
SoSo"*'^;  mais  il  en  donne  iii58  quand  il  brûle  dans  leproD 
oxyde  d'azoïe.  Si  noire  hypothèse  est  vraie,  la  difTérence  307 
entre  ces  deux  nombres  représente  la  chaleur  dégagée  par 
décomposition  du  protoxyde  d'azote  employé  à  brûler  i^ 
charbon;  d'où  Ton  conclut  que,  pour  décomposer  une  qui 
tilé  de  ce  gaz  contenant  ib''  d'oxygène,  il  faudrait 

3078  -;-  =  3078  4t  =  «  >  39">. 

(3r  l'expérience  directe  a  donné  logojS. 

II.  Quand  on  dissout  18''  de  zinc  dans  Tacide  sulfuriqu  «-^"^ 
étendu:  i<»  l'eau  se  décompose  et  l'hydrogène  est  dégagé, c^:^^  ce 
qui  absorbe  un  nombre  de  calories  a;  ^®  l'oxygène  se  combin^""*"^ 
avec  le  zinc,  ce  qui  dégage  x  calories;  3*  enfin  Toxyde  de zirK'-* ne 
anhvdre  se  dissout  dans  l'acide  et  développe  une  quanlilé  dfc-^*<^^ 
chaleur  que  l'on  peut  déterminer  par  une  expérience  directe •  ^^ 
qui  est  égale  à  335''','>4.  On  trouve  que  la  chaleur  totale  dég^  "Xa- 
gée  dans  cette  triple  action  est  égale  à  567"', 90.  On  a  donc 

.r  —  a  H-  335'-*»,54  --  ')67<'»^9o, 
X—  a—  9.32*^"',  36. 

On  recomnKMîce  cotte  expérience  en  remplaçant  l'acide  su^^'- 
furlquc  par  l'acide  clilorhydrique;  rien   n'est  changé  que         '^ 
chaleur  de  combinaison  de  l'oxyde  de  zinc  avec  l'acide.  L'e^— ^" 
périence  directe  prouve  qu'elle  est  égale  à  274"*» 3 1  et  que     ^^ 
nombre  total  de  calories,  développées  par  la  dissolution  c-*^ 
if^"^  de  zinc  dans  l'acide  chlorhvdrique,  est  5o3**"',8o.  On  dc^^' 
avoir,  comme  précédemmenl, 

X  —  a  r-  "503 ,80  —  7.7  1 , 3 1  =:  229 ,  '{g. 


CHANGEMENTS  D'ÉTAT  CHIMIQUES.  207* 

K  valeurs  de  x  —  a  sont  donc  égales  dans  les  deux  cas 
•es,  comme  on  devait  le  supposer  a  priori, 
suitats  divers.  —  i"  En  général»  la  combustion  d'un 
§  ne  dégagera  pas  la  même  quantité  de  chaleur  que  le 

combustion  de  ses  éléments  s'ils  étaient  libres.  En 
I  moment  où  ils  sont  combinés,  ces  éléments  ont  dé- 
C  calories,  et  quand  on  vient  ensuite  à  brûler  le  com- 
is  Toxygène,  ils  redeviennent  d'abord  libres  et  repren- 
^haleur  de  combinaison  dz  C;  puis  ils  brûlent  et  déga- 

nombre  de  calories  K  qu'ils  donneraient  s'ils  étaient 
solément.  La  chaleur  de  combustion  de  ce  composé 
icK  — (±C);  elle  pourra  être  supérieure,  égale  ou 
re  à  ceHe  de  ses  éléments,  suivant  que  (i^C)  sera  né- 
il  ou  positif.  Le  Tableau  suivant  justifie  cette  con- 


le 

ic 

!  de  carbone 
élhyliqiic. .  . 
amyliquc. . . 
méthyliquc. 


du  cumposé. 


i3o63,o 

118.17,8 

7183, () 

89.')8,6 
5307, I 


COMnUSTlON 

niFFÉBEMCE. 

(le  se«  élFUienSs. 

1  .'1675,0 

— l6l2,0 

ii8'|8,o 

4-         9,0 

3i'|5,3 

-t-  'j5j,2 

731 2,3 

-     :^8,7 

9'|i5,o 

-  466,6 

5 1 8^1,0 

-  123,1 

îxisle  des  composés  organiques  formés  par  les  mêmes 
s  réunis  en  proportions  égales,  mais  différemment 
lés.  Or,  plus  celle  condensation  est  grande,  plus  ils  ont 
ger  de  chaleur  en  se  formant,  et  moins  ils  doivent  en 
î  par  leur  combustion.  C'est  ce  que  montrent  les  exem- 
vanls,  où  Ton  a  rassemblé  les  carbures  d'hydrogène, 
formules  sont  (C^H^)"  elCC^^H»)": 


2o8*  CALORIMÉTRIE. 

Carbures  dlij^drogène, 

Étliylène(C*Hî)» 11857,8 

Amylène  (CMI^ )^ 1 1491 ,0 

Pararaylèno  (C*HV)'o i  i3o3 ,0 

Carbure  (C*H«)i» 11262,0 

Cétène  (CM1*V« 1  io55,o 

Métamylcne  (G«lP)2o 10928,0 

Essence  de  citron  (C">11*) 10939,0 

Essence  de  térébenlhine  ((i>oH«)2.  io852,o 

Té  rébène(C»«  118)2 10662,0 

3^  De  même  que  certains  corps  simples  dégagent  de  la  cha- 
leur en  subissant  une  modification  allotropique^  les  composés 
isomères,  que  la  Chimie  organique  nous  présente  en  si  grand 
nombre,  doivent  aussi  se  transformer  en  évoluant  de  la  cha- 
leur. 

On  verra  en  effet,  par  le  Tableau  suivant,  que  leurs  chaleurs 
de  combustion  sont  différentes.  Deux  corps  isomères  diffèrenl 
donc  entre  eux  par  leur  chaleur  de  constitution,  abscHumenl 
comme  un  corps  simple  diffère  de  lui-même  dans  les  divers 
états  distincts  qu'il  peut  affecter. 

Corps  isomères. 

Chaleur  dp  combu>lioi. 

Acide  acéti(iae  CMI^O* 33()5,o 

Formiate  de  méthylène  G^H'»()».  4197,-i 

Acide  butyrique  C^Il^O* 5G47,o 

Acétate  d'éthylc  CMl^O* ^y>S}>-,7 

\  Acide  valérique  C»oiiioo* ^1439,0 

)  BulyralcdeméthylèneC»oil>n)*.  6798,5 

L'aragonilc  et  le  spath  sont  deux  cor|)S  isomères  et  confir- 
ment la  remarque  préccdeiUe.  Quand  ijn  chauffe  le  spath  dans 
Tappareil  à  conîbustion,  au  milieu  de  charbons  incandescents, 
il  se  décompose  et  absorbe  de  la  chaleur;  si  on  le  rempla^^ 
par  l'aragonite,  celle-ci  commence  par  passer  à  l'état  spa- 
Ihique  et  dégage  de  la  chaleur,  puis  elle  se  décompose  et  e'i 
absorbe;  elle  avait  donc  luie  chaleur  de  constitution  différenU' 
de  celle  ([ue  possède  le  si)ath. 


CHANGEMENTS  D'ÉTAT  CHIMIQUES.  209* 

G01IBIHAI80H8  PâB  VOIE  HUMIDE.  —  Les  réactions  qui  se  pro- 
duisent par  voie  humide  sont  accompagnées  de  phénomènes 
thermiques  souvent  très  faibles,  mais  que  Ton  peut  mesurer 
très  exactement»  soit  dans  le  calorimètre  à  mercure  de 
HM.  Favre  et  Silbermann,  soit  surtout  à  Taide  du  calorimètre 
à  eau  de  M.  Berthelot.  Admettons  qu'il  s'agisse  d'étudier  la  cha- 
leur dégagée  par  la  réaction  qui  s'opère  entre  deux  liquides, 
par  exemple  Tacide  sulfurique  et  la  potasse  plus  ou  moins 
étendus  d'eau.  M.  Berthelot  place  l'un  des  liquides  dans  le  ca- 
lorimètre que  nous  avons  décrit  (p.  10*);  l'autre  est  placé  à 
côté,  dans  une  fiole  entourée  d'une  enceinte  argentée.  Les 
deux  liquides  ont  une  température  connue  qui  ne  diffère  pas 
sensiblement  de  celle  de  la  salle  et  que  l'on  observe  avec  soin. 
On  saisit  la  fiole  avec  une  pince  en  bois  et  Ton  en  vide  direc- 
tement le  contenu  dans  le  calorimètre;  on  agite  et  l'on  fait 
la  lecture  du  thermomètre,  lequel  doit  être  sensible  à  j^  de 
degré. 

Les  premières  expériences  calorimétriques  sur  les  réactions 
opérées  par  voie  humide  sont  celles  de  Hess  (*),  notamment 
sur  la  dilution  des  acides,  et  de  M.  Andrews  (2)  sur  la  satura- 
tion des  acides  par  les  bases.  MM.  Favre  et  SHbermann  ont 
montré  l'inexactitude  des  lois  très  simples  que  ces  savants 
avaient  cru  pouvoir  établir  à  ce  sujet.  Toutefois  leurs  expé- 
riences et  celles  plus  récentes  de  M.  Thomsen  ('),  de  MM.  Troost 
et  Hautefeuille,  de  M.  Ditte  et  surtout  de  M.  Berthelot  (  *)  ont 


(*)  Hess,  annales  de  Poggendorff,  t.  XLVH,  p.  210;  l.  L,  p.  385;  t.  LU,  p.  97  ; 
i.  LUI,  p.  535;  t.  LVl,  p.  463  et  393;  t.  LVlî,  p.  569,  et  t.  LXVI,  p.  i58. 

(■)  Andrews,  Jnnales  de  Poggendorff^  l.  I.IV,  p.  208;  t.  LXVI,  p.  3i; 
t.  LXXXI.  p.  73,  et  t.  CXLIII,  p.  101. 

(*)  Toomsë:!,  Annales  de  Poggendorff,  t.  LXXXHl,  p.  349  et  ^^^'  *•  ^C, 
p.  261  ;  t.  XCI,  p.  83  ;  t.  XCH,  p.  34  ;  t.  CXXXVIII.  p.  201  et  497,  t.  CXXXIX, 
p.  193;  t.  CXL,  p.  88,  497,  5i3,  53o;  t.  CXLU,  p.  337;  t.  CXLHI,  p.  354,  ^97. 
5i3;  t.  CXLIV,  p.  6^3;  t.  CXLVHI,  p.  177,  368;  t.  CL,  p.  3i,  i33. 

(*)  L'indication  des  Mémoires  frunçais  publiés  dans  les  %'ingt  dernières  an- 
oéei  sur  la  Tliermochimie  serait  trop  longue  pour  trouver  place  ici  :  les  Mé- 
moires les  plus  importants  ont  été  publiés  soit  dans  les  Annales  de  Chimie  et 
de  Physique,  4*  el  5*  série,  soit  dans  les  Comptes  rendus  des  séances  de  l' Aca- 
démie des  Sciences.  Le  lecteur  pourra  consulter  utilement  les  articles  Chaleur 
et  Thermochimie  dans  le  Dictionnaire   de    Chimie  de  M.  Wurtz,  et  la  Notice 

J.   et  B.,  Calorimétrie.  —  11.   j*  fasc.  \!\ 


JIM.*  CALORIMÉTRIE. 

éclairci  une  foule  de  points  demeurés  obscurs,  tant  que  la  Chi- 
mie ne  pouvait  s'aider  de  recherches  calorimétriques  précises. 
C'est  ainsi  que  la  distinction  vague  des  SiCides  faibies  ouforis 
correspond  à  des  différences  considérables  dans  les  quantités 
de  chaleur  dégagées  par  la  combinaison  de  ces  acides  avec  les 
bases  alcalines,  et  surtout  dans  le  mode  d'action  de  Teau  sur 
les  sels  résultants.  Ainsi  des  quantités  égales  de  base  ajoutées 
progressivement  à  un  acide/or/,  comme  Facide  chlorhydrique 
uu  Tacide  azotique»  dégagent  des  quantités  de  chaleur  égales, 
jusqu'à  neutralisation  complète;  tandis  que,  dans  le  cas  d*UD 
acide  faible,  surtout  polybasique,  Taddition  du  premier  équi- 
valent de  base  produira  seule  des  dégagements  de  chaleur 
proportionnels  au  poids  de  base  ;  le  dégagement  de  chaleur 
diminue  ensuite  et  finit  par  devenir  presque  nul.  Cet  effet  esi 
surtout  marqué  pour  le  cas  d'une  forte  dilution. 

On  a  pu  de  même  étudier  Faction  décomposante  exercée  par 
l'eau  sur  certains  sels,  les  doubles  décompositions  entre  sels 
sol u blés,  dans  le  cas  où  les  lois  de  Berthollet  ne  sont  pas  ap- 
plicables, etc.  Les  déterminations  numériques  abondent  ci        #^^ 
sont  en  général  très  concordantes;  mais  on  n*a  pu  en  dégager      ^    ^^^' 
jus(]u'ici  qu'un  petit  nombre  de  lois,  d'une  application  assez  ^^  "^z- 
délicate,  et  qu'il  serait  prématuré  d'exposer  avec  détail  dans  un  ^     ^^'^ 
Traité  de  Physique  générale.  '*^' 

PBIHGIPB  DU  TRAVAIL  KAXDEUII.  —  La  plus  importante  de  ce^^^. 
lois  osl  énoncée  de  la  manière  suivante  par  M.  Beriheloi: 

Joute  action   chimique,  accomplie  sans  rinten^entio^ ^, 
(F aucune  énergie  étrangère,  tend  vers  la  production  ot^t 
corps  ou  du  système  de  corps  qui  dégage  le  plus  de  cha- 
leur^ 

De  ce  principe  expérimental  il  suit  qu'il  n'y  a  en  général  ci<* 
combinaisons  directes  que  celles  i\m  s'effectuent  avec  déga- 
gement de  chaleur  :  la  chaleur  absorbée  par  la  production  Aq'^ 
composés  indirects  peut  être  fournie  soit  par  une  réaction  si- 
multanée dégageant  une  quantité  de  chaleur  «upérieure,  soi^ 


^J 


publioo  pnr  M.  Burlhulot  tlaiis  VAnnnaiie  du  Bureau  des  Longitudes  \M\xt  iS!^> 
Sur  les  principtdes  données  de  la   Thermochimie. 


\ 


211 


CHANGEMENTS  D*ÉTAT  CHIMIQUES. 

f>»r  rintervention  d'une  énergie  étrangère,  comme  celle  de 
I  ^  £irc  électrique,  de  la  lumière,  etc. 

Toutefois  on  constate  que  certaines  réactions  accomplies  par 

"voie  humide  sont  accompagnées  d'une  absorption  de  chaleur, 

c|  ci*n  faut  alors  attribuer  à  des  actions  physiques  consécutives 

cJI^  Faction  chimique;  mais  il  y  a  là  une  distinction  délicate  h 

es  Cfectuer,  et  dont  il  serait  impossible,  dans  Tétat  actuel  de  la 

<;ience,  de  préciser  absolument  les  termes. 

Nous  terminerons  ce  Chapitre  par  Tindication  d'un  certain 
ombre  de  résultats  numériques  empruntés  à  V Annuaire  du 
ureau  des  Longitudes  pour  i885. 


V 


•  I 


-jliîTRIE. 


I  '  I  I .  :  î 
lili-- 

<;-,..  .■ 
I  >  Il 

t.,     ■ 


ie  quelques  combinaisons  ch 

dans  it 


t:OMP08A?(TS. 


U}}tTOiti. 


I    ■ 


I    . 


« .  . 


-■  4i\.      . 

V      .  .   ■ 

l'iu*   .     . 

■    ■•*•     ■•     ■•*• 

H 

II 

H 

H- 

II 

H- 
M*- 
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H  - 
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O- 
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H* 


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Ni    ri  i>I,i  11* 


Az-,-  <) 
Az-^  O' 
Az  -T^  CV 
Az-    %)* 
A/  -     O 

Az-T-  O*--  H 
S-  O- 
S  -1-  O^ 

S -1-0'—  H 

|»Ii--()  -    HIU 

C-r-O 

i        S' 


s 

IMi 
\s- 


-,  Cl 


a 

Cl' 
CP 


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.s- Ci 
riiCi" 

Pli  CI 

AbCr 
Kocr 

Si  CI' 


CHANGEMENTS  D'ÉTAT  CHIMIQUES. 
?j  à  i^,  les  composants  et  les  composés  étant  pris 


ai3* 


CHALEUR  DÉGAGÉE, 

LE  COMPOSÉ  ÉTAKT 

AUTEURS . 

liqalde. 

•Olide. 

dittons. 

1 

1 

1 

f* 

// 

-+-  39*^00 

Berthelot. 

' 

f/ 

// 

-H  2q5oo 
-t-  10200 

Id. 

' 

// 

H 

Id. 

-+-  34500 

-h  35200 

// 

Farre  et  Silbermann. 

// 

// 

4-   23^00 

-t-    4"00 

Berthelot. 

// 

n 

Troost  et   Hautefeuill«*. 

// 

II 

-i-    21000 

Berthelot. 

'' 

II 

// 

Ogier. 

» 

// 

II 

// 

Id. 

^ 

» 

it 

// 

Berthelot. 

k 

n 

// 

n 

Id. 

1 

H 

II 

II 

Id. 

t 

" 

If 

r 

Id.' 

» 

" 

II 

1/ 

Ogier. 

—      8100 

II 

H 

Berthelot. 

M 

II 

// 

Id. 

// 

" 

—         4200 

Id. 

-+-         1700 
-^          1800 

H 

" 

Id. 

-+-        5900 

-h  i43oo 

Id. 

-r-    4 '600 

-H  42200 

-H  48800 

Id. 

. 

// 

-H  384oo 

Id. 

// 

-H  5i8oo 

-1-  7o5oo 

Id. 

-H  96500 

-H   96900 

-Hio5ooo 

Id. 

H 

-+-I81900 

-+-202700 

Thomsen . 

-+-I975OO 

-+- 200000 

4-202700 

Id. 

1 

t                                       // 

// 

—      2QOO 

-+-  49800 
4-  5i3oo 

Berthelot. 

1            .                            // 

H-  5oooo 
-*-  5i5oo 

Favre  et  Silbermann. 

II 

n 

// 

Berthelot. 

. 

II 

II 

// 

Id. 

'             —         7200 

II 

V 

Id.                    ! 

—      5700 

*t 

I 

Id. 

1 
1 

-+-     8800 

II 

// 

1 
1 

Ogier. 

-H  75800 

II 

tt 

Berthelot  et  Louguinine. 

// 

107800 

n 

Id. 

-+-  69^00 

II 

II 

Berthelot. 

' 

-+-io85oo 

// 

n 

Troost  et  Hautefeuille. 

-1-157600 

n 

II 

Id. 

-f-i  49^00 

H 

H 

Id. 

212' 


CALORIMÉTRIE. 


Chaleur  de  formation  de  quelques  combinaisons  chin 

dans  leu 


X0M8. 


llydrures. 


Acide  chlorhydrîque 

»       brorahydrique  . 

»       iodhydrique 

Eau 

Bioxyde  d'hydrogène 

Acide  sulthydrique 

Ammoniaque 

Hydrogène  phosphore  gazeux 

»  arsénié  gaxonx 

Acétylène  (C  diamant) 

Ethyléne  »  

Mcthyle  »•  

I  Forraène  »  

Hydrogène  silice  (Si  amorphe) 

Os f des, 

Protoxyde  d'azote    

Bioxyde  d'azote 

Acide  azoteux    

»       hypoazoti<|ue 

»       azoli(ïue  anhydre 

•  »  hydraté 

Acide  sulfureux ' 

»       sulfuriquo  anhydro i 

p  »  nionohydraté j 

»       phos|)hori(jue  anhydre I 

»  »  hydraté I 

Acide  hypochlorciix 

...  i       .         »  C  diamant , 

Vcidc  carboniijue  »  /^  u« 

*       '  C  amor|)he ) 

,.      ,    j         .  i  C  diamant ( 

Oxydedccarb.»ne|^^^,^^^^p^^ ^ 


Sulfure  de  carbone  * 


C  diamant. 


»  C  amorphe. 
Chlorures. 


Chlorure  de  soufre 


phosphoreux  . 
phosphorique. 

d'arsenic 

de  bore  (  Bo  amorphe) 


Chlorure   de   silicium 


\  Si  amorphe    i 

I  Si   crislallisé * 

I 


COHP08AXT8. 


H  -r    Cl 

H-^    Br 

H-i    I 

H^-0 

H-f^O» 

Hh-S 

H'-^  Aï 

H»-    Ph 

H'-^-  A» 

C"-,    H 

C«-.-  H' 

0'\    H> 

C*-i-H« 

Si  H    H* 


AZ-+-  O 
Ax-h  O" 
Az-»-  O' 
Az-^  0« 
Az  -,  O» 
Az-+-0*H-  H 

S-r   O' 

S-+-0' 

S  -+-  0«  -h  H 

Ph  -»-  O» 

Ph-hO*—  3  HO 

Cl-^  O 

C  -■-  O' 
C-+-0 
C-.   S' 


S'  -t-  Cl 
Ph-,   Cl' 
Ph  -r-  Cl» 
As  -T  CP 
Bo   .   CP 

Si  -r  Cl* 


COMPOSÉS. 


H  Cl 
HBr 
Hl 
HO 
HO» 
HS 
AxH> 
PhH* 
AiH> 
OH 
C'H» 
C«H» 
C»H« 
SiH« 


\ 


AxO 
AïO» 
AzO* 
ArO* 
AzO^ 
AzO*  H 


50* 
Ph 
PhO' 
Cl 


H 


-3  m 

0 


ce 


Cl 
Cî 


CHANGExMENTS  D'ÉTAT  CHIMIQUES.  ai3* 

i*^,  les  composants  et  les  composés  étant  pris 


EGR  DÉGAGÉE, 

LE  COMPOSÉ   ÉTAMT 

1 

AVTE0R8. 

liqaide. 

•oUde. 

dlttons. 

Il 

// 

-+-  39*^00 

Berthelot. 

If 

// 

-+-  aQ5oo 
H-  10200 

Id. 

II 

H 

Id. 

-+-  34500 

-h  35200 

// 

Farre  et  Silbermann . 

n 

ff 

-+-   23-^00 

-t-    4000 

Berthelot. 

If 

ff 

Troost  et   Hautefeuillo. 

II 

ff 

-\-  21000 

Berthelot. 

If 

II 

// 

Ogier. 

II 

If 

// 

Id. 

H 

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// 

Berthelot. 

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II 

Id. 

1 

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II 

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II 

// 

Ogier. 

—         8100 

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• 

Berthelot. 

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II 

// 

Id. 

If 

If 

—    4200 

Id. 

-f-       1700 
H-       1800 

" 

If 

Id. 

-+-    5900 

-h  i43oo 

Id.                    1 

-T-    4»600 

-+-  42200 

-h  48800 

Id.                    ! 

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// 

-+-  384oo 

Id. 

If 

-H  5i8oo 

-+-  70600 

Id.                    i 

-4-  96600 

-h   96900 

-+- 106000 

Id. 

1/ 

-+-I8I900 

-+-202700 

Thomsen .              \ 

-+-197500 

-+-200000 

-1-202700 

Id. 

// 

// 

—      2Q00 
-+-   49800 

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Berthelot. 

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If 

-+-  5oooo 
-4-  5i5oo 

Favrc  et  Silbermann. 

II 

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II 

Berthelot. 

If 

II 

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Id. 

—  7300 

—  0700 

II 

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Id. 

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Id. 

-+-     8800 

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If 

Ogier.                 ! 

-+-  76800 

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Berthelot  et  Loiiguinine. 

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107800 

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Id. 

-+-  6q4oo 
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If 

If 

Berthelot. 

ff 

II 

Troost  et  Hautefeuille. 

-+-157600 

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II 

Id. 

-H  149^00 

II 

H 

Id. 

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CALORIMÉTRIE. 


Formation  des  oxydes  métalliques, 
diaprés  Thomsen. 


NOMS. 


Potasse 


COMPOSANTS. 


Soude . . 

Lithino. 
Chaux. 


Strontiane 


Baryte : 

Bioxyde  de  baryum 

Magnésie 

Alumine 

Protoxyde  do  manganèse  (hydraté). 

Bioxyde  »  » 

Acide  pcrnianganique 

Protoxyde  de  fer  (hydraté) 

Peroxyde         »  >.         

Oxyde  de  nickel  (hydraté) 

Sesquioxyde  >»  

Oxyde  de  cobalt  (hydraté) 

Sesquioxyde  »  

Oxyde  d'or  (hydraté) 

f\     A     i      '       (  anhydre 

Oxyde  de  zinc  |  .     / 

{  hydraté 

Oxyde  de  cadmium  hydraté 

Oxyde  de  plomb  !  .     ,^   ^^ 

(  hydraté 

Oxyde  de  thallium  S  f»Mrc 

(  hydraté 

Peroxyde  de  thallium  hydraté 

Protoxyde  de  cuivre 


K4-O 
K  -+-  0  -H  HO 

Na4-0 

Na  +  O-f-HO 

Li  H-  0  4-  HO 

j        Ca4-0 

■  Ca  4-  0  4-  HO 

j        Sr4-0 

!  Sr  4-  O  H-  HO 

Ba4-0 

Ba04-0 

Mg4-04-H0 

Al«-hO>4-3HO 

Mn4-0 

Mn  4-  O» 

Mn'4-0»4-H0 

Fe4-0 

Fe'  4-  O' 

Ni  4-0 

Ni'  4-  O» 

C04-O 

Co«  4-  O' 


D.        ,     ,        .        (  anhydre..    . 
Bioxyde  de  cuivre  -,     ,  ' 

f  hydraté  . . . . 


Au»  4-  O» 
Zn  4-0 

Zn  4-  O  4-  HO 
Cd4-0 
Pb4-0 

Pb  4.  O  4-  HO 
TI4-O 

Tl  4-  O  4-  HO 

Tl  4-0»4-3H0 

Cu»4-0 

Cu  4-  O 

C„  -+_  o  4-  HO 


I 


CHALECa 

ÉOCI- 

,  

VALENT. 

Eut 

■oitde. 

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56, 1 

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67800 

24 

76700 

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66000 

37 

73500 

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65700 

60,8 

74300 

76,5 

X 

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78,4 

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77600 
77600 
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79100 

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20000 


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CHANGEMENTS  D'ÉTAT  CHIMIQUES. 


9l5* 


Formation  des  oxydes  métalliques, 
diaprés  Thomsen  (suite). 


NOMS. 


rotoxyde  d'étain  hydraté 

ioxyde  «  "  «       

roloxyde  de  mercure 

Ioxyde  de  mercure  (jaune) 

xyde  d'argent 

rotoxyde  de  platine 

w  de  palladium  hydraté. 


CHALBUR 

DÉGAGÉE. 

COMPOSANTS. 

ÉQUI- 

VALENT. 

Ét«t 
solide. 

État 
dissous. 

Sn-^O 
Sn  -+-0» 
HB«-f-0 

67 
208 

34900 
67900 
21100 

// 

Hg-f-0 

108 

i55oo 

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Ag-O 

116 

35oo 

II 

Pt-+-0 
PdH-0 

107 
61 

7600 

lOIOO 

II 

H 

rmation  des  chlorures^  bromures,  iodures  des  métaux  des  pre- 
Tiières  sections,  d'après  M.  Thomsen,  aux  dépens  du  chlore, 
iu  brome  on  de  Piode  gazeux. 


NOMS. 


COMPOSANTS. 


hlorure  de  potassium 

•  sodium 

•  lithium 

calcium 

•  strontium 

»  magnésium  . .    . .      .    . 

•  aluminium 

romure  de  potassium 

•  sodium 

calcium ■ 

strontium.. 

»  aluminium 

>dure  de  potassium 

n  sodium 

•  calcium 

»  aluminium 


K-i-Ci 

Na-+-CI 

Li-+-Cl 

Ca-hCI 

Sr-*-Cl 

Mg-+-CI 

A1«-+-C1« 

K-+.Br 

Na-f-Br 

Ca-+-Br 

Sr-+-Br 

AI»  -f-  Br» 

K-+-I 

Na4-I 

Ca-+-I 

Al»-4-P 

CHALEUB 

ÉQUI- 

VALENTS 

État 

solide. 

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92300 

47»5 

75500 

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160900 

i'9'' 

100400 

io3 

90700 

100 

75800 

123,8 

84000 

267,4 

132600 

166,1 

85400 

i5o 

74200 

•47 

59300 

408,4 

863oo 

État 
dissoa». 


100800 
96200 

IO1900 
93800 
97800 
93500 

237800 
95000 
90400 
88000 
92000 

219500 
80100 
75500 
73100 

175300 


2l6* 


CALORIMÉTRIE. 


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CHANGEMENTS  D'ÉTAT  CHIMIQUES. 


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CALORIMËTRIE. 


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TABLE  DES  MATIÈRES.  219* 


TABLE  DES  MATIÈRES 

DU  DEUXIÈME  FASCICULE  DU  TOME  DEUXIÈME. 


calorim£trie. 


CHAPITRE  I. 

Méthodes  calorimétriques. 

ons  préliminaires i 

é  de  chaleur 2 

•rîmétrie 3 

leur  spécifique  vulgaire 4 

hodes  calorimétriques 5 

hode  des  mélanges  ;   appareils  et    corrections  :   Regnault  ; 

.  Berthelot 5 

ilication  à  la  mesure  des  chaleurs  spécifiques 12 

>rimètre  à  mercure  de  Favre  et  Silbermann 17 

hode  de  la  fusion  de  la  glace 20 

Timètre  de  Bunsen 22 

bodes  par  comparaison ,  .  25 

hode  de  refroidissement 27 

rmocalorimètre  de  Regnault 3o 

CHAPITRE  U. 

Chalenrs  spécifiques  des  solides  et  des  liquides. 

iation  de  la  chaleur  spécifique  avec  la  température;  chaleur 

)écifique  vraie 33 

leur  spécifique  de  l'eau 35 

iiltats  relatifs  aux  autres  substances 38 

lence  des  changements  de  densité  et  d'état  physique 4^ 


220*  TABLE  DES  MATIÈRES. 

PtfCI. 

Lois  des  capacités  atomiques 44 

Loi  de  Dulong  et  Polit 45 

Loi  do  Neumann 47 

Relation  entre  les  chaleurs  atomiques  du  composé  et  de  ses  élé- 
ments   52 


CHAPITRE  IIL 
Chaleurs  spécifiques  des  gaz. 

Chaleurs  spécifiques  des  gaz  sous  pression  constante 56 

Expériences  de  Delaroche  et  Bérard 5; 

Méthode  des  températures  stationnaires 59 

Méthode  des  températures  variables 6i 

Capacités  des  gaz  rapportées  à  l'eau 6i 

Expériences  de  Rognault 6i 

1**  Courant  de  gaz 65 

2*  Échauffement  du  gaz 6; 

3°  Calorimètre 68 

Modo  d'expérimentation 69 

Influence  do  la  pression  et  de  la  température 7* 

Rapport  des  chaleurs  spécifiques  des  gaz  sous  pression  constante 

et  à  volume  constant "^ 

Méthode  do  Clément  et  Desormes 7^ 

Méthode  fondée  sur  la  mesure  de  la  vitesse  du  son 77 

Expériences  de   MM.  Jamin  et  Richard 78 

Observations  sur  la  chaleur  spécifique  des  gaz  à  très  haute  tempé- 
rature   81 

Lois  des  capacités  calorifiques  des  gaz ^^ 

CHAPITRE  IV. 

Fusion  et  solidification. 

Changements  d'état  en  général ^7 

Fusion ^8 

Lois  de  la  fusion 9*^ 

Solidification 9^ 

Lois  de  la  solidification 9' 

Corps  pâteux.  —  Corps  gras 9^ 

Fusion  dos  alliages 9* 

Surfusion » 9^ 

Changement  de  volume  pendant  la  fusion 97 


TABLE  DES  MATIÈRES.  221* 

56  de  la  pression  sur  la  température  de  fusion ici 

tés  particulières  de  la  glace.  —  Regel 104 

r  latente  de  fusion 109 

des  liquides 109 

latente  de  la  glace 1 10 

des  solides 114 

)irique  de  Person 116 

CHAPITRE  V. 

Ëraporation.  —  Êbullition. 

ition  dans  une  atmosphère  illimitée 118 

ition  des  liquides  surchauffés 121 

lènes  produits  dans  les  vases  très  chauds 122 

on ; 1 26 

ttion  au  sein  d'une  masse  liquide 126 

3n  des  liquides 127 

3n  sous  des  pressions  faibles 128 

)n  sous  des  pressions  élevées 1 3o 

)  de  Papin 1 3 1 

ènes  présentés  par  les  geysers 182 

ie  l'ébullition i34 

les  corps  solides 137 

l'air  dissous 1 38 

ature  do  l'ébullition 1 39 

>  phénomènes  capillaires  dans  l'ébullition. 1  io 

)n  des  solutions  salines 141 

)n  des  mélanges  liquides 142 

CilAPlTHE  VI. 

Chaleurs  latentes  de  vaporisation. 

oduit  par  l'évaporalion i45 

[nèlrc 1^7 

s  latentes  de  vaporisation i55 

ancienne.  —  Modification  introduite  par  M.  Berthelot.  .  .  i55 

ordinaire 1 58 

latente  de  la  vypeur  d'eau.  —  Expériences  de  Regnaull.. .  159 

s i63 

spécifique  moyenne  de  la  vapeur  d'eau  sous  pression  coii- 
^ 164 


222*  TABLE  DES  MATIÈRES. 

l'ai» 

Cbalour  latente  do  vaporisation  des  liquides  et  chaleur  spécifiquo 

des  vapeurs  sous  pression  constante i65 

Cas  des  vapeurs  dont  la  densité  varie  avec  la  température 167 

CHAPITRE  VII. 

DiBSOlation. 

Dissolution  des  corps  solides.  —  Chaleur  de  dissolution 171 

Sursaluration 174 

Congélation  des  dissolutions  salines ijS 

Mélanges  réfrigérants 179 

Phénomènes  thermiques  accompagnant  le  mélange  des  liquides. . .  181 

Dissolution  des  gaz i83 

Interprétation  des  lois  de  Dalton 18S 

Sursaturation  des  dissolutions  gazeuses 184 

Chaleur  latente  de  dissolution i85 

Absorption  des  gaz  par  les  corps  solides ' 188 

CHAPITRE  VIII. 

Changements  d'état  chimiques. 
Principes  fondamentaux  de  la  Thermochimie. 

Analogie  dos  changements  d'état  chimiques  et  dos  changements 

d'état  purement  physiques iy> 

Dissociation 190 

Allotropie 19^ 

Tensions  do  transformation 19^ 

Réactions  chimiques '97 

Méthodes  de  mesure.  --  Expériences  do  Lavoisicr,  do  Rumford. 

de  Dcsprelz  et  de  Dulong i99 

Expériences  do  MM.  Favre  ol  Silbormanu w 

Combinaisons  par  voie  humide i09 

Principe  du  travail  maximum ïio 


KIN   DE  LA  T.VBLB   DES   MATIERES   DU   DEUXIEME    FASCICULK 

DU   TOME   DEUXIÈME. 


TABLE  PAR  ORDRE  ALPHABÉTIQUE. 


'12V 


TABLE  DES  MATIÈRES. 


PAR    URDHE   ALPIIAOÉTIQI'E, 


DU  DEUXIÈME  FASCICULE  DU  TOME  DEUXIÈME. 


>sorptioD   des  gaz  par  Jcs  solides, 

188. 

étales,  a  16. 

étique  (Acide),  108,  117,  i/|4,  i68, 

170»  «79»  "87,  208,  217. 

étooe,  39,  166,  167,  217. 

élylène,  212. 

ides,  210,  217. 

ier,  109. 

r,  63,  72,  77,  81,  i'|3. 

:ools,  217. 

cool  amylique,  107,  i43,  170,  207, 


21 


y 


bulylique,  217. 

—  éthyJique  (alcool   ordinaire), 

39,  107,  143,  1G6,  167,   170, 
178,  187,  207,  317. 

—  mélhyliquc,  106,  170,  207,217. 

—  propylique,  170,  217. 
déhydes,  217. 

léhyde  ordinaire,  1 43,  187,  217. 

liages,  47»  9^'  '"• 
liage  fusible,  loi. 
lotropie,  193. 
umine,  214. 

—  (Sels  d'),  21G. 
uminium,  46,  108. 

—  (Chlorure  Bromure,  el 

lodure  d'),  2i5. 
imoniacaux  (Sels),   1^2,  193,  2if). 
imoniaque,  72,  77,  107,   1^3,  17», 
187,  188,  189,  21:1. 

—  (Azotate  d'),  173. 


Amyle  (Benzoatc  d'),  i44* 

Amylène,  208. 

Aniline,  i44* 

Antimoine,  4o,  4^,  108,  201. 

Aragonite,  4^,  208. 

Argent,  4o,  4^>  109,  ii5,  117. 

—  (Azotate  d'),  108,  173. 

—  (lodure.    Chlorure   et    Bro- 

mure d'),  108. 

—  (Oxyde  d'),2i5. 

—  (Sels  d'),  216. 
Arsenic,  45,  108. 

—  (Chlorure  d'),  212. 
Arsénié  (Hydrogène),  212. 
Atomiques  (Capacités),  4^»  ^^f  83. 
Azotates,  5i,  216. 

Azote,  63,  72,  77,  143. 

—  (Bioxyde  d'),  72,  189,  212. 

—  (Proloxyde   d'),   63,   72,    77, 

143,  170,  212. 
Azoteux  (Acide),  187,  212. 
Azotique  (Acide),  107,  108,  117,  i43, 
170,  187,  212. 

—  (Acide    hypo-),    107,     i'|3, 

167,  170,  212. 

Baryte,  214. 

—  (Sels  de),  216. 
Baryum  (Bioxyde  de),  214. 
Benzoïque  (Acide),  i44)  ^18. 
Benzol   ou   benzine,    107,    117,    i43, 

166,  1Ç7,  170,  179. 
Bismuth,  44?  i^^>  n^»  117- 


224* 


TABLE  PAR  ORDRE  ALPHABÉTIQUE. 


Bore,  4i' 

—  (Chlorure  de),  170,  187,  213. 

—  (Fluorure  de),  187. 
Broine,  à\i  4^,  78,  107,  170,  187. 
Bromhydriquc  (Acide),  187,  189,  212. 
Bromures,  5o,  5i,  2i5. 

Bronze,  109. 

Bulyrique  (Acide),  i4î,  208,  217. 

Cadmium,  4^^^  108,  117. 

—  (Oxyde  de),  214. 

—  (Sels  de),  216. 

Calcium  (Chlorure  de),  98,  ii5,  i4i, 
21 5. 

—  (Bromure  et  lodure  de),  2i5. 
Caiéfaclion,  122. 

Caloriraélric.  Mélanges,  i,  5;  fusion 
de  la  glace,  20,  22;  refroidisse- 
ment,  27. 

Carbonates,  5i,2i6. 

Carbone,  voir  Diamant,  Graphite, 
Noir  de  fumée  et  Charbon. 

—  (Chlorure  de),  39,  167. 

—  (Oxyde  de),  63,  72,  77,  1 14, 

143,  201,  212. 

—  (Sulfure   de),  39,  107,  §43, 

16-,  170,  207. 
Carbonique    (Acide),    63,  72,  73,  77, 
81,  82,  143,  170,  181,  187,  i8tj,  212. 
Gélcne,  '.>.>)H. 
Chaleur  (Inilé  <le),  2. 

(  spécifique),  33,  5(). 
(latenlc  de  fusion),  109. 
(lalenle    de    vaporisation), 

i55. 
(  (le  dissolution),  171,183. 
(de  combustion,  201. 
(de    ci^iiibinaison),     21a    et 
suiv. 

Charbon,  '|3»  l*^>  ^9^»  ^^o')  2o3. 
Chaux,  ii'i. 

(vSels  de),  216. 

(Carbonate  de),  190. 

(Azotate  de),  173. 
Chimiques  (Changement  d'état),  190. 
Chlural,   170,  187. 
Chlore,  ô^,  72,  78,  143,  187. 


Chloreux  (Acide  hypo-),  21?. 
Chlorhydrique  (Acide),  72,  187, 188, 

189,  212. 
Chlorique  (Acide  hypo-),  187. 
Chloroforme,  89,  166,  167,  170, 187. 
Chlorures,  5o,  5i,  2i5,  216. 
Chrome  (Sels  de),  ai6. 
Citrique  (Acide),  218. 
Cobalt,  46,  201. 

—  (Oxydes  de),  Q14. 

—  (Sels  de),  216. 
Coke,  43. 

Combinaisons,  ao5,  209,  212  à  318. 
Combustion  (Chaleur  de),  199,  }o3. 
Congélation  de  l'eau,  94,  99, 102,  n^; 

175. 
Corps  pâteux  (fusion),  92. 
Craie,  4?- 
Cryohydrates,  177, 
Cuivre,  43,  4^?  108,  201. 

—  (Oxyde  de),  21  {. 

—  (Sulfate  de),  173. 

—  (Sels  de),  21b. 
Cyamélide,  Acides  cyaniqucetcyan- 

urique,   197. 
Cyanhydriquc  (Acide),  107,  i<3, 170» 

187. 
Cyanogène,  107,  i43,  187,  uj'. 

(Chlorures  de),  i^3,  lii- 
Cyanures,  216. 

Diamant,  2o3. 
Diphénylamine,   i'i4. 
Dissociation,  171,   190. 
Dissolution,  i83,  i8â. 
Dissolutions  salines,  1^1,  175. 

Eau,  35,  W,  82,  93,  99,  ii3,  n^,  n'. 

I '|3,  1.39,  i(35,  179,  198,  212. 
Eau  de  mer,  107,  i43. 
Eau  oxygénée,  212. 
Ebullition,  126  à  i44* 
lOffloreseents  (Sels),  193 
Essence    de    térébenthine,  Sg,   ^^'r 

16G,  201,  208. 
Etain,  1^1,  '|(),   108,  ii5,  117,201. 

—  (Bichlorure  d'),  166,  170. 


TABLE  PAR  ORDRE  ALPHABÉTIQUE. 


2a5* 


Étain  (Oxyde  d'),  2i5. 

État  (Changements  d'),  87.  Change- 
ments d'état  chimiques,  igo. 

Éther  méthylique,  187. 

Éther  ordinaire  ou  Éther  éthylique, 
39,  143,  166,  178,  187,  201,  217. 

Éthyle  (Acétate  d'),  Sg,  i66, 170, 187, 
308,  218. 

—  (Benzoate  d*),  i44- 

—  (Bromure  d*),  i43,  170,  179, 

218. 

—  (Formiate  d'),  i43. 

—  (lodure  d'),    39,    i43,    170, 

218. 

—  (Oxalatc  d'),  i44,  189. 
Éthyléne,  63,   72,  77,   i43,  201,  208, 

212. 
—         (Chlorure  d'),  ou  Liqueur 

des  Hollandais,  39,  i43,  166. 
Éthylamine,  187,  218. 
ÉTaporation,  118,  121,  126,  i45. 

Fer,  4o>  4^*  '09>  ^^'• 

—  (Sels  de),  216. 
Fleurs  de  la  glace,  io5. 
Flaorhydrique  (Acide),  i43,  170,  187. 
Fonte,  109. 

Formène,  72,  i43,  201,  212. 
Formique  (Acide),  107,  117,  i43,  170, 

«79»  '^7»  2»7- 
Fusion,  8,  90  à  118. 

Gallium,  108,  117. 

Oaz.  Chaleurs  spécifiques,  5G,  73,83. 
Dissolution  des  gaz,  i83;  leur  ab- 
sorption par  les  corps  solides,  188. 

Ccysers,  i32. 

Olace  (Eau  solide),  110,  i46. 

ducose,  117. 

dycérine,  117,  217. 

Clycol,  217. 

Craphite,  43,  i65,  2o3. 


Hydrogène  (Bioxyde  d'),  212. 
Hydrures,  212. 


Huile  de  lin,  i44- 

—    (d'olive),  ooi. 
Hydrogène,  63,  72,  77,  81,  igS,  2o3. 

J.  cl  B.,  Calonmétrie.  —  II.  2«  fasc. 


Iode,  46,  78,  io8,  117,  143,  170. 
lodhydrique  (Acide),  187,  188,  189, 

212. 
lodures,  5o,  5i,  3i5. 
Iridium,  4i,  4^»  «09« 

.Liquation  des  alliages,  93. 

Liquides.  Chaleur  spécifique,  38. 
Évaporation,  119.  Ébullition,  126. 
Phénomènes  accompagnant  le  mé- 
lange de  deux  liquides,  z8i. 

Lithine,  214. 

Lithium,  108. 

—        (Chlorure  de),  21 5. 

Lois.  Loi  des  chaleurs  spécifiques, 
44,  47,  52,  83.  Loi  de  la  fusion,  88 
et  suiv.  Loi  de  Person,  116.  Lois 
de  l'évaporation,  118. 


Magnésie,  214. 

—  (Sulfate  de),  173. 

—  (Sels  de),  216. 
Magnésium  (Chlorure  de),  2i5. 
Manganèse,  4^* 

—  (Oxydes  et  sels  de),  21 4, 

216. 
Manganique  (Acide  per-),  214. 
Marbre,  t\i. 

Marmite  de  Papin,  i3i. 
Mélanges  (Méthode  des),  5. 

Mercure,  40,  44»  4^,  7^»  >07»  *'^»  »'7» 
i44,  170. 
—        (Oxydes  et  sels  de),  2i5, 
216. 

Mesure  des  quantités  de  chaleur,  .1. 
Mesure  des  chaleurs  spécifiques,  5 
à  87.  Mesure  des  chaleurs  latentes 
de  fusion,  109;  de  vaporisation, 
145.  Mesure  des  chaleurs  de  com- 
bustion et  de  combinaison,  199  à 
218. 

Métamylène,  208. 

Métaux,  45,  4^* 

i5' 


TABLE  PAR  ORDRE  ALPHABÉTIQUE. 


Mélbodes  calorimétriques,  5    à  3i, 

109,  lis,  199. 
Méthylc,  113. 

—        (Chlorure  de),  9i8. 
Métliylâae(ButyraUetFormiatcde). 


NapbtuliDe,  117,  i44' 
Nickel,  45,  101. 

—  (Oxydes  de),  314. 

—  (Sels  de),  ai6. 
-Nitrobenzol,  107,  117,  14),  1711. 
Nitroglycérine,  iig. 

Or,  41,  ^6,  109,  195. 

—  (Oxydes  d'),  114. 
Oryiiiii<{ufs  l^iilisiances),  5b,  1 

Oxalique  (.\cide),  «17. 

Oxygène,  b\,  63,  73,  1^3,  181,  i 

Palladium,  ',1,  46,  109,  117. 
-  (Oxyde  de).  siS. 

Piracyanogénc,  197. 
Paraffine,  lu',,  io8,  i4',. 
Paramylénc,  jo8. 
Pâteux  (Ciirps),  ifi. 
Pélrultiie,  3y. 
Pliéncil,  117,  .117. 

l'Iiospliorc,  4".    14.   4G,  0«i   'JS. 
luB,  iiS,  ti7,  19', 


(Pnilocblorure  ili'), 


Pho.pl 

inq 

.<■  (Acide),  1 

E'hospl 

d'iiîdrogène. 

l'IalinL 

'.■- 

.19,  117, 

(0 

vdc  de),  3i5 

PluniL 

40. 

î.  4'-,  '■>«.  ■ 

— 

(Ox 

desde|,3ii. 

— 

(Sel 

de),  3>G. 

Potassi 

- 

(A 

outc  de),  1 

(Ca 

rbouatc  de), 

I   Potasse  (Chlorate,  ludatc,  Ptrcblu- 

raie  de),  108  el  173. 
1  -        fSdfate  del,  i;:i. 

I       -      (Sels  de),  316. 
Potassium,  45,  i44. 

(Chlorure  de),  i4',  i:^ 


I 


ii5. 


(Bron 


t  et  lodure  dr). 


Principes  de  la  Thermochimiciû. 
Principe  du  travail  maiimuni,:]». 
Propylglycol,  317. 
Psychro  mètre,  147- 

Réactions  chimiques,  197. 
Rérrigërants  (Mélanges),  179- 
Regel,  104. 

Salicylique  (Acide),  31B. 

Svliahydrique  (Acide).  tgS. 

Séièaiuoi,  43,  46,  loS,  ijS. 
I  Sel  marin,  iji,  17J,  177,114. 
j  Set9,4i,  5i,  173,  193. 

Silicium,',!,  170,  >95. 
I         -        (Chlorure  de),  i6A,it3. 
'         —        (Sesqiiichlororedt),  ijî- 
—        (Fluorure  de),  187. 

Siliciure  d'hydrogène,  m. 


(Etro 


Sulidc«.    Chai 


rc  et  lodure  dc)i'; 


I       l'usioji,  ii'|.  Dissolut 
SolidilicaliuD,  90,  95. 

i       ~      (Aiotatc,  Hyposuifcite,  W"'- 
phatede),  iiS,  117.  SfUdi- 
;  vers  .',1,173. 

I  Soufn;,  43,  46,  96,  98,  io4,  lûS.',!". 
I  "-,.  '41.  "70,  ii>i,içp.i"'' 

!  io3. 

i       —      (Prolochlorure  de),  lU.  ':"■ 

,  Spath  d'Islande,  43,  iu8. 

'  Sp'-cilique  (Chaleur).  3  i  8;.  Ch-iU"! 

spécifique  des  vapeurs.  i6ci. 
{  Spcrmuccli,  iu4,  iu8. 


TABLE  PAR  ORDRE  ALPHABÉTIQUE. 


Stéarine,  98,  io4,  108. 
Sléarique  (Acide),  98,  108,  217. 
Strontiane,  ai^. 

—  (Chlorure  et  lodure  de), 

ai5. 

—  (Sels  de),  216. 
Succinique  (Acide),  218. 
Sulfates,  5i,  216. 
Sulfhydrique  (Acide),  72,    107,   187, 

212. 
Sulfures,  49)  3i6. 
Sulfureux  (Acide),  77,  107,  i43,  170, 

187,  189,  211. 
Sulfurique  anhydre  (Acide),  108,  117. 

170,  187,  212. 
Sulfurique    ordinaire   (Acide),    117, 

i44»  180,  212. 
Surfusion,  96. 
Sursaturation,  174,  184. 

Tableaux  numériques.  Chaleurs  spé- 
ciGques,  89,  40,  44,  45,  46,  49  à 
5i,  52,  44*  Chaleurs  spécifiques  des 
gaz,  63,  72,  73,  76,  77,  78,  81,  8^, 
85.  Points  de  fusion,  98,  9^1,  98, 
io4,  107  et  108.  Chaleurs  latentes 
de  fusion,  ii5,  117.  Points  d'ébul- 
lilion,  141,  i4^>  i44-  Chaleurs  spé- 
cifiques des  vapeurs,  166.  Chaleurs 
latentes  de  vaporisation,  167,  169, 
170.  Chaleur»  de  dissolution,  178, 


187.  Chaleurs  par  le  mélange  des 
liquides,  181  ;  par  l'absorption  des 
gaz,  189.  Chaleur  de  transforma- 
tion, 195.  Chaleur  de  combustion, 
201,  2o3,  207,  208,  217,  218.  Don- 
nées thermochimiques  diverses, 
212  à  218. 

Tartrique  (Acide),  218. 

Tellure,  108. 

Tellurhydrique  (Acide),  193. 

Térébènc,  208. 

Thallium  (Oxydes  de),  214. 

Thermochimie,  197  à  218. 

Transformation  (Tensions  de),   196. 

Triméthylamine,  187,  218. 

—      (Chlorhydrate  de),  21  H. 

Uranium,  45. 
Urée,  108. 

Valériquc  (Acide),  170,  208,  218. 
Vapeurs    (Chaleur   spécifîque    des). 

166. 
Vaporisation   (Chaleur  latente  de), 

155  à  170. 
Verre,  4o. 

Zinc,  40,  45,  108,'  ii5,  i44f  ^01» 

—  (Oxyde  de),  2i'|. 

—  (Sels  de),  216. 

—  (Sulfate  de),  173. 


TABLE  PAR  NOMS  D'ADTKURS. 


2^9 


TABLE  PAR  NOMS  D'AUTEURS 


►  U  DEUXIÈME  FASCICULE  DU  TOME  DEUXIÈME. 


•d,  117. 

ry,  voir  Jamin. 

ws,  187,  209. 

,  154. 
n,  65. 

it,  i49- 

40. 

154. 

d,  voir  Delarochc. 

r,  ia3. 

elot,   10,  55,  117,   i55,i57,  170, 

,  187,  195,  198,  jog  à  218. 

elot  et  Louguinine,  187,  ii'S, 

elot  et  Ogier,    167,    170,   187, 

elot  et  Vieille,  82. 
,  5,  25,  i56. 
et  Irwine,  20,  i56. 
en,  176. 
gny,  122. 

»  179- 

'»99- 
157. 

let,  voir  Bussy. 

în,  22,99,  '^'^j  ■*-^'  *^'*»  *^^* 
'  et  Buignet,  181. 

Ôm,  4o. 

rt,  200. 
:,  i46. 

y  77- 


Chistoni,  i54. 

Clémeot  et  Désormes,  78,  157. 
Coppet  (de),  171,  176. 
Crawford,  57. 

Dalton,  119,  i83. 

Debray,    191,  igS,  voir  Devilie   (11. 

.    Sainte-Claire). 

DeJaroche  et  Bérard,  57,  83. 

De  Luc,  134. 

Desormes,  voir  Clément. 

Despretz,  95,  157,  176,  200. 

Devilie  (H.  Sainte-Claire),  88,  191. 

Devilie  (H.  Sainte-Claire)  et  Troost, 

144. 
Devilie  (H.  Sainte-Claire)  et  Debray, 

89. 
DiakonofT,  170. 
Ditte,  193,  209. 
Donny,  i35. 
Doyère,  i54. 
Dufour,  i36. 
Dulong,  77,  84,  200. 
Dulong  et  Petit,  12,  27,  33,  45. 

Ermann,  99, 

Fahrenheit,  95,  180. 
Faraday,  177. 

Favre,  170,  178,  187,  188,  201  etsuiv. 
Favre  et  Silbermann,  17,  170,  1N7. 
195,  201  et  suiv. 


23  o* 


TABLE  PAR  NOMS  D'AUTEURS. 


Fourcroy  et  Yauquelin,  i8o. 
Franklin,  i3g. 

Garnier,  54. 

Gandin,  89, 

Gay-Lussac,  54,95,  f49>  157. 

Gay-Lussac  et  Welter,  76. 

Gernez,  96,  97,    121,    127,   i34,  i38, 

189,  i/|2,  174,  i85,  194. 
Grandeau,  173. 
Guntz,  170,  187. 
Guthrie,  177. 

Hammerl,  187. 
Haulefeuille,  voir  Troost. 
Haycraft,  65. 
Hess,  ii4)  209. 
Hirn,  25,  36,  39,  76. 
Hopkins,  104. 
Huygens,  99. 

Ij'wine,  voir  Black. 
Isamberl,  193. 

Jamin,  18,  26,  ii4. 
Jamin  et  Amaury,  36. 
Jamin  cl  Richard,  78. 
Joule,  j6,  65. 

Kopp,  'o\,  98,  99. 
Kundl  cl  Warburg,  78. 

Laplace  et   Lavoisier,    21,   57,    ii''|. 

157. 
Lavoisier,  199,  voir  Laplace. 
Le  Chàlclier,  voir  Mal  lard. 
Legrand,  l'^b. 
Leslie,  57,  i^|3,  i'i9. 
Louguinine,  217,  voir  Berlhelot. 

iMacé  de  Lépinay,  i.)|. 
Mallard  et  Le  Chàtelier,  82,  86. 
Marcel,  i35,  voir  de  la  Hive. 
Marignac,  25. 
Masson,  76,  77. 
Melsens,  i83. 
Meyer,  \f\\. 


Mousson,  102. 
Musschenbroek,  1^7. 

Neumann,  12,  47. 

Ogier,  170,  21 3,  voir  Berthelol. 
Olzewski,  t43. 

Papin,  128,  i3t. 

Pelit,  voir  Dulong. 

Peltersen,  117. 

Person,  iio,  ii4)  116,  117. 

Pfaundler,  26,  180. 

Pfaundlcr  et  Platter,  36. 

Pouillet,  12. 

Provostaye  (La)  et  Desains,  m. 

Raoult,  176. 

Rechenberg,  217,  218. 

Regnault,  8,  12,  i5,  37,  3o,  35,39,  ^3, 
45,  47,  64,  72,  85,  117,  1.^3,  i3i, 
i58,  i64)  i65,  187,  189,  195. 

Richard,  voir  Jamin. 

Rive  (de  la)  et  Marcet,  6^. 

Rôntgen,  77. 

Rossetti,  176. 

RUdberg,  93. 

RildorlT,  92,  176. 

Rumford,  157,  199. 

Schlœsing,  8g. 
Silbermann,  voir  Favre. 
Southern,  i63. 
Stefan,  121. 
Slrecker,  178. 
Sucrmann,  65. 

Thénard,  2o5. 

Thomsen,  23,  178,  187,  209  el  sui^., 

21 4,  21 5,  216. 
Thomson  (J.),  loi. 
Thomson  (sir  W.),  102. 
Tomlinson,  i38. 
Tralles,  180. 
Trentinaglia,  117. 
Troost,    voir    Deville    (H.    Saiole- 

Claire). 


TABLE  PAR  NOMS  D'AUTEURS. 
Troost  et  Hautefeuille,  igS,  lyô,  196,      Weber  (F.)>  4'»  43,  4^« 


23l* 


197»  209. 
Tyndall,  lo^,  i3a. 

Vauquelin,  voir  Fourcroy. 
Vieille,  voir  Berihelot. 
Violle,  ^i,  109,  117. 

Watt,  107. 

Warburg,  voir  Kundt. 


Weisbach,  76. 
Welter,  voir  Gay-Lussac. 
Wiedemann  (E.),  64,  i6J. 
Wilcke,  30. 
Wimmel,  93. 
Winkelmann,  83. 
Wœstyn,  53. 
Wolf,  135. 
Wroblewski,  i  '|3. 


FIN   DU   DEUXIÈME   FASCICULE   DU  TOME   DEUXIÈME. 


tOMS       Paru.  —  Inipriiurrie  de  GAUTUIER-VlLLAllS.  quai  des  Aoioslin*,  ». 


THERMODYNAMIQUE. 


CHAPITRE  PREMIER. 

ÉQUIVALENCE  DE  LA  CHALEUR  ET  DU  TRAVAIL. 

Historique.  —  Équation  du  travail.  —  Discordance  entre  la  théorie  et 
la  marche  des  machines.  —  Effet  théorique  du  frottement.  —  Chaleur 
dégagée  par  le  frottement.  —  Expériences  de  Rumford  et  de  Joule.  — 
Équivalent  mécanique  de  la  chaleur.  —  Diverses  méthodeç  pour  le 
déterminer.  —  Principe  de  l'équivalence. 


nSTOEIftUE.  —  Dans  les  deux  Fascicules  précédents,  nous 
avons  successivement  étudié  la  dilatation  éprouvée  par  les 
corps  dont  on  élève  la  température,  puis  délerminé  les  con- 
ditions de  leurs  changements  d'étal  et  mesuré  les  quantités 
de  chaleur  qu'ils  absorbent  dans  ces  diverses  conditions.  De 
nouvelles  expériences  vont  nous  permettre  de  relier  les  uns 
aux  autres  les  résultats  que  nous  avons  ainsi  obtenus  d'une 
manière  indépendante,  et  nous  conduiront  à  envisager  d'une 
manière  toute  nouvelle  les  rapports  des  phénomènes  calori- 
fîques  et  des  phénomènes  purement  mécaniques. 

La  Thermody^namique  est  une  science  toute  moderne.  Ce 
n*est  pas  que  dès  la  plus  haute  antiquité  on  n'ait  remarqué  la 
production  de  chaleur  qui  accompagne  le  frottement,  ou  con- 
struit des  machines  fonctionnant  par  Faction  soutenue  du  feu, 
comme  par  exemple  l'éolipyle  de  Héron  (*).  Plusieurs  phi- 
losophes anciens  et  modernes  ont  même  essayé  de  donner 


(•)  Heronis  Âlexanilrini  apiritualiupi  liber;  'voir  la  Notice  d'Arago,  Sur  les 
machines  à  vapeur,  dans  Vj^ruiuaire  du  Bureau  des  Longitudes  pour  1829. 
J.  cl  B.   Thermodynamique.  —  II.  3*  faac.  i" 


2**  THERMODYNAMIQUE, 

une  inierprélation  de  ces  faits  el  considéré  la  chaleur  comme 
une  agitation  des  particules  matérielles  ou  éthérées;  mais 
leurs  théories  sont  demeurées  vagues  et  \î'oni  guère  attiré 
l'attention  des  expérimentateurs  avant  les  dernières  années 
du  xvni*  siècle.  Lavoisier  (*),  l'inventeur  de  la  théorie  de  la 
combustion,  est  un  des  premiers  qui  ait  émis  avec  précision 
rhypothèse  d'une  corrélation  intime  entre  le  travail  méca- 
nique et  la  chaleur.  «  Plusieurs  physiciens,  dit-il  (après  avoir 
exposé  l'hypothèse  de  matérialité  du  calorique),  pensent  que 
la  chaleur  n'est  que  le  résultat  des  mouvements  insensibles 
des  molécules  de  la  matière....  Dans  cette  hypothèse,  la 
chaleur  est  la  force  vive  qui  résulte  des  mouvements  insen- 
sibles des  molécules  des  corps. 

»  En  général,  on  fera  rentrer  la  première  [hypothèse  (celle 
de  la  matérialité  du  calorique)  dans  la  seconde,  en  changeant 
les  mois  chaleur  libre,  chaleur  combinée,  chaleur  dégagée 
dans  ceux  ^^  force  vive,  perte  de  force  vive  et  augmentation 
de  force  vive,  » 

Dans  ce  qui  suit,  nous  distinguerons  la  Thermodynamique^ 
exclusivement  fondée  sur  l'expérience,  des  divers  essais  d'une 
Théorie  mécanique  de  la  chaleur^  impliquant  des  hypothèses 
particulières  sur  la  constitution  moléculaire  des  corps  et  sur 
la  nature  même  de  la  chaleur. 

La  Thermodynamique  n'est  que  le  développement  de  deux 
principes  empruntés,  comme  nous  le  verrons,  à  Texpérience. 
Le  premier,  dont  on  pourrait,  à  la  rigueur,  faire  remonter 
l'origine  jusqu'aux  idées  de  Lavoisier,  n'a  été  démontré  et 
précisé  que  grâce  aux  travaux  de  R.  Mayer  (2),  Joule  (')• 
Uelmholtz  (*),  Colding  (}),  qui  paraissent  être  arrivés,  indé- 


(')  Lavoisikr  et  LaplaCe,  Mémoire  sur  la  chaleur,  dans  les  Mémoires  de 
r  Académie  pour  1780,  el  OEuvres  de  Lavoisier,  t.  II. 

(')  l\.  Mayer,  Remarques  sur  les  forces  de  la  nature  inatiimèe  [Annalei  à( 
Liebig,  t.  XLII:   i8V0- 

(')  JoiLE,  Sur  les  effets  calorifiques  de  l'électricité  et  du  magnétisme  el  sut 
l'équivalent  mécanique  de  la  chaleur  {Philosophical  Magazine ,  3*  série,  t.  XXI". 
p.  63,  3 ',7  et  435);  i8'|3. 

(*)  Helviioltz,  Sur  la  conservation  de  la  force  ;  Berlin,   i8'i7. 

(')  CoLiHNO,  Recherches  sur  les  rapports  des  forces  ile  la  nature;  i85i.. 

Pour  tout  ce  qui  concerne  l'histoire  de  la  l'hermodynamiquc,  iwir  l'excel- 


ÉQUATION  DU  TRAVAIL.  3** 

pendammenl  les  uns  des  autres  et  à  quelques  années  d*in- 
tervallef  à  la  nolion  fondamentale  de  Véquivalence  de  la  cha- 
leur et  du  travail. 

La  découverte  du  second  principe  fondamental  a  précédé 
celle  de  l'équivalence.  Ce  principe  fut  énoncé,  dès  1824»  par 
Sadi  Carnot  (*)  dont  il  porte  le  nom,  et  il  a  été  développé  no- 
tamment par  Clapeyron  (2)  et  par  M.  Clausius  (*).  Moins  facile 
à  saisir  que  le  principe  de  Téquivalence  et  d'une  interprétation 
mécanique'  plus  laborieuse,  le  principe  de  Carnot  semble  pé- 
nétrer plus  profondément  dans  la  nature  des  choses  et  se 
montre  singulièrement  fécond  en  applications. 

Les  principes  de  la  Thermodynamique  nous  apparaissent 
aujourd'hui  comme  un  complément  indispensable  de  ceux  de 
la  Dynamique.  Nous  allons,  en  effet,  établir  que  ces  derniers 
ne  suffisent  pas  à  rendre  compte  de  toutes  les  conditions  du 
fonctionnement  des  machines. 

ÉaUATIOM  DU  TRAVAIL  —  Prenons  un  point  matériel  sollicité 
par  un  nombre  quelconque  de  forces,  dont  les  composantes 
sont  X,  Y,  Z.  Si  dXy  rfj,  dz  représentent  les  espaces  élémen- 
taires parcourus  suivant  les  axes,  Xtte-+-Yrfj  h- Zrfz  sera  la 
somme  des  travaUx  élémentaires  correspondant  à  l'une  quel- 
conque de  ces  forces.  Soient  ro  la  vitesse  initiale,  v  la  vitesse 
du  point  matériel  au  bout  du  temps  t\  nous  savons  que  l'on  a 

f{\dx  ^\  dy  ^Zdz)=^\{mv^  -  mvl), 

c'est-à-dire  que  le  travail  total  est  égal  à  la  moitié  de  l'accrois- 
sement de  la  force  vive. 


lente  bibliographie  qui  tcrnniio  le  tome  II  de  la  Théorie  mècamqite  de  la  cha- 
leur de  Verdet  {OEuvres  de  f'erdct  y  t.  VHI). 

(')  Sadi  Car:<ot,  /^Jude  sur  la  puissance  motrice  de  la  chaleur;  Paris,  1824. 
Ce  Mémoire  a  été  réimprimé  dans  les  Annales  de  l'École  Normale  supérieure, 
a*  série,  t.  I,  p.  t. 

(*)  Clapetro!<,  Mémoire  sur  la  puissance  motrice  delà  chaleur  {Journal  de 
l'École  Polftechnique,  XIV  Cahier;  i834). 

(»)  Clausics,  Sur  une  nouvelle  forme  du  second  théorème  principal  de  la 
Théorie  mécanique  de  la  chaleur  {Ann.  de  Pogg.^  t.  XCII,  et  Journal  de  Liou- 
pille,  t.  XX;  i8S5). 


4**  THERMODYNAMIQUE. 

La  même  équation  peut  être  élendue  à  un  nombre  quel- 
conque de  points  matériels,  soit  libres,  soit  assujettis  a  garder 
les  mêmes  situations  relatives  comme  dans  les  solides,  ou  les 
mêmes  dislances  comme  dans  les  liquides.  £n  défînitive,  on  a 
la  relation 

Pour  abréger,  nous  remplacerons  le  premier  membre  par  t 
et  le  second  par  J(Fj—  Fo),  ce  qui  donne 

G=J(Fi-Fo). 

C'est  réquation  du  travail.  Nous  en  tirerons  une  conséquence 
capitale. 

Lorsqu'une  machine  quelconque  est  arrivée  à  Télat  de  mou- 
vement uniforme,  ou  bien  qu'étant  à  effet  alternatif,  comme 
une  machine  à  vapeur,  elle  revient  après  une  révolution  com 
plète  à  la  vitesse  qu'elle  avait  d'abord,  v  est  égal  à  Co  ;  il  n  y  a 
point  d'accroissement  des  forces  vives  pendant  celte  période, 
et  par  conséquent  la  somme  des  travaux  des  forces  est  nulle. 

Or  toute  machine  est  mise  en  jeu  par  une  force  motrice  qui 
tend  à  accroître  sa  vitesse  et  dont  le  travail  est  positif:  c'est  le 
travail  moteur;  d'autre  part,  elle  est  employée  à  soulever  des 
poids,  à  faire  mouvoir  des  pompes,  c'est-à-dire  à  faire  un  tra- 
vail contraire  ou  négatif,  qui  agit  pour  diminuer  cette  vitesse: 
c'est  le  travail  résistant.  Dire  que,  dans  une  machine  à  l'étal 
de  mouvement  uniforme,  le  travail  total  est  nul,  c'est  exprimer 
que  le  travail  résistant  est  égal  au  travail  moteur  pendant  le 
temps  considéré,  ou  que  la  machine  n'a  fait  que  transformer 
le  travail  de  la  force  motrice,  sans  en  rien  perdre,  en  un  autre 
travail  éf^al. 

L'exem|)le  le  plus  simple  peut  nous  être  fourni  par  une 
machine  hydraulique  élévatoire.  La  force  motrice  est  un  poids 
d'eau  considérable  P,  tombant  d'une  petite  hauteur  h]  son 
travail  est  V  II.  Cette  force  met  en  mouvement  des  roues  el 
des  pompes  qui  élèvent  un  poids  d'eau  moindre/?  à  une  hau- 
teur beaucoup  plus  considérable  H,  el,  après  un  nombrequel- 
conque  de  coups  de  piston,  si  la  machine  a  atteint  sa  marche 


EFFET  THÉORIQUE  DU  FROTTEMENT.  5** 

régulière,  il  faut  que  le  travail  moteur  P/t  soit  égal  au  travail 
résistant  pli.  Telle  est  la  loi  fondamentale  de  toute  machine. 

DI8G0BDAHGE  ENTRE  LA  THÉORIE  ET  LA  KARGHE  DES  MAGHIHES.  — 
En  fait,  cette  loi  n'est  jamais  réalisée.  Le  travail  résistant  est 
toujours  inférieur  au  travail  moteur.  Dans  Tancienne  machine 
de  Marly,  il  n'en  était  que  le  dixième,  et  dans  les  meilleures 
que  Ton  a  construites  il  n'a  pas  dépassé  les  deux  tiers.  A  la 
vérité,  la  machine  n'est  point  absolument  fixe  :  elle  ébranle 
ses  supports,  elle  fait  trembler  le  sol  au  loin,  elle  fait  du  bruit, 
ce  qui  agite  Tair;  en  un  mot,  elle  perd  extérieurement,  pour  la 
disséminer  au  loin,  une  somme  assez  notable  de  force  vive. 
Mais,  lors  même  que  l'on  tiendrait  compte  de  cette  perte,  on 
ne  parviendrait  pas  à  rétablir  l'égalité  entre  les  deux  travaux. 

Il  existe  une  autre  cause,  une  cause  capitale  de  déperdition 
du  travail,  c'est  le  frottement.  Les  axes  frottent  sur  les  touril- 
lons, les  pistons  dans  les  cylindres,  les  roues  sur  leurs  essieux 
ou  sur  les  rails,  et  en  général  toutes  les  surfaces  contre  celles 
qui  les  touchent  et  qui  ne  partagent  pas  leur  mouvement.  Or, 
partout  où  il  y  a  frottement,  il  y  a  des  pertes  de  travail.  Sans 
chercher  à  les  expliquer,  on  avait  été  obligé  de  les  admettre 
comme  faits,  d'en  chercher  empiriquement  les  valeurs,  et, 
sous  le  nom  de  résistances passii^es y  de  les  introduire  dans  les 
équations  du  travail,  afin  de  rétablir  l'égalité  entre  le  travail 
moteur  et  le  travail  résistant. 

EFFET  THÉORIQUE  DU  FROTTEMEKT.  —  Examinons  la  valeur  phi- 
losophique de  cette  correction.  Il  semble  que  le  frottement 
doive  résulter  de  l'action  que  les  molécules  des  surfaces  en 
contact  exercent  les  unes  sur  les  autres,  et  l'on  admet  que 
deux  molécules  ne  sauraient  agir  l'une  sur  l'autre  que  suivant 
la  ligne  qui  les  joint,  et  proportionnellement  à  une  certaine 
fonction  inconnue  de  leur  distancer,  soit  9(r).  Or  nous  allons 
prouver  que,  dans  cette  hypothèse,  le  travail  des  forces  molé- 
culaires, après  un  nombre  quelconque  de  révolutions  com- 
plètes de  la  machine,  est  identiquement  nul. 

Soient,  en  général,  x,  y,  z;  x' yy\  z'  les  coordonnées  de 
deux  points  M  et  M'  qui  agissent  entre  eux,  r  leur  distance. 


6**  THERMODYNAMIQUE. 

«,  (3,  y  les  angles  que  MM'  fait  avec  les  axes,  el  <p(r)  la  force 
réciproque.  Ses  composantes  sont 

\  =  f{r)  cos«=y(r)      "^'^^ 


Z  =  9(r)  cosy  =  (f{r) 


r 

z'-z 


Le  travail  élémentaire  de  celte  force  sera 
Xcten-Yrfj-f-Zrfz 

=  2^[(^'— a;)Gte-H(j'— j)drjH-(z'— z)rf^]. 
D'autre  part,  on  a 

donc 

rdr=  (x'—  x)dx  H-  (x'—x)dX'^  {z'—z)dz. 

En  remplaçant,  on  a,  pour  le  travail  élémentaire, 

X  rfx  H-  Y  rfj  4- Z  rfz  =  9 (r)  rfr  ; 

et,  en  appelant  "^{r)  l'intégrale  de  (f{r)dr, 

f{X  dx  +  Y  dy  -hldz)  —  '4^  (r). 

Cette  intégrale  doit  être  prise  entre  les  limites  x^y^o  Zo,  x\y\  rj, 
cl  xyZy  x'y'z' y  ou  Tq  el  r.  On  a  donc 


f. 


(X  dx  4-  Y dy  -h  Zrf::)  =  •|'(r)  —  t];(ro)  =  i(^^^'''—  /^r^). 


Or,  si  la  machine,  après  avoir  fait  un  nombre  quelconque  de 
révolutions,  se  retrouve  à  l'un  de  ses  élats  antérieurs,  on  a 
respeclivcment  Xy  y\  z;  x' ,  y^',  z'  et  r  égaux  à  Xq,  j^^o,  ^o;  ^i» 
>'o>  ^0»  ^^  *^  travail  des  forces  que  nous  venons  de  considérer 
est  absolument  nul  ;  par  conséquent,  sous  la  seule  influence 
de  forces  attractives  ou  répulsives  quelconques,  c'est-à-dire 
sous  la  seule  inlluence  de  la  pesanteur  et  du  frottement,  une 


CHALKUK  DÉGAGÉE  PAK  LE  FROTTEMENT.    7** 

machine,  en  reprenant  Tune  de  ses  positions  antérieures,  re- 
prendra sa  vitesse  primitive.  De  là  deux  conséquences  égale- 
ment importantes: 

1*»  Puisque  celte  vitesse  n'augmente  pas,  la  machine  ne  peut 
vaincre  aucun  travail  résistant.  Le  mouvement  perpétuel  est 
impossible. 

2<»  Puisqu'elle  ne  diminue  pas,  le  frottement,  considéré 
comme  une  action  réciproque  entre  des  molécules  voisines 
qui  se  déplacent,  ne  peut  occasionner  aucune  perte  de  travail. 
Ce  n'est  donc  pas  à  cette  action  qu'il  faut  attribuer  les  résis- 
tances passives  qui  se  produisent  quand  deux  surfaces  frottent, 
et  la  divergence  entre  la  théorie  des  machines  et  leur  marche 
réelle  subsiste  en  entier. 

GHALEUE  DÉGAGÉE  PAR  LE  FROTTEHEHT.  —  EZFÉBIEirGES  DE  RUMFOBD 
ET  DE  JOULE.  —  Cette  divergence  ne  peut  tenir  qu'à  ce  que  nos 
équations  sont  incomplètes.  Il  n'y  est  point  tenu  compte  de 
toutes  les  circonstances  physiques  qui  accompagnent  le  frot- 
tement :  l'expérience  seule  peut  nous  éclairer  à  cet  égard  et 
nous  permettre  de  compléter  nos  équations,  sans  violer  les 
principes  sur  lesquels  repose  la  Dynamique. 

Sans  insister  sur  tous  les  phénomènes  vulgaires,  dans  les- 
quels on  constate  un  dégagement  de  chaleur  par  suite  du 
frottement,  nous  nous  bornerons  à  rapporter  l'expérience  sui- 
vante de  Rumford  (^),  devenue  historique. 

Chargé  de  forer  des  canons  à  la  fonderie  de  Munich,  Rum- 
ford comprit  le  premier  que  cette  opération,  quand  on  la  pro- 
longe, est  une  source  continue  de  chaleur.  Il  fit  disposer  un 
axe  d'acier  tournant  sous  pression  dans  une  crapaudière  de 
bronze  enveloppée  d'eau.  Au  bout  d'une  heure,  cette  eau 
était  en  ébullition  et  s'y  maintenait  tant  que  durait  le  mouve- 
ment. Du  moment  qu'elle  se  produit  continûment,  cette  cha- 
leur n'est  pas  soustraite  aux  corps  frottés,  elle  ne  se  dégage 
pas  de  leur  masse  :  elle  est  le  produit  du  frottement  continu. 
C'est  le  travail  du  cheval  attelé  au  manège,  qui  est  l'origine 


(*)  Rl'MFORD,  Transactions philoaophiques,  {f^oir  l.  XV 111,  p.  283,  de  V Abrégé 
des  Transactions,  1798.) 


8" 


THEUMODVNAMKJUE. 


unique  de  la  chaleur  produiie  :  on  peut  dire  que  ce  travaflesl 
tranxformé  en  c/ialeur.  Pour  ne  laisser  aucun  doute  sur  sa 
pensée,  Kumrord  ajoutait  qu'il  n'y  aurait  aucun  profit  à  trans- 
former la  force  du  cheval  en  chaleur  attendu  que  le  fourrage 
dont  on  fe  nourrit  en  produirait  davantage,  si  on  le  bri^laii. 

Il  suffit  de  modiiler  légèrement  la  disposition  adoptée  par 
Rumford,  pour  transformer  son  expérience  purement  qualiu- 
tive  en  une  expérience  de  mesure.  C'est  ce  qu'a  fait  avec  beau- 
coup de  soin  et  un  succès  complet  un  illustre  physicien  an- 
glais, M.  Joule  (').  Nous  allons  exposer  avec  détail  les  diverses 
méthodes  qu'il  a  employées  à  cet  effet  en  1849  et  en  1878. 

Vn  calorimètre  B,  plein  d'eau,  contient  une  roue  à  palettes, 
mobile  autour  d'un  axe  AB  IJîg.  i  )  ;  elle  est  mise  en  mouve- 


ment au  moyen  d'un  double  cordon  qui  passe  sur  deux  poulies 
C.  et  I),  ei  ces  poulies  sont  sollicitées  par  deux  poidsE  et  Fqui 
tombent  d'une  hauteur  mesurée  par  des  règles  G  el  II.  On 
répète  vingt  fois  l'opération.  Le  travail  des  poids  qui  tombent 
est  entièrement  absorbé  par  les  résistances  passives  :  l'eau  du 
calorimètre  s'échauffe.  Il  s'agit  de  mesurer'avec  la  plus  grande 
exactilude  possible  le  travail  dépensé  et  la  chaleur  produite. 


!■)  Joui.E,  Tiamai-lions  philuanphiqiiei,  i85o,  ■"Parlie,  cl 
Col  Mémairus  ont  été  rùimpriniés  par  In  Soclétii  de  Phj9ic|ui 
i8tt4  (Joiilr'i  ii-ieiilific  paprn,  t.  I,  p.  ai)8  "  63i). 


da  Loddret,  es 


EXPÉRIENCES  DE  UUMFORD  ET  DE  JOULE.    9** 

l.  Mesure  du  traitai/ dépensé.  —  Soil  P  la  valeur  absolue  des 
poids  qui  tombent.  Dans  Tair  ils  éprouvent  une  perle  de  poids 
TT,  et,  quand  ils  descendent  d'une  hauteur  H,  ils  produisent  un 
travail  (P  —  tt)  H. 

1*»  Une  partie  de  ce  travail  est  employée  à  communiquer  aux 
poids  qui  tombent  une  certaine  force  vive.  Soit  r  la  vitesse, 
très  faible  et  facile  à  connaître,  que  possèdent  les  poids  en  ar- 

I  P 

rivant  au  sol  :  leur  force  vive  est —  t^^.  Elle  est  détruite  par  le 

choc,  sans  profit  pour  le  calorimètre.  Soil  A  la  hauteur  de  chute 

I  P 

libre,  correspondant  à  la  vitesse  i^;  on  a (^2  _  p/j^  Qq  ppQ. 

duit  devra  être  retranché  du  travail  total.  En  revanche,  la  corde 
fortement  tendue  pendant  la  chute  se  détend  quand  le  poids  a 
touché  le  sol,  en  exécutant  un  certain  travail  t=  P/i\  beau- 
coup plus  grand  que  le  précédent,  utilisé  dans  le  calorimètre 
et  qu'il  faut  ajouter. 

?.•  Une  autre  partie  du  travail  moteur  est  employée  à  vaincre 
les  résistances  passives  extérieures  au  calorimètre.  11  est  bien 
diffîcile  d'en  trouver  la  valeur  exacte.  Pour  y  arriver,  M.  Joule 
séparait  le  treuil  A  de  l'appareil  calorimétrique,  le  montait  sur 
un  pivot  et  disposait  un  cordon  unique  entre  les  poids  E  et  F, 
de  telle  sorte  que  quand  l'un  monte,  l'autre  descend;  on 
cherche  ensuite  par  tâtonnements  quel  est  le  poids  additionnel 
p  nécessaire  pour  communiquer  au  système  une  vitesse  sen- 
siblement constante  et  égale  à  la  vitesse  moyenne  dont  il  est 
animé  pendant  Texpérience.  Le  travail/?  H  est  absorbé:  i<*parle 
frottement  parasite  au  pivot,  qui  n'existait  pas  dans  l'expérience 
calorimétrique,  et  dont  il  faudra  trouver  séparément  la  valeur 
^iH;  2<>  par  les  frottements  de  la  corde,  des  poulies,  etc. 
M.  Joule  admet  que  ce  travail  est  précisément  le  même  que 
dans  l'expérience  calorimétrique,  ce  qui  ne  peut  être  bien 
rigoureux,  puisque  la  pression  sur  les  axes  n'est  pas  répartie 
de  la  même  manière.  Sa  valeur  serait  donc  H(p—p^), 

En  résumé,  le  travail  consommé  à  produire  réchauffement 
du  calorimètre  est 

G  =  (P  -  7:  -/;  4-/?i)  H  -  P(/i  —  h). 


lo**  THERMODYNAMIQUE. 

Toutes  les  correclions  sont  petites,  comme  on  s'en  convaincra 
d'après  les  données  numériques  de  Texpérience  : 


H(») i26o!a48 

// 0,l52 

//' 3,552 


P ...  4o6i52 

îf 497>69 

p 3oo5 

p' i68 


Travail  brut  PH  en  grains-pouce 5, 1 1853.  lo» 

»      corrigés  »  5,09013.10* 

La  correction  résultante  ne  dépasse  guère  ^, 
II.  Mesure  de  la  chaleur  produite,  —  La  difficulté  parti- 
culière de  la  mesure  calorimétrique,  opérée  par  M.  Joule,  pro- 
vient de  la  longue  durée  de  l'expérience  (trente-cinq  minutes). 
Dans  ces  conditions  la  correction,  due  aux  pertes  de  chaleur 
à  Texiérieur,  serait  énorme  si  l'excès  de  température  du  calo- 
rimètre était  notable.  11  convenait  donc  de  prendre  une  masse 
d'eau  telle  que  son  échaulTement  fût  très  faible,  et  de  mesurer 
cet  échauiïement  avec  la  plus  grande  précision.  M.  Joule  a 
employé  des  thermomètres  sensibles  au  ^^de  degré  Fahrenheit. 
Voici  les  données  moyennes  de  l'expérience  : 

Poids  de  l'eau  du  calorimclre 93229*^,  7 

Cuivre  du  calorimètre  et  roue  à  palctlcs  en 

laiton,  évalués  en  oau 4^-  îo*^»  5 

Échauffement  moyen  pour  une  expérience..  0°, 67525 

Correction  due  au  réchauflTcmenl  (*) o**, 01 2041 

Quantité  de  chaleur  totale  Q  en  grains-dc,i:ré .  5489601*'* 

On  voit  que,  malgré  les  précautions  prises,  la  correction  due 
à  la  différence  de  température  du  calorimètre  et  de  l'air  am- 
biant dépasse  -^^  de  la  quantité  mesurée.  Il  était  donc  indis- 
pensable d'étudier  de  près  la  loi  du  rayonnement  du  calori- 
mètre, en  observant,  après  chaque  expérience,  la  perte  ou  le 


(')  Ces  nombres  correspondent  à  vingt  chutes;  les  valeurs  de  H,  A,  h'  pour 
chaque  chute  sont  donc  vingt  fois  plus  faibles. 

(»)  La  température  moyenne  du  calorimètre  était  inférieure  à  la  tempéra- 
turc  ambiante. 


ÉQUIVALENT  MÉCANIQUE  DE  LA  CHALEUR.       n** 

gain  de  chaleur  du  calorimètre  pendant  une  durée  égale. 
Toutes  les  expériences  ayant  concouru  au  calcul  du  coeffi- 
cient de  correction,  on  peut  sans  doute  admettre  qu*il  est 
exact  au  ^  près  de  sa  valeur,  et  que  le  résultat  des  expériences 
ne  peut  être  faussé  de  ce  chef  de  plus  de  j^. 

ÉaniVALEHT  MËGAHiaUE  DE  LA  GHAIfUR.  —  Le  résultat  des 
expériences  de  Joule  est  donc  que  la  dépense  d'un  certain 
travail  G  a  produit  une  quantité  de  chaleur  Q;  la  transforma- 
tion du  travail  en  chaleur  a  été  opérée  par  Tintermédiaire 
d*une  roue  à  palettes  en  laiton  frottant  au  sein  d'une  masse 
d'eau,  qui  s'est  échauffée  d'une  quantité  0.  Si  nous  ramenons 
le  calorimètre  à  sa  température  initiale,  la  quantité  de  chaleur 
Q  sera  dégagée  et  tout  le  système  sera  revenu  à  son  état  pri- 
mitif, sans  qu'il  y  ait  eu  nouvelle  production  ou  dépense  de 
travail,  en  dehors  du  travail  très  petit  exercé  par  la  pression 
atmosphérique,  par  suite  de  la  variation  de  volume  du  calori- 
mètre et  de  l'eau.  11  n'y  a  donc  absolument  aucun  autre  phéno- 
mène résultant  de  la  disparition  du  travail  ^,  que  la  production 
de  la  chaleur  Q,  et  l'on  peut  dire  que,  dans  cette  expérience, 
une  quantité  de  chaleur  Q  équivaut  k  un  travail  6,  unequan- 

tité  de  chaleur  i  au  travail  E  =  p^«  Cette  quantité  E  représente 

en  unités  de  travail  l'équivalent  d'une  unité  de  chaleur  ou, 
par  abréviation,  Véquivalent  mécanique  de  la  chaleur ^ 

Il  reste  à  savoir  si  le  rapport  E  se  maintiendra  constant,  quand 
on  changera  les  conditions  des  expériences.  M.  Joule  a  répondu 
à  cette  question  :  1°  en  remplaçant  l'eau  de  son  calorimètre  par 
du  mercure  ;  i"*  en  remplaçant  la  roue  à  palettes  par  un  axe 
portant  une  plaque  de  fonte  entraînée  par  le  mouvement  des 
poids  et  sur  laquelle  on  appuyait,  à  l'aide  d'un  levier  extérieur, 
un  anneau  de  fer  immobile.  Ces  dernières  expériences  parais- 
sent susceptibles  de  moins  de  précision  que  la  première;  car, 
si  le  remplacement  de  l'eau  par  du  mercure,  dont  la  capacité 
calorifique  est  très  faible,  a  pour  effet  un  échaufîement  plus 
grand  du  calorimètre,  la  correction  due  au  refroidissement  de- 
vient beaucoup  plus  considérable  :  elle  a  varié  de  ^  à  j*,-. 
D'autre  part,  quand  on  a  fait  frotter  le  fer  sur  le  fer,  la  chute  des 


la**  THERMODYNAMIQUE. 

poids  est  irrégulière,  et  il  est  impossible  d'éviter  des  trépida- 
lions  et  un  bruit  strident,  ce  qui  multiplie  les  corrections  incei^ 
taines.  Malgré  ces  conditions  défavorables,  Joule  a  obtenu  des 
valeurs  de  E,  concordant  entre  elles  à  moins  de  yf^»  comme 
on  le  verra  par  le  Tableau  ci-joint.  Pour  Té  valuation  des  quan- 
tités de  travail,  Joule  a  remplacé  le  grain  par  la  livre  anglaise 
avoirdupoids  de  7000  grains ,  et  le  pouce  par  le  pied  de 
la  pouces,  ce  qui  rend  l'expression  du  travail  G  et  celle  de 
l'équivalent  mécanique  7000  X  12  fois  plus  faible.  D'autre  part, 
il  a  remplacé  la  calorie  grain-degré  Fahrenheit  par  la  calorie 
livre-degré  Fahrenheit  7000  fois  plus  forte,  ce  qui  rend  l'ex- 
pression numérique  de  la  chaleur  Q  7000  fois  plus  faible,  et 
l'équivalent  £  7000  fois  plus  fort.  En  déflnitive,  l'équivalent  £, 
évalué  avec  ces  unités,  est  12  fois  plus  faible  qu'avec  les  pré- 
cédentes. 

Matières  frollanles.  E  en  nnltrs  de  Joule. 

Eau  et  laiton 77^,692 

Mercure  ot  fer )  '^ '\^ 

Fer  sur  fer j  "^^^f 

(  773,930 

Ces  résultais  très  concordants  paraissent  bien  indépendanis 
de  la  nature  des  substances  entre  lesquelles  le  froliemenl 
s'exerce.  Ils  tendent  bien  à  prouver  rinvariabililé  de  l'équiva- 
lenl  mécanique  de  la  chaleur. 

De  nouvelles  expériences  réalisées  en  1878,  par  le  frolte- 
menide  l'eau  sur  elle-même  et  sur  le  laiton,  ne  diffèrent  des 
anciennes  que  par  la  manière  dont  on  a  mesuré  le  travail. 
La  roue  à  palettes  est  mue  à  la  main  ;  le  calorimètre,  exacte- 
ment cylindrique  et  poli  extérieurement,  est  mobile  sur  un 
axe.  Deux  cordons  s'enroulent  en  sens  contraire  sui  le  calori- 
mètre, passent  sur  des  poulies  et  soutiennent  des  poids  que 
l'on  maintient  à  une  hauteur  constante,  en  imprimant  à  la  roue 
à  palettes  une  vitesse  convenable.  Soient  P  les  poids,  R  le 
bras  de  levier  à  l'extrémité  duquel  ils  agissent,  égal  au  rayon 
du  calorimètre,  n  le  nombre  de  tours  de  la  roue  pendant  la 
durée  de  l'expérience  ;  le  travail  du  frottement  a  pour  expres- 
sion P. 2 Al 71 K.  Cette  méthode,  employée  aussi  par  d'autres  ex- 


ÉQUIVALENT  MÉCANIQUE  DE  LA  CHALEUR.       i3** 

pérîmentateurs,  avait  été  indiquée  par  M.  Hirn.  Cinq  séries 
d'expériences  ont  donné  à  Joule  les  valeurs  suivantes  de  E  : 

.  ^'°  i 77^,7^ 

2 774,57 

3 773, i36 

^ 766,97 

^ 773,99 

qui  diffèrent  entre  elles  du  yj^  ^®  ï®""*  valeur  (*). 

Ces  expériences,  exécutées  à  Manchester,  à  une  latitude  de 
^3«  28'  3o"  et  à  120  pieds  au-dessus  du  niveau  de  la  mer,  don- 
nent, en  moyenne  et  toutes  corrections  faites  pour  la  réduction 
au  vide,  à  la  latitude  de  Greenwich  et  au  niveau  de  la  mer, 

E=  772,55, 

valeur  sensiblement  identique  à  celle  qu'avaient  fournie  les  an- 


(*)  Parmi  les  expériences  réalisées  par  des  méthodes  analogues,  il  convient 
de  citer  celles  de  M.  Rowland  {Proceeduigs  ofthe  American  Academjr  of  Arts 
and  ScienceBf  juin  1879).  Ce  savant  a  montré  l'importance  des  erreurs  que 
peut  introduire,  dans  la  mesure  de  l'équivalent  mécanique  de  la  chaleur,  l'ob- 
servation des  thermomètres  à  mercure,  si  ces  appareils  n'ont  pas  été  comparés 
au  thermomètre  à  air.  On  sait  que  ces  erreurs  peuvent  être  complètement 
éliminées  par  une  autre  méthode  {voir  i*' Fasc,  p.  26). 

Les  résultats  obtenus  par  M.  Rowland  à  la  température  de  18*  concordent 
avec  ceux  de  Joule;  mais  M.  Kowland  trouve  que  l'équivalent  mécanique  di- 
minue quand  la  température  s'élève;  ainsi  l'on  aurait 

E. 

o  kirm 

A     5 129,8 

i3 '1274 

3o ^75,6 

3G 425,8 

L'auteur  attribue  la  diminution  qu'il  observe  entre  5*  et  3o°  à  une  diminu- 
tion de  la  chaleur  spécifique  de  l'eau,  ce  qui  est  en  contradiction  avec  tous 
les  résultats  antérieurs  {-voir  3*  Fasc,  p.  35). 

H  convient  d'observer  que  M.  Rowland  mettait  en  mouvement  les  palettes 
de  son  calorimètre  h  l'aide  d'un  moteur  mécanique,  et  qu'il  obtenait  ainsi 
des  élévations  de  température  de  25"  au-dessus  de  la  température  de  l'enceinte. 
Avec  des  excès  aussi  énormes,  les  corrections  calorimétriques  deviennent  bien 
incertaines  :  c'est  sans  doute  à  leur  insuffisance  qu'il  faut  attribuer  la  dimi- 
nution de  E  observée. 


i4**  THERMODYNAMIQUE. 

ciennes  expériences.  C'est  ce  nombre  que  nous  adopterons 
d'une  manière  définitive. 

En  France,  on  a  l'habitude  d'exprimerTéquivalent  mécanique 
de  la  chaleur  en  prenant  comme  unité  de  travail  le  kilogram- 
mètre  et, comme  unité  de  chaleur,  lagrande  calorie,  c'est-à-dire 
la  quantité  de  chaleur  nécessaire  pour  élever  de  i®  C.  la  tem- 
pérature de  1  •'S d'eau.  La  livre  a^o/rrfw/70iVfo  valant  o'^,4535926, 
le  pied  o'",3o4794>  Tunité  de  travail  de  Joule  représente 

0,4535916  X  o,3o4794^*™, 

et  son  unité  de  chaleur 

0,4535916  X I 

de  grande  calorie.  L'équivalent  mécanique  dans  le  système 
français  sera  donc 

p,  ___  o.3o479^  XQ>4535976  ^ 

^  ""        0,453926  xf         ' 

E'  =  4i4'^8«>,  1 5 

sous  la  latitude  de  Greenwich  et  au  niveau  de  la  mer. 

Pour  un  grand  nombre  d'applications,  il  est  nécessaire  d'ex- 
primer l'équivalent  mécanique  de  la  chaleur  dans  le  système 
C.G.S.  La  transformation  se  fait  aisément,  sachant  que  Tac- 
céiération  de  la  pesanteur  à  (ireenwich  (*)  et  au  niveau  de  la 
mer  est  de  98i*''",i7.  Le  kilogrammètre  vaut  donc  à  Greenwich 
981  i7ooo*'*e*;  la  grande  calorie  vaut  d'ailleurs  looo^-*' C.G.S. 
L'équivalent  mécanique  J  de  la  chaleur  dans  ce  système  est 

donc 

J  =r  981 17E'  =z  /^,i6i6io'. 

Celte  valeur  est  indépendante  de  la  latitude. 

DÉTEBMINATIONS  DIVERSES  DE  L*ÉaUIVALEllT  MÉGAHiaUE  DE  LA 
CHALEUB;  PRINCIPE  DE  L'ÉaUIVAIiENCE.  —  A  côté  des  expériences 
très  précises  que  nous  venons  de  citer,  il  convient  d'en  si- 


(')  D'après  Everett,  Unités  et  constantts  phjrsiques,  p.  23  de  rédition  fran- 
çaise. 


ÉQUIVALENT  MÉCANIQUE  DE  LA  CHALEUR.   i5** 

gnaler  d'autres  qui,  sans  offrir  au  même  degré  toutes  les  ga- 
ranties d'exactitude  désirables,  prouvent  au  moins  que  la 
transformation  du  travail  en  chaleur  et  la  transformation  in- 
verse de  la  chaleur  en  travail  se  font  toujours  d'après  le  même 
coefficient  d'équivalence,  quels  que  soient  les  intermédiaires 
employés  dans  la  transformation. 

i<»  Frottement  dans  les  tubes  capillaires.  —  En  184 3, 
Joule  (*)  a  déterminé,  d'une  part,  le  travail  dépensé  sur  la 
tête  d'un  piston,  pour  faire  écouler  une  certaine  masse  d'eau, 
à  travers  des  orifices  capillaires,  et,  d'autre  part,  réchauffe- 
ment de  cette  eau.  Dans  cette  expérience,  comme  dans  les 
précédentes,  aucun  autre  phénomène  que  réchauffement 
n'accompagne  la  dépense  du  travail  mécanique  :  il  est  légitime 
d'en  déduire  l'équivalent  mécanique  de  la  chaleur.  M.  Joule  a 
trouvé  ainsi  E  =  425^»«  et  M.  Hirn  (M  E  =  43a^»">. 

2**  Percussion,  —  Lorsqu'une  bille  élastique  tombe  sur  un 
plan  de  marbre,  elle  ne  produit  presque  pas  de  chaleur,  parce 
que  le  travail  qu'elle  a  fait  en  tombant  est  restitué  en  totalité 
quand  elle  remonte  à  la  même  hauteur.  Si  on  la  remplace 
par  un  corps  moins  élastique,  il  y  a  moins  de  travail  rendu, 
il  y  a  plus  de  chaleur  produite;  enfin,  si  c'est  une  balle  de 
plomb  lancée  par  une  arme  à  feu  sur  une  plaque  de  fer,  elle 
s'écrase,  et  toute  sa  force  vive  initiale  est  transformée  en 
chaleur. 

Pour  mesurer  l'équivalent  mécanique  de  la  chaleur  à  l'aide 
de  la  percussion,  M.  Hirn  (')  a  réalisé  l'expérience  suivante, 
moins  précise  à  coup  sûr  que  celle  de  M.  Joule,  mais  cependant 
intéressante  :  un  gros  cylindre  de  fonte  CD  (Jig,  2)  est  sou- 
tenu par  des  cordes  verticales  ;  son  poids  est  P.  En  E  est  placé 
un  morceau  de  plomb  dont  le  poids  et  la  chaleur  spécifique 
sont  71  et  c.  En  AB  est  un  deuxième  cylindre  horizontal  de 
poids /?.  Si  on  le  soulève  en  A'B'  d'une  hauteur  h  et  qu'on  le 
laisse  retomber  comme  un  marteau,  il  écrasera  le  plomb  E 

(•)  Joule,  Philosophical  Magazine,  3*  série,  t.  XIII,  p.  /14a. 

{')  HmJi,  Recherches  sur  l'équivalent  mécanique  de  la  chaleur,  p.  1;  i858. 
Théorie  mécanique  de  la  chaleur,  2*  édit.,  i'*  Partie,  p.  55. 

(')  HiRM,  Théorie  mécanique  de  la  chaleur,  a*  édition,  i'*  Partie,  p.  38  cl 
ftuiranles. 


i6"  THERMODYNAMIQUE. 

conire  ('enclume  CD.  Mesurons  le  travail  perdu  el  la  chaleur 

gagnée. 

Le  maricau  a  éi(*.  élevé  d'une  hauteur  A.  Son  travail  de  chute 
estyVt;  mais,  eu  vertu  de  son  élasticité,  il  se  relève  de  h';  il  i 


perdu  une  quantité  de  travail  p{k~b').  D'autre  part,  l'en- 
clume s'est  déplacée,  elle  a  montédell;  elleadonc  absorbé 
un  travail  PW.  La  quantité  (T,  définitivemeut  absorbée  parle 
plomb,  l'sl 

(?  =  /)(/(  — //')  —  Pn. 

D'antre  pari,  lo  plomb  s'est  écliauiïé  d'une  quantité  0  qui  peiil 
être  appréciée  a^sez  exaclcmenl;  il  a  ga^né  une  quantité  de 
chaleur  t.c'j. 

Mats  il  ii'osl  pas  évident  qu'on  trouvera  une  valeur  exacte 
de  l'équiviik'ni  mécanique  de  la  chaleur  par  le  quotient 


E^. 


-cO' 


rar  le  rvtle  des  opérations  exéculécs  ne  se  trouve  pas  ii- 
poureusi'mi'nl  fermé  quand  ou  laisse  rerr<iidir  le  ploinb  jusqu'il 
^a  temiiéralure  initiale.  Le  métal  a  clé  écroui,ei  il  serait  indis- 
pensable de  coiniatire  la  quantité  de  chaleur  q  positive  ou  ué- 
(îalive  absorbée  par  cette  transformation:  il  faudrait  la  retrancher 
de  iTc'^.  dette  quantité  7  n'a  pas  été  mesurée,  mais  on  sait  qu'elle 
est  liés  faible  par  rapport  à  ■7:c0.  Si  on  la  néglige,  on  trouve 


ÉQUIVALENT  MÉCANIQUE  DE  LA  CHALEUR.      i;** 

Il  esi  à  remarquer  que  les  expériences  précédentes,  réalisées 
soit  à  l'aide  du  frottement  ou  de  la  percussion,  ne  sont  pas 
réversibles  ;  elles  ne  nous  fournissent  pas  le  moyen  de  trans- 
former la  chaleur  en  travail  et  de  déterminer  l'équivalent  mé- 
canique à  l'aide  de  la  transformation  inverse. 

3*»  Machines  à  vapeur.  —  M.  Hirn  (<  )  a  fait  des  expériences 
sur  cette  transformation  inverse  à  l'aide  de  machines  à  vapeur 
fonctionnant  industriellement.  Il  déterminait  :  i**  la  chaleur 
apportée  par  la  vapeur  dans  les  cylindres;  2"  la  chaleur  trans- 
portée dans  le  condenseur;  3°  le  travail  effectué  pendant  le 
même  intervalle  par  la  machine  à  vapeur.  Toutes  ces  mesures 
paraissent  peu  susceptibles  de  précision  :  la  première  exige 
la  connaissance  du  volume  de  vapeur  introduit  dans  le  cylindre 
et  de  sa  pression  initiale;  la  seconde  celle  de  la  quantité  d'eau 
froide  introduite  dans  le  condenseur  et  du  réchauffement 
qu'elle  y  subit;  la  troisième  se  déduit  avec  quelque  incertitude 
des  diagrammes  fournis  par  l'indicateur  de  Watt.  Des  correc- 
tions nombreuses  et  mal  connues  doivent  affecter  toutes  les 
données  brutes  de  l'expérience.  M.  Hirn  a  trouvé  pour  E  les 
valeurs 

3 10,  355,  4o8,  368,  453,  398,  606,  299,  387, 

très  discordantes  entre  elles,  mais  dont  la  moyenne  brute,  398, 

ne  diffère  que  de  —  de  la  valeur  trouvée  par  Joule.  Les  mêmes 

expériences  ont  fourni  plus  tard  des  nombres  plus  rapprochés 
entre  eux  et  dont  la  moyenne  s'approche  davantage  de  4^5.  L'in- 
térêt de  ces  mesures,  c'est  :  i<» qu'elles  correspondent  à  des  opé- 
rations réversibles  constituant  un  cycle  fermé;  2® qu'elles  ont 
été  exécuiées  dans  des  conditions  pratiques  qui  se  trouvent  ef- 
fectivement réalisées  dans  les  machines  à  vapeur  industrielles. 
D'autres  méthodes,  dans  lesquelles  interviennent,  par  exem- 
ple, des  phénomènes  électriques,  réversibles  ou  non,  seront 
indiquées  en  leur  lieu.  Elles  ont  fourni  des  résultats  en  parfait 
accord  avec  ceux  qui  précèdent. 


(•)  Hia»,  Recherches   sur  l'équivalent   mécanique  tle  la  chaleur,    p.  ao,  cl 
Théorie  mécanique  de  la  chaleur^  2*  édil.,  i'*  Partie. 
J.  et  B.,  Thermodynamique.  —  IL  3*  fasc.  a" 


i8 


•  * 


THERMODYNAMIQUE. 
Équivalent  mécanique  de  la  chaleur. 


MÉTHODES. 


Compression  de  Tair.   

Expansion  de  Tair 

Expériences  sur  les  machines  à  rapeur. 


Expansion  et  contraction  des  métaux. 


Frottement  de  Teau  dans  les  tiihes 

Id.  dans  un  calorimètre 

Id.  id.  

Id.  id.  

Frottement  du  mercure  dans  un  calorimètre. 

Id.         de  plaques  de  fer 

Id.         des  métaux 

Id.  id 

Id.  id 

Fora(re  des  métaux 

Eau  dans  la  balance  à  frottement 

Écoulement  des  liquides  sous  une  forte  pression 

Écrouissage  du  plomb 

Frottement  des  métaux 

Id.         de  l'eau  dans  un  calorimètre.... 


Id. 


id. 


OB8E1VATED18. 


Joule  (•). 
Id. 

Hîrn  (*). 

Ediund  ('). 

Joule  (»). 
Joule  (>). 
Joule  («). 
Joule  (•). 

Id. 

Id. 
Hîrn  (•). 

Favre(*). 

Hirn  (•). 

Id. 

Id. 

Id. 

Id. 

Puluj. 

Joule. 


DATE. 


■fsam' 


1845       !^\h%  , 

Id.       ]  43j,8  i 

1857     I  ^"'°  ' 

|l  860. 1861  ii30*î32. 


Échauffement  produit  par  les  courants  ma-^ 
{rncto-électriques i 

Échauffement  d'un  disque  entre  les  pôles  d'un^ 
aimant \ 


Rowland  | 
Joule  (M- 


5« 
36* 


Violle  (•). 


Chaleur  développée  dans  un  fil  dont  la  résis-j  Quintus  Icilius  (*'), 
tance  absolue  est  connue \         Weber  (  '^  ). 


Id. 

Id. 
Ul. 


Le  nz- Weber. 

Joule  (")• 
H.-F.  Weber. 


Diminution  de  la  chaleur  dégagée  dans  une^ 

pile  quand  le  courant  produit  du  travail. . . .  li 

Id.  I 

Chaleur  produite  par  le  courantéIectrique,équi-' 

valent  électrochimique  do  l'eau  --  0,009379,1 

résistance  absolue,  force  électromotrice  de\ 

rélénicnt  Daniell,  clialcur   développée  parlFavre  et  Silbermnnn 

l'action  du  zinc  sur  le  sulfate  de  cuivre. . . .) 


Joule  {'), 
Favre  ("). 

Weber, 
Bosscha, 


Chaleur  développée  dans  la  ])ile  de  Daniell.. 
Force  électromotrice  de  rélémenl  Daniell.... 


Joule. 
Bosscha  (>* ). 


i865 
1843 


i8âo 
Id. 
Id. 

1867 
i85é 

Id. 
i858 
1860 

Id. 

Id. 
1876 
1878 

1880 
i8{3 


1870 

1857 

1869 

1867 
1878 

1843 
i858 


Î38,3 

88,3 

28,9 
23,9 

35,3 
371,6 

4i3.3 
}o(H5o 

35 
33 
33 
35 

36,6 

ï3,i» 

30,8 


I  \^ 

435,îi 
.  'M 

\  3c,6,4 


'•28,  IJ 


^99 
513 


iS'k)        ii9'^ 


(  •  )  J.atE.  Phit.  Mng.y  >  «crip.  I.  XXVI.  -  (  «  )  Ibid.,  X.  XXIII  —  («)  Ibid.,  t.  XXVI.  -  (<;  Ibid-,  l.  X^^" 
—  ['')  Ihid  ,  I.  XXXI.  —  •*)  lliBM.  Thforie  mécanique  de  la  rhaleuty  xv  série,  .V  édUlon    —   1^'  Em.0'"- 
l'ogg.  Ann.,  l.  CXIV;  i8G5.  -  (  » .  Favre.  Comptes  rendus,  i5  férrier  18S8.—  (•)  Violle,  Annalet  de  Citmi* 
et  lit'  HiYSnfue,   t»  «(^rlc.  t.  XXII,  p.  64.    —   (  »»)  Qi-mn»  Icitiis,  Porg.  Ann.,  l.  CI.  p.  69.  —  1  "l  htt^*^ 
Pogg.  Ann  ,  t.  ex  Vin.  p.  1  ;2.  -  l 'M  Report  of  the  Cotnmittee  oj  Etectricat  Standards,  p.  l'M  i«:^'  ' 
(  '»;  II.  F.  Webeh,  Phii.  Mag.,  <•  série,  l.  XXX.  -  { «<j  Faviie,  Comptes  rendus,  t.  XLVII.  p.  i^.  \ 


ÉQUIVALENT  MÉCANIQUE  DE  LA  CHALEUR.      19** 

Le  Tableau  ci-dessus  résume  les  principales  mesures  effec- 
tuées jusqu'à  ce  jour  (0  par  les  diverses  méthodes.  L'équi- 
valent mécanique  de  la  chaleur  est  exprimé  dans  le  système 
français  du  kilogrammètre  et  de  la  grande  calorie. 

L^invariabilîté  de  l'équivalent  mécanique  de  la  chaleur,  ré- 
sultant d'expériences  si  nombreuses  et  si  variées,  peut  désor- 
mais être  considérée  comme  un  fait  acquis.  II  est  légitime  de 
l'ériger  en  principe,  d'en  chercher  l'expression  analytique  la 
plus  générale  et  d'en  tirer  des  conséquences  susceptibles  d'être 
vérifiées  par  l'expérience.  Tel  sera  l'objet  du  Chapitre  sui- 
vant. 


(*)  D'après   Rowlamd,   On   the  mechanical  efim-aJeni  0/  beat;  Cambridge 
(U.S.),  p.  i4i;  1880. 


ao**  THERMODYNAMIQUE. 


CHAPITRE  IL 

EXPRESSION  GÉNÉRALE  DU  PRINCIPE 
DE  L'ÉQUIVALENCE. 
APPLICATION    AUX  GAZ. 

Rclalion  cnlro  les  coefGcients  do  dilatalion  et  de  compressibililé.  —  Cha- 
leur absorbée  par  une  transformation  élémentaire  quelconque.  —  Re- 
lations entre  les  divers  coefficients.  —  Représentation  géométrique  de 
l'état  d'un  corps.  Travail  extérieur.  —  Cycles  fermés.  —  Expression 
générale  du  principe  de  Féquivaloncc.  —  Énergie  interne. 

Travail  interne  dans  les  gaz.  Expériences  do  Joule  et  do  Sir  W.  Thomson. 
—  Gaz  parfaits.  —  Calcul  de  Téquivalent  mécanique  de  la  chaleur 
à  l'aide  des  gaz  parfaits.  —  Détermination  directe  do  E  à  Faido  des 
gaz.  —  Relations  des  divers  coefficients  caractéristiques  des  gaz 
|)arfaits.  —  Chaleurs  spécifiques  des  gaz  parfaits.  —  Énergie  interne 
des  gaz  parfaits. 

Équation  complétée  du  travail.  —  Théorie  mécanique  de  la  chaleur.  — 
Dimensions  de  la  quantité  de  chaleur.  Unité  mécanique  de  chaleur. 


RELATION  QfTRE  LES  COEFnCIENTS  DE  DILATATION  ET  DE  COKPBES- 
SIBUJTÉ.  —  Le  volume  d'un  corps  diminue  en  général  quand 
on  le  comprime  ou  qu'on  le  refroidit,  et  augmente  quand  on 
réchaufl'e  ou  qu'on  diminue  la  pression  qu'il  supporte.  En 
d'autres  termes,  quand  un  corps  est  soumis  sur  toute  sa  sur- 
face à  une  pression  uniforme  /?,  on  peut  considérer  son 
volume  i'  comme  une  fonction  de  deux  variables  indépen- 
dantes, sa  température  ^  et  la  pression/?. 

Soit 

(  1  )  F  (p,  (',  0  —  o 

la  relation  qui  lie/;,  i^  et  t.  Quand  deux  de  ces  quantités  sont 
données,  la  troisième  est  déterminée  par  la  relation  (  i  ),  c'est- 
à-dire  que  rétat  du  corps  est  entièrement  fixé. 
En  général,  la  relation  (  i  )  n*esl  pas  connue  ;  mais  nous  avons 


COEFFICIENTS  DE  DILATATION.  ai** 

appris  à  déterminer  par  Texpérience,  sous  les  noms  de  coeffi- 
cients de  dilatation  et  de  compressihilitéy  des  quantités  dont 
nous  allons  établir  les  relations  avec  la  fonction  F  et  ses  déri- 
vées partielles. 

i**  Coefficient  de  dilatation  sous  pression  constante.  —  On 
tire  de  (  I  )  par  différentiation 

dp   ^       Ou  ôt 

Supposons  d'abord  qu'on  laisse  la  pression  constante,  c'est- 
à-dire  que,  dans  Téquation  (2)»  on  fasse  âf/7=o.  Elle  se  réduit  à 

(3)  --di^-{--dt=o 

ôv  ôt 

et  détermine  l'accroissement  de  volume  dv  que  prend,  sous 
pression  constante,  un  corps  dont  on  élève  la  température 
d'une  quantité  dl. 
Nous  avons  appelé  coefficient  vrai  de  dilatation  sous  pres^ 

I  dif 
sion  constante^  à  la  température  ty  la  limite  a  =  —  ^  vers  la- 
quelle tend  l'augmentation  de  volume  de  l'unité  de  volume 
mesurée  à  zéro,  quand  l'élévation  de  température  rf^tend  vers 

dv 
zéro.  De  l'équation  (3)  on  tire  la  valeur  de  -j.y  6t  l'on  trouve, 

pour  l'expression  de  a, 

, , .  \  ôv  \   dt 

(4)  ^—  -~  Ti~ n?* 

t'o  ot        vq  c^^ 

2<»  Coefficient  de  dilatation  à  volume  constant.  —  Suppo- 
sons, en  second  lieu,  que  l'on  échauffe  un  corps  à  volume 
constant  :  il  faut  faire  dç  =  o  dans  la  relation  (a) 

Le  coefficient  de  dilatation  vrai  sous  volume  constant  est. 


22**  THERMODYNAMIQUE. 

par  définition,  (3  =  -  --j^  et  a  pour  expression,  d'après  l'équa- 
tion (5), 

dp 

m 

3®  Coefficient  de  compressibilité.  —  Le  coefficient  de  com- 

I   àv 
pressibilité  vrai  /z  est,  par  définition,  égal  à -p-Nous 

supposons,  bien  entendu,  que  la  compression  n'est  suivie  d'au- 
cune élévation  de  température,  c'est-à-dire  que  dans  l'équa- 
tion (a)  nous  faisons  rf/  =  o, 

on  a  donc' 


(8) 


r    dv         I    dp 

^0  5/?  ~~  ^0  àY 


Remarquons  maintenant  que  les  trois  coefficients  différen- 

.  ,    r)F   ^)F    ^F  .  ,. ,  ,, ,         .        .    ^      ,    , 

liels  y  jT'  77  sont  toujours  lies  par  1  équation  (2),  cesl- 

à-dire  que  deux  d'entre  eux  seulement  sont  arbitraires  et  déter- 
minent entièrement  le  troisième.  Les  coefficients  a,  j3,  a  qui 
fixent  les  rapports  de  ces  quantités  prises  deux  à  deux  ne 
peuvent  donc  être  indépendants.  On  a  identiquement 

ÔV  ÔF  ÔF 
fU  _  ~<)t  dp 
àF  ~  ÔF  1)F  ' 


ai'       dp   ôi^ 
c'est-à-dire'  d'après  les  équations  (4),  (6)  et  (8), 
(9)  a^pP^ix. 

Ainsi,  quand  on  connaît  le  coefficient  de  dilatation  sous  près- 


TRANSFORMATION  ÉLÉMENTAIRE  D'UN  CORPS.    a3** 

sion  constante  et  le  coefficient  de  compressibilité,  la  rela- 
tion (9)  fournit  le  coefficient  de  dilatation  à  volume  constant. 
Ce  dernier  élément  n'a  été  étudié  expérimentalement  que 
pour  les  gaz,  et  nous  avons  déjà  vu  (i"  Fascicule,  p.  112)  que 
les  résultats  de  cette  étude  directe  concordent  avec  ceux  que 
Ton  pouvait  prévoir  d'après  la  connaissance  de  la  loi  de  leur 
compressibilité.  Malheureusement,  le  coefficient  fi  est  très  mal 
connu  pour  les  solides  et  les  liquides;  leur  coefficient  a  de 
dilatation  sous  pression  constante  est  le  seul  élément  sur  lequel 
on  soit  bien  fixé. 

CHALEUE  ABSOBBÉE  PAR  UHE  TRAHSFOBMAnOH  ÉLËHEHTAIBE  aUEL- 
GOHflinE.  —  L'état  d'un  corps  étant  fixé  par  la  relation  (i) 

F{p,v,l)=o 

et  par  les  valeurs  actuelles  de  deux  des  variables,  il  sufïira 
d'assigner  les  variations  dp  et  dt,  par  exemple,  éprouvées  par 
deux  d*entre  elles,  pour  que  la  variation  di^  de  la  troisième  se 
trouve  déterminée. 

'     En  éprouvant  la  transformation  élémentaire  dp,  dt,  dv^  le 
corps  absorbe  une  quantité  de  chaleur  c/Q,  aussi  déterminée. 

Supposons  d'abord  qu'on  prenne  ^et/?  pour  variables  indépen- 
dantes, et  qu'on  fasse  dp  =  o,  c'est-à-dire  que  Ton  échauffe  i^^ 
d'un  corps  à  pression  constante;  il  faudralui  fournir  unequantité 
de  chaleur  Cdty  et  C  représente  ce  que  nous  avons  appelé  la 
chaleur  spécifique  vraie  sous  pression  constante.  De  même, 
si  l'on  prend  tQ\v  pour  variables  indépendantes  et  si  Ton  fait 
dv  =  o,  c'est-à-dire  que  l'on  échauffe  le  corps  sous  volume 
constant,  il  absorbe  la  quantité  de  chaleur  c^//:  nous  désignons 
par  c  la  chaleur  spécifique  du  corps  sous  volume  constant^ 
(]ui  n'a  pu  être  mesurée  que  dans  le  cas  des  gaz. 

Considérons  encore  le  cas  où,  prenant  ^  et/?  pour  variables 
indépendantes,  on  pose  rf/ =  o,  c'est-à-dire  oii  l'on  fait  varier 
le  volume  d'une  quantité  dvy  à  l'aide  d'une  variation  de  pres- 
sion dpy  en  présence  d'une  source  de  chaleur  à  température 
Ï\\Q  t.  Par  exemple,  nous  comprimons  de  l'air  dans  un  briquet, 
l'appareil  étant  plongé  dans  la  glace  fondante.  Nous  savons  que 
l'air  s'échauffe  par  la  compression  ;  mais  ici  la  température  ne 


2r*  THERMODYNAMIQUE. 

peut  varier,  et  la  chaleur  dégagée  fidp  est  employée  à  faire 
fondre  un  certain  poids  de  glace.  Nous  pourrions  donner  àAIe 
nom  de  chaleur  latente  de  compression  à  température  con- 
stante :  ce  coefficient  joue  un  rôle  analogue  à  C  et  c.  En  faisant 
toutes  les  hypothèses  possibles  sur  le  choix  des  variables  indé- 
pendantes, et  supposant  nulle  la  variation  de  Tune  des  deux,  on 
définirait  ainsi  tout  autant  de  coefficients  thermiques  nouveaux. 
Dans  le  cas  le  plus  général  on  assignera  à  deux  des  variables, 
considérées  comme  indépendantes,  des  accroissements  déter- 
minés, et  la  quantité  de  chaleur  é/Q  absorbée  sera  elle-même 
une  fonction  de  ces  deux  variables  indépendantes. 

1°  On  prend  t  et  p  pour  variables  indépendantes.  —  L» 
quantité  dQ  est,  d'après  les  principesdu  Calcul  infinitésimal, la 
somme  de  la  quantité  Cdt,  qui  serait  absorbée  si  t  variait  seul, 
et  de  la  quantité  analogue  hdp  qui  serait  absorbée  à  tempéra- 
ture constante,  par  suite  la  variation  de  pression  dp 

(10)  dQ  =  Cdt-h/idp. 

•2°  On  prend  tetv  pour  variables  indépendantes,  —  Si  Ton 
part  du  même  état  initial  et  que  Ton  choisisse  les  accroisse- 
ments arbitraires  dt  et  d{^  de  façon  que  Tétat  final  soit  le  même 
que  dans  le  cas  précédent,  la  même  quantité  de  chaleur  rfQ 
sera  absorbée,  et  Ton  aura,  en  désignant  par  /un  coefficient 
convenable, 

(11)  dQz=cdt-^ldi^. 

On  appelle  souvent  /  la  chaleur  latente  de  dilatation  à  tem- 
pérature constante, 

3°  On  prend  p  et  (^  pour  variables  indépendantes,  —  On  a 
de  même 

(i^)  d(^  =  kdp  -\-ld{fy 

A*  et  X  étant  deux  nouveaux  coefficients  qui  n'ont  pas  reçu  de 
nom  particulier. 

Les  coefficients  C,  /?,  c,  /,  A*  et  X  sont  des  fonctions  bien  dé- 
terminées des  variables  indépendantes;  mais  la  nature  de  ces 
fonctions  est  inconnue  a  priori. 


RELATIONS  ENTRE  LES  DIVERS  COEFFICIENTS.  25** 

BELATIOHS  EHTBE  LES  DIVERS  GOEFFIGIEnS.  —  La  connais- 
sance complètedesdeuxcoefficients  de  Tune  des  équations  (lo), 
(il)  et  (12),  C  et  h  par  exemple,  suffirait  pour  déterminer  le 
phénomène  calorifique  qui  accompagne  le  passage  d'un  corps 
de  rétat  caractérisé  parles  valeurs  quelconques /7o>  ^0,  U  des 
variables  à  fétat/?!,  v^y  t^y  aussi  arbitraire.  Comme  on  peut 
tout  aussi  bien  employer  à  cette  détermination  c  et  /  ou  A*  et  \ 
il  est  évident  que  deux  seulement  de  ces  six  coefficients  sont 
indépendants.  Il  est  aisé  de  trouver  les  relations  qui  existent 
entre  eux. 

On  a,  d'après  (10)  et  (i  1), 

(i3)  rfQ=  Crf^-h  hdp=cdt^ldv. 

D'ailleurs,  si  Ton  considère  t^\p  comme  variables  indépen- 
dantes, il  est  évident  que 

dt  dp    ^ 

et,  en  identifiant,  dans  les  deux  membres  de  l'équation  (i  3),  les 
coefficients  des  deux  variations  e/^etâ^,  on  obtient  les  relations 


l  C  =  C4- /-.-., 


ùt 


On  trouvera  de  même,  d'après  (i  i)  et  (12), 

àt 

/r  =  c  ^— • 
dp 

Les  équations (14 )  et (1 5) contiennent,  outre lessix coefficients 

thermiques  C  et  /?,  c  et  /,  k  et  \  les  quantités  -w»  T^'Q"^  ^^^ 
tirerait  de  l'équation  (i), 

F  (/?,(;,  0  =  0, 

si  celle-ci  était  connue,  ce  qui  n'a  pas  lieu  en  général.  Maison 


a6**  THERMODYNAMIQUE. 

remarquera  que  ces  quantités  sont  données  par  les  équations 
(3)  à  (8)  au  moyen  des  coefficients  de  dilatation  et  de  com- 
pressibilité,  qui,  dans  certains  cas,  ont  été  mesurés  expéri- 
mentalement. En  portant  dans  (i4)  et  (i5)  les  valeurs  des  rap- 
ports -fzt  -^ï  on  obtient  définitivement 


(i6) 


/  —  /  -1- 


(î7) 


c 


Ces  équations  pourront  peut-être,  par  la  suite,  se  prêter  à 
un  grand  nombre  de  vérifications  expérimentales.  Malheureu- 
sement la  chaleur  spécifique  sous  pression  constante  C  et 
le  coefficient  de  dilatation  a  sous  pression  constante  sont  les 
seules  quantités  bien  connues  pour  les  solides  et  les  liquides. 
L'étude  calorifique  de  ces  corps  est  donc  bien  peu  avancée. 

Il  n'en  est  pas  de  même  pour  les  gaz.  Pour  ceux-ci  on  a  pu 
étudier  par  rexpérience  la  dilatation  sous  volume  constanl, 
et  l'on  connaît  aussi  la  chaleur  spécifique  c.  Les  formules  (9), 
(16)  et  (17)  permettraient  donc  à  la  rigueur  le  calcul  de  tous 
les  coefficienis  dont  on  peut  avoir  besoin. 

REPRÉSENTATION  GÉOMÉTRIQUE  DE  L*ÉTAT  D'UN  CORPS.  —  TRAVAIL 
EXTÉRIEUR.  —  Si  Ton  considère/?,  t%  ^  comme  des  coordonnées 
courantes,  l'équation 

(i)  V{p,i',t)=o 

représente  une  surface  dont  chaque  point  a  caractérise  une 
manière  d'être  possible  du  corps.  Chaque  transformation  subie 
par  le  corps  est  accompagnée  d'un  déplacement  de  ce  point 
figuratif  SUT  la  surface  représentée  par  l'équation  (i). 

Au  lieu  de  considérer  le  point  a  lui-même,  il  est  plus  com- 
mode de  définir  l'état  du  corps  par  la  position  qu'occupe  dans 
l'un  des  plans  coordonnés,  le  plan  Opi'  par  exemple  (/ig.  3), 


TRAVAIL  EXTÉRIEUR. 


a? 


«* 


Fig.  3. 


la  projection  A  du  point  a.  En  d'autres  termes,  on  se  donne  le 
volume  V  occupé  parle  gramme  de  la  substance  et  la  pression 
p  à  laquelle  elle  est  extérieurement  soumise  :  la  température 
t  est  déterminée  par  l'équation  (  i  ). 

Ce  mode  de  représentation,  indiqué  pour  la  première  fois 
par  Clapeyron  (  *  ),  est  particulière- 
ment commode,  en  ce*qu'il  donne 
immédiatement  la  valeur  du  travail 
effectué  par  le  corps  à  rencontre 
de  la  pression  extérieure,  pendant 
une  transformation  quelconque  qui 
amène  le  point  figuratif  de  A  en  B. 

Considérons  d'abord  une  trans- 
formation  infîniment  petite  AA'  et 
supposons,  pour  plus  de  simplicité, 

que  le  corps  considéré,  un  gaz  par  exemple,  occupe  la  cavité 
d'un  cylindre  de  section  i  et  de  hauteur  c^,  à  parois  infini- 
ment résistantes  et  fermé  à  sa  partie  supérieure  par  un  piston. 
Quand  le  volume  subit  l'accroissement  di^,  la  dilatation  ne 
pouvant  s'effectuer  dans  le  sens  transversal,  à  cause  de  la 
résistance  des  parois,  le  piston  remonte  d'une  hauteur  égale 
à  di^y  et  la  pression  p  qu'il  supporte  est  déplacée  de  la  même 
quantité.  Le  travail  extérieur,  produit  par  la  dilatation  du 
corps,  est  donc  pdi^. 

11  est  facile  d'établir  que  cette  expression  est  générale.  Soient, 
en  effet,  A  et  B  (Jig.  4)  les  sur- 
faces infiniment  voisines  qui  limi- 
tent les  volumes  r  et  i^  -+-  rf^.  Pre- 
nons sur  la  surface  A  un  élément 
rfo",  et  par  tout  son  contour  menons 
des  normales  à  la  surface  jusqu'à  la 
rencontre  de  la  surface  B.  Ces  nor- 
males circonscrivent  un  élément 
de  volume  d^i^  de  base  d<T  et  de  hauteur  dn.  La  pression  sup- 
portée par  l'élément  dcr  esip  da;  le  travail  qu'il  faut  effectuer 


Fig.  4. 


(')  Clapeyrok,   Journal  de   l'École   Polytechnique,  XIV*  Cahier  {^lémoire 
9ur  la  puissance  motrice  de  la  chaleur). 


28**  THERMODYNAMIQUE, 

pour  transporter  ch  en  rf-Ji  est 

pdddn  z=pd^ç. 

Or  le  travail  total  rfG  est  la  somme  des  travaux  partiels  corres- 
pondant au  transport  de  chacun  des  éléments  de  la  surface  A 

dis  ^=  p  f  d^v  =  pdv. 

Cela  posé,  revenons  à  la  fig,  3;  pdv  représente  Taire  élémen- 
taire A  AT' P.  Quand  le  point  figuratif  éprouve  un  déplacement 
fini  AB,  le  travail  extérieur  est 

(18)  G  =  fpdv  =  aire  ABPQ. 

Le  travail  extérieur  est  représenté  par  Taire  curviligne  com- 
prise entre  les  ordonnées  extrêmes,  Taxe  des  abscisses  et  la 
courbe  décrite  par  le  point  figuratif.  Ce  travail  est  positif 
quand  le  volume  augmente;  il  est  négatif  quand  il  diminue. 
Remarquons  que»  pour  passer  de  A  en  B,  le  point  figuratif  peut 
décrire  un  nombre  infini  de  trajectoires  différentes,  correspon- 
dant à  autant  de  valeurs  déterminées  de  Taire  curviligne  et  du 
travail  extérieur.  Analytiquement  la  différentielle 


pch  =  p{^^^dp  +  ^^dt) 


est  une  fonction  de  deux  variables  indépendantes/?  et  /,  qui 
n'est  pas  une  différentielle  exacte.  On  ne  peut  exécuter  Tinté- 
gralion  fpdi^  que  quand  on  connaît  une  relation  entre /?  eti', 
c'est-à-dire  le  chemin  suivi  dans  la  transformation. 

CYCLES  FERMÉS.  —  On  dit  qu'un  corps  parcourt  un  cycle 
fermé  quand  la  courbe  XMB  décrite  par  le  point  figuratif  est 
fermée  {fig.  5).  Lorsque  le  point  figuratif  a  effectué  une  révo- 
lution entière  et  qu'il  est  revenu  à  son  point  de  départ  A,  le 
corps  a  subi  une  série  de  transformations  qui  l'ont  ramené  à 
son  état  initial.  Le  principe  de  l'équivalence  est  applicable.  Le 
travail  produit  est  mesuré  par  Taire  AMBN,  somme  algébrique 
de  Taire  positive  PAMBQ,  correspondant  à  la  période  de  dila- 
tation et  de  Taire  négative  PANBQ,  correspondant  à  la  période 
de  compression.  11  suffit  de  savoir  déterminer  la  chaleur  totale 


Fig.  5. 


CYCLES  FEUMÉS.  29** 

absorbée  par  la  transformation,  pour  pouvoir  calculer  l'équi- 
valent mécanique  de  la  chaleur. 

A  une  transformation  élémentaire  quelconque  correspond 
une  absorption  de  chaleur 

(11)  dQ=  cdt-k-  IdVf 

qui  dépend  des  deux  variables  indépendantes  ^et  ^;  rfQ  n'est 
pas  une  différentielle  exacte,  car  il  n'y  di  a  priori  aucune  rela- 
tion entre  les  coefficients  différentiels  c  et  /.  La  quantité 
totale  Q  de  chaleur  absorbée  par 
une  transformation  dépend  donc 
du  chemin  suivi  dans  la  transfor- 
mation. Elle  n'est  pas  la  même  pour 
le  trajet  AMB  que  pour  le  trajet  ANB 
et  par  suite  la  quantité  de  chaleur 
absorbée  pour  le  cycle  fermé  AMBN 
n'est  pas  nulle.  Pour  savoir  la  cal- 
culer, il  faut  connaître  les  valeurs 

générales  de  c  et  de  /.  Mais  l'application  du  principe  de  l'équiva- 
lence fournira  une  relation  entre  les  divers  coefficients,  et  per- 
mettra ainsi  de  calculer  /  si  l'on  connaît  c  et  inversenîent. 

EZPBESSIOH  GÉHÉRALE  DU  PRIHGIPE  DE  L'ÉaUITALEIIGE.   —  Pour 
un  corps  quelconque,  on  a 

(il)  dQ  =  cdt-^ldi^. 

Considérons  un  cycle  infiniment  petit  ABCD  parcouru  par  le 
point  figuratif  dans  le  sens  de  la  flèche 
ifig'  6);  AB  et  CD  sont  des  parallèles  à 
l'axe  des  volumes,  BC  et  AD  des  lignes 
telles  que  la  température  se  maintienne 
constante  pendant  la  transformation  qui 
leur  correspond,  c'est-à-dire  des  lignes 
isothermes. 

De  A  en  B,  le  corps  s'échauffe  de  dih 
volume  constant;  il  absorbe  une  quan- 
tité de  chaleur 

cdt. 

De  B  en  C,  il  se  détend  à  température  constante  (rf/  =  o)  et 


Fig.  6. 


3o**  THERMODYNAMIQUE. 

absorbe 

Idv. 

De  C  en  D,  il  se  refroidit  de  la  même  quantité  dt  et  restitue 
une  quantité  de  chaleur 


( 


C  H-  -r-  rfi^  I  rf/. 


de 
De  D  en  A,  il  se  comprime  à  température  constante  et  restitue 

La  quantité  totale  de  chaleur  absorbée  est  donc 

D'autre  part,  le  travail  produit  est  représenté  par  Taire  du 
parallélogramme  ABCD, 


aire  ABCD  =  kh.mn  =  -^dt.dv. 

dt 

En  appliquant  le  principe  de  l'équivalence,  on  a 

(àl       ôc\       dp 

Celle  relation  est  générale  :  elle  s'applique  à  un  corps  quel- 
conque. 

Remarquons  que,  si  dÇ)  était  une  différentielle  exacte  des 
deux  variables  t  et  c,  on  devrait  avoir 

Ol  _  de 
dt  ~  <V  ' 

E  et   .    étant  des  quantités  différentes  de  o,  l'équation  (20) 

exprime  donc  que  ^Q  n'est  pas  une  différentielle  exacte.  La 
(juanlilé  Q  de  chaleur  qu'il  faut  fournir  à  l'unité  de  masse  du 
corps,  pour  passer  d'un  état  caractérisé  par  le  volume  Vi  et  la 
pression /^i  à  un  autre  caractérisé  par  Vi  et/^a,  n'est  donc  dé- 
terminée qu'autant  qu'on  connaît  la  voie  suivie  pour  opérer  la 


ÉNERGIE  INTERNE.  3i** 

transformation.  C'est  ce  que  nous  avions  déjà  eu  Toccasion  de 
remarquer  antérieurement. 

ÉHER6IE  INTEBHE.  —  On  peut  exprimer  le  principe  de  Téqui^ 
valence  de  la  manière  suivante  : 

Quand  un  corps  subît  une  série  de  transformations  con- 
stituant un  cycle  fermé,  il  jr  a  un  rapport  constant  E  entre 
la  valeur  numérique  G  du  traitait  produit  et  celle  Q  de  la 
chaleur  absorbée.  Ce  rapport  est  indépendant  de  la  nature 
du  corps  que  l'on  emploie,  des  modifications  qu'il  subit,  et 
du  sens  dans  lequel  s'accomplit  la  transformation. 

e  =  EO, 

(20)  EQ  — G  =  o. 

Cette  équation  (20)  cesse  d'être  exacte  si  le  cycle  de  trans- 
formations n'est  pas  fermé.  Par  exemple,  un  gaz  que  Ton 
échauffe  sous  volume  constant  absorbe  de  la  chaleur  sans 
produire  aucun  travail  extérieur.  D'une  manière  générale  on 
peut  poser 

(21)  U=:EQ  —  S. 

U  est  une  fonction  qui  s'annule  pour  un  cycle  fermé.  On  la 
désigne  sous  le  nom  ^'énergie  interne  ou  ^énergie  poten- 
tielle. 

Considérons  un  cycle  fermé  quelconque  et  soit  U|  —  Uq  l'ac- 
croissement de  l'énergie  interne  du 
point  A  au  point  B  du  cycle  (y?g".  7),        ^i 
parcouru  dans  le  sens  AMB  de  la 
llèche;  si  le  point  figuratif  continue 
à   parcourir  le  cycle  dans  le  même 
sens,  de  B  en  N  et  en  A,  l'énergie 
interne  a  subi  une  variation  totale 
nulle.  La  variation  de  l'énergie  in-         o 
terne  de  A  en  B  est  donc  la  même  le 

long  de  AMB  ou  de  ANB  ;  elle  ne  dépend  pas  des  valeurs 
intermédiaires  des  variables,  mais  seulement  de  leurs  valeurs 
limites.  U  est  donc  une  fonction  des  variables  indépendantes 


32**  THERMODYNAMIQUE. 

choisies  ;  son  accroissement  infiniment  petit  dV  est  une  difTé- 
rentielle  exacte. 

Si  l'on  sait  exprimer  ^  et  Q  au  moyen  des  variables  x  et  /, 
on  aura  d'une  manière  générale 

I  dQ  =  AdX'hBdx, 
^^^^  I  d(B  =  A'dX'hB'dxy 

A,  B,  A',  B'  étant  des  fonctions  des  variables. 

(23)    rfU  =  ErfQ-rfC=:(EA-A0(ir4-(EB  — B')rfr. 

Mais  la  condition  pour  que  dV  soit  une  différentielle  exacte, 
c'est  que  Ton  ait 

dxdy  ~  djrdx 
ou 

r)(EA-  A')       ()(EB-B') 


(M) 


dy^  dx 


L'équation  (^4)  exprime  quec/U  est  une  différentielle  exacte, 
par  suite  que  la  variation  totale  de  U  est  nulle  pour  un  cycle 
fermé,  ou  enfin  que,  pour  un  tel  cycle, 

G  —  EQ  =  o. 

Elle  exprime  donc  le  principe  de  Tcquivalence  et  fournira 
immédiatement  la  relation  qu'on  en  peut  déduire  entre  les 
divers  coefficients.  Celte  manière  d'appliquer  le  principe  de 
l'équivalence  est  due  à  M.  Lippmann. 

Prenons  pour  variables  la  température  /  et  le  volume  v.  On 
a,  pour  un  corps  quelconque, 

(II)  dQ---cdl-¥-ldv, 

(i8)  d(B=pdv\ 

L'équation  (24)  devient 

\ôv      ôt)  ât' 

Nous  avons  déjà  démontré  cette  relation  [équation  (19), 
p.3o**]  par  un  autre  procédé. 


TRAVAIL  INTERNE  DANS  LES  GAZ.  33" 

La  variation  éiémenlaire  de  l'énergie  inierne  est,  pour  un 
corps  quelconque, 

(25)  d\]=Ecdl  -h{,Ei  —  p)dv. 

Elle  ne  compose:  i*  du  travail  équivalent  à  la  chaleur  cdl 
employée  à  échaulTer  le  corps  sous  volume  constant;  a"  d'une 
autre  quantité  de  travail  employée  à  produire  la  dilatation,  dé- 
duction faite  du  travail  extérieur.et  qu'on  désigne  sous  le  nom 
de  travail  interne. 

TBATUL  nrrEUE  DUS  LES  SU  —  EXPtBmiCES  SE  JOULE  ET  SE 
8IB  W.  THOasOK.  —  La  mesure  directe  du  travail  interne  n'a  été 
tentée  que  dans  le  cas  des  gaz.  Joule  prit  deux  réservoirs 
Il  et  H'  {Jlg.  S)  communiquam  entre  eux  par  un  canal  muni 


d'un  robinet.  Le  réservoir  II  était  plein  d'air  comprimé  d'avance 
à  la"™,  le  réservoir  II'  vide  d'air. 

Les  deux  vases  étaient  placés  au  sein  d'un  calorimètre  dis- 
posé de  façon  à  ne  contenir  qu'une  très  petite  quantité  d'eau, 
et  à  rendre  ainsi  sensibles  de  très  légères  variations  de  tem- 
pérature. Quand  on  ouvre  le  robinet,  le  gaz  augmente  brus- 
quement de  volume,  mais  sans  réaliser  aucun  travail  extérieur. 
Joule  n'a  pu  constater  aucune  variation  de  la  température 
de  l'eau  du  calorimètre. 

Joule  a  fait  une  nouvelle  expérience  qui  permet  d'ana- 
Ivser  de  plus  près  ce  qui  se  passe  dans  la  précédente.  Il  a 
plongé  {Jig.  9)  le  réservoir  H  dans  un  premier  calorimètre, 
le  réservoir  H'  dans  un  second,  et  constaté  que,  quand  l'air 

J.  et  H-,  rberm<»lyna>Kiqu<^.  —  II.  3'  f»«c.  3" 


34**  THERMODYNAMIQUE. 

de  H  se  précipite  dans  H',  le  vase  H  se  refroidit  et  emprunte 
au  calorimètre  correspondant  une  certaine  quantité  de  chaleur, 
qui  est  entièrement  restituée  au  calorimètre  dans  lequel  est 
plongé  le  vase  H.  Remarquons,  en  effet,  que  Tair  sorti  de  H 
arrive  dans  le  vase  H'  animé  d'une  certaine  vitesse,  et  vient  en 
heurter  les  parois  :  il  y  a  du  travail  produit,  et  par  conséquent 
de  la  chaleur  absorbée  dans  le  vase  H,  du  travail  détruit  et  de 
la  chaleur  régénérée  dans  H'.  Ces  quantités  de  travail  sont 
égales;  il  en  est  de  même  des  quantités  de  chaleur  équiva- 
lentes. Quand  les  deux  vases  sont  placés  dans  un  même  calo- 
rimètre, la  somme  des  travaux  effectués  par  le  gaz  est  nulle, 
et  la  somme  des  effets  caloriQques  inverses  Test  aussi. 

Sir  W.  Thomson  (  «  )  a  cherché,  par  une  méthode  différente, 
à  mesurer,  avec  plus  de  précision  que  ne  Tavalt  fait  Joule,  le 
dégagement  ou  l'absorption  de  chaleur  qui  accompagne  le 
changement  de  volume  d'un  gaz  sans  travail  extérieur,  aOn  de 
s'assurer  si  le  phénomène  caloriGque  est  rigoureusement  nul 
ou  seulement  très  petit. 

La  méthode  qu'il  a  indiquée  a  été  appliquée  par  lui  en  colla- 
boration avec  Joule  (^),  de  la  manière  suivante  :  le  gaz  sur  le- 
quel on  expérimente  traverse  sous  une  pression  constante? un 
long  serpentin  de  cuivrci  et  prend  exactement  la  température  /j 
du  calorimètre  dans  lequel  le  serpentin  est  plongé.  Ce  serpentin 
se  termine  par  un  cylindre  de  buis  fermé  par  un  tampon  de 
colon  bb  [fig.  10  ),  à  travers  lequel  le  gaz  s'écoule  sans  vitesse 
dans  l'atmosphère.  Ce  tampon  est  protégé  contre  tout  réchauf- 
fement par  un  cylindre  de  buis  concentrique  r/,  rempli  aussi 
de  colon.  Un  thermomètre  placé  immédiatement  au  delà  du 
tampon  donne  la  température  (2  du  gaz  qui  s'écoule. 

Dans  celle  expérience,  le  gaz  passe  de  la  pression  P  à  la 
pression  atmosphérique  II,  sans  acquérir  de  force  vive  sensible 
et  sans  exécuter  aucun  travail  extérieur. 

En  effet,  considérons  une  masse  de  gaz  limitée  primitivement 


(')  w.  Thomson,  Transactions  de  la  Société  royale  d'Edimbourg^  t.  XX, 
p.  289;  analysé  dans  les  Annales  de  Chimie  et  de  Physique,  3*  série,  t.  LXIV, 
p.  5o'|  ;  iSC,2. 

(»)  Philosophical  Transactions^  t.  CXLIV,  p.  3a i;  et  Annales  de  Chimie  et 
de  Physique^  '.]*  série,  t.  LXV,  p.  2\\\  1861. 


TRAVAIL  INTERNE  DANS  LES  GAZ.  35" 

en  ABCD,  qui  par  l'erfet  de  l'écoulemeni  se  trouve  transportée 
en  EFGH  {fig-  1 1  ).  A  température  constante,  on  a  entre  le? 
volumes  AEBF=  f|,CDGH  =  (/î  la  relation 


Cette  relation,  qui  exprime  la  loi  de  Marioile,  nous  apprend 
aussi  que  le  travail  moteur  Pci,  fourni  par  la  pompe  qui  refoule 


le  gaz,  est  à  chaque  instant  égal  au  travail  Hi-a,  exécuté  à  ren- 
contre de  la  pression  atmosphérique.  Le  travail  extérieur  Hf» 
n'est  donc  point  exécuté  par  le  gaz  aux  dépens  de  sa  propre 
chaleur;  il  est  exclusivement  fourni  par  la  pompe  motrice,  et, 
si  le  travail  interne  correspondant  à  la  dilatation  du  gaz  est  nul, 


36**  THERMODYNAMIQUE. 

la  température  doit  rester  învariabley  de  part  et  d'autre  du 
tampon  T.  Si,  au  contraire,  le  travail  interne  est  positif,  le  gaz 
doit  se  refroidir. 
L'expérience  a  établi  qu'il  en  est  ainsi  :  on  a  observé  un  re- 
froidissement du  gaz^  sensiblement 
proportionnel   à   la   différence  de 
pression  P  —  H  sous  laquelle  avait 
lieu  récoulement.  Cet  abaissement 
de  température  est,  pour  Tair,  de 
o*'y262    par   atmosphère    environ; 
mais  il  est  bien  plus  grand  pour  les 
gaz  aisément  liquéfiables.  Ainsi,  pour  Tacide  carbonique  a  20*, 
il  est  de  i<^,i5i  par  atmosphère. 

Le  refroidissement  et,  par  suite,  la  grandeur  du  travail  interne 
sont  d'autant  plus  faibles  que  la  température  est  plus  élevée. 
Ainsi,  pour  Tacide  carbonique  à  gi%5,  le  refroidissement  n  est 
plus  que  de  o'»,7o3  par  atmosphère. 

A  la  température  ordinaire  (20")  le  travail  interne  n'est  pour 
Facide  carbonique  que  la  i25«  partie  du  travail  externe  fpdv; 
pour  l'air  cette  fraction  se  réduit  à  j^,  et  pour  l'hydrogène  à 
Yisô'  L'erreur  que  l'on  commettra  en  considérant  le  travail  in- 
terne comme  nul  est  donc  du  même  ordre  de  grandeur  que 
celle  que  Ton  commet  en  admettant  que  les  gaz  obéissent 
aux  lois  de  Marioile  et  de  Gay-Lussac.  Dans  les  conditions 
ordinaires,  elle  est  absolument  négligeable. 

GAZ  PARFAITS.  —  Un  gaz  parfait  est  une  substance  idéale  ca- 
ractérisée par  les  conditions  suivantes  : 

1°  Elle  obéit  rigoureusement  à  la  loi  de  Mariolte  à  toutes  les 
températures;  comme  de  plus  on  peut  supposer  que  la  tem- 
pérature t  est  délînie  par  la  dilatation  sous  volume  constant 
du  gaz  dont  il  s'agit,  on  voit  sans  peine  que  l'équation 

(1)  F{p,{^,t)  =  o 

se  réduit,  pour  un  tel  gaz,  à  la  forme  très  simple 

(ibis)  ^     -  — /^o^o. 


273 


CALCUL  DE  E  PAR  LES  GAZ.  87** 

a®  Le  travail  interne  est  rigoureusement  nul. 

Aucun  gaz  connu  ne  réalise  ces  conditions  d'une  manière 
absolue;  mais  les  gaz  anciennement  réputés  permanents,  l'hy- 
drogène en  particulier,  s'approchent  d'autant  plus  de  la  con- 
dition de  gaz  parfaits  que  leur  pression  est  moindre  et  leur  tem- 
pérature plus  haute.  Il  y  a  donc  un  intérêt  réel  à  appliquer  aux 
gaz  parfaits  les  principes  de  la  Théorie  mécanique  de  la  cha- 
leur. Les  relations  que  Ton  obtiendra  seront  approximative- 
ment applicables  aux  gaz  réels,  au  même  titre  que  les  lois  de 
Harlotte  etdeGay-Lussac  et  que  laloirelative  au  travail  interne. 

CALCUL  DE  yÉaUITALEHT  MÉGARiaUE  DE  LA  GHALEim  A  L'AIDE 
SBSfiAS.  —  Prenons  une  masse  d'un  gaz  parfait  égale  à  l'unité, 
occupant  le  volume  t^  sous  la  pression  p  :  échauffons-la  d'abord 
sous  volume  constant,  d'une  quantité  dt,  à  l'aide  d'une  quan- 
tité de  chaleur  cdt  ;  puis  laissons  le  gaz  se  détendre  dans  le  vide 
au  volume  qu'il  occuperait  sous  la  pression  /?  à  la  température 
/-f-  dty  ce  q[ui,  d'après  la  définitioil  des  gaz  parfaits,  n'absorbe 
aucune  nouvelle  quantité  de  chaleur;  enfîn  refroidissons  le  gaz 
de  ctf  sous  la  pression  constante/?  :  il  restitue  une  quantité  de 
chaleur  Cdt;  mais  en  même  temps  il  exécute  un  travail  exté- 

dv 
rieur  négatif  égal  —p-ridL  Le  gaz  étant  revenu  à  son  état 

primitif,  par  ce  cycle  d'opérations,  il  y  a  équivalence  entre  la 
chaleur  absorbée  et  le  travail  produit 

E(C  — c)rf/  =  /?^rf/. 
On  a  d'ailleurs 

273 

^  —  P^ 
ôt       273/? 

L  —  c  ai         C  —  c 

Celte  formule  permet  de  calculer  approximativement  l'équi- 
valent mécanique  de  la  chaleur,  au  moyen  des  valeurs  de  i'o, 


38**  THEIIMODYNAMIQUE. 

C  et  c,  relatives  à  tout  gaz  réel  assimilable  à  un  gaz  parfait  ('). 
11  faut  d'ailleurs  remarquer  que  la  chaleur  spécifique  cn*est 

connue  que  par  Tintermédiaire  du  rapport  -9  dontrévaluation 

comporte  une  erreur  relative  assez  considérable.  Par  suite,  la 
valeur  de  £,  calculée  à  l'aide  de  la  formule  (21),  est  loin  de 
pouvoir  inspirer  le  même  degré  de  confiance  que  celle  qui  se 
déduit  des  expériences  de  Joule  sur  le  frottement. 

Pour  Tair,  par  exemple,  on  a,  dans  le  système  du  kilogram- 
mètre  et  de  la  grande  calorie, 

Pq  =  io333^', 

pression  sur  un  mètre  carré; 

I 

1,293 

volume  du  kilogramme  de  gaz  en  mètres  cubes  ; 

C  =  o,2374>« 

Q 

Quant  à  -  9  sa  valeur  mesurée,  soit  par  la  méthode  deClémeni 

et  Desormes,  soit  à  Taide  de  la  vitesse  du  son  dans  Tair  (')» 
est  assez  mal  déterminée.  Tandis  que  Regnault  a  obtenu  par 
la  deuxième  méthode  la  valeur 

-=1,3945, 

Masson  a  trouvé  par  la  seconde 

Suivant  que  l'on  adoptera  Fun  ou  Fautre  de  ces  nombres 
extrêmes,  on  aura 

C  —  c:=o,o6G77,     E  =  438,4'  (Kegnault), 
C  —  c  =  0,06924,    £  =  4^2,77  (Masson). 

(*)  C'est  Mayer,  médecin  à  Heilbronu,  qui  a  indiqué  le  premier,  en  iS'{} 
Ci;  mode  de  calcul  de  E.  [Remarques  sur  les  forces  de  la  nature  inanimée  {An" 
nules  <h  JÀebigy  t.  XLIl).] 

(  -)  Voir  cette  déterminaliou  au  Chapitre  de  la  f'itesse  du  son,  t.  III,  i*  Fas- 
cicule. 


DÉTERMINATION   DE  E  PAR  LES  GAZ.  39** 

Les  nombres  ainsi  trouvés  difîèrenl  Tun  de  l'autre  de  plus 
de  ^  de  leur  valeur  :  ils  comprennent  entre  eux  le  nombre 
trouvé  par  Joule,  à  Taide  des  expériences  de  frottement. 

Les  autres  gaz  fournissent  des  valeurs  de  £  sensiblement 
égales  aux  précédentes,  et  offrant  le  même  degré  d'incertitude. 
Nous  ne  nous  arrêterons  pas  à  les  calculer. 

DtTEBHIHATIOH  DIBEGTE  DE  E  A  L'AIDE  DES  (lAI.  —  Au  lieu  de 
calculer  £  à  Taide  de  la  formule  précédente,  on  peut  aussi 
soumettre  un  gaz  à  une  série  de  transformations  constituant 
un  cycle  fermé  et  mesurer,  d'une  part,  la  chaleur  fournie  au 
gaz,  de  l'autre  le  travail  produit.  Joule  a  exécuté  des  mesures 
de  cette  espèce  dans  deux  cas  différents. 

I**  Cas  de  la  compression.  —  Considérons  un  gaz  dont  la 
pression  initiale  est/?i,  et  que  Ton  comprime  à  température 
constante  jusqu'à  lui  donner  la  pression  finale /^a*  Dans  ces 
conditions  on  exerce  de  Textérieur  un  travail  positif;  le  gaz 
s'échauffe  et  il  y  a  équivalence  entre  le  travail  Cs  dépensé  et  la 
chaleur  Q produite;  car,  si  on  laisse  le  gaz  se  détendre  dans  le 
vide  jusqu'à  reprendre  son  volume  primitif,  le  cycle  des  opé- 
rations se  trouvera  fermé,  et  cette  détente,  non  accompagnée 
de  travail  extérieur,  n'entraîne  ni  perte  ni  gain  de  chaleur 
appréciable,  puisque  le  travail  intérieur  est  sensiblement  nul. 
Il  suftit  donc  de  mesurer  G  et  Q. 

Au  lieu  de  mesurer  G  directement,  on  peut  remarquer  que 


~"  J     ^^^' 


G 

Vi 


mais,  puisque  la  compression  a  lieu  à  température  constante, 

pdv  -T-  vdp  =  o, 

G=:—   /    pdv=j    vdp  =  piV^\     -^=/?i^iL^- 

•/-.    -  Jp.  Jp.    P  P' 

Il  suftira,  d'après  cette  équation,  de  mesurer  le  volume  initial 
^1  de  la  masse  de  gaz  employée,  et  les  pressions/?i  et/?2. 


4o**  THERMODYNAMIQUE. 

Voici  commenl  /ouïe  (  *  )  a  opéré  :  L'air  élail  refoulé  par 
une  pompe  mue  à  la  main  dans  un  réservoir  plongé,  ainsi  que 
la  pompe  elle-même,  dans  un  calorimètre  plein  d*eau.  Avant 
d  arriver  dans  le  corps  de  pompe,  le  gaz  traversait  un  serpentin 
entouré  d'eau  et  prenait  une  température  égale  à  la  température 
initiale  du  calorimètre. 

La  quantité  de  chaleur  recueillie  dans  le  calorimètre  se  com- 
pose :  i*"  de  celle  qui  est  dégagée  par  la  compression  du  gaz; 
2'  de  celle  qui  est  engendrée  par  le  frottement  du  piston  contre 
la  paroi  du  corps  de  pompe.  Pour  obtenir  la  valeur  de  cette 
dernière  quantité  de  chaleur.  Joule  faisait  une  deuxième 
expérience  dans  laquelle  il  faisait  mouvoir  la  pompe  à  \1de, 
pendant  un  temps  égal  à  la  durée  de  Texpérience,  et  en  donnant 
un  même  nombre  de  coups  de  piston.  La  quantité  ainsi  déter- 
minée devait  être  retranchée  de  la  chaleur  dégagée  totale;  mais 
cette  correction  est  incertaine,  et  son  influence  a  pu  notable- 
ment modifier  les  résultats. 

La  pression  initiale /7f  est  celle  de  l'atmosphère  ;  on  mesure 
directement  (^i  en  ouvrant  le  réservoir  R,  après  Texpérience, 
au-dessous  d'une  cloche  dressée  sur  la  cuve  à  eau,  et  l'on  dé- 
duit la  pression  {\m\e  pa  de  la  relation 

Enfin  on  détermine  par  un  jaugeage  le  volume  i'2  du  réservoir. 
Poury>2  =  •21"*'", 5,  Joule  a  trouvé 

E  =  452,5 
el,poury^2  =  io"^"%5, 

E=  437,2. 

2"  Cas  de  /'expansion,  —  Une  masse  de  gaz  comprimée  d'a- 
vance dans  un  réservoir  s'écoule  sans  vitesse  dans  l'atmo- 
sphère. Celle  expérience  diffère  de  celle  de  Joule  et  Thomson 
i,  p.  3 1)  en  ce  qu'aucun  travail  moteur  n'est  fourni  de  Texlérieur. 
Le  gaz  passant  du  volume  l'a  qu'il  avait  sous  la  pression /?2 
au  volume  i'i  qu'il  a  sous  la  pression /?i  de  l'atmosphère,  exé- 
cute un  travail  extérieur  G 


/>  JoiLK,  Philosophical  Magazine,  3*  série,  t.  XXVI,  p.  36»). 


COEFFICIENTS  RELATIFS  AUX  GAZ  PARFAITS.    4i** 

Il  emprunte  au  calorimètre  une  quantité  Q  de  chaleur  néces- 
sairement équivalente;  car,  si  le  gaz  s'était  écoulé  dans  le  vide, 
il  serait  arrivé  du  même  état  initial  au  même  état  fmal  sans 
absorber  de  chaleur,  et  ces  deux  expériences  ne  diffèrent  que 
par  l'absorption  de  la  chaleur  Q  et  la  production  du  travail  ts. 

Le  réservoir  R  qui  avait  servi  dans  les  expériences  de  com- 
pression était  placé  dans  un  calorimètre.  Un  robinet  analogue 
à  celui  de  Regnault  livrait  passage  au  gaz  comprimé  d'a- 
vance et  permettait  de  ralentir  sa  vitesse,  de  manière  qu'il 
arrivât  à  l'extérieur  sans  vitesse  sensible,  à  travers  un  long 
serpentin  immergé  dans  le  calorimètre.  Le  gaz  s'échappait 
donc  au  dehors  à  une  température  égale  à  sa  température  ini- 
tiale et  empruntait  au  calorimètre  la  chaleur  Q. 

Il  est  à  remarquer  que  le  travail  6,  produit  dans  cette  expé- 
rience, est  inférieur  au  travail 

Pi 

de  la  compression.  En  effet,  si  le  gaz  se  détendait  librement, 
il  absorberait  une  quantité  de  chaleur  égale  à  sa  chaleur  de 
compression  ;  mais  alors  il  abandonnerait  le  calorimètre  animé 
d'une  certaine  vitesse,  possédant  une  force  vive  qui  dans  le 
cas  actuel  a  été  détruite  par  le  frottement  du  robinet  et  s'est 
transformée  en  chaleur.  La  chaleur  enlevée  au  calorimètre  est 
donc  inférieure  à  la  chaleur  de  compression.  ' 

En  faisant  arriver  le  gaz  soit  dans  l'amosphère,  soit  dans  un 
deuxième  réservoir  où  la  pression  étaitconsiante  etsupérieure  à 
celle  de  l'atmosphère,  M.  Joule  a  obtenu  les  nombres  suivants  : 


Pf 

Pi- 

E. 

atin 
21 

atm 
I 

45o,9 

lO 

I 

447,6 

23 

i4 

417,9 

Eu  égard  à  la  difficulté  des  expériences,  l'accord  de  ces 
nombres  avec  la  valeur  de  E,  déduite  des  mesures  précédentes, 
peut  passer  pour  très  satisfaisant. 

RELATIOHS  DES  DIVERS  GOEmCIEnS  RELATIFS  AUX  fiAS  PARFAITS. 

—  Les  relations  générales  établies  au  commencement  de  ce 


♦a--  TBERMODYNAMIQUE. 

ChapUre  peuvent  être  explicitées,  dans  le  cas  des  gaz  parfaits 
pour  lesquels  la  relation 

II)  F{p,i^,t)=:0 

se  réduit  à 

1,1   Ihs)  ^  =:poÇo. 


i']3 
Eu  différentiant  cette  dernière  équation,  on  a 

{ Ji bis)  pdv  -\-i*dp=:  ^^  (IL 

L'équation  (2  bis)  fournit  les  rapports  ->y»  -^ï  nécessaires 

pour  calculer  les  coefficients  a,  p  et  ^.  Ces  derniers  ont  pour 
valeurs 

a  bis)  a  =  -^^% 

273  p 

{i>  bis)  p  =  — ^^       =      o  .   #^ 

^      273    pv        273-1-^ 

Puur/>      />o  et  /=o,  ces  valeurs  deviennent  (') 


'^        273        '^       /? 


v'  >  Il  lie  iaut  pas  oublier  que  toutes  nos  équations  se  rapportent  désormais 
i  I  >'  vlo  jiu.  Uans  l'étude  des  dilatations,  qui  a  été  faite  précédemment,  nous 
ia4»4K>iUou'i  le»  résultats  à  l'unité  de  volume  et  nous  avions  trouvé  que,  pour 
■aj*  -;a^  put  luit,  le  coeflicicnt  de  dilatation  sous  pression  constante  était  indé- 
su^tHui  de  lu  pression  et  égal  à  jjj.  Ce  résultat  n'est  pas  en  contradiction 
wvn  t  v^uavivu  (4  ^'^)f  c^  effet,  quand  la  pression  passe  de  p^  à/i,  la  masse 

s    ^^.«  vviUouue  sous  Tunité  de  volume  augmente  dans  le  rapport  ^>  et,  par 

^^  ^^x  '  >«u^uA<^Mt;iition  de  volume  produite  sur   l'unité   de  volume  du  gaz  par 
N^x  ,,\v.K«u'a  Uv  température  de  i**  demeure  invariable. 


CHALEURS  SPÉCIFIQUES  DES  GAZ  PARFAITS.    43** 
Quant  aux  relations  (i4)  et  (i5),  elles  se  réduisent  à 

(iS  bis) 


I   k  =:273c 


Pu  Vu 


Comme  nous  supposons  C  et  c  connus,  il  est  bon  d'expli- 
citer les  valeurs  des  autres  coefficients  au  moyen  de  ces  deux- 
là.  Les  équations  {i^bis)  et  (i5  bis)^  résolues  par  rapport  à  /, 
/i,  "k  et  /r,  deviennent,  en  tenant  compte  de  la  valeur  (26)  de  E, 


(^7) 


l  =:  373  — ^  C, 

Pu  Vu 


k=z  inô c, 

GHALEUES  SPÉCmaUES  DES  GAI  PARFAITS.  —  1.  La  valeur  de  £ 

(26)  E--j^--^, 

fournie  par  les  gaz  parfaits,  ne  contient  en  numérateur  que  des 
quantités  constantes  pour  un  même  gaz.  Il  en  est  donc  de 
même  du  dénominateur  :  la  quantité  C  — c  est  indépendante 
delà  température  etde  la  pression  ou,  ce  qui  revient^umême, 
du  volume  de  l'unité  de  masse  de  gaz  : 

^     ^  ôt  dp  dv 

D'autre  part,  l'application  du  principe  de  l'équivalence  nous 


44**  THERMODYNAMIQDE. 

a  fourni  la  relation  générale 

applicable  à  tous  les  corps.  On  en  lire 

de ôl       ^   àp 

mais,  pour  les  gaz  parfails,  on  a  (équation  27) 


/      ^P^ 

Il  en  résulie 

de 

0,      "^ 

et,  puisque 

0, 

d'après  Téqualion  (: 

?.8), 

(29) 

dC 

ai' 

de 
—  0,      c-  —  0. 

Les  deux  chaleurs  spécifiques  d'un  même  gaz  parfait  sont 
indépendantes  du  volume  de  Tunité  de  masse  et,  par  consé- 
quent, de  la  pression  à  température  constante.  C'est  la  loi 
énoncée  par  Delaroche  et  Bérard,  et  vérifiée  par  Regnaull, 
pour  la  chaleur  spécifique  C  sous  pression  constante  des  gaz 
réels. 

2.  Pour  des  gaz  parfaits  différents,  nous  pouvons  donner 
à  po  une  même  valeur  arbitraire,  et  alors  ^o  varie  en  raison 
inverse  de  la  densité  et,  par  conséquent,  du  poids  atomique  e. 
La  formule  (-26)  établit  alors  que  le  produit 

(3o)  {C  —  e)e=  const., 

quelles  que  soient  la  pression  et  la  température. 

A  une  même  température,  o"  par  exemple,  C  et  c  sont  indé- 
pendants de  la  pression,  c'est-à-dire  que  chacune  de  ces  quan- 
tités est  une  constante.  Regnault  a  d'ailleurs  démontré  que  le 
produit  Ce  a  la  même  valeur  pour  tous  les  gaz  permanents 


ÉNERGIE  INTERNE  DES  GAZ.  45** 

(loi  de  Dulong  et  Pelil)  formés  sans  condensation.  II  en  est 
donc  de  même  du  produit  ce.  Ces  deux  produits  sont  des 
fonctions  de  la  température  qui  ne  peuvent  différer  entre 
elles  que  par  une  constante. 

ÉHEBfiŒ  IHTERHE  DES  ftAZ  PARFAITS.  —  L'expression  générale 

rfU  =  "Ecdt-r-  (El  —p)  dv 
se  simplifie  pour  un  gaz  parfait,  puisque  Ton  a 


(27) 

Elle  se  réduit  à 

(3i) 

<AJ      Ec  dt. 

Dans  les  limites,  relativement  étroites,  où  Ton  peut  consi- 
dérer c  comme  indépendant  de  la  température,  on  obtient, 
par  intégration 

(32)  U,-Uo  =  Ec(/,-/o); 

mais  cette  dernière  équation  ne  peut  être  considérée  comme 
rigoureuse. 

ÉAUATIOll  COMPLÉTÉE  DU  TBAVAIL  —  Le  principe  de  Téquiva- 
lence  permet  de  compléter  Téquation  du  travail.  L'équation 
ordinaire 

(33)  CrzzzA(F,^Fo) 

ne  subsiste  qu'autant  qu'il  n'y  a  ni  froiiemenl,  ni  actions  chi- 
miques, ni  transformation  quelconque  des  corps  qui  forment 
la  machine  ou  le  système  que  Ton  considère.  Dans  le  cas  con- 
traire, une  partie  du  travail  moleur  disparaît  en  produisant  une 
quantité  équivalente  de  chaleur  EQ,  une  autre  portion  Sa  est 
consommée  à  produire  la  variation  Ut  —  Uo  de  l'énergie  in- 
terne du  système  ;  celle  dernière  se  compose  elle-même  de 
deux  parties  :  l'une  équivalente  à  la  chaleur  absorbée  par 
réchauffement  sous  volume  constant,  l'autre  employée  à  pro- 
duire la  variation  de  volume  ou  plus  généralement  les  trans- 
formations que  le  corps  ou  le  système  de  corps  peuvent 


LA  CHALEUR.  —  L'équntion  (  '^4)  ^  ' 
..'-    ie  l'expérience  seule.   C'est  jusqu 
ii.  iit  [lumérique,  qui  relie  enire  elles  de 
i  j  -    lîM'reiues,  des  travaux  mécaniques  el  ( 


I 


î 


I 


'.I  f . 


.  .  iu    ijiurel  de  penser  que   deux   quanli 
I  ..     i  e  travail, qui  s'équivalent  à  un  coeflici 

i  -,     t;  ;.»ouvenl  être  essentiellement  différente 

>  Mii>  lesquelles  s'opère  la  transformation 
.:    «rt^ient  à  cette  hypothèse  une  extrême  vi 


*'iiemeut  transforme  le  travail  mécanique 

.i   idmettre  qu'une  surface  qui  en   frotte  i 

...mt:  un  archet  sur  une  corde  vibrante,   cN 

-vmo  lue  le  mouvement  d'ensemble  dont  < 

i<i>aieij  chacune  des  molécules  frottantes, 

.  :^  i  \ibrer  individuellement.  Si  cette  idée 

...  K'  seulement  du  travail  total  G  est  dépensé 

^  iM/iiuiiion  apparente  de  force  vive  des  orga; 

>i    r'ile  que  nous  avons  désignée  par  J  (F,  —  1 

>  -iiiploie  : 

•iloii  des  pressions  extérieures/^,  ce  quic 
....  oie  Je  travail //u/c. 


DIMENSIONS  DE  LA  QUANTITÉ  DE  CHALEUR.    47** 

abandonnés  à  Taciion  de  ces  mêmes  forces  est  équivalent  au 
travail  ainsi  dépensé.  Ce  travail  modifie  AoncV  énergie  poten- 
tielle U  du  système  de  corps. 

3°  Enfin  une  dernière  portion  du  travail  total  a  été  dépensée 
à  augmenter  la  vitesse  vibratoire  initiale  des  molécules.  Elle 
s'est  transformée  en  une  somme  de  forces  vives  j(/i— /o) 
qui  n*est  point  extérieurement  appréciable,  et  qui,  dans  cette 
nouvelle  manière  d'envisager  les  phénomènes,  n'est  rien  autre 
chose  que  la  chaleur  développée  par  le  frottement.  On  a  donc 
en  définitive 

(35)  6  =  //;rfi;^-i(F»-Fo)4-U,-Uo-f-i(/»-/o). 

Cette  équation  (35)  ne  diffère  de  Téquation  (34)  à  laquelle 
nous  sommes  arrivés  par  la  voie  de  Texpérience  que  par  le 
remplacement  de  EQ  par  \{fx  — /o)- 

La  Théorie  mécanique  de  la  chaleur  consiste  essentielle- 
ment à  envisager  la  chaleur  comme  la  force  vive  des  mouve- 
ments moléculaires.  Cette  hypothèse  ne  s'impose  pas  à  nous 
d'une  manière  nécessaire,  mais  elle  a  l'avantage  de  toutes  les 
généralisations  :  elle  fait  rentrer  les  phénomènes  calorifiques 
dans  les  lois  plus  simples  des  phénomènes  mécaniques;  elle 
satisfait  Tesprit  en  diminuant  le  nombre  des  notions  primor- 
diales indépendantes  dont  se  compose  notre  connaissance  du 
monde  matériel. 

DIMEHSIOHS  DE  LA  aUAHTITÉ  DE  CHALEUR.  —  DHITÉ  MÉGANiaUE  DE 
CHALEUR.  —  Si  la  chaleur  est  une  force  vive,  la  quantité  de 
chaleur  cesse  d'être  indépendante  des  unités  fondamentales 
de  longueur,  de  temps  et  de  masse.  Ses  dimensions  sont  les 
mêmes  que  celles  d'un  travail,  et  Ton  a  symboliquement 

Q=--ML2r-2. 

L'unité  mécanique  de  chaleur  est  celle  qui  équivaut  à  l'unité 
mécanique  du  travail,  c'est-à-dire  à  l'erg.  Et,  puisque  la  calorie 

C.G.  S.  vaut  J  ergs,  l'unité  mécanique  de  chaleur  vaut  y  calo- 
ries. M.  Lippmann  propose  de  donner  à  cette  unilé  nouvelle 


48**  THERMODYNAMIQUE. 

le  nom  de  thermie.  Son  usage  supprime  dans  les  équations 
remploi  du  fadeur  qui  représente  l'équivalent  mécanique  de 
la  chaleur,  puisque  ce  facteur  devient  égal  à  i. 
La  thermie  est  capable  d'élever  de  o«  à  i°  une  masse  d'eau 

de  7 — 7ï r  grammes. 

4,ID. lO^ 


PRINCIPE  DE  CARNOT.  49 


*• 


CHAPITRE  III. 

PRINCIPE  DE  CARNOT. 

Détente  d'un  gaz  parfait  à  température  et  à  chaleur  constantes.  —  Écou- 
lement d'un  gaz  parfait. 

Lignes  adiabaticjues  et  isothermes.  —  Machines  thermiques.  —  Cycles 
réversibles  et  non  réversibles.  —  Cycle  de  Carnot.  —  Calcul  du  coef- 
ficient économique  pour  le  cas  d'un  gaz  parfait.  —  Principe  de  Carnot.  — 
Postulatum  de  M.  Clausius.  ~  Démonstration  qu'il  a  fournie  du  prin- 
cipe de  Carnot.  —  Définition  de  la  température  au  moyen  du  principe 
de  Carnot.  —  Calcul  des  températures  absolues  à  l'aide  des  tempéra- 
tures ordinaires.  —  Extension  du  principe  de  Carnot  à  un  cycle  réver- 
sible quelconque.  —Cycles  non  réversibles.  —  Coefficient  économique. 
—  Entropie.  —  Fonction  caractéristique.  —  Propriété  générale  des 
lignes  adiabatiques  et  des  lignes  isothermes.  —  Quantités  nécessaires 
pour  définir  complètement  un  corps  au  point  de  vue  mécanique. 


DÉTENTE  D'un  GAZ  PARFAIT  A  TEMPÉEATUBE  ET  A  CHALEUR  GOH- 
STAHTES.  —  Quand  un  gaz  parfait  se  détend  à  température  con- 
stante, il  obéit  à  la  loi  de  Mariolte 

(i)  /7r  =  const., 

et  la  quantité  de  chaleur  qu'il  absorbe  pour  chaque  transfor- 
mation infiniment  petite  est  équivalente  au  travail  extérieur 

Quand,  au  contraire,  un  gaz  se  détend  sans  variation  de  cha- 
leur, sa  température  s'abaisse;  car  on  doit  avoir 

(IQ  —  cé//  -h  -^pch'  =0, 

''' = -  à.^"^"- 

J.  et  B.,   Thermody  namiquc.  —  M.  3*  fasc.  t\' 


3o**  THERMODYNAMIQUE. 

Nous  nous  proposons  de  trouver  quelle  loi  relie  dans  ce  caste 
volume  et  la  pression  du  gaz.  Pour  la  trouver»  il  suffît  d  exprimer 
(A}  en  prenant  le  volume- et  la  pression  comme  variables  indé- 
pendantes. 
IVaprès  les  équations  (  1 2)  et  (27)  du  Chapitre  précédent,  00 1 

(j)  dQ=z  kdp-\-  Idif—  — ^  (cçdp-i-Cpdi^). 

La  condition  dQ^o  équivaut  à 

t^dp-h  -^pdu  =  o 

ou 

, , ,  dp       (\  dif 

(3)  -^  H =0. 

p  C   V 

Le  premier  membre  de  Téquation  (3)  est  la  différentielle  de 
ç 
Lpv*^,  On  a,  en  intégrant, 

c 
L/;i/*'  =  const. 

et,  passant  des  logarithmes  aux  nombres, 

pv'^  ~  const. 

Olle  conïitante  est  déterminée  par  Tétai  initial;  on  a  donc 

c  c 

l/é(|ualion  (4),  donnée  pour  la  première  fois  par  Laplace('), 
exprime  une  loi  analogue  à  la  loi  de  Mariotte  et  nous  sera  dés- 
ornuiisd'un  grand  usage. 

tCOnLEMENT  D'UN  GAZ  FABFAIT.  —  Nous  considérons  un  gaz 
parfait  s'écoulant,  par  un  orifice,  d*un  récipient  oii  la  pression 

/'^  t.APLACF.,  Mécanique  céleste^  t.  V,  p.  1 53  et  suivantes. 

kVUaoUt  auquel  certains  auteurs  attribuent  cette  Tormule,  n'en  a  fourDJ 
N^u'uiio  vlouionstration  inexacte  {Mécanique  rationnelie,  t.  U,  p,  64,  elXIV'Ca- 
fiiv»  Uu  J^^urnai  </<r  r École  Polytechnique), 


ÉCOULEMENT  D'UN  GAZ  PARFAIT.  5i** 

tenue  constante  et  égale  à  ps,  dans  un  autre  récipient 
3Ssion  est  aussi  constante  et  égale  à  p^.  Les  deux 
s  sont  supposées  imperméables  à  la  chaleur»  et  Ton 
raction  du  frottement.  Dans  ces  conditions  le  gaz  se 
\  chaleur  constante,  c'est-à-dire"  de  telle  sorte  que 
n  (4)  est  toujours  vérifiée,  dans  tous  les  états  par 
passe  le  gaz  au  voisinage  de  ToriOce. 
sons  le  régime  uniforme  de  l'écoulement  établi,  et 
ons  une  masse  de  gaz  pesant  is*'  et  située  assez  loin 
PC  de  l'orifice  pour  être  à  la  pression  initiale /?i  :  elle 
in  volume  v\  et  sa  température  est/|.  Considérons  de 
I  masse  égale  de  gaz  en  avant  de  l'orifice  où  elle  pos- 
)ression  p-^,  la  température  I2  et  le  volume  t^a- D'après 
Lion  des  gaz  parfaits,  on  a  entre  les  données  initiale  et 
le  première  relation 

p\V\     __    pi  v^ 

ition  de  la  détente  à  chaleur  constante  fournit  une 

le  relation 

c  c 

ations  déterminent  complètement  le  volume  t'a  et  la 
ture   tî,  quand  l'état  initial  est   connu   et  que  l'on 


'2 


e  gaz,  chassé  à  travers  l'orifice,  acquiert  une  certaine 
le  translation  (ip^  qu'il  faut  aussi  déterminer.  A  cet  effet, 
iploierons  Féqualion  généralisée  du  travail,  en  remar- 
ue,  dans  le  cas  actuel,  la  quantité  de  chaleur  Q  fournie 
îrieur  et  le  travail  moteur  G  sont  nuls  l'un  et  l'autre 
)n  (34),  p.  4^**]-  L'équation  qu'il  faut  employer  est 

(U2-U0^i(F2-F0H-//?rfi^=o. 

s  termes  du  premier  membre  de  cette  équation  restent 

ainer. 

remier  lieu,  la  force  vive  initiale  ^Fi  du  gaz  est  nulle- 


52**  THERMODYNAMIQUE. 

et,  puisqu^il  possède  à  la  On  la  vitesse  de  translation  iv,  i^de 

gaz  acquiert  la  force  vive  iv^,  et  Ton  a  ^F2= 

Quant  à  la  variation  de  Ténergie  intérieure,  nous  admettrons 
que  la  chaleur  spécifique  c  ne  varie  pas  sensiblement  entre /i 
et  t2f  ce  qui  est  approximativement  exact,  quand  ces  deui 
températures  sont  peu  différentes.  Puisque  le  gaz  s'esi 
refroidi  de  /i  à  /a,  elle  est  égale  [équation  (Sa),  p.  4^**]  i 

Ua— U|  =  cE(^2  — /i). 

11  reste  enfin  à  évaluer  le  travail  extérieur /prfi'.  A  cet  eflei, 
considérons,  à  partir  deTorifice  0  d'écoulement,  deux  sections 
A  et  A'  (/?g-.  12)  au  delà  desquelles  la  pression  peut  être  consi- 

Kig.  la. 


B 


"P^  A      O       T  P,  B' 


dérée  comme  invariable.  Soient  AB  =  i'i  et  A' B' =1^5  les  vo- 
lumes occupés  en  arrière  de  A  et  en  avant  de  A'  par  des  masses 
de  gaz  de  I*^  Au  bout  d'un  temps  suffisant  la  masse  BA'se 
sera  transportée  en  AB',  et  le  travail  des  pressions  extérieures 
aura  pour  expression 

Puisque  l'clal  de  la  portion  commune  AA'  n*a  pas  changé, 
tel  est  le  travail  extérieur  correspondant  à  l'écoulement  de 
is*"  de  gaz. 

Ce  travail  est  susceptible  d'une  expression  encore  plus 
simple.  Soient /7o  et  Vo  la  pression  et  le  volume  de  i^"^  du  gaz 
à  zéro;  on  a,  d'après  l'équation  (26)  du  Chapitre  précédent, 

P'ii'l    —Poir^O    I     H-    ^1     =  y  (273    -+-    /a); 

et  de  même 

p.V2—pii'i=      '   ^        (t'2—  ti). 

Il  ne  reste  plus  qu'à  effectuer  les  substitutions  dans  Téqua- 
lion  (7);  on  a  définitivement 

C(/..  -  /i  )  4-  —  -H  (C  -  C)  {1-2- ti)  z=  o 


LIGNES  ADIABATÏQUES.  53** 

1 

\)  !l_=C(/,-/2). 

élimination  de  i^t  et  t^a  entre  les  équations  (5)  et  (6)  donne, 
)ur  déterminer  I2, 


m  ■ 


iand  /2  est  connu,  on  détermine  (v  par  Téquation  (8). 
En  supposant  /i  =  3o<»,  /?,  =  i»*™,5,  /?2  =  i'*™  et  en  expri- 
ant  ces  pressions  en  unités  C.G.S.,  on  trouve  iv  =  ^58™  par 
îcondeet  /2  =  — 4M*). 

Les  formules  qui  précèdent  sont  applicables  à  Texpérience 
î  MM.  Thomson  et  Joule,  décrite  dans  le  Chapitre  précédent. 

Ton  substitue  à  Torifice  d'écoulement  en  mince  paroi  un 
mpon  de  coton,  ou  tout  autre  corps  poreux,  à  travers  lequel 
effectue  la  transition  de  la  pression  /7|  à  la  pression  p2f  de 
lie  sorte  que  le  gaz  ne  puisse  prendre  qu'une  vitesse  d'écou- 
menl  insensible  w  =  o,  on  aura  ^2  =  /i  [équation  (8)]  et,  par 
lile, 

C'est  ainsi  que  les  choses  se  passeront  pour  un  gaz  parfait  :  un 
ermomètre  placé  au  delà  du  tampon  poreux  accusera  une 
mpérature  identique  à  la  température  t\  du  gaz  en  arrière  de 
orifice  d'écoulement.  Mais,  si  l'accroissement  de  volume  est 
compagne  d'un  travail  interne  appréciable  (gaz  réels),  la  tem- 
jrature  t^  sera  inférieure  à  ^1,  ainsi  que  nous  l'avons  constaté. 

UfiHES  ADIABATIAUES.  —  LIGHESISOTHEBMES.  —  Quand  un  corps 
détend  à  chaleur  constante,'  en  conservant  toujours  une 

ession  et  une  température  égales  à  celles  du  milieu  ambiant, 
point  figuratif  de  l'état  du  corps  décrit  une  ligne  connue 


[')  l'oir  Fbiot,  Théorie   mécanique  de  la  chaleur,   Paris,  Gaufbier-Villars. 
129;  1869. 


54**  THERMODYNAMIQUE. 

sous  le  nom  û'adiabaiique;  quand  il  se  détend  à  température 
constante»  le  point  figuratif  décrit  une  ligne  isotherme.  La 
forme  de  ces  lignes  dépend  de  la  nature  du  corps  considéré. 
Dans  le  cas  des  gaz  parfaits,  elles  ont  pour  équation 

c  c 

/?i''^=/?oi^  (adiabalique). 
pç  =:pQÇ^  (isotherme). 

La  première  de  ces  équations  représente  une  courbe  de  na- 
ture hyperbolique  RS  {Jlg*  i3)  qui  se  rapproche  plus  «rapi- 
dement de  Taxe  des  volumes  que  de  Taxe  des  pressions. 
Quand  le  point  figuratif  de  Tétat  du  gaz  se  déplace  sur 
cette  courbe  dans  le  sens  RS  des  abscisses  croissantes,  le  gaz 
exécute  un  travail  extérieur  positif  et  se  refroidit;  quand  le 
point  figuratif  se  déplace  en  sens  contraire,  le  travail  extérieur 
est  négatif  et  le  gaz  s'échauffe. 


^ig.  i3. 


Fig.  i4- 


•^•Iwortée. 


La  deuxième  équation  représente  une  hyperbole  équilalère 
(y/g".  i4)-  Quand  le  point  figuratif  se  déplace  sur  la  courbe 
isotherme  dans  le  sens  MN,  c'est-à-dire  quand  le  .volume  aug- 
mente, il  y  a  de  la  chaleur  absorbée  ;  quand  le  volume  diminue, 
il  y  a  de  la  chaleur  dégagée. 

Par  un  point  quelconque  M{fig,  i5)  du  plan  pOi',  passent 
toujours  une  ligne  isotherme  MNel  une  ligne  adiabatiqueRS; 
car,  à  partir  de  l'état  initial  caractérisé  par  le  point  figuratif  H, 
on  peut  toujours  concevoir  que  le  corps  considéré  éprouve 
une  transformation,  so'it  à  température  constante,  soit  à  chaleur 


MACHINES  THEftMlQUES.  55** 

• 

constante.  D'après  les  équations  des  deux  sortes  de  lignes,  on 
reconnaît  sans  peine  que^dans  le  cas  des  gaz,  toute  ligne  adia- 
batique  est  plus  inclinée  vers  Taxe  des  i^  que  la  ligne  iso- 
therme passant  au  même  point;  on  voit  de  même  qu'une  ligne 

Fig.  i5. 


adiabatique  donnée  rencontre  toutes  les  lignes  isothermes,  et 
inversement;  mais  que  deux  lignes  isothermes  ne  peuvent 
se  rencontrer  entre  elles,  non  plus  que  deux  lignes  adia- 
batiques. 


THEBinaUES.  —  Quand  un  corps  se  transforme  de 
façon  que  sa  pression  et  sa  température  demeurent  toujours 
égales  à  celles  du  milieu  ambiant,  le  (ravail  extérieur  produit 
est  représenté  en  grandeur  et  en  signe  par/y^rfc^.  La  tempéra- 
ture, la  pression  et  le  volume  varient  d'une  manière  continue 
d'après  la  relation  caractéristique 

et,  pour  chaque  transformation  infiniment  petite,  la  quantité  de 
chaleur  rfQ  absorbée  est  représentée  par 

dQ  =  cdt  -h  idi^. 

Toute  machine  thermique  doit  satisfaire  à  cette  condition 
qu'une  masse  déterminée  du  corps  serve  d'une  manière  conti- 
nue et  indéfînie  à  transformer  la  chaleur  en  travail.  Cela  n'est 
possible  que  si,  à  la  suite  d'une  série  convenable  d'opérations, 
le  corps  revient  à  son  volume,  à  sa  pression  et  à  sa  température 
primitives,  c'est-à-dire  éprouve  des   transformations  pério- 


56**  THERMODYNAMIQUE. 

diques;  le  point  figuratif  de  Tétat  du  corps  parcourt  une  ligne 
fermée  AMBN  {Jig,  i6)  caractéristique  du  cycle  fermé  f^t 
Ton  considère. 
A  une  révolution  entière  MBAM,  exécutée  dans  le  sens  de 

la  flèche,  correspond  la  production 
i,jg  ,fi.  d'un  travail  extérieur  égal  à  l'aire 

circonscrite  par  la  courbe.  Comme 
d'ailleurs  la  température  initiale  et 
la  température  fînale  ont  une  valeur 
'  identique,  puisque  Ton  est  revenu 
au  même  point  M,  la  quantité  to- 

taie  de  chaleur  absorbée  est  irans- 

"    "^  ^    •    formée  en  travail  externe,  c'est- 

à-dire  en  travail  utilisable. 
Remarquons  que,  si  l'on  mène,  à  la  courbe  MBA,  deux  tan- 
gentes parallèles  à  l'axe  des  p^  le  cycle  se  trouve  divisé  par  les 
points  de  tangence  A  et  B  en  deux  portions  AMB,  BNA,  telles 
que  dans  la  première  le  corps  exécute  un  travail  extérieur 
PAMBQ  et  dépense  de  la  chaleur  empruntée  soit  à  lui-même, 
soit  aux  corps  environnants  qui  peuvent  lui  en  céder;  tandis 
que  dans  la  seconde  il  exécute  un  travail  négatif  BQPAN,  en 
s'échaufîanl  lui-même  ou  en  cédant  de  la  chaleur  aux  corps 
voisins;  et,  puisque  le  corps,  parti  de  l'état  M  revient  en  M 
c'est-à-dire  au  même  volume,  à  la  même  pression  et  à  la 
même  température,  il  faut  en  définitive  qu'une  quantité  de 
chaleur  équivalente  au  travail  BQPAN  ait  été  empruntée  par 
lui  à  des  corps  chauds  et  cédée  à  des  corps  froids.  Ce  trans- 
port de  chaleur,  non  employée  à  effectuer  du  travail,  est  un 
phénomène  corrélatif  de  la  transformation  de  la  chaleur  en 
travail,  et  l'accompagne  nécessairement  (•). 

On  nomme  coefficient  économique  d'un  moteur  thermique 
le  rapport  de  la  quantité  de  chaleur  transformée  à  la  quantité 
totale  de  chaleur  empruntée,  pendant  la  durée  d'un  cycle 


(')  C'est  ce  que  Sadi  Carnot  a  reconnu  le  premier.  Il  compare  la  chute  de 
chaleur,  dont  une  machine  à  feu  est  le  si^ge,  à  la  chute  d*eau  qui  alimente 
une  maciiinc  hydraulique;  dans  un  cas  comme  dans  l'autre,  pas  de  chute, 
pas  de  travail  {Réjlexions  sur  la  puissance  motrice  du  feu;  Paris,  1824  )• 


CYCLES  RÉVERSIBLES  ET  NON  RÉVERSIBLES.   57** 

complet,  aux  sources  de  chaleur  qui  alimentent  la  machine. 
La  valeur  du  coefficient  économique  dépend  évidemment  de 
la  nature  du  cycle  parcouru. 

CTCLE8  BÉYER8IBLE8  ET  HOH  BÉVER8IBLES.  —  On  dit  qu'un  cycle 
est  réversible  quand  on  peut  supposer  indifféremment,  et  sans 
absurdité,  que  ce  cycle  est  parcouru  dans  le  sens  direct  ou 
dans  le  sens  rétrograde.  Il  ne  peut  en  être  ainsi  que  si  la  tem- 
pérature et  la  pression  du  corps  sont  à  chaque  instant,  et  à  des 
infiniment  petits  près.  Identiques  à  celles  du  milieu  ambiant  : 

I*  Le  corps  doit  toujours  se  trouver  en  relation  avec  des 
corps  dont  la  température  soit  égale  à  la  sienne;  supposons  en 
effet  que,  dans  le  cycle  direct  et  pour  un  déplacement  infini- 
ment petit  MM'  du  point  figuratif,  le  corps  absorbe  de  la  chaleur  ; 
il  faut  q^ue  la  température  V  du  milieu  ambiant  soit  supérieure 
à  la  sienne,  f^t.  Si  maintenant  nous  supposons  le  cycle  par- 
couru en  sens  inverse,  de  M' en  M,  le  corps  dégagera  de  la  cha- 
leur, ce  qui  exige  que  Ton  ailf<;/.  Quand  on  aura/=/', 
les  deux  transformations  pourront  s'effectuer,  Tune  ou  l'autre, 
en  attribuant  soit  au  corps,  soit  au  milieu  un  excès  de  tempé- 
rature infiniment  petit. 

1"*  La  pression  extérieure  p'  doit  à  chaque  instant  être  égale, 
à  un  infiniment  petit  près  à  la  pression  p  du  corps  (  '  )  ;  car,  si 
de  M  en  M' le  corps  augmente  de  volume,  on  a,  dans  le  cas  du 
cycle  direct,  p^p'  et,  dans  le  cas  du  cycle  inverse,  p  </?'•  La 
valeur /?=/;'  est  la  seule  qui  satisfasse  aux  deux  conditions 
imposées  pour  la  réversibilité  du  cycle. 

Une  même  courbe  fermée  de  forme  arbitraire  représente 
un  cycle  réversible  ou  non  suivant  que  les  conditions  t=ty 
p  z=p'  sont  ou  ne  sont  pas  réalisées.  Mais  le  travail  extérieur 
fp'dv  n'est  représenté  par  l'aire  fpdv  embrassée  par  la 
courbe  que  si p=p'  {^). 

Pour  qu'un  cycle  soit  réversible,  il  faut  encore  qu'il  ne  com- 


(*)  Nous  entendons  ici  par  pression  du^orps  la  pression  p  qui  maintien- 
drait le  corps  en  équilibre  sous  le  Tolume  v  et  la  température  t  qu*il  possède. 

(  ')  Si  p  difTèrc  de  p'j  on  a  nécessairement  p^  p'  pendant  que  le  corps  se 
détend^ /i'> /»  pendant  qu'il  se  comprime.  On  en  déduit  aisément  que  Taire 
fpdv  est  toujours  plus  (jraude  que  fp'dv» 


58**  THERMODYNAMIQUE. 

prenne  aucune  opération ,  telle  qu*un  frottement  par  exemple, 
qui  ne  serait  susceptible  que  de  dégager  de  la  chaleur  et  jamais 
d*en  absorber. 

CYCLE  DE  GABHOT.  —  CALCUL  DU  GOEmOEIIT  iCOIOMIiDE  DAIS  U 
CAS  D'UH  GAZ  PABFAIT.  —  On  nomme  (ycie  de  Carnot  (  *  )  un 
cycle  réversible  formé  de  deux  portions  d'isothermes  AB  et 
DC,  et  de  deux  portions  de  lignes  adiabatiques  BC  et  AD. 

Nous  allons  supposer  que  ce  cycle  est  parcouru  par  un  gaz 
parfait  dans  le  sens  ABCDA  {fig.  17)  et  nous  calculerons  la 
valeur  du  coefflcient  économique. 

Fig.  17. 


4fP,>«i) 


ap.T,) 


o 


1°  De  A  en  B  le  gaz  est  à  la  température  fixe  /i  ;  il  travaille 
en  empruntant  de  la  chaleur  à  une  source  à  ^,  par  exemple  à 
un  bain  liquide  de  masse  très  grande  par  rapport  à  celle  du 
gaz.  La  chaleur  absorbée  Qi  est,  en  désignant  par/?iri,  pi^'i 
les  valeurs  du  volume  et  de  la  pression  en  A  et  en  B, 


(')  Sadi  Carnot,  Réjlexions  sur  la  puissance  motrice  du  feu  et  sur  les  ma- 
chines propres  à  développer  cette  puissance;  Paris,  i8a^.  Ce  Mémoire  a  élé 
réédité  dans  le  tome  1"  de  la  a*  série  des  Annales  scientifiques  de  l'École 
Normale  supérieure. 


CYCLE  DE  CARNOT.  Sg** 

Puisque  la  ligne  AB  est  isotherme,  on  a  d'ailleurs 


par  suite, 


(10) 


p 


g/?o(^o  li4- 


i""  DeB  en  C  le  gaz  se  détend  sans  variation  de  chaleur;  et, 
puisque  son  volume  augmente,  il  se  refroidit  de  la  tempéra- 
ture /i,  qu'il  possédait  en  B,à  la  température  h  correspondant 
à  la  ligne  isotherme  DC. 

S""  De  C  en  D  le  gaz  parcourt  une  ligne  isotherme  dans  le 
sens  des  volumes  décroissants;  il  abandonne  aux  corps  envi- 
ronnants (par  exemple  un  bain  de  très  grande  masse  à  tem- 
•  pérature  t^)  une  certaine  quantité  de  chaleur  Q2,  que  Ton  cal- 
culera comme  précédemment.  Soient  773,  i^s,  /?4,  v\  les 
pressions  et  les  volumes  correspondant  aux  points  C  et  I);  on 
aura 

{10  bis)  Q^=È^<'«'<'('  +  ^)Lg- 

4®  Enfm  de  D  en  A  le  gaz  est  comprimé  sans  variation  de 
chaleur,  et  par  suite  il  se  réchauffe  de  la  température  tx  à  la 
température  initiale  /i. 

On  observera  que  les  volumes  et  les  pressions  (/?i,  ri), 
(/?2,  «^'2),  . .  •  sont  liés  par  les  relations 

c  c 

p^V2=PkV\, 
C  C 

p,v^^=p,v\, 
exprimant  que  les  quatre  transformations  ont  été  opérées,  la 


6o**  THERMODYNAMIQUE. 

première  et  la  troisième  suivant  la  loi  de  Mariolle,  la  deuxième 
et  la  quatrième  suivant  la  loi  de  Laplace. 
De  ces  quatre  équations  on  tire  (  •  ) 

(II)  El^P^. 

Pi     pz 

Le  coefTicient  économique  a  est,  par  définition, 

Q<  — Q2_\      ^7^/     P'i     \      '^iV     Pi 


X  :- 


Q 


\  ^73/        P2 

En  appliquant  la  relation  (11),  il  vient 

I     ti  —  /a 


a  = 


'1-4- 


273 
ou,  en  posant  T  =  273  h-  /, 

('2)  a=  ;p 

PoM/'  une  machine  à  gaz,  fonctionnant  d'après  un  cycle 
de  Carnoty  le  coefficient  économique  est  proportionnel  à  la 
chute  de  température  /i  —  ^2  =  T|  —  T2,  ^^  en  raison  inverse 
de  la  température  la  plus  haute  du  cycle  T, ,  comptée  à  partir 
de  273°  au-dessous  de  o^'C. 

PRINCIPE  DE  CABNOT.  —  Un  cycle  de  Carnol  peut  être  décril 
par  un  corps  de  nature  quelconque. 

Quand  une  machine  thermique  fonctionne  suivant  un 
cycle  de  Carnot,  le  coefficient  économique  propre  à  cette 
machine  est  égal  au  coefficient  économique  d'une  machine 
à  gaz  y  fonctionnant  aussi  suivant  un  cycle  de  Carnot,  dans 
le  même  intervalle  de  température. 


(  *)  II  suflit  de  multiplier  les  quatre  équations  membre  à  membre,  après  aToir 

C 
élevé  la  première  et  la  troisième  à  la  puissance  —  • 

c 


PRINCIPE  DE  CARNOT.  6i** 

Ce  principe,  énoncé  pour  la  première  fois  par  Sadi  Carnoi  (  •  ), 
avait  été  démontré  par  lui  a  priori  d^ns  Thypothèse  de  la  ma- 
térialité du  calorique  aujourd'hui  abandonnée.  Mais  il  con- 
vient de  remarquer  que,  dans  son  Mémoire,  Carnot  en  fournit 
aussi  un  certain  nombre  de  vérifications  expérimentales  (2). 
Il  montre  comment  on  peut  calculer  un  coefficient  écono- 
mique, indépendamment  du  principe  de  Téquivalence  qui  lui 
était  inconnu,  et  il  utilise  à  cet  effet  les  données  très  incor- 
rectes que  Ton  possédait  de  son  temps.  Il  compare  d'abord  les 
coefficients  économiques  a,  a  d'un  moteur  à  air  et  d'une  ma- 
chine à  vapeur  fonctionnant  entre  i*  et  o°  et  il  trouve 

^■-='»395,     -^  =  1,290, 
ce  ce 

valeurs  qui  ne  diffèrent  que  de  i^;  pour  deux  machines  à  va- 
peur d'eau  et  à  vapeur  d'alcool,  fonctionnant  entre  78«,7  et 
77°,  7,  il  trouve  encore 

—  ^^1,212,     — 7  =  i,23o, 
a  a 

valeurs  égales  à  3*^  près. 

Des  calculs  analogues  effectués  par  Sir  W.  Thomson  à  l'aide 
des  nombres  de  Regnault  ont  fourni  des  vérifications  beau- 
coup plus  précises,  mais  sur  lesquelles  il  est  inutile  d'in- 
sister, eu  égard  à  la  variété  et  à  la  multiplicité  des  confirma- 
tions a  posteriori  du  principe  de  Carnot  qui  trouveront  leur 
place  ci-après.  Nous  pouvons  donc  admettre  ce  principe,  in- 
dépendamment de  toute  vue  théorique,  comme  un  principe 
purement  expérimental. 

POSTULiTUM  DE  M.  GLAUSIUS.  ~  DÉMONSTRATION  OU'IL  A  FOUBUE 
DUPBINGIPEDE  GABNOT.  —  M.  Clausius  (')  fait  dépendre  la  dé- 


(*)  Sadi  Car^iot,  Bé/lexions  sur  In  puissance  motrice  du  feu  et  sur  la  ma- 
chines propres  à  la  développer  y  Paris,  1824. 

(')  Voir  Journal  de  Physique,  i'*  série,  t.  IX,  p.  SS-j. 

(')  Clausiu»,  Sur  une  nouvelle  forme  du  second  théorème  principal  de  la 
Théorie  mécanique  de  la  chaleur  {Annales  de  Poqgendorff,  t.  XCIU,  traduil 
dans  \q  Journal  de  Liouville,  t.  XX,  i855.) 


62**  THERMODYNAMIQUE. 

monstration  a prtori du  principe  de  Carnol  du  postulatum  sui- 
vant, qu'il  faul  alors  admettre  comme  un  fait  d'expérience  (  •  )  : 

7/  est  impossible  de  transporter  de  la  chaleur  d'un  corps 
froid  sur  un  corps  chaude  sans  dépense  extérieure  de  tra- 
itait, ou  sans  qu'en  même  temps  de  la  chaleur  soit  trans- 
portée d'un  corps  chaud  sur  un  corps  froid. 

Sans  rien  préjuger  sur  la  forme  des  lignes  isothermes  ou 
adiabatiques,  qui  nous  est  inconnue  dans  le  cas  général,  nous 
appellerons  toujours  cycle  de  Carnot  un  cycle  réversible  com- 
pris entre  deux  lignes  de  transformation  à  température  con- 
stante, et  deux  lignes  de  transformation  à  chaleur  constante. 

Soient  a  =   Ap — -  le  coefficient  économique  d'une  machine 

à  gaz  A  fonctionnant  suivant  un  cycle  de  Carnot,  a  le  coef- 
ficient d'une  machine  quelconque  B  fonctionnant  suivant  un 
cycle  de  Carnol  et  dans  le  même  intervalle  de  température.  Il 
faut  démontrer  que  (x  =  (x'. 

Accouplons  ensemble  les  deux  machines,  disposées  pour 
fonctionner  en  sens  inverse,  c'est-à-dire  de  telle  sorte  que, 
quand  le  point  figuratif  correspondant  à  l'une  de  ces  machines 
parcourt  le  cycle  dans  le  sens  ABCD  {fig,  17),  le  point  figu- 
ratif de  l'autre  se  meuve  dans  le  sens  DCBA,  et  réciproque- 
ment. L'une  des  machines  transforme  de  la  chaleur  en  travail 
et  transporte,  en  outre,  de  la  chaleur  d'une  source  chaude  sur 
une  source  froide;  l'autre  transforme  du  travail  en  chaleur,  el 
dépose,  sur  la  source  chaude,  de  la  chaleur  empruntée  en 
partie  à  la  source  froide.  Pour  une  même  machine  le  coeffi- 
cient économique,  c'est-à-dire  le  rapport  de  la  chaleur  trans- 
formée à  la  chaleur  totale,  demeure  évidemment  le  même, 
qu'elle  fonctionne  en  sens  direct  ou  en  sens  inverse. 

Quand  la  machine  quelconque  B  fonctionne  dans  le  sens  di- 
rect, elle  emprunte  à  la  source  à  température  ti  une  quantité 
totale  de  chaleur  Q,  fournit  un  travail  mécanique  a'EQ  et  res- 
titue une  quaniiié  de  chaleur  (i  —  a')Q  à  la  source  froide  à 
température  Aj. 


(')  f'oir  dans  la  Théorie  mécanifftie  Je  la  chaleur^  de  Verdel,  t.  l*',  p.  iji, 
le»  discussions  auxquelles  a  donné  lieu  l'introduction  du  principe  de  Clausiiis. 


DÉFINITION  DE  LA  TEMPÉRATUUE.  63** 

Quant  à  la  machine  A,  elle  reçoit  cette  quantité  de  chaleur 
(i  — a')Q,  transforme  en  outre  en  chaleur  une  quantité  de 

travail  égale  à  aE Q  et  dépose  le  tout,  c'est-à-dire  une 

I  —  a 

- ^ 

quantité  de  chaleur Q,  sur  la  source  à  température  ^. 

Un  cycle  complet  d'opérations  a  été  ainsi  exécuté  par  le  sys- 
tème des  deux  machines,  et  tous  les  corps  qu'il  comprend 
possèdent  à  la  Hn  une  énergie  égale  à  celle  qu'ils  possédaient 
au  début;  dans  ces  conditions,  il  est  impossible,  d'après  l'é- 
noncé de  ClausiuSy  qu'il  soit  passé  de  la  chaleur  de  la  source 
froide  sur  la  source  chaude  :  on  a  donc 


Q>  ^l^Z'^'J^ 


I—  OL 

ou 


Renversons  maintenant  le  sens  dans  lequel  fonctionnent  les 
deux  machines  et  répétons  le  raisonnement  précédent,  nous 
trouverons  de  même 


>  / 


Comme  rien  ne  s'oppose  au  renversement,  les  deux  conditions 
doivent  être  vérifiées  simultanément  et  l'on  a 


a  =  a'. 


DÉFINITION  DE  LA  TIMPÉBATUEE  AU  MOTEN  DU  PBINGIPE  DE  GABNOT . 
—  Admettons  que  nous  disposons  d'un  thermomètre  qui  nous 
permet  de  repérer  des  températures,  et  par  conséquent  de 
constater  leur  égalité  ou  leur  inégalité.  Nous  venons  de  dé- 
montrer que  le  coefficient  économique  d'une  machine  ther- 
mique fonctionnant  suivant  un  cycle  de  Carnot  entre  deux 
températures  constantes  t\  et  h  repérées  est  indépendant  de  la 
nature  de  l'agent  de  transformation.  Cette  démonstration,  con- 
tenue tout  entière  dans  le  paragraphe  précédent,  ne  suppose 
absolument  rien  sur  l'échelle  adoptée  pour  les  températures. 
Nous  sommes  donc  libres  de  faire  à  cet  égard  telle  convention 
que  nous  voudrons,  et,  puisque  le  coefficient  économique  du 


64**  THERMODYNAMIQUE. 

moteur  ihermique  que  nous  considérons  caractérise  absolu- 
ment Tintervalle  de  température  dans  lequel  ce  moteur  fonc 
tionne,  nous  pouvons  définir  cet  intervalle  par  la  relation 


a  ■ 

1 

e, 

e. 

ou  plus 

simplement 

(i3) 

0. 

• 

L'intervalle  de  température  de  Bi  à  82  est  ainsi  défini  comme 
le  rapport  de  deux  nombres  qui  représentent  des  quantités  de 
chaleur.  L'un  de  ces  nombres  est  arbitraire  ;  mais,  quand  on  lui 
a  assigné  une  valeur,  Tautre  est  entièrement  déterminé. 

On  peut  convenir  que  Tintervalle  0i  —  62  correspondant 
aux  températures  de  Teau  bouillante  et  de  la  glace  fondante 
sera  pris  arbitrairement  égal  à  100'*.  Une  expérience  faite  avec 
un  moteur  quelconque,  par  exemple  un  moteur  à  gaz  fonction- 
nant entre  ces  deux  températures,  donnera  la  valeur  du  coef- 
ficient économi(|ue 

f),  —  Ba        100 

li  en  résultera 

(i5)  e,  =373,     62=  9.'j3. 

L'échelle  de  température  ainsi  Cixée  coïncide,  dans  ces  li- 
mites, avec  l'échelle  centigrade  définie  à  l'aide  du  thermoraèlre 
à  air,  à  la  seule  condition  de  reporter  Torigine  des  tempéra- 
tures à  273°  au-dessous  de  zéro. 

L'échelle  de  température  ainsi  définie  est  Vécheiie  absolue. 
Les  températures  absolues  6  coïncident  avec  les  températures 
ï  données  par  le  thermomètre  à  air,  dans  les  limites  où  ce 
gaz  peut  être  considéré  comme  un  gaz  parfait.  Au  voisinage  du 
point  critique,  les  formules  qui  nous  ont  servi  à  calculer  le 
coefficient  économique  d'une  machine  à  gaz  n*onl  plus  de  va- 
leur, et  les  deux  échelles  cessent  de  coïncider.  Malheureuse- 
ment la  réalisation  rigoureuse  d'un  cycle  de  Carnot  et  la  me- 


CALCUL  DES  TEMPÉRATURES  ABSOLUES.         65** 

sure  des  coefficients  économiques  présentent  des  difficultés 
expérimentales  telles  qu'on  n'a  pas  essayé  de  mettre  en  pra- 
tique la  mesure  des  températures  fondée  sur  cette  déflni- 
tion. 

Un  intervalle  de  température  n'étant  qu'un  rapport,  la  tem- 
pérature est  indépendante  des  unités  fondamentales  C.  G.  S.  Ses 
dimensions  sont  toutes  nulles. 

CALCUL  DES  TEMPÉBATUBES  ABSOLUES  AU  MOTER  DES  TEMPÉRA- 
TUBES  OBDIHAIBES.  —  On  peut  se  proposer  de  transformer  les 
indications^  d'un  thermomètre  quelconque  pour  les  rapporter 
à  l'échelle  absolue.  On  y  parvient  par  la  méthode  suivante, 
indiquée  par  M.  Lippmann  (  *  ). 

Un  corps  quelconque  obéit  à  une  relation 

(i6)  F(/?,t^,/)  — o, 

établie  à  l'aide  d'un  thermomètre  donné,  par  exemple  le  ther- 
momètre à  mercure  ;  t  représente 
dans  cette  formule  la  température  Fîg.  18. 

indiquée  par  le  thermomètre,  nul-  ^* 

lement  la  température  absolue.  '        V/y^ 

Considérons  un  cycle  de  Carnot  '       h' V      ■* 

infmiment    petit   ABCD  (fig.    18)  j         i^c^, 
que  nous  supposerons  parcouru  par  je 

le  corps.    Le    coefficient    écono-  . > ' 


mique  est,   par  la  définition    des         o         p       «  / 

températures  absolues, 

(•7)  ^^"è'' 

il  reste  à  l'évaluer  en  se  servant  des  propriétés  du  corps  con- 
sidéré. 

La  quantité  de  chaleur  Qi  —  Q2  transformée  en  travail  est 
représentée  par  Taire  ABCD  du  cycle.  C'est  un  parallélogramme 


C)  LiPPMA!!!!,  Journal  de  Phjrsique,  a»  série,  t.  III,  p.  53  et  277  ;  1884. 
J.  et  B.,  ThermoJjrnamique,  —  II.  3*  fasc.  5* 


66**  THERMODYNAMIQUE. 

équivalent  au  parallélogramme  ABGH  formé  par  les  deux  por- 
tions des  isothermes  Afi,  CD  et  des  parallèles  à  Taxe  des  pres- 
sions. Ce  dernier  parallélogramme  a  pour  aire  PQ  X  AU;  mais 

(i8)  E(Q,-Q.,)=^(/^'rf/. 

Le  coefficient  différentiel  -4t  se  calcule  d'après  la  rormule(i6). 

D'autre  part,  la  quantité  de  chaleur  infiniment  petite  Qi  ab- 
sorbée le  long  de  Tisotherme  AB  est  donnée  par  la  formule  gé- 
nérale 

dQ  =  cdt-h/di\ 

dont  on  aura  déterminé  les  coefficients  c  et  /  par  des  mesures 
calorimétriques  relatives  au  corps  employé  et  à  Taide  du  même 
thermomètre  qui  a  servi  à  établir  la  formule  (i6).Commectf=o, 
on  a  simplement 

(19)  Qi  =  /rfr, 

ei  nous  trouvons,  pour  deuxième  expression  du  coefficient  éco- 
nomique, 

(20)  «^___^^__.  . 

Il  ne  reste  plus  qu'à  identifier  les  deux  valeurs  de  a,  (17^ 
et (20) 


(21) 
d'où 


(21)  8=00^  *"'•    '     . 

Comme  application  considérons  un  gaz  parfait  et  définis- 


r/e 

1> 

I   ot 

e 

E      /     ' 

r'àp 

(iGbîs) 


EXTENSION  DU  PRINCIPE  DE  CARNOT. 
sons  la  lempérature  t  à  Taide  de  ce  gaz.  On  a  alors 

dp  __  poVu 
dt  ~  273^ 


67- 


e=:eo^ 


(23) 


00        273  -4-/0        ïo 


log 


r»-»-/ 


00^     "»-^S 


Fîg.  19. 


D'après  cette  égalité,  nous  remplacerons  désormais  le  sym- 
bole 0  des  températures  absolues  par  T  =  273  -*-  t. 

EXTEH8I0N  DU  PBINGIPE  DE  CABIOT  A  UH  CTCLE  BÉYERSIBI.E  aUSL- 
CONfliUE.  —  Un  cycle  réversible  donné  peut  être  décomposé 
d'une  infinité  de  manières  en  deux  cycles  réversibles.  Joi- 
gnons deux  points  quelconques  A  et  C  de  la  courbe  figurative 

(fis-  '9)  P^''  ^^^  ligne  arbitraire 
AEC,  et  supposons  que  le  point 
figuratif  n'éprouve  sur  cette  ligne, 
comme  sur  le  reste  du  cycle,  que 
des  déplacements  correspondant  à 
des  transformations  réversibles,  ce 
qui  est  toujours  possible.  Astrei- 
gnons alors  le  point  figuratif  à  par- 
courir successivement  et   dans  le 

sens  des  flèches  les  deux  cycles  réversibles  CBAE,  CEAD; 
l'addition  des  deux  transformations  inverses  A£C,  CEA  n'in- 
troduit ni  production  de  travail,  ni  variation  de  chaleur. 
L'ensemble  des  deux  cycles  équivaut  donc  au  cycle  pri- 
mitif. 

Cela  posé,  considérons  un  cycle  réversible  quelconque 
(yîg-,  20)  et  décomposons-le  en  une  infinité  de  cycles  de  la  ma- 
nière suivante  :  menons  une  série  de  lignes  adiabatiques  infini- 
ment voisines,  telles  que  MP.  NQ,...  ;  par  les  points  d'intersec- 


68"  THERMODYNAMIQUE, 

lion  de  ces  lignes  et  de  la  courbequilimîlele  cycle  menons  des 
arcs  Mn,  Çip  de  lignes  isothermes,  de  manière  à  Tormer  des 
cycles  de  Carnot  infiniment  petits,  tels  que  VlnQp.  Le  cycle 
total  équivaut  à  l'ensemble  de  tous  les  cycles  de  Carnot  que 


nous  venons  de  créer,  auxquels  il  faut  encore  ajouter  les  pe- 
tits cycles  triangulaires  MNn,  /)QP,  compris  entre  une  ligne 
adiabatiqiie,  une  ligne  isotherme  et  la  courbe. 

Occupons-nous  d'abord  des  cycles  de  Carnot.  Pour  l'un 
d'eux  M  nQ/i,  désignons  par  dQ,  la  quantité  de  chaleur  fournie 
sur  l'isoiherme  supérieur,  par  dQ-  la  chaleur  restituée  le  lonp 
de  l'isotherme  inférieur.  Le  principe  de  Carnot  fournil  la  re 
lalion 

ou 

</0,       (AJ.  _„ 


On  aura,  pour  l'ensemble  de  tous  les  cycles  de  Carnot, 


m 


«,  '«.1 


ou,  en  étendant  la  sommation  aux  éléments  positifs  et  négatifs 
''Oi,  —  (^Qï  pris  ctiacun  avec  son  signe 


(^4) 


i 


EXTENSION  DU  PRINCIPE  DE  CARNOT.  69** 

Les  quanlités  de  chaleur  dQ  sont  celles  qui  sont  absorbées 
ou  restituées  le  long  des  petits  arcs  dMsotherme,  tels  que  M^i, 
Qp.  Mais  les  quantités  de  chaleur  absorbées  le  long  des  adia- 
batiques  étant  nulles  sur  chacun  des  éléments  dont  ces  lignes 
se  composent,  l'expression  (a4)  représente  aussi  la  somme  des 
quotients  obtenus  en  divisant  chaque  quantité  de  chaleur  dQ 
absorbée  le  long  des  éléments  de  tous  les  cycles  de  Carnot 
par  la  température  absolue  T  correspondante. 

Je  dis  que  la  proposition  exprimée  par  l'équation  (24)  subsiste 
encore  en  considérant  les  cycles  triangulaires,  tels  que  MN^i. 
Soit  dQ'  la  quantité  de  chaleur  absorbée  le  long  de  MN;  Tare 
N/i  appartenant  à  une  adiabatique,  la  transformation  corres- 
pondante n'est  accompagnée  d'aucune  variation  de  chaleur; 
enfin  le  long  de  nM  il  y  a  une  quantité  de  chaleur  restituée 
égale  kdQi,  Appliquons  le  principe  de  l'équivalence  :  puisque 
le  cycle  MN/i  est  réversible,  le  travail  effectué  est  mesuré  par 
Taire  MN^i;  il  est  l'équivalent  de  la  chaleur  totale  absorbée 

rfQ'-rfQ., 

E(rfQ'  — rfQ,)  =  aireMNw. 

Hais  Taire  MN/i  est  un  infiniment  petit  du  second  ordre;  elle 
s'évanouit  donc  à  la  limite,  et  Ton  a  simplement 

rfO'z=rfQ,. 

D'ailleurs  la  température  Ti  est  la  même  le  long  de  Tare  MN 
et  de  l'isotherme  Mn.  j  -^  est  donc  nul  pour  le  cycle  trian- 
gulaire considéré  et  pour  l'ensemble  de  tous  les"  cycles  trian- 
gulaires. 

Réunissant  alors  les  intégrales  fournies  par  tous  les  cycles 
des  deux  espèces,  on  a  pour  leur  ensemble 


W)  /f  =  o; 


mais  chaque  élément  des  lignes  auxiliaires  ayant  été  parcouru 
deux  fois  en  sens  contraire,  les  éléments -rp  correspondants 
s'annulent  deux  à  deux;  et  par  suite  l'intégrale  étendue  aux 


70**  THERMODYNAMIQUE. 

seules  quantités  de  chaleur  rfQ  absorbées  le  long  du  cycle  pri- 
mitif est  elle-même  nulle. 

L^équation  (24)  fournil,  dans  le  cas  le  plus  général,  Texpres- 
sion  du  principe  de  Carnot. 

CTGUSS  NON  BÉVEESIBLES.  —  Examinons  ce  que  devient  l'ex- 
pression 1  -rp  pour  un  cycle  non  réversible. 

D'abord  il  est  évident  que  la  démonstration  précédente  n'est 
plus  applicable,  car  les  cycles  triangulaires  MN/i  cessant  d'être 
réversibles,  le  travail  extérieur  n'aurait  plus  en  général  pour 
expression  Taire  du  cycle,  et  par  suite  on  n'aurait  plus  le 
droit  d'écrire 

I**  Un  cycle  n'est  pas  réversible  si  Tune  des  transformations 
élémentaires  qu'il  comprend  s'effectue  de  telle  sorte  que  la  pres- 
sion p  du  corps  soumis  à  la  transformation  diffère  d'une  quan- 
tité fmie  de  la  pression  extérieure/?' à  laquelle  il  est  soumis.  Sup- 
posons d'abord  que  le  cycle  soit  tel  que  le  corps  qui  se  trans- 
forme ne  puisse  acquérir  de  force  vive  sensible  (*)•  La  quantité 
de  chaleur  rfQ'  que  les  sources  extérieures  doivent  fournir  au 
corps  correspond  à  l'accroissement  de  son  énergie  intérieure  et 
au  travail  extérieur/?' ^^c  :  la  quantité  de  chaleur  correspondant 

à  ce  travail  esl  =  /?'rfr.  Si  l'on  considère  une  portion  du  cycle 

dans  laquelle  le  volume  augmente, on  a  nécessairement/?  >/?', 

et  Ton  a,  entre  la  quantité  de  chaleur  c?Q'  et  la  quantité  c/Q  qu'il 
aurait  fallu  fournir  au  corps  si  le  cycle  eût  été  réversible,  la 
relation 

r/Q'r=zrfQ,-g(/?-/?')rfi;; 


(')  Par  cxoniplo",  quuiid  un  j;az  se  détend  dans  une  capacité  vide  inexten- 
sible (expérience  de  Joule  ou  à  travers  un  corps  poreux  (expérience  de 
Thomson).  ♦ 


EXTENSION  DU  PRINCIPE  DE  CAUNOT.  71** 

on  a  donc 

rfQ'<rfQi. 

L'un  des  éléments  positifs  de  l'intégrale  j  -^  se  trouve  di- 
minué. Si  Ton  considère  une  portion  de  cycle  dans  laquelle 
le  volume  diminue,  on  a  nécessairement /;'>/?, 

et  Tun  des  éléments  négatifs  de  la  somme  se  trouve  augmenté. 
Dans  les  deux  cas  la  somme  diminue,  et,  puisqu'elle  était  nulle, 
elle  devient  négative 


r 


rp        ->^   O» 


Supposons  en  second  lieu  que  le  corps  puisse  acquérir  une 
force  vive  sensible  (•)  qu'il  perdra  nécessairement  dans  une 
autre  phase  de  sa  transformation,  puisque  nous  ne  considé- 
rons que  des  cycles  fermés.  Pour  traiter  ce  cas,  remarquons 
que  l'expression  générale  de  la  quantité  de  chaleur  nécessaire 
pour  produire  une  transformation  élémentaire  d'un  corps 

dQ  =  cdt'i-ldu 

ne  peut  dépendre  des  circonstances  extérieures,  mais  seule- 
ment de  la  transformation  elle-même.  Elle  est  donc  invariable, 
que  le  cycle  soit  réversible  ou  non  ;  mais  cette  quantité  dQ 
peut  être  empruntée  à  l'énergie  libre  du  corps  aussi  bien  qu'aux 
sources  extérieures.  Par  exemple,   si  p>p'9   une  portion 

-T^ip—  p')d{f  de  dQ  se  transforme  en  force  vive  sensible,  et  la 

Ci 

quantité  de  chaleur  fournie  par  la  source  extérieure  ne  se 
trouve  pas  modifiée.  Mais  cette  force  vive  sera  de  nouveau 
transformée  en  chaleur  soit  en  présence  d'une  source  chaude, 
et  alors  la  quantité  JQi  à  fournir  par  cette  source  sera  moindre 
que  si  le  cycle  était  réversible,  ou  en  présence  d'une  source 
froide,  et  alors  la  quantité  —  rfQa  fournie  à  cette  source  sera 


(*)  Par  exemple,  un  (jaz  comprimé  s'écoule  en  refoulant  un  piston  avec  une 
vitesse  croissante. 


;:***  THERMODYNAMIQUE. 

plus  grande.  Dans  les  deux  cas,  Tintégrale  /  -^  appliquée  aux 

quantités  de  dialeur  fournies  par  les  sources  se  trouve 
diminuée.  On  a  donc 


S 


r<°- 


'x°  Un  cycle  n'est  pas  réversible  si  Tune  des  transformations 
élémentaires  dont  il  se  compose  s'effectue  de  telle  sorte  que  la 
température  T  du  corps  diffère  de  la  température  T'  du  milieu. 
La  quantité  de  chaleur  à  fournir  au  corps  le  long  d'un  élé- 
ment de  cycle  n'est  pas  modifiée  par  cette  circonstance,  et  l'on 
a  encore 


/ 


-7^-  =  O. 


Mais  on  prend  d'ordinaire  la  température  du  milieu  pour  celle 
du  corps  lui-même.  Alors,  si  l'élément  de  cycle  appartient  à  une 
période  d'absorption  de  chaleur,  on  a  forcément  T'>T,  et,  en 
substituant  T' à  T,  on  diminue  l'élément  positif  d'intégrale  cor- 
respondant. Inversement,  si  l'élément  de  cycle  appartient  à 
une  période  de  dégagement  de  chaleur,  T'<T,  et  l'on  aug- 
mente rélémenl  négatif  d'intégrale;  par  suitei 


3**  Enfin  un  cycle  n'est  pas  réversible  s'il  comprend  une  ac- 
tion mécanique,  telle  que  choc,  frottement,  etc.,  qui  dégage 
nécessairement  de  la  chaleur.  Celle-ci  s'ajoute  à  la  chaleur 
fournie  par  la  source  chaude,  ou  se  retranche  de  la  chaleur 
absorbée  par  la  source  froide,  pour  produire  la  transformation 
du  corps.  La  quantité  de  chaleur  rfQ  fournie  par  la  source  exté- 
rieure est  donc  diminuée  pour  les  éléments  positifs  de  Tinlé- 
grale  ou  augmentée  pour  les  éléments  négatifs.  On  a  donc 
encore 


/ 


COEFFICIENT  ÉCONOMIQUE.  73** 

En  résumé,  pour  un  cycle  réversible  ou  non,  on  ne  peut  avoir 


/ 


~Tj^     >0. 


La  valeur  maximum  de  cette  somme  est  égale  à  zéro. 

CdErncnSHT  ÉCONOinaUE.  —  La  quantité  f  -7^  est  la  somme 

d'un    nombre    pair    d'élémenls  -7^»  — =7-^  et   nous   avons 

ii  I2 

montré  que,  pour  tout  cycle  réversible  élémentaire,  on  a 

rfQi  _  ^2  ^ 
Ti         Ta       "^ 

et,  pour  tout  cycle  non  réversible, 

ïi         Ï2  - 
c'est-à-dire 


(25) 


Ç?02>T2 


Le  coefficient  économique  élémentaire,  c'est-à-dire  relatif  à 
l'un  des  cycles  infiniment  petits,  est 

rfQ«-rfQ2  _  T^^_T2 
rfQ,        "■      T, 

si  le  cycle  élémentaire  est  réversible,  et,  s'il  ne  l'est  pas, 

rfQi-rfQ2  _        dQ2.        Ta 

d'après  l'inégaliié  (25).  Ainsi 

rfQ,  ti      ' 

c'est-à-dire  que  le  coefficient  économique  d'un  cycle  infini- 
ment petit  qui  n'est  pas  réversible  est  inférieur  ou  au  plus  égal 
au  coefficient  économique  du  cycle  réversible  correspondant. 


74**  THERMODYNAMIQUE. 

Le  coefficient  économique  d'un  cycle  fermé,  réversible  ou 
non,  sera 

Pour  un  cycle  non  réversible /rfQi  est  plus  pelil  ou  /dQi 
plus  grand  que  pour  le  cycle  réversible  limité  par  la  même 
courbe;  le  coefficient  économique  du  cycle  non  réversible  e$i 
donc  au  plus  égal  à  celui  du  cycle  réversible  correspondant. 
Le  coefficient  économique  de  ce  dernier  est  intermédiaire  aui 
coefficients  économiques  maximum  et  minimum  des  cycles 
de  Carnot  infiniment  petits  dans  lesquels  on  peut  le  décom* 
poser;  il  est  inférieur  ou  au  plus  égal  au  coefficient  éco- 
nomique 

calculé  au  moyen  des  températures  extrêmes  9i  et  9^  entre 
lesquelles  le  cycle  se  trouve  compris. 

Le  cycle  de  Carnot  est  donc  caractérisé  par  le  coefficient 
économique  maximum  que  ron  puisse  obtenir  entre  ks 
limites  de  température  qui  comprennent  le.  cycle. 

OITROPIE.  —  Nous  avons  vu  que  la  quanlilc  de  chaleur  c/Q 
qu'il  faut  fournir  à  un  corps  pour  lui  faire  subir  une  lransfo^ 
malion  infiniment  petite,  réversible,  n'est  pas  une  différentielle 

exacte.  Au  contraire,  -^  ^st  une  différentielle  exacte,  puisque 

pour  tout  cycle  fermé  réversible   /  -rjr  =  o.  Entre  deux  points 

donnés  A  et  B  d'un  cycle,  celle  quantité  est  donc  entière- 
ment définie  par  les  limites  de  la  sommation  :  elle  ne  dépend 
pas  du  chemin  suivi  pour  opérer  la  transformation  du  corps. 
Posons 

(2b)  'Y  =  dbf 


(27) 


j-^-S. 


FONCTION  CARACTÉRISTIQUE.  76** 

La  fonction  S  dont  la  différentielle  est  -^  a  été  désignée  par 

M.  Clausius  sous  le  nom  d'entropie. 

Pour  exprimer  le  principe  de  Carnot,  on  pourra  exprimer 

la  quantité-—  au  moyen  de  deux  variables  indépendantes  Xy 

y  caractérisant  l'état  du  corps.  On  aura  alors 

(28)  ^^Adr-t-Brfr, 

A  et  B  étant  deux  fonctions  de  x  et  de  y^  telles  que  -rp 
soit  une  différentielle  exacte.  On  doit  donc  avoir 

^'^^  dy^  dx 

Cette  dernière  équation,  exprimant  que  -~  est  une  différentielle 

exacte,  exprime  donc  aussi  le  principe  de  Carnot.  Nous  ferons 
de  fréquentes  applications  de  cette  méthode,  due  à  M.  Lipp- 
mann. 

FOHGTIOH  GABAGTÉBISTiaUE.  —  Nous  avons  désigné,  sous  le 
nom  d énergie  interne  (p.  3i),  la  fonction  U  dont  la  diffé- 
rentielle est 

• 

(3o)  rfU  =  ErfQ -  rfG  =  ErfQ  —pdv. 

D'autre  part,  nous  avons  posé 

on  a  donc 

rfQ=  l(rfU-h/?(/i^)  =  Tc?S. 

La 

En  ajoutant  S  dt  aux  deux  membres  de  cette  équation,  il  vient 

^  (  JU -+- /;  rft') -h  S  c?^=c/{TS) 


76**  THERMODYNAMIQUE, 

ou  encore 

(3i)  sdt^^pdv^dlrs-^^y 

Le  second  membre  de  cette  équation  est  une  difTéreniielle 
exacte;  il  en  est  donc  de  même  du  premier.  Posons 

(3^)  H=TS-H, 

nous  aurons 

(33)  dU=zSdt-\-r^pdi\ 

M.  Massieu  a  donné  à  celte  fonction  H  le  nom  de  fonction 
caractéristique  du  corps.  On  peut  en  effet,  au  moyen  de  celte 
fonction  et  de  ses  dérivées  partielles,  exprimer  tous  les  coeffi- 
cients mécaniques  et  calorifîques  qui  appartiennent  à  ce  corps. 

L'entropie  S  est 

(34,  s=f. 

I 

La  pression  /?,  déterminée  comme  fonction  du  volume  et  de  la 
température,  est  de  même 

l'énergie  inlerne  sera  donnée  par  la  relation 

(36)  ^^TS-H=T^-H. 

Enfin  les  chaleurs  spécilique's,  les  coefficients  de  dilatation  et 
de  compressibililé,  fonctions  liées  les  unes  aux  autres  pa^lei^ 
relalionsque  nous  avons  indiquées  précédemment  (i;o/r p. a5u 
sont  aussi  susceptibles  d'expressions  que  le  lecteur  trouvera 
sans  peine,  et  qui  ne  renferment  que  la  fonction  H  et  ses  dé- 
rivées du  premier  et  du  second  ordre. 

En  prenant  p  et  ^  (au  lieu  dé  v  et  t)  comme  variables  indé- 
pendantes, on  obtient  l'expression  d'une  deuxième  fonction 
caractéristique  II',  qui  peut,  dans  certains  cas,  remplacer 
utilement  la  première. 


LIGNES  ADIABATIQUES  ET  ISOTHERMES.        77** 

PBOPBIÉTÉ  fttHÉRALE  DES  UftNES  ADIABATiaUES  ET  DES  UftlES  ISO- 
rHEBHBS.  —  On  a,  pour  toute  transformation  réversible. 

L'équation 

c/S  =  o 

appartient  à  une  ligne  de  transformation  sans  absorption  ni 
dégagement  de  chaleur  :  c  est  Téquation  générale  des  lignes 
adlabatiques.  Chacune  d'elles  est  caractérisée  par  une  valeur 
constante  particulière  de  Tentropie  S. 

De  même  les  lignes  isothermes  ont  pour  équation  cTT  =  o 
ou  T  =  const. 

Les  lignes  isothermes  sont  essentiellement  distinctes  des 
lignes  adiabatiques;  car,  pour  que  T  =  A*  et  S  =  /r'  représen- 
tassent la  même  ligne,  il  faudrait  que  T  fût  fonction  de  S,  et 
alors  {/Q  serait  une  différentielle  exacte,  ce  qui  n'est  pas. 

Donnons  à  S  l'accroissement  fixe  dS,  à  T  Taccroissemenl 
rfl;  le  plan  figuratif  de  Tétat  du  corps  se  trouvera  divisé  par  les 
deux  systèmes  de  lignes  S  =  const.,  T  —  const.,  en  parallélo- 
grammes infiniment  petits.  Considérons  en  particulier  un  de 
ces  parallélogrammes;  pour  faire  parcourir  au  corps  le  cycle 
de  Carnot  qu'il  représente,  il  faut  lui  fournir  une  quantité  de 
chaleur 

(T-+-riT)rfS-TrfS  =  rf^rrfS. 

Le  travail  effectué  est  E  cTr  dS  et  représente  précisément  Taire 
du  parallélogramme,  qui  est  une  constante  puisque  dT  et  dS 
sont  supposés  constants  ;  ainsi  les  deux  systèmes  de  lignes  di- 
visent le  plan  figuratif  en  parallélogrammes  équivalents  infini- 
ment petits  (<).  Celle  propriété  est  une  expression  géomé- 
trique très  simple  des  deux  principes  fondamentaux  de  la 
Théorie  de  la  chaleur. 

aUAHTITÉS  HtCESSAIBES  POUR  DÉFUIIR  GOMPLÈTEMERT  UH  GOBPS 
âU  POm  DE  VUE  MÉCAHiaUE.  —  Nous   supposerons  connues  : 


(*)  Macricb  Létt,  Comptes  rendus  de  l'Actidémie  des  Sciences ^  t.  LXXXIV 
p.  4Î2  et  491;  1877. 


78**  THERMODYNAMIQUE. 

1°  la  relation  entre  la  pression,  la  température  et  le  volume, 

(i6)  F(/7,^,0  =  o. 

2<^  la  chaleur  spécifique  C  à  pression  constante,  pour  toutes  les 
températures.  Nous  allons  montrer  que  la  connaissance  de  ces 
deux  éléments  suffit  pour  déterminer  complètement  la  fonction 
caractéristique  H. 
On  a 

(37)  dS:^^=^dt^^dp, 

et  cette  quantité  doit  être  une  différentielle  exacte.  Il  eo  ré- 
sulte 
._.  h      dh      r)C 

D'autre  part,  on  a 

l  d{i-Y.dQ-dB=I.d(i-p'^^dt- p^dp 


et  cette  quantité  doit  encore  être  une  différentielle  exacte.  H 
en  résulte 

dh      dC I  ^(^ 


(4o) 

et,  d'après  (38), 

(4') 


h I  dv 

t  "■  É  Tt 


(4?0  dS=:^^dt-h^-^^dp. 

En  différentiant  (40»  on  trouve  encore 

dh  _   i^dv       T    d'^v- 

et  celte  relation  combinée  avec  (4o)  donne 

d/?  ""  E  ôt^  ' 


DÉFINITION  MÉCANIQUE  D  UN  CORPS.  79** 

à  Taide  de  celle-ci  on  pourra  déierminer  les  valeurs  de  G  cor- 
respondanl  à  une  pression  quelconque  pour  une  valeur  donnée 
de  la  température,  pourvu  que  Ton  connaisse  la  valeur  Co  de 
G  pour  la  même  température  et  pour  une  valeur  particulière 
de  la  pression 

Il  suffit  donc,  pour  calculer  c/S,  de  connaître  la  valeur  Co  de 
G  pour  toutes  les  températures. 
Connaissant  e/S,  on  déterminera  H  par  les  relations 

La  fonction  H  se  trouve  déterminée  par  ses  deux  dérivées  par- 
tielles. On  sait  déjà  qu'on  peut  tirer  de  cette  fonction  H  tous 
les  coefficients  mécaniques  et  calorifiques  qui  caractérisent  un 
corps. 


8o**  THERMODYNAMIQUE. 


CHAPITRE  IV. 

APPLICATION  DES  PRINCIPES   FONDAMENTAUX 
DE  LA  THÉORIE  MÉCANIQUE  DE  LA  CHALEUR. 


I.  Application  à  un  corps  quelconque;  calcul  de  /  et  de  //. —  Effets  ther- 
miques de  la  compression.  —  Application  aux  gaz.  —  Chaleur  spéci- 
fique des  liquides  à  volume  constant.  —  Élasticité  de  traction.  — 
Propriétés  particulières  du  caoutchouc. 

II.  Application  des  principes  de  la  Théorie  mécanique  de  la  chaleur  aux 
changements  d*état.  —  Chaleur  latente  de  vaporisation.  ~  Chaleurs 
latentes  externe  et  interne. —  Chaleur  spécifique  des  vapeurs  saturées; 
interprétation.  —  Densité  de  la  vapeur  saturée.  —  Existence  du 
point  et  de  la  pression  critiques.  —  Vapeurs  surchauffées.  —  Influence 
de  la  pression  sur  la  température  de  fusion.  —  Influence  de  la  tem- 
pérature sur  la  valeur  de  la  chaleur  latente  de  fusion. 

III.  Application  des  principes  de  la  Théorie  mécanique  do  la  chaleur  aux 
pliénomènes  de  la  dissolution  :  i^  cas  des  gaz;  2*"  cas  des  solides. 


Pour  appliquer  les  principes  fondamentaux  de  la  Théorie 
mécanique  de  la  chaleur,  nous  aurons  uniformément  recours 
à  la  méthode  suivante,  employée  par  M.  Lippmann.  Nous 
exprimerons  la  variation  élémentaire  de  l'énergie  interne 

et  celle  de  Tenlropie 

au  moyen  de  deux  variables  indépendantes,  et  nous  exprime- 
rons que  rfU  elrfS  sont  des  différentielles  exactes.  La  première 
de  ces  deux  conditions  exprime  le  principe  de  l'équivalence, 
la  seconde  le  principe  de  Carnoi. 


APPLICATION  A  UN  CORPS  QUELCONQUE.         8i** 

I. 

APPUGATIOH  A  UH  GOBPS  aUELGOliaUE.  —  CALCUL  DE  /  ET  DE  /{.  — 
Appliquons  d'abord  ces  deux  principes  à  un  corps  quelconque 
défini  par  la  relation 

et  prenons  pour  variables  indépendantes  la  température  et  le 
volume.  On  a 


(^) 

dQ^cdt-hldi^, 

(3) 

d^—pdv; 

doù 

(4) 

d\]  —  Ecdt-h{Ei--p)i 

(5) 

dS-^^dt-^^di^. 

Les  deux 

conditions  d'intégrabilité  sont 

(6) 

(âc      di\           dp 
\()r       âl)           01 

(7) 

de       dl             l 
ùv       àt            T 

Divisant  membre  à  membre,  on  en  tire 

<8) 

ïdp 

qui  permettrait  de  calculer  /,  si  Ton  connaissait  la  relation  (i). 
En  désignant  par  [3  le  coefficient  de  dilatation  sous  volume 
constant,  on  a  (p.  22) 

^      p  àt 
par  suite, 

(9)  /  =  ÎT/;(3. 

J.  et  B.,  Thermodynamique.  —  II.  3*  fasc.  6* 


82**  THERMODYNAMIQUE. 

Malheureusement  le  coefficient  (3  n'est  directement  accessible  ' 
à  Texpérience  que  dans  le  cas  des  gaz;  mais  nous  avons  aussi 
démontré  (p.  11)  la  relation 

(10)  (X=p^iJ., 

dans  laquelle  a  représente  le  coefficient  de  dilatation  sous 
pression  constante,  /x  le  coefficient  de  compressibiliié,  quan- 
tités mesurables  Tune  et  Tautre.  En  remplaçant  le  produit /7j3 
par  sa  valeur  dans  (9),  on  a  définitivement 

(n)  /=^ï?. 

Cette  formule  permettra  le  calcul  numérique  de  /. 
On  peut  de  même  calculer  le  coefficient  h  de  la  formule 

dQ  =  C  di -\- fidp, 

par  l'application  directe  des  deux  principes  de  la  Théorie  mé- 
canique de  la  chaleur;  mais  il  revient  au  même  de  se  servir  de 
la  relation 

(12)  /t=r/^-. 


démonlrée  page2J.  On  a 


Or 


et  par  conséquent (• ) 


(i3)  /i  =  —  pTco^. 


(')  Kn  so    fondant  sur  le  principe  de  Carnot,  Clapeyron    [Mémoire  sur  la 
puissance  motrice  delà  chaleur  [Journal  de  V École  Poljtcchniquey   i.^'Qiliior, 
i83'{)]  avait  démontré  la  l'ormulo 

h  ~  — Ar^a, 

T 

qui  ne  diffère  de  la  formule  (i3)  que  par  le  remplacement  de  -  par  une  fonc- 

tion  inconnue   A.   Se  fondant  ensuite  sur   des  expériences   de  Dclaroche  et 


EFFETS  THERMIQUES  DE  LA  COMPRESSION.     83** 

Celle  dernière  formule  permel,  comme  on  le  voil,  le  calcul 
direct  de  //  ('). 

EFFETS  THEBMiaUES  DE  LA  GOMPEESSIOH.  —  Quand  on  com- 
prime un  corps  sans  variation  de  chaleur,  on  i,  entre  les  va- 
riations élémentaires  de  la  température  et  de  la  pression,  la 
relation 

(i4)  Cdt-h/idp  =  o. 

L'expérience  enseigne  d^ailleurs  que  réchauffement  d*un 
corps  que  Ton  comprime  est  toujours  extrêmement  petit;  la 
relation  (i4)  peut  donc  être  étendue  à  un  accroissement  fmi 
de  la  pression  dp  et  à  la  variation  de  température  dt  corres- 
pondante. 

(i5)  /i  =  -^c~. 

ùp 

Mais  l'application  des  principes  de  la  Théorie  mécanique  de 
la  chaleur  nous  a  fourni,  d'autre  part,  la  relation 

T 

(i3)  h  =  —-ri^oa. 


dk 
Bcrard,  Clapeyron  évalue  -— >  pour  r  —  o,  à  o,oo?565.  En  réalité, 

-—  -^  —    -  0,0023a. 
Ot         E 

L'évaluation  de  Clapeyron,  obtenue  indépendamment  du  principe  de  l'équi- 
vulence,  qui  n'avait  pas  encore  été  formulé,  est  donc  très  voisine  de  la  vérité. 

La  forme  de  A  a  été  explicitée  pour  la  première  fois  par  Sir  William 
l'homson. 

(';  Pour  les  cjofficients  de  la  formule 

on  obtient  les  dc;ix  relations 

^  _  (M  _    »A^_.<^\ 
dp        dv       T  \     dp         dv)  ' 
d'où 

T\     dp  dt)  '         ^'     a»'„       /»/3  "  E* 


84**  THERMODYNAMIQUE. 

Égalant  les  deux  valeurs  de  h,  on  trouve 


it=iVQT  -^^ip^ 


a 
ËC 


ou,  en  désignant  la  densité  du  corps  à  zéro  par  po, 


(16) 


''^^VJ^'P' 


EC 


L'expression  (16)  de  l'échauffemenl  (*)  ne  contient  que  des 
quantités  directement  mesurables  et  peut  être  soumise  au 
contrôle  de  l'expérience. 

Dans  ce  but,  Joule  (*)  a  réalisé  une  série  d'expériences 
très  délicates  sur  la  chaleur  développée  par  une  compression 
brusque  dans  Teau  ou  Thuile  de  baleine.  L'élévation  de  tem- 
pérature était  mesurée  à  Taide  d'une  pile  thermo-électrique, 
dont  Tune  des  soudures  était  plongée  au  sein  du  liquide  com- 
primé, tandis  que  l'autre  étailen  relation  avec  un  galvanomètre 
assez  sensible  pour  permettre  d'apprécier  une  variation  de 
température  de  jj^  de  degré  C.  Voici  les  résultats  de  ces  ex- 
périences : 


Huile 
do  baleine. 


Eau 


Presiiiun 

Tcmprralu^e 

par 

inlUale 

cenllmètre  carré. 

du  Uquide. 

8,19 

0 
16,00 

16,17 

17,29 

26,19 

16,27 

'      26,19 

I  ,20 

i 

5,00 

\      " 

11,69 

1 

18,00 

" 

3o,oo 

f    '<',>; 

31,3; 

» 

4o,io 

0/ 


obserTc. 


o 


calculé. 


0,0792 

o,o8S6 

0,1686 

0,1758 

0,2633 

0,283- 

--0,0071 

— o,oo83 

-t-0,002I 

-r-o,oo4  4 

-^0,0197 

-^0,0205 

-î-o,o333 

-r-o,o3r2 

-  -o,o563 

— 0,0544 

-+-o,o353 

-^0,0394 

-4-0,0476 

-+-0,0  î5o 

(')  Elle  est  due  h  Sir  AVilIiani  Thomson,  Proceedings  of  the  Royal  Society, 
t.  vm,  p,  56G;  1857. 

C)  Joule,  Philosophical  Transactions,  t.  CXLIX,  p.  i33;  1859.  Réimprimé 
duns  la  collection  des  Mémoires  de  Joule,  publiée  par  la  Société  de  Physique 
de  Londres,  t.  1,  p.  '474. 


APPLICATION  AUX  GAZ.  85** 

L'accord  du  calcul  el  de  l'observation  est  remarquable.  Il  y 
a  lieu  d'observer  que,  d^  étant  proportionnel  au  coefficient  vrai 
de  dilatation  qui  est  nul  à  la  température  du  maximum  de 
densité,  la  chaleur  développée  par  la  compression  de  Teau  doit 
être  nulle  à  4"*  ^i  négative  au-dessous  de  cette  température. 
C'est  en  effet  ce  que  montre  le  Tableau  précédent. 

APPLICATION  AUX  ftAL  —  En  rapprochant  l'une  de  l'autre  les 
formules 


\di       dv)'^  dt 


fournies  respectivement  par  l'application  du  principe  de  l'é- 
quivalence et  du  principe  de  Carnot,  on  trouve  aisément 

Si,  pour  une  substance,  la  chaleur  spécifique  cest  indépen- 
dante du  volume  et  dépend  seulement  de  la  température, 

^  =  "' 

/^=/(^OT+/i(r). 

Pour  chaque  valeur  donnée  du  volume,  la  variation  de  la 
pression  est  proportionnelle  à  celle  de  la  température.  C'est  ce 
qui  a  lieu  en  particulier  pour  les  gaz  parfaits,  pour  lesquels 

RT 

On  voit  qu'il  n'est  pas  indispensable  que  la  chaleur  spécifique  c 
soit  indépendante  de  la  température.  D'après  MM.  Mallard  et 
Le  Châlelier  (*)>  Ja  chaleur  spécifique  des  gaz  croît  avec  la 
température,  de  telle  sorte  que  pour  les  gaz  permanents  elle 
serait  à  2ooo<»  les  \  de  ce  qu'elle  est  à  la  température  ordinaire. 

(*)  yiKLLkKii  eiLz  Cu.kiiA.VLti^  Journal  de  Ph)sique,  2*  série,  1. 1,  p.  i8a;i88a. 


86**  THERMODYNAMIQUE. 

Celle  variation  esl  parfaitement  compatible  avec  la  formule  (17) 
el  avec  les  principes  de.  la  Théorie  mécanique  de  la  chaleur  :  ce 
qui  reste  invariable  pour  les  gaz  parfaits,  c'est  la  différence 
C  —  c. 

CHALEUR  SPÉCmaUE  DES  UaUIDES  A  VOLUME  GOHSTAHT.  —  Cet 

élément,  qui  ne  paraît  guère  susceptible  de  mesure  directe, 
peut  être  évalué  par  le  calcul,  en  se  fondant  sur  les  relations 
démontrées  dans  les  paragraphes  précédents.  On  a  (p.  ^5) 

(18)  c  =  C-/$,  =  C-/i^oa. 

al 

Il  suffit  de  remplacer  /  par  sa  valeur  (i  i)  pour  obtenir  une  ex- 

Q 

pression  d'où  Ton  lire  le  rapport-» 

('9)  ~" 


c       ECjtx  — Tt^oa*'' 
Pour  le  mercure  on  trouve 

c 


c     =''•»' 


el,  pour  Feau  à  zéro, 

C 

-  rrr   I  ,  OOI I  . 
C 

A  4"*  les  deux  chaleurs  spécifiques  de  Teau  sont  égales. 

ÉLASTICITÉ  DE  TRAGTIOH.  —  Jusqu'ici  nos  formules  supposent 
que  la  pression  demeure  uniforme  sur  toute  la  surface  des 
corps;  mais  on  peut  calculer  réchauffement  posilif  ou  négalif 
qui  accompagne  la  traction,  exercée  seulement  dans  un  sens, 
à  l'aide  d'une  formule  analogue  à  la  formule  (16). 

Remarquons  que  l'état  d'un  corps  solide,  auquel  on  a  donné 
la  forme  d'une  barre  prismatique,  peut  être  caractérisé  par  la 
pression  /?,  rapportée  à  l'unité  de  surface,  que  supportent  les 
bases  du  prisme  (nous  supposons  la  pression  latérale  nulle), 
la  température  t  de  la  barre  et  la  longueur  x  correspondante  de 


ÉLASTICITÉ  DE  TRACTION.  87** 

Tunité  de  masse  de  la  matière  dont  elle  est  formée.  Entre  ces 
trois  quantités  il  y  a  une  relation 

$(/?,^,  0  =  0, 

jouant,  dans  le  cas  actuel,  le  même  rôle  que  joue  habituelle- 
ment réquation 

F(/?,  r,0  =  o, 

qui  caractérise  Tétat  d'un  corps  soumis  à  une  pression  uniforme- 
Il  suffit  donc  de  répéter  les  raisonnements  que  nous  avons 
faits  précédemment,  pour  obtenir  une  relation  analogue  à  la 
relation  (16) 


I  ^  a' 


Dans  cette  équation,  les  lettres  accentuées  ont  une  signification 
particulière  :  a'  est  le  coefficient  vrai  de  dilatation  sous  tension 
constante  delà  barre;  C  sa  chaleur  spécifique  à  tension  con- 
stante, enfin  p^  la  masse  de  Tunité  de  longueur  de  la  barre  à 
zéro;  3^ est  du  même  signe  que  ip.  A  une  traction  correspond 
donc  un  refroidissement,  à  une  compression  un  échauffement. 

On  doit  à  Joule  (  *  )  des  expériences  faites  en  vue  de  vé- 
rifier réquation  (20).  Il  employait  des  barres  de  i  pied  de 
long  et  de  \  de  pouce  de  diamètre,  fixées  par  leur  extrémité  su- 
périeure, et  à  Textrémité  inférieure  desquelles  était  attaché  un 
levier  que  Ton  pouvait  charger  de  poids  sans  s'approcher  de 
Tappareil.  Une  pince  thermo-électrique,  fixée  au  milieu  de  la 
barre  et  en  relation  avec  un  galvanomètre,  permettait  de  dé- 
terminer rabaissement  de  température  correspondant  à  la  trac- 
tion —  dp.  D'autres  expériences  furent  faites  par  compres- 
sion, à  Taide  de  barres  plus  courtes,  que  Ton  chargeait  de 
poids  à  Faide  du  même  levier. 

En  substituant  à  C  et  a!  la  chaleur  spécifique  C  et  le  coeffi- 
cient de  dilatation  a  sous  la  pression  constante  de  l'atmosphère, 
Joule  a  pu  comparer  les  valeurs  de  dt  calculées  par  la  for- 
mule (20)  aux  valeurs  observées.  Ces  dernières  sont,  en  gé- 
néral, un  peu  plus  fortes,  ce  qui  peut  tenir  à  la  difficulté  des 

C)  Joule,  Phihsophical  Transactions,  t.  CXLIX,  p.  98;  iSSg.  Ce  Mémoiro 
a  été  réimprimé  dans  la  collection  des  Mémoires  de  Joule,  t.  1*%  p.  4i3. 


88**  THERMODYNAMIQUE. 

mesures,  aussi  bien  qu'à  Tinexactiiude  des  coefficienls  em- 
ployés. Par  exemple,  pour  le  fer  ordinaire,  le  fer  doux  et  le 
cuivre,  les  échauffemenis  observés  par  compression  onl  été 
en  moyenne  de  o",  ii5,  o®,  ii8  et  o<»,  146  au  lieu  de  0%  108, 
0°,  107  et  o",  121  prévus  par  la  théorie. 

Plus  récemment  M.  £dlund  (')  a  fait,  par  une  méthode  ana- 
logue et  avec  des  fils  de  différents  métaux,  des  expériences 
dont  raccord  avec  là  théorie  est  beaucoup  moins  satisfaisant, 
car  l'équivalent  mécanique  £  calculé  par  la  formule  (20)  s*est 
trouvé  égal  à  68^,73. 

M.  £dlund  a  alors  cherché  à  mesurer  £  directement,  à  Taide 
d'expériences  de  traction,  réalisées  dans  les  mêmes  conditions 
que  les  précédentes.  A  cet  effet,  il  faisait  subir  au  fil  métallique 
une  série  d'opérations  constituant  un  cycle  fermé.  Le  fil,  d'abord 
chargé  d'un  poids  P,  s'allonge  d'une  quantité  /:  un  travail  mé- 
canique P/  est  exécuté;  en  même  temps  le  fil  se  refroidit,  une 
quantité  de  chaleur  —  Q  est  absorbée;  on  supprime  les  poids, 
le  fil  revient  à  sa  longueur  primitive  sans  exécuter  aucun  tra- 
vail mécanique;  il  s'échauffe  et  dégage  une  quantité  de  cha- 
leur -+■  Q'>  Q.  Le  fil  est  alors  revenu  à  son  état  primitif,  et  il 
y  a  équivalence  entre  le  travail  P/  et  la  chaleur  Q' —  Q.  Les 
expériences  onl  donné  pour  £  les  valeurs  44^,6,  4^^;'»  ^28,3, 
dont  la  moyenne,  434»  s'écarte  peu  de  la  valeur  normale  de  l'é- 
quivalenl  mécanique  de  la  chaleur. 

PROPRIÉTÉS  PARTICULIÈRES  DU  GAOUTGROUG.  —  Quand  on  étire 
fortement  un  fil  de  caoutchouc,  il  s'échauffe.  Celle  curieuse 
observation  a  été  faite  pour  la  première  fois  par  Gough  (^)  ;  il 
constata  qu'un  fil  de  caoutchouc  placé  entre  les  lèvres  devient 
sensiblement  chaud  quand  on  l'élire  d'une  manière  subite. 

On  doit  conclure  de  là,  d'après  la  formule  de  Thomson,  que 
pour  de  fortes  tractions  le  coefficient  de  dilatation  a'  du  caout- 
chouc est  négatif.   Joule  (^)  a  fait  à  cet  égard  des  mesures 


(')  Edlund,  Annales  de  Puggendorffy  l.  CXIV  et  CXXV,  et  yinnales  de  Chimie 
et  de  Physique^  /j"  série,  t.  VIII,  p.  aS-j. 

(*)  GouGii,  Journal  de  Nicholsonj  t.  XIIÏ,  p.  3o5,  ei  Journal  de  Gehlen^  t.  IX, 
p.  127  ;  1806-1810. 

(^)  Joule,  Philosophical  Transactions,  t.  CXLIX,  p.  98. 


CHANGEMENTS  D'ÉTAT.  89** 

directes,  en  déterminant  par  la  méthode  de  la  balance  hydro- 
statique la  densité  du  caoutchouc  étiré.  Il  a  constaté  que  le 
caoutchouc  à  l'état  naturel  possède  un  coefficient  de  dilata- 
tion positif,  mais  qui  diminue,  puis  s'annule  et  enfln  change 
fie  signe  quand  on  l'étiré  de  plus  en  plus.  Pour  la  tension 
critique  le  coefficient  de  dilatation  est  nul,  et  le  caoutchouc 
présente  un  minimum  de  densité  (  *  ). 

» 

II. 

CHANGEMENTS  D'ÉTAT. 

APPUGAnOH  DES  PBIHCIPES  DE  LA  THÉORIE  MÉGANiaUE  DE  LA  CHA- 
LEUR AUX  CHARGEMENTS  D'ÉTAT.  -—  Quand  un  liquide  se  volatilise, 
il  absorbe  une  certaine  quantité  de  chaleur  latente  proportion- 
nelle au  poids  de  liquide  qui  change  d'état,  et  variable  avec  la 
température.  Si  l'on  prend  une  masse  de  la  substance  égale  à 
i<'  et  qu'on  lui  offre,  à  une  température  t  où  le  changement 
d'état  est  possible,  un  volume  (^  déterminé,  la  masse  x  qui 
passe  à  l'état  de  vapeur  est  entièrement  déterminée,  et  la 
pression  p  se  maintient  égale  à  la  force  élastique  maximum  de 
la  vapeur  à  la  température  t.  Le  phénomène  qui  se  produira  ne 
dépend  que  de  deux  variables  indépendantes,  dont  Tune  sera 
soit  la  température*^,  soit  la  pression  /?,  liées  entre  elles  par 
une  certaine  relation 

(I)  A/^,  0  =  0, 

et  dont  l'autre  sera  soit  le  volume  t^,  soit  la  masse  x.  Désignons 
en  effet  par  u  le  volume  du  gramme  de  liquide,  par  u'  le  vo- 
lume du  gramme  de  vapeur  sous  une  pression  égale  à  la  force 
élastique  maximum /?;  on  a  entrée^  et  x  la  relation 

(2)  U  =  U{l  —X)'h  u^x. 

Les  principes  fondamentaux  de  la  Théorie  mécanique  de  la 
chaleur  peuvent  être  appliqués  au  phénomène  de  la  volatilisa- 
tion, dans  les  conditions  que  nous  venonsde  définir;  car,  si  Ton 

■ 

(*)  Plscul,  Journal  de  Phjrsiqne^  i'*  série,  t.  V,  p.  3i;  1876 


go**  THERMODYNAMIQUE. 

fait  varier  t,  x  varie  d*une  manière  correlspondante  et,  récipro- 
quement, la  transformation  est  réversible.  Il  sufQt  donc  d'ex- 
primer la  variation  de  Ténergie  intérieure  (fU,  et  celle  de  Fen- 
tropie  d%  au  moyen  des  deux  variables  indépendantes  t  et  x, 
et  d'exprimer  que  dG  et  d&  sont  des  différentielles  exactes.  , 
On  a  d'abord 


(3)  rfU  =  EdQ-d6, 

T 


(4)  rfs=  .„ 


Il  faut  exprimer  (/Q  et  d(ô  au  moyen  des  variables  t  et  x. 

Quand  on  fait  varier  t  de  dt^  x  de  dx^  il  faut  d'abord  volali- 
liser  la  quantité  dx  de  liquide,  ce  qui  exige  une  quantité  de 
chaleur  L  dx^  L  étant  la  chaleur  latente  de  vaporisation  à  ^;  il 
faut  ensuite  échauffer  de  dx  la  masse  (i  —  x)  de  liquide  et  la 
masse  x  de  vapeur  déjà  formée.  Soient  m  la  chaleur  spéciflque 
du  liquide  dans  les  conditions  de  Texpérience,  c'est-à-dire  à  ^ 
et  sous  la  pression  p^  m!  la  quantité  de  chaleur  qu'il  faut 
fournir  à  un  gramme  de  vapeur  pour  élever  sa  température  de 
dt  en  la  maintenant  saturée,  ce  qui  exige  que  la  pression 
croisse  de  dp.  On  a 

(5)  </0==[/w(i  —  a?)4-/w'ic]rf/-4-L(ir. 

D'autre  part, 

d^  ^^  p  dv  =^  p  -^-dt  -\-  p  --djc. 

La  relation  (a)  nous  permet  d'ailleurs  de  calculer  ^  et  — ; 

il  suffit  pour  cela  de  remarquer  que  les  volumes  spécifiques  u 
et  u'  ne  sont  fonctions  que  de  la  température  seule,  et  non  du 
poids  X  de  vapeur  déjà  formée 

di^       ,  ,  du  du* 

Ot  de  dt 


<>a:  =  "'-"' 


(6) 


cl(^—  p\(i—x)  -T.  -^ X  —T    dt-^p(u'  —  u)dx. 


CHALEUR  LATENTE  DE  VAPORISATION.  91** 

On  a  donc  enfin 

\d[]  =  \E[m(i  —  x)-hm'x]  -~p\  {i  —^)'Ti-^x--rj\l  dt 
(7)j  (  j      A-^v  /  ^^         ^^  Ij 

(  -+-[EL  — /7(tt'— «)]cte  =  Ae/^-+-Brfar, 

(8)  dS=  — ^^ T^ dt^  7fdx  =  A'dt'hB'dx. 

Les  conditions  dMntégrabilité  sont 

ÔA.  _âB 
Ox        dt^ 

dM  __  dW 
dx        dt^ 

qui,  toutes  réductions  faites,  deviennent 

(9)  •   e(§-^«,-,«')=(«'-«)^. 

(10)  {m' -  m)  — -^  —  7^^ 

CHALEUR  LATERTE  DE  VAPOEISATIOU.  —  Éliminant  -77  entre  les 

at 

équations  (9)  et  (10),  on  trouve 

(11)  L=g(ii'-tt)^(*). 

Cette  formule  permet  de  calculer  la  chaleur  latente  L,  si  Ton 
connaît  les  volumes  spécifiques  u'  et  u  de  la  vapeur  et  du  li- 
quide et  la  loi  de  variation  des  forces  élastiques  maximum  avec 
la  température. 

Aux  basses  températures  le  volume  spécifique  u  est  absolu- 

(*)  CeUe  formule  a  été  donnée  par  Clapeyron  (Mémoire  sur  la  puissance 
motrice  de  la  chaleur)  sous  la  forme 

L  =  C(i/-m)$, 
^  '  dt 

C  désignant  une  fonction  inconnue  de  la  température  seule,  {f'oir  la  note  de 
la  page  83.) 


92**  THERMODYNAMIQUE. 

ment  négligeable  par  rapport  à  m',  et  l'on  peut  se  conlenlerde 
la  formule  approchée 

Soient  o  la  densité  de  la  vapeur  saturée  par  rapport  à  Tair^a  la 
densité  de  Tair  à  la  pression  normale /^o  et  à  o"". 

ai  p  ^73 
_       p^       T2  dp 


L  = 


n'jSEaà  p    dt 


Appliquons  cette  formule  à  Teau  à  100°.  La  densité  ddela 
vapeur  saturée  à  cette  température  est  égale  à  0,640.  Rappor- 
tant toutes  les  grandeurs  qui  entrent  dans  la  formule  au  kilo- 
gramme et  au  mètre,  on  a 

- io333 873^   dp 

273.4^5.0,640.1,793  io333  dt 

On  sait  d'ailleurs  qu'au  voisinage  immédiat  de  loo®  la  force 
élastique  maximum  de  la  vapeur  d'eau  varie  de  ^"",725  par 
dixième  de  degré;  on  a  donc  très  approximativement 

^^2îl2^,o333  =  383,i2, 
dt         700 

373^383,12 

L  r=  — ^— r-p TF? ^  =  536,85. 

•273.425.0,040. 1,293 

La  formule  de  Regnault  (2*  Fasc,  p.  i63)  donne  L=:537. 
C'est  une  vérification  très  remarquable  des  principes  de  la 
Thermodynamique. 

CHALEURS  LATENTES  INTERNE  ET  EXTERNE.  —  Nous  venons  d'ap- 
prendre à  déterminer  la  chaleur  latente  L  de  vaporisation  d'un 
liquide  à  une  température  déterminée.  Cet  élément  ne  répond 
pas  à  une  notion  théorique  parfaitement  simple  ;  en  effet,  une 
partie  de  la  chaleur  fournie  est  employée  à  vaincre  la  pression 
extérieure  p  que  nous  supposons  constante,  et  à  exécuter 
ainsi  un  travail  externe  correspondant  au  changement  de  vo- 


CHALEURS  LATENTES  INTERNE  ET  EXTERNE.     93** 

lume  m'  — M  de  Tunilé  de  poids  du  liquide  transformé  en  va- 
peur :  l'expression  de  celte  chaleur  absorbée  est 

(12)  l^p(u'  —  u)  =  r. 

M.  Zeuner  (  *  )  l'appelle  chaleur  latente  externe.  Le  reste 

(i3)  9  =  y-^p{u'-u) 

est  la  chaleur  latente  interne.  Elle  exprime  combien  Tunité 
de  poids  de  vaj)eur  saturée  sous  la  pression  p  contient  de  ca- 
lories de  plus  que  Tunité  de  poids  du  liquide  générateur  à  la 
même  température. 

Il  est  bien  évident  que  la  quantité  p  est  invariable,  pour  une 
température  déterminée,  tandis  que  r,  et  par  suite  'kr=zp-\'ry 
changeraient  avec  la  pression  sous  laquelle  la  volatilisation 
s'opère;  en  effet,  le  travail  externe  exécuté  parla  vapeur  n'est 
pas  sufflsamment  déOni  par  son  état  initial  et  son  état  Onal  : 
il  dépend  essentiellement  de  la  manière  dont  la  transforma- 
tion est  opérée  :  de  là  la  nécessité  de  déterminer  L  dans  des 
conditions  précises,  par  exemple  en  maintenant  la  pression 
constante  pendant  toute  la  durée  des  expériences,  comme  Ta 
fait  Regnault. 

Pour  l'eau  à  ioo<»,  on  a 

p  =r  496, 29, 
r  =  4o,  21. 

La  chaleur  latente  externe  est  plus  de  -^  de  la  chaleur  latente 
totale. 

GHALEÏÏB  SPÉGinanE  DES  VAPEURS  SATUBÉES.  -—  La  quantité  rn' 
est  la  quantité  de  chaleur  qu'il  faut  fournir  à  l'unité  de  masse 


(*)  Zeuner,  Théorie  mécanique  de  la  chaleur,  a*  édit.  française,  p.  363  et 
363.  M.  Zeuner  considère  encore,  outre  ces  quantités  et  la  chaleur  totale  Q, 
la  quantité  J  =  Q  —  r;  J  représente  la  quantité  de  chaleur  que  l'unité  des 
poids  de  vapeur  renferme  de  plus  que  l'unité  de  poids  de  liquide  à  zéro  :  c'est 
la  chaleur  de  la  vapeur.  On  trouvera  à  la  fin  de  TOuvrage  de  M.  Zeuner  des 
Tables  très  étendues  donnant  séparément  r,  p,  L,  J,  ...,  pour  les  liquides 
usuels  étudiés  par  Regnault. 


gr*  THERMODYNAMIQUE. 

de  vapeur  pour  élever  sa  température  de  i®  dans  des  condi- 
tions telles  qu'elle  demeure  saturée.  On  peut  la  calculer  par 
Tune  des  formules  (9)  ou  (10). 
Prenons  d'abord  cette  dernière;  elle  ne  contient,  outre  L, 

que  la  quantité  777  +  ^y  laquelle  est  la  dérivée  de  la  cha- 
leur totale  de  vaporisation  L  -+-  l    m  dï.  Quand  les  valeurs 

numériques  de  cette  dernière  quantité  sont  connues,  on  peui 
calculer  celles  qui  correspondent  à  sa  dérivée  par  des  pro- 
cédés faciles  à  imaginer,  et  par  suite  on  obtient  la  valeur 
de  m' . 
La  formule  (9)  est  moins  commode;  cependant  c*est  celle 

que  Ton  emploie  de  préférence  pour  l'eau;  les  valeurs  de-^ 

sont  connues  avec  une  exactitude  très  grande,  parles  recher- 
ches de  Regnault  sur  la  force  élastique  maximum  de  la  vapeur 
d'eau  (*);  quant  aux  valeurs  de  u'—  u,  on  les  tire  aisémem 
des  expériences  de  Fairbairn  etTate  sur  la  densité  de  la  vapeur 
d'eau  saturée  (i'*"  Fasc,  p.  2i5). 
Voici  maintenant  les  résultats  obtenus  relativement  à  m\ 
Pour  certains  liquides,  Teau,  le  sulfure  de  carbone,  racé- 
tone  et  ralcool  par  exemple,  /n'est  négatif  et  décroît  en  valeur 
absolue  quand  la  température  s'élève.  Les  Tableaux  suivants 
ont  été  calculés  d'après  les  expériences  de  Regnault  : 

Eau, 

Températuro.  m'. 

58"  3i —1,398 

77,49 -1,263 

92,66 * -- 1 ,206 

»i7ii7 -1,017 

i3i  ,78 —0,901 

iÎ4,7i -0,807 


(*)  On  trouvera  dans  la  Théorie  mécanique  de  la  chaleur  de  Zeuner  (Table  1. 

dp 
p.  574)  une  Table  donnant  -j-de  5®  en  5",  depuis  zéro  jusqu'à  200*». 


CHALEUR  SPÉCIFIQUE  DES  VAPEURS  SATURÉES.  95** 

Sulfure  de  carbone. 

Tempëratare.  m'. 

o 

o —0,184 

40 — 0,171 

80 — 0, 164 

120 — O,  l63 

160 — 0, 157 

Acétone. 

o —0,1 58 

70 —o  ,o65 

140 —0,027 

Pour  réiher  m'  est  positif  et  croissant  : 

Éther, 

Température.  m'. 

o 
o -»-0,Il6 

4o -^o, 120 

80 -4-0,  128 

120 -hO,l33 

Enfin,  pour  les  autres  liquides  étudiés  par  Regnault,  benzine , 
chloroforme,  etc.,  m  est  négatif  à  basse  température,  décroît 
en  valeur  absolue  par  Télévation  de  température,  s'annule  et 
enfm  prend  des  valeurs  positives  croissantes  : 

Benzine, 

Température.  m'. 

o 
O • — O  ,  1 55 

70 — O ,  o38 

140 -î-0,048 

210 -f-0,Il5 

11  semble  que  ce  dernier  cas  soit  le  cas  général  :  l'eau  et  Té- 
ther,  dans  l'intervalle  de  température  où  Ton  a  pu  les  étudier, 
ne  fourniraient,  chacun,  que  la  moitié  du  phénomène. 

M.  Dupré  ('  )>à  Taide  des  formules  précédentes,  a  calculé 

(  '  )  Foir  Cazi!«,  Annales  de  Chimie  et  de  Phjrsique,  4*  série,  t.  XIV,  p.  896  et 
suivantes. 


96**  THERMODYNAMIQUE. 

pour  un  certain  nombre  de  vapeurs  la  température  d'inver- 
sion à  laquelle  /n'  serait  nul  : 

o 

Chloroforme 121 

Benzine 118 

Chlorure  de  carbone 127 

Acétone 200 

Alcool 1 35 

Pour  Teau  et  Téther  on  trouverait  ainsi  Sac»  et  —  1 16®  ;  mais 
ces  derniers  nombres  sont  obtenus  par  une  extrapolation  trop 
étendue  pour  qu'on  puisse  leur  assigner  quelque  valeur. 

On  peut  se  rendre  compte  des  diverses  particularités  que 
présente  la  valeur  de  ni\  en  observant  que,  si,  pour  échauffer 
la  vapeur  sous  pression  constante,  il  faut  lui  fournir  de  la  cha- 
leur, elle  en  dégage  en  se  comprimant  pour  se  maintenir  sa- 
turée; suivant  les  circonstances,  l'une  ou  Taulre  de  ces  quan- 
tités de  chaleur  peut  l'emporter;  la  plus  grande  des  deux 
détermine  le  signe  de  m'. 

Considérons,  pour  simplifier,  une  vapeur  assimilable  à  un 
gaz  parfait.  Quand  son  volume  diminue  d'une  fraction  égale  à 

ou  =^,  une  quantité  de  chaleur  C  — c  devient  dispo- 

dp 

nible.  Pour  une  compression  de  — 9  la  chaleur  dégagée  par  la 
compression  sera 

(^  — ^) 7Ï- 

p  at 

Pour  une  même  vapeur  le  produit ^diminue  quand  la 

température  s'élève,  comme  on  peut  le  voir  par  les  Tables  de 
M.  Zeuner  ('  )  ;  donc  la  chaleur  de  compression  diminue  et//z' 
augmente  :  il  se  rapproche  de  zéro  s'il  est  négatif  (eau),  s'en 


(')  Zeuner,  Théorie  mécanique  de  la  chaleur ,  p.  57/1  et  suivantes.  D'après 
M.  Zeuner,  la  relation  qui  lie  le  volume  a'  d'une  vapeur  saturée  à  sa  pres- 
sion p  serait  de  la  forme  /;/*''*=  const.  ;  pour  l'eau,  on  aurait  n  =  1,0646 
(p.  /|38  du  même  Ouvrage). 


CHALEUR  SPÉCIFIQUE  DES  VAPEURS  SATURÉES.  97** 

éloigne  s'il  est  positif  (éther),  ce  qui  est  conforme  aux  résul- 
tais numériques  indiqués  ci-dessus. 

Pour  des  substances  différentes,  la  chaleur  de  compression 
sera  d'autant  plus  faible  par  rapport  à  la  chaleur  spécifique 

sous  pression  constante  que  -  sera  plus  voisin  de  Tunité.  Nous 

verrons  plus  tard  que  -  est  d'autant  moindre  que  la  molécule 

du  gaz  considéré  comprend  un  plus  grand  nombre  d'atomes. 
On  comprend  donc  que  la  chaleur  de  compression  sera  beau- 
coup plus  faible  pour  l'éther  que  pour  l'eau  :  m'  pourra  donc 
être  positif  pour  Féther,  tandisqu'it  est  négatif  pour  Teau. 

Quand  m'  est  négatif  pour  une  vapeur,  on  fournit,  en  la 
comprimant,  plus- de  chaleur  qu'il  n'est  nécessaire  pour  la 
maintenir  saturée,  c'est-à-dire  pour  élever  sa  température  au 
point  où  la  force  élastique  maximum  serait  égale  à  la  nouvelle 
pression.  Une  telle  vapeur  se  trouve  donc  surchauffée  quand 
on  la  comprime;  inversement,  elle  devra  se  sursaturer  et  par 
conséquent  se  condenser  en  partie  par  la  détente.  Quand,  au 
contraire,  m'  est  positif,  la  compression  dégage  trop  peu  de 
chaleur  pour  maintenir  la  vapeur  saturée;  elle  se  condense  en 
partie  par  la  compression,  et  non  par  la  détente. 

Cest  ce  que  M.  Hirn  (Ma  constaté  par  des  expériences 
directes.  En  obligeant  la  vapeur  d*eau'à  se  détendre  dans  un 
cylindre  fermé  par  des  glaces  de  verre,  il  a  vu  un  nuage  abon- 
dant se  produire  dès  qu'on  augmentait  l'espace  offert  à  la 
vapeur.  Il  a  vérifié  aussi  que  de  la  vapeur,  parfaitement  trans- 
parente sous  la  pression  de  S"^"*,  devient  complètement  opaque 
dès  qu'on  ouvre  un  robinet  de  décharge  qui  permet  à  la 
vapeur  de  se  détendre  rapidement  en  refoulant  l'air  atmosphé- 
rique. 

M.  Hirn  (2)  a  constaté  sur  la  vapeur  d'élher  le  phénomène 
inverse.  Elle  se  condense  en  partie  quand  on  la  comprime  ra- 
pidement. Plus  récemment,  M.  Cazin  (')  a  répété  en  les  per- 

(•)  HiRM,  Bitiictin  (i33)  de  la  Société  industrielle  de  Mulhouse^  p.    139. 
(')  liiRM,  Cosmos t  12*  année,  t.  XX 11,  10  avril  i863. 

(')  Cazin,   Mémoire  sur  la  détente  et  la  compression  des  vapeurs  saturées 
{Annales  de  Chimie  et  de  Physique,  \*  série,  t.  XIV,  p.  374;  18G8). 
J.  et  B.,  Thermodjrnamique.  —  II.  3»  fasc.  7* 


(j8**  THERMODYNAMIQUE. 

fectionnant  les  expériences  de  M.  Hirn,  et  il  a  pu  constater 
directement  pour  divers  liquides  Texisience  d'une  température 
d'inversion  au-dessous  de  laquelle  un  brouillard  se  produit 
toujours  par  la  compression,  tandis  qu'il  ne  s'en  produit  pas 
au-dessous. 

DENSITÉ  DE  LA  VAPEUR  D'EAU  8ATUBÉE.  —  On  peut  calculer/;? 
au  moyen  de  l'équation  (lo)  en  employant  les  données  four- 
nies par  Regnault  sur  la  chaleur  de  vaporisation  totale,  ei 
porter  les  valeurs  obtenues  dansTéquation  (9);  on  tirera  aloi^ 
de  celle-ci  les  valeurs  de  1/'  —  1/  (  *  )  et  par  suite  les  densités  de 
la  vapeur  d'eau  saturée.  Voici  la  comparaison  des  valeurs  ainiji 
calculées,  et  des  résultats  des  expériences  directes  de  Fair- 
balrn  et  Tate  (i^^^  Fasc,  p.  2i5)  : 

Vulame  en  mètres  eabet 
de  I  kilogramme  de  vapeur  d'eaa  Mturée 

Tcmpératurp.  ub^ervc.  calculé,      d'après  la  loi  de  SlarioUc. 

58^1 8,27       8,a3        8,38 

77.49 3»7i  3,G9  8,79 

92,  GC 2,1 5  2,11  2,18 

Ii7,i7 0,941  0,947  0,991 

rii,7ï^ o,Go4  0,619  0,654 

i4i,7i 0,432  0,437  o,4G6 

Les  nombres  de  la  troisième  colonne  sont  ceux  que  Ion 
obleiiaii  en  supposant,  comme  on  l'admettait  autrefois,  que  la 
loi  de  Mariolle  s'applique  aux  vapeurs. 

Pour  calculer  les  nombres  de  la  deuxième  colonne  on  a  du 
faire  intervenir  :  i"  les  résultats  des  expériences  de  Regnault 
sur  la  chaleur  totale  de  vaporisation  de  l'eau;  2"  les  détermi- 
nations, faites  par  le  même  expérimentateur,  des  forces  élas- 
tiques maxima  de  la  vapeur  d'eau.  On  doit  rappeler  que  ces 
deux  séries  d'expériences  sont  absolument  indépendantes  l'une 
de  l'autre  et  (jnelles  ont  été  réalisées  par  des  méthodes  tout 
à  fait  (liiïérentes  et  sans  aucune  préoccupation  théorique.  On 

(')    1  t>ir  dans  ZrLNhR,   Théorie  mécanique  de  la  chaleur  (Table  I,  colonne  w, 
I».  5-j  ),  la  1  able  de  j"  en  5''  des  valeurs  de  u'  —  u  calculées  de  celle  manièri*. 


VAPEURS  SURCHAUFFÉES.  99** 

admirera  d'autant  plus  l^accord  que  présentent  avec  les  me 
sures  directes  les  résultats  d'un  calcul  aussi  détourné. 

EZISTEHCE  DU  POIHT  ET  DE  LA  PEESSIOH  OERiaUES.  —  La  formule 

fait  dépendre  L  de  deux  quantités  variables  dont  Tune,  -^9 

est  rapidement  croissante  dans  Tintervalle  des  expériences,  et 
dont  l'autre,  1/'—  «,  diminue  à  mesure  que  la  température  s'é- 
lève; L  ne  peut  devenir  nul  qu'à  une  température  telle  que 
l'on  ait  u  =  m',  c'est-à-dire  que  la  vaporisation  ne  soit  plus 
accompagnée  d'aucun  changement  de  volume  :  c'est  ce  que 
nous  avons  appelé  la  température  critique  (i*''Fasc.,  p.  291). 
Celle-ci  étant  déterminée,  la  pression  critique  serait  obtenue  à 
Taide  des  formules  qui  se  rapportent  à  la  force  élastique /?. 
Malheureusement  les  deux  facteurs  de  L  n'ont  été  déterminés 
jusqu'ici  que  dans  un  intervalle  trop  restreint  pour  se  prêter 
utilement  à  ces  déterminations. 

VAPEURS  SURGHAUrrÉES.  —  Nos  connaissances  relativement 
aux  vapeurs  surchauffées  sont  extrêmement  limitées.  Nous 
avons  vu  que  Regnault  a  déterminé  leur  chaleur  spécifique 
moyenne  sous  pression  constante  et  qu'il  l'a  trouvée  sensible- 
ment invariable,  sauf  pour  l'acide  carbonique  et  le  sulfure  de 
carbone  pour  lesquels  elle  est  croissante.  Mais  il  est  probable 
que  ces  expériences  n'ont  pas  été  faites  dans  un  intervalle 
assez  étendu,  car  les  recherches  de  MM.  Mallard  et  Le  Chàte- 
lier  et  de  M.  I^erlhelot  (*)  ont  établi  qu'à  de  très  hautes  tem- 
pératures la  chaleur  spécifique  de  la  vapeur  d'eau  sous  volume 
constant  est  très  supérieure  à  sa  valeur  aux  températures  or- 
dinaires. D'autre  part,  nous  savons,  d'après  les  recherches  de 
Fairbairn  et  Tate,  qu'on  ne  peut  assimiler  les  vapeurs  à  des 
gaz  parfaits,  au  point  de  vue  de  leur  dilatation,  qu'à  partir  d'une 
température  très  éloignée  de  leur  point  de  liquéfaction,  et  qui, 


('  )   f'oir  2'  Kasc,  p.  8i. 


100**  THERMODYNAMIQUE. 

pour  la  vapeur  d'eau  par  exemple,  se  trouve  en  dehors  des 
limites  des  applications  industrielles  (*). 

On  ne  possède,  pour  les  vapeurs  surchauffées,  ni  réquation 
des  lignes  isothermes,  ni  celle  des  lignes  adiabatiques.  On  se 
borne  à  donner,  dans  les  Traités  spéciaux,  des  formules  em- 
piriques, utiles  aux  ingénieurs  pour  le  calcul  des  machines, 
mais  jusqu'ici  sans  fondement  théorique  suffisant  (-). 

(*)  Si  l'on  admettait  qu'une  vapeur  se  comporte  comme  un  gax  parfali, 
même  au  voisinage  de  la  saturation,  on  pourrait  tirer  quelques  conséquence 
curieuses  des  formules  (9)  et  (10).  Nous  ne  signalerons  que  la  suivante  : 

Au  voisinage  du  point  normal  d'ébullition,  le  volume  spécifique  u  du  li- 
quide est  négligeable  par  rapport  au  volume  u'  de  la  vapeur.  Considérant  la 
vapeur  comme  un  gaz  parfait,  on  aurait 

i   p    273 

$  représentant  le  poids  spécifique  absolu  de  la  vapeur.  Suit  c  le  poids  ato- 
mique par  rapport  à  l'hydrogène 

^^^-(^,.0,0692, 

où  Sq  est  la  densité  de  l'air  à  0°  et  sous  la  pression  p^.  On  a  donc,  d'aprù  la 
formule  (9), 

L,  -_-  ^P-' Il  ^  =  B  I'  ^. 

£0^,273.0.0692    p    dl  p    dt 

Le  représente  la  chaleur  latente  atomique  de  vaporisation. 

A  la  température  normale  d'ébullition, /;  est  égal  à  /;,,;  de  plus,  Daltoii  ad- 
mettait que  pour  toutes  les  vapeurs  les  forces  élastiques  prennent  une  même 
valeur  ù  des  distances  égales  de  leur  point  trébullition.  Celle  loi  a  clë  res- 
treinte par  Landolt  {voir  p.  2/|8)  aux  vapeurs  des  composés  orjjaniqucs  ho- 
mologues. On  aurait  alors  pour  ces"  corps  une  même  valeur  de  --—  à  la  lempë- 
rature  d'ébullition,  et,  par  conséquenl, 

les  chaleurs  latentes  moléculaires  des  homologues  seraient  comme  les  carres 
(les  tompératures  absolues  de  leur  ébullition. 

Celle  relation  ne  serait  évidemment  applicable  qu'aux  vapeurs  à  dcnsilé 
normale.  (Voir  Journal  de  Physique,  a*  série^  t.  iV,  p.  aG.) 

{')  Vax  adinetlant  que  la  chaleur  spécifique  de  la  vapeur  d'eau  sous  pres- 
sion CDnsi.wile  est  invariable,  M.  Zeuner  trouve  que  celle  vapeur  est  caracté- 
risée j)ar  leqiialion 

pv  :-  58,933T —  i92,5o/>*  ; 

la  |uesoion/v  csl  supposée  exprimée  en  kilogrammes  par  mètre  carre;  la  teiu- 


FUSION.  loi** 

HFLUENGE  DE  LA  PBE88I0H  SUR  LA  TEMPÉBATUBE  DE  FUSIOH.  — 

Les  formules  (9)  et  (10)  sont  applicables  au  phénomène  de  la 
fusion.  En  effet,  nous  avons  établi  par  Texpérience  (2*  Fasc, 
p.  loi)  que  la  température  de  fusion  varie  avec  la  pression.  Il 
y  a  entre  ces  deux  quantités  une  relation 

/(/?,  t)  =  0, 

qui  remplace  la  relation  (i)  relative  aux  forces  élastiques 
maxima  ;  11  représentera  le  volume  spécifique  du  solide,  u' 
celui  du  liqukie  résultant  de  sa  fusion,  m  et  m!  les  chaleurs 
spécifiques  du  solide  et  du  liquide  dans  les  conditions  de  Tex- 
périence,  L  la  chaleur  latente  de  fusion.  La  fusion,  comme  la 
vaporisation,  est  un  phénomène  réversible,  et  les  principes  de 
la  Théorie  mécanique  de  la  chaleur  peuvent  être  appliqués 
dans  des  conditions  identiques.  On  obtiendra  donc  les  équa- 
tions (9)  et  (10)  en  répétant  mot  pour  mot  les  mêmes  raison- 
nements et  les  mêmes  calculs  auxquels  nous  avons  eu  précé- 
demment recours. 

Éliminant//?'  — /w  entre  les  équations  (9)  et  (10)  on  obtiendra 
comme  précédemment  réquation  (11) 

L  est  positif  pour  toutes  les  substances  connues;  par  suite, les 


pérature  T  est  la  température  absolue  [Zeuner,  Théorie  der  iiberhitzten  Wat- 
serdàmpfe  [Journal  de  la  Société  des  ingénieurs  allemands,  t.  XI;  18G7.  Ueber 
das  Ferhalten  der  ûberhitzten  Jf'asserdàmpfe  (Civilingcnieur,  t.  XIII,  1867); 
voir  aussi  Théorie  mécanique  de  la  chaleur,  p.  441]*  ^'  Hirn  {Mémoire  sur 
la  Thermodynamique  y  1867)  a  donne  une  équation  caractéristique  analogue, 
mais  dans  le  second  membre  de  laquelle  entre  v  au  lieu  de  p.  Ces  formules 
approximatives  prennent  la  forme  de  l'équation  caractéristique  des  gaz,  quand 
on  y  fait  (^  =  00  on  /7  =  o;  elles  donnent  un  degré  d'approximation  supérieur 
à  celui  que  l'on  obtenait  par  Tusage  des  lois  de  Mariette  et  de  Gay-Lussac, 
autrefois  employées.  Il  est  à  remarquer  qu'elles  sont  en  désaccord  avec  la 
formule 

-^  =  o,o595v/t, 

déduite  par  M.  Herwig  de  Tétude  de  la  dilatation  des  Yopeurt,  dans  le  voisi- 
nage de  leur  saturation  {'voir  x**  Fasc,  p.  219). 


lo^**  THERMODYNAMIQUE. 

deux  facteurs  u'—  ueX-~  sont  de  même  signe  :  ils  sont  positifs 
ou  négatifs,  en  même  temps.  Pour  l'eau  le  volume  u'  du  liquide 
est  moindre  que  le  volume  «de  la  glace,  -^  est  négatif,  c'est- 
à-dire  qu'à  un  accroissement  de  la  pression  correspond  un 
abaissement  de  la  température  de  fusion.  C'est  ce  que  nous 
avons  constaté  par  Texpérience  (2«Fasc.,p.  102). 

-^  sera  positif  pour  les  corps  qui  augmentent  de  volume  en 

fondant;  c'est  aussi  ce  qui  a  été  établi  expérimentalement 
(-'  Fasc,  p.  jo3). 

Au  reste,  la  formule  (i  i)  permet  de  calculer  -^  à  l'aide  ^es 

valeurs  de  L  et  de  u'—u.  Remplaçant  dans  cette  formule-^ 

par  une  variation  finie  -^9  et  prenant  pour  unités  fondamen- 
tales le  mètre  et  le  kilogramme,  on  trouve  pour  une  variation 
de  i"»'"(â/>  =  io333), 

.,.  •273.0,001(1  —  0,017)10333  ^00^ 

0/— ^ j^ — TT^-^ =  —0,006886, 

425  X  80 

au  lieu  de  —  0,0075  fourni  par  rexpérience  directe. 

niFLUENGE  DE  LA  TEMPÉRATURE  SUR  LA  VALEUR  DE  LA  CHALEUR  LA- 
TENTE DE  FUSION.  —  La  formule  (10)  peut  s'écrire 

Le  premier  terme  ,,,  est  essentiellement  positif.  D'ailleurs  la 

chaleur  spécifique  m'  à  l'état  liquide  est  en  général  plus  grande 
que  A/?,  relative  à  l'état  solide.  Les  deux  termes  dont  se  com- 
pose —  '-  sont  donc  positifs  l'un  et  l'autre;  la  chaleur  latente  L 

augmente  donc  quand  la  température  s'élève. 
Il  est  vraisemblable  qu'au  voisinage  du  point  de  liquéfac- 


SURFUSION.  io3** 

normal,  m'  el  m  ne  varient  pas  sensiblement  avec  la  tem- 
îlure  et  la  pression.  Si  Ton  considère  m!  et  m  comme  con- 
ils,  réquation  (lo)  s'intègre  aisément  et  donne 

T  T 

I  L  =  Lor,,     -4-(/W'— /W)Tlog.^• 

:e  formule  permettra  de  calculer  la  chaleur  latente  à  T  au 
>'en  de  la  chaleur  latente  à  la  température  normale  de  fu- 
I.  Pour  le  cas  de  la  glace,  on  fera,  dans  la  formule  /w'  =  i, 
=  o,5o4  (2*  Fasc,  p.  ii5). 

bis)  L  =  80  I-  ^  o,496T  log  ^. 


[JBFU8I01I.  —  Ce  calcul  n'est  pas  directement  applicable  au 
de  la  solidification  d'un  liquide  surfondu  :  celle-ci  ne  con- 
ie  pas  un  phénomène  réversible  et  le  principe  deCarnotne 
plus  être  employé;  mais  on  peut  toujours  se  servir  du 
icipe  de  Téquivalence.  Soumettons  le  corps  considéré  au 
le  d'opérations  suivant  : 

»  On  le  liquéfie  à  la  température  normale  To  ;  a®  on  le  refrol- 
le  To  à  T  sous  la  pression  normale;  3«>  on  l'oblige  à  se  so- 
ier  à  cette  température;  4**  enfin  on  réchauffe  à  fétat  solide 
|u'à  To. 

e  corps  a  ainsi  parcouru  un  cycle  fermé,  et  comme  X^^pres- 
i  est  toujours  demeurée  égale  à  la  pression  atmosphé" 
iey  et  que  la  variation  de  volume  accompagnant  la  fusion 
petite,  le  travail  extérieur  est  négligeable  et  l'on  peut 
re  que  la  somme  des  quantités  de  chaleur  fournies  au 
isest  nulle.  Désignant  par  U  la  chaleur  latente  de  fusion  à 
ans  ces  conditions,  on  a  donc 


T 

L'=.Lo-H   I    (/n'-/n)rf^=Lo4-(/w'-/w)(T  — ïo). 


chaleur  latente   L'  croît  avec  la   température.   Pour  la 
;e, 

bis)  L'=  80  -f-  o,496(T  -  To). 


io4**  THERMODYNAMIQUE. 

En  faisant 

T-To  =  — lo, 

on  trouve 

L'=:  75,04  (*). 

III. 

DISSOLUTION. 

APPUGÂTIOH  DE  LA  THÉORIE  MÉGAmaUE  DE  LA  CHALEUR  AUX  PHÉIO- 
MÈNES  DE  LA  DISSOLUTION.  —  On  peut  envisager  les  propriétés 
thermiques  du  mélange  de  deux  corps  sous  Taspect  suivant. 
Les  deux  corps  possédaient  avant  le  mélange  une  dilatabilité 
par  la  chaleur  et  une  compressibilité  propres  représentées  par 
les  équations 

(i)  F(/?,c',/)  =  o,     F,  (/?,t^,/)  =  o. 

Si  le  mélange  n'était  accompagné  de  la  production  d'aucun 
travail  interne,  les  équations  (1)  subsisteraient  pour  les  corps 
mélangés.  Mais,  en  général,  il  n'en  est  pas  ainsi,  puisque, 
comme  nous  l'avons  dit,  le  mélange  est  accompagné  d'une 
variation  de  volume  et  d'un  changement  de  température. 

Pour  représenter  les  propriétés  thermiques  nouvelles  doni 
cliacun  des  corps  jouit  après  le  mélange,  on  peut,  fictivement, 
les  considérer  comme  distincts  et  attribuer  à  chacun  d'eux 
une  nouvelle  équation  caractéristique 

(2)  9(/;,(', /)  ~o,     9,(/;,  (',^)  =  o. 

Si  les  fondions  (2)  étaient  données,  on  pourrait  faire  subir  à 
chacun  des  corps  mêlés  le  cycle  de  transformations  que  l'on 
veut  étudier,  et  les  effets  thermiques  ou  mécaniques  produits 
sernienl  la  somme  des  effets  individuels  relatifs  à  chacun  des 
deux  corps. 


(')  La  rormule  (i/|  bis)  donnerait,  pour  la  môme  lempcraturc  de  — lo", 
L  ^-  ■j'2,a');  mais  les  conditions  sont  absolument  diflerentes,  puisqu'il  faudrait 
une  pression  extérieure  de  plusieurs  milliers  d'atmosphère  pour  amener  le 
point  normal  de  solidification  de  la  glace  à  —  lo".  Dans  ces  conditions  le  tra- 
vail extérieur  ne  peut  plus  être  négligé. 


DISSOLUTION.  io5** 

La  déterminaiion  des  fonctions  9  est  généralement  irréali- 
sable. Nous  allons  voir  cependant  quel  peut  être  Tusage  de 
ces  fonctions  quand  Tune  d'elles  peut  être  déterminée. 

1.  CAS  DES  6AZ(*).  —  Considérons  un  gaz  parfait  dont  le 
coefficient  de  solubilité  esta.  Soientzile  volume  du  liquide  sa- 
turé de  gaz,  i^  le  volume  occupé  par  le  gaz  au-dessus  du  liquide, 
p  sa  pression.  Le  liquide  contient  un  volume  de  gaz  olu  me- 
suré sous  la  pression /?;  la  totalité  du  gaz,  dissous  et  non  dis- 
sous, occuperait  donc  sous  cette  pression  le  volume  t^  -+-  aw; 
comme,  d'ailleurs,  les  gaz  parfaits  obéissent  aux  lois  de  Ma- 
riotte  et  de  Gay-Lussac,  on  a  la  relation 

(3)  E^^^^^, 

R  représente  une  constante.  L'équation  (3)  peut  être  consi- 
dérée comme  Téquation  caractéristique  9  relative  au  gaz  en 
solution  saturée.  Elle  remplace  Téquation  F 

(4)  ^=R. 

caractéristique  du  gaz  parfait  isolé. 

C'est  qu'en  effet,  en  présence  du  liquide  qui  le  dissout,  le 
gaz  cesse  d'être  un  gaz  parfait,  et  nous  nous  proposons  en 
premier  lieu  d'établir  que,  quand  on  'remplace  l'équation  ca- 
ractéristique (4)  par  l'équation  (3),  le  travail  interne  corres- 
pondant à  une  transformation  à  température  constante  cesse 
en  général  d'être  nul. 

Le  liquide  pouvant  être  considéré  comme  incompressible, 
relativement  au  gaz,  le  volume  u  est  constant.  Quand  on  fait 
subir  au  volume  v  la  variation  dvy  la  quantité  de  chaleur 
absorbée  rfQ  correspond  à  la  production  d'un  travail  exté- 
rieur/? rfç'  et  à  une  variation  d'énergie  intérieure  t/U.  On  a  donc 

(5)  d(i  =  ^{pdv  +  d\i). 


(*)  Cette  manière  de  traiter  le  problème  de  la  dissolution  des  (taz  est  duc  à 
M.  Moulier  {^Éléments  de  Thermodynamique,  p.  i56).  Nous  ne  l'avons  modifiée 
que  dans  la  forme 


loC**  THERMODYNAMIQUE. 

Nous  supposons  d'ailleurs  la  température  invariable  et,  par 
suite,  en  désignant  par  /  la  chaleur  latente  correspondant  au 
mode  particulier  de  dilatation  du  gaz  représenté  par  l'équa- 
tion (3),  on  a  aussi 

(6)  dQ=zidç. 

En  égalant  les  seconds  membres  des  équations  (5)  et  (6),  on 
obtient  l'expression  suivante  de  dU  : 


(7) 


lrfU=(/-f)rf.. 


Le  phénomène  de  la  dissolution  d*un  gaz  étant  réversible, 
I  application  du  principe  de  Carnot  est  légitime.  Elle  fournit 
pour  un  corps  quelconque  {voir  p.  8i)  la  relation 

(8)  l^'-T^P-' 

on  a  donc  enfin 

Dans  celle  formule  la  dérivée  partielle  -^  se  rapporte  au  cas 

où  le  volume  est  constant.  Diiïérentions,  dans  celle  hypothèse, 
la  formule  (3)  et  remarquons  que  le  coefficient  de  solubilité  a 
est  indépendant  de  la  pression,  nous  trouverons 

et  par  suite 

(M)    d\:r^-'ïp-"—~dv^-\{T^--—^ ^^A'; 

'v-^xiidï  {V -\- xu)^  dï 

dx 
r/U  ne  saurait  être  nul  que  si  l'on  avait  -ii^i;  =  o.  Ainsi  la  disso- 

aV 

lulion  d'un  gaz  dans  un  liquide  ne  serait  accompagnée  d'aucun 

travail  interne  du  gaz,  que  dans  le  seul  cas  où  le  coefficient  de 

solubilité  de  celui-ci  serait  indépendant  de  la  température. 


DISSOLUTION.  107 


** 


da 
Pour  tous  les  gaz  connus  ->-  est  négatif,  et  l'énergie  interne 

I  gaz  diminue  par  la  dissolution  (dv  négatif). 
Nous  ne  nous  sommes  occupés  jusqu'ici  que  du  gaz;  quant 
liquide,  sa  fonction  caractéristique  F|,  qui  est  devenue  91 
r  le  fait  de  la  dissolution,  a  varié  d'une  manière  qui  nous 
l  inconnue,  mais  dont  nous  n'avons  pas  à  nous  préoccuper 
nous  nous  bornons  à  considérer  :  i®  des  transformations 
;empérature  constante,  car  la  quantité  de  chaleur  absorbée 
r  les  liquides  soumis  à  de  telles  transformations  est  négli- 
able  dans  des  limites  très  étendues;  a«  des  cycles  fer- 
as, car  la  quantité  de  travail  effectuée  dans  ces  conditions 
r  un  liquide  est  négligeable,  tant  qu'il  n'éprouve  pas  de 
porîsation  sensible.  Dans  les  deux  cas  nous  pouvons  donc 
us  borner  à  considérer  la  chaleur  évoluée  par  le  gaz  dis- 
us. 

Bornons-nous  à  considérer  une  transformation   opérée  à 
Tipérature  constante.  On  a,  d'après  les  équations  (5)  et  (i  i), 

5  premier  terme  de  cette  expression  représente  le  travail  ex- 

rne  de  dissolution,  le  second  le  travail  interne  (  *  ). 

La  valeur  de  rfQ  s'intègre  sans  difficulté  et  donne  pour  la 

aleur  absorbée  quand  le  gaz  passe  de  la  pression  /?  à  la  près- 

)n/?,, 

3)  Q=.'RTL-^--'«T(;,-;,.)^- 

doi 
Nous  savons  que  ^  est  négatif  pour  tous  les  gaz  connus. 

en  résulte  que  si/?<;/?i,  c'est-à-dire  si  le  gaz  se  dissout 


*)  La  formule  (12)  présente  à  peu  prés  le  même  degré  d'ezactiliicle  que  la 
mule  (3).  Quand  a  est  très  grand,  la  formule  actueUe  serait  insuffisante. 
'  on  ne  pourrait  pas  considérer  u  comme  invariable;  M.  Moutier  donne  une 
mule  plus  approchée,  mais  qui  ne  serait  pas  applicable  dans  les  conditions 
la  formule  (3)  ne  s'applique  plus  clle-môme. 


io8**  THERMODYNAMIQUE. 

par  Teiïel  d'une  augmentation  de  la  pression,  la  quantité  Qesl 
la  somme  de  deux  quantités  négatives  :  il  y  a  dégagement  de 
chaleur,  ainsi  que  nous  l'avons  constaté  directement. 

II.  CAS  DES  SOUDES.  —  Nous  allons  appliquer  à  Fétude  de  h 
dissolution  des  solides  les  mêmes  principes  qui  nous  ont 
servi  pour  la  dissolution  des  gaz.  Nous  ignorons  à  peu  prés 
complètement,  dans  le  cas  actuel,  ce  qu'étaient  et  ce  que  de- 
viennent les  fonctions  caractéristiques;  mais  nous  pouvons 
étudier  aisément  les  variations  de  chaleur  qui  accompagneoi 
un  changement  d'état  à  température  constante.    . 

i"*  Dissolution  saturée  (*)•  —  Considérons  une  dissolution 

saturée  à  la  température  T.  Quand  un  poids  dcj  de  liquide  se» 

vapore,  une  quantité  dm'  de  solide  se  dépose.  Nous  suppo- 

dvs' 
sons  que  -i-  =a  est  toujours  une  quantité  assez  petite,  ce 

qui  est  le  cas  le  plus  fréquent  :  a  est  le  coefCcient  de  solubilité 
à  T. 

Supposons  d'abord  que  le  poids  cfejde  liquide /7£/r  s'évapore 
à  la  température  T.  Il  absorbera  une  quantité  de  chaleur  ({7 
dont  l'expression  peut  être  fournie  par  le  principe  de  Camoi, 
car  le  phénomène  que  nous  étudions  est  réversible.  On  a, 
d'après  la  formule  (i  i)  des  changements  d'état  (2), 

dq  --Ldx3--  yT(u'  —  u)  —  di3, 

V  désignant  la  force  élastique  maximum  à  la  température  T; 
comme  le  volume  u  du  liquide  est  négligeable  par  rapport  au 
volume  II'  de  la  vapeur,  cette  valeur  se  réduit  sensiblement  à 

dq=  ^Ti/'  -j^dm. 

Si,  d'autre  part,  le  poids  dus'  de  sel  fofidu  à  la  température  T  se 

(')  La  méthode  que  nous  employons  est  due  à  M.  Moutier  (roir  Journalde 
Physique,  i"  série,  t.  !•%  p.  3o). 
(';  §  H  de  ce  Chapitre,  p.  91. 


DISSOLUTION.  109** 

solidifiait,  il  dégagerait  une  quantité  de  chaleur  L^diD',  en  dési- 
gnant par  Lt  la  chaleur  latente  de  fusion  à  T. 

Considérons  maintenant  Tévaporation  du  poids  dx3  de  liquide 
saturé  de  sel  :  la  quantité  de  chaleur  absorbée  par  le  liquide 
devient 

où  u\  etUi  sont  les  nouveaux  volumes  occupés  par  Tunité 
de  poids  de  vapeur  et  du.  liquide, /la  force  élastique  maximum 
de  la  vapeur  émise  par  la  dissolution.  Si  Ton  admet  que  la  va- 
peur obéit  à  la  loi  de  Mariotte,  ce  qui  n*est  pas  très  loin  de  la 

vérité,  on  a 

F 

d'ailleurs  U\  est  négligeable,  de  sorte  que  Ton  a 

En  même  temps  le  solide  se  dépose  et  dégage  sa  chaleur  la- 
tente de  fusion  Lrrfc/. 

A  basse  température,  les  propriétés  des  vapeurs  sont  sensi- 
blement celles  des  gaz  parfaits,  et  le  travail  interne,  corres- 
pondant au  pacage  de  la  vapeur  de  la  pression/à  la  pression 
F,  est  négligeable. 

Considérons  alors  un  cycle  fermé,  composé  de  la  manière 
suivante  :  le  poids  dx3  de  vapeur  d'eau,  sous  la  pression  F, 
et  le  poids  dm'  de  solide  sont  mis  en  présence  à  T  :  i°  On 
condense  la  vapeur,  et  on  liquéfie  le  solide  à  T;  2"  on  fait  en- 
suite diffuser  le  corps  fondu  dans  la  vapeur  liquéfiée;  3<»  on 
évapore  le  poids  dxs  de  liquide,  d'où  il  résulte  que  le  poids  dm' 
de  solide  se  dépose;  4"  enfin  on  comprime  la  vapeur  de  ma- 
nière à  la  ramener  à  la  pression  F.  Les  doux  corps  sont  re- 
venus à  rétat  initial  en  parcourant  un  cycle  fermé,  et,  comme 
la  température  n'a  pas  changé,  le  coefficient  économique  est 
nul.  Soit  r/Q  la  chaleur  absorbée  par  la  diffusion  du  solide  li- 
quéfié dans  le  dissolvant;  on  aura,  en  écrivant  que  l'évolution 


110**  THEUMODYNAMIQUE. 

calorifique  lolale  est  nulle, 

h        de  h        j  ai 

f  E*^*^  VF  dt       f  dt) 

Si,  au  lieu  de  se  borner  à  considérer  Tévaporation  d'un 
poids  dxD  de  liquide,  on  passe  au  cas  de  Tévaporation  d'une 
quantité  finie  gj,  F  et  /demeurent  constants,  et  Ton  a,  en  inté- 
grant, 

(.5)  Q_,^Ti/'F^^(logj)m. 

Cette  formule  a  été  trouvée  par  Kirchhoff  (*). 

D'après  cette  formule,  Qest  positif  quand  on  a  F>/,  c'esi- 
à-dire  quand  la  tension  de  vapeur  du  liquide  se  trouve  dimi- 
nuée par  le  fait  de  la  dissolution,  ce  qui  est  le  cas  général.  Il 
faut  donc  fournir  de  la  chaleur  au  solide  fondu  pour  le  diffuser 
dans  le  liquide.  La  chaleur  absorbée  par  l'acte  de  la  dissolu- 
lion  est  donc  supérieure  à  la  chaleur  latente  de  fusion  du 
solide  à  la  même  température.  On  ne  possède  pas  de  données 
expérimentales  suffisantes  pour  vérifier  celte  "prévision  théo- 
rique, sur  un  nombre  suClisanl  d'exemples  particuliers. 

2"  Dissolution  non  saturée.  —  Dans  ce  dernier  cas,  il  xi) 
a  pas  de  dépôt  de  sel.  L'équation  (i4)  représente  toujours  la 
quantité  de  chaleur  absorbée  par  la  diffusion;  mais,  comme  / 
change  avec  la  concentration  de  la  liqueur,  cette  équation  ne 
peut  être  intégrée  dune  manière  générale. 

Wullner(- )  a  constaté  que,  pour  le  sel  marin  par  exemple, 

F 

et  pour  une  solution  de  composition  constante,  y  ^s^t  indépen- 

diuil  de  la  température T  (i^'^Fasc,  p.  25o).  Il  résulte  de  laque 


(')   KiHcmioiF,  Annalt^  de  Pogjrendorffy  t.  CMI,  p.  177;   i8')7. 
(')  AN  LLLNtH,  Annales  de  VoL^gcndorff^  t.  CXXIX,  p.  333;  i8ô'). 


DISSOLUTION.  m 


*  * 


raddilion  d*une  quantité  d*eau  quelconque  à  la  dissolution 
n*esl  accompagnée  de  la  production  d*aucun  phénomène  ther- 

F 

mique  particulier.  Pour  d*autres  substances  -^  est  variable,  et 

par  suite  t/Q  n'est  pas  nul  pour  le  passage  d'une  solution  dé- 
terminée à  une  solution  plus  étendue  du  même  sel. 


112**  THERMODYNAMIQUE. 


CHAPITRE  V. 

SOURCES  DE  CHALEUR.    -   MOTEURS  THERMIQUES. 

I.  Sources  mécaniques  do  chaleur.  —  Projectiles.  —  Aérolllhes.  — 
Vents.  —  Pluies.  —  Fleuves.  —  Marées. 

H.  Sources  chimiques  de  chaleur.  —  Application  du  principe  de  Téqui- 
valence  aux  phénomènes  chimiques.  —  Variation  de  la  chaleur  de 
combinaison  avec  la  température.  —  Application  du  principe  de  Carnet. 

111.  Chaleur  animale.  —  Étude  chimique  de  la  respiration.  —  Siège  des 
combustions.  —  Nature  des  actions  chimiques.  —  Mesure  de  la  cha- 
leur animale.  —  De  la  force  animale. 

Machines  à  air  chaud.  —  Moteur  d'Ericcson.  —  Moteurs  à  gaz  tonnant. 
—  Cycle  réalisé  dans  les  machines  à  vapeur. 


SOURCES  DE  CHALEUR. 

I.  SOURCES  UÉCÂNIQiUES  DE  CHALEUR.  —  Nous  avons  vu  com- 
ment Rumford  avait,  le  premier,  transformé  le  travail  d'un 
cheval  en  chaleur.  Dans  ces  conditions,  l'opération  est  loin 
d'être  économiciue;  mais  il  se  peut  qu'elle  le  devienne  si  l'on 
emploie,  par  exemple,  le  travail  d'une  chute  d'eau.  MM.  Beau- 
mont  et  Mayer  (')  ont  construit  une  machine  destinée  à  cette 
transformation.  Elle  se  compose  d'une  chaudière  de  -i'"  de 
longueur  qui  contient,  suivant  son  axe,  un  long  tube  co- 
nique de  cuivre.  Dans  ce  tube  s'emboîte  un  cône  couvert  de 
chanvre  tressé  et  huilé  qu'on  fait  tourner  avec  une  vitesse 
de  qon  tours  par^  minute,  (jui  frotte  dans  sa  boîte  et  déve- 
lopj)e  assez  de  chaleur  pour  élever  en  une  heure  4'>o'''  d'eau 


(')  He.m:m()Nt  el  AIayer,  Drscnjtd'op  d'un  appareil  producteur  de  la  chaleur 
duo  au  frutteiucnt  et  obtenue  au  moyen  d'une  force  perdue  ou  non  employée 
{Comptes  rendus  de  l' Académie  des  Sciences  y  l.  XL,  p.  983;  i855).  Be.vumo5T, 
Cosmos,  l.  WI,  p.  434. 


SOURCES  MÉCANIQUES  DE  CHALEUR.     ii3** 

à  i3o°etla  réduire  en  vapeur;  on  peut  ensuite  employer  celte 
vapeur  au  chauffage.  On  remarquera  que  ce  générateur  de 
chaleur  pourrait  être. mis  en  mouvement  par  une  machine  à 
vapeur  à  basse  pression  dont  la  chaudière  serait  chauffée  à  loo", 
et  dont  le  travail  échaufferait  jusqu'à  i3o*»  Teau  du  générateur 
de  chaleur.  En  somme,  de  Teau  à  loo**  échaufferait  par  un  in- 
termédiaire mécanique  une  autre  quantité  d'eau  jusqu'à  i3o<*. 
A  ce  point  de  vue,  ces  transformations  ont  un  intérêt  réel. 

PROJECTILES.  —  Un  boulet  dont  la  vitesse  est  (^  et  la  masse  P 
possède  une  force  vive  égale  à  Pi'-,  équivalente  à  un  travail 

(^  =  — •  Si  le  boulet  s'arrête  tout  à  coup,  ce  travail  se  trans- 

2 

forme  en  une  quantité  de  chaleur  q,  qui  est  égale  au  produit 
de  P  par  l'élévation  de  température  0  et  par  la  chaleur  spéci- 
fique G  que  nous  supposerons  constante;  on  a 

Vif-  v^ 

1  ^  a  CE 

11  est  donc  facile  de  calculer  la  température  qu'aurait  le  pro- 
jectile au  moment  de  son  arrêt  brusque,  si  la  chaleur  dévelop- 
pée par  le  choc  ne  se  partageait  pas  entre  le  boulet  et  l'obstacle 
qui  lui  est  opposé.  En  supposant  v  égal  à  Soc*'*  par  seconde, 
une  balle  de  plomb  s'échaufferait  de  800'»  et  un  boulet  de  fer  de 
5oo®.  L'échauffemenl  est  indépendant  du  poids  et  en  raison  in- 
verse de  la  chaleur  spécifique. 

AÉROLITHES.  —  Cet  échauffemenl  est  proportionnel  au  carré  f- 
fle  la  vitesse.  Si,  au  lieu  de  ooo'",  elle  était  de  i^*",  le  projectile 
de  fer  s'échaufferait  quatre  fois  plus,  ou  de  1200®;  si  elle  étaii 
égale  à  ?>"»,  il  arriverait  à  la  température  de  4800^  Or  on  sait 
que  certaines  météorites  sont  en  fer  à  peu  près  pur,  qu'elles 
ont  des  vitesses  énormes  de  10  à  loo""'"  par  seconde,  et  qu'elles 
plongent  dans  l'atmosphère  à  un  moment  donné.  Elles  y  éprou-, 
vent  une  résistance  progressive,  et,  au  bout  de  quelques  se- 
condes, leur  vitesse  est  sensiblement  anéantie  :  de  là  un  énorme 
développement  de  chaleur  partagé  entre  l'air  environnant  qui 
devient  lumineux  tout  autour  et  la  masse  météorique  qui  s'é- 

J.  «l  B.,   Theimodynamù/ue .  —  11.  3*  fasc.  8" 


ii4**  THERMODYNAMIQUE. 

chauffe  superficiellement,  qui  brûle  et  se  volatilise.  Si  c'esi 
une  étoile  filante  ordinaire,  il  en  résulte  un  peu  de  poussière 
qui  tombe  sur  le  sol.  Si  la  masse  est  considérable,  elle  fond  à 
la  surface,  qui  se  couvre  d'une  sorte  de  vernis.  En  général,  l'air 
exerce  sur  la  partie  antérieure  d'un  bolide  une  pression  suffi- 
sante pour  la  briser  en  fragments  enflammés.  Le  plus  souvent 
ces  fragments  ont  une  texture  terreuse;  quelquefois  leur  inté- 
rieur a  conservé  la  température  des  espaces  célestes.  On  a  cal- 
culé que  si  la  Terre  était  tout  à  coup  arrêtée  dans  son  mouve- 
ment de  translation,  elle  s'échaufferait,  comme  un  aérolithe, 
de  plusieurs  milliers  de  degrés,  et  qu'elle  se  volatiliserait.  Si, 
après  s'être  arrêtée,  elle  tombait  sur  le  Soleil,  il  en  résulterait 
autant  de  chaleur  que  par  la  combustion  de  seize  cents  globes 
de  charbon  égaux  à  son  volume. 

VENTS.  ~  A  réquateur,  l'air  fait  une  double  provision  de 
chaleur,  d'abord  parce  qu'il  se  charge  de  vapeur  d'eau,  ensuite 
parce  qu'il  s'échauffe.  Devenu  plus  léger,  il  s'élève  dans  les 
régions  supérieures,  où  il  transporte,  en  partie  au  moins,  la 
vapeur  qu'il  contenait.  En  se  dilatant,  il  fait  un  double  travail, 
celui  de  son  ascension  et  celui  de  sa  dilatation,  ce  qui  produit 
une  double  destruction  de  chaleur,  et  sa  température  baisse. 
Il  s'élance  alors  vers  les  pôles  sous  forme  de  deux  courants 
très  élevés,  les  courants  équaloriaux,  et  redescend  ensuite  sur 
le  sol  aux  latitudes  moyeimes.  11  accomplit  alors  un  travail 
inverse  et  égal  au  précédent,  puisqu'il  reprend  son  volume 
et  sa  pression  primitive,  et  qu'il  redescend  au  même  niveau. 
C'est  ainsi  qu'il  rapporte  aux  contrées  tempérées  toute  la 
chaleur  et  toute  l'eau  qu'il  avait  empruntées  aux  zones  lor- 
rides. 

PLUIES.  —  La  plus  grande  partie  de  l'eau  est  restituée  à  Tétai 
de  pluie.  A  partir  de  la  hauteur  où  elle  se  forme  jusqu'au 
moment  où  elle  atteint  le  sol,  elle  fait  un  travail  qui  se 
transforme  en  chaleur,  et  qui  élève  sa  température. 

l*our  chaque  mètre  de  chute,  la  température  de  la  pluie 
augmente  de  i^  de  degré,  soit  i"  par  chaque  fois  4^5"  de 
chute. 


SOURCES  CHIMIQUES  DE  CHALEUR.  ii5** 

FLEUVES.  —  Arrivée  sur  le  sol,  la  pluie  se  réunît  en  rivières 
qui  reiournenl  à  la  mer.  Comme  leurs  vitesses  sont  à  peu 
près  constantes,  on  peut  dire  qu'elles  s'échauffent  de  i°  par 
chaque  abaissement  de  niveau  égal  à  425*".  La  chute  du  Rhin 
est  égale  à  20'":  l'augmentation  de  température  est  de  -^  de 
degré.  En  admettant  que  le  courant  débite  210000^»  d'eau  en 
une  seconde,  il  produirait  864000000  grandes  calories  par 
jour,  ce  qui  suffit  pour  fondre  12000"*^  de  glace.  Chemin  fai- 
sant les  fleuves  font  tourner  des  moulins  :  c'est  un  emprunt 
qu'on  fait  à  leur  force  vive,  qui  sert  à  faire  un  travail  méca- 
nique, mais  cesse  de  produire  de  la  chaleur.  Ce  travail,  en 
réalité,  est  fait  par  le  Soleil,  qui  a  élevé  les  eaux. 

MAB&8.  —  L'action  combinée  du  SoleH  et  de  la  Lune  déter- 
mine en  deux  points  opposés  des  mers  deux  surélévations  du 
niveau  des  eaux  qui,  pendant  vingt-quatre  heures,  occupent 
sensiblement  la  même  position  par  rapport  à  la  Lune,  mais 
qui  font  le  tour  de  la  Terre,  puisque  celle-ci  tourne.  Elles 
agissent  comme  un  frein  immobile  qui  serrerait  la  Terre;  elles 
tendent  à  diminuer  sa  vitesse  de  rotation  d'une  quantité  qui 
a  été  calculée  par  M.  Delaunay.  D'après  ce  savant,  cette  in- 
fluence est  minime  ;  elle  augmenterait  la  durée  du  jour  de 
une  seconde  en  100  000  ans  ;  elle  détruirait  le  mouvement  de 
rotation  de  la  Terre  en  86  millions  de  siècles.  Cette  perte  de 
force  vive  détermine  un  développement  de  chaleur  qu'on  peut 
calculer  et  qui  est  considérable,  à  cause  de  la  grande  dimen- 
sion de  la  Terre.  Si  la  rotation  terrestre  cessait  entièrement, 
elle  développerait  autant  de  chaleur  que  le  Soleil  en  envoie 
pendant  quatre-vingt-un  jours  ;  comme  elle  doit  s'arrêter  en 
86  millions  de  siècles,  elle  en  développe  par  année  à  peu  près 
autant  qu'elle  en  reçoit  du  Soleil  en  un  millième  de  seconde. 

On  peut  utiliser  la  force  des  marées  pour  un  travail  méca- 
nique ;  ce  travail  est  pris  non  plus  à  la  chaleur  solaire,  mais  à 
la  force  vive  de  rotation  de  la  Terre. 

H.  S0UECE8  GHIKiaUES  DE  CHALEUR.  —  Les  principales  sources 
de  chaleur  d'origine  chimique  sont  :  1°  les  dégagements  de 
chaleur  accompagnant  certaines  transformations  allotropiques. 


ii6**  THERMODYNAMIQUE. 

par  exemple  celle  du  soufre  mpu  en  soufre  ordinaire,  2*  la 
formation  des  combinaisons  chimiques  exothermiques,  par 
exemple  les  combustions  vives  ou  lentes,  les  réactions  des 
acides  sur  les  bases,  etc.  ;  3°  la  destruction  des  combinaisons 
chimiques  endothermiques  ou  des  corps  explosifs,  comme  le 
chlorure  d'azote,  la  nitroglycérine,  etc.;  4**  enfin  des  réactions 
plus  complexes,  telles  que  doubles  décompositions,  etc. 

Ces  diverses  sources  de  chaleur  ont  été  étudiées  précédem- 
ment avec  le  développement  nécessaire.  Nous  ne  nous  occu- 
perons ici  que  de  l'application,  aux  phénomènes  chimiques, 
des  principes  de  la  Théorie  mécanique  de  la  chaleur. 

APPUGÂTIOH  DU  PBINGIPE  DE  L'ÉaunTALERGE  AUX  PHÉHOMËHES  GEI- 
laaUES.  —  Le  principe  de  Téquivalence  est  applicable  à  tout 
ensemble  de  réactions  chimiques,  réversibles  ou  non,  con- 
stituant un  cycle  fermé.  La  somme  des  quantités  de  chaleur 
absorbées  est  égale  au  travail  extérieur  produit»  divisé  par  l'é- 
quivalent mécanique  de  la  chaleur. 

Quand  les  réactions  ont  lieu  entre  des  corps  solides  ou  li- 
quides, sans  dégagement  de  gaz,  les  variations  de  volume  que 
ces  corps  éprouvent  et  le  travail  extérieur  produit  sont  négli- 
geables :  la  somme  des  quantités  de  chaleur  absorbées  es\ 
nulle.  Il  en  résulte  plusieurs  conséquences  importantes  : 

I"  Quand  un  système  de  corps  passe  d'un  état  initial 
donne  A  à  un  même  état  final  B,  par  des  transformations 
réi'ersibles,  la  quantité  de  chaleur  dégagée  est  indépen- 
dante des  états  intermédiaires  par  lesquels  passent  les 
divers  corps  du  système.  \\  suffit,  en  effet,  pour  établir  un 
cycle  fermé,  de  faire  passer  le  système  de  l'état  A  à  Téut  B. 
par  l'un  des  intermédiaires,  et  de  l'état  B  à  l'état  A  par  l'autre. 
La  clialeur  totale  dégagée  dans  le  cycle  est  nulle,  d'où  il  ré 
suite  que  les  (juantités  de  chaleur  dégagées  dans  les  deu\ 
transformations  dont  il  se  compose  sont  égales  et  contraires. 
Cette  proposition  est  encore  vraie  s'il  y  a  eu  travail  extérieur 
elVeclué,  pourvu  qu'il  soit  le  même  dans  les  deux  cas  ; 

?/'  Quand  un  système  de  corps  part  d'états  initiaux  dis- 
tincts pour  arriver,  par  des  transformations  réversibles,  à  un 
état  final  identique^  ou  réciproquement  y  la  différence  des 


SOURCES  CHIMIQUES  DE  CHALEUR.     117** 

quantités  de  chaleur  dégagées  est  égale  à  la  quantité  de 
chaleur  qui  se  dégagerait,  si  le  système  passait  directement 
du  premier  état  initial  {ou  final)  au  second. 

Dans  Tapplication  de  ces  propositions,  il  faut  toujours  bien 
prendre  garde  à  l'égalité  des  travaux  extérieurs,  s'il  y  en  a  de 
produits.  Nous  en  avons  déjà  fait  usage,  avec  cette  restriction, 
dans  le  Chapitre  consacré  à  la  Thermochimie. 

VABIATIOH  DE  LA  GHALEUE  DE  COHBniAISOH  AVEC  LA  TEMPÉRA- 
TUBE.  —  Désignons  par  C  la  chaleur  spécifique  de  l'un  quel- 
conque des  corps  qui  se  combinent,  par  C  celle  de  l'un  quel- 
conque des  corps  résultant  de  la  combinaison.  Nous  pouvons 
établir  un  cycle  fermé:  1°  en  produisant  la  combinaison  à  la 
température  t,  ce  qui  dégage  une  quantité  de  chaleur  Q^  ;  2®  en 
échauffant  les  produits  de  la  combinaiison  de  ^à  T  ;  3"  en  dé- 
truisant la  combinaison  à  T,  ce  qui  absorbe  Qt;  4°  ^^  refroi- 
dissant les  composants  de  T  à  ^.  Soit  G  le  travail  extérieur 
produit  ;  on  a 

T  T 

(,)  QT_o,=  irfG4-  f  Cdt-  r  Cdt' 

Le  travail  extérieur  dCB  est  nul  :  1®  si  les  corps  qui  se  combi- 
nent sont  solides  ou  liquides  et  qu'il  n'y  ait  pas  dégagement 
de  gaz  dans  la  combinaison  ;  2°  si  les  corps  qui  se  combinent 
sont  des  gaz  qui  s'unissent  sans  condensation,  comme  le 
chlore  et  l'hydrogène,  par  exemple  ;  3"  si  la  réaction  s'opère 
en  vase  clos,  à  l'abri  de  la  pression  extérieure. 

Dans  tous  ces  cas,  la  chaleur  de  combinaison  augmente  ou 
diminue,  quand  on  fait  croître  la  température  suivant  que  la 
chaleur  spécifique  moyenne  des  produits  de  la  combinaison 
est  inférieure  ou  supérieure  à  celle  des  composants. 

APPUGATIOH  DU  PBIHGIPE  DE  CABHOT.  —  Le  principe  de 
Carnot  s'applique  aux  phénomènes  chimiques  réversibles, 
par  exemple  au  phénomène  de  la  dissociation,  aux  chan- 
gements allotropiques  effectués  avec  une  tension  Vi\e  de  trans- 
formation. Les  raisonnements  et  les  calculs  que  nous  avons 
faits  à  propos  des  changements  d'état  physiques  conservent 


1 18**  ÏIIEIIMODYNAMIQUE. 

ici  loule  leur  valeur,  el  l'on  peut  appliquer  les  formules 

(2)  L3Z..^(W'_|/)^, 

(3)  T^dt"^^^^  ~'"^' 

auxquelles  nous  sommes  parvenus  précédemment.  S'il  s'agit  par 
exemple  de  la  dissociation,  L  est  la  chaleur  nécessaire  pour  dé- 
composer Tunité  de  masse  de  la  substance  à  la  température  T  ; 
u'  est  la  somme  des  volumes  des  produits  de  la  décomposition, 
//  le  volume  spécifique  du  composé,  généralement  négligeable; 
p  la  tension  de  dissociation  ;  m'  q\  m  les  quantités  de  chaleur 
à  fournir  aux  produits  de  la  décomposition  de  l'unité  de  masse 
de  la  substance  et  à  cette  substance  elle-même  pour  les 
échauffer  de  i*  dans  les  conditions  de  l'expérience,  c'esl- 
à-dire  sous  la  tension  variable  de  dissociation. 

La  formule  {i)  établit  que,  si  L  est  positif,  u'  —  w  et  -^  sont 

de  môme  signe  ;  mais,  en  général,  un  composé  solide  se  dissocie 
en  donnant  naissance  à  un  gaz  ;  //'  —  u  est  donc  positif;  il  en 

est  de  même  de  -,-\  la  tension  de  dissociation  croît  avec  la 

dt 

tempera  turc,  ce  qui  est  en  effet  le  cas  général.  Pour  les  corps 

dont  la  tension  de  dissociation   présente  un  maximum,  on  a, 

à  la  température  de  ce  maximum,  -4-  =r  o,  et  la  chaleur  L  de 

dt 

combinaison  est  nulle  :  elle  doit  devenir  négative  au-dessous. 

III.  CHALEUR  ANIUALE.  -  Aux  sources  de  chaleur  d'origine 
mécani(juo  ou  chimique,  il  faut  en  joindre  d'autres  encore  qui 
sont  propres  aux  êtres  vivants.  On  sait  que  la  température  du 
corps  des  animaux  dits  à  sang  chaud  se  maintient  de  plusieurs 
degrés  supérieure  à  la  température  ambiante  et  reste  sensi- 
blement constante  malgré  les  variations  de  celle-ci.  Certains 
organes  des  plantes  se  trouvent  dans  des  conditions  analogues. 
Il  convient  de  rechercher  comment  celle  chaleur  vitale  se  rat- 
tache aux  sources  de  chaleur  déjà  connues,  si  elle  obéit  aux 
mêmes  lois  ou  si  l'exercice  de  la  vie  n'en  modifierait  pas  en 


CHALEUR  ANIMALE.  119** 

quelque  façon  les  conditions  essentielles.  L'étude  patiente  des 
réactions  chimiques  qui  s'accomplissent  dans  les  tissus  des 
êtres  vivants,  la  mesure  des  quantités  de  chaleur  dégagées  par 
ces  tissus  dans  les  diverses  circonstances  où  ils  se  trouvent 
placés  pendant  la  vie  peuvent  seules  élucider  cette  question 
d'une  si  haute  portée  philosophique.  Nous  ne  nous  occupe- 
rons ici  que  des  animaux  supérieurs. 

Haies  (*  ),  Cigna  (<  ),  Black  (*)  et  Priestffey  (2)  avaient  prouvé 
que  dans  l'air  confîné  la  respiration  produit  les  mêmes  change- 
ments chimiques  que  la  combustion  des  bougies.  Lavoisier  (3) 
vérifia  ces  résultats,  démontra  de  plus  que  tout  l'oxygène  ab- 
sorbé ne  se  retrouve  pas  dans  l'acide  carbonique  exhalé  et 
qu'une  partie  de  ce  gaz  doit  se  transformer  en  eau.  EnQn,  assi- 
milant en  tout  la  respiration  à  la  combustion,  il  admit  que  les 
matériaux  du  sang  sont  brûlés  soit  dans  les  poumons,  soit 
dans  l'ensemble  des  vaisseaux  circulatoires,  et  qu'ils  y  déve- 
loppent la  quantité  de  chaleur  que  leur  carbone  et  leur  hydro- 
gène produiraient  en  se  combinant  directement  avec  l'oxygène. 
La  machine  animale  lui  parut  soumise  à  l'action  de  trois  régu- 
lateurs principaux  :  la  respiration,  qui,  en  brûlant  le  sang, 
développe  la  chaleur  ;  la  transpiration,  qui  est  une  cause  de 
refroidissement;  et  enfin  la  digestion,  qui  répare  continuelle- 
ment les  pertes  continuelles  de  la  respiration  et  de  la  transpi- 
ration. 

Depuis  cette  époque,  la  théorie  de  Lavoisier  a  été  déve- 
loppée par  un  grand  nombre  d'expérimentateurs.  Nous  nous 
contenterons  de  citer  les  travaux  les  plus  récents  et  les  plus 
exacts. 

ÉTUDE  CHnaaUE  DE  LA  RESPIRATION.—  MM.  Kegnault  et  Heiset(«) 
plaçaient  des  animaux  sous  une  cloche  en  verre  contenant  une 


(•)  Hales,  Cigna  el  Black,  d'après  MM.  Rej^nault  et  Rcisct,  Annales  de  C/ii' 
mie  et  de  Physique^  3*  série,  l.  XXVI,  p.  3oo;  i8'i9. 

(')  Phikstley,  voir  Chemical  Journal  de  Crell,  l.  I",  p.  317. 

(')  LAVoisitR,  Mémoires  sur  la  chaleur  {OEuvrea,  t.  Il,  p.  3 18)  et  Mémoires 
de  r Académie  des  Sciences,   17771  178901  1790. 

(*)  Recnault  et  Reiset,  Annales  de  Chimie  et  de  Phjrsiquey  3*  série,  t.  XXVI, 


1%        ^r\r\ 


»  W'./-. 


I20**  THERMODYNAMIQUE. 

quanlilé  resireinle  d'air.  Une  dissolution  de  potasse  absorbait 
l'acide  carbonique  aussitôt  qu'il  se  produisait,  et  l'oxygène  se 
renouvelait  continuellement,  à  mesure  qu'il  était  transformé. 
De  cette  façon  la  composition  de  l'air  restait  constante,  éi 
l'animal,  maintenu  dans  ses  conditions  habituelles  d'existence, 
pouvait  demeurer  plusieurs  jours  sous  la  cloche  avec  une  pro- 
vision suffisante  de  nourriture.  L'analyse  des  produits  gazeux 
a  donné  les  résultats  Suivants  : 

i^  Tout  animal  transforme  en  acide  carbonique  une  portion 
d'autant  plus  considérable  de  l'oxygène  absorbé  que  son  ré- 
gime est  plus  végétal.  Quelquefois  l'acide  carbonique  expiré 
contient  la  totalité  de  l'oxygène  absorbé  ;  et  enfîn,  dans  des  cas 
très  rares,  il  y  a  plus  d'acide  carbonique  exhalé  qu'il  ne  peul 
s'en  former  avec  l'oxygène  emprunté  à  l'atmosphère  ;  l'excès 
doit  évidemment  provenir  de  la  combinaison  directe  de  l'oxy- 
gène et  du  carbone  contenus  dans  les  aliments. 

9.*'  Puisque,  en  général,  une  portion  seulement  de  l'oxygène 
se  retrouve  dans  l'acide  carbonique,  une  autre  partie  a  dû 
être  employée  soit  à  faire  de  l'eau,  soit  à  transformer  les  ali- 
ments en  produits  plus  oxygénés,  urée,  acide  urique,  etc.  Celle 
partie  est  d'autant  plus  considérable  que  l'animal  mange  plus 
do  viande  ou  de  graisse. 

3**  A  rétai  de  santé,  l'animal  restitue  à  l'atmosphère  un»* 
faible  quanlilé  d'azote  |)rovenanl  de  sa  substance  propre.  Lo 
poids  de  cet  azote  est  généralement  plus  petit  que  le  centième 
de  celui  de  l'oxygène  absorbé.  Si  l'animal  est  malade  ou  privé 
de  nourriture,  il  absorbe  de  Tazole  au  lieu  d'en  exhaler. 

Toutes  ces  conclusions  sont  confirmées  par  un  mode  d'ex- 
périmenlalion  loul  différent  (lue  l'on  doit  à  M.  Boussingaull('), 
et  qui  consiste  à  soumettre  un  animal  à  une  ration  telle,  qu'il 
ne  gagne  ou  ne  perde  aucun  poids  el  à  faire  l'analyse  exacte 
de  tout  ce  qu'il  mange,  celle  de  tout  ce  qu'il  rejette.  Los 
expériences  ont  été  faites  sur  un  cheval,  une  vache  el  une 
tourterelle.  Elles  ont  montré  que  ces  animaux  avaient  perdu 
(H  rendu  à  l'almosphère,  par  les  voies  aériennes:   i°  du  car- 


('  )  IioL'ssiN(;AfLT,  Annales  de  Chimie  et  de  Physique  y  a*  série,  l.  LXXl,  p.  n3 
el  12N;  3"  série,  t.  XI,  p.  4^3;  i<S'j'}. 


CHALEUR  ANIMALE.  121** 

bone   transformé   en   acide  carbonique  ;   2"  de  Thydrogène, 
probablement  à  Tétat  d'eau  ;  3*»  de  Fazote  qui  devait  être  libre. 

SIÈGE  DES  COMBUSTIONS.  —  On  s*est  demandé  ensuiie  dans 
quelle  partie  de  l'organisme  se  fait  la  combustion  des  prin- 
cipes du  sang.  Lavoisier  (*)  inclinait  à  penser  qu'elle  a  lieu 
dans  les  poumons  mêmes.  Si  cette  hypothèse  était  vraie,  le 
poumon  devrait  s'échauffer  au  point  d'êtr«  altéré,  et  le  sang 
artériel  avoir  sur  le  sang  veineux  un  excès  de  température  qui 
n'existe  pas.  Lagrange  {^)  supposa  que  cette  combustion  se 
fait  dans  les  canaux  circulatoires,  et  surtout  dans  les  capillaires 
généraux;  Spallanzani  (')  confirma  cette  idée  en  montrant  que 
des  grenouilles  exhalent  de  l'acide  carbonique  dans  l'hydro- 
gène longtemps  après  qu'elles  ont  cessé  d'aspirer  de  l'oxygène; 
Edwards  confirma  ces  vues  en  répétant  et  généralisant  les 
expériences  de  Spallanzani.  De  nouvelles  recherches  de 
Magnus  (^),  montrant  que  l'oxygène,  l'azote  et  l'acide  carbo- 
nique existent  toujours  en  dissolution  dans  le  sang,  de  MM.  Ma- 
thieu et  Urbain  (5)  et  de  divers  autres  savants  établissant  que 
l'oxygène  domine  dans  le  sang  artériel,  l'acide  carbonique  dans 
le  sang  veineux,  enfin  les  belles  recherches  de  M.  Hoppe- 
Seyler(«)  sur  l'hémoglobine  ont  établi  sur  des  bases  solides 
la  vraie  théorie  de  la  respiration.  Voici  comment  les  choses  se 
passent.  L'oxygène  et  l'azote  de  l'air,  amenés  par  les  bronches 
dan^  les  cellules  pulmonaires,  traversent  par  endosmose  la 
muqueuse  qui  en  tapisse  les  parois  et  se  dissolvent  dans  le 
sang,  l'azote  en  très  faible  proportion,  l'oxygène  en  quantité 
beaucoup  plus  considérable.  En  effet,  ce  dernier  gaz  est  fixé  par 
l'hémoglobine  des  globules  rouges  du  sang  et  la  transforme  en 
oxyhémoglobine  :  cette  dernière  est  une  véritable  combinaison 


(')  L.vvoisiER,  Mémoire  sur  la  chaleur  [OEui'res,  t.  Il,  p.  3o8). 

(-)  Lagrange,  voir  Dictionnaire  de  Gehlcr^  t.  I**,  p.  429. 

(')  Spallanzani,  Gehler'a  neues  Journal^  t.  lU,  p.  SSg. 

(*)  Magnus,  yf anales  de  Poggendorff^  l.  XL,  p.  583,  et  t.  LXVI,  p.  177,  et 
Annales  de  Chimie  et  de  Physir/ue,  2*  série,  l.  LXV,  p.  iScj;  1837. 

(*)  Mathieu  et  Urbain,  Annales  de  Chimie  et  de  Physique,  4'  série,  t.  XXX, 
p.  5;  1873. 

(•)  IIoppe-Sbyler,  Beitrage  zur  Kentniss  des  Blutes  {Medicinische  Untersu" 
chungen  ans  dem  Laboratorium,  Tùbingen^  t.  H;  1863). 


122**  THERMODYNAMIQUE. 

1res  instable,  d'où  Foxygène  est  aisément  séparé  par  Taction 
des  agents  réducteurs. 

Ainsi  modifié  par  l'absorption  de  l'oxygène  el  devenu  ru- 
tilant, le  sang  arrive  au  cœur,  est  lancé  dans  la  circulation  gé- 
nérale et  pénètre  jusque  dans  les  derniers  vaisseaux  capillaires. 
L'oxyhémogiobine  s'y  décompose  en  hémoglobine  et  oxygène 
qui  est  fourni  aux  éléments  réducteurs  apportés  par  le  sang 
lui-même  ou  fournis  par  les  tissus  ;  en  revanche,  ceux-ci  aban- 
donnent au  sang  de  Peau  et  de  Tacide  carbonique,  résultat  de 
leur  combustion  lente;  de  rutilant  le  sang  devient  plus  foncé. 
Dans  cet  étal,  il  revient  au  poumon,  perd  par  exosmose  l'acide 
carbonique  et  Teau  qui  se  sont  formés,  ainsi  que  l'azote  qui 
avait  été  entraîné,  el  il  remplace  ces  gaz  par  une  nouvelle 
proportion  d'oxygène  el  d'azote  avant  de  recommencer  le 
même  trajet. 

NATURE  DES  ACTIONS  CHIMiaUES.  —  11  faut  enfin  chercher  à  se 
rendre  compté  des  transformations  que  les  aliments  éprouvent 
dans  l'économie.  Ils  contiennent  de  l'oxygène,  du  carbone, 
de  l'hydrogène  et  de  l'azote,  engagés  dans  des  combinaisons 
extrêmement  diverses.  Leur  état  chimique  subit  une  première 
iransformaiion  dans  les  appareils  digestifs,  où  ils  se  sépareni 
en  deux  parties,  l'une  qui  passe  dans  la  circulation,  l'autre  qui 
est  rejetée  sous  forme  d'excréments,  toutes  deux  constituées 
par  des  principes  immédiats  différents  de  ceux  qui  avaient  été 
ingérés.  Ceux  de  ces  principes  qui  entrent  dans  les  canaux 
circulatoires  el  renouvellent  le  sang  s'oxydenl  ensuite  sous 
l'influence  de  l'oxygène,  soit  directement,  soil  après  avoir  été 
fixés  dans  les  tissus  :  les  uns  pour  se  transformer  en  urée, 
acide  urique,  etc.,  el  être  rejelés  soit  dans  les  urines,  soil  par 
la  peau,  soil  par  toutes  les  glandes  sécréloires;  les  autres  pour 
se  briller  eniièremeni,  donner  de  l'acide  carbonique,  de  l'eau 
el  de  l'azoïe,  el  être  exhalés  par  les  surfaces  respiratoires.  Il 
y  a  donc  [lendanl  la  vie  d'un  animal  une  multitude  d'actions 
physicjues  ou  chimiques  provenant  de  la  digestion,  de  la  respira- 
lion  ou  de  i'évaporalion;  et,  comme  chacune  d'elles  développe 
ou  absorbe  de  la  chaleur,  la  somme  algébrique  des  calories 
dégagées  pendant  toutes  ces  transformations  doit  être  égale  à 


MESURE  DE  LA  CHALEUR  ANIMALE.  i23** 

la  chaleur  totale  développée  par  TanimaL  On  pourrait  donc 
calculer  celle-ci  si  Ton  connaissait  toutes  les  actions  chimi  - 
ques  qui  s'accomplissent  et  les  quantités  de  chaleur  qu'elles 
développent  :  c'est  le  problème  que  Lavoisier  s'est  posé.  Nous 
allons  voir  jusqu'à  quel  point  on  a  pu  le  résoudre. 

1IE8UBE  DE  LA  GHALEUR  ANIMALE.  —  Lavoisier  (  *  )  ayant  choisi 
deux  cochons  d'Inde  de  même  poids  et  sensiblement  iden- 
tiques, plaça  Tun  dans  une  cloche  dont  on  renouvelait  l'air  et 
l'autre  dans  le  calorimètre  à  glace.  Ces  deux  animaux  ayant 
demeuré  en  expérience  pendant  dix  heures,  le  premier  avait 
brûlé  3«',333  de  charbon,  ce  qui  aurait  produit,  si  ce  carbone 
avait  été  libre,  assez  de  chaleur  pour  fondre  3i6^^,'j5  déglace; 
le  second  en  avait  fondu  réellement  407^',  ^7  ;  mais,  comme  il 
s'était  refroidi,  Lavoisier  estima  qu'il  fallait  réduire  ce  nombre 
à  341'''.  Il  en  conclut  que  la  chaleur  développée  par  un  animal 
est  sensiblement  égale  à  celle  que  l'on  produirait  en  brûlant 
dans  l'oxygène  la  quantité  de  charbon  que  cet  animal  trans- 
forme en  acide  carbonique. 

On  peut  tout  d'abord  faireà  cette  expérience  deux  objections  : 
la  première,  que  les  deux  animaux  comparés  n'étaient  point 
identiques;  la  deuxième,  qu'il  n'a  pas  été  tenu  compte  de  l'hy- 
drogène brûlé.  C'est  pour  lever  ces  objections  que  Despretz  (  2  ) 
et  Dulong  {^)  reprirent  les  expériences  de  Lavoisier  à  peu  près 
en  même  temps  et  avec  des  appareils  presque  identiques;  la 
fig.  21  représente  celui  de  Dulong.  Un  animal  était  placé  enl) 
dans  une  caisse  entourée  d'eau  qui  faisait  fonction  de  calori- 
mètre et  permettait  de  mesurer  la  chaleur  cédée.  Un  courant 
d'air  pur  fourni  par  un  gazomètre  A  traversait  la  caisse  et  était 
recueilli  dans  un  deuxième  gazomètre  L  On  pouvait  consé- 
quemment  mesurer  la  quantité  d'oxygène  absorbée  et  celle 
d'acide  carbonique  produite.  On  retranchait  de  cet  oxygène 
total  celui  que  l'acide  carbonique  contenait,  et  l'on  admit  que 
la  différence  exprimait  l'oxygène  employé  à  brûler  l'hydrogène 
et  à  faire  de  l'eau. 


(';  Lavoisier^  Mémoire  sur  la  chaleur  {OFMvrea^  l.  II,  p.  3i8). 

(  '  )  Dbsprbtz,  Annales  de  Chimie  et  de  Physique^  i*  série,  t.  X  \  VI ,  p.  387  ;  i  K  »  4  • 

(*)  Dl'lo?io,  Annales  de  Chimie  et  de  Physique,  3*  série,  t.  I",  p.  44©;  i8'|i. 


ia4"  THEHMODVNAMIQUE. 

On  calcula  ensuite  les  quantités  de  chaleur  qui  seraient  pro- 
iluites  si  l'on  Tormail  par  combustion  vive  les  mêmes  quantités 
(l'acide  carbonique  et  d'eau  avec  du  charbon  et  de  l'hydrogène 
libres;  on  en  (it  la  somme,  ê(  on  la  compara  à  la  chaleur  réel- 
lement produite  par  l'animal.  Le  rapport  de  la  première  à  la 
'lernière  de  ces  quantités  est  en  moyenne  égal  à  0,^06  d'après 
Dutong,  et  à  0,923  d'après  Despretz. 


Ces  résultais  paraissent  démontrer  au  premier  abord  que  la 
chaleur  dégafiée  par  un  animal  est  fournie  à  moins  de  -,\  par 
la  combustion  du  charbon  et  de  l'hydrogène.  Malheureuse- 
ment, les  hases  des  eNpériences  précédentes  sont  inadmi>- 
sibies  :  1°  on  néglige  toutes  les  actions  chimiques  de  la  «lises- 
lion:  2"  on  ne  tient  aucun  compte  du  froid  qui  se  produit  par 
l'évaporalion  ou  par  le  dégagcmenl  de  l'azote;  3°  on  admet 
que  tout  l'oxygène  qui  ne  se  retrouve  pas  dans  Tacidc  carbo- 
nique a  été  employé  à  former  de  l'eau,  ce  qui  ne  peut  être 
vrai;  4°  on  suppose  que  leu  principes  du  sang  qui  sont  brûlés 
ilévelopppiit  une  quantité  de  chaleur  égale  à  celle  ()ue  leur 
carbone  cl  leur  hydrogène  produiraient  s'ils  étaient  libres,  ce 
qui  est  faux. 

"n  ne  doit  donc  point  considérer  les  expériences  précé- 
dentes comme  concluantes.  Pour  calculer  la  chaleur  animale. 


DE  LA  FORCE  ANIMALE.  i25** 

il  faudrait  se  rendre  un  compte  exact  de  toutes  les  actions 
qui  se  produisent  dans  Téconomie,  mesurer  les  quantités  de 
chaleur  développées  dans  chacune  d'elles,  et  en  faire  la 
somme. 

Ce  problème  ne  peut  être  abordé  aujourd'hui.  Néanmoins, 
tous  les  physiologistes  sont  d'accord  sur  la  théorie  de  Lavoi- 
sier  :  ils  admettent  que  la  somme  de  chaleur  développée  par 
un  animal  pendant  un  temps  donné  est  due  à  la  somme  des 
actions  chimiques  qui  s'accomplissent  dans  ses  organes;  et 
que  la  plus  grande  partie  vient  de  la  combustion  de  ses  ali- 
ments, après  qu'ils  ont  été  assimilés. 

DE  LA  FOBGE  ANIMALE.  —  En  i84'j»  la  question  entra  dans  une 
phase  nouvelle.  Jules  Robert  Mayer  (•  ),  médecin  à  He4lbronn, 
énonça  un  principe  nouveau,  aussi  hardi  et  aussi  fécond  que 
celui  de  Lavoisier  :  c'est  que  tout  animal  est  une  machine 
thermique^  que  chacun  des  mouvements  qu'il  accomplit  est 
une  transformation  en  force  de  la  chaleur  de  combustion  qui 
se  produit  dans  ses  tissus,  et  que,  s'il  développe  un  travail 
extérieur,  c'est  à  la  condition  de  perdre  une  quantité  équiva- 
lente de  chaleur.  Dans  une  locomotive  comme  dans  un  animal, 
c'est  la  combustion  du  charbon  ou  des  aliments  qui  fournit  la 
chaleur,  et  c'est  cette  chaleur  qui  se  transforme  en  travail.  La 
direction  est  donnée  par  le  machiniste  ou  par  la  volonté  de 
l'animal,  elle  est  transformée  par  des  organes  matériels  ou  par 
les  nerfs. 

L'expérience  a  confirmé  cette  conception  hardie.  M.  Bé- 
clard  (-)  a  fait  à  ce  sujet  une  expérience  qui  esta  la  portée  de 
tous.  En  appliquant  un  thermomètre  sur  les  muscles  du  bras, 
on  reconnaît  que  la  chaleur  dégagée  par  la  contraction  muscu- 
laire est  diminuée  toutes  les  fois  que  cette  contraction  effectue» 
un  travail  extérieur,  celui  de  soulever  des  poids  par  exemple, 
et  que  celte  chaleur  est  augmentée,  au  contraire,  quand  les 


(')  J.-K.  Maylb,  Die  organische  Dewea^uiig  und  lier  SloffiK>echscl  y  WiiWhrowu. 
i8'|5. 

(••)  Bù.LARD,  Archives  générales  de  Médecine,  loir  aussi  Heideniiai.x,  Mectui- 
niscfir  Leistnngy  Wàrmecnt^vickelung  und  Sioffuinsatz  bti der  MuskclUi-itigheil, 
Leipzig,  ib6}. 


126**  THERMODYNAMIQUE. 

muscles  souliennenl  un  poids  qui  tombe  en  obéissant  à  Tac- 
lion  de  la  pesanteur. 

MaislesexpériencesIespIuscomplètessontduesàM.Hirn(*). 
Dans  une  guérite  de  sapin,  fermée  et  éclairée,  était  une  grande 
roue  à  palettes,  mise  en  mouvement  par  un  moteur  extérieur. 
Un  homme  pouvait  marcher  sur  ces  palettes  et  se  trouver 
dans  trois  conditions  différentes  :  i*  y  demeurer  immobile; 
>,^  monter  de  Tune  à  la  suivante,  si  elles  tournent  en  descen- 
dant, et  effectuer  alors  un  travail,  celui  d'élever  son  propre 
poids  P  avec  la  vitesse  circonférencielle  de  la  roue  :  ce  travail 
est  égal  à  2t:KP  n  après  n  tours,  et  doit  absorber  de  la  chaleur; 
3«  le  patient  peut  descendre  de  palette  en  palette,  si  celles-ci 
montent,  et  dégager  un  travail  positif  égal  aussi  à  aTiRPn,  tra- 
vail qui  doit  produire  de  la  chaleur. 

L'observateur  aspire,  au  moyen  d'un  tube  en  caoutchouc, 
l'air  d'un  récipient  jaugé;  il  l'expire  dans  un  autre  gazomètre, 
ce  qui  permet  de  mesurer  la  quantité  d'oxygène  consommé  et 
celle  de  l'acide  carbonique  produit.  On  peut  aussi  apprécier  la 
somme  de  chaleur  développée  :  la  guérite,  en  effet,  n'est  autre 
chose  qu'un  calorimètre;  elle  s'échauffe  dans  les  diverses  expé- 
riences, jusqu'à  un  excès  de  température  qui  devient  constant 
au  bout  d'un  certain  temps  et  que  l'on  mesure.  On  remplace 
ensuite  Thomme  par  un  bec  de  gaz  qu'on  règle  de  manière  à 
produire  le  même  excès,  par  conséquent  la  même  quantité  de 
chaleur  dans  le  même  temps,  et  l'on  peut  la  calculer  en  mesu- 
rant le  volume  de  gaz  briilé. 

Le  résultat  des  expériences  est  fort  instructif.  A  Télat  do 
repos  complet,  le  patient  consommait  3oP"  d'oxygène  par 
heure,  et  produisait  i5o  grandes  calories,  soit  5  grandes  calories 
par  gramme  d'oxygène.  Aussitôt  qu'il  fut  placé  sur  la  roue 
pour  faire  un  travail  ascensionnel,  sa  respiration  s'activa,  ei, 
au  lieu  de  3c»''  d'oxygène,  il  en  absorbait  iSo*^'';  cela  prouve  que 
le  travail  qu'on  fail  provoque  une  plus  grande  consommation 
de  combustible  :  c'est  pour  cela  qu'on  s'échauffe  à  l'exercice. 

Ayant  consommé  cinq  fois  plus  d'oxygène,  le  sujet  aurait 


(')   HiRN,  ExposUio/i  lie  la  Théorie  mécanique  de  la  chaleur  y   t.  I",  p.  i-,  et 
Recherches  sur  l'cquivaleiit  mécanique  de  la  chaleur,  p.  \\  et  90;   i8J8. 


MOTEURS  THERMIQUES.  127** 

dû  dégager  cinq  fois  plus  de  chaleur  ou  750*^';  il  n'en  pro- 
duisit que  ^5o*^"^;  par  conséquent  5oo*=**  avaient  été  perdues  et 
employées  à  produire  :  i**  un  travail  extérieur  qui  était  égal 
à  20750*^8'"  ;  2'»  un  travail  intérieur  difficile  à  évaluer,  celui  qui 
s'accomplit  au  sein  des  organes  pendant  le  mouvement. 

Dans  une  troisième  expérience,  le  patient  descendait  au 
lieu  de  monter;  il  consommait  moins  d'oxygène,  et  la  quan- 
tité de  chaleur  dégagée,  au  lieu  d'être  de  5^^  par  gramme 
d'oxygène,  fut  portée,  suivant  le  travail  accompli ,  à  6^»* 
ou  7^*. 

On  a  prétendu  que  la  chaleur  était  produite  par  la  combustion 
des  matières  amylacées,  et  le  travail  fait  par  celle  des  muscles  : 
de  là  on  concluait  à  la  nécessité  des  aliments  azotés  pour  ré- 
parer la  matière  de  ces  muscles  que  le  travail  use.  Cette 
théorie  esi  inexacte.  M.  Frankland  (  *  j  a  démontré  que  la  quan- 
tité de  matière  musculaire  ou  albuminoYde  transformée  par  la 
combustion  en  urée  n'augmente  pas  pendant  qu'un  homme 
accomplit  un  travail  extérieur,  et  que  la  chaleur  qui  résulte 
de  cette  combustion  est  toujours  inférieure  à  celle  qui  pro- 
duirait ce  travail.  11  faut  conclure  de  là  que  la  source  princi- 
pale du  travail  est  la  respiration;  que  la  nourriture  la  plus 
propre  à  augmenter  le  travail  disponible  doit  se  composer  de 
graisses  et  de  fécule,  mais  que  les  aliments  azotés  servent  à 
l'entretien  et  à  l'augmentation  des  organes  du  mouvement, 
c'est-à-dire  des  muscles. 

MOTEURS  THERMIQUES. 

Après  avoir  reconnu  les  diverses  sources  de  chaleur,  U  nous 
reste  à  montrer  comment  on  peut  les  utiliser  à  la  production 
du  travail  mécanique. 

Dans  ce  Traité  essentiellement  théorique,  nous  ne  pouvons 
consacrer  beaucoup  d'espace  à  la  description  de  machines. 
Nous  nous  bornerons  à  montrer  comment  on  peut  réaliser 
pratiquement  les  conditions  imposées  par  la  théorie,  ou  du 
moins  comment  on  peut  s'en  approcher.  Nous  nous  occupe- 


(')  l'KANKLAND,  Rcvue  itc8  Cotirs  scienti/îqucSf  \*  année,  p.  81  ;  1866-67. 


128**  THEUMODYNAMIQUE. 

rons  d'abord  des  machines  dans  lesquelles  Tagent  de  Iransfor- 
malion  de  la  chaleur  en  travail  est  un  gaz. 

MACHINES  A  AIR  CHAUD.  —  X.a  réalisation  expérimentale  d*un 
cycle  réversible  quelconque  et  en  particulier  d'un  cycle  de 
Carnot  présente  de  graves  difficultés  :  dans  les  transformations 
que  le  gaz  doit  subir,  il  se  trouve  nécessairement  en  contact 
avec  d'autres  corps,  et  ceux-ci  devraient  suivre  rigoureusement 
toutes  ses  variations  de  température  :  en  particulier  s'il  s'agit 
d'une  transformation  adiabatique,  ces  changements  de  tem- 
pérature des  corps  en  contact  avec  le  gaz  ne  devraient  èlre 
accompagnés  d'aucun  échange  de  chaleur  entre  le  gaz  et 
ces  corps,  ce  qui  est  impossible.  Toutefois  il  est  évident  que, 
si  l'on  remplace  la  transformation  adiabatique  par  une  trans- 
formation avec  variation  de  chaleur,  on  pourra  obtenir  de 
nouveaux  cycles,  plus  aisés  à  réaliser  approximativement,  et 
pratiquement  aussi  avantageux  que  le  cycle  de  Carnot,  pourvu 
que  toute  la  chaleur  cédée  par  le  gaz  dans  la  transforma- 
lion  PQ,  qui  l'amène  de  la  température  la  plus  haute  ti  à  la 
température  la  plus  basse  /a,  puisse  être  ultérieurement  em- 
ployée à  élever  le  gaz  de  /a  à  /«,  sans  perte  aucune.  On  peut 
prendre  pour  la  ligne  PQ  telle  ligne  que  Ton  voudra  [fig-  22  : 


l'ig.   J  '. 


Fij.   a3. 


0 


la  ligne  ^ÏN,  suivie  par  le  gaz  pour  revenir  de  /j  à  /,,  sera  par 
là  coniplôiemcMJt  déterminée.  D'ailleurs  les  lignes  MP  et  >Q 
sont  toujours  des  lignes  isoiiiormes. 

On  peut,  par  exemple,  ciioisir  pour  PO  [J^g-  ^3)  une  ligne 


MACHINES  A  AIR  CHAUD.  129** 

parallèle  à  Taxe  des/?,  c'esl-à-dire  refroidir  le  gaz  sous  volume 
constant  ;  la  quanlilé  de  chaleur  perdue  par  le  gaz  de  P  en  Q  est 
c{/i  —  /a),  tlne  quantité  de  chaleur  égale  devrait  être  fournie 
au  gaz,  pour  le  ramener  à  la  température  /i,  en  suivant  une 
autre  parallèle  MN  à  Taxe  des  p,  puisque  c  est  indépendant 
de  la  pression  à  température  constante.  Le  cycle  MPQN  satis- 
fait donc  à  la  condition  imposée  (*). 
On  peut  encore  prendre  pour  PQ  et  MN  des  parallèles  à 


(*)  11  faut,  bien  entendu,  supposer  les  appareils  disposés  de  façon  que  la 
chaleur  déposée  par  le  gaz  qui  se  refroidit  de  t  -{-dt  k  t  soit  employée  à 
élever  ultérieurement  sa  température  de  r  à  t-\-dt, 

La  relation  générale  qui  lie  les  deux  lignes  PQ  et  MN  est  d'ailleurs  facile  à 
trouver;  le  gaz  à  /",  qui  se  refroidit  de  dt  an  se  transformant  suivant  la  ligne 
quelconque  PQ,  abandonne  une  quantité  de  chaleur 

dq=^(:dl-\-lpdvi 

pour  l'échaufler  àetkt  +  dt  suivant  la  courbe  MN,  il  faudra  lui  fournir  la 
même  quantité  de  chaleur.  En  désignant  par  p'  et  v'  les  coordonnées  corres- 
pondant à  la  température  t  sur  la  courbe  MN,  on  a  donc 

dq    -Cdt  \-\;p'du\ 
pnr  suite 
(  I }  pdv  ■--  p'  dv' , 

Mais  les  deux  transformations  élémentaires  inverses  considérées  ayant  lieu 
entre  l'isotherme  à  température  t  et  l'isotherme  h  i-hdi,  les  quantités  p,  p\ 
c,  v'  sont  liées  par  la  loi  de  Mariotte.  On  a  donc 

I 
/»'       »^ 

(2)  pv  .- p    V        ou       ^—   —    —' 

'  *  p  l    ^ 


<ït,  en  tenant  compte  de  (1), 


ou,  en  intégrant, 


d'où,  enfin, 


du      d^ 


L  -  -::  const.; 

9 


V*  z^  mu. 


Nous  désignons  par  m  une  constante  quelconque. 

J.  et  B.,  Thermodynamique,  —  11.  3*  fasc.  tj 


i3o**  THERMODYNAMIQUE. 

Taxe  des  i^,  comme  le  montre  la^g*.  24;  1^  quantité  de  chaleur 
absorbée  de  N  en  M,  et  restituée  de  P  en  Q,  est  €(^1  —  ^2). 

Fig.  24. 


o 


Le  cycle  NMPQ  {/ig,  24 )  est  connu  sous  Je  nom  de  cxc/e 
d'Ericcson  (<). 

MAGHIHE  A  AIB  CHAUD  D'EBIGGSOH.  —  Voyons  maintenant  com- 
ment on  pourra,  dans  la  pratique,  réaliser  d'une  façon  plus 
ou  moins  grossière  un  cycle  imposé  d'opérations,  par  exemple 
le  cvcle  d'Ericcson. 

La  pièce  essentielle  de  l'appareil  {fig.  25)estun  piston  AIK 
formé  de  deux  parties  qui  se  déplacent,  en  conservant  leur 
dislance  invariable,  dans  des  corps  de  pompes  superposés  de 
section  inégale.  La  capacité  comprise  entre  les  deux  portion? 
du  piston  est  en  libre  communication  avec  l'atmosphère;  d'ail- 
leurs le  corps  du  piston  A  est  formé  de  matières  imperméables 
à  la  chaleur,  telles  que  briques  pilées,  etc. 

L'air  qui  alimente  la  machine  est  puisé  dans  ralmosphèiv 
par  la  partie  supérieure  du  corps  de  pompe  D,  et  rejeté  à  l'ex- 
térieur par  rorilice  g,  après  avoir  subi  une  série  de  transfor- 
mations qui  roiit  ramené  à  la  pression  et  à  la  température 
qu'il  possédait  primitivement.  On  peut  donc  admettre,  comme 
nous  l'avons  supposé  théoriquement,  que  c'est  toujours  la 
même  masse  d'air  qui  parcourt  le  cycle  d'Ericcson. 

Suivons  maintenant  la  série  des  opérations  sur  le  diagramme 
du  cycle  (//"g.  24)  ^^  ^^  même  temps  sur  lay?g-.  25. 

I''  Le  piston  est  au  bas  de  sa  course  et  commence  à  monter. 
Occupons -nous  seulement  de  ce  qui  se  passe  au-dessous  du 

(  '  )   roîr  Verdet,  Théorie  mécanique  de  la  chaleur,  t.  1",  p.  i43. 


MACHINE  A  AIR  CHAUD  D'ERICCSON.  i3i" 

pislon  A  {fis-  =5);  la  soupape  b  s'ouvre,  et  une  cerlaine 
quaniilé  de  gaz  fournie  par  le  réservoir  F,  où  la  pression  est 
sensiblemenL  constante  et  égale  à  P,  passe  dans  le  corps  de 
pompe  B  à  travers  les  toiles  métalliques  G,  et  leur  emprunte 
\  1b  quantité  de  chaleur  nécessaire  pour  s'élever  de  la  tcmpêra- 


Rupe  t.  ilii  ;■....::    ^     1    :  ■■■■  .  ■      ■!---.iiii- 

adu  piston  A. 

Sur  le  diagramme  iftg.  2^],  le  poinl  figuratif  se  di'place  de 

f  en  M;  lo  travail  exécuté  par  le  gaz  est  positif,  c'est-â-dire 

moteur. 

a"  Le  piston  achève  de  monter  {_fig.  î5  )  ;  la  soupape  b  s'est 

Efermée,  et  l'un  admet  (  ■  )  que  la  rapidité  de  la  marche  est  rO- 


(■)  Utte  bTpolhèM 


i32**  THERMODYNAMIQUE. 

glée,  (le  sorte  que  toute  la  chaleur  qui  passe  dans  le  corps  de 
pompe  B  pendant  cet  intervalle  est  employée  à  produire  l'ex- 
pansion du  gaz,  sans  changer  sa  température.  Le  point  fîguratif 
se  meut  de  M  en  P  (/tg*  ^4)  suivant  Fisotherme  à  tempéra- 
ture ti.  Le  temps  pendant  lequel  la  soupape  b  est  demeurée 
ouverte  est  réglé  de  telle  sorte  que,  quand  le  piston  est  au 
haut  de  sa  course,  la  pression  de  cet  air  est  réduite  à  la  va- 
leur/? de  la  pression  atmosphérique. 

3"  Le  piston  descend;  la  soupape /(yîg*.  ti5)  s'ouvre,  et  le 
gaz,  s'échappani  à  l'extérieur  sous  la  pression  constante  de 
l'atmosphère,  se  refroidit  à  travers  les  toiles  métalliques  G,  de 
ti  à  ^2-  Le  travail  exécuté  par  lui  sur  le  piston  A  est  résistant; 
le  point  figuratif  va  de  P  en  Q. 

4**  Dans  la  troisième  phase  (Jtg*  ^\),  c'est-à-dîre  tandis  que 
le  piston  descend,  de  Fair  s'est  introduit  de  Texlérieur  dans 
l'espace  vide  laissé  au-dessus  du  piston  D;  quand  le  piston 
remonte  (phases  i  et  2),  ce  gaz'  est  refoulé  dans  le  réservoir  F, 
et  conserve  sensiblement  sa  température  en  passant  de  la 
pression  extérieure  /?  à  la  pression  P,  grâce  à  la  large  surface 
offerte  par  le  réservoir  au  refroidissement  du  gaz;  celui-ci 
exerce  un  travail  négatif  sur  la  face  supérieure  du  piston  D. 
Sur  le  diagramme,  le  point  figuratif  revient  de  Q  en  N  (/ig,  ?5). 

Observons  que  la  section  s  du  corps  de  pompe  D  doit  être 
à  la  section  S  du  corps  de  pompe  A  comme  i  h-  a/o  est  à 
I  4-  a /i  ;  de  la  sorte,  la  masse  totale  de  gaz  contenue  dans  l'ap- 
pareil, à  la  fin  de  chaque  cycle,  a  une  valeur  invariable.  D'ail- 
leurs, la  pression  P  dans  le  réservoir  est  à  la  pression  p  do 
l'atmosphère  comme  la  capacité  totale  du  corps  de  pompe  A 
est  à  la  portion  de  celte  capacité  remplie  par  le  gaz,  au  moment 
où  la  soupape  B  se  ferme. 

MOTEURS  A  6ÂZ  TONNANT.  —  Depuis  quelques  années,  on  em- 
ploie beaucoup  dans  l'industrie  des  moteurs  dans  lesquels  on 


admcUcnt,  ce  qui  est  assez  éloigné  de  l'exacte  vérité,  que,  dans  cet  invervane, 
le  gaz  se  détend  à  chaleur  constante.  Alors  le  cycle  d'Ericcson  est  formé  de 
deux  portions  d'adiabatiques  reliées  par  des  portions  de  parallèles  à  l'axe  des 
volumes,  et  l'on  démontre  que  le  régénérateur  G  ne  sert  à  rien  (voir  Théorie 
mécanique  Je  la  chaleur  de  Zcuner,  p.  206). 


MOTEURS  A  GAZ  TONNANT. 


i33** 


supprime  toute  source  de  chaleur  extérieure.  La  ciialeur 
transformée  en  travail  est  empruntée  à  la  combustion  d'un  mé- 
lange détonant  de  gaz  d'éclairage  et  d'air. 

Voici,  par  exemple,  le  cycle  réalisé  dans  le  moteur  Lenoir. 
Un  piston  mobile  dans  un  corps  de  pompe  aspire  le  mélange 
tonnant  sous  la  pression  constante  de  l'atmosphère;  la  com- 
munication avec  l'extérieur  étant  interceptée,  le  gaz  est  en- 
flammé et  il  détone.  On  peut  admettre  que  l'explosion  est 
assez  rapide  pour  qu'au  moment  où  elle  se  produit  la  pression 

Fig.  27. 


seule  du  mélange  gazeux  se  trouve  augmentée,  le  volume 
restant  sensiblement  constant.  Les  gaz  se  détendent  ensuite 
à  chaleur  constante  en  produisant  du  travail,  et  ils  sont  enOn 
refroidis  sous  pression  constante  avant  d'être  rejetés  dans 
l'atmosphère.  La yïg*.  26  représente,  d'après  M.  Witz(*),  ce 
cycle  théorique  d'opérations  et  en  regard  le  diagramme  pra- 
tique relevé  directement  sur  un  moteur  Lenoir.  Les^îg*.  27, 


(*J  WiTZ,  Etude  sur  Us  moteurs  à  gaz  tonnant    {Annales  de  Chimie  et  de 
Phjrsiqucy  5'  série,  l.  XXX;  i883). 


i34**  THERMODYNAMIQUE. 

28  el  29  se  rapporieni  de  même  aux  machines  à  gaz  tonnant 
de  Olto,  de  Siemens  et  de  Otto  et  Langen  et  montrent  bien 
dans  quelles  limites  un  cycle  théorique  donné  peut  être 
actuellement  réalisé  dans  Findustrie. 

Les  opérations  qui  se  produisent  dans  un  moteur  à  gaz 
tonnant  ne  sont  pas  entièrement  réversibles,  puisqu'elles 
comprennent  un  phénomène  essentiellement  irréversible, 
celui  de  l'explosion.  Elles  ne  constituent  pas  non  plus  un 
cycle  fermé  proprement  dit,  car  l'explosion  a  pour  résultat  de 
substituer  au  mélange  tonnant  un  nouveau  mélange  gazeux 
dans  lequel  les  gaz  carbures  et  l'oxygène  de  Tair  ont  été  rem- 

Fig.  29. 


Fig.  a8. 


F 


:   E  7) 


u 


r 


0 


placés  par  de  Tacide  carbonique  et  de  la  vapeur  d'eau.  Il  n'v  a 
donc  pas  identité  de  composition  des  gaz  au  commencement  et 
à  la  fin  d'un  cycle  d'opérations,  comme  cela  avait  lieu  dans  les 
machines  à  air  chaud.  On  ohscrvera  toutefois  qu'il  reviendrait 
au  même  d'introduire  dans  le  cylindre,  au  lieu  du  mélange 
tonnant,  les  gaz  résultant  de  la  combustion,  pourvu  qu'une 
source  de  chaleur  extérieure  fournît  subitement  à  cesgazlacha- 
leur]qui  s'y  dégage  par  le  fait  de  l'explosion.  Alors  le  cycle  se 
trouverait  fermé,  et  le  principe  de  l'équivalence  serait  directe- 
ment applicable  dans  les  mêmes  conditions  que  précédem- 
ment. 11  le  deviendra  donc  à  la  condition  de  considérer  la 
chaleur  dégagée  par  l'explosion  comme  empruntée  à  une 
source  extérieure. 


CYCLE  RÉALISÉ  DANS  LES  MACHINES  A  VAPEUR.     i35** 

Le  mélange  gazeux,  riche  en  vapeur  d'eau,  n'obéil  pas  ri- 
goureusement aux  lois  des  gaz  parfaits,  et  le  calcul  de  TefTet 
théorique  des  machines  à  gaz  tonnant  comporte  trop  d'élé- 
ments d'incertitude  pour  que  nous  nous  y  arrêtions  ici.  Il 
nous  suffira  de  dire  que,  d'après  M.  Wilz,  le  coefficient  éco- 
nomique des  machines  actuellement  construites  varie  des  0,^28 
aux  0,46  de  celui  qui  correspondrait  au  cycle  de  Carnot  dans 
les  mêmes  limites  de  température. 

GTCLE  BÉAU8É  DANS  LES  HAGHIIIES  A  TAPEUR.  —  Nous  ne  consi- 
dérerons que  le  cas  d'une  machine  à  vapeur  à  simple  effet, 
fonctionnant  avec  délente  et  condensation.  Voici  quel  est  le 
cycle  des  transformations  subies  par  l'eau  : 

I**  Puisée  dans  le  condenseur  à  la  température  ^2,  elle  est 
échauffée  dans  la  chaudière  jusqu'à  la  température  ti  3'ébul- 
lition,  et  subit  ainsi  une  faible  augmentation  de  volume.  Le 
point  figuratif  décrit  la  ligne  MN  (Jig.  3o). 

2*»  L'eau  est  vaporisée  à  d  dans  la  chaudière,  et  introduite 
dans  le  corps  de  pompe,  où 
elle  agit  d'abord  à   pleine  ,  Fîg.'So. 

pression.  Le  point  figuratif 
se  déplace  de  N  en  R. 

3*   Le  corps  de  pompe 
est  isolé  de  la  chaudière,  et 

la  délente  se  produit  sans      

variation  de  chaleur.  Nous  ^  * 

supposerons  qu'elle  conti- 
nue jusqu'à  ce  que  le  corps  de  pompe  contienne  un  mélange 
de  liquide  et  de  vapeur  à  la  température  ta  du  condenseur. 
Le  point  figuratif  parcourt  l'arc  RP. 

4"  Enfin  on  refoule  le  mélange  dans  le  condenseur,  à  tem- 
pérature constante  ta,  jusqu'à  le  ramener  entièrement  à  l'état 
liquide,  sous  son  volume  initial.  Le  point  figuratif  revient  de  P 
en  M. 

Le  cycle  considéré  est  réversible  pourvu  que  le  liquide  et 
sa  vapeur  ne  se  trouvent  jamais  en  contact  qu'avec  des  corps 
dont  la  température  diffère  infiniment  peu  de  la  leur,  c'est- 
à-dire  pourvu  que  l'eau  s'échauffe  de  t-i  à  £t  aux  dépens  de 


/i 


p  > 


i36**  THERMODYNAMIQUE. 

corps  possédant  toujours  une  température  égale  à  la  sienne, 
et  que  la  détente  s'effectue  dans  un  corps  de  pompe  imper- 
méable à  la  chaleur. 

Ces  diverses  conditions  ne  sont  pas  réalisées  dans  la  pra- 
tique, même  d'une  manière  approximative.  L'eau,  puisée  dans 
le  condenseur  à  la  température  /a,  est  portée  brusquement 
dans  la  chaudière  où  elle  s'échauffe  jusqu'à  la  température  /i 
aux  dépens  de  corps  dont  la  température  diffère  beaucoup  de 
la  sienne;  et,  d'autre  part,  on  ne  peut  pousser  la  détente  aussi 
loin  que  nous  l'avons  supposé,  car  il  faudrait  attribuer  au 
corps  de  pompe  un  volume  par  trop  grand  :  on  se  borne  à 
amener  le  mélange  de  liquide  et  de  vapeur  jusqu'à  un  certain 
volume  OS  inférieur  à  OP;  sa  température  t  est  alors  supé- 
rieure à  la  température  h  du  condenseur  avec  lequel  on  le  met 
subitement  en  relation.  Pour  ces  'divers  motifs,  le  cycle  des 
machines  réelles  n'est  pas  réversible. 

Nous  nous  proposons  de  calculer  le  coefficient  économique 
d'une  machine  à  vapeur  réversible  réalisant  le  cycle  MNRPM. 
Pour  cela,  il  faut  évaluer  :  i*  la  quantité  de  ôhaleur  absorbée 
de  M  en  N  et  de  N  en  R,  ce  qui  ne  présente  aucune  difficulté. 
En  effet,  de  M  en  R  l'eau  absorbe  sa  chaleur  de  vaporisation 
totale  entre  t^  et  Ik 

(0  Qr=:C(/|-/2)4-L,. 

2*^  Mais  il  faut  évaluer  aussi  la  quantité  de  chaleur  restituée 
de  P  en  M. 

Pour  cela  nous  observerons  que  de  R  en  P  la  vapeur  so 
détend  suivant  une  ligne  adiabatique  (  *  ),  et  avec  condensation 
partielle. 


(  '  )  Il  serait  très  intéressant  d'avoir  l'équation  des  lignes  adiabatiqiies  lU'. 
relatives  à  un  mélange  de  liquide  et  de  vapeur.  M.  Rankine  {A  Manual of  t!i> 
Steam  Engine,  p.  385)  a  proposé  la  forme  de  fonction  //f"  —  coust.  av.c 
//  —  1,111,  et  M.  Graslîof  a  plus  tard  admis  la  même  formule  avec  n  —  i,i4'> 
{Bulletin  île  la  Société  Jes  Ingénieurs  allemands^  t.  VI II,  p.  iSi). 

M.  Zeuner  (  Théorie  mécanique  de  la  chaleur,  p.  33o)  établit  que  Von  peut, 
dans  la  limite  des  mélanges  pratiques  d*eau  et  de  vapeur,  faire  usa^re  de  la 
lormulc  (le  ilankine,  à  la  condition  de  donner  à  n  une  valeur  variabK* 
//  -     I  ,o3j  -H  o,  loo  x;  X  désigne  la  proportion  initiale  de  vapeur  dans  le  mé- 


MACHINES  A  VAPEUR.  187** 

Soit  X  le  poids  de  vapeur  non  condensée  :  la  quantité  de 
chaleur  restituée  de  P  en  M  est 

(2)  Qi=^Lj, 

et  le  coefficient  économique  est 

0  —  0'  __C(^i--  /2)-f-L,  — ^La 


(3) 


Q  C(^i-/2)4-L, 


Pour  'déterminer  Xy  on  se  fondera  sur  ce  que  le  cycle  con- 
sidéré est  réversible  ;  par  suite,  d'après  le  principe  de  Carnot, 


/ 


On  a  approximativement,  pour  le  terme  de  l'intégrale  corres- 
pondant à  la  portion  MN  du  cycle. 


•/t 


'■'^'"  =  C,„gÎ! 


et,  rigoureusement,  pour    les  termes  correspondant  à  NU 

et  PM, 

Li         —  ^Lo 

7iV~     Cl  =;  \ 

1|  I2 

le  terme  qui  se  rapporte  à  RP  est  nul,  puisque  cette  ligne  est 
adiabatique  ;  x  est  donc  déterminé  par  la  relation 

(4)  ClOg  »,-  -r-  ,p- qr-    =0. 

I2         l^  I2 

L'expression  du  coefficient  économique  devient,  quand  on 
y  remplace  x  par  sa  valeur  tirée  de  l'équation  (4), 


0-0' 


L,îi.j34-c(T,-T2-T2log^|) 


0       ~  L,4-C(ï,-T2) 


lange.  Pour  :r  =  i,  c'est-à-dire  quand  la  Tapeur  est  primîtivennent  saturée, 
n  —  i,i35.  C'est  sensiblement  la  Taleur  donnée  par  M.  Grashof.  La  valeur 
donnée  par  M.  Rankine  correspondrait  à  a-  —  0,76. 


i38**  THERMODYNAMIQUE. 

Le  calcul  montre  que  la  valeur  ainsi  obtenue  se  rapproche 
beaucoup  du  coefflcient  économique  maximum;  mais,  dans  la 
pratique  des  machines  à  vapeur,  on  s*en  écarte  davantage^  par 
suite  de  la  perte  de  travail  correspondant  à  Taire  S  S' P,  sup- 
primée par  la  détente  incomplète  et  des  pertes  de  chaleur 
inévitables.  Jamais,  dans  les  bonnes  machines,  cet  écart  ne 
dépasse  25  pour  loo. 

Les  anciens  calculs,  faits  en  admettant  que  la  détente  de  la 
vapeur  n*amène  pas  de  condensation  partielle,  et  en  appli- 
quant à  la  vapeur  les  lois  de  Harîotte  et  de  Gay-Lussac. 
avaient  d'abord  conduit  les  mécaniciens  à  attribuer  au  coeffi- 
cient économique  des  machines  à  vapeur  une  valeur  trop 
faible,  inférieure  même  de  beaucoup  au  résultat  des  expé- 
riences que  M.  Hirn  a  faites  pour  évaluer  directement  ce 
coefficient  sur  les  machines  industrielles. 

Pour  tout  ce  qui  concerne  la  description  des  machines, nous 
renverrons  le  lecteur  aux  Traités  spéciaux  de  Mécanique 
appliquée. 


THÉORIE  DES  GAZ.  iSg** 


CHAPITRE  VI. 

THÉORIE  DES  GAZ. 
HYPOTHÈSES  SUR  LA  CONSTITUTION  MÉCANIQUE 

DES  CORPS. 

Théorie  des  gaz.  —  Historique.  —  Loi  de  Mariette.  —  Loi  du  mélange 
des  gaz.  —  Loi  de  Gay-Lussac.  —  Vitesse  moyenne  du  mouvement 
de  translation  des  molécules.  —  Chemin  moyen  d'une  molécule.  — 
Force  vive  du  mouvement  vibratoire.  —  Nombre  des  molécules  d'un 
gaz.  —  Interprétation  de  la  loi  de  Dulong  et  Petit.  —  Atomes  et  molé- 
cules. —  Volumes  atomiques.  —  Frottement  intérieur  dans  les  gaz. 
Comparaison  de  la  théorie  et  de  l'expérience.  —  Calcul  du  chemin 
moyen  d'une  molécule.  —  Diffusion  des  gaz. 

Explication  mécanique  des  divers  états  des  corps.  —  Gaz  réels.  — 
Fusion.  —  Vaporisation.  —  Combinaison. 


THÉORIE  DES  GAZ. 

HISTORIdUE.  —  Jusqu'ici  nous  n*avons  introduit  aucune  hy- 
pothèse en  Thermodynamique  :•  nous  nous  sommes  bornés  à 
énoncer  et  appliquer  deux  principes  généraux  fondés  sur 
l'expérience.  En  particulier,  nous  avons  accepté  Féqualion  ca- 
ractéristique 

(i)  ¥{p,i^,t)  =  o 

comme  défmissant  l'état  d'un  corps,  sans  nous  préoccuper 
d'attribuer  à  cette  équation  (i)  une  signification  mécanique 
quelconque.  Pour  aller  plus  loin,  il  faudrait  tout  au  moins 
connaître  la  forme  de  la  fonction  F,  sur  laquelle  nous  n'avons 
que  des  renseignements  fort  incomplets. 
On  parvient  à  interpréter  mécaniquement  l'équation  carac- 


i4o**  THERMODYNAMIQUE. 

téristique  des  gaz  parfaits  à  Taide  de  certaines  hypothèses 
dont  la  première  idée  est  due  à  Daniel  Bernoulli  (*  ). 

La  tl)corie  de  Bernoulli  était  depuis  longtemps  oubliée 
quand  elle  a  été  reprise  par  Herapath  (^),  Joule  (')  et  Kronig(*). 
Elle  a  reçu  de  Clausius(5)  et  de  Maxwell  (•)  ses  derniers  per- 
fectionnements. 

Elle  consiste  essentiellement  à  considérer  les  gaz  comme 
formés  de  molécules  fort  petites  par  rapport  à  la  valeur 
moyenne  de  la  distance  qui  les  sépare,  et  animées  de  vitesses 
de  translation  considérables  de  direction  quelconque.  Celte 
direction  varie  de  molécule  à  molécule»  de  telle  sorte  que,  dans 
une  masse  de  gaz  comprenant  un  grand  nombre  de  molécules, 
il  n'y  a  pas  de  direction  favorisée. 

On  admet  encore  qu*il  n*y  a  d'action  réciproque  sensible 
entre  deux  molécules  gazeuses  que  quand  la  distance  de  leurs 
centres  est  excessivement  petite»  soit  que  leur  action  résulte 
d'un  véritable  choc  ou  qu'elle  s'exerce  réellement  à  distance, 
mais  d'après  une  loi  de  variation  extrêmement  rapide»  ce  qui 
revient  à  peu  près  au  même.  Les  chocs  de  molécule  à  molécule 
ou  de  molécule  à  paroi  solide  fixe  s'effectuent  conformémeni 

(*)  Daniel  Hi:rnoulli,  Hjdrodynamicay  sit'e  de  lùribus  et  motibus  Jluidonm 
Commentftrii,  p.  •>oo;  Argentorati|   1738. 

tf  Fiiige  itaqiic  vasrylindricum  verticuliter  positum,  atque  in  illo  operculum 
mobile,  oui  pondus  P  super  iiicumbat  :  contineat  cavitas  corpiiscula  minima 
inotu  rapidissiino  hinc  indc  aijitata  :  sic  corpuscula,  duin  impinijunt  in  oper- 
culum idomque  suis  sustincnt  impctibus  continue  repetis  fluiduui  componuDt 
clasticum  quod  remoto  aut  diminuto  pondère  P  sese  expandit  :  quod  eodem 
aucto  condensatur,  et  quod  in  fundum  horizontalem  haud  aliter  gravitât,  ac 
si  nulla  virtutc  elastica  essct  pracdilura  :  sive  onim  quiescaut  cospuscula  siv*' 
a;>ilcintur,  non  mutant  gravitatem,  ita  ut  fundum  tum  pondus  tum  elasticiU- 
tom  fluidi  sustinoal.  Taie  igitur  fluidum substitueraus  aeri.  » 

liornoulli  exprime  catégoriquement  l'idée  que  la  chaleur  consiste  dans  l** 
mouvement  d'at^itation  des  particules,  et  que  la  quantité  de  chaleur  contenue 
dans  l'air  est  proportionnelle  à  son  élasticité. 

{')  Hervpath,  Account  on  the  On'ffin,  the  Laws^  and  Phenomena  of  the  Ueat 
{Aiinals  oj  PhUosophy ^  1*  série,  t.  1"  ). 

(')  Joi:le,  Philosophical  Magazine  y  4*  série,  t.  XIV,  p.  211. 

(*)  KrOmg,  Annales  de  Poggendorff,  t.  XCIX,  p.  3i5;  i8f)5. 

(*)  Clal'sii's,  Mémoires  sur  la  Théorie  mécanique  de  la  chaleur ,  traduits  pjf 
Folie,  t.  II. 

(•')  Maxwell,  Philosophical  3Iagazinef  4'  série,  t.  XXXII  et  XXXV. 


LOI  DE  MARIOTTE  i4i** 

au  principe  de  la  conservalion  de  Ténergie,  de  telle  sorte  que 
la  somme  des  forces  vives  de  toutes  les  molécules  demeure 
constante.  La  force  vive  afférente  à  une  molécule  peut  d'ail 
leurs  être  décomposée  en  force  vive  de  translation,  obtenue  en 
multipliant  la  masse  m  de  la  molécule  par  le  carré  de  la  vi- 
tesse de  translation  de  son  centre  de  gravité,  et  force  vive  vi- 
bratoire, relative  aux  mouvements  intérieurs  dont  la  molécule 
est  le  siège. 

Dans  une  masse  gazeuse  à  température  invariable,  il  doit 
s'établir  incessamment,  par  les  chocs  des  molécules,  des 
transformations  de  force  vive  de  translation  en  force  vive  vi- 
bratoire, et  inversement  :  mais,  à  cause  du  nombre  immense 
de  molécules  comprises  dans  la  plus  petite  masse  de  gaz  en 
équilibre  accessible  à  l'expérimentation,  il  doit  toujours  s'éta- 
blir une  compensation  exacte  entre  les  deux  sortes  de  trans- 
formations inverses.  Chacune  des  deux  parties  dont  se  com- 
pose la  force  vive,  dans  un  gaz  en  équilibre,  peut  donc  être 
considérée  séparément  comme  constante. 

LOI  Dfi  KABIOTTE.  —  D'après  ce  qui  précède,  on  peut  faire 
abstraction  des  chocs  qui  s'exercent  entre  les  molécules, 
quand  on  veut  se  borner  à  trouver  Teffet  produit  par  les  gaz 
sur  une  paroi  que  Ton  maintient  immobile,  et  sur  laquelle  les 
molécules  gazeuses  viennent  se  heurter.  On  peut  d'ailleurs 
substituer  aux  chocs  des  molécules  contre  une  paroi  plane 
une  pression  uniformément  répartie  sur  toute  la  surface  de 
celle-ci,  et  dont  nous  allons  déterminer  la  valeur.  Nous  sup- 
poserons le  volume  propre  des  molécules  absolument  négli- 
geable. 

Considérons  d'abord  le  cas  d'une  molécule  unique.  Soient 
m  sa  masse,  u  sa  vitesse  de  translation  au  moment  où  elle 
vient  choquer  normalement  une  paroi;  on  a,  à  chaque  instant, 
pendant  que  le  choc  s'effectue,  et  en  désignant  par/  la  pression 
exercée  par  la  molécule, 

m-j-  =  f    ou     nidu  —  fdt. 

Par  l'effet  du  choc  la  vitesse  de  la  molécule  passe  de  -+-  m  à  —  //. 


142**  THERMODYNAMIQUE. 

Désignons  par  ^  la  force  moyenne  qu'il  faudrait  appliquer  en 
sens  contraire  sur  la  paroi,  pendant  la  durée  6  du  choc,  pour 
la  maintenir  en  équilibre. 
On  a 


^e 


=  1       fdl=  I      mdu  = 


imu. 


Le  produit  de  la  pression  moyenne  par  la  durée  du  choc 
est  égal  au  double  de  la  quantité  de  mouvement  de  la  mo- 
lécule. 
Passons  au  cas  où  la  direction  de  la  vitesse  de  translation  u 

fait  un  angle  <p  avec  la  normale  à  la 
^*^*  ^'*  paroi;  la  molécule  conserve  sans 

A  variation  la  composante  de  sa  vitesse 

)/^\  \o\    /  parallèle  à  la  paroi,  mais  la compo- 

\J/  santé  normale  change  de  signe.  H 

MA  c  N      faut  donc,  dans  Téquatîon  précé- 

dente, remplacer  u  par  u  C0S9. 
Nous  pouvons  supposer  le  gaz  enfermé  entre  deux  parois 
parallèles  dont  la  distance  est  a  {fig.  3i);  alors  la  molécule, 
qui  a  heurté  une  première  fois  la  paroi  en  A,  sous  Tangle  d'in- 
cidence 9,  reviendra  la  heurter  une  seconde  fois  en  C  sous  le 

même  angle,  après  avoir  parcouru   un  espace  ABC  =  — ; 

1(1 
el  au  bout  d'un  temps ;  le  nombre  des  chocs  qu'elle  el- 


u  cos 


y 


//  cos  Q 

fecluera  par  Seconde  sera  donc -j  el  la  quantité  de  mou- 

2a  * 

venienl  perdue  par  cette  molécule  unique  sera 

wcoso       mu- cos- o 


m ,  2  u  cos  9 = 


9.  a  a 

Pour  l'ensemble  des  molécules  comprises  entre  les  deux 
parois  et  venant  heurter  la  paroi  MN  dans  un  espace  égal  à 
l'unité  de  surface,  on  aura  de  même  une  perte  de  quanliléde 
mouvement 

a 


1 


LOI  DE  MARIOTTE. 


143 


** 


Soit  maintenant  p  la  force  qu*il  faut  appliquer  en  sens  con- 
traire sur  l'unité  de  surface  de  la  paroi  pour  la  maintenir  en 
équilibre;  on  a,  pour  Tunité  de  temps» 


■■=s 


/wtf2cos^9 


11  reste  à  évaluer  la  somme  2. 

Nous  avons  admis  que  les  molécules  gazeuses  sont  animées 
de  vitesses  différentes  en  grandeur  et  en  direction;  mais,  leur 
nombre  étant  pour  ainsi  dire  inflni  dans  la  plus  petite  masse 
de  gaz  accessible  à  l'expérience,  on  peut  sans  inconvénient 
leur  attribuer  à  toutes  la  même  vitesse  moyenne  u.  De  plus, 
on  exprimera  que  les  vitesses  des  molécules  sont  également 
distribuées  dans  toutes  les  directions  (^),  et  Ton  parviendra 
ainsi  à  une  évaluation  rigoureuse  de  2. 

Mais  nous  pouvons  introduire  dans  le  calcul  une  simpliflca- 
tion  considérable,  grâce  à  la  conception  suivante,  dueàKrônig. 
Soit  n  le  nombre  des  molécules  comprises  dans  l'unité  de  vo- 
lume; nous  substituerons  au  mouvement  réel  des  molécules 


(*)  D'un  point  quelconque  G  pris  au  sein  de  la  masse  gazeuse  comme 
centre,  dccrivons  une  sphère  ayant  Tunité 
pour  rayon  {fig.  32).  La  zone  aba! b\  com- 
prise entre  les  directions  qui  font,  avec  la 
normale  OX  à  la  paroi,  les  angles  j»  et  9  +  ^9, 
ombrasse  un  certain  nombre  de  molécules 
dont  la  vitesse  actuelle  est  dans  la  direction 
des  rayons.  Le  nombre  y  de  ces  molécules 
est  au  nombre  total  n  de  molécules,  com- 
prises actuellement  dans  la  sphère,  comme  le 
volume  élémentaire  Oaba' h'  est  au  volume 
de  la  sphère,  ou  encore  comme  la  surface  de 
la  zone  est  à  la  surface  do  la  sphère  entière 


y 
n 


a^rsin^^f       r 

7 =  -  sin  p  as. 


On  a,  pour  valeur  de  p^  d'après  Téquation  (i), 


1: 

a 


IZ 


/mu*  COU*  p       nmu*     /*  *       ^      ,       ^         i  nmn^ 
y = /       cos*  0  sin  0  as  = . 
7:              **                 ""     Jo             ^       ^    "^       3     a 


i44**  THERMODYNAMIQUE. 

gazeuses  un  mouvemenl  s'exéculant  dans  trois  directions  rec- 
tangulaires choisies  arbitrairement,  mais  de  façon  que  Tune  de 
ces  dirfeciions  soit  normale  à  la  paroi  que  l'on  considère  et  que 
chaque  molécule  conserve  une  vitesse  égale  à  m  :  le  nombre 
des  molécules  qui  se  meuvent  normalement  à  cette  paroi  sera 

^  ;  les  ^j-  autres  molécules  se  meuvent  parallèlement  à  la  paroi 

et  n'ont  aucune  influence  sur  la  pression  exercée.  Chacune 

des  -.7  molécules  agissantes  fournit  alors  à  la  somme  S,  Télé- 

o 

ment »  et  Ion  a 

a 

I  nmu^  I 

^       6      a         '^        6 

Cette  expression  concorde  avec  le  résultat  du  calcul  rigoureux. 
Supposons  maintenant  que  Ton  raréfie  ou  que  Ton  com- 
prime le  gaz  entre  les  deux  plans,  dont  nous  pouvons,  pour 
plus  de  simplicité,  prendre  la  distance  a  égale  à  1 .  Nous  appel- 
lerons toujours  p  la  pression  exercée  par  le  gaz  sur  Tunîté  de 
surface  de  la  paroi  MN  (y?g'.*3i).  Le  nombre  n  de  molécules, 
qui  occupaient  primitivement  un  volume  égal  à  i,  occupe 
malmenant  un  volume  égal  à  r,  correspondant  à  une  portion 
de  surface  de  la  paroi  MN  numériquement  égale  à  r.  On  a 
donc,  pour  valeur  de  la  pression  exercée  sur  celte  surface, 

(  1  )  P^=  l  nmu^  —  const. 

puisque /i,  m  et  m  sont  des  quantités  constantes  pour  un  mémo 
gaz;  c'est  justement  l'expression  de  la  loi  de  Mariotte. 

LOI  DU  MÉLANGE  DES  GAZ.  —  Considérons  maintenant  un  mé- 
lange de  plusieurs  gaz.  Soient  m'  et  m''  les  masses,  w'  et  u"  les 
vitesses  moyennes  de  translation  appartenant  à  une  molécule 
de  chacun  d'eux;  n'  et  /i"  les  nombres  de  molécules  de  chaque 
espèce  contenues  dans  l'unité  de  volume  du  mélange:  les 
masses  de  gaz  mélangées  sont  donc  n'  m'  du  premier  et  n^m"^ 
du  second.  En  répétant  le  raisonnement  qui  précède,  on  trou- 
vera 

pi^~  ^^n'm'u'''\-\n"in"ii''' 


LOI  DE  GAY-LUSSAC.  i45** 

ou,  en  désignant  par/?'  et  p"  les  pressions  qui  seraient  exercées 
individuellement  par  chacun  des  deux  gaz  occupant  seul  le 
volume  total  v^ 

pv=p'V'^p"Vf    p  =/?'  -+-  p'\ 
C*est  la  loi  ordinaire  du  mélange  des  gaz. 

LOI  DE  6AT-LU88AG.  —  Les  lois  précédentes  ont  été  établies 
comme  conséquences  nécessaires  de  notre  hypothèse  sur  la 
constitution  des  gaz  et  des  principes  de  la  Mécanique.  Nous 
n'avons  encore  rien  spéciflé  sur  la  manière  dont  la  vitesse 
moyenne  des  molécules  dépend  de  la  température.  Or  la  loi 
de  Gay-Lussac,  que  nous  considérons  comme  une  propriété 
caractéristique  des  gaz,  est  exprimée  par  la  formule 

En  remplaçant /7(^  par  sa  valeur  tirée  de  Téquation  (i),  on  a 

L'équation  (2)  exprime  que  la  force  vive  moyenne  mu!^  du 
mouvement  de  translation  d'une  molécule  gazeuse  est  propor- 
tionnelle à  la  températureTdu  gaz,  comptée  à  partir  de  —  273«C. 
Désignons  par  Uq  la  vitesse  à  zéro  centigrade  :  on  aura  donc 
en  général 


"=''V4 


73 

VITESSE  MOTEiniE  DU  MOUVEMENT  DE  TBAHSLATION  DES  MOLÉCULES. 

—  Pour  une  masse  de  gaz  égale  à  is"",  on  a  nm  =  1.  Soit  d  la 
densité  du  gaz  prise  par  rapport  à  Tair;  remplaçons  dans  Té- 
quation  (2)  les  quantités  littérales  par  leurs  valeurs  dans  le 
système  C.G.S., 

/?o=io33,3.98o,89*>y»",     i^'o=  773'^S3,     1  =  273 -4-^; 

nous  aurons,  pour  la  valeur  zio  de  la  vitesse  de  translation 
moyenne  à  la  température  o<»C., 


^  /3.io33>3. 080,80.773, 3       ,0/         /i 
Ce  résultat  est  exprimé  ^ n  centimètres. 

J.  et  B.,  ThermoJjrnamique.  —  II.  3*  faw.  lo 


i46**  THERMODYNAMIQUE. 

La  vitesse  iio  varie  en  raison  inverse  de  la  racine  carrée 
de  la  densité,  et  sa  valeur  numérique  pour  les  gaz  communs, 
exprimée  en  mètres,  est  la  suivante  : 

Air ^85 

Oxygène 46i 

Azote 492 

Hydrogène 1848 


* 


s 


CHEMIN  MOYEN  D'UNE  MOLÉCULE.  —  D'après  l'énormité  de  ce 
nombres,  on  serait  porté  à  penser  que  la  diffusion  des  gaz 
s'exécute  d'une  manière  en  quelque  sorte  instantanée  ;  mai 
il  faut  remarquer  que  le  chemin  parcouru  en  ligne  droite  par 
une  molécule  est  seulement  l'espace  qu'elle  franchit  entre 
deux  chocs  consécutifs.  On  est  ainsi  conduit  à  chercher  com- 
bien de  chocs  une  molécule  éprouve  en  moyenne  dans  l'unité 
de  temps. 

Nous  ne  suivrons  pas  M.  Clausius  (  *  )  dans  les  calculs  un 
peu  longs  qu'entraîne  cette  recherche,  fondée  sur  la  considé- 
ration des  probabilités.  En  voici  le  résultat  :  la  longueur 
moyenne  /  du  chemin  d'une  molécule  est  au  rayon  p  delà 
sphère  dans  laquelle  son  action  peut  s'exercer  (-)  coninu* 
l'espace  total  occupé  par  le  gaz  est  au  volume  réellement  rem- 
pli par  les  sphères  d'action  des  molécules.  Puisqu'il  y  a  n  mo- 
lécules dans  l'unilc  de  volume,  le  volume  afférent  à  une  mo- 
lécule est  -;  le  volume  de  la  sphère  d'action  est  ^tto^,  et  l'on  n 

----- — :r     ou     nl=^  ,     ., • 

/^i-p-^  4~p- 


Pour  préciser,  M.  Clausius  suppose  le  rapport  — rr~r  ^^^^ 


n\T,o^ 


1000,  par  exemple;  dans  ce  cas,  le  chemin  moyen  seraiiégala 
()2  fois  la  dislance  movenne  de  1  molécules,  c'est-à-dire  à  uiu* 
quantité  bien  inférieure  aux  dernières  quantités  mesurable?. 


(')  \  oir  Mémoires  sur  la  Théorie  méc unique  de  la  chaleur^  traduclion  Foli'\ 
t.  H. 

(')  Si  l'on  consiilèro  les  iiiolocules  gazeuses  comme  des  solides  agissant  a" 
rontacl,  f'<*l  le  rayon  même  de  la  molécule. 


FORCE  VIVE  DU  MOUVEMENT  VIBRATOIRE.     147** 

I!  faul  remarquer  que  le  nombre  des  molécules  qui  parcou- 
rent en  ligne  droite  une  longueur  supérieure  au  chemin  moyen 
est  inférieur  à  celui  des  molécules  qui  parcourent  un  chemin 
moindre,  dans  le  rapport  de  0,3679  à  0,682 1.  L'excès  du 
nombre  des  molécules  à  faible  parcours  est  compensé  par  la 
moindre  étendue  de  leur  excursion.  Il  n'y  a  qu'un  nombre 
infîniment  peiit  de  molécules  qui  puissent  atteindre,  en  une 
fois,  un  point  distant,  d'une  quantité  mesurable,  de  leur  posi- 
tion initiale. 

FORCE  VIVE  DU  MOUYEUIIT  TIBRATOIBE.  —  Nous  avons  distin- 
gué la  force  vive  du  mouvement  moléculaire  des  gaz  en  force 
vive  de  translation  des  molécules  et  force  vive  du  mouvement 
interne  ou  mouvement  vibratoire  (vibration,  rotation,  etc.).  On 
arrive  à  déterminer  le  rapport  des  deux  sortes  de  forces  vives 
à  l'aide  des  considérations  suivantes. 

Soient  2 II  la  force  vive  totale  de  l'unité  de  masse  du  gaz,  2K 
la  force  vive  du  mouvement  de  translation. 

Quand  on  échauffe  le  gaz  à  volume  constant,  la  force  vive 
totale  de  l'unité  de  volume  subit  un  accroissement 

dll:=:cEdT; 

ei,  comme  on  suppose  H  nul  pour  ï=:o,  et  c  sensiblement 
constant,  on  a 

H  =^  cET. 

D'ailleurs  l'équivalent  mécanique  de  la  chaleur  E,  évalué  en 
fonction  des  chaleurs  spécifiques  des  gaz  parfaits,  est  (p.  37). 


273  C-c       T(C  — c; 

Substituant  cette  valeur  dans  l'expression  de  II,  on  a  définiti- 
vement 

(3,  "-(t'-c/'- 

D'autre  part,  nous  avons  démontré  que  la  demi-force  vive  K 
du  mouvement  de  translation  a  pour  valeur 

,  ^  mu^       3 

(4)  K  —  n =  -  /M\ 

9.  2' 


148**  THERMODYNAMIQUE. 

Des  équations  (3)  et  (4)  on  lire  le  rapport  rj 
.^.  K      3/C       \ 

Q 

Ce  rapport  ne  dépend  que  du  quotient  —  des  deux  chaleurs 

spécifiques,  sur  lequel  la  théorie  ne  nous  apprend  rien;  mais 
Texpérience  établit  qu'il  est  le  même  pour  tous  les  gaz  sim- 
ples communs.  On  a  en  moyenne  pour  ceux-ci 

—  =:  o,63i5. 

(]e  rapport  est  indépendant  de  la  pression  et  de  la  tempéra- 
ture. 

Toutes  les  relations  établies  précédemment  entre  les  forces 
vives  de  translation  des  gaz  simples  subsistent  donc  pour  les 
forces  vives  totales  H  des  mêmes  gaz. 

NOMBRE  DES  MOLÉCULES  D'UII  6AZ.  —  Les  chocs  qui  se  produi- 
sent de  molécule  à  molécule,  dans  une  masse  gazeuse,  oni 

j>our  efTel  d'égaliser  les  forces  vives  moléculaires  individuelles. 
Dans  un  mélange  gazeux  on  aura  donc,  en  désignant  par  /;/, 
m'y  ...  les  masses,  par  w,  ii\  ...  les  vitesses  de  translation 
correspondantes  des  diverses  sortes  de  molécules. 


a>) 


mn^       m'a'- 


De  plus,  on  sait  que,  pour  un  gaz  quelconque,  le  produit 

est  proportionnel  à  la  température  T;  et  lexpériencc  ap- 

prend  que  le  mélange  de  plusieurs  gaza  la  même  température 
n'est  accompagné  d'aucune  évolution  calorifique.  Il  faut  en 
conclure  que  les  vitesses  de  translation  u,  ii'  des  molécule? 
(le  diverses  espèces  ne  sont  pas  modifiées  par  le  fait  du  mé- 
lange, et  que  l'égalité  exprimée  par  l'équation  (6)  a  lieu  entre 
les  vitesses  de  translation  propres  aux  molécules  des  gaz  sé- 
parés. 


LOI  DE  DULONG  ET  PETIT.  149** 

Soient  /z,  /i',  . . .  les  nombres  de  molécules  contenues  dans 
Tuniié  de  volume  des  divers  gaz,  sous  une  même  pression  p, 
celle  de  l'atmosphère  par  exemple  ;  on  a,  d'après  l'équation  (i) 

(p.  i44), 

pv=^nmu^  =  in' m' u'^  =  . . ., 
ou,  en  tenant  compte  de  l'équation  (6), 


n  =  n 


I 


A  insi  tous  les  gaz  ont,  sous  le  même  volume^  le  même 
nombre  de  molécules;  le  rapport  des  densités  des  divers  gaz 
est  celui  des  poids  d'une  molécule  de  chacun  d'eux. 

IHTEBPBÉTATIOll  DE  LA  LOI  DE  DULOHft  ET  FETR.  —  Nous  avons 
annoncé  que  tous  les  gaz  simples  très  éloignés  de  leur 
point  de  liquéfaction,  c'est-à-dire  obéissant  aux  lois  de  Ma- 
riotte  et  de  Gay-Lussac,  possèdent,  à  volume  égal,  la  même 
chaleur  spécifique  sous  pression  constante.  Puisqu'un  même 
volume  de  ces  divers  gaz  contient  le  même  nombre  de  molé- 
cules, on  peut  dire  que  la  chaleur  spéciflque  d'une  de  ces 
molécules  est  la  même  pour  tous.  La  troisième  colonne  du 
Tableau  de  la  page  84  du  2«  Fascicule  se  rapporte  à  ces  cha- 
leurs spécifiques  atomiques. 

L'absorption  de  chaleur  d*oii  résulte  pour  un  gaz  une  élé- 
vation de  température  de  1"  a  pour  effet  d'accroître  :  1°  la  vi- 
tesse de  translation  u  des  molécules;  2°  la  force  vive  du  mou- 
vement vibratoire. 

Pour  tous  les  gaz  qui  obéissent  à  la  loi  de  Mariotte,  on  a 
pv  =:^nmu',  c'est-à-dire  que  la  force  vive  du  mouvement  de 
translation,  correspondant  à  une  unité  de  volume,  est  la  même 
pour  tous  à  la  même  température.  Nous  avons  démontré 
[équation  (5)]  que  le  rapport  de  la  force  vive  de  translation 

à  la  force  vive  totale  ne  dépend  que  du  rapport -»  qui  est  le 

même  pour  tous  les  gaz  simples;  pour  ceux-ci,  la  force  vive 
totale  est  donc  aussi  la  même. 

Examinons  maintenant  le  cas  des  gaz  composés  formés  sans 
condensation.  Nous  avons  vu  que  pour  ceux-ci  la  chaleur  spé- 
cifique atomique  se  conserve  dans  la  combinaison.  Or,  puisque 


i5o**  THERMODYNAMIQUE. 

le  volume  du  composé  est  égal  à  la  somme  des  volumes  des 
composants,  le  nombre  des  particules  constituantes  {*)  con- 
tenues dans  Tuniié  de  volume  demeure  le  même  :  la  force  vive 
totale  du  mouvement  de  translation,  et  par  suite  la  force  vive 
de  translation  individuelle  de  chaque  particule,  ne  sont  pas 
changées;  enfin  la  force  vive  vibratoire  demeure  aussi  la  même, 
puisque  le  rapport  des  deux  forces  vives  ne  dépend  que  du 

rapport-»  qui  est,  pour  ces  gaz,  le  même  que  pour  les  gaz 

simples.  Ainsi  s'explique  la  conservation  de  la  chaleur  spéci- 
fique atomique. 

II  n'en  est  pas  de  même  pour  les  gaz  formés  avec  conden- 
sation. Alors,  en  effets  le  nombre  des  particules  constituâmes 
contenues  dans  Tunité  de  volume  est  plus  grand  que  pour  les 
gaz  simples  composants;  comme  d'ailleurs  la  force  vive  totale 
de  translation,  relative  à  Tunité  de  volume,  conserve  la  même 
valeur  que  pour  les  gaz  simples,  la  force  vive  de  translation 
afférente  à  une  particule  unique  diminue;  mais  nous  avons  vu 
(2«  Fasc,  p.  85)  que,  quand  les  gaz  composés  obéissent  aux 
lois  de  Mariolte  et  de  Gay-Lussac,  les  gaz  simples  composant*? 
conservent  leur  chaleur  spécifique  dans  la  combinaison  ;  et, 
puisque  la  force  vive  du  mouvement  de  translation  K  a  diminué, 
il  faut  que  la  force  vive  vibratoire  H  ail  augmenté  d'une  quantité 

c  C 

équivalente,  c'est-à-dire  que  -, augmente,  ou  que  -se 

rapproche  de  l'unité.  C'est  en  effet  ce  que  rexpérience  en- 
seigne, et  ce  que  l'on  trouve  en  calculant  le  rapport  de  C  ob- 
servé et  (le  c  déduit  de  l'expression 

fournie  par  le  principe  de  léquivalence. 

ATOMES  ET  MOLECULES.  —  VOLUMES  ATOMiaUES.  —  Nous  avons 
démontré  (jue  tous  les  gaz,  simples  ou  composés,  ont  le  même 


,  '  "*   f\u'r  plus  l»os  la  distinction  à  établir  entre  ces  particules  ou  stomcs  ri 
les  molécules  du  gaz  composé. 


ATOMES  ET  MOLÉCULES.  i5i** 

nombre  de  molécules  par  unité  de  volume.  Il  résulte  de  là 
que,  si  Ton  considère  deux  gaz  simples  combinés  sans  conden- 
sation, comme  le  chlore  et  Thydrogène  par  exemple,  on  est 
obligé  de  considérer  une  molécule  unique  d'hydrogène  ou  de 
chlore  comme  formée  de  deux  atomes  y  et  la  molécule  d'acide 
chlorhydrique  comme  résultant  de  Tunion  d'un  atome  d'hy- 
drogène et  de  un  atome  de  chlore.  Ces  gaz.  sont  diatomiques. 

Pour  deux  gaz  qui  se  combinent  avec  condensation,  comme 
l'hydrogène  et  l'oxygène,  les  choses  se  passent  d'une  manière 
différente,  et  une  molécule  d'eau  réunit  2  atomes  d'hydro- 
gène et  I  d'oxygène.  La  vapeur  d'eau  est  donc  un  gaz  triato- 
inique;  l'ammoniaque  est  tétratomique,  etc. 

Les  chimistes  qui  adoptent  cette  manière  de  voir  considèrent 
certaines  vapeurs  métalliques  comme  monoatomiques  :  la 
vapeur  de  mercure  est  de  ce  nombre.  Pour  une  telle  vapeur, 
considérée  à  un  point  assez  éloigné  de  sa  liquéfaction  pour 
({ue  ses  atomes  soient  sans  action  les  uns  sur  les  autres,  il  est 
naturel  de  penser  que  la  force  vive  tout  entière  du  mouvement 
calorifique  est  de  translation,  que  la  force  vive  du  mouvement 
vibratoire  est  nulle.  11  doit  en  être  ainsi  si  l'on  ne  suppose  pas 
Tatome  constitué  de  parties  susceptibles  de  s'éloigner  ou  de  se 
rapprocher  les  unes  des  autres  :  un  tel  atome  n'est  ni  compres- 
sible ni  dilatable,  et  il  ne  peut  osciller  qu'à  la  condition  d'être 
soumis  àdes  forces  attractives  émanant  d'autres  atomes.  Ainsi, 
pour  les  gaz  monoatomiques,  on  devrait  avoir 

-  —  .^  =zi  ,666. 
c        o 

M.  Kundt  (  *  )  a  mesuré  la  vitesse  du  son  dans  la  vapeur  de 

C 

mercure  et  a  obtenu  ainsi,  pour  le  rapport—-  précisément  la 

valeur  imposée  par  la  théorie. 
Diverses  formules  ont  été  proposées  pour  calculer  a  priori 

C 

la  valeur  de  -  pour  un  gaz  polyatomique,  d'après  son  degré 

C)  Kc.^DT  et  Warbcrg,  Pogg,  Ann,,  t.  CLVH,  p.  333;  1875. 


i52**  THERMODYNAMIQUE. 

(l'alomicilé.  Aucune  d'elles  n'est  rigoureusement  d'accord  avec 
l'expérience  pour  les  gaz  d'un  degré  élevé  d'atomicité  (  *  ). 

Le  nombre  des  atomes  réunis  dans  une  molécule  est  néces- 
sairement un  nombre  entier;  par  suite,  le  poids  moléculaire 
d'un  gaz  composé  doit  être  la  somme  de  multiples  entiers  des 
poids  moléculaires  des  gaz  simples  constituants  (loi  des  pro- 
portions multiples). 

On  appelle  volume  atomique  d'un  gaz  le  quotient  de  son 
poids  atomique  par  sa  densité.  Tous  les  gaz,  ayant  sous  le  même 
volume  le  même  nombre  de  molécules,  ont  des  volumes  ato- 
miques égaux.  Cette  relation  ne  subsiste  qu'à  la  condition  de 
ne  pas  confondre  le  poids  atomique  avec  l'équivalent. 

FROTTEMENT  UITÉHIEUR  DAHS  LES  ftAZ  (^).  —  Considérons  une 
couche  de  gaz  comprise  entre  deux  parois  planes  parallèles, 
l'une  B  immobile,  l'autre  A  glissant  dans  son  propre  plan  avec 
une  vitesse  invariable  en  grandeur  et  en  direction.  Les  molé- 
cules en  contact  immédiat  avec  la  paroi  A  participent  à  son 

(*)  Maxwell  {^Journal  of  the  Chem.  Soc,  t.  XHI,  p.  5o4)  a  donné  la  formule 

C  7 

dans  laquelle  n  représente  le  nombre  d'atomes  dans  la  molécule,  Eunc  {gran- 
deur toujours  positive  dépendant  des  actions  réciproques  des  molécules  et 
qui  est  nulle  pour  les  {jaz  parfaits.  Boltzmann  [Berichte  der  Jf'icner  Ahad., 
t.  LXXIV,  187(5)  propose  la  relation 


L 

— ; 

2 
I  -+-  -  » 

c 

P 

dans  laquelle/;  est  égal  h  3  pour  un  gaz  monoatomique,  à  5  pour  un  gaz  dia- 
lomique,  à  5  ou  à  G  pour  un  gaz  triatomique,  suivant  la  disposition  des  atonios 
dans  la  niolcmle.  M.  lloili  [Atti  délia  R.  Accadcmia  dei  Lincei^  3*  série,  t.  I, 
1877)  ccrit  enfin 

—     —     I    -+-  T > 

n  représentant  le  nombre  d'atomes.  Cette  dernière  formule  ne  peut  évidem- 
ment convenir  à  un  gaz  raonoatomiquc  (voir  Journal  de  Phjrsique,  2*  série, 
t.  m,  p.  56/f  et  suiv.}. 

C)  La  méthode  que  nous  avons  adoptée  dans  l'élude  des  questions  suivantes, 
relatives  à  la  théorie  des  gaz,  a  été  exposée  avec  beaucoup  de  soin  par  M.  Violle 
dans  un  article  inséré  au  Journal  de  P/ijrsîquey  i'*  série,  t.  VI,  p.  73  et  175. 


FROTTEMENT  INTÉRIEUR  DANS  LES  GAZ.      î53** 

mouvement  d^eniraînemenl,  tandis  que  celles  qui  sont  en  con- 
tact avec  B  sont  dans  le  même  état  que  si  A  était  immobile.  Ce 
fail  de  Tadhérence  des  gaz  aux  parois  solides  est  démontré  par 
l'expérience,  et  nous  l'admettrons  sans  chercher  à  l'expliquer. 

La  masse  AB  de  gaz  est  dans  une  sorte  d'équilibre  mobile; 
chaque  tranche  infiniment  mince,  prise  parallèlement  aux 
plans  A  et  B,  participe  d'autant  plus  au  mouvement  d'en- 
traînement qu'elle  est  plus  près  de  A;  à  travers  un  plan  quel- 
conque parallèle  aux  parois  passent,  dans  un  temps  donné,  un 
certain  nombre  de  molécules,  la  moitié  dans  un  sens,  l'autre 
dans  le  sens  opposé.  Ce  passage,  résultant  du  mouvement 
d'agitation  propre  du  gaz,  est  accompagné  nécessairement 
d'une  perte  de  force  vive  pour  les  molécules  qui  se  rapprochent 
de  la  paroi  B,  d'un  gain  de  force  vive  pour  celles  qui  se  rappro- 
chent de  A.  C'est  ce  qui  produit  le  frottement  intérieur  du 
gaz. 

Pour  simplifier  les  calculs,  nous  admettrons  que  toutes  les 
molécules  gazeuses  possèdent  leur  vitesse  moyenne  m,  et  par- 
courent en  ligne  droite  leur  chemin  moyen  /;  de  plus  nous 
supposerons  que  le  tiers  des  molécules  se  meut  dans  la  direc- 
tion normale  aux  plans  A  et  B  entre  lesquels  le  gaz  se  trouve 
compris.  Celte  dernière  hypothèse,  ainsi  qu'on  l'a  vu,  conduit 
à  des  résultats  parfaitement  rigoureux  en  ce  qui  concerne  la 
pression  (*  ). 

Menons  à  travers  la  masse  gazeuse  un  plan  C  parallèle  aux 
plans  A  et  B;  les  molécules  qui,  dans  leur  excursion  de  Ion 
gueur  /,  traverseront  ce  plan  sont  actuellement  comprises  entre 
deux  plans  D  et  £  parallèles  à  AB  et  situés  à  une  distance  /  en 
avant  et  en  arrière  de  C  {fig.  33). 

Considérons,  en  particulier,  une  couche  PQ,  située  à  une 
dislance  x  du  plan  C  du  côté  de  la  paroi  immobile,  et  dans  celle 
couche  une  portion  MN,  de  section  égale  à  i  ;  l'élément  de  vo- 
lume ainsi  déterminé  contient  ndx  molécules,  dont  le  tiers  se 
meut  avec  la  vitesse  u  vers  le  plan  C.  Dès  que  ces  molécules 
avancent,  elles  sont  remplacées  par  d'autres  placées  en  arrière, 


(*)  Ce  mode  do  raisonnement  a  été  introduit  dans  la  question  actuelle  par 
M.  Von  Lang  (^Einleiiung  in  die  theoretische  Phjsik.  Braunscbwcig,  1870). 


iSr*  THERMODYNAMIQUE. 

de  telle  sorte  que  la  densité  du  gaz  demeure  toujours  la  mêmç 

en  chaque  point.  Au  bout  d'un  temps  -»  toutes  les  molécules 

ont  progressé  d'une  longueur  /,  c'est-à-dire  que  toutes  les  mo- 
lécules, comprises  entre  les  plans  C  et  D  et  dirigées  normale- 
ment à  C,  sont  arrivées  entre  les  plans  C  et  E,  et  ont  été  rem- 

Fig.  33. 


Il' 

1/ 


D 


B 


placées  par  des  molécules  venant  de  plus  loin.  Le  coniingeiu 
de  molécules  fourni  par  chaque  tranche,  telle  que  PQ,  et  tra- 
versant le  plan  C,  se  renouvelle  donc  -j  fois  par  seconde;  on 
peut  dire  que  dans  une  seconde  l'élément  de  volume  MN  en- 
voie pour  son  compte  \n-jdx  molécules. 

Soient  Co  la  vitesse  de  translation  dont  le  gaz  est  animé  dans 
le  plan  C  parallèlement  au  plan,  (^  la  vitesse  de  translation  dans 
la  couche  PQ.  On  peut  développer  v  suivant  la  formule  do 
Maclaurin 

dv 

(H,  à  cause  de  la  petitesse  de  ,r,  arrêter  le  développement  au 
second  terme.  Les  molécules  parties  de  la  couche  PQ  vont  s'ar- 
rêter de  l'autre  coté  du  plan  à  une  distance  /,—  x,  et  devront 
posséder  à  ce  moment  une  vitesse  de  translation  c' 


FROTTEMENT  INTÉRIEUR  DANS  LES  GAZ.       i55** 

La  quantité  de  mouvement  de  chacune  d'elles  doit  donc  s'ac- 
croître de 

.dv 

ax 

Donc  les  ^n  jdx  molécules,  envoyées  en  une  seconde  par 
la  surface  mn,  absorbent  une  quantité  de  mouvement 

J  mn  j  l-j-  dx  =  ^  mnu  -r-  dx. 

Remarquons  maintenant  qu'en  une  seconde  le  plan  C  a  été 
traversé  par  des  molécules  venant  de  toute  la  région  CD;  la 
quantité  de  mouvement  absorbée  par  l'ensemble  des  molé- 
cules qui  ont  subi  le  passage  est  donc 


\mnu-,-  I  dx  =  ^mnui-p-' 


Telle  est  la  quantité  de  mouvement  absorbée  par  seconde  et 
par  unité  de  surface  du  plan  C.  On  appelle  coefficient  de  frotte- 

mentn  le  facteur  de  -,-  dans  cette  expression 

(8)  ri=:^mnuL 

Nous  savons  d'ailleurs  que 


3^ 
quantité  indépendante  de  la  température  et  de  la  pression,  et  que 


nt=  y — -, 


Uq  désignant  la  vitesse  moyenne  des  molécules  à  zéro.  La  con- 
stante de  frottement  -n  serait  donc  indépendante  de  la  pres- 
sion, et  proportionnelle  à  la  racine  carrée  de  la  température 
absolue. 

GOMPARAISOV  DE  LA  THÉORIE  ET  DE  L'EZPiBIEHGE.  —  CALCUL  Dïï 
MOTEV  D'UHE  MOLÉCULE.  —  Les  coefficients  de  frottement 


h:ih   II. 


i56:*  THERMODYNAMIQUE. 

ont  été  mesurés,  comme  nous  l'avons  vu  (T.  I«%  2«  Fasc., 
p.  ii5),  par  un  grand  nombre  d'expérimenlaleurs.  Voici,  par 
exemple,  les  nombres  donnés  par  M.  O.-E.  Meyer  pour  le 
coefficieni  de  froliemenl  à  zéro  exprimés  en  unité  C.G.S.  : 

pxygèno 0,000223 

Air 0,000220 

Azote 0,000196 

Oxydo  de  carbone 0,000194 

Acide  carbonique 0,000168 

Hydrogène o  ,000098 

En  admettant  ces  valeurs  comme  exactes,  on  peut  calculer 
la  longueur  du  chemin  moyen 

/—  _^_ 
~~  tniiu 

d'une  molécule  de  gaz;  mn  est  la  masse  de  Tunité  de  volume, 
et  les  vitesses  moyennes iinous  sont  déjà  connues.  On  expri- 
mera les  diverses  quantités  qui  entrent  dans  cette  formule 
en  unités  C.G.S.  et  Ton  trouvera  ainsi  : 

Gaz.  /. 

cm 

Air OjOooooQo 

Oxyi^èno o  ,0000096 

Azolo o  ,0000089 

Oxydo  do  carbone 0,0000089 

Acide  carboniciue Ojooooofi-i 

Hydrogène 0,0000109 

Pour  l'air,  sous  la  pression  de  760*"'",  la  valeur  de  /  est  à  peu 
près  le  sixième  de  la  longueur  d'onde  de  la  lumière  jaune  cor- 
respondant à  la  raie  D. 

Kn  ce  (jui  concerne  la  loi  de  variation  du  coefficient  7;,  Tex- 
périencc  a  parfaitement  vérifié  qu'il  est  indépendant  delà  pres- 
sion; mais  ce  coefficient  dépend  de  la  température,  d'après 
une  loi  plus  compliquée  que  ne  le  fait  prévoir  la  théorie.  Il 
croît  avec  la  température,  et  les  formules  empiriques,  fournies 
à  cet  égard  par  les  divers  expérimentateurs,  ne  sont  pas  bien 
d'accord  les  unes  avec  les  autres. 


DIFFUSION  DES  GAZ.  iS;** 

DXFFUSIOH  DES  ftAZ  (*].  —  Considérons  deux  gaz  à  la  même 
température  et  à  la  même  pression,  séparés  par  une  cloison 
idéale  A  [fig.  34).  Nous  pouvons  limiter  les  masses  gazeuses 
qui  prennent  part  actuellement  à  la 
diffusion  à  des  épaisseurs  /  du  gaz 
G,  et/'  du  gaz  G'.  Prenons  dans  le 
plan  A  une  surface  MN  égale  à  Tu- 
nilé  et  sur  laquelle  nous  appuyons, 
de  part  et  d'autre,  des  prismes  de  , 

hauteur  /  et  /'  ;  { /i/esi  le  nombre  des      ^ 
molécules   appartenant  au  prisme 
MNPQ  qui  traverseront  la  surface        — 
MN  avec  la  vitesse  moyenne  u.  Si 
d'ailleurs  le  renouvellement  des  molécules  du  prisme  ne  s'opé- 

raii  que  dans  le  sensPM,  il  serait  complet  après  une  durée  -» 

et  s'effectuerait  y  fois  par  seconde;  de  telle  sorte  que    le 

nombre  des  molécules  qui  passeraient  en  une  seconde  du 
côté  G  au  côté  G'  du  plan  A  serait^  nu;  pour  la  même  raison 
il  passerait  en  sens  contraire  J  nu'  molécules  du  gaz  G', 
puisque  n  est  le  même  pour  tous  les  gaz.  Si  Ton  sl  u' ^u,  il  y 
aura  accroissement  de  pression  d'un  côté  de  la  cloison  et  di- 
minution égale  du  côté  opposé.  C'est  effectivement  ce  qui 
a  lieu  quand,  la  diffusion  s'exécutant  à  travers  une  paroi 
poreuse,  l'équilibre  de  pression  ne  peut  se  rétablir  par  un  trans- 
port des  couches  gazeuses,  effectué  tout  d'une  pièce  et  indé- 
pendant du  mouvement  d'agitation  des  molécules.  La  vitesse 
de  diffusion  est  proportionnelle  à  u,  c'est-à-dire  en  raison 
inverse  de  la  racine  carrée  de  la  densité. 

Il  est  évident  que,  quand  il  n'y  a  entre  les  masses  de  gaz 
qu'une  cloison  idéale,  les  choses  se  passent  d'une  manière 
moins  simple;  mais  ici  la  théorie  ne  peut  avancer  qu'en  mul- 
tipliant les  hypothèses.  En  admettant  (^)  que  la  quantité  de  gaz 


(')  l'oir  le  Mémoire  déjà  cilé  de  M.  Violle,  Journal  de  Physique^   !'•  série, 
t.  VI,  p.  73  et  170. 

(')  f'oir  le  Mémoire  de  M.  Violle, 


i58**  THERMODYNAMIQUE. 

diffusée  esl,  dans  ce  cas,  ^  «  (  m  -+-  «i'  )  et  que  le  chemin  moyen 
d'une  molécule  dans  un  mélange  gazeux  esl  celui  qui  convien- 
drait à  des  molécules  dont  la  masse  serait  la  moyenne  des 
masses  des  molécules  des  deux  gaz,  on  trouve  pour  valeur  du 
coefficient  ^  de  diffusion 

H        u'  3£/3        3w'3 

-  -h  —  1 — 

IL       II'         _      tnp       m  p 

\yinl^  S^n?)         \)/nl  "^  s/^'J 

On  a  pu  ainsi  calculer  la  valeur  numérique  des  coefficienis 

de  diffusion,  et  les  comparer  à  celles  qui  ont  été  fournies  par 

les  expériences  de  Loschmidt   (*).   Celte  comparaison  fait 

Tobjel  du  Tableau  suivant  : 

^ _^ 

Goz.  calcalé.  obserfé. 

H  et  0 0,720  0,722 

H  ctCO= o,538  o,556 

0  ot  CO* o,  i63  o,  160 

Malgré  cette  concordance,  on  ne  peut  se  dissimuler  que  la 
théorie  de  la  diffusion  des  gaz  n*est  pas  encore  arrivée  à  sa 
porfectioii.  Klle  implique,  comme  on  vient  de  le  voir,  des  h}- 
poihèses  dont  on  ne  saisit  pas  bien  la  nécessité. 

Nous  étudieronsplus  tard  les  résultats  fournis  par  la  ihéoiic 
des  gaz,  en  ce  qui  concerne  leur  conductibilité  pour  la  cha- 
leur. 

EXPLICATION  MÉCANIQUE  DES  DIVEKS  ÉTATS  DES  CORPS. 

GAZ  RÉELS.  —  Nous  avons  vu  que  la  formule  caractéristique 
des  gaz  parfaits 

s'inier[)rèie  en  admettant  que  les   molécules   dont  ils   sont 
formés  ont  un  volume  négligeable  par  rapport  au  volume  lol;il 


'  'j  I.oticuMiin,  Sitzun>'sbericlttc  der  U  iciici  Ahaiicmie^  t.  LU. 


GAZ  RÉELS.  i59** 

occupé  par  le  gaz,  et  qu'elles  sont  assez  éloignées  les  unes  des 
autres  pour  ne  pas  exercer  entre  elles  d'actions  appréciables. 
Examinons  ce  que  doit  devenir  la  formule  (i)  quand  ces 
conditions  ne  sont  pas  rigoureusement  remplies.  En  premier 
lieu,  il  est  évident  que  dans  ce  cas  les  molécules  gazeuses 
viennent  heurter  la  paroi  avec  une  vitesse  moyenne  inférieure 
à  celle  qu'elles  possèdent  au  sein  de  la  masse.  Considérons  en 
effet  une  molécule  qui  se  déplace  normalement  vers  une  paroi, 
conformément  à  la  convention  de  Krônig  :  tant  qu'elle  est 
assez  éloignée  de  la  paroi,  elle  subit,  de  la  part  de  la  masse 
gazeuse  environnante,  des  attractions  qui,  en  moyenne,  sont 
également  réparties  dans  tous  les  sens  et  se  font  équilibre; 
mais,  dès  qu'elle  pénètre  dans  la  couche  qui  limite  le  gaz  à  une 
distance  de  la  paroi  égale  au  rayon  de  l'attraction  moléculaire, 
la  molécule  cesse  d'être  également  sollicitée  en  toussens^  et  la 
résultante  des  attractions  qu'elle  supporte  est  dirigée  vers  l'in- 
térieur de  la  masse;  le  travail  de  ces  attractions  diminue  la 
force  vive  moyenne  de  translation  qui  passe  de  la  valeur  mu^ 
qu'elle  possède  au  sein  de  la  masse  à  une  valeur  mu]  plus 
petite.  La  molécule  réfléchie  par  la  paroi  traverse  en  sens 
contraire  la  même  couche  limite,  le  travail  des  attractions  est 
positif,  et  la  force  vive  revient  à  la  valeur  mu^.  Ainsi  s'établit 
un  équilibre  stationnaire,  mais  il  est  bien  clair  que  la  pression 
qu'il  faut  exercer  sur  la  paroi  pour  la  maintenir  en  équilibre 
contre  chaque  choc  individuel  est  diminuée  dans  le  rapport 

des  quantités  de  mouvement,  c'est-à-dire  dans  le  rapport  — -• 

Une  autre  cause  intervient  en  sens  contraire  pour  modifier 
la  pression  supportée  par  la  paroi  :  c'est  l'accroissement  du 
nombre  des  chocs  résultant  de  ce  que  le  volume  propre  des 
molécules  ne  peut  plus  être  négligé.  Ce  n'est  en  effet  que  par 
une  fiction  que  nous  avons  considéré  jusqu'ici  une  molécule 
unique  comme  franchissant  d'un  seul  trait  la  distance  qui  sé- 
pare deux  parois  opposées;  en  réalité,  le  mouvement  se 
transmet  de  molécule  à  molécule  par  des  chocs,  et  l'espace 
loial  à  parcourir  est  la  dislance  des  parois  diminuée  de  la 
somme  des  épaisseurs  de  toutes  les  molécules  qui  prennent 
part  à  la  transmission. 


iGo**  THERMODYNAMIQUE. 

Proposons-nous  de  trouver,  en  tenant  compte  de  cette  double 
perturbation,  une  formule  exacte  aux  quantités  près  du  second 
ordre  de  grandeur  par  rapport  aux  attractions  moléculaires  et 
au  volume  propre  des  molécules. 

Admettons,  pour  plus  de  simplicité,  que  les  molécules 
<oni  des  sphères  de  rayon  p  et  faisons  un  raisonnement 
élémentaire  analogue  à  celui  de  la  p.  i43.  Un  cube  dont  le 
iH>lé  est  L  contient  la  masse  gazeuse  qui  occupe  le  volume  i 
sous  la   pression  normale.   Sur  les  n  molécules  contenues 

dans  ce  cube,  -.  se  meuvent  normalement  à  Tune  des  parois 

et  parcourent  librement  un  chemin  /  entre  deux  chocs  con- 
sécutifs. L'espace  total  à  parcourir  entre  deux  parois  oppo- 
sées se  trouve  réduit  par  les  chocs  de  molécule  à  molécule 

qui  sont  au  nombre  moyen  de  y  Si  le  choc  était  central, 

chacun  de  ces  chocs  épargnerait  un  chemin  2p;  comme  il  ne 
l'est  pas  toujours,  le  chemin  épargné  se  trouve  réduit  à  2ap, 
a  étant  un  facteur  plus  petit  que  Tunilé,  et  que  le  calcul  des 
probabilités  détermine.  En  somme,  le  chemin  total  à  parcourir, 
(jui  serait  2L  si  les  molécules  étaient  sans  épaisseur,  devient 


2  A  r=  2  L 


2  a    \ 


Nous  savons  d'ailleurs  que  j  est  égal  au  rapporl  du  volume 
propre  dos  molécules  à  l'espace  total  occupé  par  le  gaz  (p.  i  |<v, 
c'est  à-dire,  dans  le  cas  actuel,  à  -,  en  posant 

d'où,  si  l'on  fait  encore  e=:  2^0), 

2A—  2L      1 =lL   -,-z-   =  2— ,— —  • 

\        t'/  L3  L- 

l.o  lenips  employé  à  parcourir  cet  espace  est 

n        n     L2 


2  A       2  (^  —  e 


> 


GAZ  RÉELS.  i6j** 

enfin  la  quantilé  de  mouvement  abandonnée  à  la  paroi  pendant 
Tunité  du  temps  par  les  chocs  répétés  de  ^/i  molécules  se 
mouvant  avec  la  vitesse  moyenne  Ut  est 

■ 

mais  la  pression  à  appliquer  sur  la  paroi  pour  le  maintenir  est 
On  a  donc 

D'autre  part,  on  doit  toujours  considérer  la  température 
comme  proportionnelle  à  la  force  vive  moyenne  du  mouvement 
de  translation  des  molécules  dans  la  masse  gazeuse,  c'est- 
à-dire  que  Ton  a  toujours 

\nmu'=^\nmuu\-   =RT; 
d'où 
(•2)     -  p^  {v-i)  =  KÏ. 

H  reste  à  déterminer  —  •  Le  travail  des  forces  moléculaires 

dans  la  couche  qui  limite  le  gaz  est,  en  désignant  par  e  Tépais- 

seur  de  cette  couche,  par  /  la  valeur  moyenne  de  la  force  à 

laquelle  une  molécule  se  trouve  soumise  en  traversant  celte 

couche, 

fe  =  ^m[U'  —  u\)  =mu{u  —  Wi), 

puisque  w<  diffère  très  peu  de  u. 

Or  répaisseur  e  de  la  couche,  égale  au  rayon  de  Tatlraction 
moléculaire,  ne  peut  dépendre  de  la  densité  du  gaz,  mais  elle 
peut  varier  avec  la  température 

^=F(T). 

Quant  à  la  force  moyenne  exercée  sur  une  molécule,  elle  est 
fonction  de  la  densité  ;  car,  d'une  part,  le  nombre  des  molécules 
attirantes  dans  l'unité  de  volume  de  la  couche  croît  proporlion- 

J.  et  B.,   TUermoiijnamiquc.  —  U.  3"  fasc.  il* 


i62**  THERMODYNAMIQUE. 

nellemenl  à  la  densité,  ce  qui  fait  varier  la  force  /dans  le 
même  rapport,  et,  d*autre  part,  la  distance  moyenne  des  molé- 
cules attirantes  à  la  molécule  attirée  diminue,  ce  qui  fait 
encore  varier/  dans  le  même  sens;  enfin  la  force  /  peui 
aussi  dépendre  de  la  température.  On  aura  donc,  en  obser- 
vant que  la  densité  est  en  raison  inverse  du  volume 

/=iç(T,..). 

mu  (u  -  u,  )  =fe  =  F(T)  ^  (p(T,  v)  =  A 


ou 


(-ï)-- 


lit  _  A 


u  mu^^ 


A 


ei,  puisque  — ^  est  petit, 


n  _ 


Portant  cette  valeur  dans  (i),  cette  formule  devient 
mais  p  est  sensiblement  égal  à  \nmH^  :  donc 

i  3  )  I  />>  +  1  // J  ((•-£)  :i=  R  r . 

Telle  sera  donc  la  formule  générale  au  second  degré  d*ii| 
pioxiiiialion. 
M.  Van  der  Vaals  suppose  F(T)  --  i 


1^ 


on  a  donc 


,     F.fT^orT.c^        V 
('  désignant  une  constante. 


FUSION.  —  VAPORISATION.  i63** 

M.  Clausius,  observant  que  le  travail  des  forces  moléculaires 
diminue  quand  la  température  s'élève,  pose 

F(T)=i. 
<p(T,^)  c 


(^ -+-?)= 


Nous  avons  vu  (i"  Fasc,  p.  297)  comment  M.  Clausius  gé- 
néralise la  valeur  de  F(T)  pour  expliquer  les  phénomènes 
produits  par  la  vapeur  d'eau. 

LIQUIDES  ET  SOLIDES.  —  La  formule  (3)  ne  peut  passer  que 
pour  une  approximation  :  les  hypothèses  qui  ont  servi  à  réta- 
blir perdent  toute  valeur,  quand  les  distances  moyennes  des 
molécules  deviennent  d'un  ordre  de  grandeur  tout  à  fait  com- 
parable à  leurs  dimensions.  Alors  la  forme  de  ces  molécules, 
les  vibrations  des  atomes  qui  les  composent  devraient  être 
prises  en  considération,  et  il  faudrait  connaître  la  loi  suivant 
laquelle  leurs  actions  réciproques  dépendent  de  la  distance. 
Nous  ne  possédons  à  aucun  degré  les  données  nécessaires 
pour  aborder  une  pareille  théorie.  On  ne  peut  donc  se  livrer 
({u'à  des  inductions  très  vagues  sur  la  nature  du  mouvement 
des  molécules.  Dans  les  corps  solides  on  doit  admettre  qu'elles 
oscillent  autour  de  positions  d'équilibres  fixes,  tandis  que 
dans  les  liquides  elles  n'ont  pas  de  position  d'équilibre  déter- 
minée. 

rUSIOH.  —  VAPOBISATIOH.  —  Quand  un  corps  passe  de  l'état 
solide  à  l'état  liquide,  il  faut  que  la  nature  du  mouvement  des 
molécules  se  modifie,  ce  qui  exige  un  certain  travail^  par  suite 
Tabsorption  d'une  certaine  quantité  de  chaleur  dite  latente. 
L'équivalent  de  cetle  chaleur  absorbée  est  l'accomplissement 
d'un  travail  interne,  auquel  on  doit  ajouter,  dans  le  cas  où  la 
fusion  s'accompagne  d'un  changement  de  volume,  le  travail 
externe  correspondant  au  déplacement  delà  pression. 

Le  changement  qui  survient  dans  le  mouvement  moléculaire, 
quand  un  corps  passe  de  l'état  liquide  à  l'état  gazeux,  est  autre- 
ment considérable.  Il  faut,  en  effet,  que  les  molécules,  outre 


i04**  THERMODYNAMIQUE. 

l'énergie  vibratoire  qu'elles  possédaient  déjà,  acquièrent  une 
vitesse  de  translation  assez  considérable  pour  que  leurs  actions 
réciproques  puissent  être  ultérieurement  négligées.  La  chaleur 
latente  de  vaporisation  sera  donc  en  général  beaucoup  plus 
grande  que  la  chaleur  latente  de  fusion»  ainsi  que  Texpérience 
nous  Va  déjà  appris. 

11  reste  à  expliquer  les  circonstances  mêmes  du  phénomène 
de  la  vaporisation,  spécialement  Texistence  de  la  tension  maxi- 
mum. Voici  les  idées  émises  à  ce  sujet  par  M.  Clausius  (  *  ).  Dans 
un  liquide,  les  vitesses  de  translation  des  molécules  résultentde 
leurs  chocs  accidentels;  elles  sont  en  général  assez  petites  pour 
qu  une  molécule,  voisine  de  la  surface  libre,  demeure  comprise 
dans  la  sphère  d'action  des  molécules  environnantes,  et  par 
conséquent  continue  à  faire  partie  du  liquide;  mais  cette  vitesse 
peut  accidentellement  devenir  assez  grande  pour  que  la  molé- 
cule échappe  à  Faction  de  son  entourage,  et  il  arrivera  de  temps 
en  temps  que  celte  circonstance  critique  se  présentera  pour  une 
moléculeappartenant  à  la  surface  même:  alors  elle  abandonnera 
le  reste  de  la  masse  liquide,  en  conservant  une  certaine  vi- 
tesse de  translation,  c'est-à-dire  qu'elle  aura  pris  la  condition 
mécanique  correspondant  à  l'étal  gazeux  :  elle  la  conservera 
désormais,  si  elle  se  trouve  dans  un  espace  vide  indéfini.  La 
vaporisation  s'exercera  donc  sans  limite,  comme  l'indique  l'ex- 
périence. 

11  ne  peut  en  être  de  même  dans  un  espace  limité.  Dans  ce 
eas  la  niolécnlo  de  liquide  vaporisé  rencontrera  bientôt  une 
paroi  qui  la  rélléchira,  puis  elle  arrivera  dans  le  voisinage  de 
la  surface  libre  du  liquide,  soit  avec  une  vitesse  latérale  tro|j 
grande  |)0ur  y  être  arrêtée,  soit  avec  une  vitesse  suffisammenl 
faible,  et  alors  elle  restera  dans  la  sphère  d'action  des  molé- 
cules liquides  :  le  mécanisme  de  cette  condensation  de  la  va- 
peur est  précisément  inverse  de  celui  qui  a  présidé  à  la  vapo- 
risation, il  est  évident  qu'un  équilibre  déterminé  doit  s'établir 
à  la  longue  entre  les  deux  phénomènes  de  sens  opposé  et  qu'il 
sera    caraelérisé    par   une   valeur  constante  de   la    pression 


(')  (j.MSii's,    Thvuiie    mécanique  de    la    chaleur^    traduclion    Folie,  t.  II. 
Moin.  \IV. 


'  COMBINAISON.  16*)** 

exercée  sur  les  parois  du  vase.  Ce  sera  justemenl  la  tension 
maximum  que  Ton  attribue  à  la  vapeur. 

Plus  la  température  s'élève,  plus  la  vitesse  moyenne  de  trans- 
lotion des  molécules  du  liquide  est  considérable,  et  plus  la 
condition  critique,  favorable  à  la  vaporisation,  s'établit  d'une 
manière  fréquente.  La  tension  maximum  doit  donc  augmenter 
avec  la  température. 

On  remarque  d'ailleurs  que,  s'il  n'y  a  pas  de  chaleur  fournie 
de  l'extérieur,  les  molécules  liquides  non  vaporisées  auront 
une  vitesse  de  translation  moyenne  d'autant  plus  faible,  qu'un 
plus  grand  nombre  de  molécules  auront  été  projetées  à  l'exté- 
rieur, puisque  celles-ci  possédaient  évidemment  les  vitesses 
les  plus  considérables.  La  température  d'un  liquide,  propor- 
tionnelle à  la  force  vive  moyenne  de  ses  molécules,  s'abaisse 
donc  dans  l'acte  de  la  vaporisation. 

La  présence  d'un  gaz,  au-dessus  du  liquide  qui  se  vaporise^ 
n'empêche  pas  la  vaporisation,  mais  la  rend  plus  lente,  par  la 
mullipli'cité  des  chocs  que  la  molécule  de  vapeur  émise  doit 
éprouver  avant  d'arriver  à  une  distance  notable  de  la  surface 
du  liquide.  D'ailleurs,  les  chances  de  choc  étant  les  mêmes 
pour  les  molécules  récemment  émises  ou  prêtes  à  être  ab- 
sorbées, la  présence  du  gaz  ne  modifîera  en  rien  la  force  élas- 
tique maximum. 

COMBINAISON.  —  Les  hypothèses  sur  lesquelles  repose  la 
théorie  des  gaz,  ainsi  que  celles  qui  nous  servent  actuellement 
à  tenter  l'explication  purement  mécanique  des  phénomènes, 
sont  essentiellement  atomiques.  Nous  considérons  la  combi- 
naison comme  résultant  de  la  réunion  d'un  certain  nombre 
d'atomes  d'espèce  différente  en  une  molécule  complexe,  ayant 
une  structure  propre,  et  représentant  la  plus  petite  portion  du 
composé  quie  Ton  puisse  isoler  sans  détruire  la  combinaison. 

Le  phénomène  qu'il  convient  surtout  d'expliquer,  c'est  le 
dégagement  de  chaleur  qui  accompagne  la  combinaison  di- 
recte. Or  on  observera  que  les  atomes  simples,  constitutifs 
d'une  molécule  composée,  ne  possèdent  pas,  à  l'instant  qui  pré- 
cède la  combinaison,  des  vitesses  moyennes  de  translation 
égales.  Une  molécule  d'hydrogène  libre  se  meut  quatre  fois 


i66**  THERMODYNAMIQUE. 

plus  vite  qu'une  molécule  d'oxygène  el,  en  général,  pour  tous 
les  gaz  parfaiis,  les  vitesses  sont  en  raison  inverse  de  la  racine 
carrée  de  la  densité  :  il  est  impossible  qu'elles  s'égalisent,  sans 
qu'il  en  résulte  des  chocs,  des  perles  de  force  vive  du  mouve- 
ment  de  translation,  dont  l'équivalent  doit  se  retrouver  dans 
un  accroissement  correspondant  des  vitesses  vibratoires,  c'esi- 
à-dire  de  la  température. 

Quant  aux  combinaisons  indirectes,  accompagnées  d'absor- 
ption de  chaleur,  nous  avons  vu  qu'elles  ne  se  produisent  que 
par  l'intervention  d'une  énergie  extérieure,  ou  à  la  faveur  de 
combinaisons  directes  dégageant  une  quantité  de  chaleur  sur- 
abondante, de  telle  sorte  que  le  phénomène  résultant  soit 
encore  un  dégagement  de  chaleur. 

Il  est  évident  que  ce  ne  sont  là  que  des  aperçus,  et  qu'on  ne 
pourrait,  par  de  semblables  moyens,  arriver  à  aucune  loi  numé- 
rique, sans  faire  des  hypothèses  spéciales  sur  la  nature  du  mou- 
vement moléculaire  caractéristique  de  chaque  espèce  de 
corps  ('). 


(*)  Plusieurs  physiciens  se  sont  cfTorccs  de  ramener  Ténoncé  du  principe  de 
Carnot  aux  lois  ordinaires  de  la  Mécanique,  sans  introduire  de  restrictions 
trop  partinilières  quant  au  mode  de  mouvement  dont  les  molécules  des  corps 
peuvent  êlie  animées.  ÏMM.  Clausius  {^Annales  de  Pogf^endorff y  t.CXLlI.p.  1^2, 
et  Journal  de  l'/ijrsi</ne^  i^"  série,  t.  1",  p.  22;  Annales  de  Pog£^endor^. 
t.  CXI.VUl,  p.  383,  ci  Journal  de  Physique^  r*  série,  t.  II,  p.  108),  Boltzmann 
[Sitzungsbericlite  der  Jf'iefier  Akademie,  t.  III),  Szily  {Annales  de  Poggeu- 
dorff,  t.  CXLV,  p.  296,  Qi  Journal  de  Physique,  V  seiic,  t.  T',  p.  23r)',  onl 
publié  à  ce  sujet  des  Mémoires  fort  remarquables  aux(juels  nous  renverrons 
le  lecteur.  I\ous  nous  bornerons  à  faire  observer  que  ces  savants  sont  toujours 
obligés  d'introduire  dans  leurs  raisonnements  certaines  hypothèses  restric- 
tives qui  remplacent  le />o5/«/r/r/mi  physicjue  que  nous  avons  aiimîs,  et  dont  I.1 
nécessité  n'est  pas  a  priori  absolument  évidente. 


PROPAGATION  DE  U  CHALEUR. 


CHAPITRE  PREMIER. 

LOIS  GÉNÉRALES.  CONDUCTIBILITÉ  DES  SOLIDES 

ET  DES  LIQUIDES. 

Notions  préliminaires.  —  Identité  do  la  chaleur  rayonnante  ot.de  la  lu- 
mière. —  Théorie  de  la  conductibilité.  —  Cas  d'un  mur  indéfini.  — 
Conductibilité  extérieure.  —  Mesure  des  coefficients  do  conductibilité. 
—  Cas  d'une  barre  allongée.  —  Expériences  de  vérification.  —  Cas  gé- 
néral do  la  conductibilité.  —  Surfaces  isothermes.  —  Lignes  et  canaux 
de  propagation.  —  Conductibilité  dos  cristaux.  —  Conductibilité  des 
liquides.  • 


N0TI0H8  FBÉUHIHAIBES.  —  Lorsqu'un  corps  a  été  échauffé  et 
qu'on  le  place  dans  le  voisinage  ou  au  contact  de  substances 
dont  la.  température  est  plus  basse  que  la  sienne,  il  se  refroidit 
et  les  échauffe.  La  chaleur  peut  donc  se  transmettre. 

On  reconnaît  aisément  que  celle  communication  s'accom- 
plit suivant  deux  modes  distincts  :  i<*  leniemenl  et  de  proche 
en  proche  par  l'intermédiaire  des  molécules  matérielles,  c'est- 
à-dire  par  conductibilité;  2°  rapidement  et  à  dislance,  en 
franchissant  directement  l'inlervalle  qui  sépare  deux  corps 
éloignés  ;  alors  elle  se  propage  par  rayonnement.  Nous  allons 
d'abord  étudier  sommairement  ce  dernier  phénomène. 

L'expérience  journalière  nous  apprend  que  la  chaleur  du 
Soleil,  des  lampes  ou  des  foyers  traverse  l'air,  les  carreaux  des 
fenêtres,  les  châssis  des  serres  et  en  général  tous  les  corps 
transparents  solides,  liquides  ou  gazeux.  Ce  fait,  qu'il  est  im- 
possible de  contester,  parut  d'abord  susceptible  de  deuxinter- 


iG8**  PROPAGATION  DE  LA  CHALEUR. 

prélalions  coniradicloires.  Quelques  physiciens  émirent  Topi- 
nion  que,  pendant  cette  communication,  la  surface  antérieure 
des  corps  absorbe  la  chaleur  qu'elle  reçoit  et  Tabandonne»  de 
molécule  à  molécule,  aux  parties  yoisines,  qui  s'échauffent 
ainsi  de  proche  en  proche.  D'autres  pensèrent  que  la  chaleur 
chemine  directement  à  travers  les  milieux  sans  changer  leur 
température  et  qu'elle  les  traverse  instantanément  comme  le 
fait  la  lumière.  Celte  dernière  opinion  a  déOnitivement  pré- 
valu après  les  expériences  suivantes.  Prévost  (*),  de  Genève, 
montra  qu'un  flux  calorifique  passe  en  quantité  égale  à  travers 
une  nappe  d'eau,  soit  quand  elle  est  maintenue  immobile, 
soit  quand  elle  coule  avec  assez  de  rapidité  pour  n'avoir  pas 
le  temps  de  s'échauffer.  Il  fît  voir  aussi  qu'une  lentille  convexe 
toiliée  dans  l'eau  congelée,  qui  fond  et  ne  s'échauffe  pas  quand 
elle  absorbe  de  la  chaleur,  transmet  néanmoins  et  concenue 
à  son  foyer  une  assez  grande  proportion  de  rayons  solaires 
pour  enflammer  du  bois.  Enfîn  Delaroche  (^)  vit  qu'une  lame 
de  verre  recouverte  de  noir  de  fumée  cesse  d'être  traversée  par 
la  chaleur,  précisément  parce  qu'elle  l'absorbe  en  s'échauflani. 

D'ailleurs,  ce  qui  exclut  toute  idée  de  propagation  par  échauf- 
femenls  successifs,  c'est  que  la  chaleur  traverse  le  vide  ;  cela 
est  évident,  puisqu'elle  nous  vient  du  Soleil,  et  cela  fut  dé- 
montré directement  parRumford  (^).  Il  prépara  dans  celte  in- 
tention un  baromètre  long,  étroit  et  terminé  à  son  sommet  par 
un  large  ballon,  au  centre  duquel  était  le  réservoir  d'un  ther- 
momètre. Il  ramollit  ensuite  le  tube  h  la  lampe  au-dessus  du 
niveau  de  mercure  et  au-dessous  du  ballon,  et  il  enleva  la 
partie  supérieure  qui  se  trouva  ainsi  fermée  et  vide.  Quand  on 
plongea  ce  ballon  dans  l'eau  chaude,  on  vil  que  le  thermomètre 
montait  instantanément,  c'est-à-dire  que  la  chaleur  traversait 
le  vide  barométrique. 

Dans  le  Chapitre  précédent,  nous  avons  admis  que  la  chaleur 
consiste  en  un  mouvement  d'agitation  des  dernières  particules 


(*)  Prévost,  Journal  de  Physique  de  Delamvlheriej  1811. 
(*)  1)klvko(.iie,  Journal  de  Physique  de  Drlamétherie,  t.  LXXX. 
(•')  RuMFORD,    Nouvelles   expcrienccs   sur   la  chaleur   {Transactions  philoso- 
phiques), l.  LXXVI  cl  LXXMll,  et  Essais  sur  la  Chaleur, 


CHALEUR  RAYONNANTE  ET  LUMIÈRE.  169** 

de  la  maiière;  or  on  conçoit  parfaitement  qu'un  mouvement  se 
propage  de  proche  en  proche  (par  exemple  par  une  série  de 
chocs),  d'une  particule  matérielle  à  une  autre,  ce  qui  a  lieu 
dans  le  cas  de  la  conductibilité  ;  mais  on  ne  conçoit  pas  la 
propagation  du  mouvement  là  où  il  n'y  a  plus  de  matière, 
dans  le  vide  barométrique  par  exemple.  Cependant  le /a/7  de 
la  propagation  par  rayonnement  est  incontestable;  d'ailleurs  la 
chaleur  rayonnante  accompagne  habituellement  la  lumière 
que  l'on  considère  aussi  comme  un  mouvement,  et  qui  est 
également  susceptible  de  se  propager  dans  le  vide.  Il  e'sl,  a 
priori,  bien  probable  que  le  mécanisme  du  transport  de  la  cha- 
leur et  de  la  lumière  est  le  même.  On  ne  conservera  plus  de 
doute  à  cet  égard  quand  nous  aurons  exposé,  dans  une  autre 
partie  de  cet  Ouvrage,  les  principales  lois  de  la  chaleur  rayon- 
nante.    , 

IDENTITÉ  DE  Là  CHALEUR  BATOHHAHTE  ET  DE  LâLUMliBE.  —  On  a 

admis,  pour  l'explication  desphénomènes  lumineux,  Texistence 
d'un  milieu  universel,  l'éther,  doué  de  masse,  mais  non  de 
poids,  qui  pénètre  l'espace  vide.de  matière^  ainsi  que  les 
corps  matériels  eux-mêmes.  Dans  les  corps  transparents  il 
conserve  en  grande  partie  sa  mobilité,  qu'il  perd  au  contraire 
à  peu  près  complètement  dans  les  corps  opaques. 

La  lumière  consiste  en  mouvements  vibratoires  de  l'éther  ; 
ces  mouvements  se  propagent  avec  une  vitesse  considérable  à 
partir  de  l'éther  qui  pénètre  le  corps  lumineux  jusqu'à  celui 
qui  pénètre  le  corps  éclairé.  D'ailleurs  l'éther  et  la  matière  ne 
sont  pas  sans  action  l'un  sur  l'autre,  puisque  la  lumière  ne 
saurait  être  émise,  absorbée,  modifiée  que  par  les  corps  maté- 
riels :  on  peut  dire  que  dans  l'éther  isolé  la  lumière  n'existe  pas. 

Nous  étudierons  dans  le  Cours  d'Optique  les  lois  de  la  propa- 
gation de  la  lumière.  Nous  mesurerons  la  vitesse  avec  laquelle 
elle  se  propage,  et  nous  constaterons  que  c'est  aussi  la  vitesse 
de  propagation  de  la  chaleur  rayonnante.  Nous  chercherons 
comment  la  lumière  se  réfléchit,  se  réfracte,  se  polarise,  et 
nous  retrouverons  les  mêmes  lois  pour  la  réflexion,  la  réfraction, 
la  polarisation  de  la  chaleur.  Enfin  les  lois  générales  de  rémis- 
sion et  de  l'absorption  seront  reconnues  communes  aux  deux 


170**  PROPAGATION  DE  LA  CHALEUK. 

ordres  de  radiations,  les  radiations  lumineuses  et  les  radiations 
calorifiques. 

Sans  insister  davantage  pour  le  moment  sur  cette  analogie  ou, 
pour  mieux  dire,  cette  identité  de  Ja  chaleur  rayonnante  et  de 
la  lumière,  nous  accepterons  le  fait  de  la  propagation  de  la  cha- 
leur par  les  vibrations  éthérées,  nous  réservant  d*en  faire  une 
étude  approfondie  dans  la  partie  de  ce  Livre  consacrée  à  Tétude 
des  radiations, 

THÉOBIE  DE  Là  COHDUCUBIUTÉ.  —  En  revanche,  nous  allons 
étudier  ici  la  propagation  de  la  chaleur  s'exécutant  par  conduc- 
tibilité. Si  Ton  connaissait  4a  nature  du  mouvement  exécuté 
par  les  molécules  quand  elles  sont  échauffées,  il  est  probable 
qu'on  pourrait  déterminer  parle  calcullesloisde sa  propagation, 
comme  on  Ta  fait  pour  la  transmission  de  la  lumière  ou  du  son, 
et  l'on  en  déduirait,  comme  conséquence,  la  loi  de  transmission 
des  températures;  mais  la  Science  n'est  point  assez  avancée  pour 
qu'on  puisse  poser  théoriquement  ce  problème,  si  ce  n'est  dans 
le  cas  des  gaz  parfaits.  Fourier  {^)  ^  tourné  la  difficulté  ;  il  n'a 
fait  aucune  hypothèse  sur  la  nature  de  la  chaleur,  mais  il  a 
admis  comme  fait  qu'une  molécule  s'échauffe  quand  elle  a  ab- 
sorbé une  radiation,  et  qu'elle  devient  alors  capable  de  rayonner 
autour  d'elle,  à  travers  les  espaces  inlermoléculaires,  comme 
le  font  les  masses  matérielles  en  présence,  dans  le  vide  ou  dans 
les  gaz.  Il  a  constitué  ainsi  ce  qu'on  a  appelé  à  tort  la  théorie 
de  la  conductibilité;  ce  n'est  que  l'élude  de  la  propagation  des 
températures,  déduite  de  l'hypothèse  du  rayonnement  parli- 
culairc.  La  plupart  des  résultats  auxquels  il  est  arrivé  ont  été 
vérifies,  ce  qui  a  donné  comme  une  démonstration  a  poste- 
riori des  hypothèses  qu'il  avait  admises  et  que  nous  allons 
exposer. 

I.  Soient  ni  et  u.  {/tg-  35)  deux  molécules  très  voisines.  La 
première  envoie  à  la  seconde,  pendant  l'unité  de  temps,  si  elle 
est  plus  échaulîée  qu'elle,  une  quantité  de  chaleur  q  qui  dé- 
croît rapidement  quand  leur  distance  augmente,  et  qui  devient 


(')  FuuniEn,    Mémoires  de  l'Académie  des   Sciences,    t.  IV  et   V,   i8i3;   el 
Théorie  anal/tique  de  la  chaleur;  Paris,  182a. 


CAS  D'UN  MUR  HOMOGÈNE  INDÉFINI. 


^ .  «  * 


T71 


nulleaussilôl  que  celle  dislance  alleint  une  cerlaine  limite  1res 
pelile.  Celle  quaniilé  de  chaleur  esl  donc  une  fonction /(r)  de 
la  dislance  de  /w  à  /x. 

II.  On  admet  que  q  est  proportionnel  à  la  différence  de  tem- 
pérature [tk  —  Bx]  des  deux  molécules  m  et  11.  Celle  hypothèse 
est  nécessaire;  car,  puisque  la 

distance  limite  à  laquelle  s'ar-  ^*e-  35. 

relent  les  rayonnements  inler-       ^ 

moléculaires  est  très  pelile,  la  ^^ 

différence  de    température    esl      ^^ 

très  faible,  et,  comme  la  quan- 
tité de  chaleur  q  s'annule  avec    .  i ■         û 

(^1  —01  ),on  doit  admettre  qu'elle 

lui  est  proportionnelle;  cela  revient  à  négliger  des  infiniment 

petits  d'ordre  supérieur;  q  pourra  donc  être  représenté  par 

III.  Fourier  fait  une  dernière  hypothèse.  Il  admet  que  la 
quaniilé  q  ne  dépend  que  de  l'excès  et  ne  varie  pas  avec  la 
température  Q  de  la  molécule  /x.  Cela  ne  peut  se  justifier  par 
aucune  raison  plausible.  On  verra,  en  traitant  des  lois  du  re- 
froidissement, que  la  quantité  de  chaleur  émise  par  un  corps 
est  proporiîonnelle  à  l'excès  de  sa  lempéralure  sur  celle  de 
l'enceinte,  mais  qu'elle  est  variable  avec  la  température  abso- 
lue de  celle-ci.  La  seule  chose  que  l'on  puisse  dire  en  faveur 
de  cette  hypothèse,  c'est  qu'elle  suffit  pour  conduire  à  des 
résultats  conformes  aux  faits  observés  jusqu'ici. 

CAS  Dim  MUB  HOMOGÈNE  IHDÉnNI.  —  Ces  principes  posés, nous 
allons  d'abord  étudier  la  conductibilité  dans  un  mur  homogène 
solide  [Jig*  35),  donl  les  faces  extrêmes  AB,  CD  sont  indéfi- 
nies, parallèles  entre  elles,  séparées  par  une  dislance  finie  ^et 
mainienues,  la  première  à  une  température  A,  la  seconde  à 
une  température  B,  constantes  l'une  et  l'autre. 

Il  esl  évident  qu'un  plan  MN,  mené  parallèlement  aux  faces 
limites,  doit  être  à  une  température  uniforme  à  tout  instant, 
puisque  rien  ne  dislingue  les  uns  des  autres  les  divers  points 
de  ce  plan.  Il  esl  évident  aussi  que  cette  température  V  esl,  à 


irr*  PROPAGATION  DE  LA  CHALEUR. 

III)  moment  donné,  fonction  de  la  distance  x  de  MN  à  AB;  on 

a  donc 

V  =  o(x). 

l  ne  molécule  m  envoie  à  \i.  une  quantité  de  chaleur  qui  esi 
représentée,  comme  nous  l'avons  dit  précédemment,  par 
/i  —  (/i' /' r\  De  même,  toutes  les  molécules  situées  au- 
dessus  de  MN  enverront  de  la  chaleur  à  celles  qui  sont  placée? 
au-dessous,  pour>*u  qu'elles  soient  à  des  distances  plus  petites 
que  la  limite  du  rayonnement  sensible,  et  la  somme  totale  de 
chaleur  qui  passera  pendant  Tunité  de  temps  à  travers  Funité 
de  surface  de  MX  pourra  se  représenter  par 

l>ésignons  par  {x  —  a)  et  par  [x  -h  a)  les  distances  de  m  ei 
do  u  à  AB,  les  températures  de  ces  molécules  /n  et  /x  seront 

#  ^  \         i    \         do{x) 

t,  =  o[x-a)^.^(x]-a-^^-\-..., 

B,  =:  9  (x  -^  a)  =:  ^[x)  -^  a-^^  -^ .  •  ■  , 

et.  comme  a  et  a  sont  très  petits,  on  peut  négliger  les  termes 
>uporieurs  des  développements  précédents  et  écrire 

par  suiu\ 

dV  (TV 

0  :■     -    l^a-r-  oc)f{r)  -^^-  =  -  —l{a-\  :c)J\r); 

oi.  on  romarquanlque  l{a  -4-  (z)f(r)  ne  dépend  que  de  la  na- 
luro  du  mur  considéré, 

I.o  mur  que  nous  examinons  finira  par  arriver  à   un  éiai 
iloquilibro.  A  ce  moment,  la  chaleur  qui  traversera  pendant 


CAS  D'UN  MUR  HOMOGÈNE  INDÉFINI.  173** 

té  de  temps  un  plan  quelconque  MN  devra  être  indéperi- 
e  de  la  distance  de  MN  à  AB;  car,  si  cela  n'était  pas,  en 
imposant  le  mur  en  tranches  parallèles,  Tune  jj'elles  rece- 
plus  de  chaleur  de  la  couche  précédente  qu'elle  n'en 
à  la  suivante,  et  elle  s'échaufferait;  ou  bien  elle  en  ga- 
ait  moins  qu'elle  n'en  perd  et  se  refroidirait.  Il  faut  donc 
Q  soit  constant  et  que  Ton  ait 

itcgranl, 

V  — /wx'  4-  n, 

\  détermine  les  deux  constantes  /w  et  /i  en  exprimant  que 
A  pour  a*  =  o,  et  que  V  =  B  pour  a?  =  ^,  ce  qui  donne 

V    =   A Xy 

e 

-à-dire  que  les  températures  décroissent  en  progression 

\ j^ 

métique  dont  la  raison  est »  quand  les  distances  à 

îe  AB  croissent  en  progression  arithmétique  dont  la  raison  * 

.  Si  de  celle  équation  on  tire  la  valeur  de  -p?  qui  est 

î  à    -  - — ^ — i  et  qu'on  la  remplace  dans  la  formule  (i),on 


nt 


Q  =  /.^-^ 


est  l'expression  de  la  quantité  de  chaleur  qui  passe  pen- 
l'uniié  do  temps  à  travers  Tunilé  de  surface  d'une  section 
con(|ue  MN. 
A  —  13  est  égal  à  i**  et  ^  égal  h  l'unité  de  longueur,  on  a 

Q  =  A-. 

t  ce  qu'on  nomme  le  coefficient  de  conductibilité  :  c'est 
lantité  de  chaleur  qui  entre  dans  le  mur  ou  qui  ensort, 
lant  l'unité  Je  temps,  à  travers  l'unité  de  surface,  quand 


174**  PROPAGATION  DE  LA  CHALEUR. 

son  épaisseur  est  égale  à  runité,  et  quand  la  différence  des 
températures  extrêmes  est  égale  à  i®. 

Dans  le  système  G. G.  S.,  le  coefficient  de  conductibilité  est 
la  quantité  de  chaleur  qui  passe  par  seconde  à  travers  i*' 
d'un  mur  de  i*^"'  d'épaisseuh,  dont  les  deux  faces  sont 
maintenues  à  des  températures  différant  de  i*  C. 

Les  dimensions  d'un  coeflicient  de  conductibilité  sont  celles 
d  une  quantité  de  chaleur  divisée  par  une  longueur  et  par  an 
temps,  ou,  si  Ton  considère  la  chaleur  comme  un  travail, 
MLT». 

COrauCHBOUTË  EXTÉBIEUBE.  —  il  ne  suffit  pas  d'avoir  étudié 
comment  la  chaleur  se  transmet  dans  un  mur  indéfini,  il  faut 
voir  encore  comment  elle  y  entre  et  comment  elle  en  son.  A 
la  surface  du  mur,  il  y  a  discontinuité;  la  matière  dont  le  mur 
est  formé  est  conliguë  soit  à  une  autre  matière,  soit  au  vide 
absolu.  Nous  commencerons  par  examiner  ce  dernier  cas. 

La  surface  libre  du  mur  dont  la  température  est  fi  est  le 
siège  d'un  rayonnement  calorifique  vers  les  parois  extérieures 
de  Tenceinte,  à  la  température  C.  Pour  Téquilibre^  il  faut  que 
la  quantité  de  chaleur  qui  traverse  pendant  l'unité  de  temps 
l'unité  de  scclion  du  mur  soit  égale  à  celle  qui  est  perdue  par 
rayonnement  à  travers  l'unilé  de  seclion  de  la  surface  libre. 
(]eito  quaniilé  dépend  de  B  et  de  C;  mais,  quand  l'excès  B  —  C 
esl  sullisamniciu  peiil,  on  peut  la  représenter  par  /z(B  —  C  , 
//  éianl  une  constante. 

On  a  donc 

^5)  //_^.=:/,(B-C); 

on  aurait  de  même,  pour  représenter  la  chaleur  absorbée  à  la 
lace  d'enlrée, 

(Ml  dcsi^Miant  |)ar  1)  la  température  de  l'enceinie  qui  limiie  lo 
nmrdu  colé  le  plus  chaud. 
Le  coeflicient  //,  qui  se  confond  dans  ce  cas-là  avec  le  pou- 


COEFFICIENT  DE  CONDUCTIBILITÉ.  176** 

voir  émissif  de  la  substance  dont  le  mur  est  formé  s'appelle 
le  coefficient  de  conductibilité  extérieure. 

Au  lieu  de  confiner  au  vi^e,  le  mur  peul  se  limiter  à  un  es- 
pace occupé  par  une  atmosphère  gazeuse,  ou  par  un  bain 
liquide  agité  dans  toute  sa  masse.  Alors,  à  la  perte  de  chaleur 
produite  par  le  rayonnement  proprement  dit,  s'ajoute  une 
perle  de  chaleur  par  confection.  Une  molécule  dé  liquide  ou 
d'air,  après  avoir  été  en  contact  avec  la  surface  du  mur  pen- 
dant un  temps  très  court  et  en  avoir  reçu  de  la  chaleur,  se 
trouve  entraînée  au  loin  et  emporte  ainsi  mécaniquement  la 
chaleur  qui  lui  a  été  fournie.  Il  est  évident  que;  si  la  tempéra- 
ture du  milieu  se  confond  avec  celle  de  Tenceinte,  la  perte  de 
chaleur,  résultant  du  rayonnement  et  de  la  convection,  sera 
encore  proportionnelle  à  l'excès  B  —  G,  mais  avec  un  coeflî- 
cient  A'>  h,  et  dont  la  valeur  dépend  de  la  nature  du  mur, 
de  celle  du  milieu  et  de  la  rapidité  du  mouvement  dont  ce 
milieu  est  animé.  On  conserve  à  la  quantité  h'  le  nom  de  coef- 
ficient de  conductibilité  extérieure. 

Il  resterait  à  examiner  le  cas  où  le  mur  confine  à  une  sub- 
stance qui  ne  peut  lui  enlever  de  chaleur  que  par  voie  de  con- 
ductibilité, par  exemple  un  second  mur  de  substance  et  d'é- 
paisseur différentes.  Ce  problème  sera  traité  incidemment  un 
peu  plus  loin. 

MESIJBi:  DIRECTE  DES  COEmCIEHTS  DE   GOHDUCTIBILITÉ.   ~    On 

pourra  toujours  déduire  la  mesure  du  coefficient  de  conducti- 
bilité extérieure  de  l'observation  de  la  vitesse  du  refroidisse- 
ment (fo/r  au  Chapitre  suivant).  Supposons  qu'il  s'agisse  du 
passage  de  la  chaleur  entre  une  substance  déterminée  et  l'air; 
on  couvrira  la  surface  extérieure  d'un  thermomètre  avec  cette 
substance,  et  l'on  déterminera  la  vitesse  de  refroidissement  U, 
correspondant  à  des  températures  B  et  C  du  thermomètre  et 
de  l'air.  Alors  la  chaleur  perdue  par  l'unité  de  surface  pendant 
l'unité  de  temps  sera,  en  désignant  par  P  le  poids  du  thermo- 
mètre évalué  en  eau  et  par  S  sa  surface, 

PU 
((i;  ^:rr//'(B-C]; 

oji  tirera  //'  de  cette  équation. 


17G**  PROPAGATION  DE  LA  CHALEUR. 

Celle  manière  de  mesurer  le  coerficienl  de  conduciibiliié 
exiérieure  pourrait  aussi  s'appliquer  au  cas  où  la  chaleur  passe 
d'un  solide  dans  un  liquide.  On  plongerait  dans  ce  liquide  un 
thermomètre  revêtu  du  corps  à  étudier,  et  Ton  mesurerait  sa 
vitesse  de  refroidissement;  mais  cette  expérience  serait  peu 
exacte,  car,  au  contact  du  liquide,  la  surface  extérieure  du 
thermomètre  prendrait  une  température  intermédiaire  entre 
celle  du  milieu  et  celle  du  mercure  intérieur,  et  par  consé- 
quent le  thermomètre  n'indiquerait  point  cette  température. 

Quant  au  coefficient  de  conductibilité  intérieure,  sa  mesure 
directe  soulève  de  bien  plus  grandes  difficultés,  comme  on  le 
verra  par  l'exposé  des  tentatives  faites  par  Péclet  (  *)  pour  le 
mesurer  sur  une  substance  particulière.  Son  appareil^  dont 
nous  ne  ferons  connaître  que  la  disposition  générale,  se  com- 
posait de  deux  compartiments  :  l'un  était  une  caisse  que  Ton 
pouvait  remplir  d'eau  à  T**;  l'autre  était  un  tube  à  parois  peu 
conductrices,  fermé  à  sa  base  par  un  disque  de  la  substance  à 
essayer,  et  contenant  un  poids  P  d'eau  à  une  température  /. 
Ce  tube  plongeait  dans  la  caisse,  et  le  disque,  ayant  ses  deux 
faces  en  contact  avec  des  liquides  dont  les  températures  étaient 
T  et  t,  transmettait  de  la  chaleur,  qui  échauffait  l'eau  du  tube 
(\e  t  bit  pendanl  un  temps  t.  Cette  chaleur  était  donc  égale  à 
V[t  —  t);  d'un  autre  coté,  si  t  diffère  peu  de  /',  on  peut  ad- 
mettre que  Teau  du  tube  conserve  pendant  la  durée  de  l'ex- 

t  -f-  /' 
périence  une  température   moyenne  ?  et  la  chaleur  qui 

iraverse  le  disque,  doiil  l'épaisseur  est  e,  s'exprime  par 

e 

En  égalant  cette  expression  à  la  première  P(/'  —  /),  on  doii 
trouver  /r,  s'il  n'y  a  pas  de  cause  d'erreur. 

Mais  l'expérience  a  montré  que  les  variations  de  tempéra- 
ture, observées  pendant  un  temps  toujours  le  ipême,  élaieni 
sensiblement  indépendantes  de  l'épaisseur  des  disques  métal- 

(')  Péclet,  Annules  de  Chimie  et  de  P/ijsi(/ue,  3"  série,  l.  II,  p.  107:  iS'ji. 


COEFFICIENTS  DE  CONDUCTIBILITÉ.  177** 

liques  ei  de  leur  nature,  ce  qui  prouve  que  la  formule  ne  leur 
esl  point  applicable.  Elle  suppose,  en  effet,  les  deux  faces  du 
disque  aux  températures  des  enceintes  entre  lesquelles  11  esl 
placé,  tandis  que  vraisemblablement  les  couches  liquides 
minces  en  contact  avec  ces  deux  faces  prennent  chacune  une 
température  intermédiaire,  et  les  choses  se  passent  comme  si 
Ton  étudiait  la  conductibilité  d'un  système  mixte,  composé 
d'une  plaque  métallique  comprise  entre  deux  couches  d'eau 
qui  lui  sont  adhérentes.  La  conductibilité  du  métal  étant  tou- 
jours fort  grande  par  rapport  à  celle  du  liquide,  la  conductibi- 
lité du  système  demeure  à  peu  près  invariable,  quelle  que  soit 
la  nature  ou  l'épaisseur  de  la  plaque  métallique  étudiée. 

Ayant  reconnu  cette  grave  cause  d'erreur,  Péclet  chercha  à 
y  remédier  :  1"  en  diminuant  la  différence  de  température  des 
deux  enceintes,  dont  l'une  fut  maintenue  à  25%  l'autre  vers  12° 
ou  1 4'';  ^"^  en  disposant  dans  l'intérieur  de  l'appareil  des  rouages 
mobiles,  garnis  de  brosses  en  crin,  lesquelles  balayaient  les 
deux  surfaces  du  disque  et  renouvelaient  l'eau  à  son  contact. 
Alors  les  chaleurs  transmises  parurent  sensiblement  en  raison 
inverse  des  épaisseurs  des  plaques,  comme  l'exige  la  théorie. 
Toutefois,  il  est  probable  que  la  surface  des  plaques  était  trop 
petite,  et  que  l'influence  perturbatrice  des  couches  d'eau 
adhérentes  n'avait  pas  été  complètement  écartée,  car  les  rap- 
ports des  nombres  qui  expriment,  d'après  Péclet,  les  conduc- 
tibilités des  différents  métaux  sont  très  éloignés  des  rapports 
fournis  par  les  expériences  plus  récentes  et  plus  précises  dont 
nous  rendrons  compte  ultérieurement. 

En  prenant  pour  unité  de  longueur  le  millimètre,  pour  unité 
de  surface  le  mètre  carré,  pour  unité  de  masse  le  kilogramme, 
et  pour  unité  de  temps  la  seconde,  Péclet  trouva  que  le  coel- 
ficicnt  de  conductibilité  intérieure  du  plomb  est  égal  à  3,82, 
c'est-à-dire  que  la  quantité  de  chaleur  qui  traverse  en  une  se- 
conde i"*ï  de  surface  d'une  lame  de  plomb  de  i"*™  d'épaisseur, 
dont  les  deux  faces  sont  maintenues  à  des  températures  diffé- 
rant de  1°,  ser^t  capable  d'élever  de  30,82  la  température 
de  i""»  d'eau.  En  adoptant  les  unités  C.G.S.,  ce  nombre  doit 
être  multiplié  par  -fôJirô  X  iV  X  ' 000,  c'est-à-dire  par  ^^.  La 
conductibilité  absolue  du  plomb  seraitdonco,o382.Ce  nombre, 

J.  el  B.  Thermoi/jrnami jue.  —  II.  3*  fasc.  12* 


178**  PROPAGATION  DE  LA  CHALEUR. 

donné  par  Péclet,  a  fait  autorité  pendant  longtemps;  on  sait 
aujourd'hui  qu*il  est  pour  le  moins  trois  fois  trop  faible. 

Rapprochons  des  expériences  de  Péclet  celles  qui  furent 
faites  par  Fourier(*)  à  l'aide  du  thermomètre  de  contact 
ijig.  36).  Cet  appareil  se  compose  d'un  entonnoir  A  dans  le- 
quel plonge  un  thermomètre  E; 
il  contient  du  mercure  et  il  est 
fermé  à  sa  base  par  une  peau  de 
chamois.  On  le  place  sur  une 
caisse  B  remplie  de  vapeur  à  T, 
et  Ton  attend  que  le  therroo- 
mètre  devienne  staiionnaire  à 
une  température  t,  ce  qui  arrive 
lorsque  la  chaleur  gagnée  par 
conductibilité»  à  travers  la  peau 
de  chamois,  est  égale  à  celle  perdue  par  rayonnement;  on 
place  ensuite,  sur  la  caisse  et  sous  l'entonnoir,  une  lame  de  la 
substance  que  l'on  veut  étudier;  alors  la  chaleur  transmise 
par  conductibilité  à  travers  la  lame  métallique  et  la  peau  de 
chamois  devient  plus  petite,  et  le  thermomètre  se  fixe  à  une 
température  staiionnaire  /',  inférieure  à  t  Si  Ton  admet  que  le 
refroidissement  s'opère  d'après  la  loi  de  Newton  et  que  la 
masse  de  mercure  contenue  dans  l'instrument  est  à  la  même 
température  en  tous  ses  points  quand  le  thermomètre  est  sta- 
iionnaire, on  obtiendra  aisément  deux  équations  d'où  l'on  ti- 
rera les  coefficienls  de  conductibilité  du  métal  et  de  la  peau  de 
chamois.  Mais  ce  calcul  se  fonde  sur  des  hypothèses  inadmis- 
sibles, et  il  est  évident  que,  la  couche  de  mercure  qui  louche 
la  peau  de  chamois  n'étanl  pas  incessamment  renouvelée,  la 
méthode  de  Fourier  est  sujette  aux  mêmes  inconvénients  que 
la  méthode  adoptée  primitivement  par  Péclel; 

CAS  D'UNE  BARRE  ALLONGÉE.  —  Nous  allons  étudier  maintenanl 
la  propagation  de  la  chaleur  dans  une  barre  très  longue  ei 
assez  mince  pour  que  la  température  soit  uniforme  dans  tous 
les  points  d'une  même  section  normale.  Supposons  que  celle 


[')  Four.iEn,  .-inti.  de  Chim.  et  de  Phys.,  2«  série,  t.  XXX Vil,  p.  291  :  i8j8. 


CAS  D'UNE  BARRE  ALLONGÉE.  179** 

barre  soit  chauffée  en  un  de  ses  points,  que  nous  prendrons 
pour  origine  des  abscisses,  et  considérons  deux  sections  si- 
tuées à  des  distances^,  x  -h  dx  et  ayant  sur  le  milieu  ambiant 
des  excès  de  tempéra ture/*, /h-  dy-' 

La  tranche  comprise  entre  xeix  -\-dx  peut  être  considérée 
comme  une  portion  de  mur  indéfmi.  Elle  reçoit,  par  sa  surface 

antérieure,  une  quantité  de  chaleur  — /r^~-:  elle  cède  aux 

dx 

molécules  qui  la  suivent  une  autre  quantité  de  chaleur  qu'on 
trouvera  en  remplaçant  j  par/ H-  dx  dans  l'expression  précé- 
dente, et  qui  sera 

Si  nous  faisons  la  différence  entre  la  chaleur  cédée  et  per- 
due, la  tranche  aura  gagné 

d^T 

D'un  autre  côté,  cette  tranche  perd,  pendant  le  même  temps, 
par  son  contour  extérieur,  une  quantité  de  chaleur  propor- 
tionnelle :  I®  à  sa  surface  p dx^  p  étant  son  périmètre;  2<»  à 
son  coefficient  de  conductibilité  extérieure  h\  3**  à  l'excès  de 
sa  température,  qui  est  partout  égal  à  j,  si  l'on  néglige  des 
infiniment  petits.  Celte  perte  sera  Aonc  phydx.  Quand  l'état 
stationnaire  sera  atteint,  elle  sera  égale  au  gain  fait  par  con- 
ductibilité, et  l'on  aura 


(7) 

hs^^dx-    hp. 

OU,  en  posant 

(8) 

ks      "' 

(9) 

Cette  équation  a  pour  intégrale  générale 

(10)  jr^Me'^'H-Ne" 


t-ax 


i8o"  PROPAGATION  DE  LA  CHALEUR. 

On  déiermine  les  constantes  M  et  N  en  faisant  d'abordx  =  o; 
lalors  X  est  égal  à  l'excès  de  température  du  point  directement 
échaufTé,  et  si  l'on  désigne  cet  excès  parAf 

(M)  A=:M  +  N. 

On  obtient  ensuite  une  seconde  équation  de  condition  quand 
on  connaît  la  température  de  la  barre  en  un  second  poini, 
correspondant  à  une  valeur  déterminée  de  x.  Cette  deuxième 
condition  dépend  des  circonstances  dans  lesquelles  on  s'esl 
placé. 

Supposons,  par  exemple,  que  la  barre  ait  une  longueur  in- 
finie, c'est-à-dire  pratiquement  assez  grande  pour  que  la  tem- 
pérature a  son  extrémité  non  échaulTée  ne  dilTère  pas  sensi- 
blement de  celle  de  l'enceinte.  Alors,  pour  x  =  so  ,  ^-  =  o  el 


(17) 


M«" 


N 


Fie-  37- 


ce  qui  exige  que  M  =  o.  Dans  ce  cas  particulier,  N  =  A,  el 
l'équation  générale  devient 

{lobis)  j'  =  Ke—'-'; 

par  conséquent,  si  dans  une  barre  de  longueur  iiilinle  les  di?- 

lances  au  point  chaulTé  croissent  en  progression  arithniéiiijue. 
les  excès  de  température  d(''- 
croisseni  en  progression  géu- 
mélrique. 

On  peut  réaliser  ce  cas  au 
mojen  de  l'appareil  J'Ingert- 
housz  (')  [fig.  37V  II  fC 
compose  d'une  caisse  nié- 
tullique  A  que  l'on  rem|ilit 
d'eau  bouillante  et  sur  la- 
quelle sont  implantées  di- 
verses tiges  métalliques  lio- 

rizontales  que  l'on  couvre  de  cire.  Quand  l'équilibre  est  atleini. 

lune  (le  leurs  extrémités  se  trouve  à  100°  et  l'autre  est  à  la 


•lal  de  PhjSiqtie  Je  Delam. 


CAS  D'UNE  BARRE  ALLONGÉE.  i8i** 

température  de  Taimosphère,  si  elles  sont  suffisamment  lon- 
gues. La  cire  dont  elles  sont  revêtues  s'est  fondue  jusqu'en 
des  points  qui  sont  situés  à  des  distances  de  la  caisse  égales 
à  /,  /*,  r,  . . .,  et  qui  ont  conséquemment  un  même  excès  de 
température  t.  Si  Ton  considère  en  particulier  deux  de  ces 
tiges,  on  a  donc 

I  tz=z  iooe~*»', 

I  tz=z  iooe-«''', 


(i3) 

ce  qui  exige  que 

(i4) 


2l-  — ^ 


On  se  rappelle  maintenant  qu'en  général  a^=i  -£-•  Or  h  est 

constant,  puisque  les  barres  sont  couvertes  de  cire  (0>  ce  qui 
leur  donne  le  même  coefficient  de  conductibilité  extérieure. 
De  plus  elles  ont  la  même  section  s  et  le  même  périmètre/?  ; 
donc 

Vf' 

ce  qui  permet  de  comparer  les  coefficients  de  conductibilité 
des  divers  métaux. 

Mais,  avant  de  déterminer  les  rapports  des  conductibilités,  il 
importe  de  vérifier  la  formule  générale  à  laquelle  nous  sommes 
parvenus;  car  elle  résulte  comme  conséquence  des  hypothèses 
(|ue  nous  avons  faites  sur  le  rayonnement  particulaire.  Or  on 
peut  le  faire  sans  avoir  déterminé  les  constantes  M  et  N.  Con- 
sidérons, en  effet,  plusieurs  points  successifs  pris  sur  la  barre 
à  des  distances  de  l'origine  ,r,  a;-+-/,  x-\-ii,  a; H- 3/,  ...; 
prenons  en  particulier  les  trois  premiers,  nous  aurons  pour  x 

pour  x-h  i, 


(')  Ce  raisonnement  n'est  pas  tout  à  fait  exact,  car  la  cire  étant  fondue  sur 
la  portion  utile  des  tiges,  au  moment  de  l'observation,  elles  no  sont  plus 
exactement  comparables. 


^  ■  "^  -    •;  '!!    :■.  nsiJéraiU  sur  la  barre  ur 


i  '>.* 


- ..    ^.  't  -fil  divisant  la  somme  des  e\( 
.?j  -    '.  >Mt<  prii  de  deux  en  deux  par 

^i  ;.r-.  Ml  obtiendra  un  quotient  cons 


ri 


■■« 


^  -  lî 


•       T  ■ 


-   '-^     -   IJLZ-L*  —  —    .ai 


>*J 


•  .pi  •  ■  .ne par  l'expérience  que  ces  diver 

-    .    ij^.irlabies.  on  pourra  considérer 

:!ïîne  ''xj'-'ie.  et  les  hvpotlièses  sur 

.  innio  sutlisantes  pour  représen 


j«  TiaiTClTTBl.  —  Les  premières  exp 

.  .  ^5  :-  .  ':?;■.£    •    :  elles  ont  été  exéi 

'.  .;^  -                         .  .  ^  :•  -  •..'iiues  qui  étaient  pic 

:-.*jX  -    '  ■  ir-Mi»»»;:  j  l'une  de  leurs  ex 

f  .^  ,                  >    •'    •tiii.î   i.viuque  Ton  mainte 

'\  Vf  >*^ri'.     h >  :i '•;:<  équidislantes pc 

j   j  'iii-u^  il."    ^f.^rv'u^e  et  reccvaieni 

■^î  .K'!r^   -i'MïN:»\*<.   Après  ces   c\ 

:  "^  '-'     t    n.-.jx.,'  -rocédc  Tétat  d'ét 

j^l  >  "»  j«i«i«.*'J'J  i:M'or  chauffé  en  un 

i^  ^               ••i^    **    ^»  b^ï^^-ôdente.  Enlîn  D 


EXPÉRIENCES  DE  VÉRIFICATION.  i83** 

reprit  les  expériences  de  Biol  elles  fil  avec  plus  de  soin.  L' ex- 
trémité A  (Jig,  38)  était  chauffée  par  un  quinquet  C  dont  la 
flamme  se  maintenait  constante.  La  barre  traversait  ensuite 
un  écran  I)  qui  la  préservait  du  rayonnement,  et  les  thermo- 
mètres I,  2,  3,  ...,  qui  étaient  très  petits,  plongeaient  dans 
des  trous  assez  étroits  pour  ne  point  altérer  sensiblement  la 
continuité  de  la  barre.  Pour  leur  donner  un  coefficient  de 
conductibilité  extérieure  identique,  Despretz  enduisait  d'une 
couche  mince  de  noir  de  fumée  la  surface  des  barres  qu'il  em- 
ployait. Voici  les  nombres  de  Despretz;  ils  prouvent  que  le 
quotient  in  est  constant  pour  les  métaux,  mais  qu'il  ne  l'est 
point  pour  le  marbre,  ce  qui  n'a  rien  d'étonnant,  car  cette 
substance  est  rarement  homogène. 


NUMÉRO 

des 

thermo  - 

mètres . 


I 

3 

4 
5 

6 


CUIVRE. 


Excès  y. 


m,  36 
46,28 
32,62 
2^,33 

18, 6S 
16,18 


2 /t. 


// 
2,14 

2,l5 
2,  I  1 
2,17 

tf 


FER. 


Excèsy. 


o 
62,90 

36,69 

20,52 
12,32 

8,19 
8,61 


/l. 


n 
2,34 
2,34 

2,33 

2,3l 


PLOMB. 


Excèsj. 


65%3 

29*42 
14*93 

9»99 


// 


Sn. 


Il 
2,73 

2,64 

II 


// 
// 


MARBRE    BLANC. 


Excès  j'. 

S/1. 

0 

63,91 

// 

6,08 

10,83 

1,93 

3,87 

1*47 

If 

n 

II 

n 

If 

De  ces  divers  résultats  il  est  aisé  de  déduire  les  rapports  des 
coefficients  de  conductibilité  des  substances  étudiées.  On  a, 
en  effet,  pour  une  première  barre, 


^a/_l_^-a/— 2^^      e^i—  fi  -f.  ^n-—  I, 


a=^iog(/i-4-v^w*~i)=y/ 


hp 

ks 


et,  pour  une  autre  substance^ 


a'='-\o^{ri  +  {W^^x)  =  \J'^ 


i8j"  PROPAGATION  DE  LA  CHALEUR. 

Dans  les  expériences  précédentes,  toutes  les  barres  avaient  la 

même  forme  et  la  même  section;  de  plus  elles  étaient  recou- 


vertes d'un  même  vernis  ;  par  conséquent,  li,  p,  s  étaient  res- 
pectivement égaux  à  h',  p ,  s',  et  l'on  avait 

A  _  los*  in'-^  \  n"^  —  •  ) 

lïespreiz,  nviint  pris  comme  terme  de  comparaison  le  coef- 
fiiii'iii  de  l'or,  est  arrivé  aux  nombres  qu'on  trouvera  dans  te 
Tableau  suîvanl.  Connaissnnt  maintenant,  d'une  pan,  le  raji- 
port  de  ces  coefficients,  de  l'autre,  la  valeur  absolue  de  l'on 
d'eux,  on  peut  calculer  lous  les  autres.  C'est  ce  que  l'on  a  faii 
«■i-a])ri'>s,  en  admettant  comme  exact  le  nombre  o,o382  donne 
[Kir  Péclei  pour  la  conductibilité  absolue  du  plomb  : 


Ar-oiit 9;3,o 

Pialiiic 9><'  ,o 


■*j^ 


EXPÉRIENCES  DE  VÉRIFICATION.  •  i85** 

CoefOclenU  de  eonducliblUté 
,  relatifs.  absolai 

Fer 374,3  0,0795 

Zinc 363, o  0,0774 

Étain 3o3,9  0,0646 

Flomb î79,6  o,o382 

Marbre 23, o  0,0049 

Porcelaine 12,2  0,0024 

Terre  de  fourneaux 1 1 ,4  0,0023 

Les  coerficients  de  conductibilité  absolus,  calculés  comme 
il  vient  d'être  dit,  sont  certainement  beaucoup  trop  faibles; 
mais  les  nombres  mêmes  qui  se  rapportent  aux  coefQcients 
relatifs  ne  méritent  pas  une  grande  confiance. 

Dans  toutes  les  expériences  précédentes,  les  barres  métal- 
liques étaient  nécessairement  assez  grosses,  puisqu'il  fallait  y 
creuser  des  cavités  pour  introduire  les  thermomètres  ;  par  con- 
séquent, il  est  probable  que  la  température  n'était  pas  exac- 
tement la  même  dans  toute  l'étendue  d'une  section  normale, 
et  l'on  pouvait  craindre  que  les  cavités,  bien  que  remplies  de 
mercure,  n'altérassent  l'homogénéité  des  métaux  étudiés.  Ces 
causes  probables  d'erreur  déterminèrent  Langberg  (•)  à  rem- 
placer les  grosses  barres  par  des  fils  très  fins  et  à  mesurer 
leurs  températures  en  divers  points,  par  une  petite  pile  ther- 
mo-électrique formée  de  deux  éléments  seulement,  dont  la 
soudure  était  appliquée  et  pressée  sur  le  contour  du  fil. 
Celle  pile  se  reliail  avec  un  galvanomètre,  et  les  températures 
aux  points  touchés  se  déduisaient  des  déviations  de  l'aiguille 
aimantée.  Ces  expériences,  trop  peu  soignées,  ont  donné 
des  résultats  qui  ne  sont  point  en  rapport  avec  la  théorie  de 
Fourier. 

MM.  Wiedemann  et  Franz  {^)  ont  repris  ces  expériences 
par  la  même  méthode,  mais  avec  plus  de  précautions.  Les 
barres  employées  avaient  environ  o",5o  de  longueur  et  o'*,oo6 
de  diamètre;   elles  étaient   argentées  par   la   galvanoplastie 


(*)  Laxcberg,  Annales  de  Poggendorffj  t.  LXVI,  p.  i;  i845. 
(')  Wiedemann  et  Franz,  Annales  de  Poggendorff,  t.  LXXXIX,  p.  497 î  et 
Annales  de  Chimie  et  de  Phjrsiquey  3*  série,  t.  XLI,  p.  107  ;  i854.  ' 


i86"  PROPAGATION  DE  LA  CHALEDR. 

el  polies  au  gralie-brosse.    On  pouvait  donc  les  considérer 

comme  ajanl  la  même  conductibilité  extérieure. 

Ces  barres  sont  fixées  horizontalement  dans  une  longue 
cloche  en  verre,  dont  l'ouverture  est  fermée  par  une  plaque  de 
cuivre  ss  {fig.  Sg);  elles  s'appuient  d'une  part  sur  un  support 
métallique  e,  et  traversent  par  leur  autre  extrémité  la  tubulure 
dd,  et  un  tube  g-g-  qui,  d'abord  large,  se  rétrécit  en  A  et  se 
ferme  par  une  vis  /.   La  partie  rétrécie  h  est  entourée  d'une 


Fie-  39. 


étuve  yw  qui  reçoit  la  vapeur  fournie  par  une  chaudière  u.  ei 
par  conséquent  l'extrémité  de  la  barre  est  amenée  à  une  tem- 
pérature sensiblement  constante  et  égale  à  loo". 

La  pince  thermo-électrique  (  '  )  se  voit  en  z,  fixée  à  l'estré- 
milé  d'un  tube  de  verre  qq' ,  et  les  deux  fils  qui  reçoivent  le 
courant  traversent  ce  tube  jusqu'en  ab  pour  se  rejoindre  en- 
suite au  galvanomètre.  Enfin  ce  tube  qq'  est  mobile  dans  une 
boiieà  étoupes  r,  et  pouvant  être  enfoncé  plus  ou  moins,  il 
permet  de  faire  glisser  la  pince  sur  la  barre  el  de  l'amener  suc- 
cessivement en  divers  points  de  la  règle. 


EXPÉRIENCES  DE  VÉRIFICATION.  187** 

On  a  commencé  par  déterminer,  au  moyen  d'expériences 
directes,  les  rapports  des  déviations  galvanométriques  aux 
températures  des  points  touchés.  Cela  se  faisait  en  échauffant, 
dans  Tappareil  même,  un  cylindre  creux  d'acier  rempli  de 
mercure  et  contenant  un  thermomètre.  Pendant  que  celui-ci 
mesurait  la  température,  le  galvanomètre  indiquait  la  déviation 
correspondante,  et  l'on  construisit  une  Table  faisant  connaître 
les  températures  pour  chacune  des  déviations. 

Cela  fait,  quand  on  opérait  sur  une  barre,  on  plaçait  succes- 
sivement la  pince  en  des  points  équidistants  a;,  ^  -+-  /,  a;  -+-  2 /, . . . , 

et  Ton  calculait  comme  précédemment  les  rapports ^^^ —y 

— — —j Ces  rapports  furent  trouvés  égaux  entre  eux, 

soit  que  Ton  fît  les  mesures  dans  le  vide,  soit  qu'on  les  reprît 
dans  Tair. 

On  put  ensuite  calculer  comme  précédemment  les  rapports 
des  coefficients  de  conductibilité^  et  l'on  trouva  les  résultats 
qui  suivent.  MM.  Wiedemann  et  Franz  ont  ensuite  fait  remar- 
quer que  ces  conductibilités  diffèrent  très  peu  des  conducti- 
bilités électriques  que  nous  étudierons  par  la  suite  :  cette  con- 
clusion n'a  pas  été  confirmée  par  les  expériences  les  plus 
récentes  (*  ). 

Coefllclents  de  conductibilité 
électrique  relaïUe.  calorifique  relallre. 

Argent 100,0  100,0 

Cuivre 73,3  73,6 

Or 58,5  53,2 

Laiton 21, 5  23,6 

Zinc 24,0  19,0 

Étain 22,6  14»  5 

Fer i3,o  11,9 

Acier »  1 1 ,6 

Plomb 10,7  8,5 

Platine 10, 3  8,4 

Palladium »  6,3 

Bismuth 1,9  1,8 


('  )  f'oir  t.  IV,  1*'  fascicule,  au  Chapitre  de  la  Mesure  des  conductibilités. 


i88**  PROPAGATION  DE  LA  CHALEUR. 

MESURES  FONDÉES  SUE  L'OBSERVATIOI  DE  L'tTAT  YABIABLE.  —  Les 

méthodes  que  nous  avons  exposées  jusqu'ici  sonl  fondées  sur 
la  mesure  des  températures  à  Télat  permanent.  L'observation 
de  l'état  variable  permet  d'arriver  plus  sûrement  à  la  mesure 
absolue  des  coefficients  de  conductibilité. 

La  théorie  fournil,  en  effet,  pour  représenter  l'état  variable 
d'un  corps  à  partir  d'un  état  initial  connu  (correspondant  à 
rinsiant  où  l'on  cesse  de  chauffer),  des  équations  différen- 
tielles que  nous  ferons  connaître  et  qui  ne  dépendent  que  des 
coefficients  de  conductibilité  interne  et  externe,  et  de  quan- 
tités fournies  par  l'observation.  On  peut,  dans  un  certain 
nombre  de  cas,  intégrer  les  équations  et  en  déduire,  en  va- 
eur  absolue,  les  deux  coefficients. 

M.  Neumann  (^)  a  réalisé  des  expériences  consistant  à 
chauffer  une  barre  métallique  par  une  de  ses  extrémités,  puis 
à  supprimer  la  source  calorifique  et  à  observer  la  marche  du 
refroidissement  en  différents  points.  Voici  les  nombres  qu'il 
a  obtenus  pour  le  coefficient  de  conductibilité  intérieure, 
ramenés  au  système  C.G.S.  : 

Conductibilité. 
Subotanre».  calorifique  absolue. 

Cuivre i ,  108 

Laiton o,3o:i 

Zinc o ,  307 

Maillochorl o,  109 

For o ,  1 64 

Houille o,ooo3 

Soufre  fondu o,ooo55 

Glace o,oo5'2 

Les  conductibilités  relatives  déterminées  par  MM.  W  iede- 
mann  et  Franz  ont  entre  elles  des  rapports  presque  identiques 
à  ceux  des  conductibilités  absolues  données  par  M.  Neumann. 
Ainsi,  d'après  les  premiers,  le  rapport  de  la  conductibilité  du 
cuivre  à  celle  du  fer  est  6, 18  et  6,76  d'après  le  dernier.  En  ad- 
mettant le  nombre  de  Neumann  pour  la  conductibilité  absolue 


(*)  F.  Neumaxn,  Annales  de  Chimie  et  de  Physique,  3*  série,  t.  LXVI,  p.  i83: 
1862.  loir  aussi  Verdet,  Conférences  de  Physique  faites  à  V Ecole  Normale ^ 
p.  I  et  suiv. 


OBSERVATION  DE  L'ÉTAT  VARIABLE.  189** 

du  fer,  les  expériences  de  Wiedemann  ei  Franz  fourniront, 
pour  les  conductibilités  absolues,  les  valeurs  suivantes  : 

Argent i  ,36 

Cuivre 1 ,00 

Or 0,725 

Laiton o,32i 

Zinc " o  ,a58 

Étain o,  197 

Fer 0,164 

Acier o ,  1 58 

Plomb o,  1 15 

Platine 0,114 

Palladium 0,086 

Bismuth 0,024 

M.  Angstrôm  (*)  fit  aussi  des  expériences  directes  pour  me- 
surer la  conductibilité  absolue  des  métaux.  Son  procédé  con- 
sistait à  observer  Tétat  périodique  des  températures  aux  divers 
points  d'une  barre  alternativement  chauffée  dans  Teau  bouil- 
lante ou  refroidie  vers  zéro,  sur  une  portion  de  sa  longueur 
prise  au  milieu  de  la  barre,  et  à  intervalles  égaux  de  douze  mi- 
nutes environ.  M.  Angstrôm  a  déduit  de  ses  expériences  les 
valeurs  suivantes  des  coefficients  de  conductibilité  : 

o 

^  .  \  0,910    (à  5i  ) 

Cuivre I     '-'        ;,  ,o( 

(  0,929    (a  38) 

Fer o,i63    (à  53) 

Argile  et  sable o,oo34 

Argile  humide 0,0037 

Le  nombre  obtenu  par  M.  Angstrôm  pour  la  conductibilité 
absolue  du  fer  coïncide  presque  absolument  avec  celui  de 
Neumann;  mais,  pour  le  cuivre,  la  différence  est  assez  consi- 
dérable; le  nombre  de  MM.  Wiedemann  et  Franz  se  trouve 
être  justement  la  moyenne  de  ceux  de  Neumann  et  d'Ang- 
strôm.  Il  faut  sans  doute  attribuer  ces  différences  à  la  difficulté 
d'obtenir  des  barres  des  métaux  très  conducteurs  parfaitement 

(•)  Â.xcsTRÔM,  .^///i.  dePogg,,\,  CXIV,p.5i3,  t.  CXVIII,  p.  423,  et  t.  CXXMl, 
p.  (hS,  et  Annales  de  Chimie  et  Je  Physique,  3*  série,  l,  LXVII,  p.  379,  i86:(. 


igo 


** 


PROPAGATION  DE  LA  CHALEUR. 


homogènes  et  identiques  entre  elles.  Ainsi  le  nombre  de 
MM.  Wiedemann  et  Franz,  relatif  au  cuivre,  est  la  moyenne 
de  déterminations  faites  par  eux  sur  deux  échantillons  diffé- 
rents; et,  pour  un  même  échantillon,  les  nombres  trouvés  à 
l'aide  de  diverses  portions  de  la  barre  diffèrent  plus  entre  eux 
que  leur  moyenne  ne  diffère  de  celle  qui  se  rapporte  à  l'argent. 
En  ce  qui  concerne  la  variation  du  ooefGcient  de  conducti- 
bilité des  solides  avec  la  température,  on  ne  possède  que  des 
renseignements  peu  nombreux  et  contradictoires.  Celte  varia- 
tion est  d'ailleurs  peu  sensible. 

CAS  GÉHÉBAL  DE  LA  CONDUCTIBILITÉ.  —  Il  nous  reste  à  indiquer 
comment  on  parvient  aux  équations  générales  du  problème  de 
la  conductibilité  dans  le  cas  des  corps  solides  isotropes. 


Fig.  4o. 


71 


M 


{3rjy,z) 


o 


Considérons  un  corps  quelconque 
homogène  et  isotrope.  Soient  x,  y,  z, 
y  les  coordonnées  rectangulaires  et 
la  température  de  l'un  de  ses  points  M 
au  temps  t\  V  est  une  fonction  conti- 
nue des  coordonnées  et  du  temps 


/  Par  le  point  M  {fig.  ^o)  menons 

^  trois  plans  parallèles  aux  plans  coor- 

donnés, et  concevons  un  parallélépipède  infiniment  peiii, 
construit  sur  ces  trois  plans,  avec  les  longueurs  d'arête  dx, 
(h\  (h.  A  travers  la  face  P  du  parallélépipède  parallèle  au 
plan  des  zy\  passe,  dans  le  sens  OX  et  pendant  le  temps  rf/, 
une  quantité  de  chaleur  proportionnelle  au  coefficient  de  con- 
ductibilité k  de  la  substance,  à  la  surface  dydz  de  la  face  P, 

r/V 
et  enfin  à —  et  à  dty 


dx 


-  k  dy  dz  '■£  dt. 


celle  qui  sort  parla  face  P'  sera  de  même 

rfV 


rf    V-H 


—  /i-  df  dz  dt 


S^^) 


dx 


(dV 


=  -kdrdz[^^-^^dx)dL 


CAS  GÉNÉRAL  DE  LA  CONDUCTIBILITÉ.  191** 

Si  Ton  se  borne  à  considérer  les  faces  P  elP',  le  gain  de  cha- 
leur est 

hdxdrdz  -7--  dt. 

^        dx^ 

De  la  même  manière  les  deux  autres  couples  de  faces  don- 
nent lieu,  pendant  le  temps  dt^  aux  absorptions  de  chaleur 

kdxdxdz--r  ^dt^ 

d^\ 
h  dxdydz-j-^  dt, 

soit,  pour  le  gain  total  de  chaleur, 

kdxdrdz(^^^^-^-^-,)dt 

Désignons  par  C  la  chaleur  spécifique  de  la  substance  et  par 

p  sa  densité.  La  température  du  parallélépipède  subit,  par  suite 

rfV 
du  gain  de  chaleur,  Taccroissement  --ndt^  et  par  suite  on  peut 

exprimer  la  chaleur  absorbée  par 

rfV 

Cpdxdydz  -,-  dt. 

Égalant  ces  deux  expressions,  on  obtient  Téquation  diiïéren- 
tielle  du  problème 


(«7) 


Cette  équation  se  rapporte  à  Tétat  variable  des  températures. 

Quand  Téiat  permanent  est  atteint,  c*est-à-dire  que  chaque 

point  est  arrivé  à  une  température  V  qui  ne  varie  plus  avec  le 

d\ 
temps,  -TY^o,  et  l'équation  (17)  se  réduit  à 

rf2V       d^\       d^\ 
dx^       dy^        dz^ 


d'Y 

f/ïV 

//ïV 

Cp 

dV 

d'x' 

-h 

dr^ 

4- 

rfz»  " 

~  k 

dt 

iga**  PROPAGATION  DE  LA  CHALEUR. 

Les  équations  (i  7  )et  (i8)  sont  de  la  plus  haute  importance  dans 
diverses  parties  de  la  Physique  mathématique  ( <  ). 

L'équation  (18)  exprime  la  condition  la  plus  générale  à  la- 
quelle doit  satisfaire,  pour  être  stable,  la  distribution  des  tem- 
pératures dans  un  milieu  conducteur.  Pour  déterminer  com- 
plètement la  fonction  V,  il  faut  connaître,  dans  chaque  cas,  la 
manière  dont  la  chaleur  s'introduit  dans  le  corps  par  certains 
points  de  la  surface  libre  et  la  manière  dont  elle  en  sort.  On 
peut  supposer,  par  exemple,  qu'une  portion  limitée  de  la  sur- 
face est  en  rapport  avec  un  milieu  dont  la  température  a  une 
valeur  constante  C,  tandis  que  le  reste  de  cette  surface  est  en 
rapport  avec  un  milieu  à  température  D  <CC.  Soient  alors  rfff 
un  clément  de  surface,  h  et  h'  les  coefGcients  de  conductibiliic 
extérieure  relatifs  aux  deux  milieux,  et  désignons  par  dn  une 
petite  longueur  prise  sur  la  normale  à  l'élément  e/a  et  dirigée 
soit  vers  l'intérieur  ou  vers  l'extérieur  du  solide,  suivant  qu'il 
y  a  de  la  chaleur  absorbée  ou  dégagée  au  point  corres- 
pondant; on  aura 

(.9)  -kÇ^(icf  =  h(c-y)dcf 

en  un  point  quelconque  de  la  surface  qui  absorbe  de  la  cha- 
leur et 

(19  to)  _A-:^j^^/i'(\  _D)J(7, 

en  tout  point  de  la  surface  par  où  se  perd  la  chaleur.  Les  équa- 
tions (19)  et  (iç)  bis)  sont  dites  les  équations  à  la  surface  ei 
achèvent  de  définir  la  fonction  V. 

SURFACES  ISOTHERMES.  -  U61IES  ET  CANAUX  DE  PROPAGATION. 

L'équation 

(?0)  V  —  £, 


(')  L'équaiion  (i8)  convient  en  particulier  pour  représenler  les  pres-^ions  V 
au  Soin  d'un  liquide  incompressible  en  mouvement,  les  potentiels  clectii»|uos  V 
aux  dincrcnts  points  d'un  conducteur  à  trois  dimensions  traversé  par  un  cou- 
rant station naire,  le  potentiel  V  dans  l'espace  extérieur  à  un  système  de  curj  s 
eloctrisés  ou  dans  l'intérieur  d'un  conducteur  électrisé  (voir  t.  I),  etc. 

De  même  l'équation  (17)  se  rapporte  à  l'état  variable  d'un  courant  etc.,  elr. 


SURFACES  ISOTHERMES.  193** 

où  €  est  une  conslanle  quelconque,  représente  une  surface 
passant  par  tous  les  points  du  solide  dont  la  température  est  e. 
Une  telle  surface  se  nomme  surface  isotherme.  Le  coefficient 
6  est  le  paramétre  thermomëtriqiie, 

La  chaleur,  n'ayant  aucune  tendance  à  se  propager  d'un 
point  à  un  autre  sur  une  surface  à  température  constante,  se 
propage  normalement  aux  surfaces  isothermes. 

Donnons  au  paramètre  thermométrique  des  accroissements 
ôgaux  et  infiniment  petits  rfe;  nous  obtiendrons  une  série  de 
surfaces  isothermes  infiniment  voisines,  et,  si  nous  considérons 
une  ligne  astreinte  à  être  normale  à  toutes  ces  surfaces  (tra- 
jectoire orthogonale),  ce  sera  ce  qu'on  appelle  une  ligne  de 
propagation. 

A  rétat  permanent  (  *  ),  le  flux  de  chaleur  qui  traverse  en  une 

unité  de  temps  un  élément  da  de  la  surface  isotherme  V  =  « 

(î\ 
a  pour  expression  —  kda  -p»  Prenons  pour  valeur  de  rfV  la 

quantité  fixe  dt\  la  quantité  dn  est  alors  la  portion  de  normale 
interceptée  entre  la  surface  V  -_  e  et  V  =  e  -h  rfe.  Les  flux  de 
chaleur  qui  traversent  des  surfaces  égales  c/o-,  en  différents 
points  de  la  surface  isotherme  V  ==  e,  sont  donc  en  raison  in- 
verse de  la  dislance  normale  dn  de  cette  surface  à  la  surface 
V  =r  €  -f-  rfe.  Là  où  les  deux  surfaces  sont  très  voisines,  le  flux 
de  chaleur  est  considérable  ;  il  est  faible  là  où  elles  sont  écar- 
tées ;  il  est  constant  si  les  deux  surfaces  sont  partout  équi- 
distantes. 

On  voit  de  même  que,  le  long  d'une  même  ligne  de  propaga- 

dt 
tion,  le  flux  de  chaleur  ~  **  ^  '  rapporté  à  l'unité  de  surface, 

varie  en  raison  inverse  des  segments  dn  découpés  sur  cette 
ligne  par  les  surfaces  isothermes  successives  correspondant  à 
des  accroissements  di  égaux  du  paramètre  thermométrique. 
Prenons  sur  Tune  des  surfaces  isothermes  une  étendue  tra- 


f)   Les   thcorèrocs   qui    suivent   s'étendont   aussi   à   Tétat   variable;   mais 

alors    les    surfaces    isothermes   et    les   li^jiies  de   propagation   se    déforment 

d\ 
d'une  manière  continue,  et  le  flux  de  chaleur  —  h  —  d^  rapporté  à  l'unité  i!e 

temps  varie  aussi  d'une  manière  continue. 

J.  et  B.,   Thermod)  namique.  —  11.  3'  fasc.  iS' 


194**  PROPAGATION  DE  LA  CHALEUR. 

versée,  pendant  l'unité  de  temps,  par  l'unité  de  chaleur,  ei 
considérons  Tensemble  désignes  de  propagation  qui  passent 
par  son  contour;  ces  lignes,  prolongées  jusqu  à  la  surface  libre 
du  corps,  formeront  une  sorte  de  tube  ou  de  canal,  parcouru 
dans  toute  son  étendue  par  un  même  flux  de  chaleur  de  i^'  par 
seconde.  Celte  chaleur  pénètre  par  une  portion  de  surface  libre 
interceptée  par  le  canal  et  sort  par  une  deuxième  portion  de 
surface  libre,  après  avoir  traversé  normalement  toutes  les  sur- 
faces isothermes  que  rencontre  le  tuyau.  Les  parois  du  tuyau 
ne  livrent  passage  à  aucun  mouvement  calorifique. 

La  considération  des  surfaces  isothermes,  des  lignes  et  des 
canaux  de  propagation  permet  de  se  représenter  d'une  manière 
très  nette  et  de  figurer,  d'après  les  principes  ordinaires  de  la 
Géométrie  descriptive,  la  distribution  des  températures  et  le 
mouvement  de  la  chaleur  dans  les  corps  conducteurs.  Il  est  ulile 
de  se  familiariser  avec  ces  surfaces,  ces  lignes  et  ces  canaux, 
dont  l'usage  tend  à  se  généraliser  de  plus  en  plus  dans  diverses 
branches  de  la  Physique  moderne. 

Nous  avons  étudié  la  propagation  de  la  chaleur  dans  un  mur 
indéfini.  Dans  ce  cas  les  surfaces  isothermes  sont  des  plans  pa- 
rallèles aux  deux  faces  du  mur  et  équidistants  ;  les  lignes  de 
propagation  sont  normales  aux  faces  du  mur,  et  les  canaux  de 
propagation  sont  des  cylindres  droits,  de  section  invariable. 

Concevons  deux  murs  accolés,  d'épaisseurs  e  et  e'y  de  con- 
ductibililés  k  et  /r',  dont  les  faces  extrêmes  sont  maintenues 
aux  températures  A  et  B;  il  est  évident  que  les  surfaces  iso- 
thermes sont  encore  des  plans  parallèles  aux  faces  des  murs,  ei 
que  la  surface  de  séparation  est  elle-même  une  surface  iso- 
therme. Quant  à  l'espacement  de  ces  surfaces,  il  suffit  de 
remarquer  que  le  flux  de  chaleur  à  travers  l'unité  de  surface 

de  l'un  de  ces  plans  est  —  /r  -i-  dans  le  premiermur,  —  k'  -p 

dans  le  second,  et, puisque  lesdeuxflux  doivent  être  égaux, ona 

dn k  ^ 

Un'  "  I?  ' 

l'espacement  des  plans  isothermes  dans  chaque  mur  est  pro- 
portionnel au  coefficient  de  conductibilité  correspondant. 


SURFACES  ISOTHERMES.  igS** 

La  considération  des  surfaces  isothermes  et  des  canaux  de 
propagation  peut  quelquefois  «dispenser  d'avoir  recours,  pour 
la  détermination  de  V,  à  la  méthode  générale  qui  consiste  dans 
rintégratîon  des  équations  (i8)  et  (19).  Comme  exemples,  con- 
sidérons le  cas  d'une  sphère  creuse  de  rayons  intérieur  et  exté- 
rieur r  et  R,  et  dont  les  deux  surfaces  sont  maintenues  aux 
températures  constantes  A  et  B.  Dans  ce  cas,  il  est  évident  que 
les  surfaces  isothermes  sont  des  sphères  concentriques,  et  les 
lignes  de  propagation  des  rayons.  Les  sections  des  tubes  de 
propagation,  à  différentes  distances  du  centre,  sont  proportion- 
nelles au  carré  du  rayon  p  des  surfaces  isothermes  correspon- 

rfV 
dantes,  et  par  suite  le  flux  de  chaleur  -^  f<  -r  t  correspondant 

à  l'unité  de  surface  sur  Tune  quelconque  des  surfaces  iso- 
thermes, est,  en  raison  inverse  de  p^. 


on  a  donc 


V  =  -r-  -   -+-  W  ; 

k   p 


m  et  n  sont  deux  constantes  à  déterminer  par  les  conditions 
relatives  aux  surfaces  de  rayon  r  et  R,  dont  les  températures 
sont  A  et  B  : 


d'où 


(21) 


A: 

m 

k 

I 

-f-w, 

B 

m 
k 

1 

B 

A 

m 

— 

1 
r 

-B 

» 

1 

~ÏÏ 

r 

1 
r 

— 

- —  1 

1 

K 

V 

(A 

-b; 

I 
p 

B 

H 

r 

A 
K 

% 

I 

I 

r 

~ 

R 

'li  Pli^nON  DE  LA  CHALEUR. 
.  louui;:    -    :iiiiitf«ir  nu  traverse  la  sphère  en  une  seconde 

I  I 

'  =  uTk Rr. 

i^uuie  *e    îiuieur  jw  traverserait  par  seconde  une  sur- 

.  ^  r-^  -iir  m  nur  -fe  stème  substance  et  d'épaisseur  e,  dont 

^e%v   ^rr>  T«m«nt  luîotenues  aux  températures  A  ei  B, 

e 

\       n 
fc|.t,vtk   "  -    -ae  devient  égal  à  Tunité  que  quand  le  rajon 

-j....^    iK\*re  le  cas  d*un  cylindre  creux,  indéfini  dans  le 

>  .-'  >c^  ^riifrairices^  de  rayons  extérieur  R  et  intérieur  r, 

.     ^       .\  -iir*'aot*>  >onl  maintenues  respeciivement  aux 

ç  V .  .*..  •-  >  1»  .  i  V.  Les  surfaces  isothermes  sont  des  cylindres 

>  ut!e<  de  propagation  des  rayons.  Limitons 

.'  ;ù^'iUiM!  par  deux  plans  diamétraux  et  par  deux 

, .  ...    ,.jut*^  j  Tjxe  du  cylindre  ;  les   sections  de  ce 

•-     *..;rvii>*>  concentriques  de  rnvon  arbitraire  o, 


•«  •  ■ 


..iKvii;  .îe  CvMidiiclibilité  d'un  corps,  Dulong  (y^nnai-  < 

.-.      ■  -*T«e.  t.  \  ni,  p.    ii.î  ot  2>."),  j8i8,  ot   Jomntil  >lt 

.  \''ili'  lahior'  avait  iinn[riné   Jo  remplir  «le  {^Incc  uin' 

. .V.  .  .1.  >  :uK'  v'iicvinle  à  loi»",  et  de  reciielHir  reaii  de  fusi(Mi 

.  a»f'>  r    Ou  JiurvUt  ain>i  obtenu  Q,  d'où  l'on  aurait  tirr  À. 

^  >,*jv«*'>  et^iienl  d'assez   {jrand    rayon  par   rapport  .i 

.  ,^        .1  oUl  V}  =  Q'.  Mais  on   ne  peut    admettre  que  lo- 

.    V  i  v...v.ia  rv^nement  Wiuq  à  loo",  l'autre  à  zéro.  EIIr> 

.    ...*.%>    Tiitermëdiaires   x   et    r  diHIiciles    à    dèterniiuer. 

N^^.      jtf   'a  chaleur  d'un  solide   à  un  liquide  immobile 

.  .^«.uviibtiile.  en  partie  par  rayonnement  et  par  con- 

.    .*u.o*t;;  110  peut  doue  être  réalisée  avec  piofil. 


** 


SURFACES  ISOTHERMES.  197 

sont  en  raison  inverse  de  ces  rayons,  et  Ton  a 

dp~  p' 

Kn  iniégrani  el  déterminant  les  constantes  par  les  conditions  à 
la  surface,  on  trouve  la  valeur  de  V 

^    ..  ^r      (B- A)  logp-Bloffr-+-AlogR 

logK  — logr 

La  quantité  de  chaleur  transmise  par  seconde  à  travers  une 
portion  du  cylindre  de  hauteur  égale  à  i  est 

/     /  \  n  A  —  B 


log  K  —  logr' 

posant  R  —  r  =  e,  on  transforme  aisément  celte  expression  en 
cette  autre 


log  (  I 


?) 


à  travers  une  surface  9.r.r  d'un  mur  de  même  substance  el  de 
même  épaisseur  s'écoulerait  une  quantité  0' 


Le  rapport 


Q- 

ttA- 

e 

B 

r. 

0 

e 
r 

log(  1  - 

• 

-7) 

ne  devient  égal  à  l'unité  que  pour  r=  x  . 

Si  Ton  suppose  le  cylindre  limité  par  deux  plans  perpendicu- 
laires à  l'axe,  mais  imperméables  à  la  chaleur,  la  solution  que 
nous  venons  de  trouver  subsiste,  même  quand  on  suppose  les 
deux  plans  infinimenl  voisins  ;  par  suite,  les  équations  cUdessus 
se  rapportent  aussi  au  cas  de  la  propagation  de  la  chaleur  dans 
un  anneau  plan  circulaire  dont  les  circonférences  intérieure  et 
extérieure  sont  maintenues  aux  températures  A  et  B. 


198**  PROPAGATION  DE  LA  CHALEUR. 

GOHDUGTIBILITÉ  DES  GBI8TAUX.  —  Nous  n'avons  considéré  jus- 
qu'ici  que  des  solides  isotropes.  Si  en  un  point  de  la  masse 
d'un  tel  solide  indéOni  on  suppose  concentré  un  foyer  de 
chaleur,  celle-ci  se  propagera  dans  tous  les  sens  avec  une  égale 
rapidité;  les  surfaces  isothermes  seront  des  sphères,  et  le  flui 
de  chaleur  s'écoulera  toujours  normalement  aux  surfaces  d'é- 
gale température. 

Mais,  dans  les  corps  organisés  ou  à  structure  cristalline,  la 
conductibilité  intérieure  peut  ne  pas  être  la  même  dans  toutes 
les  directions.  Lamé  (*  )  a  étudié  théoriquement  ce  mode  par- 
ticulier de  conductibilité  et  démontré  que,  dans  ce  cas,  les 
surfaces  isothermes,  autour  d'un  foyer  calorifique  concentré  en 
un  point,  sont  des  ellipsoïdes  à  trois  axes  inégaux.  De  nombreux 
expérimentateurs  ont  établi  la  réalité  de  ce  mode  de  conduc- 
tion de  la  chaleur  et  vérifié  la  loi  de  Lamé. 

MM.  de  la  Rive  et  de  Candolle  (')  avaient  déjà  reconnu  que 
le  boig  conduit  moins  bien  la  chaleur  dans  le  sens  perpendi- 
culaire aux  fibres  que  suivant  le  sens  de  leur  direction,  et  ce 
fait  a  été  vérifié  par  Tyndall  (')  et  par  Knoblauch  (*).  M.  Jan- 
nettaz  (^)  a  constaté  des  différences  analogues  dans  la  conduc- 
tibilité des  minéraux  clivables  non  cristallisés^  tels  que  le  gneiss 
ou  l'ardoise  par  exemple  ;  la  conduclibililé  était  plus  grande 
dans,le  sens  parallèle  à  la  schislosité  que  dans  le  sens  perpen- 
diculaire. 

La  conduclibililé  des  crislaux  a  été  étudiée  surtout  par  de 
Scnarmoni  (®).  A  cet  effet,  ce  savant  taillait  des  lames  minces 
dans  les  cristaux  à  étudier,  et,  les  couvrant  de  cire  pour  leur 
donner  une  conductibilité  extérieure  uniforme,  il  les  échauffait 
ensuite  par  un  de  leurs  points.  A  cet  effet,  il  perçait  en  leur 


(')  Lamé,  Leçons  sur  la  Théorie  analytique  de  la  chaleur:  Paris,  i86r. 

('  )  De  LA  Rive  et  de  Ca>dolle,  Bibliothèque  universelle  de  Genève,  t.  XXXIX. 

(»)  Tyndall,  Philosophical  Magazine,  (\*  série,  t.  V  et  VI,  et  Annales  de 
Chimie  et  de  Physique^  3*  série,  t.  XXXIX,  p.  348;  i853. 

(«)  Knoblauch,  Annales  de  Poggendorff,  l.  CV,  p.  633;  1857. 

(*)  Jannettaz,  Journal  de  Physique^  i"  série,  t.  V,  p.  i5o,  et  Annales  de 
Chimie  et  de  Physique,  l\*  série,  t.  XXIX,  p.  5  ;  1876. 

(  •  )  De  Senarmont,  Annales  de  Chimie  et  de  Physique,  3*  série,  t.  XXI,  p.  ^S;; 
l.  XXII,  p.  179;  t.  XXIII,  p.  257;  1846-1847. 


CONDUCTIBILITÉ  DES  CRISTAUX.  199** 

milieu  un  trou  étroit  dans  lequel  il  engageait  un  fil  d'argent 
chauffé  par  son  extrémité.  La  cire  fond  à  partir  de  ce  trou  et 
forme,  à  la  limite  de  la  fusion,  un;  bourrelet  qui  persiste  après 
le  refroidissement  et  qui  dessine  une  courbe  isotherme.  Cette 
courbe  est  un  cercle  quand  la  lame  est  symétrique  dans  tous 
les  sens  ;  elle  est  une  ellipse  lorsque  cette  symétrie  n'existe 
point.  On  conçoit  qu'en  taillant  dans  un  même  cristal  des 
plaques  différemment  inclinées  par  rapport  aux  axes  de  cristal- 
lisation, et  en  observant  dans  chaque  cas  la  position  de  l'ellipse, 
on  peut  conclure  la  forme  des  surfaces  isothermes  qu'on  ob- 
tiendrait si  l'on  échauffait  la  substance  par  un  point  intérieur. 
De  Senarmont  a  reconnu  ainsi  que  cette  surface  est  un  el- 
lipsoïde. 

1®  Dans  le  système  cubique,  cet  ellipsoïde  se  réduit  à  une 
sphère. 

20  Dans  le  deuxième  et  le  troisième  système,  où  le  cristal 
admet  un  axe  de  symélrie,  Tellipsoïde  est  de  révolution  au- 
tour de  cet  axe. 

3**  Dans  le  quatrième  système,  où  Ton  trouve  trois  axes 
inégaux  perpendiculaires  entre  eux,  l'ellipsoïde  a  aussi  ses 
axes  inégaux  ;  ils  ont  la  même  direction  que  ceux  de  la  cris- 
tallisation. 

4*  Le  cinquième  système  possède  un  axe  cristallographique 
perpendiculaire  au  plan  des  autres  qui  sont  inclinés  entre  eux, 
ot  l'ellipsoïde  a  l'un  de  ses  axes  confondu  avec  le  premier,  et 
les  deux  autres  dans  des  directions  qu'on  ne  peut  assigner  a 
priori. 

5°  Enfin,  dans  le  sixième  système,  où  Ton  trouve  trois  axes 
de  cristallisation  inclinés  entre  eux,  les  axes  de  l'ellipsoïde 
isotherme  n'ont  pas  de  direction  qu'on  puisse  formuler  en 
loi. 

Les  recherches  plus  récentes  de  M.  von  Lang  (*)  et  de 
M.  Jannettaz  ont  étendu  à  un  très  grand  nombre  de  cristaux 
les  résultats  obtenus  par  de  Senarmont,  mais  sans  établir  de 
relations  nouvelles  et  générales;  nous  nous  bornerons  à  ren- 
voyer aux  Mémoires  originaux. 

j 

(')  Von  Larc,  Annales  de  Poggendorff,  t.  CXXXV,  p.  29;  1867. 


aoo**  PROPAGATION  DE  LA  CHALEUR. 

GOIOUCTIBIIiITÉ  DES  uauiDES.  ~  Le  mercure  possède  unecon- 
duciibiliié  comparable  à  celle  des  autres  métaux  :  elle  serait, 
d  après  M.  Gripon,  égale  aux  0,4 >  de  celle  du  plomb.  Les 
autres  liquides  transmettent  1res  mal  la  chaleur,  et  c'est  le  plus 
souvent  par  des  courants  intestins  qu'ils  s'échauffent.  Quand, 
par  exemple,  on  place  un  vase  cylindrique  plein  d'eau  sur  un 
foyer,  la  partie  inférieure  du  liquide  s'échauffe  direciemenl,  et, 
devenant  en  même  temps  moins  dense,  elle  s'élève  dans  le  vase 
en  transportant  la  chaleur  avec  elle.  C'est  ce  que  l'on  montre 
en  mêlant  de  la  sciure  de  bois  au  liquide.  On  la  voit  monter 
contre  les  parois,  redescendre  vers  l'axe  et  accuser  ainsi  Texis- 
tenee  d  un  courant  liquide  continu,  ascendant  dans  les  points 
qui  surchauffent  le  plus  et  descendant  dans  les  parties  qui  ne 
subissent  point  l'action  directe  du  feu. 

Au  contraire,  toutes  les  fois  qu'on  empêche  ces  déplace- 
ments intérieurs  de  se  produire,  on  diminue  presque  jusqu'à 
Taunuler  la  transmission  calorifique.  Si  l'on  échauffe  de  l'eau 
par  sa  surface  supérieure,  les  couches  qui  éprouvent  l'action 
du  foyer  restent  au  sommet,  et  l'on  ne  parvient  que  très 
lentement  à  augmenter  la  température  des  parties  sous- 
jacenies. 

Huniford(')  plaça  dans  deux  cylindres  de  verre  identiques 
dos  quaniilês  ô^'aies  d'eau  qu'il  fit  congeler;  puis  il  versa  au- 
dessus  1^==  d'eau  à  100^'  dans  le  premier  vase  et  1^*  d'eau  à  zéru 
dans  lo  second.  Aussitôt  les  couches  qui  touchaient  à  la  glace 
prirent  leur  maximum  de  densité,  arrivèrent  à  4°  et  s'interpo- 
sèrent, eomnie  un  écran  mauvais  conducteur,  entre  la  glace  ei 
le  liquide  supérieur,  qui  était  à  loo'*  dans  le  premier  vase  et  à 
ïierodans  le  second.  Au  bout  d'un  temps  suffisamment  long,  on 
rev'onnut,  par  des  pesées,  que  la  même  quantité  de  glace  avaii 
ete  fondue  dans  les  deux  appareils,  et  que,  par  conséquent, 
la  masse  d'eau  à  100**  qui  se  trouvait  dans  le  premier  n'avait 
point  envo>é  de  chaleur  par  conductibilité  jusqu'à  la  glace. 

Si  l'on  prend  deux  ballons  égaux,  le  premier  vide,  le  second 
bourre  de  coton  cardé,  tous  deux  munis  d'un  thermomètre 


v'^  RiMFOKD,  Expérimental  essays,  cssay  l\\,   cl  Journal  de  Pfnsii^ue  tle  De- 


lametlit-rùr^  l.  IV, 


CONDUCTIBILITÉ  DES  LIQUIDES.  aoi** 

placé  au  centre,  el  qu'on  y  verse  des  poids  égaux  d'eau  bouil- 
lante, elle  se  refroidit  rapidement  dans  le  vase  où  elle  est 
libre,  et  très  lentement  dans  celui  où  ses  mouvements  sont 
gênés  par  le  coton.  Inversement,  si  tous  deux  sont  à  la  tem- 
pérature de  Fatmosphère  et  qu'on  les  plonge  dans  de  Teau 
bouillante,  on  voit  que  le  réchauffement  (comme  précédem- 
ment le  refroidissement)  se  fait  très  vile  dans  le  premier  ballon, 
et  qu'il  est  à  peu  près  nul  dans  le  second. 

Ces  expériences  montrent  donc  que  la  conductibilité  de 
Teau  est  très  faible.  Rumford  allait  même  plus  loin  et  niait 
qu'elle  existât.  11  pensait  que  les  échauffements  ou  les  refroi- 
dissements que  l'on  observe  dans  l'expérience  précédente  ne 
sont  dus  qu'à  l'impossibilité  où  l'on  est  d'annuler  complète- 
ment les  mouvements  du  liquide.  Cependant  Nicholson  {*), 
puis  Murray  (2),  ont  fait  voir  que  les  liquides  échauffés  par  le 
haut  transmettent  de  la  chaleur  à  des  thermomètres  disposés 
au-dessous  de  leur  surface,  même  quand  ils  sont  contenus 
dans  des  vases  de  glace  à  zéro  qui  ne  peuvent  s'échauffer. 

Despretz  (3)  reprit  ensuite  cette  question,  et  non  seulement 
il  confirma  l'existence  de  cette  conductibilité,  mais  il  prouva 
que  les  liquides  suivent  la  loi  de  Fourier.  Il  fit  disposer  un 
tonneau  en  boisB  (fig>  40>  Q"*  ^^^l'i  i",5o  de  hauteur,  que 
l'on  remplissait  d'eau,  et  qui  était  percé  d'ouvertures  où  s'en- 
fonçaient des  thermomètres,  i,  2,...,  7,  dont  les  réservoirs 
étaient  alignés  sur  l'axe.  Au  sommet  de  ce  tonneau  se  trouvait 
un  vase  de  cuivre  A  contenant  de  l'eau  chaude  que  l'on  faisait 
arriver  par  un  tube  CA,  et  qui  s'échappait  par  un  autre  con- 
duit DE.  Toutes  les  précautions  étaient  prises  pour  éviter  des 
réchauffements  par  rayonnement. 

L'expérience  ayant  été  prolongée  pendant  trente-six  heures 
et  l'état  stationnaire  étant  atteint  depuis  longtemps,  on  trouva 
que  les  excès  de  température  des  thermomètres  suivaient  la 
loi  de  Fourier  :  x  =  Ker^^. 


(')  N1CHOL8OX,  dans  son  Journal^  t.  V,  p.  197. 
(*)  MiRRAY,  Sjstcm  of  ChemUtrjTy  3*  édition,  t.  I*,  p.  3o5. 
(*)  Despretz,  Annales  de  Chimie  et  de  Physique,  2*  série,  t.  XIX,  p.  97,  «t 
l.  XXXIV,  p.  422;  1824-1827. 


PROPAGATION  DE  LA  CHALEUR. 


ao,57 


De  nombreuses  recherches  sur  la  conduclibilité  des  liquides 
ont  élc  entreprises  dans  ces  dernières  années,  noiammeni  par 
MM.  Paaliow  ('). Guihrie  (»),  Lundquisi {')  ei  Winkelmann('). 


mais  elles  n'ont  pas  fourni  de  résuliats  bien  concordante. 
Nous  nous  bornerons  à  citer,  à  titre  de  renseignement, 
les  nombres  suivants,  trouvés  par  M.  Lundquisi  en  employanl 
la  méthode  d'ÂngsirÔm. 


(!)  Paaliow,  ^nnaU,  de  Pog^cdorf,  l.  CXXXIV.  p.  6iS;  1867. 
(■)  GuTBiire,  Philoiophkal  Magatlne,  4*  Biirie,  t.  XXXV  et  XXXVU. 
(')  LuNDOuiST,  voir  lo  TraUédn  Physique  da  Wùllnpr,  3'  édition,  p.  îgH. 
(')  WlXKELMiSS,  Ihid. 


CONDUCTIBILITÉ  DES  LIQUIDES.  2o3** 

LIqaldet.                                Dentlté.  CoodacUblUté  absolue. 

il, 237  0,00164 

1,252  o,ooi58 

1,382  o,ooi58 

Eau I  o,ooi55 

Eau  salée I1I7B  0,00149 

1,123  o,ooi5o 

Acide  sulfurique {  i  ,207  o,ooi45 

1,372  0,00126 


vc  i'*  PROPAGATION  DE  LA  CHALEUR. 


CHAPITRE  IL 

LOIS  EMPIRIQUES  DU  REFROIDISSEMENT. 
CONDUCTIBILITÉ  DES  GAZ. 

Formule  do  Newton.  —  Recherches  de  Dulong  et  Petit  :  i*  expériences 
préliminaires  ;  i"  expériences  dans  le  vide  ;  3**  expériences  dans  b 
gaz.  —  Expériences  de  de  la  Provost^ye  et  Desains. 

Anciennes  expériences  sur  la  conductibilité  des  gaz.  —  Mesure  de  leur 
conductibilité.  —  Théorie  mécanique  de  la  conductibilité  des  gaz. 


LOIS  DU  REFROIDISSEMENT. 

Pour  étudier  la  conductibilité  des  solides  et  des  liquides, 
nous  nous  sommes  placés  dans  quelques  cas  très  simples,  tels 
que  ceux  du  mur  et  de  la  barre,  et  il  nous  a  suffi,  pour  me- 
surer les  coerficients  de  conductibilité,  de  posséder  quelque:- 
notions  Irèsélémenlaires  sur  la  manière  dont  la  chaleur  pénètre 
dans  les  corps  et  dont  elle  les  abandonne.  La  question  de  la 
conductibilité  des  gaz  est  beaucoup  plus  compliquée;  car,  sii 
est  difficile,  dans  le  cas  des  liquides,  de  se  mettre  à  l'abri  de> 
courants,  a  fortiori  les  gaz,  plus  dilatables  et  plus  mobiles 
sont-ils  sujets  à  éprouver,  sous  TinHuence  de  la  chaleur,  des 
mouvements  variables  et  continus  qui  mêlent  toutes  leurs  par- 
lies,  et  tendent  à  établir  dans  toute  leur  masse  une  tempéra- 
ture uniforme.  Aussi  les  physiciens  ont-ils  longtemps  désespéré 
de  pouvoir  mesurer  la  conductibilité  des  gaz. 

Après  bien  des  essais  infructueux,  on  a  trouvé  la  solution  du 
problème  dans  l'étude  d'une  question  en  apparence  encore 
plus  compliquée,  celle  de  la  vitesse  du  refroidissement  d'un 
corps  dans  une  enceinte  vide  d'abord  et  remplie  ensuite,  sous 
une  pression  très  faible,  du  gaz  que  Ton  veut  étudier.  Nous 
sommes  ainsi  conduits  à  exposer  avec  quelques  développe- 


FORMULE  DE  NEWTON.  ûoj 


*  * 


ments  les  expériences  auxquelles  a  donné  lieu  Télude  du 
refroidissement,  bien  que  leurs  résultats  aient  aujourd'hui 
perdu  une  partie  de  Tinlérêt  qu'on  y  a  longtemps  attaché. 

FORMULE  DE  HEWTON  (*)•  —  Considérons  un  corps  dont  tous 
les  points  sont  à  la  même  température,  et  supposons-le  en- 
fermé dans  une  enceinte  dont  la  température  est  plus  basse. 
Sa  surface  libre  est  le  siège  d'un  mouvement  calorifique,  et 
Ton  peut  admettre  que,  si  l'excès^ de  sa  température  sur  celle 
de  Tenceinle  est  suffisamment  petit,  la  quantité  de  chaleur 
qui  passe  par  unité  de  temps  à  travers  l'unité  de  surface  est 
proportionnelle  à  cet  excès.  Soit  S  la  surface  totale;  le  corps 
perdra  pendant  le  temps  dx  une  quantité  de  chaleur  dQ, 

dQ-^EStdx; 

E  est  un  coefficient  caractéristique  de  la  nature  du  corps  sou- 
mis au  refroidissement  et  de  l'étal  de  sa  surface,  ainsi  que  de 
la  nature,  de  la  densité,  de  l'état  de  repos  ou  de  mouve- 
ment, etc.,  du  milieu  ambiant.  Soient  P  le  poids  du  corps, 
C  sa  chaleur  spécifique;  la  perte  de  chaleur  dQ  produira  un 
abaissement  de  température  —  dt,  tel  que 

dQ  r:z  -  PC  di. 
On  a  donc 
.  .  dt  ES  . 

Le  quotient  —   .-  s'appelle  la  vitesse  de  refroidissement , 

on  voit  que  cette  quantité  est  proportionnelle  à  l'excès  de  tem- 
pérature. La  formule  (i)  exprime  ce  que  l'on  appelle  la  loi 
de  j\eivton. 

En  intégrant  l'équation  (i)  et  exprimant  que,  pour  x  =o, 
l'excès  est  égal  à  to,  on  obtient  la  loi  suivant  laquelle  doivent 
varier  les  températures  du  corps  qui  se  refroidit 

ES 

{i)  t=:toe   ''^\ 

(')  Newtox,  Transactions  philosophiques ^  Ï701,  n*  2']0',  Principes,  livre  lil. 
prop.  8,  coroH.^;  Opuscules^  t.  Il,  p.  \\^^  opuscule  3i. 


2o6**-  PROPAGATION  DE  LA  CHALEUR. 

Pour  savoir  dans  quels  cas  les  hypothèses  qui  nous  ont  con- 
duits à  la  loi  de  Newton  sont  acceptables,  il  suffit  de  déterminer 
expérimentalement  les  limites  entre  lesquelles  la  formule  (ii 
se  trouve  vérifiée. 

Pour  cette  étude,  on  peut  se  contenter  de  prendre  un  ther- 
momètre, de  mesurer  de  minute  en  minute  l'excès  ^  de  sa 
température  sur  le  milieu  environnant,  et  de  chercher  ensuite 
si  ces  excès  décroissent  en  progression  géométrique  quand  les 
temps  croissent  en  progression  arithmétique.  Or,  on  trouve  que 
cela  est  approximativement  vrai  quand  ^ne  dépasse  pas 5o' ou 
60".  On  fera  dans  ces  limites  un  fréquent  usage  des  for- 
mules (i)  et  (2). 

Quand  t  prend  des  valeurs  plus  grandes,  la  loi  de  Newton 
est  moins  approchée  et  tinit  fpar  devenir  tout  à  fait  inexacte. 
Voici  comment  Delaroche  (  *  )  a  opéré  pour  le  démontrer. 

11  suspendait  dans  Tair  un  creuset  de  platine  plein  de  mer- 
cure, et  porté  à  une  température  T  qu'on  mesurait  par  un 
thermomètre  plongé  dans  Pintérieur.  Ce  creuset  envoyait  dans 
tous  les  sens  et  dans  chaque  direction  déterminée  une  quan- 
tité de  chaleur  qui,  si  la  loi  de  Newton  est  vraie,  était  propor- 
tionnelle à  l'excès  T  —  0. 

A  une  certaine  distance  était  suspendu  un  thermomètre  t^è^ 
sensible  qui  recevait  une  portion  de  la  chaleur  émise,  qu'on 
peut  représenter  par  A(T  —  0);  il  s'échauffait,  arrivait  à  une 
température  maximum  ï',  beaucoup  plus  petite  que  T;  il 
rayonnait  dans  tous  les  sens,  et  ce  rayonnement,  qui  n'éiaii 
pas  sensiblement  modifié  par  la  présence  du  creuset,  puisque 
celui-ci  sous-lendait  un  angle  très  petit,  peut  être  représenio 
par  B(T'  —  Q).  Au  moment  de  l'équilibre,  on  a 

A(T~0)^B(r-ô),     I^=.|. 

Or,  le  thermomètre  étant  toujours  à  une  température  basse,  Ij 
loi  de  Newton  s'y  applique,  tandis  que,  le  creuset  étant  lrè> 
échauffé,  on  ne  sait  pas  si  A(T  —  B)  est  l'expression  exacte  de 

(')  Delaroche,  Sur  le  calorique  rayonnant  {Journal  de  Physique  de  Dehi' 
nu'therie,  t.  LXW,  p.  ioi);  et  Traité  de  Physique  de  Biotj  t.  IV,  p.  628. 


*  * 


RECHERCHES  DE  DUI.ONG  ET  PETIT.  207 

la  perle  de  chaleur  qu'il  éprouve.  Mais,  si  celle  expression  esl 
vraie,  le  rapport  de  T  —  ^à  T'—  6  sera  conslanl,  et  récipro- 
quement; par  conséquent,  il  suffit  de  chercher  si  ce  rapport 
esl  invariable  ou  non  pour  justifier  ou  infirmer  la  loi  de 
Newton. 

Il  faut  remarquer  qu'il  n'est  pas  nécessaire  que  le  creuset 
soit  maintenu  à  une  température  constante  :  il  suffit  que  Ton 
observe  le  moment  où  le  thermomètre  atteint  un  maximum; 
car  alors  les  pertes  et  gains  de  chaleur  de  ce  thermomètre  pen- 
dant un  temps  très  court  ne  diffèrent  que  d'un  infiniment 
petit  de  ce  qu'elles  seraient  si  T  demeurait  invariable.  Voici 
les  nombres  trouvés  par  Delaroche  ;  ils  démontrent  que  la  loi 
qui  nous  occupe  n'est  pas  vraie  au  delà  de  80^  : 

T  — 0 Si*»  i3i'  172°  175*  2o5« 

/    -e 4%7  9%i  i3°,i  14°,  I  i7%4 

Rapport 1/1^3        ïi,39  12,80         ii,97         11,80 

Il  faut  donc  ne  considérer  la  loi  de  Newton  que  comme  une 
première  approximation,  et  étudier  de  plus  près  les  lois  du 
refroidissement;  c'est  ce  que  firent  Dulong  et  Petit  (*)  dans 
un  travail  remarquable  dont  nous  allons  exposer  les  parties 
principales. 

RECHERCHES  DE  DULONG  ET  PETIT. 

Avant  d'entrer  dans  le  détail  des  expériences,  U  faut  faire 
remarquer  que  le  refroidissement  d'un  corps  dépend  de  sa 
conductibilité;  car,  une  fois  qu'il  est  commencé,  les  parties 
extérieures  deviennent  moins  chaudes  que  les  couches  pro- 
fondeS;  et  la  surface  perd  d'autant  plus  de  chaleur,  par  rayon- 
nement, qu'elle  en  reçoit  davantage  de  l'intérieur  par  la  con- 
ductibilité. Cette  cause  de  complication  du  phénomène  doit 
surtout  se  présenter  dans  les  solides;  mais  on  peut  penser 
qu'elle  est  sensiblement  nulle  avec  les  liquides;  car  alors  les 
courants  intérieurs  agissent  pour  rétablir  l'uniformité  de  tem- 

• 

(«)  DuLo:<G  et  Petit,  Annales  de  Chimie  et  de  Physique,  a*  série,  t.  VU, 
p.  235  et  337;  1818. 


io8**  PROPAGATION  DE  LA  CHALEUR, 

pérature  au  milieu  de  la  masse,  à  mesure  que  le  rayonnemcnl 
lend  à  la  détruire.  Dulong  et  Petit  n'ont  étudié  que  ce  cas  re- 
lativement simple  et  se  sont  contentés  d'observer  le  refroidis- 
sement éprouvé  par  de  gros  thermomètres  à  mercure.  C'étaii 
opérer  avec  un  liquide  bon  conducteur  qui  avait  le  double 
avantage  d'être  à  tout  instant  à  peu  près  également  chaud  dan5 
tous  ses  points  et  de  mesurer  lui-même  sa  température,  par  le 

Fig.  ^=. 


viiliinie  iiu'il  occupait  daiin  la  tige  thermoniélrique.  Alors  li' 
icfroidissenicnl  ne  dépendait  plus  que  de  la  surface,  et  on  h 
l'.liaiigciiit  à  volonté  en  couvrant  le  réservoir,  soil  de  noir  de 
fuméo,  soil  de  feuilles  d'ar(;ent,  soil  de  tout  autre  corps  appli- 
(|ué  sur  le  verre. 

Ces  lliermomètrcs  sont  composés  de  deux  parties  qu'il  faut 
distinguer  :  i"  le  réservoir,  qui  est  très  gros  et  consiitut;  le 
<orps  dont  on  veut  mesurer  le  refroidissement  :  on  réoliaulTe 
directement  au-dessus  d'un  fourneau  ijig'  4^);  ^'*  If  tigcqu'' 


RECHERCHES  DE  DULONG  ET  PETIT.     209** 

Ton  préserve  de  Taclion  du  foyer  par  des  écrans  A  et  B,  qui 
reste  toujours  à  la  température  de  l'enceinte  et  ne  se  refroidit 
pas.  Elle  est  jointe  au  réservoir  par  un  tube  très  étroit  DE  qui 
empêche  les  courants  du  mercure  de  circuler  et  la  chaleur  de 
se  communiquer  par  conductibilité  du  réservoir  à  la  lige.  Il 
faudra  corriger  toutes  les  observations  :  !•*  parce  que  la  tige  et 
le  réservoir  ont  des  températures  différentes;  2»  parce  que  le 
mercure  froid  de  la  tige  rentre  danç  la  réservoir  quand  la  tem- 
pérature baisse  et  augmente  la  vitesse  du  refroidissement.  Ces 
deux  corrections  se  feront  au  moyen  de  formules  qu'il  est  fa- 
cile de  trouver  et  que  nous  ne  donnerons  pas. 

Dulong  et  Petit  ont  d*abord  cherché  à  obtenir  une  formule 
purement  empirique  liant,  pour  chaque  expérience  particulière, 
les  excès  t  aux  temps  x.  Après  avoir  échauffé  le  thermomètre 
et  ravoir  placé  dans  les  conditions  où  ils  voulaient  étudier  son 
refroidissement,  ils  suivaient  en  même  temps  rabaissement 
progressif  de  sa  température  et  la  marche  d'un  compteur  à 
secondes,  et  à  des  temps  représentés  par 

ils  notaient  les  excès  de  température  correspondants 

*0>    *l>    *2>    *3>     .  .  •  • 

Ils  reconnurent  ainsi  que,  pour  tous  leurs  thermomètres  et 
quelles  que  fussent  les  conditions  dans  lesquelles  on  les  pla- 
çait, les  excès  pouvaient  se  lier  entre  eux  par  une  formule 
analogue  à  celle  de  Newton 

(3)  t^toA^""^?^'^ 

Ils  déterminaient  par  trois  mesures,  faites  à  trois  époques 
différentes,  les  paramètres  A,  a,  p,  qui  sont,  bien  entendu,  va- 
riables avec  le  thermomètre  et  avec  toutes  les  circonstances 
qui  influent  sur  le  refroidissement,  et,  en  mettant  leurs  valeurs 
dans  la  formule  (3),  ils  obtenaient  empiriquement  la  valeur  de 
t.  Sa  dérivée  prise  en  signe  contraire, 

^^^  V=:~^^^-^(a4-^(3^)logA, 

J.  et  B.,  Thermodynamique.  —  II.  3*  fasc.  i^* 


aïo**  PROPAGATION  DE  LA  CHALEUR. 

représente,  empiriquement  aussi,  la  vitesse  du  refroidisse- 
ment. 

De  la  première  formule,  on  peut  déduire  la  valeur  de  x  qui 
correspond  à  un  excès  quelconque  /,  remplacer  cette  valear 
dans  la  seconde  et  calculer  la  vitesse  de  refroidissemeni  qui 
correspond  à  cet  excès.  Ce  calcul  fait,  Dulong  et  Petit  aban- 
donnaient définitivement  les  formules  (3)  et  (4),  et,  ne  con- 
servant que  les  valeurs  calculées  de  V,  ils  les  comparaient 
entre  elles,  dansTespoir  de  substituer  à  des  formules  dénuées 
de  sens  physique  des  expressions  plus  rationnelles  donnant 
les  véritables  lois  du  refroidissement. 

10  EXPÉRIENCES  PBÉLnmiAIBES.  —  Il  fallait  d'abord  se  rendre 
compte  des  diverses  circonstances  qui  peuvent  influer  sur  la 
vitesse  du  refroidissement.  Supposons  d*abord  que  le  corps 
qui  se  refroidit  est  placé  dans  une  enceinte  vide  d'air.  Le 
refroidissement  ne  résulte  que  du  rayonnement  et  sa  vitesse r 
doit  dépendre  de  tous  les  éléments  qui  peuvent  établir  une 
différence  entre  les  divers  thermomètres  :  i°  de  la  masse  M  du 
liquide  thermomélrique;  tP  de  sa  nature  N;  3<*  de  la  forme  ei 
de  rétendue  de  la  surface  extérieure  S  du  réservoir;  4°  de  la 
nature  et  de  l'étal  de  cette  surface,  c'est-à-dire  d'un  coefli- 
cient  spécifique  E;  elle  doit  dépendre  encore,  5**  de  la  tempé- 
rature (?  de  l'enceinte  et  6"  de  l'excès  t  du  thermomètre.  En 
réunissant  toutes  ces  influences,  on  voit  que  v  sera  une 
fonction  de  M,  N,  S,  E,  ^,  ê^.  Posons 

(5)  r  =  F(M,]N,S,E,^0). 

Mais  habituellement  un  corps  se  refroidit  non  seulement 
par  le  rayonnement,  mais  encore  par  le  gaz  au  milieu  du- 
quel il  est  plongé,  car  ce  gaz  s'échauffe  au  contact  de  la 
surface  et  enlève  de  la  chaleur  :  i**  en  raison  de  sa  conducii- 
bililé  propre,  dont  nous  constaterons  ultérieurement  l'exis- 
lence;  2^  par  suite  des  courants  qui  s'établissent  dans  sa  masse 
ou  par  coiivection  ;  mais  ces  deux  modes  de  transport  de  b 
chaleur  n'ont  pas  été  distingués  par  Dulong  et  Petit;  d'où  il 
résulte  que  leurs  recherches  sur  le  pouvoir  refroidissant  des 
gaz  n'ont  pu  fournir  que  des  formules  empiriques  applicables, 


RECHERCHES  DE  DULONG  ET  PETIT.  au** 

entre  certaines  Hmiles,  à  Tappareil  même  qu'ils  employaient, 
mais  manquant  tout  à  fait  de  généralité.  Dulong  et  Petit  ont 
admis  que  la  chaleur  enlevée  par  le  gaz  pouvait  varier  seule- 
ment avec  sa  nature  G,  avec  sa  pression  /?,  avec  sa  tempéra- 
ture 9,  avec  Texcès  t  de  température  du  corps  échauffé,  enfin 
avec  les  éléments  qui  différencient  les  divers  thermomètres 
entre  eux, 

D'après  cela,  Dulong  et  Petit  ont  considéré  la  vitesse  totale 
du  refroidissement  V  comme  composée  de  deux  termes  seule- 
ment (il  aurait  fallu  en  distinguer  trois),  Tun  if  [  (formule  5)], 
qui  représente  TefTet  du  rayonnement;  l'autre  P,  qui  repré- 
sentera en  bloc  le  pouvoir  refroidissant  du  gaz  par  conductibi- 
lité et  par  conveclion;  et  ils  ont  posé 

P  =  (I>(M,N,S,E,G,/?,^,e); 
par  suite, 

((>)      V  ^  F(  M,  N,  S,  E,  Q,  i)  -h  $(M,  N.  S,  E,  G,  p,  t,  0). 

Pour  compléter  cette  longue  énumération,  il  faudrait  dire 
encore  que  le  refroidissement  est  une  fonction  de  la  grandeur 
de  Tenceinte,  de  la  nature  de  ses  parois  et  de  toutes  les  cir- 
constances qui  font  changer  la  chaleur  qu'elle  absorbe,  qu'elle 
prend  au  gaz  et  qu'elle  renvoie  vers  le  thermomètre.  11  faudrait 
enfin  exprimer  que  la  vitesse  V  dépend  essentiellement  de 
l'espèce  particulière  des  radiations  émises.  Mais  Dulong  et 
Petit  ne  se  sont  point  occupés  de  ces  influences. 

La  manière  dont  ces  physiciens  envisageaient  la  question  du 
refroidissement  leur  imposait  la  marche  à  suivre  dans  leurs 
recherches;  ils  ont  successivement  étudié  l'influence  de  cha- 
cune des  variables,  en  laissant  les  autres  constantes. 

Influence  de  /amasse.  —  On  prit  d'abord  trois  thermomètres 
à  mercure  dont  les  réservoirs  sphériques  avaient  a'",  4"",  7*^'" 
de  diamètre;  ils  différaient  donc  par  la  masse  M  de  mercure 
et  par  l'étendue  S  de  la  surface.  Après  les  avoir  chauffés,  on 
observa  leur  refroidissement  dans  l'air  à  ^°,  et  par  les  for- 
mules (3)  et  4)  0^  calcula,  comme  nous  l'avons  expli- 
qué précédemment,  les  vitesses  de  refroidissement  i'i,  i'2, 
i'3  de  ces  trois  thermomètres,  pour  des  excès  de  température 


212 


PROPAGATION  DE  LA  CHALEUR. 

égaux  t.  Naiurellemenl  ces  vitesses  sont  d'autant  moindre 
que  la  masse  est  plus  considérable;  mais  on  trouva  que  leurs 
rapports  demeurent  constants,  quelle  que  soit  la  valeur  com- 
mune de  t.  Cela  prouve  que,  la  masse  et  la  surface  changeant, 
les  vitesses  de  refroidissement  peuvent  s'exprimer  par  une 
fonction  identique  multipliée  par  un  coefficient  variable  avec 
M  et  S.  Voici  les  résultats  : 

Influence  de  M  et  de  S. 


EXCÈS 

V.. 

V..    . 

V,. 

■         • 

1 

V. 

■     —    • 

0 

100 

18,9a 

8,97 

5,00 

2,11 

3,78 

8o 

l'4,00 

6,60 

3,67 

2,  12 

3,81 

Go 

9,58 

4,56 

2,52 

2,10 

3,80 

/,o 

5,93 

a, 80 

1,56 

2,12 

3,80 

20 

2,75 

i,3o 

0,73 

a, II 

3,77 

Influence  de  la  nature  du  liquide  et  de  la  forme  du  vase. 
—  Dulong  et  Petit  ont  ensuite  étudié,  exactement  de  la  même 
manière,  les  inlluences  exercées  soit  parla  forme  du  vase,  soit 
par  la  nature  du  liquide.  Pour  reconnaître  la  première,  ils  em- 
ployaient deux  vases  de  même  nature,  l'un  cylindrique,  raiiire 
sphcrique;  pour  observer  la  seconde,  ils  faisaient  refroidir  un 
même  ballon  successivement  rempli  de  mercure,  d'alcool  et 
d'eau.  Ils  calculaient  les  vitesses  correspondant  à  des  excès 
égaux,  et  ils  ont  trouvé  que  leur  rapport  était  constant. 

Influence  de  la  nalure  du  liquide. 


\ 

K\CF.S 

1                                                             1 
1                MERCI  RI, 

EAU 

V 

/. 

1 

1                  V. 

1 

1 

V,. 

1 

\ 

0 

1 

1 

<io 

3,o;i          1 

i  ,.3() 

o,',:.s 

M) 

1             --^'.7 

.,1.3 

0,  \.)i 

I  ,S9 

o,.S.3 

0  .  '1  M) 

.U 

i,3(i 

o.Ti.i 

1 

0,','»'i 

REFROIDISSEMENT  DANS  LE  VIDE.  2i3** 

Ces  expériences  monlrenl,  en  résumé,  que,  dans  les  con- 
ditions des  expériences  de  Dulong  el  Petit,  la  vitesse  totale 
du  refroidissement  V  pourra  être  exprimée  par  un  fadeur  con- 
stant /w,  dépendant  de  la  surface  extérieure  S,  de  la  nature  N 
et  de  la  masse  M  du  liquide,  multipliée  par  une  somme  de 
deux  fonctions.  Tune  variant  avec  E,  t  et  ô,  Tautre  avec  E,  t, 
6  et  de  plus  avec  la  nature  du  gaz  G  et  avec  sa  pression  p. 
L'expression  générale  que  nous  avons  posée  a  priori  se  ré- 
duit donc  pratiquement  à 

y  =  mf[E,t,e)  -4-/W9(E,G,/?,^,  6). 

Influence  de  la  nature  de  la  surface.  —  On  voit  que  la 
question  commence  à  se  simplifier;  si  Ton  change  ensuite  la 
nature  de  la  surface,  si  l'on  fait  refroidir,  par  exemple,  deux 
vases,  l'un  en  verre,  Tautre  en  fer-blanc,  tous  deux  remplis 
d'eau,  on  trouve  que  le  rapport  des  vitesses  correspondant  à 
des  excès  égaux  n'est  plus  constant.  On  en  conclut  qu'il  ne 
suffit  plus  de  multiplier  par  un  /Tt^/Tie  facteur  constant  les  deux 
fonctions  qui  composent  la  valeur  de  V  pour  exprimer  l'effet 
du  changement  de  surface.  On  trouverait  des  résultats  analo- 
gues pour  les  autres  variables. 

Influence  de  la  nature  de  la  surface. 


EXCÈS 

VERRE 

FER-BLAMC. 

V 

/. 

v. 

V.. 

V. 

0 

6o 

»,3f) 

0,90 

1,5', 

5o 

i,i3 

0,7.3 

1,55 

4o 

0,85 

o,.V, 

1,57 

3o 

0,G2 

o,38 

1,63 

20 

0,3; 

0,31 

irfi 

V  EZPÉRIEHGES  DAHS  LE  ?IDL  —  Nous  allons  maintenant  ex- 
poser les  expériences  qui  ont  eu  pour  but  de  chercher  la  forme 
de  la  fonction  /  relative  au  rayonnement  dans  le  vide.  Cette 
partie  des  recherches  de  Dulong  el  Petit  est  à  peu  près  irré- 


3M*-  PBOPAGATION  DE  LÀ  CHALEDH. 

procbable,  et  nous  apprend  presque  tout  ce  que  nous  sarons 

aujourd'hui  sur  ce  sujet.     * 

La  vitesse  de  refroidissement  v,  due  au  rayounemait  dam 
le  vide,  ne  dépend  plus  que  de  trois  élémeats  E,  9  et  f. 

L'enceinte  au  milieu  de  laquelle  M  fiilt  le  rerroidissaneni 
est  un  ballon  de  laiton  A  (/f .  4^).  qui  a  3o*"  de  diamilre.  H 


est  peinl  intérieurement  au  noir  de  fumée,  et  il  se  prolonge  à  sa 
partie  supérieure  par  un  col  métallique,  sur  lequel  on  peut 
visser  el  serrer,  par  un  boulon,  une  cloche  de  verre  B.  Une 
tubulure  latérale  D  permet  de  raccorder  le  ballon  avec  une 
machine  pneumatique  et  de  faire  le  vide  à  l'intérieur.  EnQn  ce 


REFROIDISSEMENT  DANS  LE  VIDE.  ai5 


** 


ballon  est  soutenu  par  trois  tiges  dans  un  grand  vase  FG  plein 
d'eau,  que  Ton  échauffait  par  un  courant  de  vapeur.  Par  ce 
moyen  on  maintenait  Tenceinte  aune  température  qui  demeu- 
rait fixe  pendant  une  série  d'expériences  et  qui  pouvait  être 
ou  très  haute  ou  très  basse. 

Quand  on  voulait  observer,  on  échauffait  le  thermomètre 
sur  un  fourneau  [fig^  4o)>  et,  lorsque  le  mercure  était  arrivé 
en  haut  de  la  tige,  à  la  température  de  35o°  environ,  on  plon- 
geait Tinstrument  dans  le  ballon,  de  manière  à  mettre  son  ré- 
servoir au  centre;  puis  on  le  recouvrait  avec  la  cloche  B;  on 
faisait  le  vide  aussi  complètement  que  possible,  c'est-à-dire  à 
3  ou  4""»  et  Ton  observait  la  marche  décroissante  du  thermo- 
mètre de  minute  en  minute. 

Outre  les  corrections  que  nous  avons  déjà  indiquées,  il  fal- 
lait encore  en  faire  une  autre.  La  machine  ne  donne,  en  effet, 
qu'un  vide  approché  el  laisse  dans  le  ballon  une  quantité  dé- 
terminée de  gaz  dont  Faction  refroidissante  est  loin  d'être  nulle. 
Mais  Dulong  et  Petit  firent  à  cet  égard  une  correction,  d'après 
les  résultats  de  leurs  expériences  ultérieures  sur  le  refroidis- 
sement par  les  gaz. 

Le  Tableau  suivant  résume  toutes  les  observations  qui  ont 
été  faites  avec  un  thermomètre  à  boule  nue.  Vis-à-vis  des  nom- 
bres de  la  première  colonne,  qui  repjrésentent  les  excès  de 
température  du  thermomètre,  on  a  écrit  les  vitesses,  calculées 
par  la  formule  empirique,  pour  des  températures  variables  Q 
de  l'enceinte.  Les  vitesses  correspondent,  (^  à  0=^0,  V\  k 
6  =  20,  ^2  à  5  =  4^,  el  (^3  à  0  =  60.  Il  nous  reste  à  discuter  ces 
divers  résultats  : 


2l6** 


PROPAGATION  DE  LA  CHALEUR. 


Vitesses  de  refroidissement  dans  le  vide. 


e  = 

=  0. 

&  =  20. 

e~  40. 

5  =  60. 

EXCÈS 

V 

", 

♦'. 

•', 

♦', 

♦\ 

»'3 

/. 

••.  ,^^^^^^^--^ 

t' 

•— — 

♦'. 

^—^m^- 

'— ^~ 

"t 

-     — ^-^— ■ 

ob  ser- 

cal- 

ob»er- 

cal- 

obser- 

cal- 

ob»er-    c«]  - 

rée. 

culée. 

1,16 

ree. 

culée. 
12,40 

1,16 

Tce. 

culée. 

// 

Tce. 

calée. 

1 

•à\o 

10,69 

10,68 

12, 4o 

.4,35 

x\M 

ff 

ff     1 

320 

8,81 

8,82 

1,18 

10, 4i 

10,36 

i,t5 

11,98 

12,00 

ff 

fi 

/-' 

200 

lÀ^ 

1,16 

8,58 

8,56 

1,16 

10,01 

9»97 

i,i5 

11,64 

11,61, 

i8o 

6,10 

6,o3 

i,i3 

iM 

7,01 

1,16 

8,20 

8,17 

.,16 

9,55 

9,3o' 

i6o 

1,89 

4,8, 

1,16 

5,67 

5,68 

'^17 

6,61 

6,62 

1,16 

7,^ 

7'7ï 

.^0 

3,88 

3,89 

'»i7 

4,37 

4,54 

1,16 

5,33 

5,29 

i,i5 

6,14 

6,iti 

120 

3,02 

3,o5 

i»'7 

3,56 

3,56 

'»»7 

4,i5 

4.14 

«»i7 

hM 

4,83 

lOO 

2,3o 

2,33 

1,18 

2,74 

2,72 

i,i5 

3,16 

3,17 

1,16 

3,68 

3,6.) 

8o 

>.7^ 

iw^ 

i,i5 

i»99 

2,00 

1,16 

2,3o 

2,33 

1,18 

2,73 

2»7ï 

10 

n 

ff 

// 

i,4o 

1,38 

i,.6 

1,62 

1 ,61 

1,16 

1,88 

lrB7 

1 

Loi  relative  à  la  température  de  fenceinte.  —  Considé- 
rons d'abord  les  vitesses  qui  se  Irouvenl  sur  les  mêmes  lignes 
horizontales,  c'est-à-dire  qui  correspondent  à  des  excès  égaux 
et  à  des  températures  de  l'enceinte  o%  '20°,  4o'',  60°,  lesquelles 
croissent  en  progression  arithmétique.  Divisons  Ti  par  c.  c^ 
par  (',,  ('3  par  ('2»  nous  trouvons  que  les  quotients  sont  égaux 
entre  eux  et  à  1,16;  d'où  il  résulte  que,  pour  des  excès  quel- 
conques, mais  égaux,  les  vitesses  de  refroidissement  croissent 
en  progression  géométrique  quand  les  températures  de 
r  enceinte  croissent  en  progression  arithmétique. 

Il  suit  de  cette  loi  que  les  vitesses,  correspondant  à  un  même 

excès  et  à  des  températures  variables  de  l'enceinte,  peuvent 

se  présenter  par  ka^.  Si  les  valeurs  de  l'excès  changent,  k 

change  avec  elles  ;  /r  est  donc  une  fonction  de  t  que  l'on  peut 

écrire  k  =  ^  [t].  Par  suite,  l'expression  générale  de  la  vitesse. 

pour  toute  valeur  de  t  et  de  B,  sera 

« 


Pour  délerminer  a,  il  suffit  de  remarquer  que  deux  vitesses 


REFROIDISSEMENT  DANS  LE  VIDE.  217** 

consécutives  (^„  et  i^n+n  correspondani  à  un  même  excès  t  et 
à  des  valeurs  ô  el  0  -+-  20  de  la  température  de  Tencelnle, 
sont  entre  elles  dans  un  rapport  constant  et  égal  à  1,16.  On  a 
donc 


et 


d'où 


enfin 


»  n 


20      -      . 

a=  \  i,ib=  1,0077, 


(' nz  4;  (^)  (1,0077  )^ 


Influence  des  excès  t  —  Jusqu'à  présent  la  marche  suivie 
dans  ces  recherches  a  été  purement  expérimentale,  et  la  loi 
précédente  n'est  que  la  traduction  et  la  généralisation  des  ré- 
sultats mesurés.  Mais,  pour  continuer  cette  étude,  Dulong  et 
-Petit  durent  avoir  recours  à  une  hypothèse. 
*  Il  est  naturel  d'admettre  que  non  seulement  le  thermomètre 
rayonne  vers  l'enceinte,  mais  que  d'un  autre  côté  l'enceinte 
aussi  rayonne  vers  lui.  Si  ce  thermomètre  ne  recevait  rien  en 
échange  de  ce  qu'il  perd,  il  aurait  une  vitesse  de  refroidisse- 
ment absolue  (^1  ;  si,  au  contraire,  il  ne  rayonnait  pas,  il  éprou- 
verait par  l'action  de  l'enceinte  un  réchauffement  absolu  ^2; 
mais,  comme  il  est  à  la  fois  soumis  à  ces  deux  phénomènes 
inverses,  il  possède  une  vitesse  relative  de  refroidissement 
Dulong  égale  à  la  différence  des  vitesses  absolues  ^i  et  i^2« 

Dulong  et  Petit  supposent  que  la  vitesse  absolue  de  refroi- 
dissement (^i  est  une  fonction  ¥{t-h6)  de  la  température  t-hO 
du  thermomètre,  et  que  sa  vitesse  de  réchauffement  absolue 
i^2  est  la  même  fonction  F [9)  de  la  température  6  de  celte 
enceinte.  Celte  hypothèse,  que  rien  ne  justifie  a  priori,  leur  a 
servi  à  déterminer  la  forme  de  F.  Posons  en  effet 

et,  d'après  la  loi  trouvée  précédemment 


2i8**  PROPAGATION  DE  LA  CHALEUR. 

Si  0=rO, 

ei,  en  relranchanl, 

F(^+  0)  -  F(0  -  F(0)  4-  F(o)  =  '^(0  (a«~  i). 

Si  l'on  change  dans  celle  expression  ^  en  0  el  6  en  t,  on 
trouve 

F(0  +  /)-F(0)-F(^)  +  F(o)^'^(e)(a^-i;. 

Le  premier  membre  n'ayant  pas  changé,  le  second  conserve  la 
même  valeur,  el  Ton  a 

par  suite, 

a'  —  I       a^  —  I 

Les  deux  membres  de  cette  équation  sont  des  fonctions  iden- 
tiques de  t  et  de  Q,  el,  puisqu'elles  conservent  la  même  valeur 
quand  la  variable  change,  il  faut  qu'elles  soient  constantes. 
On  peut  donc  poser 

-       '    =://?     ou     ^[t]=:  m[a^  —  \\, 


a'—  I 


el  l'expression  générale  de  la  viiesse  du  refroidissement  dans 
le  vide  est 

(7)  ^'^-  dx"^'^^'^^^''  '^' 

Il  ne  faut  pas  oublier  maintenant  que  celle  formule  est  la 
conséquence  de  l'hypothèse  que  nous  venons  de  faire,  el  qu'il 
est  nécessaire  de  la  vérifier  a  posteriori.  Dans  cette  inlen- 
lion  on  a  calculé  les  valeurs  de  r  correspondant  aux  tempé- 
ratures Q  el  aux  excès  /  inscrits  dans  le  Tableau  précédent, 
et  Ton  a  comparé  l'expérience  à  la  formule.  On  peut  voir  que 
les  nombres  calculés  el  observés  sont  très  sensiblement  égaux; 
par  suite  nous  admettrons  la  formule  précédente. 

Enfin,  pour  terminer  ce  qui  reste  à  dire  sur  le  refroidisse- 
ment dans  le  vide,  il  faut  voir  comment  la  nature  de  la  surface 


REFROIDISSEMENT  DANS  LES  GAZ.  aig** 

inlervieni  pour  changer  la  vitesse  r.  A  cet  effet,  Dulong  et 
Petit  ont  observé  le  même  thermomètre,  soit  en  laissant  sa 
surface  nue,  soit  en  la  couvrant  d'une  feuille  d'argent;  les  vi- 
tesses ont  été  différentes,  mais  en  rapport  constant  quand  ^et 
6  demeuraient  les  mêmes.  Ainsi,  quand  on  opère  dans  le  vide, 
la  nature  de  la  surface  ne  fait  changer  que  le  coefficient  /7i,  et 
a,  ne  variant  ni  avec  cette  surface  ni  avec  la  masse  et  la  nature 
du  liquide,  est  constant  pour  tous  les  corps  et  égala  1,0077. 
En  intégrant  Téqualion  (7),  on  trouve 

C'est  la  relation  qui  lie  les  excès  aux  temps  du  refroidisse- 
ment. 

3^  EXPÉBIElfGES  DAH8  LES  SAS.  —  Si,  après  avoir  observé  le 
refroidissement  d'un  thermomètre  dans  une  enceinte  vide,  on 
recommence  les  expériences  dans  la  même  enceinte  contenant 
de  l'air  ou  un  gaz  quelconque,  on  trouve,  toutes  choses  égales 
d'ailleurs,  que  le  refroidissement  est  plus  rapide,  ce  qui 
prouve,  conformément  à  nos  prévisions,  que  les  gaz  enlèvent, 
par  leur  coniact  avec  la  surface  du  thermomètre,  une  quantité 
de  chaleur  qu'il  faut  maintenant  déterminer.  Pour  y  arriver, 
Dulong  et  Petit  ont  opéré  comme  précédemment,  avec  cette 
différence  qu'après  avoir  fait  rapidement  le  vide  dans  le  ballon, 
ils  y  introduisaient  le  gaz  dans  lequel  ils  voulaient  observer,  et 
le  maintenaient  à  une  pression  constante  p.  Ils  observaient  les 
excès  ^et  les  temps  x,  el  calculaient,  par  les  formules  (3)  el 
(4),  les  vitesses  totales  de  refroidissement  pour  chaque  valeur 
de^ 

Ces  vitesses  V  sont  la  somme  de  la  vitesse  v  qui  se  produi- 
rait dans  le  vide  et  de  la  vitesse  P  qui  est  due  à  Faction  du  gaz; 
or  V  peut  se  calculer  par  la  formule 

(7)  V  =  ma^{a^—  i), 

et,  en  le  retranchant  de  V,  on  obtient  la  vitesse  de  refroidis- 
sement P,  qui  est  produite  par  le  contact  du  gaz  et  que  nous 
nommerons  à  l'avenir  le  pouvoir  refroidissant. 


220**  PROPAGATION  DE  LA  CHALEUR. 

Rappelons-nous  maînienanl  que  P  doit  être  une  fonction  de 
la  nature  de  la  surface  du  thermomètre,  c'est-à-dire  d'une  va- 
riable E,  de  l'excès  t,  de  la  température  0,  enfin  de  la  nature  G 
et  de  la  pression  p  du  gaz  : 

P  =  /W9(E,e,/,G,/7). 

En  étudiant  successivement  Tinfluence  de  ces  divers  élé- 
ments, Dulong  et  Petit  reconnurent  : 

1°  Que  le  pouvoir  refroidissant  du  gaz  est  indépendant  de  la 
nature  de  la  surface.  Il  fui  trouvé  le  même  pour  un  thermo- 
mètre dont  la  surface  était  d'abord  nue,  puis  argentée; 

2»  Qu'il  est  indépendant  de  la  température  de  l'enceinle. 
Ce  résultat  ne  peut  être  bien  rigoureux,  car  nous  verrons  que 
la  conductibilité  des  gaz  varie  avec  leur  température.  11  ne  s'agit 
donc  que  d'une  sorte  de  compensation  qui  s'établit,  relative- 
ment à  0,  entre  la  variation  des  deux  termes  confondus  par 
Dulong  et  Petit  dans  la  fonction  P. 

3<»  Influence  de  la  pression.  —  Dès  lors  le  pouvoir  refroi- 
dissant d'un  gaz  ne  serait  fonction  que  de  l'excès  /,  de  la  pres- 
sion p  et  de  la  nature  du  gaz  G  : 

Pour  déterminer  celle  fonction,  Dulong  et  Petit  commencèreni 
par  opérer  dans  l'air  sous  les  pressions  720""",  360™™,  180"", 
90™'",  qui  décroissent  suivant  une  progression  géométrique 

dont  la  raison  est -5  et  trouvèrent  que,  les  excès  étant  quel- 
conques, mais  égaux,  les  pouvoirs  refroidissants  décroissent 
aussi  en  progression  géométrique  dont  la  raison  est  — x^* 

Désignons  par  P  et  P'  les  pouvoirs  refroidissants  de  Tair  pour 
des  excès  égaux  et  sous  des  pressions  p^ip',  on  reconnaît 
aisément  que  l'observation  de  Dulong  et  Petit  s'exprime  parla 
relation 

P  P' 


REFROIDISSEMENT  DANS  LES  GAZ.  321** 

P 

donc  le  rapport  -^-^  est  constant,  et,  en  l'appelant  //, 

[x  est  une  fonction,  qu'il  faudra  déterminer,  de  Texcès  ^et  de  la 
nature  du  gaz.  D'après  cela,  le  pouvoir  refroidissant  de  l'air 
serait  proportionnel  à  une  puissance  de  sa  pression  qui  est  o,45. 
Pour  les  autres  gaz,  Dulong  et  Petit  reconnurent  que  la 
même  loi  s'appliquait  avec  une  puissance  cde  la  pression  dif- 
férente de  l'un  à  l'autre.  On  aurait 

Air c  =  0,45 

Acido  carbonique c  =  0,517 

Hydrogène c  =  o,38 

Éthylèno c  =  o,5oi 

Tous  ces  résultats  n'ont  qu'une  valeur  purement  empirique. 
Nous  verrons  que  l'accroissement  de  P  avec/?  doit  être  at- 
tribué uniquement  à  la  convection  :  la  conductibilité  des  gaz 
est  indépendante  de  la  pression. 

4"  Influence  de  l'excès  de  température.  —  En  compa- 
rant les  pouvoirs  refroidissants  qui  correspondent  à  diverses 
valeurs  de  /,  mais  à  des  valeurs  égales  de/?,  Dulong  et  Petit 
trouvèrent  que,  si  les  excès  croissent  comme  les  termes  d'une 
progression  géométrique  dont  la  raison  est  2,  ces  pouvoirs 
refroidissants  croissent  eux-mêmes  suivant  une  progression 
géométrique  dont  la  raison  est  2,33. 

Cette  loi  étant  la  même  que  celle  qui  est  relative  aux  pres- 
sions, on  en  déduit  de  la  même  manière  que  la  quantité  /ix 
peut  être  exprimée  par  une  certaine  puissance  de  ^,  et  Ton 
trouve 

La  quantité  de  chaleur  qui  traverse  par  conductibilité  un 
mur  de  gaz  est  simplement  proportionnelle  à  la  différence  de 
température  t  de  ses  deux  faces.  Ici  encore  la  loi  exprimée 
par  la  formule  de  Dulong  et  Petit  n'a  qu'une  valeur  tout  em- 
pirique. 

5*  Influence  de  la  nature  du  gaz,   —  Nous  avons  déjà 


222**  PROPAGATION  DE  LA  CHALEUR. 

trouvé  que  c  est  variable  avec  le  gaz  au  milieu  duquel  se  faîi 
le  refroidissement.  Dulong  et  Petit  virent  de  même  que  le  coef- 
ficient n  change  de  valeur  quand  ce  gaz  change  de  nature- 
mais  Texposant  i,7.33  serait  le  même  pour  tous  les  fluides 
élastiques,  quels  qu'ils  soient. 
On  aurait  donc  d'une  manière  générale 

(9)  Pr=/l^«'2  3  3y,c. 

mais  on  ne  peut  attribuer  à  cette  expression  (9)  la  même  im- 
portance qu'à  la  valeur  (7)  dei^. 

Si  malmenant  nous  faisons  la  somme  de  la  vitesse  de  refroi- 
dissement (^,  qui  est  due  au  rayonnement,  et  du  pouvoir  re- 
froidissant P  du  gaz,  nous  obtenons 

(10)  V=/7ia^(a'-i) -t-/i/?'^^*'233. 

Telle  est  la  loi  générale  par  laquelle  Dulong  et  Petit  résunieni 
leurs  recherches;  il  ne  resterait  plus  qu'à  trouver  commeni 
varient  les  constantes  m  Qin  d'un  corps  à  un  autre. 

Valeurs  de  m  et  n.  -—  La  perte  de  chaleur  Q  faite  par  un 
corps  de  surface  S,  pendant  Tunité  de  temps,  peut  s'exprimer 
par  QiS;  elle  est  égale  au  produit  du  poids  P  par  la  chaleur 
spccilique  C  et  par  la  vitesse  de  refroidissement  V  : 

Q,S  =  PCV,     V=^Q,. 

Comme  celle  relation  doit  avoir  Heu  pour  toutes  valeurs  de  / 
et  de  0,  il  faut  que  les  coefficienls  rn  el  n  soient  aussi  propor- 


,    S 


lionnels  à  -j--,«  Nous  pouvons  donc  poser  pour  un  corps  quel- 
conque 

et  il  vient 

Q  r^      S[HaHa'  — I) -hK/;'7'''233j, 


EXPÉRIENCES  DE  DE  LA  PROVOSTAYE  ET  DESAINS.    223** 

K  èsl  un  facteur  qui  ne  dépend  point  de  la  nature  de  îa  sur- 
face, et  qui  est  le  même  pour  tous  les  corps;  mais  il  change 
avec  le  gaz  ambiant.  Dulong  ei  Petit  Tont  nommé  coefficient 
de  refroidissement  du  gaz.  Cette  quantité  est  dénuée  de 
signification  théorique  précise.  Quant  à  H,  il  varie  à  la  fois 
avec  la  nature  de  la  surface  qui  se  refroidit  et  avec  celle  des 
parois  de  Tenceinte.  Sa  signiOcalion  sera  établie  plus  tard  {Ra- 
diation) (M. 

EXPÉBŒRGES  DE  DE  Là  PBOVOSTATE  ET  DESAINS  (2).  —  On  crut 
pendant  quelque  temps  que  les  formules  de  Dulong  et  Petit 
exprimaient  des  lois  naturelles;  cependant  plusieurs  des  résul- 
tats annoncés  par  ces  physiciens  ne  furent  point  confirmes  par 
des  expériences  plus  étendues  exécutées  en  i845  par  de  la 
Provostaye  et  Desains.  Ainsi  : 

1"*  La  quantité  m  est  à  peu  près  constante  quand  on  opère 
avec  un  thermomètre  à  boule  nue;  mais,  s'il  est  couvert  d'une 
feuille  d'argent,  m  augmente  quand  la  température  décroît; 
de  la  Provostaye  et  Desains  ont  trouvé  : 

A  1 5(»" m  —  0,00870 

A  63" ///  =  0,01090 

2°  La  constante  n  n'est  point  absolument  indépendante  du 
pouvoir  émissif;  elle  est  plus  grande  pour  une  surface  métal- 
lique que  pour  une  enveloppe  vitreuse. 

3<>  Enfin,  et  c'est  de  beaucoup  le  résultat  le  plus  important 
des  nouvelles  recherches,  le  pouvoir  refroidissant  P  de  Tair 


('  )  Si  l'on  développe  «*  —  i  en  série,  on  obtient  t  loga  -h  . . ..  En  ne  con- 
servant que  le  premier  terme  et  à  la  condition  de  remplacer  dans  Téqualion 
(10)  r'»'"  par  r,  on  obtient 

Cela  montre  que  In  perle  de  chaleur  pendant  l'unité  de  temps  est  grossière- 
ment proportionnelle  à  l'excès  f  ;  c'est-à-dire  que  la  loi  de  Newton,  pour  do 
faibles  excès  de  température,  ne  s'écarte  pas  beaucoup  de  la  loi  empirique  plus 
générale  de  Dulong  et  Petit. 

(•)  De  LA  Phovo>taye  et  Desai?i8,  .4nnates  de  Chimie  et  de  Physique^  3*  série, 
t.  XVI,  p.  337;   i8/,5. 


224**  PROPAGATION  DE  LA  CHALEUR. 

n'est  plus  proportionnel  à  p^  quand  la  pression  devient  très 
petite,  c'est-à-dire  quand,  les  courants  d'air  ne  pouvant  plusse 
produire  aussi  facilement,  la  conductibilité  du  gaz  commence 
à  jouer  le  principal  rôle.  On  remarque  que,  quand  la  pression 
diminue  progressivement  depuis  760"°*,  P  décroît  d'abord, 
puis  devient  constant  entre  certaines  valeursyp^  et  pz^  depy 
après  quoi  il  augmente.  Ces  valeurs /7i  et/?2  sont  d'autant  plus 
grandes  et  d'autant  plus  distantes  que  la  dimension  de  l'en- 
ceinte est  plus  petite  : 

Pi'  Ti 

mm  iBB 

Ballon  de  24*™  <io  diamètre,  entre i    et      a, 8 

Ballon  de  1 5*""*  de  diamètre,  entre 20    et      4 

Cylindre  do  i5*^™do  haut  et  06*"  de  diamètre,  entre. . .     70    et    i5 

De  la  Provostaye  et  Desains  ont  constaté  ces  faits  sans 
en  fournir  la  véritable  explication.  On  considère  aujourd'hui 
comme  évident  que  la  constance  de  P  entre  certaines  limites 
indique  précisément  que,  dans  cet  intervalle,  on  a  affaire  à  un 
phénomène  simple,  et  comme,  en  diminuant  la  dimension  de 
l'enceinte,  on  rend  les  courants  plus  difficiles,  sinon  impos- 
sibles, au  sein  d'un  gaz  raréfié,  on  admet  que  le  refroidisse- 
ment dû  au  gaz  est  produit  par  l'effet  de  sa  seule  conduclibi- 
iilc  et  fournil  le  moyen  d'en  obtenir  la  mesure  exacte.  Quant 
à  la  variation  de  P  au-dessous  de  la  limite  inférieure />2,  nous 
nous  expliquerons  un  peu  plus  loin  à  ce  sujet  (*). 

CONDUCTIBILITÉ  DES  GAZ. 

ANCIENNES  EXPÉRIENCES  SUR  LA  CONDUCTIRIUTÉ  DES  GAZ.  —  Nous 
ne  dirons  rien  des  plus  anciennes  expériences  tentées  pour 


(•)  L'étude  du  pouvoir  relroidissaiit  dos  gaz  a  iMo  récciinnent  reprise  par 
.M.  Witz  {Thèse  fie  doctorat,  i8;S,  et  Journal  de  Physique,  i'*  série,  t.  YIII. 
p.  I /}  ;  1879),  et  par  ÏM.  Uivière  {Thèse  de  doctorat,  \><i>\,  et  Journal  de  Phy- 
sit/ue,  2*  série,  l.  III,  p.  f\~^)  dans  des  conditions  et  par  des  méthodes  abs<«- 
lument  dillercnles.  Les  résultats  qu'ils  ont  ol»lenu<»,  trop  complexes  pour 
qu'il  soit  possible  de  les  rapporter  ici  en  détail,  conlirnieiit  d'une  nianièn.' 
générale  ceux  de  de  la  Provoslaye  et  Desains,  et  établissent  une  fois  de  plu> 
qu'on  ne  peut  étendre  au  cas  général  les  lois  observées  dans  des  conditions 
|)articulières  de  température,  de  pression  du  gaz,  de  nature  et  <le  dimension 
du  corps  qui  se  relVoidit  et  des  parois  de  l'enceinte,  etc. 


CONDUCTIBILITÉ  DES  GAZ. 


22^** 


Fig.  44. 


reconnaître  si  les  gaz  peuvent  conduire  la  chaleur.  Péclel 
avait  trouvé  que  la  conductibilité  des  matières  filanjenleuses, 
telles  que  le  coton,  le  duvet,  la  laine,  est  la  n)ên)e  ;  il  en  avait 
conclu  qu'elle  représente  la  conductibilité  non  de  ces  sub- 
stances, mais  du  gaz  stagnant  interposé,  et,  comme  elle  est 
très  petite,  que  les  gaz  sont 
en  général  mauvais  con- 
ducteurs. 

En  1860,  Magnus  (  *  )  crut 
meure  en  évidence  la  con- 
ductibilité de  rhydrogène 
par  des  expériences  qui 
sont,à  lortjdemeuréesclas- 
siques.Un  cylindre  de  verre 
AB  [fig,  44 )>  terminé  à  son 
sommet  par  une  calotte 
hémisphérique,  contenait 
un  thermomètre  g/garanti 
par  un  toit  de  liège  00  ;  par 
sa  tubulure  A  passaient 
deux  tubes,  l'un  pour  faire 
le  vide,  l'autre  pour  intro- 
duire le  gaz.  Cet  appareil 
était  placé  sous  un  flacon 
mastiqué  à  son  sommet, 
dans  lequel  était  de  l'eau 

chaude  qu'on  maintenait  en  ébullition  par  un  courant  de  va- 
peur qu'amenait  le  tube  /?P.  Tout  l'appareil  était  plongé  dans 
un  vase  de  verre  plein  d'air,  entouré  lui-même  d'un  vase  rem- 
pli d'eau  à  lÔ**. 

Quand  on  fit  le  vide  dans  le  tube  AB  jusqu'à  2"»"^,  l'élévation 
finale  du  thermomètre  fut  de  11".  Quand  ensuite  on  remplit 
l'appareil  de  différents  gaz  sous  la  pression  de  Tatmosphère, 
les  accroissements  de  température  observés  furent  moindres 
que  dansie  vide  avec  tous  les  gaz,  sauf  l'hydrogène  pour  lequel 
on  constata  un  accroissement  marqué.  Magnus  crut  pouvoir 


(')   Mag:«ls,  Annales   Je  Poggendorff^  t.  CXU,  p.  35 1  el  /jy;  ;  1880. 
J.  et  B.,  Thermodynamique.  —  II.  3*  fasc.  iS" 


226**  PROPAGATION  DE  LA  CHALEUR. 

en  conclure  que  la  conductibilité  de  Thydrogène  pour  la  cha- 
leur est  assez  considérable. 

II  est  évident  qu'on  ne  peut  expliquer  la  diminution  produite 
par  la  présence  des  gaz  autres  que  Thydrogène  qu'en  faisant 
intervenir  leur  plus  ou  moins  grande  transparence  pour  la 
chaleur  :  l'expérience  de  Magnus  est  donc  de  nature  assez 
complexe,  et  M.  Buff  (*  )  a  montré  que,  si  Ton  élimine  diverses 
causes  perturbatrices,  spécialement  si  Ton  maintient  les  parois 
latérales  du  vase  AB  à  une  température  invariable,  en  les  plon- 
geant dans  l'eau  froide,  on  n'observe  plus  aucun  efTet  appré- 
ciable dû  à  la  conductibilité.  Les  expériences  de  Magnus  éta- 
blissent donc  non  la  grande  conductibilité,  mais  la  grande 
diathermancie  de  l'hydrogène. 

MESTJBE  DE  LA  GOHBUGTIBnJTÉ  DES  GAZ.  —  Nous  avons  indiqué 
ci-dessus  quels  sont  les  vrais  principes  qui  doivent  diriger  les 
physiciens  dans  l'étude  de  la  conductibilité  des  gaz.  Pour  me- 
surer celle-ci,  il  faut  exécuter  des  expériences  de  refroidisse- 
ment, dans  des  conditions  où  l'effet  des  courants  d'air  soit  né- 
gligeable. 

C'est  ainsi  que  MM.  Narr  (2),  Stefan  (3),  Kundt  et  War- 
burg(*)  et  enfin  Winkelmann  (^)  ont  opéré.  Par  exemple, 
MM.  Kundi  et  Warburg  ont  observé  le  refroidissement  d'un 
thermomètre  dans  une  enceinte  à  zéro.  Pour  obtenir  l'effet  du 
rayonnement,  ils  ont  fait  le  vide  dans  cette  enceinte,  le  plus 
coniplèiement  possible,  à  l'aide  d'une  pompe  à  mercure,  tandis 
(jue  l'appareil  était  maintenu  à  une  température  de  200**  au 
moins.  Dans  ces  conditions,  la  vitesse  de  refroidissement  pour 
de  faibles  excès  est  indépendante  de  la  forme  et  des  dimensions 


(')  BiFF,  Annales  de  Po^^endorffy  l.  CLVUI,  p.  177,  Qi  Journal  de  Physique, 
I"  série,  t.  V,  p.  3.)-;   187G. 

(*)  ^lARR,  Annales  de  Poggendorjf^  t.  CLVHI,  p.  laS,  cX  Journal  de  Plijsiqur, 
r*  série,  t.  V,  p.  2o3  :  1H7M. 

(')  StkiaN;  Sitzuni^sberichte  der  Wienerahadcmie ,  1S73,  t.  LXV,  p.  42,01 
Journal  de  PJiysiquc,   r*^  série,  t.  M,  p.   i'|8;   1873. 

(*)  Klndt  et  Warbirc,  Annales  de  Poggendorffy  t.  CLVI,  p.  177,  cl  Journal 
dr  Physi'/ue,  i"""  série,   l.  V,  p.   I2i;   187G. 

(  )  Winkelmann,  Annales  de  Poggendorff^  t.  CLVI,  p.  5i^,  et  t  Cl.IX, 
p.  177;   i875-iS7(i. 


MESURE  DE  LA  CONDUCTIBILITÉ  DES  GAZ.     ^27** 

de  l'enceinle,  ce  qui  exclut  tout  eiïei  de  conducUbililc  dû  aux 
dernières  traces  de  gaz  qui  peuvent  exister  dans  l'appareil; 
cette  vitesse  est  d'ailleurs  très  petite  par  rapport  à  celle  qu'on 
observe,  pour  un  même  excès  de  la  température,  dans  un  gaz 
plus  ou  moins  raréfié. 

S'il  n'y  a  pas  de  courants  d'air,  la  théorie  mécanique  des 
gaz  fait  prévoir,  comme  nous  le  montrerons  tout  à  l'heure, 
l'existence  d'une  conductibilité  calorifique,  s'exerçant  par  le 
gaz,  avec  une  valeur  indépendante  de  la  pression.  On  pourra 
donc  reconnaître  expérimentalement  qu'on  a  éliminé  l'effet 
des  courants  d'air,  quand  on  obtiendra  un  coefficient  de  con- 
ductibilité invariable.  Les  expériences  de  MM.  de  la  Provos- 
taye  et  Desains  établissent  que  l'on  peut  arriver  à  ce  résultat 
par  une  diminution  suffisante  de  la  pre^ssion.  La  vitesse  de 
refroidissement  que  MM.  Kundt  et  Warburg  ont  observée 
dans  l'air  où  l'acide  carbonique  a  conservé,  pour  chacun  de 
ces  gaz,  une  valeur  invariable  pour  des  pressions  comprises 
entre  i5o"*"*  et  i""»",  et  pour  l'hydrogène  entre  iSo*""  et  9'"'". 

La  comparaison  des  coefficients  de  conductibilité  des  divers 
gaz  s'effectuera  ainsi  d'une  manière  très  simple.  MM.  Kundt 
et  Warburg  ont  trouvé  qu'en  représentant  par  1  le  coefficient 
de  conductibilité  de  l'air,  celui  de  l'hydrogène  est  égal  à  7,1  (») 
et  celui  de  l'acide  carbonique  à  0,59. 

Il  est  plus  difficile  d'obtenir  les  coefficients  de  conductibilité 
des  gaz  en  valeur  absolue.  On  peut  cependant  tirer  leur  valeur 
de  ces  expériences,  en  se  fondant  sur  ce  que  la  vitesse  du  re- 
froidissement due  au  gaz  est  proportionnelle  à  l'excès  de  tem- 
pérature quand  celui-ci  est  peu  considérable,  ainsi  que  cela  a 
lieu  dans  ces  expériences.  Prenons  pour  thermomètre  un  ther- 
momètre à  air,  ainsi  que  l'a  fait  M.  Stefan.  Le  réservoir  cylin- 
drique de  ce  thermomètre  est  environné  d'une  enceinte  cylin- 
drique et  concentrique.  Nous  avons  développé  ci-dessus  {^) 
les  formules  qui  conviennent  à  la  propagation  de  la  chaleur 
dans  un  mur  cy^lindrique  de  cette  espèce.  Quand  les  rayons 
R,  r  des  deux  cylindres  sont  peu  différents,  elles  se  confondent 


(•)  M.  Narr  avait  trouvé  3,5i  ;  M.  Stefan,  7. 
(  ')   f'oir  p.  196. 


228**  PROPAGATION  DE  LA  CHALEUR. 

avec  celles  d'un  mur  plan  d'épaisseur  e,  égale  à  la  distance 
normale  de  la  surface  des  deux  cylindres.  Soient  t  la  tempéra- 
ture du  ihermomèlre,  S  sa  surface,  A*  le  coefficient  de  conduc^ 
libilité  de  la  couche  gazeuse;  la  quantité  de  chaleur  qui  passe; 

dans  le  temps  dO,  à  travers  le  mur  de  gaz  est  Sk-dO,  et  si, 

dans  ce  temps  dOy  le  thermomètre  subit  un  abaissement  de 
température  —  dt,  cette  quantité  de  chaleur  est  aussi  égale 
à  —  PCdt,  P  étant  le  poids,  C  la  chaleur  spécifique  du  ther- 
momètre. On  a  donc,  pour  déterminer  le  coefficient  de  con- 
ductibilité /f,  la  relation 

P(>       —dt  __  PÇg^, 

^"-  /S  ^  dr~  ts  ^' 

Il  est  évident  que  cette  détermination  comporte  des  causes 
nombreuses  d'incertitude.  M.  Stefan  a  donné,  pour  la  valeur 
de  II  relative  à  l'air,  le  nombre  o,oooo56,  qui  doit  être  un  peu 
trop  fort,  car  il  a  négligé  dans  ses  expériences  l'effet  du  rayon- 
nement. MM.  Kundt  et  Warburg  ont  donné  k  =  o, 000048,  et 
M.  Winkelmann  /r  =  o,oooo52. 

M.  Winkelmann  a  aussi  étudié  l'effet  de  la  température  sur 
la  conduclibilllé  de  l'air,  et  trouvé  qu'elle  est  bien  représentée 
par  la  rormule 

kc=  /io[i  H-  0,002';;^). 

THÉORIE  DE  LA CONDUGTIBIUTÉ  DES  GAZ.  —  Le  mécanisme  de  la 
coiiduclibililé  calorinque  des  gaz  a  été  exposé  pour  la  première 
fois  par  M.  Clauslus  (  '  ).  Considérons  un  nuir  gazeux  dont  les 
deux  laces  sont  maintenues  à  des  températures  différentes,  et 
supposons  rélal  permanent  établi.  A  travers  un  plan  P  quel- 
conque, parallèle  aux  deux  faces  ilu  mur,  passent  des  molé- 
cules venant  de  la  région  froide  dans  la  région  chaude,  el 
inversement.  Considérons,  par  exemple,  ces  dernières  :  par- 
ties avec  une  viiesse  de  translation  el  une  vitesse  vibratoire 
correspondant  à  une  température  supérieure  à  celle  de  leur 


(')  Cl  AL  su  s,  Annal  es  de  Po^^gendor^fj  t.  CX.V,  p.  i,   i8<ii,  et  Mémoires,  ira- 
(luctioii  Folie,  t.  II. 


THÉORIE  DE  LA  CONDUCTIBILITÉ  DES  GAZ.     229** 

point  d'arrivée,  elles  ont  perdu  en  roule  une  partie  de  leur 
force  vive,  qui  s'est  transforniée  en  chaleur.  Quant  à  celles 
qui  voyagent  en  sens  inverse,  elles  acquièrent  une  force  vive 
supérieure  à  leur  force  vive  initiale,  c'est-à-dire  absorbent  de 
la  chaleur;  les  deux  effets  s'ajoutent  et  concourent  à  trans- 
porter de  la  chaleur  du  côté  chaud  au  côté  froid  du  plan. 

Le  calcul  complet  relatif  à  la  conductibilité  des  gaz  est  long 
et  difficile;  mais  on  peut  obtenir  une  expression  approchée  du 
coefficient  de  conductibilité  à  l'aide  de  raisonnements  assez 
simples,  indiqués  par  M.  von  Lang  (*),  et  que  nous  reprodui- 
rons d'après  M.  Violle  {^), 

Nous  conserverons  le  mode  de  raisonnement  et  la  notation 
que  nous  avons  employés  quand  nous  avons  exposé  la  théorie 
du  frottement  intérieur  des  gaz  (p.  162).  Soit  une  tranche  de  gaz 
d'épaisseur  cte,  située  à  une  distance  ,r  du  plan  P  ;  ainsi  que  nous 
l'avons  vu,  elle  enverra  par  seconde,  à  travers  l'unité  de  sur- 
face du  plan,  un  nombre  de  molécules  ndx  j  possédant  une 
forjpe  vive  moyenne  rfF: 

dF  =  -ndx-T • 

611 

Les  quantités  n,  u  et  /.se  rapportent  à  la  tranche  de  gaz 
considérée.  Ces  quantités  sont  fonctions  de  la  température  et 
changent  d'une  tranche  à  la  suivante,  ce  qui  rend  l'analyse 
complète  extrêmement  difficile.  Bornons-nous  à  constater 
l'effet  de  la  variation  de  n,  en  supposant  n  et  /  constants. 

Soient  i/x,  Tx  lesvaleurs  de  1/  et  de  T  qui  se  rapportent  à  la 
tranche  infiniment  mince  considérée,  les  lettres  sans  indice 
étant  désormais  les  valeurs  correspondant  au  plan  P.  On  a 

11=*  ~"  T  * 

De  plus,  Tx  est  une  fonction  de  x  que  l'on  peut  développer 
en  série  en  s'arrétant  au  terme  qui  contient  la  première  pui&- 


(')  Voîi  Laxc,  Emleitung  in  die  tkeoretische  Physik,  p.  5ag. 
(')  Journal  de  Phjêique,  !'•  série,  t.  VI,  p.  176;  1877. 


230**  PROPAGATION  DE  LA  CHALEUR. 

sance  de  Xy  puisque  d?  <  /  est  toujours  une  quantité  extrême- 
ment petite  : 

dx 

T  j    "'"^  2  T  dx 
L'expression  de  la  force  vive  rfF  est  donc 

,«       nmii^  (       3  X  dT\  , 

Les  molécules  que  nous  considérons,  après  avoir  traversé 
le  plan  P,  vont  au  delà  jusqu*à  la  distance  l—x,  où  elles 
doivent  posséder  une  force  vive  rfF'  : 

II  y  a  donc  eu  transformation  en  chaleur  d'une  certaine  quan- 
tité de  force  vive  moléculaire.  La  différence  rfF  —  rfF  a  pour 
valeur 

4.1      dx 

Celle  quantité  doit  être  intégrée  de  zéro  à  /,  pour  avoir  la  force 
vive  perdue  lolaie  correspondant  à  l'ensemble  des  molécules 
qui  traversent  le  plan  dans  l'unité  de  temps  : 

_  nmn^    dï 
~      1        dx 

Telle  est  la  force  vive  perdue.  Pour  obtenir  la  quantité  de 
chaleur  sensible  développée  correspondante,  on  raisonnera  de 
la  manière  suivante  : 

La  chaleur  contenue  dans  la  masse  nm  de  gaz  à  T**  esi 

^       2cT  nmii'^ 
nmcJ  =:  — 

11^  2 


îimW- 


II  faut  donc  mulliplier  la  force  vive du  mouvement  vi- 


THÉORIE  DE  LA  CONDUCTIBILITÉ  DES  GAZ.    23i** 

cT 
bratoire  par  —  pour  obtenir  la  quantité  de  chaleur  cherchée. 

Ainsi  la  quantité  de  chaleur  transportée  dans  Tunité  de  temps 
à  travers  l'unité  de  surface  du  plan  P  est 

a  ax 

et  le  coefficient  de  conductibilité,  c'est-à-dire  le  coefficient  de 

dï 

-j-'i  sera 
ax 

k  =  -mnul  (  M. 

Or,  ni  est  constant  (p.  i46**)  et  u  proportionnel  à  la  racine 
carrée  de  la  température.  Le  coefficient  de  conductibilité  est 
donc  lui-même  indépendant  de  la  pression  et  proportionnel  à 
la  racine  carrée  de  la  température  absolue,  comme  le  coeffi- 
cient de  frottement  y?, 

n  =z^mnui. 

On  a  entre  k  et  yj  la  relation  très  simple 

A'  =  Icyj. 

On  peut  partir  des  valeurs  connues  de  c  et  de  yj  pour  calculer 
celle  de  k.  Voici  le  résultat  de  ce  calcul  : 

Air 0,000048 

Oxygène 0,000049 

Azoto o  ,000047 

Oxyde  de  carbone 0,000048 

Acide  carbonique 0,000040 

Hydrogène o  ,ooo336 

à  zéro  et  sous  la  pression  de  760"™. 

L'accord  avec  l'expérience  est  parfait  en  ce  qui  concerne  les 
valeurs  absolues  du  coefficient  de  conductibilité  à  zéro  et  son 
invariabilité  avec  la  pression;  mais,  pour  la  variation  de  A-  avec 

(*)  L'expression  exacte  de  k  est,  d'après  M.  Clausius,  k  =  -^cmnul. 


232**  PROPAGATION  DE  LA  CHALEUH. 

la  température,  la  divergence^est  la  même  que  nous  avons 
déjà  constatée  à  propos  du  frottement  intérieur  des  gaz. 

Il  faut  enfin  observer  que  les  calculs  perdent  toute  valeur 
quand  la  raréfaction  du  gaz  est  assez  grande  pour  que  le  che- 
min moyen  /d*une  molécule  devienne  comparable  aux  dimen- 
sions de  Tenceinte.  Ainsi  s'explique  la  variation  du  coefficient 
de  conductibilité  avec  la  pression  observée  pour  des  pressions 
très  faibles  (twrp.  11^), 


PYRHÉLIOMÈTRE.  233* 


CHAPITRE  IIL 

CHALEUR   SOLAIRE. 

Mesure  de  la  chaleur  reçue  du  Soleil.  —  Pyrhéliomètre  de  Pouillet. 
Expériences  de  M.  Violle.  —  Résultats.  —  Température  du  Soleil. 
Entretien  de  la  chaleur  solaire. 


MESURE  DE  LA  CHALEUR  REÇUE  DU  SOLEIL.  —  Deux  méthodes  ont 
été  employées  par  les  physiciens  pour  mesurer  la  quantité  de 
chaleur  reçue  du  Soleil  par  une  surface  plane  normale  aux 
rayons  de  Tastre,  située  en  un  point  donné  de  la  surface  ter- 
restre. Toutes  deux  ont  cela  de  commun  qu'on  expose  à  la 
radiation  solaire  un  corps  de  capacité  calorifique  connue,  dont 
on  mesure  la  vitesse  d'échauffemeni  dans  la  méthode  du/7jr- 
héliomètrey  tandis  que,  dans  la  méthode  actinométriquey  on 
mesure  l'excès  final  de  température  de  ce  corps  sur  l'espace 
ambiant. 

PTRHÉUOHÈTRE.  —  C'est  à  Pouillet  (<)  que  Ton  doit  les 
premières  mesures  approximativement  exactes  de  la  chaleur 
solaire. 

Le  pyrhéliomètre  direct  ^q  Pouillet  {Jig.  4^)  se  compose 
d'un  vase  cylindrique  plat  AT  dont  la  base  antérieure  A,  des- 
tinée à  absorber  les  rayons  solaires,  est  couverte  de  noir  de 
fumée,  et  qui  est  argenté  et  poli  sur  les  autres  parties  de  sa  sur- 
face qui  doivent  rayonner  le  moins  possible.  Il  est  rempli  d'eau 
distillée  et  il  constitue  un  calorimètre  équivalent  à  un  poids 
totald'eau  que  nous  désignerons  parP.  Il  reçoit  le  réservoird'un 


(*)  PociLLBT,  Comptes  rendu»  de  l'Académie  des  Sciences^    t.  VI,    i838,  et 
jinnales  de  Poggendorff^  t.  XLV,  p.  25  et  48i. 


a34 


** 


PROPAGATION  DE  LA  CHALEUR. 


thermomètre  TD,  dont  la  tige  est  maintenue  dans  un  tube  de 
cuivre  fendu,  prolongé  jusqu'au  bouton  G.  Tout  cet  appareil 
est  soutenu  par  un  support  dans  lequel  on  peut  le  faire  tourner 
autour  de  Taxe  CT,  afin  de  mêler  les  couches  d^eau,  ce  qui 
permet  de  l'orienter  de  façon  qu'il  reçoive  normalement  les 
rayons  solaires  sur  sa  face  antérieure  A.  Cette  condition  est 
réalisée  lorsque  l'ombre  de  cette  face  vient  exactement  couvrir 

Fig.  45. 


un  disque  circulaire  qui  a  la  même  dimension  et  qui  est  fixé 
à  la  partie  opposée  de  l'instrument. 

Voici  maintenant  comment  Pouillet  se  servait  de  cet  appa- 
reil :  1°  il  observait  sa  variation  de  température  pendant  cinq 
minutes  en  le  préservant  de  l'action  solaire  par  un  écran:  sup- 
posons que  le  thermomètre  baisse  d'un  nombre  de  degrés  r; 
2°  il  enlevait  l'écran  et  laissait  arriver  pendant  cinq  minutes  les 
rayons  solaires  qui  sont  absorbés  et  déterminent  un  réchauf- 
fement G;  3**  enfin  il  replaçait  l'écran,  et  pendant  cinq  autres 
minutes  il  observait  un  nouveau  refroidissement  r\  Évidem- 


EXPÉRIENCES  DE  M.  VIOLLE.  a35** 

ment  le  pyrhéliomèlre  s'est  refroidi  pendant  les  cinq  minutes 

r  -f-  r' 
moyennes  d'une  quantité  égale  à >  et  le  réchauffement 

occasionne  par  le  Soleil  serait  pendant    ce    temps  égal   à 

G  H =  t,  si  le  rayonnement  du  vase  AT  était  nul.  Par 

conséquent,  la  chaleur  absorbée  est  Vt;  elle  serait  pendant 

P^ 

I   minute  et  sur   i  centimètre  carré  ^9  si  Ton  désigne  par  S 

la  surface  antérieure  du  pyrhéliomètre. 

Comme  on  croyait,  à  l'époque  où  ces  expériences  ont  été 
exécutées,  que  le  noir  de  fumée  possède  un  pouvoir  absor- 
bant absolu,  cette  quantité  de  chaleur,  que  nous  appellerons  c, 
fut  prise  comme  représentant  celle  que  le  Soleil  verse  en  une 
minute  sur  i  centimètre  carré.  Il  en  verse  évidemment 
davantage,  et,  pour  corriger  cette  cause  d'erreur,  il  faudrait 
tenir  compte  de  la  diffusion. 

Ce  n'est  pas  la  seule  critique  qu'il  convient  d'adresser  à  la 
méthode  de  Pouillet.  L'agitation  mécanique,  employée  dans  le 
pyrhéliomètre,  ne  peut  être  assez  efficace  pour  bien  mêler  les 
couches  liquides  ;  les  plus  superfîcielles  adhèrent  à  la  paroi 
frappée  par  le  Soleil  et  continuent  à  céder  de  la  chaleur  aux 
couches  sous-jacentes,  après  que  la  radiation  solaire  a  été  in- 
terceptée ;  le  thermomètre  cD  continue  à  monter  pendant  une 
minute  environ,  et  inversement  il  baisse  pendant  les  premiers 
instants  de  l'exposition,  quand  il  n'est  pas  entièrement  revenu  à 
la  température  ambiante.  L'appareil  ne  peut  donc  fournir  que 
des  résultats  imparfaits  ( *  ). 

BlrtBIWICES  DE  M.  YIOLLE.  —  De  Saussure  (3),  voulant  com- 
parer l'intensité  de  la  radiation  solaire  au  sommet  des  monta- 


(*)  PouiUet  a  aussi  employé,  sous  le  nom  de  pyrhéliomètre  à  lentilUf  un 
appareil  qui  ne  différait  du  pyrhéliomètre  direct  que  par  de  plus  grandes  di- 
mensions du  Tase  calorimétrique  A,  sur  lequel  la  chaleur  solaire  était  con- 
centrée par  une  lentille  :  les  résultats  fournis  par  cet  appareil  ont  toujours 
été  rapportés  au  pyrhéliomètre  direct,  par  voie  de  comparaison. 

(3)  De  Sacssurb,  Voyage  dans  les  Alpes,  Neuchàtei,  t.  IV,  §  932  et  1002; 
i8o3. 


aî6-'  PROPAGAirON  DE  LA  CHALEUR, 

gnes  et  tlans  les  vallées,  eut  l'idée  de  proléger  un  ihermomèlre. 
exposé  au  soleil,  contre  l'action  refroidissante  de  l'air  extérieur, 
en  l'enrcrmant  dans  une  botte  de  liège  enduite  de  noir  de 
fumée,  et  recouverte  par  une  lame  de  verre  blanc.  II  reconnut 
que  l'excès  staiionnaire  de  l'indication  de  ce  thermomètre 
placé  au  soltiii,  Rur  sa  température  à  l'ombre,  était  plus  consi- 
dérable au  sommet  des  montagnes. 

L'appareil  de  De  Saussure  a  été  employé,  sous  le  nom  d'acU- 
nomètre,  et  perfectionné  par 
Ilerschel  (■)  qui  en  a  donné 
la  théorie,  Pouillel('),  Forbes 
et  KSmtz  {»),  M.  Waiers- 
lon  (•),  M.  Franlland  (>).  le 
P.  Secchi(<),M.  Crova('),elc. 
Nous  ne  décrirons  que  l'ip- 
pareilquia  servi  àM.ViolIet') 
dans  ses  recherches  sur  la 
température  du  Soleil. 

M.  Violle  place  son  thermo- 
mètre T  {fig.  46  ei  47)  *" 
centre  d'une  enveloppe  mé- 
tallique en  laiton  de  i5""  de 
diamètre,  protégée  par  une 
deuxièmeenvpJoppespiiériquf 
de  23™.  On  assure  une  tempé- 
rature constante  à  l'enveloppp 
intérieure,  soit  en  remplissant 
de  glace  l'imervalle  des  deux  enveloppes,  soit  en  y  faisant  cir- 
culer un  courant  doau  froide  ou  chaude,  ou  môme  un  cou- 


EL,  Mem.  a>lr.  Soc,  t.  X,  |838. 
ET.     /M'menli    de   Physique   exp' 
.  Il,  p.  7o3:  i83o. 
,  Tra<,<aclio>xs  i-hilolophl-iue,  po 
sr.)>,  PI,i!o>oyl,ic«l  Maga!. 


..  XIX 


..  33S;   iSGo. 


)  P.  Stccni,  ic  SoMI,  t.  I. 

)  Cjioïa,  Complrs  rrnilas  de  VAcad.  dra  Srleaeri,  t.  lAXXI,  p.  i 
)  ViOLLf,,  ^mialei  de  Chimie  et  de  Physique.  3'  iôrio.  l,  X.  | 
■nat  de  Phfs.qiie,  fséiie,!.  V,  p.  iCg;  iS;ti, 


EXPÉRIENCES  DE  M.  VIOLLE. 


23;" 


rant  de  vapeur.  Les  rayons  solaires  pénètrent  par  une  ouver- 
ture d'admission  D  placée  à  l'extrémité  d'un  tube  de  i7'"°',5 
de  djamèlre,  dirigé  suivant  l'un  des  dJamèlres  de  la  sphère  et 
débouchant  dans  l'enveloppe  interne;  un  orifice  latéral  livre 
passage  à  la  tige  du  thermomètre;  enfin  un  dernier  orifice, 
[ilacé  sur  le  prolongement  du  tube  D,  permet  d'orienter  l'in- 


strument sur  lanneau  llxe  qui  le  supporte,  de  sorte  que  les 
ra,vons  tombent  bien  sur  la  boule  du  thermomètre. 

Voici  la  m.irclie  d'une  expérience.  On  constate  que  le  ther- 
momètre présente,  quand  le  trou  d'admission  est  fermé,  une 
température  bien  stationnaire  que  l'on  a  soin  de  noter;  on 
ouvre  ensuite  cet  orifice,  et  l'on  maintient  l'appareil  orienté  jus- 
qu'à ce  que  le  thermomètre  ait  atteint  un  maximum  station- 
naire, ce  qui  exige  environ  un  quart  d'heure.  On  oblitère 
ensuite  l'orifioe  d'admission  et  l'on  observe  la  marche  du 
rcrroidissemenl  pendant  cinq  minutes. 


238**  PROPAGATION  DE  LA  CHALEUll. 

L'état  stationnaire  est  atteint,  quand  le  gain  de  chaleur  du 
thermomèlre  est  égal  à  la  perte  qu'il  éprouve  dans  le  même 
temps.  Cetle  dernière  quantité  est  connue  par  la  dernière  phase 
de  l'expérience,  si  l'on  a  préalablement  mesuré  la  valeur  en 
eau  de  la  portion  du  thermomètre  exposée  au  rayonnement. 
11  ne  reste  plus  qu'à  connaître  la  section  de  la  boule  du  the^ 
momètre  pour  obtenir,  en  valeur  absolue,  la  quantité  de  cha- 
leur reçue,  par  centimètre  carré  de  surface  exposée  à  la  ra- 
diation. 

Nous  verrons  bientôt  comment  la  méthode  actinomélrique 
se  prête  à  la  recherche  de  la  température  du  Soleil. 

RÉSULTATS.  —  La  chaleur  solaire  n'arrive  à  nous  qu'après 
avoir  été  tamisée  par  l'atmosphère  terrestre  :  l'épaisseur  tra- 
versée par  les  rayons  change  avec  la  hauteur  du  Soleil,  Theure 
du  jour,  l'altitude  du  lieu  de  l'observation,  et  d'ailleurs  le  pou- 
voir absorbant  de  l'atmosphère  est  éminemment  variable  avec 
sa  température,  sa  pression,  la  quantité  de  vapeur  qu'elle  ren- 
ferme, enfin  d'après  sa  pureté  plus  ou  moins  grande  ;  un  voile 
nuageux  imperceptible,  des  poussières  en  suspension  dans 
l'air  modifient  son  pouvoir  d'extinction  dans  un  rapport  très 
considérable. 

Nous  verrons  plus  lard  que  l'absorption,  produite  par  un 
milieu  honioj;ène  d'épaisseure,  est  représentée  par  une  fonction 
exponentielle  do  celle  épaisseur.  La  quantiié  de  chaleur  reçue 
à  la  surface  de  la  Terre,  dans  Tliypothèse  dune  atmosphère 
homogène,  serait  donc  de  la  forme 

Q  =  A  xK 

Dans  cetle  formule,  donnée  par  Kouguer,  A  est  la  conslanie 
solaire  ;  elle  représente  ce  que  deviendrait  Q  à  la  limite  supé- 
rieure de  ralniosphère,  pour  £  =  o;  a  est  la  constante  atmo- 
sphérique. 

Pouillet  a  essa^é  d'appliquer  cetle  formule  aux  observations 
faites  un  même  jour,  et  il  a  trouvé  que,  si  Taimosphère  demeure 
d'une  pureté  parfaite,  la  formule  de  Bouguer  est  sensiblemeni 
applicable.  Il  a  obtenu  pour  A  la  valeur  o'^'^oi939  par  cenli- 
niètre  carré  et  par  seconde  et  pour  a.  des  valeurs  variables,  d'un 


EXPÉRIENCES  DE  M.  VIOLLE.  289** 

jour  à  Taulre,  de  0,7244  à  0,7888.  M.  Desains  (*)  a  vérifié 
l'exaclilude  des  nombres  de  Pouillet  sur  quelques  observations 
choisies.  Mais  les  cas  où  la  formule  s'applique  sont  très  rares, 
et  le  calcul  fournit  pour  A  des  valeurs  variables,  d'une  journée 
à  une  autre  en  apparence  également  belles.  M.  Violle  (*)  a 
adopté  une  formule  plus  complexe 

n  -4-  (  Z  —  3  )  A;/ 

Q  =  Aa        -««        S 

où  A,  a,  k  sont  des  constantes  absolues,  et  où  H  représente  la 
pression  barométrique,  Z  la  hauteur  de  la  couche  d'air  à  partir 
de  laquelle  il  n'}'  a  plus  de  vapeur  sensible,  z  la  hauteur  du 
lieu  de  l'observation, /la  tension  moyenne  de  la  vapeur  d'eau 
entre  Z  et  z,  g  l'épaisseur  atmosphérique  en  fonction  de 
l'épaisseur  au  zénith  prise  pour  unité.  Cette  formule  s'est 
montrée  bien  d'accord  avec  les  observations  faites  à  diverses 
hauteurs,  sur  le  mont  Blanc  et  à  diverses  stations  voisines,  ainsi 
qu'en  Algérie.  La  valeur  de  A  est  o"^o4233,  nombre  bien  supé- 
rieur à  celui  de  Pouillet  ('). 

La  quantité  de  chaleur  qui  tombe  en  un  an,  par  centimètre 
carré,  sur  la  surface  terrestre,  aux  limites  de  l'atmosphère,  est 

A.6o*.  12  X  365. 

En  faisant  le  calcul,  Pouillet  a  trouvé  que  cette  quantité  de 
chaleur  serait  suffisante  pour  fondre  une  couche  de  glace  qui 
envelopperait  la  Terre  et  qui  aurait  3 1  ",89  d'épaisseur,  et,  si  l'on 
admet  l'évaluation  de  Adonnée  par  M.  Violle,  il  faudrait  porter 
ce  nombre  à  45*",()3.  Décrivons  maintenant  une  sphère,  concen- 
trique au  Soleil,  avec  un  rayon  égal  à  celui  de  l'orbite  terrestre; 
on  calculera  aisément  la  quantité  totale  de  chaleur  reçue  par 
celle  sphère,  c'est-à-dire  la  totalité  de  la  chaleur  perdue  par  le 


(')  Desains,  Comptes  rendus,  t.  LXXX,  p.   i/|20;  1875. 

(')  Violle,  Annales  de  Chimie  et  de  Physique ,  5*  série,  t.  X,  p.  3 19;  1877. 

("*)  M.  Crova  admet  {Comptes  rendus^  t.  LXXXI,  p.  i2o5,  et  t.  LXXXII, 
I>.  81  et  375  ;  1H75-7G)  A  =o,o333  environ. 

MM.  Exncr  et  Rôntgen  {Sitz.  der  K.  Acad,  yienn^  26  février  1874)  donnent 
un  nombre  peu  diflerent. 

Ces  savants  admettent  des  formules  analo{;ues  h  celle  de  M.  Violle. 


2io**  PROPAGATION  DE  LA  CHALEUR. 

Soleil,  el  Ton  pourra  déterminer  quelle  épaisseur  de  glace, 
déposée  à  la  surface  deTaslre,  pourrait  être  fondue  en  un  an  par 
celte  quantité  de  chaleur  ;  on  trouverait  ainsi  i547  ï*cues  sui- 
vant Pouillet,  et  plus  de  2000  lieues  d'après  M.  Violle. 

TEMPÉBATTJBE  DU  SOLEOi.  —  Les  expériences  relatives  à  la  cha- 
leur solaire  permettent  de  fixer  approximativement  la  tempéra- 
ture du  Soleil .  Supposons  le  Soleil  réel  remplacé  par  un  globe  fictif 
de  même  diamètre,  possédant  en  tous  ses  points  une  tempéra- 
ture uniforme  et  doué  d'un  pouvoir  émissif  égal  à  celui  du  noir 
de  fumée.  Si  nous  admettons  que  le  rayonnement  de  ce  globe 
produise,  à  la  surface  de  la  Terre,  les  mêmes  effeis  que  la  ra- 
.  diation  solaire,  la  température  de  ce  globe  sera  complètement 
déterminée  par  la  connaissance  de  Texcès  stationnaire  6  que 
prendrait  un  actinomèlre,  analogue  à  celui  de  M.  Violle,  placé 
dans  une  enceinte  à  zéro,  vide  d'air  et  située  aux  limites  de 
l'atmosphère. 

En  elîet,  l'actinomètre  rayonne  vers  Tenceinte,  en  vertu  de 
son  excès  0  ;  ei\a  quantité  de  chaleur  perdue  par  minute  est 
proportionnelle  à  1,0077^,  d'après  la  loi  de  Dulong  et  Petit. 
D'autre  part,  l'actinomètre  reçoit  du  Soleil  une  quantité  de  cha- 
leur égale;  nous  admettrons  que  Torifice  d'admission  sous-tend. 
au  cenlre  de  renceinie,  un  angle  égal  au  diamètre  apparent  du 
Soleil  ;  soieui  p  le  rapport  de  la  seclion  de  celle  ouverture  à 
la  surface  entière  de  renceinie,  x  la  température  du  globe  lîctil 
que  nous  avons  défini  ci-dessus  :  placé  dans  une  enceinte  qui 
serait  toute  à  la  températures,  le  thermomètre  recevrait  1 ,0077^, 
si  loutcrois  il  est  légitime  d'admettre  que  la  loi  de  Dulong  et 
Petit  s'applique  encore  à  des  températures  dont  on  ne  s'est 
j)oint  approché  dans  les  expériences  de  vérilicalion  (').  Le  Soleil 
ne  remplace  qu'une  fraction  très  petite  0  de  cette  enceinte,  ei 
la  chaleur  rerue  par  le  thermomètre  doit  être  réduite  dans  le 
même  rapport  ;  on  a  donc 

(:)  I  ,0077*^=1  p.  1,0077-^, 


(')  Dulong  et  Petit  n'ont  pas  dépassé  3oo'\  Pouniel  a  cru  pouvoir  deduiro 
de  SCS  expériences  ((ue  la  même  loi  est  encore  admissible  ù  looo",  mais  d'a- 
près M,  Kivière  {Junnial  de  Plnsique^  2"  série,  t.  III,  p.  /17I;  l'^S'j),  celle  loi 
cesse  de  s'appliciuer  au-dessus  de  400**. 


TEMPÉRATURE   DU  SOLEIL.  241** 

d'où  l'on  lire  la  valeur  de  x,  M.  Vielle  oblienl  environ  i5oo*»(«). 
Pouillet  (2)  avail  déjà  annoncé  que  la  température  du  Soleil 
devait  être  comprise  entre  1400  et  1700®. 

Il  est  évident  que  Ton  ne  peut  se  prononcer  sur  Texaclilude 
de  déterminations  de  ce  genre  lant  qu'on  n'est  pas  ^xnçi  sur  la 
véritable  loi  du  refroidissement  correspondant  à  de  très  hautes 
températures.  Dans  tous  les  cas,  la  loi  de  Dulong  et  Petit  se  rap- 
proche plus  de  la  vérité  que  la  loi  de  Newton,  déjà  inexacte 
pour  de  très  faibles  excès.  Aussi  ne  peut-on  accepter  les  va- 
leurs prodigieusement  grandes  que  le  P.  Secchi,  par  exemple  (2), 
avait  assignées  d'abord  à  la  température  x^  en  se  fondant  sur 
des  expériences  analogues  à  celles  de  M.  Violle,  mais  calculées 
par  la  formule  de  Newton. 

11  importait  toutefois  de  varier  les  conditions  des  expériences, 
et  c'est  ce  qu'a  fait  M.  Violle  en  élevant  la  température  t  de 
l'enceinte  de  l'aclinomèlre  au-dessus  de  la  température  ordi- 
naire. Alors  l'équation  (i)  doit  être  remplacée  par  l'équa- 
tion (2) 

1,0077'"^^  =  '  >oo77  '-h  p.  1 ,0077^; 

à  mesure  que  /se  rapproche  de  j:,  l'excès  0  doit  diminuer,  puis- 
qu'il serait  nul  pour  t=.x.  Or  M.  Waterston  (*)  avait  annoncé, 

(*)  Dans  la  pratique,  on  ne  peut  employer  directement  Téquation  (i)aucalcul 
de  X.  En  effet,  pour  que  le  Soleil  frappe  également  la  boule  du  thcruiomèire 
sur  toute  sa  surface,  on  est  obligé  de  donner  à  l'ouTerture  d'admission  w\\ 
diamètre  apparent  supérieur  à  celui  du  Soleil,  et  par  suite  le  thermomètre 
reçoit  de  la  chaleur  d'une  portion  du  ciel  voisine  du  Soleil  :  c'est  de  la  cha- 
leur dilTusée  par  notre  atmosphère.  On  tient  compte  de  cet  effet  perturbateur 
en  ajoutant  au  second  membre  de  l'équation  (1)  un  terme /»'.  i , 0077^,  p*  dési- 
gnant le  rapport  de  l'excès  de  surface  du  trou  d'admission  à  la  surface  de  la 
sphère,  y  une  température  inconnue,  dont  on  déterminera  la  valeur  en  répé- 
tant l'expérience  avec  diverses  grandeurs  de  l'oriffce  d'admission. 

n  faut,  de  plus,  prendre  pour  l'excès  Q,  non  la  valeur  observée,  mais  cello 
valeur  réduite  au  vide.  On  peut  obtenir  celle-ci  par  des  expériences  de  com- 
paraison faites  avec  deux  thermomètres  de  diamètre  différent,  et  en  admettant 
pour  le  pouvoir  refroidissant  de  l'air  la  formule  empirique  de  Dulong  et 
Petit. 

(')    POI'ILLET,   loC,   Cit, 

(*)  Le  p.  Seccbi,  U  Soleil, 

(•)  Watebstos,  Philosophical  Magazine,  f\*  série,  t.  XIX,  p.  338,  et  t.  XXlll, 

P-  'l97- 
J.  et  B.,  Thermodynamique.  —  11.  3*  fasc.  i<>* 


'24  a 


** 


PROPAGATION  DE  LA  CHALEUR. 


à  la  suite  (inexpériences  faites  dans  les  Indes,  qu*en  élevant 
jusqu'à  25o°  la  température  de  l'enceinte,  les  thermomètres 
exposés  au  soleil  conservaient  un  excès  très  sensiblement  égal 
à  celui  qu'ils  prennent  dans  une  enceinte  à  zéro.  11  serait  ré- 
sulté de  là  qu'il  fallait  attribuer  au  Soleil  une  température  de 
plusieurs  millions  de  degrés.  Mais  les  expériences  de  M.  Violle 
n'ont  pas  confirmé  celles  de  M.  Waterston.  Les  excès  se  sont 
montrés  décroissants  quand  la  température  de  Tenceinte  aug- 
mentait, et  les  valeurs  de  x  obtenues  ont  été  remarquablement 
concordantes  avec  celles  que  donnait  au  même  instant  un  acti- 
nomètre  à  enceinte  froide,  ainsi  qu'on  en  jugera  par  le  Tableau 
suivant.  Les  valeurs  de  x  ne  sont  pas  corrigées  de  l'effet  de 
l'absorption  produite  par  l'atmosphère. 


DATE 

t87i. 

TEXPÉRATCRE 

du 
thermomètre. 

h    m 
12  août,  i.oo 

.■^1  août,  1  .'i  j 

r>  sept.,  i.io 

'x^\  août,  1 .00 

o 

I 10,10 

116,9;") 
12.3/40 

TEMPÉRATURE 

de 

EXCÈS 

l'enceinte. 

0 

0 

99»  35 

10,75 

107,40 

9,55 

1 1 6 , 1 5 

9,j5 

I 36 , 5o 

8,22 

Aotlnomèlre 

a  enceinte 

ehaade. 


Actlnomètre 

à  enceinte 

froide. 


0 

\ 

1407 

i'|o3 

ï399 

,398 

,404 

l'JlO 

1^408 

i4o3 

Nous  n'avons  parlé  jusqu'ici  que  de  la  température  d'un 
globe  fictif  possédant  un  pouvoir  émissif  égala  celui  du  noir  de 
fumée.  Si  le  pouvoir  émissif  de  ce  globe  était  différent,  on  de- 
vrait multiplier  le  terme  relatif  à  la  radiation  solaire,  dans  les 
équations  (i)  et  (2),  parla  valeur  de  ce  pouvoir.  Or  on  ne  pos- 
sède que  des  données  très  vagues  sur  le  pouvoir  émissif  des 
diverses  substances  à  très  haute  température  ;  on  sait  seule- 
ment qu'il  est  bien  inférieur  à  1.  Un  globe  formé  des  matières 
qui  composent  l'atmosphère  solaire  aurait  donc,  à  radiation 
égale,  une  température  T,  supérieure  à  .r,  et  sur  la  valeur 
exacte  de  laquelle  il  est  bien  difficile  de  se  prononcer. 

On  peut  espérer  d'arriver  à  une  solution  plus  complète  du 
problème,  en  étudiant,  à  l'aide  de  l'actinomèlre,  des  sources 


ENTRETIEN  DE  LA  CHALEUR  SOLAIRE.        243** 

terrestres  très  chaudes,  dont  on  connaît  approximativement  la 
température.  M.  Violle  a  expérimenté  sur  une  coulée  d'acier 
fondu  des  forges  d'ÀUevard,  et  trouvé  pour  ;r  la  valeur  de  1000®, 
au  lieu  de  iSoc'^qui  est  la  valeur  probable  de  la  température  T  : 
il  en  résulterait  que  le  pouvoir  émissif  de  Tacier  fondu  est  égal 
à  0,087,  si  toutefois  la  loi  de  Dulong  et  Petit  est  rigoureusement 
applicable  à  i5oo®.  Si  Ton  admettait  que  le  pouvoir  émissif 
moyen  de  la  surface  solaire  possède  la  même  valeur,  la  tem- 
pérature moyenne  réelle  du  Soleil  serait  d'environ  aooo*». 
M.  Violle  pense  qu'il  faut  attribuer  à  ce  pouvoir  émissif  une 
valeur  encore  plus  faible,  et  que  Ton  ne  s'éloigne  pas  beau- 
coup de  la  vérité  en  supposant  qu'il  règne  à  la  surface  du 
Soleil  une  température  moyenne  d'environ  25oo<».  Celte  conclu- 
sion est  en  accord  avec  les  inductions  que  l'on  peut  tirer  de 
certaines  observations  relatives  à  l'analyse  spectrale  de  l'at- 
mosphère solaire. 

EnBETIElI  DE  LA  CHALEUR  SOLAIRE.  —  Comment  expliquer 
maintenant  l'origine  de  la  prodigieuse  quantité  de  chaleur 
rayonnée  par  le  Soleil?  Comment  concilier  une  perte  si  énorme 
avec  une  température  relativement  si  peu  élevée?  La  solution 
de  cette  double  question  préoccupe  depuis  longtemps  les 
physiciens.  Nous  allons  exposer  brièvement  les  principales 
hypothèses  qui  ont  été  proposées  à  ce  sujet. 

On  s'est  contenté  pendant  longtemps  de  dire  que  le  Soleil  est 
un  corps  chaud,  ayant  de  longue  date  une  provision  de  chaleur 
qu'il  dépense  lentement,  et  qui  est  si  grande  qu'elle  ne  paraît 
pas  avoir  diminué  depuis  les  époques  historiques.  Cette  hypo- 
thèse ne  résiste  pas  à  une  discussion  sérieuse.  En  supposant 
que  le  Soleil  ait  une  capacité  calorifique  égale  à  celle  de 
l'eau,  et  une  conductibilité  parfaite,  il  se  serait  refroidi  de 
83oo°  depuis  cinq  mille  ans  :  les  hommes  auraient  dû  s'en  aper- 
cevoir. Onnefaitpas  une  théorie  plus  satisfaisante  en  disant  que 
le  Soleil  est  un  foyer  de  matières  en  combustion.  S*il  était  tout 
entier  composé  de  houille,  brûlant  avec  assez  de  rapidité  pour 
donner  la  même  somme  de  chaleur,  il  se  serait  éteint  après 
cinq  siècles.  On  s'est  demandé  si  la  surface  du  Soleil  ne  frot- 
terait pas  contre  u:i  frein  extérieur.  Outre  que  cette  hypothèse 


244**  PROPAGATION  DE  LA  CHALEUR. 

est  physiquement  impossible,  elle  serait  encore  insuffisante. 
En  effet,  le  Soleil  fait  un  tour  en  vingt-cinq  jours;  il  a  Sooooo 
fois  la  masse  de  la  Terre  ;  sa  force  vive  totale  de  rotation  est 
connue;  en  la  transformant  en  chaleur,  on  ne  fournirait  au 
rayonnement  solaire  que  pour  cent  vingt-cinq  années. 

Puisque  ni  un  approvisionnement  antérieur,  ni  une  action 
chimique  ne  suffisent  pour  expliquer  cette  formidable  dépense 
de  force,  on  est  amené  à  penser  que  le  Soleil  se  renouvelle 
perpétuellement.  Voici  l'hypothèse  deJ.-R.  Mayer  (*). 

Buffon  (2)  croyait  que  les  comètes  sont  des  réservoirs  de  cha- 
leur qu'elles  vident  sur  le  Soleil.  Cette  idée  n'a  besoin  que 
d'être  expliquée  pour  être  admise,  car  la  matière  des  co- 
mètes, lorsqu'elle  tombe  sur  le  Soleil,  perd  la  vitesse  qu'elle 
possédait  et  qui  se  transforme  en  chaleur.  Outre  les  comètes, 
il  v  a  des  étoiles  filantes;  elles  sont  assez  rares  sur  la  Terre, 
excepté  à  deux  époques,  le  i*?.  août  et  le  i3  novembre,  où  elles 
deviennent  tellement  abondantes,  qu'on  a  quelquefois  com- 
paré leur  chute  à  celle  des  flocons  de  neige  ;  mais  elles  doivent 
être  plus  nombreuses  au  voisinage  du.  Soleil,  Or  nous  avons 
vu  que  c'est  à  la  destruction  subite  de  leurs  vitesses  que  les 
bolides  doivent  leur  échauffemenl  et  leur  illumination.  N'est-il 
pas  possible  qu'une  chute  perpétuelle  de  bolides  entrelienin' 
sur  le  Soleil  une  perpétuelle  incandescence?  Cet  astre  est  en- 
veloppé d'un  amas  considérable  do  lumière  que  les  astronomes 
oui  nowmM'^e  /il m ière  zodiacale,  qui  ne  peut  s'expliquer  qu'»'n 
la  supposant  émise  par  une  multitude  de  corps.  Enfin  l'étud»* 
(le  la  comète  d'Encke  a  appris  qu'elle  éprouve  dans  l'espace  une 
résistance  (jui  diminue  progressivement  le  grand  axe  de  son 
orbite,  ainsi  que  le  temps  de  sa  révolution.  Elle  voyage  donc  au 
milieu  d'une  matière  résistante;  elle  finira  par  tomber  sur  le 
Soleil;  tous  les  astéroïdes  qui  roulent  autour  de  lui  en  feront 
autant;  la  Terre  éprouvera  sans  doute  le  même  sort  dans  un<* 
période  incalculable  de  siècles.  Tout  cela  permet  de  supposer 
que  le  Soleil  se  nourrit  de  corpuscules  quitombent  à  sa  surface. 


(*)  J.-H.  M.VYKR,  Constilcrations  sur   la  production  de   la  chaleur  du  Sn/fH 
{Comptes  rendus)^  l.  XXXUI,  p.  220,  ô\\. 
(■')   tiiFFON,   TItcorie  de  la  Terre. 


ENTRETIEN  DE  LA  CHALEUR  SOLAIRE.         245** 

lis  peuvent  tomber  normalement.  Dans  ce  cas,  venant  de 
Tinfini,  ils  arrivent  avec  une  vitesse  de  444*"™»  61,  leur  force  vive 
se  détruisant,  ils  produisent  autant  de  chaleur  que  la  combus- 
tion de  9000  fois  leur  poids  de  houille.  Mais  tous  ne  tombent 
point  normalement;  il  y  en  a  qui  arrivent  tangentiellement  à 
la  surface  solaire,  et  pour  eux  le  nombre  précédent  se  réduit 
de  9000  à  4000. 

Si  donc  le  nombre  de  ces  corpuscules  était  assez  considé- 
rable, ils  maintiendraient  Tincandescence  du  Soleil,  mais  à  la 
condition  d'augmenter  sa  masse  et  de  produire  dans  le  système 
du  monde  une  perturbation  progressive.  Le  calcul  a  montré 
que,  pour  entretenir  cette  source  de  chaleur,  il  faudrait  que  le 
Soleil  reçût  annuellement  une  couche  égale  à  20™  d'astéroïdes  ; 
c'est  peu  de  chose,  et  il  faudrait  quarante  siècles  pour  que  celte 
accumulation  produisît  une  augmentation  égaleà  7^  de  seconde 
dans  le  diamètre  apparent  de  Tastre.  Mais  cet  amas  aurait  un 
autre  eiïet  :  il  diminuerait  d  une  heure,  en  cinquante-trois  ans, 
la  vitesse  de  rotation  du  Soleil  autour  de  son  axe,  effet  qui  se- 
rait aisément  observé;  mais  c'est  là  justement  le  point  faible 
du  système,  car  depuis  l'origine  du  monde  la  rotation  solaire 
devrait  être  anéantie. 

Sir  W.  Thomson  (  *  )  a  calculé  l'effet  que  produirait  sur  le  So- 
leil la  chute  des  diverses  planètes;  il  est  arrivé  au  résultat  sui- 
vant, qui  exprime  dans  la  première  et  la  deuxième  colonne  le 
temps  pendant  lequel  s'entretiendrait  le  rayonnement  solaire, 
si  la  vitesse  de  translation  ou  de  rotation  des  planètes  était 
transformée  en  chaleur  : 

Tranulalion.  Rotation, 

an»  an*    J 

Soleil o  116.  CM) 

Mercure 7  o.   15 

Vénus 84  o.  29 

Terre 9^  o.  81 

Mars i3  o.     7 

Jupiter 32240  14 -M^ 

Saturne 9650  2. 127 

Neptune 1890  o.  71 


(')  Comptes  rendus,  l.  XXXIX,  p.  (i8i. 


2i6**  PROPAGATION  DE  LA  CHALEUR. 

M.  Helmhollz  (*)  a  récemment  proposé  une  autre  hypo- 
thèse dont  l'origine  se  trouve  aussi  dans  un  travail  de  Sir  W. 
Thomson  (^).II  admet  que,  à  l'origine  des  temps,  le  Soleil  a  élé 
formé  par  la  condensation  d'une  matière  cosmique,  et  que  la 
perle  énorme  de  force  vive  qui  est  résultée  de  l'attraction  de 
cette  matière,  a  accumulé  dans  le  Soleil  l'énorme  quantité  de 
chaleur  qu'il  possède.  Suivant  les  calculs  de  M.  Helmhollz, 
elle  aurait  dû  être  4^4  fois  égale  à  celle  que  conserve  encore 
aujourd'hui  le  Soleil. 

M.  Faye  (  '  )  admet  en  outre  que,  dans  l'intérieur  de  la  masse 
solaire,  la  matière  est  dissociée,  et  que  les  combinaisons  chi- 
miques, dont  la  production  est  accompagnée  du  dégagement 
d'une  énorme  quantité  de  chaleur,  ne  s'accomplissent  que  peu 
à  peu  à  la  limite  extérieure  de  la  photosphère,  là  où  la  tempé- 
rature est  suffisamment  basse  pour  que  ces  combinaisons 
puissent  subsister.  Il  résulte  de  là  que,  malgré  la  quantité  pro- 
digieuse d'énergie  potentielle  conienue  dans  la  masse  solaire, 
sa  température  moyenne  réelle  peut  ne  pas  être  excessivement 
haute,  par  exemple  ne  pas  dépasser  beaucoup  la  limite  de  celles 
que  nous  savons  produire  et  mesurer. 

(')  Helmiioltz,  Mémoire  sur  la  conservation  de  la  force. 

(')  W.  Thomson,  Lecture  ai  meeting  of  the  British  association  at  Manches- 
ter, septembre  iSfii. 

(')  Faye,  Comptes  rendus,  passim. 


FIN    DU    TROISIEME    FASCICULE    DU    TOME    DEUXIEME. 


TABLE  DES  MATIÈRES.  2J7 


/-,*♦ 


TABLE  DES  MATIÈRES 

DU  TROISIÈME  FASCICULE  DU  TOME  DEUXIÈME. 


THERMODTNAMIQUE. 


CHAPITRE  I. 
Équivalence  de  la  chaleur  et  du  travail. 

Historique i** 

Équalion  du  travail 3*  * 

Discordance  entre  la  théorie  et  la  marche  des  machines 5** 

Effet  théorique  du  frottement 5** 

Chaleur  dégagée  par  le  frottement.  —  Expériences  de  Rumford 

et  de  Joule 7** 

Équivalent  mécanique  de  la  chaleur 11 

Déterminations  diverses  de  Téquivalent  mécanique  delà  chaleur; 

principe  de  l'équivalence i  i 

CHAPITRE  IL 

Expression  générale  du  principe  de  l'équivalence. 

Applications  aux  gaz. 


/♦♦ 


** 


Relation  entre  les  coefficients  de  dilatation  et  de  compressibilité.  20 

Chaleur  absorbée  par  une  transformation  élémentaire  quelconque.  a3*  * 

Relations  entre  les  divers  coefficients 25* * 

Représentation  géométrique  de  l'état   d'un  corps.  —  Travail 

extérieur 26** 

Cycles  fermés 28*  * 

Expression  générale  du  principe  do  l'équivalence 29*  * 

Énergie  interne 3i** 

Travail  interne  dans  les  gaz.  —  Expériences  de  M.  Joule  et  de 

Sir  W.  Thomson 33** 


248**  TABLE  DES  MATIÈRES. 

Gaz  parfaits 36*' 

Calcul  de  l'éciui valent  mécanique  de  la  chaleur,  à  Taide  des  gaz.  S;'* 

l>élerminalion  directe  de  E  à  l'aide  des  gaz 39" 

Relations  des  divers  coefficients  relatifs  aux  gaz  parfaits 41" 

Chaleurs  spécifiques  des  gaz  parfaits 43" 

Énergie  interne  des  gaz 45 

É(}uation  complétée  du  travail 45 

Théorie  mécanique  do  la  chaleur 46** 

Dimensions  de  la  quantité  de  chaleur.  —  Unité  mécanique  de 

chaleur 4; 


••• 


CHAPITRE  III. 

Principe  de  Carnot. 

Détente  d'un  gaz  parfait  à  température  et  à  chaleur  constantes.  49** 

Écoulement  d'un  gaz  parfait 5o** 

Lignes  adiabatiques.  —  Lignes  isothermes 53" 

Machines  thermiques 55 

Cvcles  réversibles  et  non  réversibles 5 


*  • 


..*• 
/ 


is 


Cycle  de  Carnot.  — -  Calcul  du  coefficient  économique  dans  le  cas 

d'un  gaz  parfait 58" 

Principe  de  Carnot 6o** 

Postulatmn  do  M.  Clausius.  —  Démonstration  qu'il  a  fournie  du 

principe  de  Carnot 6i'* 

Délinition  de  la  lemporalurc  au  moyen  du  principe  de  Carnol.. .       r)3*' 
Calcul  des  lenipcraturcs  absolues  au  moyen  des  températures 

ordinaires G5*' 

Extension  du   principe  de  Carnol  A  un  cycle  réversible  quel- 
conque       67" 

Cycles  non  réversibles 70 

Coefficient  écononiiciue -3 

Entropie 71" 

Fonction  caractéristique 75 

Propriété  générale  des  lignes  adiabatiques  et  des  lignes  iso- 
thermes         7''  * 

Quantités  nécessaires  pour  définir  complètement  un  corps  au 
point  de  vue  mécanique 


70" 

_  /  •  * 

_  r  •  • 

7J 


* 


• 


«  « 


TABLE  DES  MATIÈRES.  249** 


CHAPITRE  IV. 

Application  des  principes  fondamentaux  de  la  théorie 

mécanique  de  la  chaleur. 

I .  Application  0  un  corps  quelconque 81** 

Calcul  de  /  et  de  // 81** 

Effets  thermiques  de  la  compression 83*  * 

Application  aux  gaz 85*  * 

Chaleur  spécifique  des  liquides  à  volume  constant 86** 

Elasticité  de  traction 86* 

Propriétés  particulières  du  caoutchouc 88* 

JI.  Changements  d'c'tat 89 

Application  des  principes  de  la  Théorie  mécanique  de  la  chaleur 

aux  changements  d'état 89*  * 

Chaleur  latente  de  vaporisation 91** 

Chaleurs  latentes  interne  et  externe 92* 

Chaleur  spécifique  des  vapeurs  saturées 9'i*  * 

Densité  de  la  vapeur  d'eau  saturée 98*  ' 

Existence  du  point  et  de  la  pression  critiques.  . . .  ^ 99** 

Vapeurs  surchauffées 99** 

Influence  de  la  pression  sur  la  température  do  fusion loi  *  * 

Influence  de  la  température  sur  la  valeur  de  la  chaleur  latente 

de  fusion 102 

Surfusion io3* 

in.  Dissolution 104*  * 

Application  de  la  Théorie  mécanique  de  la  chaleur  aux  phéno- 
mènes de  la  dissolution 104** 

i'  Cas  des  gaz io5** 

2"  Cas  des  solides 1 08* * 


* 


*  * 


* 


CHAPITRE  V. 
Sources  de  chaleur.  —  Moteurs  thermiques. 

Sources  de  chaleur 112** 

r  Sources  mécaniques  de  chaleur 112** 

Projectiles ii3** 

Aérolithes 1 13** 

Vents 114 

Pluies 114 

Fleuves 1 1 5*  * 

Marées 11 5** 


/  ♦  ♦ 
4 


** 


•  • 


*« 


25o**  TABLE  DES  MATIÈRES. 

Pagw- 

2'  Sources  chimiques  de  chaleur 1 15** 

Application  du  principe  de  l'équivalence  aux  phénomènes  chi- 
miques    I i6** 

Variation  de  la  chaleur  de  combinaison  avec  la  température..  1 1; 

Application  du  principe  de  Carnet 1 1  ; 

3°  Chaleur  animale 1 18** 

Étude  chimique  de  la  respiration 119 

Siège  des  combustions 121 

Nature  des  actions  chimiques 122 

Mesure  do  la  chaleur  animale 12V* 

De  la  force  animale iî5** 

Moteurs  thermiques 1 27** 

iMachines  à  air  chaud 128** 

Machine  à  air  chaud  d'Ericcson i3o** 

Moteurs  à  gaz  tonnant iSa** 

Cycle  réalisé  dans  les  machines  à  vapeur i35** 

CHAPITRE  VI. 

Théorie  des  gaz.  —  Hypothèses  sur  la  constitution 

mécanique  des  corps. 

Théorie  des  gaz 

Historique 

Loi  de  Mariolte 

Loi  du  mélanj^o  des  ij;az 

Loi  do  Gay-Liissac 

Vilcsso  moyenne  du  mouvement  de  translation  des  molécules 

Cliemin  moyen  d'une  molécule 

Force  vive  du  mouvement  vibratoire 

Nombre  des  molécules  d'un  gaz 

Interprétation  de  la  loi  do  Dulong  et  Petit 

Atomes  et  molécules.  —  Volumes  atomiques 

Frottement  intérieur  dans  les  gaz 

Comparaison  de  la  théorie  et  de  l'expérience.  —  Calcul  du  chemin 

moyen  d'une  molécule 

Diffusion  des  gaz 

Explication  des  di^'crs  états  des  corps 

Gaz  réels 

Liquides  et  solides 

Fusion .  —  Vaporisation 

Combinaison 


m      • 


39 

^9 
iï 

4i 
'ô 

if' 
4/ 

i8 

i9 
5o 
V), 

5  j 

^7 

58 

58 
63 
63 
65* 


TABLE  DBS  MATIÈRES.  i5i 


«:.  *♦ 


PROPAGATION  DE  LA  CHALEUR. 


CHAPITRE  I. 

Lois  générales.  Conductibilité  des  solides  et  des  liquides. 

Notions  préliminaires 167** 

Identité  de  la  chaleur  rayonnante  et  de  la  lumière 169** 

Théorie  de  la  conductibilité 170** 

Cas  d'nn  mur  homogène  indéfini 171** 

Conductibilité  extérieure 174** 

Mesure  directe  des  coefficients  de  conductibilité 175** 

Cas  d'une  barre  allongée 178** 

Expériences  de  vérification i8a** 

Mesures  fondées  sur  Tobservation  de  l'état  variable 188** 

Cas  général  de  la  conductibilité 190** 

Surfaces  isothermos.  —  Lignes  et  canaux  do  propagation 192** 

Conductibilité  des  cristaux 198** 

Conductibilité  des  liquides 200*  * 

CHAPITRE  IL 

Lois  empiriques  du  refroidissement.  —  Conductibilité 

des  gaz. 

Lois  du  refroidissement 20i* 

Formule  de  Newton 2o5* 

Recherches  de  Dulong  et  Petit 207*  * 

I**  Expériences  préliminaires 210** 

2*  Expériences  dans  le  vide 2i3** 

3*  Expériences  dans  les  gaz 219** 

Expériences  de  de  La  Provostaye  et  Desains 228** 

Conductibilité  des  gaz : 22  i*  * 

Anciennes  expériences  sur  la  conductibilité  des  gaz 224** 

Mesure  de  la  conductibilité  des  gaz 226*  * 

Théorie  de  la  conductibilité  des  gaz 228** 


* 


♦ 


si52**  TABLE  DES  M-ATIÈRES. 

CHAPITRE  III, 
Chaleur  solaire. 

Ptm 

Mesure  do  la  chaleur  reçue  du  Soleil 233'* 

Pyrhéliomètre  de  Feuillet 233'* 

Expériences  de  M .  Vielle 235** 

Uésullats 238" 

Température  du  Soleil 240'* 

Entretien  de  la  chaleur  solaire 243** 


FIN   DE   LA   TABLK   DES   MATIERES   DU  TROISIEME   FASGICl'I.B 

DU   TOME    DEUXIÈME. 


TABLE  PAR  ORDRE  ALPHABÉTIQUE. 


n53 


•  * 


TABLE  DES  MATIÈRES. 


PAR    ORDRE   ALPIlABLTIOt'P., 


DU  TROISIÈME  FASCICULE  DU  TOME  DEUXIÈME. 


Absorption    atmosphérique    de    la 

chaleur,  'i38. 
Acétone,  93,  96. 
Acier,  187,  189. 
Actioométre,  2.36. 

Adiabatiques  (Lignes),  .'/.J,   77,  i3r>. 
Aérolithes,  11 3. 
Air,  i'|6,  i56,  221,  228,  23 1. 
Air  (Machines  à),  128. 
Alcool,  96. 
\nimale  (Chaleur),  118,  i23.  —  Force 

animale,  i2j. 
Ardoise,  198. 
Argent,  184,  187,  189. 
Argile,  189, 
Atomes,  i5o. 
Atomiques    (Chaleurs   spécifiques), 

1^9.  —  Volumes   atomiques,   i5o; 

—   Gaz   mono  et    polyatomiques, 

i5i. 
Azote,  \^(y,  i5<),  23 1. 

Barre  (Problème  de  la),  178. 
Benzine,  95,  96. 
Bismuth,  187,  189. 

Canaux  de  propagation,  192. 
Caoutchouc,  88. 
Caractéristique  (Fonction),  73. 
Carbone    (Chlorure    de),    (jO;     — 
(Oxyde  de),  i36,  23i:  —  (Sulfure 
de),  95. 


Carbonique   (Acide),   i56,    i58,  :i.»i, 

23 1. 

Changements  cTétat,  89. 

Chaleur  latente  de  compression,  2\: 

—  interne  et  externe,  92:  —  mo- 
léculaire, 100. 

Chaleur  spécifique,  23. 

Chimiques  (Sources  de  chaleur),  1 1 5. 

Chloroforme,  96,  96. 

Coefficients  de  dilatation  et  de  com- 
pression, 20.  —  Uelations  enln* 
ces  coefficients,  2.5  et  '|».  —  Cocl- 
(icients  de  conductibilité,  173,  i'^\. 

Combinaison,  160.  —  Chaleur  de 
combinaison,  117. 

Comètes,  j^'j. 

Compression  :  effets  thermi(iues,  8i. 

Conductibilité,  167,  170  à  2o'|,  — 
Conductibilité    des  cristaux,  198  ; 

—  des  liquides,  200  ;  —  des  gaz,  22^. 
Constante  solaire,  238. 

Cristaux  (Conductibilité),  198. 
Critiques  (Point  et  pression),  99. 
Cuivre,  i83,  i84i  187,  188,  189. 
Cycle  de  Carnot,58.  —  Cycles  fermi's, 

•j8.  —   Cycles  réversibles   et   non 

réversibles,  57,  67,  70. 
Cylindres  (Propagation  de  la  chaleur 

dans  les),  196. 

Densité  de  la  vapeur  d'eau  satun'-c. 


254 


/♦* 


TABLE  PAR  ORDRE  ALPHABÉTIQUE. 


Détente  des  gaz,  49- 

DifTusion  des  gaz,  iS^. 

Dimensions  de  la  quantité  de  cha- 
leur, 47;  —  dje  la  température,  65. 

Dissociation,  118;  —  à  la  surface  du 
Soleil,  24^. 

Dissolution,  104  ;  —  gaz,  io5;  — 
solides,  108. 

Eau,  8^,  94,  98,  2o3.  —  Eau  salée, 

ao3. 
Échelle  absolue  de  température,  64. 
Économique  (Coefficient),  56,  78. 
Écoulement  d'un  gaz,  5o. 
Élasticité  de  traction,  86. 
Électrique  (Conductibilité),  187. 
Ellipsoïde  de  conductibilité,  198. 
Émissif  (Pouvoir),  175. 
Énergie    interne  ou  potentielle,  3i; 

—  des  gaz  parfaits,  45. 
Entropie,  74. 
Équation  du  travail,  3. 
Équivalent  mécanique  de  la  chaleur, 

II,  i4,  18,  37. 
Équivalence  (Principe  de  T),  i5,  ao, 

29.  —  Application  aux  phénomènes 

cliimiques,  iiG. 
Klain,  i85,  iS-j,  189. 
Kther,  95. 
Ethcr  lumineux,  169. 

» 

Ellivlènc,  2JI. 

Fer,  18],  i85,  187,  i88,  189. 

Fleuves,  Il 5. 

Flux  de  chaleur,  193. 

Fonction  caraclérislique,  75. 

Frottement.  Effet  théorique,  5.  — 
Chaleur  déi;ag«!e  par  le  frottentcMil, 
7.  —  FroUcnient  dans  les  tubes 
capillaires,  if).  —  Balance  de  frot- 
tement, 18.  —  Frotlemcnl  inté- 
rieur des  gaz,  i52. 

Fusion,  ICI,  102,  i(j3. 

Gaz.  Travail  interne,  33.  —  Gaz  par- 
faits, 36.  —  Equivalent  mécanique 
par  les  gaz,  07  et  39.  —  Énergie  in- 


terne, 45.  —  Détente,  49^  —  Écoule- 
ment, 5o.—  Application  aux  gaz  des 
principes  de  la  Thermodynamique, 
85.  —  Dissolution,  io5.  —  Frotte- 
ment intérieur,  i52.  —  Diiïusioo. 
157.  —  Gaz  réels,  i58.  —  Refroi- 
dissement dans  les  gaz,  a  19.  — 
Conductibilité  des  gaz,  ^19. 

Glace,  loa,  io3,  188. 

Gneiss,  198. 

h  (Calcul  de),  81. 

Hémoglobine,  121. 

Historique  de  la  Thermodynamique. 

i.  — de  la  théorie  des  gaz,  139. 
Houille,  188. 
Huile  de  baleine,  84. 
Hydrodynamique,  192. 
Hydrogène,  146,  i56,  108,  aai,  223. 

23l. 

Identité  de  la  chaleur  rayonnante  et 

de  la  lumière,  169. 
Inversion  (Température  d*),  96. 
Isothermes  (Lignes),  57,  77.  —  Sur- 
faces isothermes,  192. 

Jupiter,  245. 

/  (Calcul  de),  81. 

Laiton,  187,  188,  189. 

Lignes  adiabatiques  et  isothermes. 
53,  77.  —  Lignes  de  propagation 
calorifique,  193. 

Liquides,  86,  i63,  200. 

Lois  de  Delaroche  et  Bérard  et  dr 
Duloiig  et  Petit,  ^4,  149.  —  Loi 
de  IMariotte,  14».  —  Loi  du  mé- 
lange des  gaz,  i44-  —  Loi  dr 
Newton,  2o5. 

Lunnére  identique  [à  la  chaleur 
rayonnante,  169. 

Machines,  5.  —  Machines  à  vapeur. 
17,  i3.).  —  Machines  à  air  chaud. 
luS,  i3u.  —  Machines  ù  gaz  ton- 
nant, i3j. 


TABLE  PAR  ORDRE  ALPHABÉTIQUE. 


255 


** 


Maillechort,  i88. 

Marbre,  iSS,  i85. 

Marées,  ii5. 

Mars  (planète),  245. 

Mécanique  (Défînilion)  d'un  corps, 
77.  —  Sources  mécaniques  de  cha- 
leur, 112.  —  Équivalent  mécanique 
de  la  chaleur,  11^  i4,  18,  87. 

Mercure,  i5i. 

Mercure  (planète),  24^* 

Mesure  de  l'équivalent  mécanique 
de  la  chaleur,  11  à  19  et  87;  — 
de  la  chaleur  animale,  128  ;  — des 
coefficients  de  conductibilité,  176, 
226. 

Moléculaires    (Chaleurs     latentes), 

lOI. 

Molécules,  i5o.  —  Vitesse  de  leur 
mouvement  de  translation,  i45. 
—  Leur  chemin  moyen,  146,  i55, 
i56.  —  Force  vive  de  leur  mouve- 
ment vibratoire,  147.  —  Nombre 
des  molécules  d'un  gaz,  148. 

Moteurs  thermiques,  voir  Machines. 

Mur  (Problème  du),  171. 

Neptune,  245. 

Or,  184,  187,  189. 
Oxygène,  146,  i56,  i58,  281. 
Oxyhémoglobine,  121. 

Palladium,  187,  189. 

Paramètre  thermométrique,  198. 

Parfaits  (Gaz),  36,  voir  Gaz. 

Percussion,  i5. 

Platine,  184,  187,  189. 

Plomb,  177,  i83,  i83,  187,  189. 

Pluies,  ii4* 

Point  figuratif  de  l'état  d'un  corps, 

26. 
Point  et  pression  critiques,  99. 
Porcelaine,  i85. 

Postulatum  de  M.  Clausius,  61, 
Potentiels,  192. 
Pouvoir  émissif,  176. 
Principe  de  Carnot,  49»  60»  61,  67; 


'  —  son  application  aux  phénomènes 
chimiques,  117;  —  son  interpré- 
tation mécanique,  166. 

Principes  fondamentaux  (Applica- 
tion des)  de  la  Thermodynamique, 
80. 

Projectiles,  ii3. 

Propagation  de  la  chaleur,  167. 

Pyrhéliomètre,  233,  235. 

Quantité  de  chaleur  (Dimensions), 
47- 

Rayonnement,  167. 
Rayonnante  (Chaleur),  169. 
Refroidissement,  204  à  224;  —  dans 

le  vide,  2i3;  —  dans  les  gaz,  219. 
Représentation  de  l'état  d'un  corps, 

26. 
Résistances  passives,  5. 
Respiration,  119,  124. 
Respiratoires  (Combustions),  121. 

Sable,  189. 

Saturne,  245. 

Solaire  (Chaleur),  233.  —  Son  en- 
tretien, 243. 

Soleil  (Température  du),  240.  —  Sa 
rotation,  245. 

Solides,  i63;  —  leur  dissolution, 
108. 

Soufre,  188. 

Sources  de  chaleur,  113. 

Sphère  (Propagation  de  la  chaleur 
dans  une),  195. 

Sulfurique  (Acide),  2o3. 

Surfusion,  io3. 

Tableaux  numériques.  —  Équiva- 
lent mécanique  de  la  chaleur,  12, 
i3,  17, 18. —  Chaleurs  de  compres- 
sion, 84.— Chaleurs  spécifiques  des 
vapeurs  saturées,  9^1,  95.  —  Tem- 
pératures d'inversion,  96.  —  Den- 
sités de  la  vapeur  d'eau  saturée, 
98.  —  Vitesses  du  mouvement  de 
translation  des  molécules,  i46.  — 
Coefficients  de  frottement  inté- 
rieur, i56.  —  Longueur  des  chc- 


\m 


Tl 


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T-rrrr  ■<<!*  fmimeaux,   r'*^  pr-pAjati»»n  ii*'»  ■:  . 

mf^iouvi^  -Ut  la  'Thaï'-nr.  2.       .  Venu-.  .','.. 

Th*TTiii*»,  >.  V:lit**<r    lu    mMiiv-m»- 

TTi^Tm*!™»*:!^  i»?  ••001**:.  i-^.  lu  r;:ïr  n»li?~«:ïfn»înt. 
rhmnomr'rrtpit;     Paramr^rr  .    •'»  . 

Trat'î.on    EIa*fii-iti?  1^  .  '^.   •  Zin»*.  >■»'*.  i'*-.  l'i"*.   : 

Tran-ffrmafji'ii     fltraumuir"     -l'iii  Zinr    >ulûtt?  •!#»  .  i-,  : 

.'f-rp*.    j '..    —    Travail    mitii*nr   «-î  Z<»«tï.*»*al*»     luini«-r?   . 

r»-- i-f--n',  ..    -  Travail  ^\t**m»'.  i- 


TABLE  PAR  NOMS  D'AUTEURS. 


25;** 


TABLE  PAR  NOMS  D'AUTEURS 


TROISIÈME  FASCICULE  DU  TOME  DEUXIÈME. 


1,  189. 

it  et  Mavcr.  11.». 

125. 

i  (1).),  1I0. 

f  m- 

m 

0- 

n,  i5>.  1O6. 

18. 
ault.  1 19. 


w 


(de),  voir  l<ivc(dc  la) 
>adi),  3.  •>6,  58,  61. 

.  97- 

i,  3,  37,  8>,  yi. 


Favrc,  18. 

Favrc  et  Silbcrmann,  18. 

Faye,  •.î4^. 

Forbcs,  23(). 

Fourier,  170,  178,  182. 

Frankland,  127,  236. 

Franz,  voir  Wiedeinaiin. 

Gough,  88. 
Grashof,  i3G. 
ttripoD,  200. 
Guthrie,  202. 

Haies,  119. 
Ilelmholtz,  2,  246. 
Herapath,  i4o. 
Héron  d'Alexandrie,  i. 
Hcrschel,  a3G. 


j   Herwig,  101. 
3,  61,   i'|0.   146,   i«i.i,   \t)\,      jijrn^  ,5^   ,^^    ,y^   çj-^   g8^    ,01,    12C, 

5,  .!3i.  i3S. 

-'.  I  Hoppc-Scyler,  i.!i. 

6,  23»). 

^^       ..  i   ïcilius  (de  Quintus),  18. 

Inccnhousz,  100. 

3().  I  o/r  l»rovosUye  (de  la)  i 

0     ^  I  Janncttaz,  198. 

23    iX'  I  ^"""'^^  ''  ^'  "^*  *^'  ^^'  ^°'  ^'*'  *^' '  ^**' 

Petit,  207  à  r>23.  240.  *^o. 

Joule  et  Thomson,  34. 


8,  88. 

i3o. 

K<»ntKen,  .»39. 
Th  ermodjrnam  ique. 


Kirchhoflr,  1 10. 
Knoblauch,  198. 

Knînig,  i4<>*  N*^- 

Kundt  et  Warhurp,  iT»!,  i?2r»,  p»8. 

II.  3*  fane. 


«7 


•258*  * 


TABLE  FAK  NOMS  D'AUTEURS. 


Lagrange,  i:n. 

Lcamé,  198. 

Lang  (von),  i5;^,  199,  229. 

Langcn,  voir  Olto. 

Langbcrg,  i85. 

Laplacc,  5o,  voir  Lavoisicr. 

Lavoisier,  119,  121,  i35. 

Lavoisicr  et  Laplace,  3. 

Le  Chàtelicr,  voir  Mallard. 

Lenoir,  i33. 

Lenz,  18. 

Lévy  (Maurice),  77. 

Lippmann,  47,  65. 

Loschmidt,  i58. 

Lundquist,  202. 

Magnus,  121,  1123. 

Mallard  et  Le  Ghâtelier,  85,  99. 

Massieu,  76. 

Mathieu  et  Urbain,  121. 

Maxwell,  i^o,  i52. 

Mayer,  voir  Beaumont. 

Mayer  (H.  ),  2,  38,  i25,  2/|^. 

Mcyer  (O.-E.),  i56. 

Moutier,  io4,  107,  108. 

Murray,  201. 

Narr,  2a('). 
Neuinann,  I8^^. 
Nc\\ton,  2o5,  jsjS. 
Mcholson,  201. 

Ollo,  134. 

Ollo  cl  Langen,  i3'|. 

l'aalzow,  :>()2. 

Pôclet,  176,  177. 

Petit,  voir  Dulong. 

Pouillot,  ?.'Vif  i>35,  236,  289,  240,  2 '|i. 

Prévost,  168. 

Pricstley,  119. 


'■   Provostayt;  (de  la)   et  Desaios. 
'       224. 

Puluj,  18. 
'    Puschl,  8S. 

i 

Hankinc,  i36,  137. 
Regnault  et  Keiset,  119. 
,  Hive  (de  la)  et  de  Gandollc;  uy! 
Rivière,  22^,  2^0. 
Roiti,  132. 

Runtgen,  voir  Exiier. 
Ruwland,  i3,  18. 
Rumford,  7,  168,  joo. 


Saussure  (de),  235. 
Secchi  (le  P.),  236,  j|i. 
Scoarmont  (de),  198. 
Siemens,  184. 
Silbcrmann,  voir  P'avre. 
Spallanzani,  121. 
Stefan,  226,  228. 
Szily,  166. 

Thomson  (sir  \V.),    33,   34,   61. 

84,  245,  246,  voir  Joule. 
Tvndall,  m)8. 

trbaiii,  voir  Mathieu. 

\  iollc,  iJS,  iJj,  Ô7,  ji>9,  _'35)  à   i' 

Waals  (\an  tler),  i6j. 
Warburg,  voir  Kundl. 
Watcrstoii,  '136,  :\\x,  2\i. 
Webcr,  18. 

Wioilontann  et  Franz,  i.S3,  iS». 
Winkclmann,  qoî,  226,  228. 
Witz,  i33,  i35,  .12 1. 
Wullner,  iio. 

Zeuncr,  93,  94,  96,  100,  un,  i3( 


FIN   DU   TROISIEME   FASCICULE  DU  TOME   DEUXIEME. 


1103'.)        i'aris.  —  iDtprlmerio  de  GAUTIIIEUYILI.AUS,  quai  des  ADSostins.  &b. 


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